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Présidentielle : « une campagne électorale insipide, décaféinée et léthargique »

 

«  une campagne électorale ‘’insipide”, “décaféinée” et “léthargique”  », c’est ainsi que certains journaux Espagnol jugent la campagne électorale de l’élection présidentielle Française. Un constat que l’on ne peut que partager, ce qui devrait aussi expliquer en partie la démobilisation prévisible de l’électorat pour cette élection présidentielle.

 

La présidentielle focalise l’essentiel de la vie politique française, mais pour celle-ci, dont les sondages donnent Emmanuel Macron gagnant, il y a un risque de forte démobilisation

Pendant que les rues commencent à être parsemées d’affiches de campagne ( ce qui est illégal, mais toléré, sans compter le coût écologique ), tous les sondages donnent le sentiment qu’Emmanuel Macron va gagner « haut la main » et que tout est déjà joué. Si le président sortant, candidat à sa réélection, est en effet donné largement en tête dans les sondages et s’il doit surveiller ses concurrents à droite, extrême droite, comme à gauche qui appellent tous désormais au vote utile, la menace pour lui vient surtout de la démobilisation d’une partie de son électorat, faute de tension dans la campagne et à cause de cette impression majoritaire que le résultat est déjà acquis.

Dans le système de type « présidentialiste » Français, le président de la république concentre l’essentiel du pouvoir. Il est donc évident que la vie politique se focalise essentiellement sur élection présidentielle. Au cours des dernières élections, les Français ont peu voté aux élections régionales et encore moins aux élections Européennes, et votent de moins en moins aux élections municipales. Mais, à l’élection présidentielle qui représente un temps fort de la vie politique nationale la participation dépassait les 75 % au premier tour et, pour cinq des neuf élections présidentielles, se situait à 80 % au second tour. Selon des estimations, cette année, la participation pourrait se situer entre 63 % et 71 %. Autrement dit, l’abstention pourrait dépasser son record de 2002 où Seuls 71,6 % des Français s’étaient alors rendus aux urnes pour élire le président de la république.

Cette démobilisation prévisible de l’électorat traduit surtout une offre politique très fragmentée qui exclue également toute projection d’avenir sur les impacts des problématiques fondamentales qui vont concerner notre devenir. Qu’il s’agisse des rapports population – territoire – espace vital disponible, évolution de la révolution numérique, remboursement d’une dette qui sera à terme supérieure à 3000 milliards d’euros ( plus de 120 % du PIB). Situation écologique dramatique avec dérèglement climatique, sixième extinction des espèces, dont l’homme est le seul responsable par son nombre et son développement économique exponentiel … A cela s’ajoute une crise politique structurelle qui fait que les citoyens n’ont plus confiance dans la classe politique et les institutions, à quoi il faut ajouter la lassitude provoquée par la pandémie du Covid-19 et le rôle de la guerre en Ukraine déclenchée par la Russie, dont l’impact se fait ressentir dans la vie quotidienne des Français (augmentation du prix des carburants, de certaines denrées alimentaires…)

Les discours des candidat(e)s qui se veulent mobilisateur, mais sont « d’un creux » désespérant

Comment peut-on mobiliser l’électorat quand tous les discours des candidat(e)s ne dépassent pas de façon répétitive des formules stéréotypées extraites de la rigueur doctrinaire de leur parti ou mouvement politique, en ciblant systématiquement un responsable de nos problèmes. Là, pour les uns, c’est la société capitaliste et le patronat, là-bas c’est l’immigré qui sera accusé, parfois de façon scandaleuse de tous les maux dont souffre notre société. Chacun(e) ayant sa propre recette, ou croyant l’avoir, persuadé que c’est la seule qui vaille. Quand pour d’autres c’est en faveur du climat, pour lequel on n’en fait pas assez pour lutter contre son dérèglement. Notant au passage que leur recette pour protéger le climat passe par l’interdiction à terme du recours aux énergies fossiles, grâce au développement de la voiture électrique et des énergies renouvelables... Oubliant au passage que cela aura aussi un coût écologique avec un impact parfois plus important sur le climat…Pour tous, sans exception c’est, bien sur, Emmanuel Macron que chacun prend pour cible sur son bilan, dont certains reproches peuvent être d’ailleurs justifiés …

Il est toutefois regrettable que les candidat(e)s à l’élection présidentielle « oublient » que nos sociétés vont être confrontées à la raréfaction des énergies et ressources fossiles à cause des besoins, fussent-ils minimaux, ce qui est loin d’être le cas dans les pays riches, mais aussi d’une surpopulation explosive, d’une révolution numérique, avec une évolution, dont les impacts culturels, sociétaux, économiques, sociaux bouleverseront en profondeur nos vie quotidienne par rapport à la situation actuelle. Certes, avec des avantages certains par rapport à notre vécu actuel, en particulier la réduction des mobilités grâce au télétravail et une nouvelle façon de réaliser ses achats à distance, mais aussi avec des inconvénients majeurs qui peuvent être à l’origine de conflits violents.

Ne pas porter un regard sur ces problématiques fondamentales avec leurs impacts prévisibles, relève d’une totale irresponsabilité à ce niveau, où manifestement les candidat(e)s à la présidentielle confondent la mission à laquelle ils aspirent avec une élection législative dans une circonscription rurale.

Le rapport population-territoire-espace vital, avec dilapidation des terres agricoles, exclue de la pensée de tous les candidat(e)s à la présidentielle

Ce ne ne sont pas les visites que font les candidat(e)s aux maires des communes rurales qui les éveilleront sur la question démographiques dans le rapport population-territoire-espace vital et leur impact. Il est vrai qu’aborder les aspects budgétaires, les compétences et les moyens qui en découlent pour les maires et les intercommunalité, avec des promesses s’ils sont élu(e)s leur semble plus rémunérateur sur le plan électoral. Dés lors ils excluent totalement de leur pensée la question démographique en France, alors qu’avec 68 millions d'habitants la France (deuxième pays le plus peuplé de l’Union Européenne, derrière l’Allemagne 83 millions) n’échappe pas à la problématique population-territoire-espace vital, notamment avec la dilapidation des terres agricoles.

la France est en Europe le pays pour lequel le rythme de recul des terres agricoles est le plus élevé. La France a en effet perdu près de 9 millions d’hectares de surface agricole utile (SAU) entre 1960 et 2010 (ou 90 000 km², plus que la superficie de la Guyane 86 504 km2), soit une baisse de 25%, tandis que cette perte ne se limite qu’à 2 millions d’hectares (20 0000 km2) en Allemagne, soit une baisse de 11% (source : Momagri, 2012). La France perd ainsi en moyenne 82 000 ha de terres agricoles chaque année ( 820 km2, plus que le territoire de Belfort 609 km²) soit une perte de 0,3% par an. Cette surface perdue équivaut à une perte nette de près de 225 ha par jour, (Agreste, 2011)

Ne pas oublier, par ailleurs, que la France vit exclusivement de ses importations de pétrole, de gaz, uranium et minerais divers... Nos capacités d’autonomie énergétique sont quasi-inexistantes alors que nos besoins sont démesurés.

La guerre que la Russie fait à l’Ukraine vient nous rappeler tristement cette réalité. A ce rythme de croissance démographique, pourra-t-on encore longtemps dépendre du pillage du reste du monde pour sauvegarder notre niveau de vie ? Que se passera-t-il lorsqu’on ne pourra plus drainer des ressources d’autres régions de la planète ? Voir l’association « Démographie ,Responsable (DR) », dont le travail de recherche et de vulgarisation est très enrichissant concernant la question démographique : https://www.demographie-responsable.org/qui-sommes-nous.html.

Nos candidat à la présidentielle ne pensent pas que par son nombre à l’échelle mondiale, l’homme affecte de très nombreux événements météorologiques et climatiques

Il y a désormais une certitude, l’Homme par son nombre affecte de très nombreux événements météorologiques et climatiques extrêmes (vagues de chaleur, pluies torrentielles, sécheresses, cyclones tropicaux…), rendus plus fréquents, plus intenses et qui ne peuvent que s’amplifier. Sans compter la 6e extinction des espèces, dont l’homme, contrairement aux cinq précédentes, est le seul responsable.

Faut-il rappeler que le rapport du GIEC estime, par exemple, que les pluies extrêmes vont grimper de 7% à chaque degré supplémentaire. Pour Alok Sharma le président de la COP26 qui se déroula à Glasgow en Novembre 2021, ce rapport est « l’avertissement le plus sévère » jamais lancé sur le fait que le comportement humain accélère de manière alarmante le réchauffement climatique ».

Nul doute que le dérèglement climatique aidant et l’épuisement ressources fossiles qui vont devenir de plus en plus chères, on peut s’attendre à une prolifération de conflits régionaux et des vagues migratoires vers l’Europe très importantes. Des mesures préventives d’urgence doivent être prises, mais encore faudrait-il que nos candidat(e)s à la fonction suprême de notre pays s’en préoccupent...

On peut dès lors regretter que cette problématique neffleure la moindre pensée de nos candidat(e)s à la présidentielle, y compris chez EELV qui se réclame de l’écologie, dont ils en sont d’ailleurs très éloignés, car ils sont devenus un parti de gauche classique en concurrence avec la FI de Jean-Luc Mélenchon pour assurer le leadership de cette gauche...

Le numérique, autre problématique délaissée voire totalement ignorée par les candidat(e)s

Il est évident que la nouvelle révolution numérique offre des avantages concernant, notamment, la réduction des mobilités domicile- travail avec le travail à distance (télétravail) qui permet de réduire l’usage de la voiture. A cet effet, il faudrait encourager la mise en place d’espaces « coworkings » en toujours plus grand nombre pour une pratique plus aisée et plus importante du télétravail, car ces espaces individuels au plus près du domicile dans un un ensemble collectif offrent les avantages de sociabilité au travail qui existent en entreprise et supprime les inconvénients du télétravail à domicile. Se retrouver autour d’une machine à café ou autour d’un casse-croûte est un temps de convivialité que l'on ne peut retrouver au au domicile.

On peut comprendre aussi que cette nouvelle « révolution numérique » des mégas données suscite des craintes justifiées, tant sur le plan économique et sociétal, voire culturel, ainsi que sur le plan environnemental et énergétique. N’oublions pas que les terres rares (qui ne le sont pas toutes) dont sont issus les métaux rares indispensables aux « intelligences artificielles », mais aussi à l’éolien et au photovoltaïque, ou à la voiture électrique, dont la production de la majorité de ces véhicules relève d’une aberration, sans compter l’usage quotidien des ordinateurs, smarphone, télévision, appareils ménagers etc. sont une ressource fossile qui n’est pas inépuisable. Quand on sait que la Chine détient plus de 90 % de la production mondiale et se trouve en bonne position pour exploiter celle de l’Afghanistan des Talibans, on peut imaginer les difficultés qui nous attendent...

A terme des entreprises robotisées fonctionneront sans intervention humaine

Avec le changement de statut des robots par internet et l’interconnexion entre eux, aujourd’hui on peut faire fonctionner des entreprises (dites entreprises 4.0) sans peu d’intervention humaine, ce qui va s’amplifier demain avec la 5 G et l’informatique quantique.

A terme, par les robots avec leur interconnexion et internet, les entreprises seront totalement dispensées d’intervention humaine. Les nouvelles habitudes d’achat et des nouveaux moyens de livraisons (notamment par drones) vont inévitablement y contribuer.

Les effets en perspective de cette nouvelle révolution numérique

Faut-il rappeler qu’aujourd’hui on est en mesure de confier des taches sélectives de décision, notamment, pour la justice, la médecine, l’enseignement, mais aussi faire déplacer des véhicules sans chauffeur ou des drones-taxis sans pilote, y compris faire fonctionner des usines sans aucune intervention humaine grâce aux interconnexions de l’intelligence numérique entre les machines, avec toutes les conséquences d’éthique que cela suppose. Par exemple, s’agissant de la justice on peut rappeler que pour désengorger les tribunaux, lorsque cela ne relève pas de décisions concernant des jugements dans des situations complexes, où elles doivent être prises en « son âme et conscience », les robots peuvent très bien suppléer les magistrats pour prononcer des sanctions en fonction de critères très précis. c'est ce qui se fait déjà en grande partie pour traiter les amendes d'infractions routières...

Dans tous les domaines : entreprises, services, santé, hôpitaux, enseignement, transports, militaires etc. désormais « l’Intelligence artificielle « s’installe partout avec des applications de substitution totale de l’intervention humaine aux robots par phases successives. Il est évident que l’intelligence artificielle va susciter des espoirs, parfois surréalistes, mais aussi des craintes apocalyptiques, dont certaines peuvent être justifiées, compte tenu de notre culture actuelle.

Une évolution maîtrisée serait beaucoup plus efficace si elle est effectuée par étapes

Avoir une vision à plus long terme suppose aussi des mesures préventives par paliers. C’est indispensable si l’on veut éviter une fracture sociétale brutale et gagner du temps, car nul doute que de nouvelles activités, aujourd’hui insoupçonnables, apparaîtrons et plus compatible avec l’évolution de cette nouvelle révolution numérique qui va s’imposer. Au début des années 1990 nous ne pouvions imaginer l’existence des plateformes numériques et leur impact sur notre vie quotidienne actuelle, bien qu’elles puissent soulever d’autres problématiques, notamment sur le plan social.

Alors que la nouvelle révolution des « intelligences artificielles » va inévitablement nécessiter des activités dans le domaine de la production robotique, de la recherche et du traitement des déchets du numérique, la France devrait y avoir un rôle stratégique en jouant un rôle dynamique au sein de l’Union Européenne…

Mais attention ! si on se réfère aux experts du forum économique mondial de Davos, avec la nouvelle révolution numérique, nous entrons dans une quatrième révolution industrielle, dont leur crainte, si rien n’est entrepris par le pouvoir politique, c’est qu’à terme, les entreprises qui vont de plus en plus fonctionner avec très peu, d’intervention humaine, se traduira par plus de 5 millions de chômeurs supplémentaires en Europe en 2025 …

Il est regrettable et fort dommageable que cette nouvelle révolution numérique soit occultée des débats présidentiels par les candidat(e)s, alors que son évolution va impacter durablement notre vécu sur le plan culturel, sociétal, économique, environnemental et en approvisionnement des métaux rares.

A propos de la dette, l’autre problématique délaissée également par les candidat(e)s à la présidentielle

Pour rappel : À la fin du premier trimestre 2021, la dette s’établit à 2 739,2 Milliards d’€uros, soit 118,2 % du PIB. Après la diminution du quatrième trimestre 2020 (−23,7 Md€), la dette a augmenté nettement au cours de ce trimestre (+89,0 Md€), en partie pour financer les mesures de soutien liées à la crise sanitaire et le plan de relance. Près de la moitié de cet endettement alimente par ailleurs la trésorerie des administrations publiques, principalement celles de l’État et de l’Acoss. De ce fait, la dette nette des administrations publiques augmente moins fortement (+ 48,3 Md€) au premier trimestre pour s’établir à 104,0 % du PIB.

Le réveil ne risque-t-il pas d’être brutal quand il faudra rembourser ?

On ne pourra faire l’impasse sur le remboursement de la dette qui est abyssale et va encore progresser durablement, mais alors comment pourrait-on faire ?

- faire des coupes budgétaires (pour baisser ses dépenses) c’est à dire une forte politique l’austérité, ce qui semblerait inévitable ?

- augmenter les impôts (pour accroître ses recettes) ? 

- s’endetter auprès de créanciers disposés à lui prêter de l’argent pour rembourser une partie de la dette ? Mais là n’est-ce pas s’engager encore plus dans des processus de cavalerie, ce qui est en partie le cas aujourd’hui et dans ce cas ces milliards qui « viennent du futur », ce sont les futures générations qui vont payer la note »…

-négocier avec les créanciers pour allonger la durée des remboursements ? Mais là encore ce sont les prochaines générations qui seront mises à contribution.

- parvenir à alléger la dette en réduisant les remboursements des taux d’intérêts ou en annulant une partie de la dette ?

Face aux problématiques posées par ce dossier, les candidat(e)s à présidentielle ne se bousculent pas pour s’y attarder par des analyse objectives et des propositions réalistes alimentant un débat. cela ne relève-t-il pas aussi de l’irresponsabilité ?...

Pour conclure

la « campagne électorale ‘’insipide”, “décaféinée” et “léthargique” » de l’élection présidentielle Française, comme la juge certains journaux Espagnol est une évidence. Sans débat et propositions alimentant des débats sur les problématiques fondamentales qui vont affecter le vécu futur de nos sociétés , cela ne peut que contribuer également à la démobilisation de l’électorat.

 


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36 réactions à cet article    


  • Olivier Perriet Olivier Perriet 31 mars 11:41
    « une campagne électorale insipide, décaféinée et léthargique »

    C’est marrant, de mémoire j’ai l’impression qu’on a dit ça à chaque fois


    • Fergus Fergus 31 mars 13:11

      Bonjour, Olivier Perriet

      Vous m’avez précédé, j’allais écrire un commentaire dans ce sens.


    • rogal 31 mars 11:46

      « Dans le système de type « présidentialiste » Français, le président de la république concentre l’essentiel du pouvoir. »

      Faux si l’Assemblée Nationale lui est contraire (cohabitation Chirac – Jospin).. Pensons donc aussi législatives.


      • Fergus Fergus 31 mars 13:16

        Bonjour, rogal

        Exact : en cas de cohabitation, le président ne garde plus la main que sur le « domaine réservé », à savoir la défense et les affaires étrangères, encore que ce soit, notamment pour ce dernier domaine, en concertation avec le 1er ministre.


      • Octave Lebel Octave Lebel 31 mars 17:45

        @rogal

        Sauf que la législative a été mise dans la foulée des présidentielles en déséquilibrant la logique de la constitution avec le succès que l’on sait , abus de pouvoirs pour contourner un référendum, abstentions, nécessité de primaires à géométries variables pour essayer de se légitimer , conduite d’une politique à l’opposé du pacte électoral sans recours possible, un président sans véritable contre-pouvoirs opposables, le seul en Europe etc..Ce serait une folie de vouloir perpétuer ces institutions et ceux qui ont bien l’intention d’en vivre et d’y perpétrer leur emprise. Nous le payons cher. Nous le payerions encore plus cher.


      • Aristide Aristide 1er avril 11:36

        @Octave Lebel

        Sur le fond tout de même, il n’y a pas de grande différence entre Allemagne et France sur quelques points importants :
          la monarchie qui serait de notre coté, en Allemagne Merkel et Khol ont gouverné le pays pendant 16 ans. Chez nous Mitterrand a fait 14 ans, Chirac en fait 12 mais maintenant pas plus de 2 mandats soit 10 ans.
          dans les deux pays, la majorité parlementaire est TOUJOURS en accord : en Allemagne car c’est la majorité parlementaire qui élit le chancelier, en France depuis l’inversion des calendriers, c’est mieux puisque le peuple peut désigner une majorité au président élu ou pas. Contrairement à l’Allemagne, on peut se trouver avec une cohabitation, ce qui est impossible en Allemagne.
          le gouvernement est désigné directement en Allemagne par le chancelier en France c’est indirectement par le président via le premier ministre
          l’alignement parlementaire est à mon sens encore plus marqué en Allemagne, le chancelier est le chef de la majorité. En France, on ne peut rien généraliser à partir de la situation actuelle car un seul parti est majoritaire, ce qui n’est pas une obligation, dans notre système il peut y avoir des majorités de « circonstances » impossible en Allemagne. 
          le controle de l’Etat, de nombreuses commissions sont dévolues à la minorité, en France comme en Allemagne,

        Ce n’est pas exhaustif mais tout de même, nous sommes dans un régime présidentiel qui dit son nom, l’Allemagne aussi sans le dire, et de nombreux pays de même, la Grande Bretagne avec de vrais différences constitutionnelles n’échappe en rien à la « personnalisation du pouvoir ». 

        Il faut surement renforcer le rôle du parlement et ajouter quelques réformes, mais à quoi bon mettre à bas une constitution qui a fait ses preuves depuis 1958 et faire miroiter un monde constitutionnel idéal avec cette histoire de VIème !!!


      • wagos wagos 31 mars 12:03

        Là effectivement, c’est pire que tout ce que nous avons connu des autres campagnes électorales ...

        Bien entendu il y a tous les évènement qui se sont succédés depuis 2017....mais c’est surtout un désintérêt total de tous les électeurs encore plus désabusés qu’ils n e l’étaient auparavant

        Les candidats maintenant ? on ne sait même pas si ils croient eux même à leurs programmes, ils récitent, c’est tout...

        Une abstention record ? peut-être, on ne peut pas prédire, même les instituts de sondage restent réservés ...

        Bulletins blancs ? pour ma part, c’est fort possible , mais ce n’est que personnel...vu que de toute façon tout est fait pour que Macron repasse , c’est cousu de fil blanc, il attend sa confrontation avec M.Le Pen.... ! 


        • Séraphin Lampion Kaa 31 mars 12:05

          Il n’y a pas de campagne, si ce n’est publicitaire. Question de budget et d’impact, aucun débat, aucun face-à-face. Chacun cherche à vendre son truc. Alors, forcément, les cleints (il en reste) iront vers la vitrine la plus éclairée, comme les alouettes.


          • Séraphin Lampion Kaa 31 mars 14:42

            @Kaa

            un candidat est un produit comme un autre : le but des techniques de vente est de convaincre le prospect que son besoin sera satisfait, alors que, sans le savoir, il ne fait que répondre à des stimuli de la façon prévue par l’annonceur.


          • capobianco 2 avril 10:59

            @Kaa
            «  aucun débat, aucun face-à-face. »
            Pour moi ce n’est pas plus mal ! Les débats ne permettent certainement pas de nous éclairer sur le projet et sa faisabilité des candidats. C’est souvent une mascarade orchestrée par des médias qui embrouillent volontairement avec des débats pour faire le « buzz » d’où on sort frustré. 
            Il vaut mieux aller s’informer, lire les programmes, voir certaines vidéos où certains meetings bien plus instructifs que les foires d’empoignes médiatiques. Je viens de visualiser plusieurs vidéos des meetings de Pecresse, jadot, Mélenchon et j’en ai retenu de bonnes infos (hors médias). La dernière m’a particulièrement intéressé :
            https://www.youtube.com/watch?v=aLLo60PgILM
            Le candidat développe son programme et ses convictions de façon naturelle cela n’est pas le spectacle des chaines de télé où on a l’impression d’assister à « l’élection de miss France ». Quand on veut savoir et comprendre il faut faire les efforts, la télé n’est pas là pour informer....


          • Octave Lebel Octave Lebel 31 mars 12:07


            La posture d’observateur distancié et éclairé.

            C’est bien joli et confortable la posture d’observateur distancié et éclairé mais il faudrait peut-être s’interroger tous les jours sur l’absence de réelle démocratie dans notre pays si on veut réellement que cela change depuis le temps que cela dure et que cela va en se dégradant.

            Qui a le pouvoir maintenant chez nous de torpiller le déroulement d’une élection, comment cela a-t-il été rendu possible et comment cela marche ?

            Quels sont les pouvoirs des citoyens, comment peuvent-ils se faire entendre, comment sont-ils représentés dans leur diversité et qui a à leur rendre des comptes et comment ?

            Nous ne vivons pas sur l’Olympe et il y a des problèmes concrets, fondamentaux, à résoudre méthodiquement dans l’ordre pour que les autres puissent être pris en compte et que d’autres ne puissent même pas se poser. C’est à faire sans perdre plus de temps.

             

            Au hasard (ce n’est pas vrai). Tous les thèmes que vous évoquez sont présents et à discuter et travailler.

            https://laec.fr/sommaire

             


            • Attila Attila 31 mars 12:30

              Faire dégager Macron dès le premier tour.

              Tout-sauf-Macron,

              .

              Que faire ?

              .


              • tashrin 31 mars 14:02

                @Attila
                Que faire ?

                Voter aux legislatives pour eviter la configuration actuelle
                Sans majorité, il va faire quoi ?


              • capobianco 2 avril 10:39

                @Mondot
                « Notre seule chance de sortir de cette merde (et encore), c’est les législatives, là au moins pas besoin de passer par ce pipeautage de cooptage entre faisans ! »
                Je ne comprends pas votre « logique ». Les députés auraient des positions différentes des candidats ? J’ai l’impression que parler de « bons à rien » montre surtout une certaine amertume chez vous , votre favori ne décole pas ?


              • leypanou 2 avril 10:52

                @capobianco
                en étant présent à l’Assemblée Nationale lors du discours de Zelensky, se levant et l’applaudissant comme tous les autres, Mélenchon a montré qu’il est pareil que les autres candidats aux présidentielles présents.


              • capobianco 2 avril 11:16

                @leypanou
                Et que tous les députés présents, non ? Perso je suis critique sur la position de Mélenchon sur la guerre d’Ukraine mais je suis en accord quasi total avec le projet du candidat. La position quasi générale ici qui dénigre la campagne de tous me parait surtout une position de personnes déçues par les sondages de leurs favoris. 
                Si vous voulez faire l’effort de regarder cette vidéo (https://www.youtube.com/watch?v=aLLo60PgILM ) vous verrez une forme de débat bien plus intéressante que les spectacles médiatiques. Le candidat répond tranquillement aux questions et développe, approfondit et l’on voit le vrai personnage. A vous de juger ! 
                Sauf a être un « béni-oui-oui » , on ne peut être d’accord à 100% avec un candidat et avec son programme, c’est mon cas. Je trouve la campagne de la FI ou de l’union populaire est plus intéressante hors des médias aux ordres dont chacun sait pour qui ils roulent et que le « buzz » est leur préoccupation.


              • tashrin 4 avril 09:43

                @capobianco
                La FI pour moi s’est disqualifiée du fait de sa position à geometrie variable sur la laicité, et sur le plan énergétique. Ce sont des sujets trop clivants pour emporter un vote de premier tour
                La situation actuelle tient surtout à l’absence totale de fonction parlementaire du fait de la majorité absolue acquise à LREM. Si chaque texte de loi avait dû faire l’objet de réels débats, et d’un vrai vote, tout le merdier depuis deux ans n’aurait pas été aussi facile. Je suis absolument d’accord avec mon VDD sur le fait que les parlementaires ont failli à leur mission, et le fait d’avoir reduit le mandat présidentiel à 5 ans était une énorme connerie, tout autant que d’avoir calé le calendrier de manière à ce que les mandats présidentiels et parlementaires coincident


              • zygzornifle zygzornifle 31 mars 12:50

                Mettez les tous au smic et ils s’enfuiront ventre a terre ....


                • Albert123 31 mars 13:55

                  laisser le peuple élire les juges et sans pré filtrage avec des parrainages et vous aurez enfin une démocratie et le retour à l’état de droit.

                  en attendant faites nuit debout et indignez vous.


                  • sylvain sylvain 31 mars 14:01

                    Le réveil ne risque-t-il pas d’être brutal quand il faudra rembourser ?

                    On rembourse la dette tous les jours .Avec l’argent dette, cet état de fait ne changera jamais .Je lis souvent des déclarations laissant penser qu’il faudrait « rembourser » la dette une fois pour toute et que ce sera dur .

                    Ce n’est pas dur, c’est impossible .Dans le système de l’argent dette, si on rembourse toute la dette, il n’y a plus d’argent en circulation .La dette correspond a la quantité d’argent en circulation


                    • sylvain sylvain 31 mars 14:05

                      au sujet des terres agricoles, il est bon de préciser ce qui créé cette perte perpétuelle de surface .Et c’est quasi exclusivement l’urbanisation : lotissements et zones commerciale, zones d’activité... qui fleurissent partout dans nos campagnes Chez moi on a tous les mois de nouvelles zones commerciales qui fleurissent, alors qu’on a déja plétore de magasins et que tout le monde se met a acheter sur internet .Mais ça fait partie de stratégies de développement territoriaux...



                        • mmbbb 31 mars 14:31

                          c est toujours la même problématique , si vous vous présentez à l election et si vous avancez des argumentations longues et structurées , l electorat se lassera de ce donneur de lecons .

                          Asselieneau avait recu le sobriquet « charisme d huitre ! 

                          Macron lui est passe en 2017 parce que pendant un an il a fait la une des magazines » people "

                          L election , c est comme la television , il y a un formatage de la parole et une mise en forme ou en scene de personne présidentiable .

                          Revenons au vote censitaire .

                          Quant à l auteur, il est idéaliste, nous avons déjà du mal a resoudre nos problèmes , alors je vois mal sinon surréaliste un candidat s occuper des maux de la planete 

                          En revanche je lui donne raison sur la nouvelle révolution industrielle IA etrobotisation accrue alors que Mélenchon promet la création un million d emploi .


                          • Séraphin Lampion Kaa 31 mars 14:46

                            @mmbbb

                            « Revenons au vote censitaire . »
                            mais on y est : celui qui sera élu aura forcément commencé par recueillir les signatures de notables exigées
                            le choix se fait sur un panel présélectionné
                            il n’y a rien de « démocratique » là-dedans quand vous y ajoutez, en plus, le matraquage des médias


                          • tashrin 31 mars 15:47

                            @mmbbb
                            Mouais, en quoi subordonner le pouvoir de voter à un niveau de revenu va ameliorer quoi que ce soit ?
                            C’est pas comme si la totalité des politiques menées depuis 30 ans était déjà dans leur interet exclusif et au detriment de tous les autres... Oh wait...


                          • mmbbb 1er avril 09:45

                            @tashrin  vous ne semblez pas savoir lire ,  les francais votent mal et reconduisent les mêmes ; Quant au vote censitaire , c est simplement pour noter l immaturité d un certain électorat .
                            Ce pays devient ingouvernable c est la seule lecon que l on puisse tirer 


                          • tashrin 4 avril 09:38

                            @mmbbb
                            Je sais lire et j’ai tres bien compris merci
                            Vous tenez donc pour acquis que la maturité est liée au revenu... Mais sauf erreur, ceux qui tirent les ficelles, distillent la theorie manageriale au sein des services publics, font bosser leurs copains contre retour d’ascenseur utlerieur, siphonnent les comptes publics, s’affranchissent de leurs impots, etc etc... Ce sont pas les smicards... 
                            Donc instaurer le vote censitaire, c’est renforcer encore ce qui ne va pas...Donc certainement pas un élément de solution
                            Ce qui rend ce pays ingouvernable, c’est qu’il est gouverné par des gens qui ne visent certainement pas le bien commun. Vous allez quand même pas trouver abusé que ca provoque quelques remous, si ?


                          • zygzornifle zygzornifle 31 mars 15:21
                            Depuis 40 ans

                            Voter n’a jamais amélioré les retraites
                            Voter n’a jamais donné plus de pouvoir d’achat
                            Voter n’a jamais permis de payer moins de taxes ni d’impôts ni autres prélèvements
                            Voter n’a jamais créé d’emplois

                            Voter est une illusion entretenue par ceux qui veulent le pouvoir....

                            Quand on vote on choisis le cancer qui va dévorer le pays .....

                            • eddofr eddofr 31 mars 17:13

                              @zygzornifle

                              Et le front populaire ?


                            • Albert123 31 mars 18:06

                              @eddofr

                              Et le front populaire ?

                              Remercions léon blum et le pétainisme qui en est la conséquence


                            • BA 31 mars 20:16

                              « On vendait des fortunes des trucs effarants de nullité », avoue un ancien consultant de McKinsey. Révélations sur les méthodes du cabinet de conseil McKinsey.


                              https://www.mediapart.fr/journal/france/310322/prestations-offertes-et-jeux-d-influence-revelations-sur-mckinsey-et-emmanuel-macron


                              • eau-du-robinet eau-du-robinet 1er avril 07:44

                                MCKINSEY GATE : LE SCANDALE QUI EMPOISONNE LA CAMPAGNE DE MACRON ou la France sous la tutelle de oligarchie des États-Unis 
                                .
                                Pour retrouver notre souveraineté ne votez pas Macron !
                                .
                                L’intérêt général doit primer sur les intérêts du privé, sur celui des milliardaires et des banques !!!


                                • chantecler chantecler 1er avril 07:48

                                  @eau-du-robinet
                                  Paraît que l’état a engagé une entreprise de communication pour défendre Mackinsey .
                                  Ca coûte bonbon .
                                  Mais c’est ehpadent !


                                • nemesis 2 avril 00:15

                                  @eau-du-robinet

                                  µicron et Talonnettes pourront réduire les frais en prenant le même avocat !


                                • suispersonne 1er avril 09:05

                                  Anecdotique, ou pas ?

                                  Beaucoup ici sont convaincus d’une approximative fiabilité des sondages politiques.

                                  Cela explique un climat décourageant, qu’ils entretiennent aussi par leur myopie.

                                  Les sondages se sont beaucoup trompés dans le passé : on n’en a pas vraiment tiré les leçons.

                                  Les prévisions météo sont beaucoup plus fiables que les sondages manipulés et manipulatoires, dont le business prospère avec les besoins de ceux qui les achètent.

                                  Les pratiques sondagières se sont fortement dégradées depuis 2017.

                                  Pourquoi pas se poser d’autres questions, et interroger


                                  1. La dénonciation des pratiques occultes de sélection des panelistes.

                                  2. L’absence de toute remise en question suite aux énormités du passé.

                                  3. L’absence de toute transparence méthodologique, masquée par une commission des sondages qui agresse toute publication discordante (p ex cluster17, ou la publication vite effacée que 84 % des électeurs ne veulent pas de l’éborgneur giflé-qu’ils viennent me chercher- (… pardonnez cela, pas très gentil, mais ça fait du bien de le remettre à sa juste place).

                                  4. L’aveu d’un sondeur (plus invité depuis dans les merdias) que le sortant est surévalué entre 4 % et 8 %.


                                  • nemesis 2 avril 00:13

                                    Une campagne électorale ?
                                    On en a vite fait le tour. Depuis le temps, on connait les programmes de chaque candidat. On sait aussi que c’est artificiel du fait :
                                    des contraintes des fonctionnaires européens,
                                    de la Dette et de la balance commerciale,
                                    de la dictature des Juges du siège,
                                    de l’influence des Lobbys ( politiques, syndicaux, patronaux, communautaires...)

                                    quand on a mis toutes ces contraintes dans la boite, qu’est-ce qu’on peut espérer en sortir ?

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