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Accueil du site > Tribune Libre > Propagande et Holodomors oubliés

Propagande et Holodomors oubliés

Depuis quelques années, la propagande prend le pas sur l’information objective dans nos médias occidentaux. Les « experts » autorisés à s’exprimer dans les médias sont soigneusement triés pour que leurs avis ne s’écartent pas de la ligne officielle. Les autres experts n’ont d’autre choix que de se taire ou de s’exprimer dans les médias alternatifs en ligne. 

Les cibles de propagande sont principalement les pays qui refusent la domination économique libérale ainsi que leurs dirigeants.

Cette propagande concerne aussi le passé historique de certains pays et particulièrement de la Russie à cause de sa période communiste et du modèle sociétal traditionnel et conservateur qu’elle veut à présent appliquer chez elle avec un appui populaire largement majoritaire. Ce modèle est en conflit avec le libértarianisme et le modèle économique libéral. Il est de ce fait sévèrement combattu par tous les moyens y compris médiatiques.

Depuis quelques temps, les médias russes rétorquent du tac au tac mais sans beaucoup d’échos chez nous. 

Famine au Bengale en 1943.

 

Famines et Holodomors.

Les famines ont été responsables de millions de morts dans l'histoire de l'humanité. La principale cause de la plupart d'entre elles furent naturelles : sécheresses, épidémies, inondations. D'autres furent causées par des guerres : sièges de villes, confiscations et dévastations des récoltes, réductions ou impossibilité de transport des récoltes en période de guerre par exemple. Plus récemment, des famines furent causées par des détournements de productions locales pour leur rentabilisation au nom de l'économie libérale ou à des fins spéculatives.

Toutes ces famines n'ont pas causé des morts massives. Parfois des villes assiégées se sont rendues ou des aides alimentaires furent distribuées à temps mais ce ne fut malheureusement pas souvent le cas.

Il existe cependant un autre type de famine et elle a reçu un nom. Il s'agit de l’Holodomor.

Ce mot est récent et il est formé des mots ukrainiens « голодом-holodo » qui signifie « faim » et « морити- moryty » qui signifie « tuer en grand nombre ». Il sous-entend que la faim a été provoquée par une décision d'un État ou par son chef avec la conséquence de décimer une population de manière délibérée ou pas.

Le mot « Holodomor » a été largement utilisé à partir des années 90 pour désigner la famine ukrainienne de 1932/1933. Sa proximité phonétique avec « Holocauste » n'est pas le fruit du hasard.

Famine à Karhov en 1933.

Une autre famine, une des pires du XXe siècle, a eu lieu au Bengale en 1943. Elle n'est pas souvent évoquée en Europe et en tous cas bien moins souvent que l’Holodomor « ukrainien ». Il est vrai que les autorités britanniques avaient tout fait pour étouffer ce drame après la deuxième guerre mondiale.

Famine au Bengale en 1943.

Il est intéressant de comparer les traitements différents que les responsables politiques et les médias occidentaux ont donnés à ces deux famines.

 

Holodomor au Bengale.

À la fin de 1942, l'Empire japonais vole de victoire en victoire contre les Britanniques. Ses troupes arrivent aux portes de l'Inde.

Au début de 1943, le gouvernement britannique prit des mesures drastiques pour garantir l'approvisionnement de ses troupes et éviter que les Japonais ne trouvent des réserves de riz s'ils poussaient leur avancée plus loin vers le Joyau de la Couronne. De grands stocks de riz furent alors déplacés vers le centre de l'Inde laissant la région du delta du Gange sans nourriture.

L'inflation, la spéculation et la perte de la production de riz birmane tombée dans les mains japonaises rendirent son prix inabordable pour les Indiens et pour la plupart des Bengalis en particulier.

Augmentation du cours du riz à Calcutta en 1943.

Cependant, la première cause de la famine qui s'ensuivra fut sans contestation la réquisition des stocks bengalis par les Britanniques et le refus de Winston Churchill d'accorder de l'intérêt aux rapports alarmistes qu'il recevait des autorités britanniques sur place.

Famine au Bengale en 1943.

Il faut aussi mentionner la destruction et la confiscation de toutes les embarcations de la région pour qu'elles ne puissent être utilisées par les japonais. Il s'agissait de 66000 bateaux de tous types.

 

 

 

 

La configuration géographique du Delta du Gange et du Brahmapoutre composé d'une multitude d'îles fit que non seulement tout déplacement des populations locales et des marchandises fut rendu difficile mais aussi que la pêche devint impossible.

Le Delta du Gange et du Brahmapoutre.

Cette famine fit au minimum 3 millions de morts mais on donne plus souvent le nombre de 4 millions de victimes, voire davantage.

En effet, il y a trois récoltes de riz par an dans cette région et une période de sécheresse, des inondations ou d'autres causes naturelles ne pouvaient pas provoquer une famine de cette ampleur.

Un article bref, acerbe et illustré de photos épouvantables a récemment été publié sur le site de Ruskaïa Sila. [i] (En russe.)

On peut y lire ceci :

Voilà tout ce que vous vouliez savoir sur les Européens civilisés. Il suffit de regarder ces photos. Quand aujourd'hui ils jettent des faits falsifiés et inventés au sujet de l'Holodomor et les conséquences du régime stalinien, les libéraux oublient ce que les autorités britanniques faisaient sur leur territoire.

C’était au Bengale occidental, un territoire du Royaume-Uni. Au cours des six premiers mois de 1943, ils ont affamé le Bengale et 80.000 tonnes de céréales alimentaires ont été exportées alors que les récoltes de riz avaient été terriblement mauvaises.

Les autorités britanniques, craignant une invasion japonaise, ont utilisé la tactique de la terre brûlée. Tous les grands bateaux utilisés pour la pêche et les expéditions des produits frais vers les marchés par le système de transport par voies navigables furent confisqués. Des millions de travailleurs ruraux furent condamnés à mort par la famine. Le gouvernement britannique pouvait fournir de l'aide alimentaire à la colonie, mais il y avait peu d'intérêt pour aider les pauvres. Plusieurs millions de personnes furent victimes d'une famine monstrueuse au Bengale.

Famine au Bengale en 1943.

Voilà donc un exemple de la vision de l’Occident libéral qui est proposé aux Russes.

Il s’agit de bien préciser que cet article est une réaction musclée à ce qu’on lit dans nos médias concernant la Russie. 

L’authenticité de cette famine provoquée est cependant incontestable mais il appartient aux historiens de faire la lumière sur ce drame.

 

Winston Churchill.

Le responsable politique de cette famine porte un nom : c'est le Premier Ministre britannique de l’époque, Winston Churchill.

Winston Churchill.

Il a toujours exprimé un profond mépris pour les Indiens. Son attitude et ses propos témoignaient d'un racisme avéré. Beaucoup de ses déclarations en témoignent comme ces quelques exemples évocateurs.

  •  « Je hais les indiens, c’est un peuple bestial avec une religion bestiale. »

Remémorisation de la famine au Bengale.

  • Churchill, alors Secrétaire d’État aux Colonies, comptait également employer des engins M (gaz de combat) contre les tribus rebelles du nord de l’Inde contre l’avis du gouvernement britannique. “Je suis fermement en faveur de l’utilisation de gaz toxiques contre les tribus non civilisées”, déclara-t-il dans un mémorandum secret.
  • En 1943, il traita la revendication indienne d’indépendance contre le soutien à l’effort de guerre contre le nazisme de : « demande de quelques macaques ».
  • Il a aussi dit : « La famine est de leur faute, puisqu’ils se reproduisent comme des lapins. »

       Le mahatma Gandhi.

  • Après avoir traité Gandhi de « fakir nu », il répondit à la demande d’aide alimentaire pour le Bengale émanant d’officiers britanniques sur place par cette question : « S’il y a une aussi terrible famine en Inde, pourquoi Gandhi n’est-il pas encore mort ? »

Il ne peut se défendre en disant qu'il ne pouvait pas imaginer une telle catastrophe dans une région aussi fertile vu que les Anglais avaient déjà été responsables d'une famine similaire entre 1779 et 1783. On estime qu'elle avait fait environ 10 millions de morts et qu'elle avait décimé 1/3 de la population de la région.

Il faut ajouter que Winston Churchill était un eugéniste convaincu et qu’on peut raisonnablement penser que cela influençait ses décisions et pas seulement en Inde.

 

Holodomor en « Ukraine ».

Il faut tout de suite rectifier cette appellation. Il s'est agi d'une famine qui a affecté une partie de l'Union soviétique en 1932-1933 et pas seulement le sud et le centre de l'Ukraine actuelle. Le Kazakhstan, le sud de la Biélorusse, le Kouban, le Caucase du Nord et la Sibérie occidentale furent aussi touchés par cette catastrophe. Il serait donc plus exact de parler de l’Holodomor du sud-ouest de l'Union soviétique.

La responsabilité de Staline et de son entourage est incontestable mais elle n'est pas de l'ordre généralement évoqué.

Les archives de cette époque sont déclassifiées et rien n'indique que Staline avait volontairement planifié un génocide. On peut même dire qu'il a essayé d'en réduire les effets quand il s'est rendu compte de l'ampleur de la famine. Staline chercha alors à acheter des céréales sur le marché mondial mais en vain.

Le nombre de victimes est également très controversé suivant que les sources soient occidentales, ukrainiennes ou russes.

Mémorial à Kiev.

Les autorités russes ont récemment proposé aux pays victimes de cette famine d'en étudier ensemble l'origine et les conséquences en consultant les archives déclassifiées de l'époque mais l'offre a été déclinée par l'Ukraine qui veut s'en tenir au chiffre mythique de 6 millions de victimes ukrainiennes.

Cet Holodomor tient son origine dans la collectivisation des terres agricoles que le pouvoir communiste avait décrétée en 1929 suite à l'échec du NEP et aux manipulations des prix des céréales par les coopératives agricoles libérales. C'est ce que Staline a appelé le Grand Tournant.

Il ne faut pas oublier que les pays occidentaux refusaient tous les modes de payement traditionnels comme les devises, l'or ou l'argent pour le commerce avec les Soviétiques. Le seul mode de payement qu'ils acceptaient en 1933 était justement des céréales au cours du marché.

Les cours mondiaux des céréales s'effondraient à cette époque, sans doute volontairement provoqué pour « saigner » l'Union soviétique. Les communistes avaient donc besoin de plus en plus de céréales pour couvrir leurs achats avec l'Occident.

Les autorités politiques occidentales savaient très bien que cela entraînerait une pénurie de céréales en Union soviétique et un manque de pain dans les villes. Ils tablaient sur des révoltes populaires contre les bolcheviks qui étaient au pouvoir et sur leur effondrement pour ensuite favoriser l’établissement d’un régime libéral dans le pays.

En maintenant la pression sur les paysans pour toujours obtenir plus de céréales à des prix alignés sur ceux du marché, Staline est quand-même le premier responsable de cette famine qui fit plusieurs millions de morts.

 

Joseph Staline.

L'alternative était d'interrompre le plan quinquennal d'industrialisation du pays et de garder les céréales pour la consommation nationale. Staline s'est d'abord refusé d'envisager cette possibilité. Il était persuadé que la sécurité du pays passait par la création d'un secteur industriel et militaire puissant. L'Histoire lui donnera raison sur ce point quand les Soviétiques réussirent à contenir et à repousser les envahisseurs nazis grâce à l'armement produit dans les usines de l'Oural durant la seconde guerre mondiale.

Staline pris conscience du drame trop tard. Était-il correctement informé par les responsables régionaux ? Cela doit encore être déterminé par des études historiques sur base des archives.

Les seuls documents que j'ai vu indiquent que certains responsables régionaux demandaient de diminuer la pression sur le secteur agricole mais Staline resta inflexible, apparemment parce qu'il n'avait pas une vue globale de la situation.

Quand il se rendit compte de la catastrophe, il chercha à acheter des céréales dans les pays occidentaux qui refusèrent toujours au motif qu'aucun type de payement n'était autorisé avec l'Union soviétique. Le seul pays qui accepta de livrer des céréales contre de l’or fut la Perse mais trop tard et en quantités insuffisantes.

Le comble du cynisme est qu'il y avait des céréales stockées en grandes quantités en Occident et aux États-Unis en particulier. Les Occidentaux n'avaient donc pas besoin de plus de céréales pour leur consommation intérieure. En 1933, Franklin Roosevelt ordonna la destruction de ces stocks pour faire remonter le cours des céréales qui était responsable de la misère des fermiers américains.

Ce fut un autre drame de la famine qui a été superbement illustré par John Steinbeck dans son roman « The Grapes of Wrath - Les Raisins de la Colère » et dans le film que John Ford en tira. Malgré les réserves de céréales, la misère et la famine toucha des millions d'Américains qui furent chassés de leurs terres au nom du libéralisme et qui ne reçurent que tardivement de l’aide gouvernementale.

À partir de 1934, Staline ordonna de cesser tout payement avec des céréales.

On ne connaît pas de déclarations racistes de la part de Staline. Il avait une animosité contre les koulaks, ses concurrents politiques et les ennemis de la révolution mais c'était plus une question de classe sociale et de concurrence politique que de haine raciste.

 

 

Une anecdote.

Les Ukrainiens de l'époque soviétique ne considéraient pas Staline comme responsable de la famine de 1932/1933. J'ai eu l'occasion de parler dans les années 70 et 80 avec certains d’entre eux qui avaient vécu ce drame et je n'ai jamais entendu une accusation de famine provoquée par Staline. Il était pourtant très contesté par le pouvoir et on pouvait le critiquer librement.

Cela peut être illustré par la devinette suivante qui circulait dans le pays à l'époque.

Savez-vous quel sont les trois plus grands criminels de tous les temps. Non ?

C'est Hitler qui exterminait les gens dans des camps.

C'est Staline qui les déportait en Sibérie.

Et c'est Khrouchtchev qui les faisait mourir de faim.

Cela faisait allusion à la catastrophique politique agricole de Nikita Khrouchtchev qui avait provoqué des pénuries alimentaires dans tout le pays.

 

 

D'autres famines et Holodomors de l'époque contemporaine.

 

1806/1846/1850/1873/1907/1911. Les famines récurrentes de l'époque impériale en Chine font plus de 130 millions de victimes en un siècle.

1845-1849. La Grande Famine irlandaise fait 1,5 millions de victimes. Le mildiou est responsable du désastre de la culture de la pomme de terre, le gouvernement britannique pour ne pas être venu en aide à la population irlandaise.

1866 et 1869. Famines en Inde. 2,5 million de morts.

1870. Famine en Perse. 2 million de morts.

1921-1922. Famine en Russie suite à la guerre civile. 7 millions de morts. L'aide alimentaire américaine sauve des millions de personnes.

1928 et 1936. Deux importantes famines font 8 millions de morts en Chine républicaine.

1941-1944. Le siège de Leningrad fait 1 million de morts, la plupart de faim.

1945. 1,5 millions de victimes au Tonkin. La France de Vichy et le Japon sont responsables de cette famine.

1959-1961. La Révolution culturelle provoque des famines qui coûtent la vie à 15 millions de Chinois.

1967-1970. Biafra. 1 million de victimes de la famine à cause du blocus nigérian.

1974. Famine au Bangladesh. 1 million de victimes.

1978-1982. Famine au Sahel à cause de la sécheresse. 1 million de morts.

1984-1985. Famine en Éthiopie liée à la sécheresse. 1 million de morts.

1996. Famine en Corée du Nord. 200 000 à 3,5 millions de victimes.

 

Boris Borisov.

Le chercheur, historien et démographe russe, Boris Borisov, développa une thèse explosive en 2008. [ii]

Borisov a utilisé les données officielles du Bureau du recensement des États-Unis. Après avoir calculé le nombre d’habitants, les taux de naissance, l'immigration et l'émigration. Le chercheur en est venu à la conclusion que les États-Unis ont perdu plus de sept millions de personnes pendant la famine de 1932-1933

Bidonville à Seattle durant la Grande Dépression.

Dans l'analyse de la période de la Grande Dépression aux États-Unis, l'auteur note une remarquable similitude avec les événements qui se déroulent en URSS dans les années 1930. Il a même introduit un nouveau terme pour les États-Unis « defarming » en analogie à la dépossession des agriculteurs RICHES dans l'Union soviétique.

Peu de gens savent qu’environ cinq millions d'agriculteurs américains (environ un million de familles) furent chassés de leur terres à cause de leurs dettes auprès des banques. Le gouvernement américain ne leur fournissait rien : pas de terre, pas de travail, pas d’aide sociale et pas de retraite dit l'article.

Dans le même temps, le gouvernement américain s’est débarrassé des denrées alimentaires excédentaires que les entreprises ne pouvaient pas vendre. Les règles du marché ont été strictement observées : les invendus doivent toujours être classés comme surplus et ils ne pouvaient pas être donnés aux pauvres car ils pourraient causer des dommages aux entreprises. Une variété de méthodes a été utilisée pour détruire la nourriture en surplus. Ils ont brûlé des récoltes, les ont jeté dans l'océan et ont mis 10 millions d'hectares de champs en friches. "Environ 6,5 millions de porcs ont été éliminés à ce moment-là," a écrit le chercheur.

Les œuvres dites publiques introduites par le président Roosevelt sont devenues un salut pour un grand nombre d'Américains sans emploi et sans terre. Les travaux menés sous l'égide de la Public Works Administration étaient des travaux civils de construction de canaux, de routes ou de ponts dans les territoires reculés, sauvages et dangereux. Jusqu'à 3,3 millions de personnes à la fois ont participé à ces travaux. Le nombre total de personnes utilisées s’est élevé à 8,5 millions sans compter les prisonniers. 

"Les conditions et le taux de mortalité liés à ces travaux doivent être étudiés séparément. Un membre de travaux publics gagnait 30 $ et payait 25 $ de frais et de taxes sur ce montant. Ainsi, une personne pouvait faire seulement 5 $ pour un mois de travail acharné dans les marais paludéens" suivant ce qu’a écrit Boris Borisov.

Le reste de la thèse de Boris Borisov est dans la même veine. Il compare même les 2 millions de prisonniers mis au travail avec le Goulag de Staline.

Il est intéressant de noter que les historiens modernes russes rejettent les méthodes de recherches basées sur l'estimation générale des pertes démographiques. Ils croient que les processus démographiques ne sont pas linéaires et dépendent d'un certain nombre d’autres facteurs.

Ceci est évidement aussi valable pour la famine ukrainienne de 1932/1933.

Cette thèse a été très controversée à l’Ouest. Sous la pression, Wikipédia a même dû retirer son article sur le sujet.

 

Vu de Russie

Des articles de ce type apparaissent de plus en plus souvent dans les médias russes. Il y a aussi une série de la compagnie de téléradio TVZvezda traduite en anglais (qui en est au n°21 pour le moment) sur le site Fort Russ [iii] qui dénonce la collusion des États-Unis et de l'Allemagne nazie pour favoriser une guerre contre l'Union soviétique ou encore de nombreux articles dans les journaux qui réhabilitent Staline.

Hitler et ses SA.

Il ne s'agit pas d'articles de « commande », il y a une réelle exaspération des Russes devant les calomnies qui sont débitées par les médias occidentaux contre leur pays et contre Vladimir Poutine en particulier.

On a plutôt l'impression que les « commandes » sont du côté occidental.

Si le but est de favoriser une contestation contre le pouvoir russe actuel, c'est complètement raté. Les Russes sont de plus en plus soudés autour de leur président, les sondages de popularité en témoignent.

S'il s'agit de créer une rupture entre l'Europe et la Russie, c'est en passe de réussir mais c'est clairement l'Europe qui y perdra le plus.

En acceptant la tutelle des États-Unis sur la politique étrangère européenne et en cautionnant la politique antirusse actuelle, il faut aussi être conscient de ce risque.

L'élection du prochain président des États-Unis sera déterminante pour l'avenir de l'Europe parce qu’il y a quelques sérieux va-t-en-guerre parmi les candidats.

 

 

Conclusion.

La première chose qui nous saute aux yeux est que l'abomination n'est pas l'apanage des dictatures.

L’Holodomor du Bengale est comparable sous bien des aspects à l’Holodomor du sud-ouest de l'Union soviétique et c'est bien un pays dit démocratique qui en est responsable.

En 1988, une commission spéciale, crée par le Congrès des États-Unis arriva à la conclusion que durant l’Holomodor au moins 20 % de la population ukrainienne, soit 5 millions de personnes, furent exterminés par le gouvernement soviétique de manière intentionnelle, davantage victime d’un génocide que des conséquences de la famine.

Cette conclusion ne repose pas sur des bases historiques contradictoires, documentées et étudiées avec précision vu que les experts consultés sont ukrainiens ou occidentaux et qu’on ne fait qu’une vague allusion aux archives russes qui du reste n’ont pas encore été entièrement dépouillées.

Le nombre de victimes a été déterminé par l’historien ukrainien Stanislav Kulchitsky avec des calculs statistiques, comme d’ailleurs Boris Borisov l’a fait pour déterminer le nombre de victimes de la famine aux États-Unis.

Ce document [iv] (en anglais) du 20 octobre 2003 est la conclusion de la Chambre des Représentants des États-Unis qui servit de base pour la reconnaissance de la famine ukrainienne comme génocide.  

On ignore quels universitaires américains ont été consultés pour arriver à cette conclusion mais l’influence de l’importante communauté ukrainienne nord-américaine a dû être décisive.

Il y a des millions d'Américains et de Canadiens d'origine ukrainienne qui vivent en Amérique et cela pèse sur la politique de ces deux pays. Il faut aussi savoir que les membres des unités ukrainiennes qui se battaient pour le Troisième Reich ont trouvé asile aux États-Unis et au Canada après la guerre. Ils ont beaucoup influencé notre perception de cette famine en publiant une vision revancharde de ce drame.

Tout historien digne de ce nom sait qu’on ne fait pas une étude historique honnête pour prouver une conclusion préétablie et dans ce cas-ci, la manigance politique est flagrante.

Une des principales faiblesses de toutes les accusations de génocide est qu’on ne voit pas pour quel motif Staline aurait volontairement éliminé des millions de personnes alors que le pays avait besoin de bras pour se construire. Si un nationalisme ukrainien important existait à l’époque, ce dont je doute, ce n’était certainement pas dans les campagnes mais plutôt chez les koulaks et chez certains intellectuels dans les villes.  

L’Holodomor du Bengale n'a pas trouvé de tribune médiatique pour se faire connaître auprès du grand public. Il est généralement considéré comme une fatalité qui touche les populations asiatiques qu'on accuse d'être elles-mêmes responsables du malheur qui leur arrive.

Famine au Bengale en 1943.

Il faut noter que la presque totalité de ces famines asiatique ont eu lieu durant les occupations coloniales et que depuis leur indépendance, l'Inde et la Chine ont mis fin à ce fléau. (Sauf durant la Révolution culturelle en Chine.)

C'est cependant l’Holodomor « ukrainien » qui est uniquement rappelé dans les médias occidentaux dans le but de provoquer une discorde entre les Ukrainiens et les Russes.

Vingt-quatre pays (en 2011) dont les États-Unis et 12 pays européens ont honteusement reconnu la famine « ukrainienne » comme génocide. Aucun pour la famine du Bengale. 

La plupart des pays du monde ainsi que l'Union européenne la considère comme crime contre l'humanité. Aucun pour la famine du Bengale.

Les crimes commis par les colonisateurs européens et les britanniques en particulier n'ont jamais été reconnus. Bien au contraire, il y a actuellement des campagnes pour réhabiliter l'Histoire coloniale dans certains pays.

Les crimes des nazis et des communistes sont régulièrement exhumés par les médias. Ceux des pays colonisateurs sont systématiquement ignorés ou sous-estimés. Ils sont pourtant aussi épouvantables mais tout est fait pour les ignorer.

Il y a parfois des articles qui en parlent comme celui qui est paru dans le Monde diplomatique en mai 2005 mais ce n'est jamais développé davantage dans le reste des médias.[v]

Ces informations ne sont pas nouvelles. Ce qui est nouveaux, c’est qu’elles sont depuis quelques temps largement diffusées dans les médias russes.

Chacun en tirera la conclusion qu'il voudra mais cela démontre une partialité qui fait douter de plus en plus de monde de l’objectivité de leurs médias.

Cette rupture avec la Russie n’est pas sans risque. Il y a les aspects économiques qui sont importants avec la sécurité énergétique pour l’Union européenne en premier exemple mais il y a aussi un autre aspect : celui de la contrepropagande antioccidentale qui risque d’être largement diffusée par les médias russes internationaux qui acquièrent de plus en plus d’écoute dans le monde. 

Des articles aussi critiques contre l’Occident risquent d’encore davantage réduire la perception négative qu'ont déjà les population des pays non-occidentaux du bien-fondé de nos opération humanitaires dans le monde.

 

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187 réactions à cet article    


  • Phoébée 25 avril 2016 14:16

    ’La configuration géographique du Delta du Gange et du Brahmapoutre composé d’une multitude d’îles fit que non seulement tout déplacement des populations locales et des marchandises fut rendu difficile mais aussi que la pêche devint impossible.’

    ..........

    Le Bangladesh est un beau pays chaud, peuplé par des gens de couleur paisibles et peu perfides, où le Grand Gange et le Brahmapoutre se lient sur son territoire et forment le delta unique du Gange. Leur civilisation couvre plusieurs millénaires alors que l’histoire des Etats-Unis est courte et vulgaire. 

    .........

    Le lien :

    https://francais.rt.com/opinions/19363-limonov-bangladesh-russe-albright


    • Pierre Pierre 25 avril 2016 15:41

      @Phoébée,

      Madeleine Albright ! Cette bonne femme reconnait que son pays est responsable de la mort de 500.000 enfants irakiens et elle assume en disant que cela en valait la peine. Si ce n’était si tragique, ce serait risible quand on voit le résultat actuel.
      Il y en a beaucoup qui sont à La Haie pour beaucoup moins que cela.

    • antyreac 25 avril 2016 16:48

      @Pierre
      La mort de 500 000 enfants irakiens est sans doute de la propagande de Sadam Husein qui essayait alors de prouver les effets néfastes de l’embargo occidentale... 


    • OMAR 25 avril 2016 17:08

      Omar9

      Bien trouvé, @antyreac !!!!

      D’ailleurs, sa pendaison est de la pure propagande et un grotesque mensonge.

      Seule la possession par l’Irak d’armes de destruction massive était une vérité absolue...
      http://tempsreel.nouvelobs.com/l-enquete-de-l-obs/20130308.OBS1260/l-incroyable-histoire-du-mensonge-qui-a-permis-la-guerre-en-irak.html

      Pauvre type.....


    • Pierre Pierre 25 avril 2016 17:10

      @antyreac
      Il faut tout vous prouver à vous ! Madeleine Albright ne réfute pas le nombre de 500.000 enfants morts dans cette interview. (lien)


    • Phalanx Phalanx 25 avril 2016 18:36

      @Pierre

      Albright ... avec sa guerre au Kosovo elle a récupéré 50% de Kosovo Telecom ... je serais curieux de savoir ce qu’elle récupéré avec les guerres d’Irak.

      Y’a pas à dire, l’humanisme, ca paye.

    • OMAR 25 avril 2016 19:22

      Omar9

      @Phalanx

      Albright, cette tchèque d’origine, a fait sien un pays qui a exterminé sa population indigène- les indiens- pour y installer des colons venus essentiellement d’Europe.

      Alors, que représente l’extermination de 500 ;000 enfants irakiens à ses yeux ?


    • OMAR 25 avril 2016 20:24

      Omar9

      @antyreac

      Touché, coulé.....


    • Olivier_Bouricot (---.---.0.228) 4 juin 2016 09:23

      @Pierre
      Merci pour cette article très détaillé !


      J’ai du préparé un exposé en classe et cela m’a beaucoup servi !
      Par contre j’attire votre attention sur l’article de wikipedia sur l’holodomor. Il reprend en tout point la propagande Nazi anti bolchevique !
      Si vous avez un peu de temps pourriez vous y jeter un coup d’œil car quand j’ai voulu faire un apport avec seulement les conditions climatiques et le blocus de l’or, j’ai été censuré !

      Je n’ai hélas pas votre plume ni vos connaissances, modifier cet article de wikipedia consulté par beaucoup d’étudiant et difficile pour moi
      Merci pourctous vos articles
      Olivier

    • leypanou 25 avril 2016 14:36

      Merci à l’auteur pour cet article très instructif.

      Si on ne prend qu’une seule phrase pour résumer le tout, je prendrai celle-ci : La première chose qui nous saute aux yeux est que l’abomination n’est pas l’apanage des dictatures.

      En tout cas, c’est le genre d’articles que l’on aimerait pouvoir lire plus souvent sur agvx, une petite contre-information au Poutine/Russie-bashing régulier sur les MSM


      • Pierre Pierre 25 avril 2016 15:27

        @leypanou
        Merci. J’aimerais en écrire plus mais cela prend du temps et je ne suis pas retraité.


      • tonimarus45 25 avril 2016 18:14

        bonjour -merci de rappeler tout cela ;et que dire du genocide des indiens d’amerique du nord ?????

        En cherchant sur le net voici en copie colle ce que j’ai trouve

        «  »"
        INDIENS D’AMÉRIQUE : UN GÉNOCIDE TRANQUILLE ET PRESQU’ACHEVÉ

        C’est l’un des plus grands génocides de l’histoire, plus grand encore que celui qui nous est continuellement ressassé, car l’on parle ici de 80 millions à 100 millions de personnes ! Et pourtant, celui-ci continue tranquillement. Les amérindiens sont « protégés », principalement en tant que source de revenus, avec la visite des zoos réserves, grâce au cinéma, à la culture, mais sinon… Leur principal droit est celui-ci de conserver le silence, aux États-Unis, le « blanc » reste maitre !...

        Meme si cela me parait peut etre exagere, le genocide a bien eu lieu !!


      • Pierre Pierre 25 avril 2016 18:46

        @tonimarus45,

        Bonjour, Cela mériterait un article mais ici, je me suis concentré sur les famines.

      • GV (---.---.246.234) 27 avril 2016 03:14

        @tonimarus45

        Il faudra distinguer la colonisation anglaise, la colonisation espagnole et la colonisation néo-française. Cette dernière, la plus égalitaire et fraternelle dans ses rapports avec les peuples indigènes, célébrée notamment par la Grande Paix de Montréal en 1701. De ces modestes naquit une grande alliance qui permit la découverte et la désignation des deux tiers de l’Amérique du Nord. Oeuvre de colonisation incomparable des Français (et néo-français) et de leurs alliés. Tous présents, en petit nombre et en petite puissance. La prise de Québec aura bouleversé ce bel équilibre dont on ne sait ce qu’il aurait pu advenir, 

      • Pere Plexe Pere Plexe 27 avril 2016 18:33

        @leypanou
        au chapitre concernant Churchill il aurait ete bon d’ajouter celui sur De Gaulle cette autre icone du monde libre, quand à sa responsabilité au Biafra.

        Certes elle est d’une moindre ampleur mais beaucoup de Français l’ignorent.
        Et c’est à ma connaissance la première utilisation politique de l’émoi que suscite la médiatisation d’un désastre humain de cette envergure 

      • Pierre Pierre 27 avril 2016 19:22

        @Pere Plexe
        Donnez-moi une piste, je ne vois pas de quoi il s’agit. 

        Vous pensez peut-être au Rwanda mais alors je ne vois pas le rapport avec de Gaulle, il s’agirait plutôt de Mitterrand. 

      • Pere Plexe Pere Plexe 27 avril 2016 23:07

        @Pierre
        L’article de wiki est succin et relativement soft mais c’est un bon début.

        « le soutien militaire (mercenaires, armes et munitions) et financier apporté secrètement par les autorités françaises aurait prolongé le conflit durant 30 mois, provoquant indirectement 2 à 3 millions de morts »


      • Etbendidon 25 avril 2016 14:49

        La première chose qui nous saute aux yeux est que l’abomination n’est pas l’apanage des dictatures.
        EXACT
        j’ai découvert il y a peu de temps la famine orchestrée par Eisenhower pour faire crever les prisonniers allemands (plusieurs millions) en 1945.
        Idem pour les français « libres »
        Des milliers de soldats allemands furent délibérremment affamés pour les obliger à s’enroler dans la légion et partir en indochine alors que tout le monde s’accorde pour reconnaitre que le 1,4 million de prisonniers français furent plutot bien traités en fonction de la convention de Genève !
        Et que dire des prisonniers allemands faits par l’armée rouge (60000 prisonniers à Stalingrad, et seulement 6000 de revenus dix ans plus tard) mais bon , les prisonniers russes furent auasi largement décimés
        Bref, la nature humaine


        • Pierre Pierre 25 avril 2016 15:15

          @Etbendidon
          « J’ai découvert il y a peu de temps la famine orchestrée par Eisenhower pour faire crever les prisonniers allemands (plusieurs millions) en 1945. »

          C’est exact quoique plusieurs millions (de morts) me semblent exagérés. (un lien au hasard) Je n’en ai pas parlé dans l’article parce que je trouvais qu’il était déjà assez long. Et puis, mon article s’en prend déjà à une icone de la victoire sur le nazisme, alors deux... cela aurait fait « complotiste ». 
          Merci pour en avoir parlé.

        • Nicole Cheverney Nicole CHEVERNEY 25 avril 2016 16:32

          @Etbendidon

          Non ! ce n’est pas la nature humaine, c’est la soif de pouvoir de certains de notre espèce.


        • njama njama 25 avril 2016 15:20

          davantage victime d’un génocide que des conséquences de la famine.

          Le mot génocide est de plus en plus employé, et manipulé dans tous les sens, en lieux et places d’hécatombes, de massacres, tueries...

          La notion qui distinguerait un massacre d’un génocide paraîtrait tenir dans la volonté préméditée d’anéantir l’autre, pas nécessairement en le tuant, mais en ruinant son identité culturelle et sociale.

          Employé le mot « génocide » relève clairement d’une stratégie accusatoire, et dans la doxa juridique anglo-saxonne, il revient à l’accusé de faire la preuve de son innocence. Alors qu’à l’inverse dans notre pensée latine et nos tribunaux, l’accusé est présumé innocent charge à l’accusation de faire la preuve.

          Donc, dans cette histoire d’Holodomor « ukrainien », ne nous laissons pas abuser, nous les habitants du « Vieux Continent » par Washington, attendons les preuves que pourraient nous fournir les historiens pour juger sur pièces. Ce n’est pas à la Russie de s’abaisser pour contrer cette accusation, et d’autant plus que la Russie actuelle n’est en rien semblable à celle des années 30.


          • njama njama 25 avril 2016 16:18

            Les autorités russes ont récemment proposé aux pays victimes de cette famine d’en étudier ensemble l’origine et les conséquences en consultant les archives déclassifiées de l’époque mais l’offre a été déclinée par l’Ukraine qui veut s’en tenir au chiffre mythique de 6 millions de victimes ukrainiennes.

            C’est là que l’on voit que l’histoire sert d’arme politique puisque les pays victimes ne répondent pas à cette invitation ! Pourtant des historiens comme Annie Lacroix-Riz et bien d’autres travaillent régulièrement sur des archives russes.
            C’est la même chose au sujet du génocide arménien. En parler ici relève presque du tabou !

            Dans une interview accordée au quotidien turc Zaman (édition du 12 mai 2006)

            Pierre Nora [président de Liberté pour l’Histoire] a salué la liberté de parole en Turquie où des conférences sur la question arménienne sont organisées et où le gouvernement a proposé à l’Arménie de constituer une commission conjointe d’historiens. « Il est plus facile de débattre de la question arménienne à Istanbul qu’à Paris » a-t-il relevé.« C’est une situation aberrante, risible » a-t-il conclu, pointant du doigt les contradictions d’un Parti Socialiste favorable à l’entrée de la Turquie dans l’Union Européenne mais n’hésitant pas à entraver le processus d’adhésion en faisant le jeu des groupes d’extrême-droite arméniens. [...]

            http://turquie.20minutes-blogs.fr/archive/2007/05/21/


            • CN46400 CN46400 26 avril 2016 01:52

              @njama


               Les dirigeants actuels de l’Ukraine sont d’autant plus en difficulté sur la question, qu’une bonne partie d’entre-eux sont originaires d’une zone (ouest) qui n’était pas ukrainienne à l’époque, et qu’ils risquent, d’avoir à discuter avec des descendants de déportés ukrainiens qui, eux, se considèrent comme russes maintenant. Il y a des descendants de déportés, russes ou ukrainiens, dans la quasi totalité des ex républiques de l’URSS.

            • Christian 25 avril 2016 16:22

              Et la famine en Grèce lors de l’occupation italo allemande ?
              http://www.livresdeguerre.net/forum/contribution.php?index=40484&v=1


              • Pierre Pierre 25 avril 2016 17:02

                @Christian
                Churchill y fait allusion (voir encadré dans l’article) « The starvation of anyway underfeds Bengalis is less serious than that of sturdy greeks. » - « La famine des sous-alimentés bengalis est de toute façon moins sérieuse que celle des robustes Grecs. »


              • alinea alinea 25 avril 2016 17:02

                Ce que je retiens, c’est Churchill, une des pires ordures que l’occident ait nourri ; et pourtant, il semble encore aujourd’hui, fort apprécié !
                Il semble qu’on découvre le la lune, cette lune qui brille depuis le début du capitalisme, et de « l’occident » !!
                Merci en tout cas, Pierre


                • tf1Groupie 25 avril 2016 20:52

                  @alinea

                  C’est bien que vous ayez retenu cela, l’objectif est atteint.


                • alinea alinea 25 avril 2016 21:53

                  @tf1Groupie
                  je ne sais pas ce que vous voulez dire, mais mon opinion sur Churchill ne date pas d’hier ! je retiens, parce que c’est la première fois ici qu’on en tire un portrait à peu près juste !! ici, et presque partout ailleurs !!


                • Pierre Pierre 26 avril 2016 05:03

                  @tf1Groupie
                  Désolé pour vous, mais l’objectif de l’article n’était pas de « dézinguer » Churchill. Je lui fait personnellement porter la responsabilité de la famine et c’est justice. On ne peut faire endosser cette responsabilité au peuple et aux soldats britanniques qui se battaient courageusement contre les nazis et contre les Japonais.


                • CN46400 CN46400 26 avril 2016 21:21

                  @alinea


                  Vous êtes un peu injuste avec Churchill, c’est lui, et pas un autre qui, le 10 mai 40, a persuadé la bourgeoisie britannique, d’abandonner Chamberlain et d’éviter le piège dans laquelle venait de tomber la bourgeoisie française (De Gaulle excepté), a savoir... la collaboration avec Hitler !

                • vesjem vesjem 1er mai 2016 14:17

                  @tf1Groupie
                  fan de tf1, troll un jour, troll toujours


                • njama njama 25 avril 2016 17:11

                  La famine de 1932-1933 en Ukraine : quelle interprétation ?
                  Pr Nicolas WERTH
                  [.......]
                  La qualification de la famine de 1932-1933 comme génocide fait débat parmi les historiens, tant russes, ukrainiens qu’occidentaux qui se sont penchés sur la question. En schématisant, on peut distinguer deux principaux courants interprétatifs.

                  Il y a d’une part les historiens qui voient dans la famine un phénomène organisé artificiellement, planifié dès 1930, par le régime stalinien pour briser la résistance, particulièrement forte, des paysans ukrainiens au système kolkhozien et, au-delà, détruire la nation ukrainienne, dans sa spécificité « paysanne-nationale », qui constituait un sérieux obstacle sur la voie de la transformation de l’URSS en un Etat impérial d’un type nouveau, dominé par la Russie. Ces historiens soutiennent la thèse du génocide .

                  D’autre part, il y a les historiens qui, tout en reconnaissant la nature criminelle des politiques staliniennes, estiment nécessaire d’étudier l’ensemble des famines soviétiques des années 1931-1933 comme un phénomène complexe dans lequel plusieurs facteurs, de la situation géopolitique aux impératifs d’industrialisation et de modernisation accélérées, ont joué un rôle important, à côté des « intentions impériales » de Staline. Pour ces historiens, la qualification de « génocide » ne s’impose pas pour qualifier la famine de 1932-1933 en Ukraine et au Kouban .

                  L’historien italien Andrea Graziosi, spécialiste de l’histoire ukrainienne, a récemment proposé un « dépassement » de ces deux positions à la lumière d’une approche comparative des diverses famines soviétiques du début des années 1930 et d’une étude approfondie de la chronologie, et je le suis volontiers . Les famines qui surviennent en URSS à partir de 1931 apparaissent comme les conséquences directes, mais non prévues, non programmées, des politiques d’inspiration idéologique mises en œuvre depuis fin 1929 : collectivisation forcée, dékoulakisation, imposition du système kolkhozien, prélèvements démesurés sur les récoltes et le cheptel. Jusqu’à l’été 1932, la famine ukrainienne, qui s’annonce déjà, s’apparente aux autres famines, qui ont débuté ailleurs plus tôt. Mais à partir de l’été 1932, la famine ukrainienne change de nature dès lors que Staline décide d’utiliser l’arme de la faim, d’aggraver la famine qui commençait, de l’instrumentaliser, de l’amplifier intentionnellement pour punir les paysans ukrainiens qui refusent le « nouveau servage » et pour briser le « nationalisme ukrainien » ressenti comme une menace au projet de construction d’un Etat soviétique centralisé et dictatorial. Si les paysans sont le plus durement frappés par la faim entraînant la mort, dans des conditions atroces, de millions de personnes, une autre forme de répression, policière cette fois, s’abat, au même moment, sur les élites politiques et intellectuelles de l’Ukraine, des instituteurs de village aux dirigeants nationaux, en passant par l’intelligentsia. Des dizaines de milliers d’Ukrainiens sont arrêtés et condamnés à des peines de camp.
                  [.....]
                  http://ukraine33.free.fr/web/article.php3?id_article=190


                  • Pierre Pierre 25 avril 2016 18:42

                    @njama
                    L’approche d’Andrea Graziosi tel que vous la présentez est séduisante mais il faut souligner plusieurs autres points.

                    - Au départ, la collectivisation des terres n’était pas prévue par Lénine. 
                    - La Nouvelle Politique économique (NEP) est mise en oeuvre par Lénine en 1921 pour relancer l’économie du pays.
                    - La NEP est relativement libérale et on laisse la possibilité aux entreprises agricoles de se développer mais il faut que ce soit dans l’intérêt général.
                    - Les koulags et les coopératives agricoles refusent de jouer le jeu. Elles refusent de mettre leurs stocks de céréales sur le marché et font de la spéculation pour faire monter les cours.
                    - En 1929, Staline (qui a succédé à Lénine) comprend l’échec de la NEP et lance le Grand Tournant. Ce sera la collectivisation des terres en sovkhozes (fermes d’Etat) et en Kolkhoses (fermes collectives avec les paysans payés en fonction du résultat la récolte.) Tout les paysans devaient adhérer à l’un ou à l’autre mais ils pouvaient avoir une parcelle personnelle qu’ils cultivaient à leur guise pour leur consommation personnelle ou pour la revente. Cela en fut ainsi jusqu’à la fin de l’Union soviétique en 1991.
                    - Encore une fois, les koulags refusent et sabotent les plans en ne cultivant pas. Ils seront alors massivement déportés en Sibérie.
                    - En 1931 et 1932, il y a de mauvaises conditions météo. Les récoltes sont mauvaises et en plus, de nombreuses régions n’ont pas travaillé la terre : désorganisation, sabotage, mauvaise organisation de la collectivisation des terres, incompétence des responsable de la collectivisation etc. La production de céréales est très faible.
                    - Staline qui a un impératif besoin de céréale pour acheter du matériel à l’Occident pour développer son industrie lourde fait confisquer une grande partie des récoltes.
                    - La famine devint alors inéluctable.

                    Ce sera un renversement des prévisions. Les paysans qui voulaient affamer les villes seront les premières victimes de leur plan.

                    Je ne crois pas trop au nationalisme ukrainien en 1930. Tout l’Ouest du pays, la Galicie, la Bucovine etc. ne font pas encore partie de l’Ukraine. La Crimée non plus. La Novorussie et ses grandes villes russes, Karkhov, Odessa, Donetsk etc viennent d’être rattachées à l’Ukraine pour des raisons de rééquilibre politique et ne sont certainement pas nationalistes.
                    Kiev et l’Ukraine centrale peut-être un peu plus mais n’oublions pas que ces régions faisaient partie de l’Empire russe depuis des siècles (elles n’avaient jamais connu d’indépendance dans leur histoire) et le nationalisme ne concernait pas les paysans ukrainiens.
                    Je pense que l’opposition ukrainienne était plutôt économique. Elle s’opposait aux communistes, pas aux Russes. N’oublions pas qu’à cette période, les Juifs étaient en grand nombre au Comité central du Parti communiste et que de nombreux responsables régionaux envoyés par Moscou étaient aussi juifs. Comme les Ukrainiens étaient (et sont toujours) viscéralement antisémites (pensez aux nombreux pogroms de la fin du XIXe siècle), il faut aussi tenir compte de cette réalité. 

                  • njama njama 25 avril 2016 20:13

                    @Pierre
                    merci pour la réponse.

                    Ce n’est pas que j’adhère à tout ce que dit cet article, je voulais faire valoir que la qualification de « génocide » est très controversée chez les historiens, à juste titre ...

                    Et en droit, la qualification de « génocide » n’a aucune valeur juridique tant que :

                    applicabilité de l’article 17 de la Convention [...]
                    "La clé du verdict est le fait que le requérant n’a pas nié l’existence du massacre des Arméniens, mais seulement la qualification juridique de « génocide » donnée à ces événements. Une telle opinion ne constitue pas en soi une incitation à la haine contre les Arméniens ni une expression de mépris à l’égard des victimes des crimes. En conséquence, les règles ordinaires de l’article 10 de la CEDH s’appliquent, signifiant que l’État défendeur doit présenter des raisons impérieuses pour montrer que son ingérence dans le droit du requérant à exercer sa liberté d’expression est nécessaire dans une société démocratique." (Le destin de la pénalisation du négationnisme, par Paolo Lobba)

                    Affaire Perinçek - Communiqué de Pierre Nora, président de Liberté pour l’histoire
                    Jeudi 19 novembre 2015

                    Paris, le 5 novembre 2015

                    L’association Liberté pour l’histoire a appris avec satisfaction l’arrêt rendu par la grande chambre de la Cour européenne des droits de l’homme le 15 octobre 2015 sur ce qu’il est convenu d’appeler l’affaire Perinçek, condamnant le gouvernement suisse pour violation de la liberté d’expression de Dogu Perinçek.

                    Ce citoyen turc avait, lors d’une conférence tenue en Suisse, nié que les massacres des Arméniens perpétrés en Turquie en 1915 et 1916 puissent être qualifiés de génocide et considérés juridiquement comme tels. Cet arrêt met fin à toute possibilité de nouveau recours.
                    À titre d’historiens et de citoyens, les membres de Liberté pour l’histoire rappellent qu’il leur paraît parfaitement légitime de qualifier les massacres commis par les Turcs contre les Arméniens de génocide. Ce contre quoi ils se sont toujours insurgés c’est la qualification juridique de génocide, avec toutes les conséquences pénales qu’elle entraîne.

                    Dans un État libre et démocratique, il n’appartient en effet à aucune autorité politique ou judiciaire de définir la vérité historique et de restreindre la liberté de recherche et d’expression sous la menace de sanctions pénales.

                    Cet arrêt d’une cour de justice internationale confirmant les conclusions du Conseil constitutionnel français de 2012 semble mettre un terme aux tentatives d’intervention de l’exécutif ou du législatif en matière de qualification du passé. C’est une victoire de la liberté à laquelle notre association peut se féliciter d’avoir largement contribué.


                  • CN46400 CN46400 26 avril 2016 00:37

                    @Pierre


                    Pour comprendre la NEP il faut :
                      -lire les volumes 32-33-35-42-45 des oeuvres complètes de Lénine
                      -analyser la politique chinoise depuis 1980 (Deng Xiao Ping)
                      - comprendre que Staline voulait, comme Lénine, industrialiser l’URSS, mais sans utiliser les capitaux étrangers. Donc en s’appuyant sur un exode rural forcé et sur un prix de la force de travail au rabais (entretien physique élémentaire du travailleur.... )
                      -laisser les comparaisons Goulag- Auchswitz pour les romanciers. La mortalité des camps du Goulag, qui d’ailleurs, se trouvaient la plupart du temps dans les alentours des « combinats » où on avait besoin de main d’oeuvre, et pas en Sibérie, n’est en rien comparables avec l’extermination nazie. Ce qui ne veut pas dire que certain camps n’étaient pas plus durs d’autres (ex Kolima).
                      -La collectivisation agricole relève de cette politique. Personne n’a encore pu démontrer des effets démographiques négatifs de ses déportations alors qu’ils sont évidents, et chiffrés, sur la guerre 41-45
                      
                      Enfin il n’est pas d’exemple où ait été constaté des famines rurales dans des pays agricoles aussi favorisé par les éléments (climat-fertilité des sols) que l’Ukraine. En France (40-44) les allemands ont affamé les villes, mais pas les campagnes...

                  • CN46400 CN46400 26 avril 2016 00:55

                    @Pierre


                    « - Staline qui a un impératif besoin de céréale pour acheter du matériel à l’Occident pour développer son industrie lourde fait confisquer une grande partie des récoltes. »
                     Si vous pouviez citer un marché passé par Staline sur le blé se serait bien....

                  • Pierre Pierre 26 avril 2016 07:22

                    @CN46400
                    Est-ce que vous contester qu’une grande partie des récoltes avaient été confisquées ? Si c’est oui, vous seriez mal informé. J’ai parlé avec des Ukrainiens qui avaient connus cette époque et c’est incontestable.

                    Il doit y avoir des contrats d’achats de matériel payés avec du blé dans les archives russes mais je m’en tiens à une déduction logique.
                    Nous savons que les Occidentaux refusaient tout commerce avec l’Union soviétique contre des payement traditionnels au motif que les dettes russes de l’époque impériale n’étaient pas remboursées.
                    Des compromis avaient été acceptés par les Occidentaux dans les années 1920. A cette époque, toute l’économie n’était pas encore nationalisée et les Occidentaux espéraient un échec économique en Union soviétique et un retour des libéraux. La NEP était une ouverture au libéralisme économique et s’il n’y avait eu la spéculation, elle aurait été maintenue par Staline. N’oublions pas que Marx n’a jamais parlé de collectivisation des terres agricoles, c’est une initiative de Staline.
                    Le commerce international avec l’Union soviétique se faisait contre des matières premières : pétrole, bois et céréales. A partir de 1932, les pays occidentaux acceptaient uniquement des céréales.
                    Comme l’Union soviétique continuait à acheter du matériel industriel en grande quantité en Europe, surtout en Angleterre, par déduction logique, elle ne pouvait payer qu’en céréales.

                  • CN46400 CN46400 26 avril 2016 11:25

                    @Pierre


                     Attention aux « déductions logiques ». Avant de vendre, donner, ou se faire dévaliser, les paysans de tous les pays, commencent par se servir et à nourrir leur famille. Ensuite, comment Staline auraient-il pu obtenir tant de travail industriel avec des travailleurs en sous alimentation ? D’où sont sorti les dizaines de milliers de T34, et autre Katioucha, qui sont tombés sur les nazis en décembre 41 ?

                  • Pierre Pierre 26 avril 2016 15:54

                    @CN46400
                    Bien sûr qu’il fallait d’abord alimenter les villes et les ouvriers qui travaillaient dans les usines avant d’exporter.

                    La fin des années 30 ont été des années de forte croissance en Russie : une moyenne d’environ 6 % par an si je me souviens bien alors que l’Occident libéral n’arrivait pas à sortir de la crise.
                    Les usines qui fabriquaient des tracteurs se sont reconverties en fabrication de chars d’assaut à partir de 1941. C’est de là que sont sorti les T34.
                    Cela explique aussi l’énorme popularité de Staline dans ces années-là. Le niveau de vie en Russie augmentait constamment mais c’est inutile d’expliquer cela à certains lecteurs de ce site puisque les médias mainstream disent généralement le contraire.

                  • Et hop ! Et hop ! 26 avril 2016 16:17

                    @Pierre : Le principal exportateur de blé ukrainien à cette époque était Louis Dreyfus, fondateur du groupe du même nom.

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