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Accueil du site > Tribune Libre > Pourquoi une candidature de la décroissance à l’élection (...)

Pourquoi une candidature de la décroissance à l’élection présidentielle 2022 ?

Je propose au peuple français ma candidature à l'élection présidentielle 2022 sur un programme global intitulé : Programme pour une société de l'après croissance. Cette élection présidentielle de 2022 doit être l'occasion d'alerter les citoyens français sur l'impasse de la croissance et du système oligocratique

Tout d'abord, il convient de préciser que cette candidature n'est pas promue comme une candidature d’accession au pouvoir, mais, très clairement, comme une candidature d'alerte qui, profitant de la furtive fenêtre médiatique généreusement proposée par l'oligocratie une fois tous les cinq ans, poursuit une mission d'éducation populaire et porte prioritairement sur cinq thèmes :

1er thème - La décroissance inéluctable : Je m'attache à soutenir l’idée que la décroissance n’est pas une idéologie, ni une philosophie, ni, encore moins, une religion, mais que c’est une réalité prochaine, une évolution inéluctable quoi qu’on fasse liée à la simple application des lois de la physique dont la société industrielle a cru pouvoir s’affranchir. Cette évolution a déjà amorcée sa première phase, mais elle n’est pas encore visible à l’oeil nu. La date de survenue de la phase visible de cette évolution inéluctable ne peut toutefois pas être fixée avec précision, car elle dépend d’un certain nombre de facteurs aléatoires. Je m'efforce néanmoins de démontrer, chiffres à l’appui, que le système de la croissance est proche d’un état de banqueroute généralisée, c’est à dire d’une rupture fatale. J'expose inlassablement les raisons qui doivent nous conduire à considérer que la question essentielle n’est pas de savoir si nous sommes pour ou contre la décroissance, mais bien plutôt de savoir comment nous allons pouvoir nous adapter au déclin inéluctable de notre système industriel, tout en évitant l’effondrement.

2ème thème - La critique de la croissance : J'explique que la société de la croissance conduit à l’échec dans pratiquement tous les domaines qu'elle prétend couvrir (notamment le domaine de l’application des lois de la physique, mais également dans les domaines comptable, financier, sanitaire, alimentaire, culturel, social, politique). De ce point de vue cette critique s’entend comme un diagnostic réel portée sur une société souffrant d’une maladie incurable : la croissance. Autre élément revêtant une importance fondamentale : cette critique se veut objective et non pas subjective.

3ème thème - La critique du capitalisme : Je m'efforce de mettre en lumière la consubstantialité de la croissance et du capitalisme, c'est à dire d'expliquer et de démontrer que le capitalisme est le fait générateur essentiel de la croissance et qu’il est l’activateur principal de sa durabilité. De fait, la critique radicale de la croissance s'identifie à une critique radicale du capitalisme, terme amplement polysémique et galvaudé, mais dont je proposerai une définition claire et exhaustive afin de bien fixer les idées et éviter les dialogues de sourds sur ce sujet particulièrement complexe. Ayant ainsi clairement défini les véritables fondement du capitalisme, j'expose, à travers notamment le Programme pour une société de l'après croissance, les moyens de rompre pacifiquement et légalement avec lui.

4ème thème - La promotion de la démocratie directe : De même que le capitalisme est consubstantiel de la croissance, l'oligocratie (ou si l'on préfère la démocratie représentative) est consubstantielle du capitalisme. La constatation de cette homothétie m'amène à expliquer que le capitalisme ne peut s’exprimer politiquement qu'à travers un système qui réserve le pouvoir de fabriquer les lois (c’est à dire plus globalement toutes les règles coercitives) à un groupe restreint, une minorité de personnes représentatives de la caste des marchands et pas de l'ensemble des citoyens. Suivant le même schéma méthodologique que pour le capitalisme, j'exposerai les moyens de rompre pacifiquement et légalement avec l'oligocratie et d'établir enfin une vraie démocratie : la démocratie directe

5ème thème - La promotion du Programme pour une société de l'après croissance  : L'inéluctabilité de la survenue de la décroissance débouche mécaniquement sur une société de l'après croissance. Pour gérer de façon optimale cette société contrainte, je propose un programme, celui du Parti pour l'après croissance (PPAC). Mais, il faut bien comprendre que ce programme ne s’adresse qu’à des citoyens déjà convaincus au préalable de l’inéluctabilité de la croissance (ou de la non durabilité de la croissance) c’est à dire ayant déjà été convaincus par les argumentations développées dans les quatre thèmes précédents. De ce point de vue, ce Programme pour une société de l'après croissance n’a pas pour objectif de chercher à convaincre, mais de proposer un schéma de travail pour la construction d’un déclin au préalable considéré comme acquis.

Cette prise de conscience, cette alerte, je m'efforce d'y contribuer par des chroniques vidéos hebdomadaires (chaque mardi) qui portent alternativement ou conjointement sur chacun de ces cinq thèmes.

A ceux qui me demanderont quelles solutions je propose, à travers le Programme pour une société de l'après croissance notamment, je répondrai que ce programme n'est qu'un exemple de dispositif adaptatif pour une société qui aurait pris conscience de l'inéluctabilité de la décroissance et qui désirerait entrer dans une société de l'après croissance en se donnant le maximum de chance de se préserver d'un effondrement fatal. Car face à l'impasse de la croissance, l'étape des solutions n'est pas encore d'actualité ! Il faut d'abord passer par cette étape préalable de la prise de conscience populaire de l'inéluctabilité de la décroissance, et nous en sommes encore, malheureusement, assez loin.

A ceux qui m'objecteront que mon discours est trop extrémiste (ou utopique), et qu’il ne passera jamais, objection formulée soit par des gens tentés de me soutenir (mais freinées par ce pronostic de faible audience), soit par des détracteurs qui utiliseront ce qualificatif comme une marque de mépris, je répondrai que ma conception de la politique n’a rien à voir avec le marketing mais qu’elle est guidée par la recherche permanente de la juste analyse et que, de ce fait, mon éventuel succès ne sera pas à rechercher dans un indice d’audience ponctuelle, mais dans ma capacité à ne pas être mis en défaut dans mon argumentation par aucune critique argumentée et de bonne foi.

Enfin, je répondrai également que, contrairement aux apparence, l’utopie n’est pas de mon côté, mais plutôt du côté de ceux qui croient que la croissance peut durer encore longtemps, ou même qu'elle peut être remplacée par un état stationnaire.

Vive la société de l'après croissance !

Webjournal Demain La Décroissance

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Données personnelles et éléments biographiques

Originaire de la Haute Savoie, et de formation ESSEC, j’ai longtemps exercé l’activité de chef d’entreprise, mais je suis passé progressivement, ces dix dernières années, de l'action à la réflexion en écrivant des livres, en réalisant des vidéos et en donnant des conférences sur sujets traitant principalement de l'économie politique, ou plus exactement de l'économie « et » de la politique.

Toutes ces réflexions, que j'ai pu diffuser ces dernières années par l'intermédiaire de ces différents supports ne sont pas issues « que  » de lectures spécialisées, d'enseignements académiques, ou de débats militants, « mais également », et surtout pour ce qui concerne leurs motivations profondes, de l'expérience professionnelle que j'ai pu acquérir notamment dans les domaines de l'agro-alimentaire, de l'informatique et de la formation.

Et c'est, au départ, à partir de ma pratique concrète sur ces différents terrains, que j'ai commencé, progressivement, à m'interroger sur le sens, sur le fondement et sur ….. l'avenir du système économique capitaliste croissanciste dans lequel nous vivons, et que j'ai, également, commencé à me questionner, dans le même temps, sur la validité de son mode de gestion politique.

Et c'est ainsi que j'ai évolué vers cette activité de réflexion, qui, et je tiens encore à la souligner, vient synthétiser mes 40 années de pratique professionnelle d'entrepreneur indépendant, cette activité de réflexion que je qualifierais aujourd’hui d'activité de recherche en organisation sociétale dans les domaines conjugués de la démocratie directe et de la décroissance. Activité, faut-il le préciser également, totalement indépendante de tout financement, de tout salariat ou de tout mandatement particulier.


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21 réactions à cet article    


  • xana 10 janvier 13:12

    Je suis moi-même un « décroissant ». La consommation comme but dans la vie ça n’est pas pour moi. Et je comprend très bien qu’on ne pourra certainement pas continuer à nous multiplier sans transformer notre terre en enfer.

    Pourtant je ne voterai pas pour vous. Parce que...

    1 Vous n’avez strictement aucune chance. De vous faire élire, d’abord. Et si par extraordiaire vous l’étiez, d’initier un changement dans les mentalités. Votre programme n’est (pour le mieux) qu’une diversion.

    2 Dans les pays encore développés le problème fondamental est la corruption. Corruption totale des « élites », de l’immense majorité des médias. Tous ces gens servent les firmes nationales ou internationales en échange de quelques subsides. Vous n’avez strictement aucun moyen de vous en protéger, alors à quoi bon voter pour un futur corrompu ?

    3 La soi-disant « démocratie » (dite « représentative ») est la base de cette corruption totale. Il est plus urgent de la laisser finir de s’effondrer que de la maintenir et d’y participer. Et que l’étape suivante soit une révolution, une dictature, une occupation étrangère ou autre, même douloureuse ou sanglante, ce choc sera pourtant le seul moyen de changer de paradigme.

    Ceci dit je n’ai rien personnellement contre vous. Mais je maintiens que votre candidature est une fausse bonne idée...


    • Marc Chinal Marc Chinal 12 janvier 11:41

      @xana
      vous devriez vous intéresser alors à notre-futur.fr

      on a une affiche qui interpelle pas mal (visible en page d’accueil), et notre programme/nos valeurs sont en accord avec vos idées.


    • samy Levrai samy Levrai 10 janvier 13:56

      Nous sommes déjà en décroissance et ne sommes pas souverains , accompagner l’effondrement de sa nation sans s’y opposer est une preuve d’opportunisme moderne...


      • Marc Chinal Marc Chinal 12 janvier 11:50

        @samy Levrai

        la décroissance est une démarche volontaire et non une déflation que l’on subit. Vous confondez donc les 2 termes.


      • Christian Laurut Christian Laurut 12 janvier 12:05

        @Marc Chinal
        C’est vous qui confondez la décroissance imaginaire prônée par quelques uns avec la vraie décroissance thermodynamique qui est inéluctable (voir Nicholas Georgescu Roegen)


      • Marc Chinal Marc Chinal 12 janvier 14:21

        @Christian Laurut
        la décroissance personnelle, c’est à dire la simplicité volontaire, engendre la décroissance thermodynamique. ça n’a donc rien d’imaginaire.
        Donc je ne confonds rien du tout. Et merci pour la ref connue depuis longtemps :)


      • Christian Laurut Christian Laurut 12 janvier 15:26

        @Marc Chinal
        Non, vous faites une erreur de raisonnement. La décroissance volontaire, au contraire, ralentit la décroissance thermodynamique. D’autre part, la décroissance volontaire est imaginaire parce qu’elle ne surviendra jamais, au contraire de la décroissance thermodynamique (ou son synonyme : la décroissance inéluctable) qui surviendra obligatoirement et quoi qu’on fasse, donc qui n’est pas imaginaire, mais réelle. CQFD


      • Marc Chinal Marc Chinal 14 janvier 17:58

        @Christian Laurut
        La décroissance volontaire est immédiate en ne consommant pas.
        Et chacun est libre de choisir ce qu’on ne consomme plus.
        La décroissance est avant tout « la décroissance économique », liée à la vitesse de rotation monétaire et au PIB (car lorsqu’on parle de « croissance » c’est celle du PIB, du chiffre d’affaires, etc).

        La décroissance thermodynamique va avec la baisse du PIB, la baisse des achats.

        Je ne pensais pas que vous étiez aussi « décalé » sur ce thème...


      • ticotico ticotico 10 janvier 14:09

        Je trouve l’initiative intéressante. Quand on voit l’absence quasi totale de ce thème chez nos valeureux candidats, il me semble nécessaire de tenter quelque chose.

        L’idée n’est clairement pas de récolter des voix, mais bien de faire passer un message autrement plus important que celui porté par les différents faussaires actuellement en lice. Du réformisme spoliateur de macron à l’opportunisme mou de Jadot, en passant par le très folklorique mr Zorglub, rien ne ressemble à une solution.

        Le seul moyen d’espérer une rectification de trajectoire repose sur l’éventualité que les premières catastrophes se déclenchent avant qu’il ne soit trop tard. La pantomime électorale présente comme seul intérêt celui d’offrir une tribune à ceux qui ont un avis sur notre proche avenir et proposent des moyens de le rendre vivable ... 

        Ceci dit, parvenir à un peu de visibilité médiatique a l’air d’une mission impossible, mais c’est bien plus louable d’essayer que de regarder « don’t look up » et de commenter « ces gens là ont tout compris ».

        Donc, bon courage !


        • Fergus Fergus 10 janvier 17:29

          Bonjour, ticotico

          Sauf que la « décroissance » est une illusion dangereuse qui ne pourrait être mise en place que très lentement. Or, le temps presse. Ce vers quoi il faut tendre, c’est plutôt une croissance alternative, principalement induite par les enjeux environnementaux.


        • ticotico ticotico 10 janvier 20:16

          @Fergus

          Je ne crois pas que la décroissance se mettra en route de façon consciente et maîtrisée. Personne n’osera assumer une telle décision...
          Le phénomène sera subi et aussi inéluctable que les lois de la physique.


        • Marc Chinal Marc Chinal 12 janvier 14:22

          @Fergus
          La décroissance est obligatoire mais incompatible avec l’usage de monnaie.
          C’est déjà expliqué depuis longtemps mais ça a du mal à être bien compris ! http://www.notre-futur.fr/2_etudier_l_economie.htm


        • Séraphin Lampion Schrek 10 janvier 14:52

          Vous en êtes où pour les 500 signatures ?


          • amiaplacidus amiaplacidus 10 janvier 16:15

            Dans le fond, au point où nous en sommes rendus, pourquoi ne pas ajouter du chaos au chaos ?


            • hans-de-lunéville 10 janvier 16:50

              On en aura eu des candidats ici.


              • fcpgismo fcpgismo 10 janvier 17:09

                Un homme extraordinaire, sérieux censé plein de qualités, un programme presque parfait, mais la population vote pour une gueule connue, pas pour un programme.


                • Fergus Fergus 10 janvier 17:32

                  Bonjour, fcpgismo

                  Pas toujours : à LFI, il est probable que la majorité des électeurs votent (comme moi) pour le projet L’Avenir en commun !


                • Iris Iris 10 janvier 17:41

                  Du capitalisme et de consumérisme, on est pas près d’en sortir.

                  Je pense cependant qu’un virage est amorcé, mais ça va être long, tellement long...

                  Merci pour vos efforts.


                  • Franck ABED Franck ABED 10 janvier 19:43

                    Pour 2022 une seule position et j’explique tout dans cette vidéo :

                    https://www.youtube.com/watch?v=vrjGYn1KPpQ


                    • Marc Chinal Marc Chinal 12 janvier 14:31

                      @Franck ABED
                      « conservatisme » face à « évolutisme ».
                      Mais en restant dans un système monétaire quel qu’il soit, c’est la guerre même au sein des familles de droite et de la gauche.
                      La remise à plat totale des systèmes est une urgence.


                    • chat maigre chat maigre 11 janvier 01:03

                      moi aussi j’aime bien des croissants.
                      surtout le matin.
                      mais quand il y a des chocolatines, je laisse les croissants à ceux qui se réveillent après moi...

                      la vie appartient à ceux qui se lèvent tôt et qui se couchent tard.

                      • vive l’insomnie chronique.

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