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Presse people en émoi ! Les experts du Louvre auraient découvert une Joconde nue...

Journal "Le Parisien", je cite : qui a peint le double érotique de la Joconde ? BFMTV : le mystère de la « Joconde nue » bientôt percé au musée du Louvre. Le Figaro : le dessin érotique, conservé au château de Chantilly, se trouve en cours d'analyse dans les sous-sols du Louvre etc...

Non, Messieurs les journalistes, il n'y a pas d'érotisme dans ce portrait sauf celui que vous voulez y voir et qui obscurcit votre esprit. Il s'agit d'une pose comme cela se fait pour une photogtaphie, une pose comme celle que la Joconde prend dans son célèbre tableau du Louvre.

Monna Lisa Gherardini était l'épouse de Francesco del Giocondo, important marchand de tissus précieux de la cité de Florence. L'étude de Giuseppe Pallanti "La véritable identité de la Joconde : un mystère dévoilé" prouve, documents à l'appui, que la dame fut une mère particulièrement estimée de son mari. Rien que du très normal. Francesco connaissait certainement Léonard de Vinci. Rien d'étonnant à ce qu'il ait accepté que son épouse, Gioconda, pose pour lui, mais en déhabillé, ce n'est pas possible. Le dessin en question ne peut donc être, en aucun cas, son portrait. Ce ne peut être qu'une étude préparatoire, un cadrage, avant l'exécution du portrait.

Non, Messieurs les journalistes, Léonard de Vinci n'était pas obnubilé par le sexe comme l'est aujourd'hui notre époque. Léonard de Vinci était un érudit. Cela signifie qu'il passait la plus grande partie de ses journées dans sa bibliothèque. Cela signifie qu'il employait une cuisinière pour faire les courses, la cuisine et le ménage. Cela signifie qu'il avait engagé à son service un enfant de la campagne pour lui servir de valet ; que cet enfant, auquel il avait donné le nom de Salai, petit diable, mangeait habituellemet à la table de la cuisinière, bigotte comme la plupart des cuisinières de son temps, laquelle a éduqué l'enfant dans le strict respect de la religion ; qu'exceptionnellement, cet enfant a pu venir s'asseoir à la table des invités, même si le maître regrette qu'il ne sache pas se tenir à table ; il en a fait mention dans ses carnets. 

Dans sa célèbre Cène de Milan, Léonard de Vinci s'est représenté en train de discuter théologie avec saint Augustin. Nous sommes en plein débat. Salaï, devenu jeune homme, est dans le groupe. Il a exactement la même tête que Léonard en a fait dans un dessin de ses carnets. Il montre le Christ faisant l'offrande du vin et du pain, signifiant par là qu'ii ne se pose pas de questions comme son maître, et que, pour lui, les choses sont claires. Nous avons là la preuve irréfutable que Léonard de Vinci a été un vrai père pour son enfant adoptif et que cet enfant, élevé par la cuisinière, était un bon chrétien. S'il est mort dans une rixe, l'épée à la main, peut-être était-ce tout simplement pour défendre sa religion ? 

Son honneur ayant été dès lors rendu à Salaï, me voilà maintenant contraint de fustiger tous ces historiens, journalistes et écrivains qui ont inventé sans aucune preuve une passion charneile, déviée, débridée ou refoulée au grand et pur esprit que fut Léonard. Léonard de Vinci était une personne sans complexes, ses carnets qu'il prenait soin de mettre à jour le prouvent. Il ne nie pas le plaisir sexuel, mais il y voit plutôt une pulsion normale de notre nature qu'on est bien obligé de satisfaire, sans plus. La Léda qu'il a peinte est peut-être la seule femme qu'il ait aimée... physiquement... dans un lieu choisi.

Léonard de Vinci était un peintre besogneux. Je veux dire par là qu'il ne donnait ses coups de pinceau qu'après avoir mûrement réfléchi et avec beaucoup d'application. S'il a mis plusieurs années pour réaliser sa Joconde, cela signifie qu'il n'a réalisé le tableau final, avec toutes ses couches fines et successives de peinture, qu'après plusieurs essais "pour voir". Dans cette hypothèse, le tableau de Chantilly pourrait être un premier modélo, assez rapidement peint, mais suffisant pour susciter la réflexion.

Quel est le modèle qui a posé ? Réponse : Salaï bien évidemment. On va tout de suite m'objecter que la personne représentée a des seins. Laissez-moi rire ! La ressemblance avec le Jean-Baptiste d'un autre tableau célèbre, où Salaï a servi également de modèle, est flagrante.

Mais alors, si le tableau de Chantilly est un premier modélo, cela signifie qu'il y en a eu d'autres jusqu'à celui que Léonard jugea suffisamment parfait pour être reproduit dans le tableau final du Louvre... une Joconde bleue ?... de même que la Vierge aux rochers de Londres est peinte sans éclairage direct, en couleurs froides, et celle du Louvre qui suit, dans les reflets lumineux d'un soleil couchant ou levant ?

Ce qui montre que cette Joconde bleue a précédé celle du Louvre est un certain nombre de détails qui, me semble-t-il, ont été améliorés. Léonard de Vinci a amélioré la retombée de la main droite et écarté un peu plus l’index et le majeur, modifié la perspective du bras du fauteuil, affiné la broderie et les plis du corsage, supprimé la dentelle du décolleté et miniaturisé le pont, ce qui a pour effet de l’éloigner encore davantage tout en donnant plus de profondeur au paysage. Alors que dans la Joconde du Louvre, on peut s’interroger au sujet du dossier sur lequel reposent ses deux mains, dans la Joconde bleue, on devine assez bien un fauteuil en bois naturel, présentant sur son côté gauche trois montants tournés en forme de colonnes, ce qui en laisse supposer au moins huit en tout. De même, le voile qui couvre la tête se voit beaucoup mieux. En revanche, dans la Joconde bleue, le paysage du fond n’est qu’à peine esquissé alors qu’au Louvre, il a été soigneusement travaillé. Toutes ces différences ne s’expliquent pas dans l’hypothèse d’une copie mais plaident en faveur d’un premier travail.

Voici ci-dessous un autre tableau de Léonard de Vinci avec son modélo, à gauche, en image inversé, comme dans un jeu de miroir, ce qui confirme que le maître réfléchissait longuement avant de réaliser l'oeuvre aboutie. Il s'agit, peut-être, d'une des deux "Vierge à l'enfant" que, dans ses carnets, Léonard dit avoir peintes et dont on ignore où elles sont. Il s'y affranchit des codes de l'époque qui exigeaient une représentation classique de profil de la Vierge Marie. C'est une révolution. Il s'agit, peut-être aussi, d'une des premières peintures en sfumato, une technique du maître qui consiste à faire disparaître les lignes de contraste pour les suggérer par des glacis.

L'art de Léonard de Vinci est d'aller à l'essentiel pour ne pas surcharger son oeuvre, c'est-à-dire en éliminant tout détail inutile. C'est ainsi qu'il a supprimé dans cette "Vierge à l'enfant" la colonne de la fenêtre qu'il avait pourtant prévue dans le modélo. C'est ainsi qu'il a agi, de même, pour son tableau du Louvre, tel qu'il nous est parvenu, sans colonnes encadrant la fenêtre. 

Raphaël s'est manifestement inspiré de cette "Vierge à l'enfant" pour peindre sa "Madone Bridgewater", mais en amaigrissant l'enfant, il a estompé le somptueux modelé que Léonard y avait mis. En outre, en supprimant la fenêtre et le courant de lumière qui, en s'engouffrant dans la pièce obscure, animait la mère et l'enfant suivant une courbe harmonieuse, il a enlevé à la scène le sens caché que Léonard y avait mis, à savoir : la lumière... physique... morale... religieuse... spirituelle... qui vient du ciel... je ne sais pas.

Raphaël n'a pas compris que le paysage mort représenté dans la fenêtre ouverte, non éclairé ou non encore éclairé, faisait pendant, évoquant l'absence de lumière. Faut-il transposer sur le plan moral...religieux... spirituel... ? Je ne sais pas. En représentant la Vierge chrétienne et l'enfant dans un posture nouvelle, Léonard cherchait-il à comprendre la Révélation de l'Évangile dans une transposition d'ordre supérieur et non dans une interprétation littérale des textes sacrés ?... Je ne sais pas.

En revanche, ce que je sais, c'est que le tableau du Louvre exprime la même pensée dans son paysage sans vie, mais quelle pensée exactement : paysage mort et dans ce paysage mort, une seule manifestation de vie dans un être vivant...symbolique...une seule plante... une seule fleur... la plus belle... la femme aimée parée de toutes les vertus... je ne sais pas. Mais notre tableau du Louvre n'est peut-être, après tout, qu'une Flore, une Pomone, comme cela se faisait alors, une représentation symbolique de la nature, oui, mais dans l'esprit de Léonard de Vinci, certainement encore bien plus que cela.

Voici un tableau de Titien, oeuvre de jeunesse peut-être, tableau inconnu mais absolument génial et particulièrement parlant.

Le portrait, en demi-figure, est celui d’une femme très belle, au profond décolleté, somptueusement vêtue de couleurs chaudes et fortes. Le sourire est le point central. C’est un sourire à la fois moqueur et attirant. Il est moqueur dans la joue droite du fait de la subtile influence qu’exerce sur la bouche l’œil malicieux qui regarde en coin. En revanche, dans la joue gauche, il est pur, naïf et attirant. Les deux côtés du visage sont très différents l’un de l’autre. Le côté gauche est celui d’une jeune ingénue. Le côté droit, avec sa joue très légèrement empâtée, est celui d’une "bohémienne’’ rouée et experte dans tous les jeux de l’amour.

L’effet est très curieux car lorsqu’on croise son regard, même si la bouche paraît gourmande, on hésite, suivant qu’on fixe un oeil plutôt que l’autre, entre une grande courtisane et une jouvencelle. Du côté ‘’jouvencelle’’, l’accroche-cœur de l’abondante chevelure reste discret ; du côté ‘’péripatéticienne’’, il se prolonge par une tresse insidieuse qui caresse l’épaule dénudée, puis suit la dentelle du décolleté jusque vers le creux de la gorge. Le bras, du côté gauche, dans un geste élégant et discret, présente ostensiblement dans sa main ouverte la couronne en fleurs d’oranger des vierges. Du côté droit, le bras droit, nu, à l’image de la gorge déshabillée de tout collier, émerge de l’ample vêtement mordoré. Avec nonchalance, la séductrice l’appuie mollement sur un voluptueux coussin brodé dont la couleur rouge vibre au contact du velours vert de la cape et dont les deux coins sont ornés de glands. L’un de ses glands se devine dans l’ombre, dans la main qui l’enserre ; l’autre pend sur le bord de la table... un gland décoré de passementerie fine.

Derrière, à l’arrière-plan, le spectateur se demande ce que l’Amour veut lui faire comprendre par son index tendu. De toute évidence, si l’on tient compte des lois de l’optique, ce n’est pas l’enfant qui se reflète dans la glace, mais le lecteur ou la lectrice qui lit ma prose. Ces yeux concupiscents de l’Amour, cette bouche sensuelle à demi ouverte, ces joues en feu, c’est votre désir. Vous tendez la main vers l'épaule gauche de la belle pour vous emparer du merveilleux médaillon rond à la chaude couleur rouge pourpre aux huit facettes qui ne demande qu’à s’ouvrir et d’où goutte une perle mais j'interviens et vous dis : "Holà ! On ne touche pas !"

Nous sommes toujours à Florence. Titien, c'est la génération qui suit celle de Léonard de Vinci, un maître toujours admiré. Ce tableau est-il la Joconde de Titien ? Oui !

Ceci étant dit, place à l'imagination ! Remontons le temps et l'espace jusqu'à la maison spacieuse de Francesco Giocondo où son épouse pose, calmement assise. Scène tout ce qu'il y a de plus classique pour faire pleurer dans les chaumières. Léonard de Vinci y a convoqué un petit orchestre.

Tantôt, il faisait jouer un air triste, et il peignait son côté droit mélancolique, tantôt il faisait jouer un air gai et il peignait son côté gauche.

Mais si la Joconde n'est pas la Gioconda Mona Lisa, épouse de Francisco, la Joconde, c'est Salaï... Je ris.

Emile Mourey, 30 septembre 2017, photos Wikipédia et de moi.


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4 réactions à cet article    


  • zygzornifle zygzornifle 2 octobre 2017 16:38

    faut bien la planquer car les Islamiste vont ou la voiler la lapider voire la brûler.....


    • zygzornifle zygzornifle 2 octobre 2017 16:39

      Bientôt la Joconde au Sofitel avec DSK ......


      • Tagada 3 octobre 2017 10:09
        A VOIR !!

        Une chercheur a découvert les visages de Léonard de Vinci, cachés dans La Joconde : 

        A partir de 1h 26mn 44s de cette conférence : 



        • Emile Mourey Emile Mourey 3 octobre 2017 11:38

          @Tagada

          Si le poète dit qu’il enflamme les hommes à l’amour, ce qui est une chose capitale chez tous les êtres animés, le peintre a la puissance de faire de même, et d’autant mieux qu’il met devant l’amant la propre image de l’aimée ; et souvent l’amant embrasse cette image et lui parle, ce qu’il ne ferait pas avec les mêmes beautés représentées par l’écrivain ; mieux encore, le peintre contraint les esprits des hommes à tomber amoureux et à aimer une peinture qui ne représente aucune femme vivante (Cahiers, Léonard de Vinci).

          Qui a servi de modèle au départ ?

          Vous avez le choix entre Salai, la cuisinière ou Léonard en se regardant dans une glace.

          C’est la fête, youpla boum tagada tsoin tsoin !

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