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Accueil du site > Tribune Libre > Profs : la grande démission ?

Profs : la grande démission ?

La rentrée approche. Les enseignants aborderont-ils cette nouvelle année scolaire avec le sourire après la revalorisation du point d’indice des fonctionnaires ? Ce petit coup de pouce financier suffira-t-il à redorer le blason d’une profession qui n’attire plus les jeunes ? Difficultés de recrutement, hausse des départs volontaires… Malgré les vacances et la sécurité de l’emploi, le “plus beau métier du monde” ne fait plus rêver. Tour d’horizon d’une crise sans précédent à l’Éducation Nationale. 

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« Quand je serai grande, je serai maîtresse ! »

Les candidats au métier de professeur sont souvent d’anciens bons élèves. A l’aise à l’oral, ils ont aimé leurs années d’école, de collège et de lycée, où ils ont pu rencontrer des enseignants qui les ont valorisés. Ils s’imaginent à leur place : transmettre des connaissances, accompagner leurs élèves vers la réussite, remédier aux difficultés des plus fragiles, former de nouveaux citoyens… Tels les hussards noirs de la République, ces jeunes idéalisent leur future profession. Ils ne doutent pas de leur capacité à réussir : les élèves les écouteront, eux. Investis d’une mission, ils s’engagent avec passion dans la préparation du concours qui leur permettra de concrétiser leur rêve.

 

Des conditions de travail idylliques

Sur le papier, professeur est le métier idéal pour concilier vie professionnelle stable et épanouissement personnel. L’Éducation Nationale offre sur un plateau : 

- la sécurité de l’emploi ;

- une grille salariale fixe ;

- des vacances régulières, avec seulement 36 semaines de classe chaque année ;

- des horaires souples (quinze heures devant les élèves pour un agrégé) ;

- la possibilité de travailler chez soi pour préparer les cours ;

- de nombreux établissements répartis sur tout le territoire ;

- une carrière toute tracée jusqu’à la retraite…

La réalité du terrain est loin d’être aussi rose. Après la réussite au concours, le choc est rude : 2,6% des lauréats démissionnent pendant l’année de stage qui précède la titularisation.

 

La grande désillusion

Les jeunes enseignants évoquent tous les mêmes difficultés : 

- une affectation loin de leur domicile, souvent sur plusieurs établissements ; 

- des classes surchargées ; 

- des demandes administratives fortes (fiches de préparation, documents à remplir, réunions…) ; 

- un manque d’écoute et de soutien de l’institution ;

- des incivilités fréquentes et des problèmes d’autorité en classe ;

- des élèves en grande difficulté qu’il est difficile d’aider correctement par manque de temps et de moyens disponibles ;

- des parents d’élèves de plus en plus exigeants avec qui les relations peuvent être tendues ; 

- une charge de travail importante qui envahit la vie personnelle, avec une difficulté à cloisonner quand les préparations et corrections à la maison occupent une grande partie des soirées et des week-ends.

Si les enseignants sont suivis lors de leur année de stage par un conseiller pédagogique, ils doivent ensuite se débrouiller seuls et apprendre sur le tas. La formation continue se réduit au fil des années comme peau de chagrin. Aucun suivi médical régulier n’est proposé. Avec un médecin pour 10 000 enseignants, la gestion du stress au travail et l’aide psychologique nécessaire pour faire face à certaines situations critiques (insultes, agressions…) sont délégués à la médecine de ville, aux frais de l’enseignant. 

 

Un bateau ivre à quitter avant de sombrer

Les enseignants stagiaires ne sont pas les seuls à vouloir partir. Le nombre de démissions ne cesse d’augmenter : 1648 départs volontaires en 2020-2021, soit 0,2 % des 869 300 enseignants français. Derrière ces statistiques officielles se cachent un nombre croissant de demandes rejetées par « nécessité de service ». S’il est difficile d’entrer dans l’Education Nationale, il est encore plus compliqué d’en sortir… Le système garde précieusement ses agents, les retenant prisonniers d’un métier où les risques psychosociaux importants entraînent stress et souffrance au travail. Pour les plus fragiles, les congés de maladie s'enchaînent, parfois jusqu’au burn out. À la culpabilité d’abandonner ses élèves se mêle une douloureuse atteinte à l’estime de soi. Difficile pour l’enseignant d’admettre qu’il a échoué à remplir une mission dans laquelle il s’est engagé corps et âme. 

 

Moins de 2 000 € à bac+5

Les conditions salariales n’aident pas à trouver la motivation. Le point d’indice n’avait pas été revalorisé depuis 2017. L’augmentation de 3,5 % au premier août 2022, avec effet rétroactif au premier juillet, ne compense pas la perte de pouvoir d’achat cumulée. Quelques primes et indemnités exceptionnelles avaient permis de faire évoluer positivement les salaires entre 2019 et 2020, mais ces mesures ponctuelles ne rattrapent pas l’inflation galopante. Un professeur français gagne en moyenne 2 530 € nets par mois, avec de grandes disparités selon les situations (temps complet ou partiel, professeur titulaire ou contractuel, agrégé ou certifié), une rémunération faible pour des personnels ayant fait des études jusqu’à bac+3 minimum. Depuis la session 2022, les candidats aux concours de recrutement doivent être inscrits en seconde année de Master ou être déjà titulaires d’un Master. Avec un tel niveau de diplôme, ils peuvent prétendre à de bien meilleurs salaires dans le secteur privé. La grille indiciaire des professeurs certifiés et des professeurs des écoles débute à 1891,51 € bruts. 

 

Crise des vocations ou essoufflement d’un métier qui n’a pas su évoluer ?

Le confinement de 2020 a montré l’importance de la scolarisation continue des élèves dans les établissements. Confrontés à l’école à la maison, les parents d’élèves ont compris qu’être prof ne s’improvise pas. L’instruction et l’éducation des enfants doit être confiée à des professionnels formés avant leur prise de fonction et tout au long de leur carrière. Le recours à des agents contractuels pour pallier le manque de moyens humains fragilise le système éducatif. Une réforme d’envergure du recrutement et de la formation des enseignants s’impose pour endiguer la situation et stopper l’hémorragie. Face à la grande démission et aux nouveaux enjeux sociétaux, l’école est loin d’être insubmersible.


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38 réactions à cet article    


  • Gégène Gégène 17 août 16:24

    S’il n’y avait que l’école : y’a aussi 

    -la police

    -la justice

    -la santé

    -l’industrie

    -l’agriculture

    -les EHPAD

    -etc, etc ...


    • Olivier Perriet Olivier Perriet 18 août 13:07

      @Gégène

      Heureusement que pour les cornichons, la France ne risque pas d’être en pénurie smiley)


    • mmbbb 21 août 08:14

      @Olivier Perriet il y a toi !


    • Florian LeBaroudeur Florian LeBaroudeur 17 août 16:31

      Quand j’étais minot, je rêvai de devenir prof d’Histoire-Géo, mais à force de constater le chahut dans les classes, je ne voulais plus le devenir pour finalement faire un métier de gendarme de classe.


      • Florian LeBaroudeur Florian LeBaroudeur 17 août 16:47

        Les enfants ont changés, ils ont beaucoup plus de problèmes de concentration que leur ainés, ils n’ont plus le sens de l’effort dans une société qui promeut commercialement la facilité et le confort, l’utilisation précoce du smartphone leur permet d’avoir le monde entre leur main et d’avoir accès à des connaissances de manière directe sans passer par les professeurs. 

        Comment le métier de professeur peut se réinventer dans ces conditions ? L’instruction n’est pas morte mais elle est fortement ébranlée


        • Clark Kent Philippulus 17 août 17:15

          Et comment ça va dans les écoles privées ?

          Quand on veut tuer son chien, on dit qu’il a la rage !

          Pour mettre en place deux filières, l’une gratuite et l’autre payante, il faut dévaloriser la gratuite publique pour aiguiller vers le privé, cher, les enfants des familles qui en ont les moyens et qui veulent assurer l’avenir de leurs enfants.

          Pour les autres, ce sera la jungle (tout le monde ne meurt pas dans la jungle, même le gibier doit être géré par les prédateurs pour assurer l’avenir)


          • pierre 17 août 17:21

            @Philippulus
            Oui, j’ai entendu plusieurs émissions de Daniel Mermet sur ce sujet ou, bien entendu, l’Afrique était le laboratoire.


          • mac 17 août 18:05

            @Philippulus
            Les écoles privées sous contrat vont à peine mieux que les écoles publiques et en plus , elles appliquent les mêmes « programmes », c’est tout dire...


          • Cyrus lacerta 17 août 18:23

            @mac

            ca doit etre marrant la gay pride des LGBT au milieux des jesuite smiley


          • Clark Kent Philippulus 17 août 19:29

            @mac

            Je ne parlais pas des écoles « confessionnelles », mais de ce genre d’école-là.



          • mac 17 août 22:04

            @lacerta
            Je pense que votre logiciel date...
            Allez à la sortie d’une école privée sous contrat de base et vous verrez...


          • mmbbb 21 août 08:28

            @Philippulus les ecoles privees sont en situees dans les villes intra muros .
            A lyon cette ville est constélle d ecoles privées
            le suivi est supérieur à l ecole publique
            le comble est que la bourgeoisie de gauche , celle qui nous bourre le crane avec la mixité sociale, met ses mioches dans ces etablissements .
            .
            Je peux paraitrte reac , mais des que l on introduit la theorie du genre , l ecriture inclusive , et d autres conneries de ce genre notamment la perte d autorité ( noter par cet auteur ) , un exces de pédagogisme ( voir Begaudeau , le chouchou de la gauche universitaire ) , que vous voulez attendre d un tel enseignement .
            Quand macron devant une petire classe explique que le « projet d amour » est important alors qu il ne fait aucune allusion sur l importance d apprendre le francais les langues les maths , afin d avoir la connaissance d un tronc commun, il est bien le representant d une France dégénérée .


          • sirocco sirocco 17 août 17:36

            Une revalorisation du point d’indice des fonctionnaires qui ne couvre même pas la moitié de l’inflation... voilà qui ne devrait pas faire exploser les vocations !

            Je ne crois pas que la minuscule revalorisation octroyée par la macronie concerne les flics, les matons, les magistrats... enfin tous les « métiers » de la répression du peuple. Je pense que ceux-là sont mieux traités.


            • mac 17 août 18:03

              @sirocco
              Prix du granule de bois de chauffage au début de l’été : 4,50 euros le sac de 15 kg
              Prix en août, presque 9 euros le même sacs soit 100% d’augmetation.
              3,5 % d’augmentation, c’est tout simplement du foutage de gueule, mais de toute façon, l’EN à trouvé la solution, embaucher des contractuels venant éventuellement de pays pauvres...


            • Rincevent Rincevent 17 août 18:34

              @mac

              embaucher des contractuels venant éventuellement de pays pauvres...
              L’Église, qui avait elle aussi des problèmes de recrutement depuis très longtemps, avait pris le même chemin. Comme le le BTP, l’EN, la restauration, etc. Mêmes problèmes, mêmes solutions ?

              https://abidjantv.net/religion/leglise-de-france-fait-appel-a-1200-pretres-africains/


            • mac 17 août 18:11

              "Le recours à des agents contractuels pour pallier le manque de moyens humains fragilise le système éducatif. Une réforme d’envergure du recrutement et de la formation des enseignants s’impose pour endiguer la situation et stopper l’hémorragie. Face à la grande démission et aux nouveaux enjeux sociétaux, l’école est loin d’être insubmersible.

              "

              Le problème c’est que notre situation financière est à peine plus enviable que celle de la Grèce et qu’il n’ y a plus que de la dette dans les caisses.

              On paye notre désindustrialisation et le quoiqu’il en coûte, non ce n’est pas normal d’avoir réduit à zéro l’économie d’un pays pour un virus relativement peu létal... Maintenant ça va se payer et très cher....


              • mmbbb 21 août 08:17

                @mac les problemes de l EDUC et les autres problemes ’ sante police etc ) sont antérieures à la crise du COVID .


              • Les plus lucides ont compris. Je ne vois qu’une solution. Grève générale. Prenez votre balluchon et tirez-vous. Mieux vaut vivre comme des « sauvages » que d’enseigner des conneries.. La fin de CE monde approche... Beaucoup le savent...


                • Parfois quand un édifice s’écroule. Mieux vaut le laisser finir sa déchéance que de bricoler. 


                  • S’en sortiront ceux qui peuvent donner des cours privés. Ne nourrissez pas un système pourri à la racine. PLus vite assisterons-nous à l’effondrement, plus vite reconstruirons sur des bases plus solides. Enfin, je l’espère pour les enfants... on ne prète qu’aux riches ; CEux qui en valent la peine. Idem quand on fait un placement....


                    • De l’autorité paternelle à la parentalité : les étapes de l’évolution

                      L’évolution de la parentalité est en lien avec notre histoire commune. Du désir d’enfant à l’éducation, en passant par la conception et la grossesse, il est important de comprendre ces changements pour sortir du conditionnement sociétal quant à l’éducation de nos enfants. Voici une explication de la notion de parentalité et les étapes de ses normes par période. Le but  ? Vous aider à retracer les grandes lignes qui ont forgé notre conception actuelle de l’éducation.

                      La notion de parentalité

                      Les psychanalystes Racamier et Benedek créent le terme de «  parentalité  » en 1960. Celui-ci désigne le processus de maturation psychique qui se développe aussi bien chez la mère (matérialité) que chez le père (paternaliste).

                      •  «  Pour les psychologues, comme pour les psychanalystes, la parentalité est un processus qui se prépare inconsciemment depuis l’enfance, activé à l’adolescence sous l’influence de facteurs physiologiques, et actualisé lors de la naissance des enfants.  » Selon Catherine Sellenet.
                      • Dans «  Normes de parentalités  », la parentalité biologique et sociale est distinguée de la fonction parentale. Celle-ci est définie comme la prise en charge matérielle, affective et éducative d’un enfant.
                      Définition de parentalité 

                      C’est en 2001 que le mot parentalité fait son apparition dans les dictionnaires :


                        1. Petit Larousse  :
                          Fonction de parent, notamment sur les plans juridique, moral et socioculturel.
                        2. Petit Robert  :
                          Qualité, statut de parent (du point de vue social, juridique…).
                        3. Hachette  :
                          Ensemble des relations entre parents et enfants.

                        Selon le Comité National de Soutien à la Parentalité : «  La parentalité désigne l’ensemble des façons d’être et de vivre le fait d’être parent. C’est un processus qui conjugue les différentes dimensions de la fonction parentale, matérielle, psychologique, morale, culturelle, sociale.  »

                        1. Évolution de la parentalité au fil de l’histoireJusqu’à l’époque napoléonienne : le paternalisme tout puissant

                        Il n’est pas encore question de parentalité ni d’autorité parentale, mais d’autorité paternelle. En effet, la position dominante du père remonte au droit romain, la «  patria potestas  » donne la toute-puissance du père de famille sur sa femme, ses enfants et ses esclaves. Il est le représentant légal du foyer et a droit de vie et de mort sur ses enfants.

                        Du Premier Empire à 1900, l’autorité de l’état remplace l’autorité du père
                        • Le code de Napoléon en 1804 donne la toute-puissance au père en dehors du droit de vie ou de mort sur l’enfant. Il doit assistance et protection à l’enfant. Quant à la femme, elle est une éternelle mineure offerte à l’homme afin de lui donner des enfants. De nouvelles lois comme l’instruction obligatoire ou le partage égal de l’héritage diminuent le pouvoir du père.
                        • L’organisation du système scolaire, des banques et des préfectures qui se met en place rivalise avec la paternaliste du passé. Et en 1889, la mère devient aussi responsable que le père dans la maltraitance et l’abandon des enfants.
                        • Les pères décident encore du mariage, de la carrière et des finances de leur fils et doivent une dot pour leur fille.
                        De 1900 à 1950, l’évolution de la parentalité passe par la prise de conscience
                        • Les découvertes de Freud sur l’esprit humain et des troubles psychiques ont marqué le début d’une nouvelle façon de considérer l’enfant. Elle encourage à donner de l’importance aux jeunes enfants et à la relation parent/enfants.
                        • En 1946, l’«  hospitalisme  » de René Spitz démontre que les carences affectives provoquées par la séparation avec la mère entraînent un état dépressif du bébé. Celui-ci pouvant même conduire à la mort. On met alors en avant lien mère-enfant et on minimise l’importance des autres relations.
                        • En 1958, Winnicott fait prévaloir que le rôle de la mère est de s’occuper de l’enfant et celui du père est de s’occuper de la mère : «  Le père est incapable de tirer du plaisir du rôle qu’il doit jouer et incapable de partager avec la mère la grande responsabilité qu’un bébé représente toujours pour quelqu’un  ». Il doit se contenter de son rôle de séparateur de la dyade (le lien mère-enfant) et de médiateur social.

                        • 2. Les années 60-70, de l’autorité parentale à la parentalitéLes réformes sur les droits de la famille modifient la relation parents/enfants

                          Entre féminisme et déclin du modèle militaro-viril, les hommes prennent petit à petit leur place de père «  maternant  ». L’autorité paternelle trop autoritaire est pointée du doigt, tout comme la pression sociale autour de la relation amoureuse. On remet en cause le schéma familial : on veut divorcer plus facilement et faire le choix de ne pas se marier, vivre et avoir des enfants en union libre, vivre son homosexualité.

                          • La pilule contraceptive : 1967 marque la législation de la pilule. Une femme peut maintenant décider de ne pas avoir d’enfant et devient plus libre.
                          • 1970 — l’autorité est exercée par les deux parents  : la loi du 4 juin 1970 établit «  l’égalité des époux qui s’obligent mutuellement à une communauté de vie. Ce qui implique l’abandon de la notion de chef de famille : la puissance paternelle du code Napoléon est supprimée et remplacée par l’autorité parentale, exercée en commun par les deux parents.  »
                          • 1975 — IVG : la loi Veil autorise l’interruption volontaire de grossesse (IVG) jusqu’à 10 semaines de grossesse.
                          L’entrée de la psychanalyse en pédiatrie participe à l’évolution de la parentalité

                          Le terme de parentalité émerge avec le développement de nouvelles formes familiales et la remise en cause des principes éducatifs. On veut assurer le bien-être et la réussite sociale de l’enfant : Bruno Bettelheim (1969), clinicien, remet en cause l’idée de la prévalence de la mère dans toute éducation. Les psychanalystes Jenny Aubry, Myriam David et Geneviève Appel démantèlent le caractère irremplaçable de la mère dans la socialisation du jeune enfant, notamment avec : «  Loczy ou le maternage insolite  » en 1973.

                          • La revue «  Parents  », qui est créée en 1969, traduit le besoin de mettre en place une meilleure éducation, la recherche de nouveaux repères et la découverte des résultats d’études au sujet de la santé et de l’éducation des enfants.
                          L’enfant se fait désirer : la Procréation Médicalement Assistée

                          La recherche biomédicale conduit à de nouvelles méthodes pour concevoir un enfant. Notamment, la mise en place de la PMA, dès 1978, avec la naissance en Angleterre du premier «  bébé éprouvette  » Louise Brown. Désormais, les personnes seules, les couples homosexuels ou les femmes ménopausées peuvent avoir des enfants. Des notions de parentalité font chavirer le schéma classique de la parentalité qui reste à construire.

                          3. Les années 80, les pères deviennent des papas-poules

                          Au cours de la décennie 80, on accorde réellement au père une place auprès du jeune enfant. On l’encourage même à prendre en main son nouveau rôle de père présent et bienveillant. On réalise à quel point le conditionnement sociétal influence notre propre perception du «  devenir parent  ».

                          • Bataille avance que c’est avant même la conception qu’il faut impliquer le père et non seulement au moment de l’éducation. Elisabeth Badinter conteste l’instinct maternel l’amour inné de la mère pour son enfant. Ce qui donne un nouveau rôle aux pères. Geneviève Delaisi de Parseval met en avant l’égalité du père et de la mère au niveau psychique, d’ailleurs, les parents pensent l’enfant tous les deux avant et pendant la conception. Par exemple, 30 % des futurs pères manifestent des symptômes de grossesse (la couvade).
                          • Quant à Françoise Dolto, c’est elle qui accélère l’évolution de la parentalité et qui aide les pères à devenir des papas, c’est-à-dire de mener les enfants vers l’épanouissement en tant que personnes et leur permettre de devenir des êtres libres. 


                          • Fanny 18 août 19:49

                            @Mélusine ou la Robe de Saphir.

                            A vous lire, on dirait que toutes ces questions de santé et d’équilibre familial et mental relèvent du blabla psychanalytique : cf. votre name dropping.

                            Or la psychanalyse n’a rien démontré en termes d’efficacité thérapeutique. Elle refuse d’ailleurs cette notion d’efficacité du traitement. Il faut avoir la foi dans le traitement, et le payer cher (Dr Freud), auquel cas il peut (peut-être) en résulter quelque chose. On est dans le domaine du religieux.

                            Il existe aussi des psychiatres et des psychologues, pourquoi les ignorer et leur préférer les psychanalystes ? Snobisme, gauchisme promouvant une idéologie particulière, faux intellectualisme (non scientifique) ?


                          • @Fanny certes, mais le résultat est là. Et il est catastrophique... 


                          • @Fanny j’ai connu l’époque où cela marchait bien. Des centres de guidance existaient pour orienter les enfants en difficulté. Tout ne reposait pas sur les épaules des enseignants. Le nombre d’élèves par classe était moins élevé. Ma cousine fut directrice. Ses élèves l’adoraient. Ceux de ma génération ont tous réussi. Université ou autre. Tout était en place pur un monde futur plein de promesses. Et puis sont arrivées les années Reagan : le DSM, le viagra, le Prozac.... La pente fut directement perceptible... Des diplômes de dix pages d’écoles de ceci et de cela. Des battants dynamiques creux comme un verre de scotch (c’est papa qui payait l’ENA). mais trilingues et surfant sur Appel, et les autres conneries... C’est qui platon ? Ah, un excellent film... 


                          • Aujourd’hui

                            Au fil du temps, la vision de l’enfant a changé. Sa naissance étant subie, il était considéré dans le passé comme un être malléable et sans défense qui devait se soumettre à l’autorité.

                            Dans notre société, c’est la transformation du lien entre l’adulte et l’enfant qui définit l’évolution de la parentalité.

                            Aujourd’hui, on parle de parentalité positive, l’enfant est devenu un être désiré et précieux, accueilli avec amour. La loi le protège, et les adultes aimants s’investissent pour son bien-être et son épanouissement.

                            Ce cheminement permet de prendre du recul sur la révolution éducative actuelle : le système est perfectible, mais notons la belle transformation que l’enfance a connue  ! Chaque génération apporte sa pierre à l’édifice et aujourd’hui les acteurs se rassemblent autour du défi «  une génération pour tout changer  ».

                            Rejoignez la team des parents éclairés https://educationpositive.fr/

                            Belle journée,

                            Julien Peron

                            Avant l’école, il y a les parents. Ecoutez-bien ceci. Oedipe : le jour où vous oublierez mon nom, le malheur s’abattra sur vous... Et plus vous le nourrisssez, plus il sera terrible...


                            • Lynwec 18 août 17:35

                              @Mélusine ou la Robe de Saphir.

                              Le principal problème vient le plus souvent du fait que des représentants de l’espèce humaine qui n’ont pas encore réellement atteint le stade « adulte » ( oublions l’âge légal et autres billevesées...) ni le degré de maturité censé l’accompagner deviennent parents alors qu’ils ne sont que des grands enfants et donc incapables d’assurer leur rôle... Ajoutons-y une société poussant à l’individualisme extrême et le tour est joué...


                            • Albert123 18 août 11:59

                              « Moins de 2 000 € à bac+5 »


                              et ?

                              en quoi le fait de passer 5 ans de plus dans le « parking » universitaire après avoir obtenu, comme plus de 95 %, un bac qui ne vaut pas un clou devrait justifier des salaire plus haut ?

                              Ras le bol des cassos, bien dociles, bons petits élèves, bons soldats qui pensent que leur soumission pathologique à une société détraquée devrait être récompensé en sonnant et trébuchant, 

                              a part les coup de fouets en plus, les esclaves ne méritent rien d’autre.


                              • tashrin 22 août 10:05

                                @Albert123

                                et ?

                                Et ben à ce tarif, vous aurez la coiffeuse en reconversion pour enseigner le francais ou les maths, avec un CDD à 12 € bruts de l’heure
                                Moi je m’en fous, j’ai pas de mioches et ca fait un bail que je suis sorti de l’ecole, mais faut être cohérent. On peut pas déplorer la baisse de qualité tout en payant les gens à coups de pied au cul
                                Dans une metropole, 2K nets est le minimum syndical si vous vivez seul. 


                              • Olivier Perriet Olivier Perriet 18 août 13:05

                                L’Education nationale est un bateau en train de couler, totalement irrécupérable.

                                Lorsqu’on saura à quoi sert l’école, le reste ne sera rien.

                                 


                                • zygzornifle zygzornifle 18 août 15:58

                                  On apprend quand on a fini son cycle scolaire ......


                                  • buratino buratino 18 août 16:28

                                    Pour un prof, maintenant l’exploit c’est de faire en sorte qu’un « élève » n’utilise pas son proutphone.


                                    • saint louis 18 août 17:49

                                      En fait tout est question de gestion.

                                      Dans n’importe quel établissement, si le chef est compétent et libre de ses choix, le résultat sera le meilleur possible.

                                      A contrario si l’établissement n’a pas de vrai chef, comme l’ensemble de l’administration Française, nous pouvons juste constater le résultat pitoyable malgré le coût exorbitant alloué.

                                      Pour redresser la chose mettre de vrais chefs décisionnaires et indépendants des politiques.


                                      • titi titi 18 août 21:48

                                        A regarder sans modération

                                        https://www.youtube.com/watch?v=GJg-mY3aggU

                                        Et en particulier sur la partie éducation/apprentissage vers la 27ème minute.

                                        Et aussi l’EPFL vers la 44ème minute.


                                        • zygzornifle zygzornifle 19 août 08:01

                                          L’éducation nationale est le reflet même du pays, glou, glou, glou ..... 


                                          • zygzornifle zygzornifle 19 août 08:02

                                            A force d’élire des blaireaux on a la famille au complet .....

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Natacha C

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