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Accueil du site > Tribune Libre > PUBLIC-PRIVÉ : le nécessaire et le superflu

PUBLIC-PRIVÉ : le nécessaire et le superflu

 Les entreprises publiques, qui ont d’autres missions que les entreprises privées, sont-elles moins performantes que ces dernières ?

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 EDF a été créé le 8 avril 1946 par le Général de Gaulle par la loi sur ‘la nationalisation de l'électricité et du gaz’ présentée par le communiste Marcel Paul, alors ministre de la Production industrielle. La loi fut adoptée par 491 voix pour (PC, SFIO, MRP, Radicaux, UDSR*) et 59 contre (Parti républicain de la liberté, Républicains indépendants et divers droites). Les détenteurs de titres des 362 sociétés d'électricité qui existaient antérieurement ­ soit de l’ordre de 1,5 million d'individus ­ furent indemnisés en recevant des obligations. EDF va alors mettre en œuvre les moyens nécessaires à l’indépendance énergétique de la France, dans un premier temps par les centrales thermiques et les barrages hydroélectriques, puis, sous le septennat de Valéry Giscard d’Estaing (1974-1981), par la construction de centrales nucléaires. La commission pour la Production d'Électricité d'Origine Nucléaire avait été en charge dès les années 1960 d’évaluer la faisabilité de la filière nucléaire.

 EDF, établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC), devient une société anonyme (SA) en 2004. Il compte environ 70 000 salariés. Le 21 novembre 2005, l'entreprise introduit 15 % de son capital à la Bourse de Paris. Le cours de l'action EDF a connu de fortes fluctuations : après avoir flambée en 2007, elle est retombée au-dessous de son cours d'introduction en 2009 et y est depuis restée la plupart du temps.

 De nos jours, EDF est le premier producteur et le premier fournisseur d’électricité en Europe. Son chiffre d’affaire est de 70 milliards d’euros. Il était aussi le premier au niveau mondial en termes de puissance installée, avant la récente fusion des deux principaux producteurs chinois. EDF réalise environ 50% de son chiffre d'affaires hors de France mais n’exporte que 10% de sa production électrique. 

 Le capital d’EDF est détenu à plus de 80 % par l'État, 10% par des institutions (dont 8% étrangères) et un peu moins de 2 % par les salariés de l’entreprise. L'endettement d'EDF est d’environ 34 milliards d'euros soit un peu moins de 50% du chiffre d'affaires du groupe (73 milliards). La notation de Moody's sur la santé financière des six plus grands électriciens européens place cependant EDF parmi les groupes les plus solides. Les agents EDF gagnent en moyenne 8% de plus que dans les groupes équivalents. Les agents bénéficient de "primes pour événements familiaux" (mariage ou équivalent) : un mois de salaire pour l'indemnité d'union, un mois et demi de salaire pour la naissance du premier enfant et un mois pour les naissances suivantes. Les agents travaillent environ 5% de moins que dans les autres entreprises du secteur électrique et gazier, soit de l’ordre de 32h par semaine. Les accords sur la durée du temps de travail sont discutés avec l’ensemble des syndicats représentatifs dont la CGT est le plus important. L’examen des rémunérations fait l’objet régulièrement de rapports de la Cour des comptes.

 Un conseil composé de 11 administrateurs détermine les orientations d’EDF. Il est présidé par Jean-Bernard Levy, Polytechnicien. Les autres sont centraliens, énarques, inspecteurs des mines, polytechniciens, normaliens… Jean-Bernard Lévy a touché une rémunération globale de 452 868 € en 2016.

 Bernard Arnault, lui même polytechnicien, fut le propriétaire de Férinel, à qui le gouvernement socialiste confia, en 1984, Boussac. Il achète rapidement Guerlain et l’horloger suisse TAG Heuer. Moët Hennessy et Louis Vuitton avaient annoncé dès 1987 la création de LVMH, par union de leurs groupes respectifs indépendamment de M. Arnault. Le nouveau groupe contient aussi les Parfums Christian Dior qui intéresse ce dernier. Jouant sur les divergences entre les deux fondateurs, Bernard Arnault présente une offre à Alain Chevalier patron de Moët Hennessy qui refuse. Il s’associe alors avec Henry Récamier patron de Louis Vuitton. Bernard Arnault se sépare par la suite des deux fondateurs de LVMH. Après maintes péripéties juridiques, Bernard Arnault devient officiellement le patron de LVMH en 1990.

 LVMH devint un leader mondial du luxe (vins, mode, parfums, montres, hôtellerie…) réalisant 50 milliards d’euros de ventes (un peu moins qu’EDF) avec un réseau international de près de 5 000 magasins. Le groupe compte plus de 140 000 employés. L’endettement net du groupe a dépassé la barre les sept milliards d'euros en 2017. Bernard Arnault affirme que le groupe paye plus d’un milliard d’euros sur les sociétés en France même si il détient maintes filiales dans des paradis fiscaux. Le temps de travail au sein du groupe est négociable mais il est en moyenne de 38 heures. Il existe un système de primes d’intéressement, de treizième mois, de plan épargne entreprise… Une complémentaire retraite est proposée qui est partiellement prise en charge par l’entreprise.

 Le conseil d'administration de LVMH est composé de Bernard Arnault, président-directeur général (École polytechnique), Pierre Godé, vice-président (Docteur en droit), Antonio Belloni, directeur général délégué (Université de Pavie), Antoine Arnault, fils de Bernard Arnault (HEC), Delphine Arnault, fille de Bernard Arnault (l'EDHEC Business School), Nicolas Bazire (ENA)…

 Le Comité exécutif est également présidé par Bernard Arnault avec une rémunération d’environ 7 000 000 €, 15 fois celle du PDG d’EDF. 

 Les principaux actionnaires sont Christian Dior SE 40%, Arnault (famille) 6%, BNP Paribas Asset Management France 3%, Capital Research & Management (World Investors) 2%,The Vanguard Group 1,5%, Amundi Asset Management 1%...

 Les ventes de LVMH se font à 10% en France, 20% en Europe (hors France), le reste s’effectuant en Asie et aux Etats-Unis.

 Il est maintenant possible de cerner ce qu’est le nécessaire, ce qu’est le superflu !

 EDF existe depuis maintenant près de trois quarts de siècle. L’entreprise est de type socialo-marxiste selon les propres dires de M. Arnault. Pourtant c’est elle qui a le plus souffert de mesures purement idéologiques pour se conformer aux directives sur la modernisation et au développement du service public de l’électricité par une succession de lois édictées entre 1999 et 2011. La concurrence libre et non faussée régulée par le marché devait se substituer à sa mission de service publique.

 Les dirigeants d’EDF ont des formations techniques d’ingénieurs adaptées pour conduire une entreprise qui se donne pour but de fournir à tous une ressource irremplaçable, l’énergie électrique (l'électricité représente un quart de la consommation totale d'énergie). Le président d’EDF est nommé par le gouvernement en place ce qui introduit un coin idéologique au sein même de l’entreprise. Les problèmes qui se posent à l’entreprise ne devraient pas avoir grand-chose à voir avec les tumultes politiques omniprésents dans les médias, ce qui n’est pas le cas. 

 Si EDF s’adresse à tous sans aucune distinction, ce n’est pas le cas du luxe.

 Le luxe contribue tout au contraire à traiter les consommateurs en confortant leur statut social : l’apport d’image d’un article de marque doit  symboliquement hausser le consommateur au delà de sa condition sociale. L’onéreux, l’exclusif, le raffiné, le rare, l’ostentatoire permettent de séparer une certaine élite du commun des mortels. Bien entendu, le luxe c’est aussi la certitude d’une qualité irréprochable, la mise en valeur de l’artisanat, le maintien des traditions.

 LVMH est en charge de donner le sentiment de pouvoir posséder un produit unique, que les autres n’auront jamais, fait sur mesure, d’une beauté inégalable. Le luxe ne souhaite pas gommer les inégalités, il en vit. Il ne s’adresse qu’aux minorités fortunées du monde entier en rêvant de donner le la sur la planète entière. Le ‘haut de gamme’ prend le relais du luxe pour les moins bien nantis qui aiment cependant manifester leur appartenance à des happy few. Les produits de série découlant du secteur luxe permettent aux plus modestes de rêver. 

 Si on voit mal ce que ferait une entreprise comme LVMH dans le secteur public, on a la même difficulté à penser qu’EDF puisse survivre dans le secteur privé, l’une se préoccupe du nécessaire pour tous, l’autre du superflu pour quelques uns. Les préoccupations sont différentes, les cahiers des charges n’ont rien à voir, les obligations morales sont parfaitement disjointes. Inclure plutôt qu’exclure, c’est ce qui sépare le nécessaire du superflu, impérativement, sans compromis possible.

 Que se passe-t-il si les entreprises du nécessaire rejoignent le giron des entreprises du superflu ? Alors le nécessaire devient lui aussi très inégalitairement réparti. En témoigne les quelques 300 000 personnes privées de logement en France, les entreprises multinationales pharmaceutiques qui consacrent plus de dépenses au marketing qu’à la recherche et développement, la dévastation du domaine agricole au profit du profit, une technologie indispensable à toute transition écologique qui se perd dans les hors-la-loi du marché, la vérité même qui se perd dans les vraisemblables, les ‘on dit ‘, les ‘il paraît que’…

 

* UDSR : Union démocratique et socialiste de la Résistance

 


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27 réactions à cet article    


  • Arogavox 17 janvier 19:40
    « Nul n’a droit au superflu tant que chacun n’a pas le nécessaire »

     Un salaire de surhomme est-il nécessaire à qui prétend se vouer au service public et bénéficie déjà du privilège de pouvoir le faire avec des moyens publics réservés à une aristocratie ?
     ( Un mercenaire qui conditionne son action à la hauteur de sa rétribution peut-il, en même temps, et en plus, exiger d’être honoré comme quelqu’un de dévoué ?)


    • Jacques-Robert SIMON Jacques-Robert SIMON 17 janvier 20:17

      @Arogavox
      Votre proposition est exacte, mais elle ne fut jamais appliquée. Ce qui ne veut pas dire qu’il ne faut pas essayer.


    • Arogavox 17 janvier 20:42

      « EDF s’adresse à tous sans aucune distinction »
        Certes. Mais les choix et investissement publics réalisés par EDF concernent aussi tous les Français !

        

      Voir le discours à Polytechnique de Juan Branco, « la République ne vous appartient pas »
      dont ce passage, entre autres, :
      « Vous pourrez ainsi, comme Anne Lauvergeon, cousine normalienne mais ayant accédé comme certain d’entre vous le feront au corps des mines, détruire une entreprise publique, faire disparaître 2,8 milliards d’euros d’argent public en une affaire impliquant des rétrocommissions – l’affaire Uramin – provoquer le licenciement de plus de 2000 personnes, dévaster la filiale nucléaire de votre pays, impliquer votre mari dans une affaire d’abus de biens sociaux, et, sans à aucun moment être véritablement inquiétée, vous voir nommée dans la foulée au conseil d’administration d’ENGIE.

      Vous pourrez, plutôt comme Bernard Arnault, subir un redressement fiscal de plus d’un milliard d’euros, sans ne jamais craindre que la prison puisse un jour vous concerner. 
       ... etc, etc ...
        »


    • JC_Lavau JC_Lavau 17 janvier 21:11

      @Arogavox. Intouchable et vénérable, puisqu’elle menait la guerre sexiste dans sa boîte AREVA contre tous les mâles blancs.
      https://www.dailymotion.com/video/x1onbab


    • Jacques-Robert SIMON Jacques-Robert SIMON 18 janvier 07:53

      @Arogavox
      Il est inadmissible que ce soit le gouvernement qui nomme le dirigeant d’EDF, ce fut le cas de Mme Lauvergeon par Dominique Strauss Kahn.


    • lloreen 20 janvier 11:32

      Mise en application en France du « Droit des Peuples à disposer d’eux-mêmes » décidé par l’ONU Pétition : https://conseilnational.blogspot.com/...

      https://www.youtube.com/watch?v=5yVSGj0UEA8


    • Arogavox 17 janvier 19:53

      Prenons la question des collectes de données visant à un service escompté :

      est-il apolitique de décider des données nécessaires et des données superflues ?

        

      Faut-il laisser aux seuls polytechniciens le soin de débattre et de trancher ce propos de Richard Stallman :

      « Il y a tellement de façons d’utiliser les données d’une manière préjudiciable pour les individus que la seule base de données sûre est celle qui n’en aura jamais collecté.
      C’est pourquoi, au lieu de l’approche européenne qui consiste seulement à réguler comment les données personnelles peuvent être utilisées (avec le Règlement Général de Protection des Données ou RGPD),
       je propose une loi qui interdirait aux systèmes de collecter les données personnelles.

      La manière la plus efficace d’arriver à ce résultat, sans que cela puisse être contourné par un gouvernement, est de poser en principe qu’un système doit être construit de manière à ne pas collecter de données sur une personne.
       Le principe fondamental est qu’un système doit être conçu pour ne pas collecter les données s’il peut remplir ses fonctions principales sans recourir à celles-ci. »


      • Jacques-Robert SIMON Jacques-Robert SIMON 17 janvier 20:20

        @Arogavox
        Il faut se rendre compte que la collecte de données est le but principal des activités actuelles. Très probablement, il faudrait l’interdire complètement, mais tout le système qui se met en place s’effondrerait.


      • Arogavox 17 janvier 21:03

        @Jacques-Robert SIMON

         « remplir ses fonctions principales sans recourir à  » une collecte de données personnelles ... cela me paraît plus nuancé que renoncer à toute collecte de données.

         Par exemple, pour identifier un but principal plus proche de la Volonté Générale, ne serait-il pas intéressant de collecter les voeux (votes / pondérations ...) anonymement exprimés par chaque citoyen ? ...
          Laissera-t-on aux seuls polytechniciens le soin d’inventer et choisir les techniques permettant une telle collecte ? (Les prétendus cahiers de doléances improvisés dernièrement par nos « élites » sont-ils réputés concluants ? ...)
          
         Entre autres, dans le cadre d’une telle collecte, à rendre anonyme, les choix techniques cruciaux suivants sont-ils apolitiques :
          protocoles d’échanges synchrones ou asynchrones ?
          utilisation ou pas de blockchain ?
          utilisation ou pas de bases de données ?
         ...


      • Jacques-Robert SIMON Jacques-Robert SIMON 18 janvier 07:54

        @Arogavox
        En simplifiant, les polytechniciens se trompent moins souvent que les politiques.


      • Arogavox 18 janvier 11:43

        @Jacques-Robert SIMON
         Question de croyance.
         Existerait-il un absolu qui permette d’établir qui se trompe (de façon réflexive ou pas) ?
         Si l’on prétend à un objectif démocratique, reste à savoir si l’objectif visé par la Volonté Générale a été plus ou moins visé, et atteint. 
        Si des mesures ou évaluations démocratiques (au sens étymologique) de cette volonté générale ne sont pas tentées, ou bien si elles ne sont conduites et traduites que par des zélites en situation de juge et partie, pas difficile d’imaginer qui trompe qui !

         L’actualité témoigne d’élites intransigeantes avec les erreurs ou fautes d’une plèbe que l’on n’hésite pas à laisser éborgner dès le moindre faux pas en dehors des clous, tandis que les gabegies et impasses provoquées par des fautes d’aiguillages ’techniques’ ne sont pas honnêtement mesurés : par conséquent ni analysés ni sanctionnées.
          Doit-on laisser à une aristocratie ’technique’ le privilèges d’apprendre de ses erreurs ?  D’autant que des privilégiés, trop protégés finissent forcément par ne plus savoir reconnaître leurs erreurs (quand ce ne sont que des erreurs).

         La technique permet un masquage de complexité dans l’usage des outils recherchés par le grand nombre. Mais ce masquage de complexité ne doit pas rester un prétexte à masquer les enjeux techniques, et le pouvoir politique caché derrière les décisions ’techniques’.
        Le rôle d’une élite n’est pas de pêcher le poisson pour le bas-peuple, mais d’aider la population à apprendre des erreurs et d’une expérimentation propre qu’elle ne saurait déléguer, pour construire elle-même les cannes-à-pêche dont elle a besoin.
          Ne pas voir cela serait la plus grave façon de « se tromper » 

         


      • Jacques-Robert SIMON Jacques-Robert SIMON 18 janvier 13:26

        @Arogavox
        Il y a une définition du progrès, elle est associée au niveau de complexité de la société et de la division du travail qu’il implique.
        Pour ce qui concerne les problèmes techniques, il serait plus sage de laisser les techniciens décider, les autres solutions sont bien pires. Il est cependant recommandé de vérifier le bien-fondé des décisions. 


      • Arogavox 18 janvier 16:59

        @Jacques-Robert SIMON

         Si notre constitution veut vraiment « un pouvoir du peuple, par le peuple, et pour le peuple » La souveraineté nationale appartenant au peuple , avec « Aucune section du peuple ni aucun individu » ne pouvant « s’en attribuer l’exercice »,
        alors il n’y a aucune légitimité à confier à une caste de ’techniciens’ le ’soin’ de décider de choix techniques hautement corrélés si ce n’est notoirement intriqués aux visées politiques relevant de la Chose Publique devant être assumées civiquement par tous et par chacun !

         J’entends bien la différence entre approche ’artistique’ et approche ’scientifique’ telle que l’évoquait un Claude Bernard par ces mots : 
          « l’art c’est moi, la science c’est nous ».
         Mais, cette citation a le mérite de ne pas opposer des gens, mais seulement les types d’approche dont ils sont capables.

        Vérifier le bien-fondé des décisions politiques et techniques, ne devrait pas se limiter à une action préventive : pour que tout le monde puisse tirer des enseignements constructifs des expériences passées il serait bon que les ’techniciens’ autant que les ’politiques’ aient la présence d’esprit d’analyser publiquement, avec tout le peuple, et de détailler itou, leurs erreurs passées.
         ...


      • Jacques-Robert SIMON Jacques-Robert SIMON 18 janvier 17:17

        @Arogavox
        Malheureusement, il est difficile d’être honnête et facile de ne pas l’être. Dans les débats auxquels j’assiste, ce sont les habiles qui l’emportent, pas ceux qui ont raison. J’aurais donc plus confiance au GIEC qu’aux assemblées populaires.


      • Arogavox 18 janvier 17:26

        @Jacques-Robert SIMON
        Quant à l’idée d’un progrès et d’une ’division du travail’ ... l’expérience factuelle du Français de base permet à chacun de s’en faire une religion.

         Voici une note, confiée au WEB sous l’ancien règne d’un certain Sarkosy, et dont pas une seule virgule n’est a changer aujourd’hui :
        ( et on peut associer bien des ’techniciens’ au cas des ’hommes politiques’)

        "Si ces ’hommes politiques’ n’ont pas honte, une majorité de citoyens auront honte d’un pays entretenant de tels représentants !


        ... car l’hypothèse d’une bêtise hypocrite est la plus optimiste !
        Elle n’est pourtant pas la plus naturelle.

        Quiconque croit ses compatriotes français capables d’humilité, voudra croire qu’ils ne mettent pas en doute les capacités intellectuelles de leurs hommes ’politiques’.

        Mais, dans ce cas, quand ces Politiques nous font l’affront de désigner les Français comme des fainéants, comme des incultes à qui il faudrait sans cesse ’faire de la pédagogie’, des naïfs que l’on peut noyer dans des rhétoriques à deux sous,
        ... pourquoi se priver d’envisager une seconde hypothèse :
        l’intelligence n’empêche pas le cynisme, la trahison, la perversité ! 

        Comment se fait-il - que ce soient ceux dont la fortune personnelle s’accroît qui désignent comme des tricheurs ceux qui s’apauvrissent inexorablement ? 
        - que ceux qui, de façon récurente, faussent compagnie à leurs anciens maîtres ou ’amis’, prétendent donner des leçons de savoir-vivre à ceux qui restent attachés à leurs racines, à leur région, à leur famille ?
        - que ceux qui traitent les ’naïfs’ de paranos, soient ceux qui sont si hargneux quand ils ressentent le moindre manque de déférence ?

        ... et si ... ? !
        et si les donneurs de leçons avaient au contraire une stratégie à long terme bien préméditée ?
        du genre : 
        - provoquer la ’masse’ pour évaluer ses mécanismes de défense, son seuil critique de rupture, 
        pour identifier, neutraliser (ou retourner) ses points forts de résistance,
        - provoquer la ’masse’ pour la diviser,
        - provoquer la ’masse’ pour s’assurer qu’On est bien les-plus-forts-donc-les-plus-méritants, et pour ’passer en force’ le moment venu
        - provoquer et narguer la ’masse’ pour l’user, l’affaiblir,
        et pour ensuite s’imposer à elle en maître absolu ;
        - voire :
        pour en faire une main d’oeuvre bien domptée, que l’on pourra vendre ensuite au plus offrant ?
        ou bien encore, de la chair à canon, en prévision d’on ne saurait imaginer quel futur juteux confit ? ...



        « L’Histoire est un éternel recommencement » disait l’historien grec Thucydide

        "


      • Jacques-Robert SIMON Jacques-Robert SIMON 18 janvier 18:27

        @Arogavox
        Votre texte est à la fois intéressant et particulièrement d’actualité.


      • Julot_Fr 18 janvier 16:10

        Il nest pas possible de laisser une entreprise privee en situation de monopole. Sans vivre en France, il me semble que la facture de gaz en augmentation constente est une bonne illustration. Apres vient le probleme de la prise de controle de l etat par les banques (du au controle prive de la monnaie) resultant dans la destruction de la polique publique autrefois dans l interet des gens.


        • Jacques-Robert SIMON Jacques-Robert SIMON 18 janvier 17:14

          @Julot_Fr
          Les GAFA chacune dans leurs domaines ont un monopôle quasi-mondial. Que fait-on ?


        • Arogavox 18 janvier 18:17

          @Jacques-Robert SIMON
            au minimum, quand un maire de Lyon prétend établir, dans le dos de la BNF et autres bibliothèques d’Europe, un « partenariat » avec un de ces GAFA pour faire numériser le patrimoine public, on n’attend pas qu’il finisse par se casser les dents au sommet des responsabilités de l’Intérieur, pour se rendre compte du danger qu’il y a à déléguer le pouvoir citoyen à une infaillibilité pontifiante zélue-zélite !


        • Jacques-Robert SIMON Jacques-Robert SIMON 18 janvier 18:29

          @Arogavox
          Il faut en effet faire un choix de société, clairement et définitivement.


        • Arogavox 18 janvier 18:46

          @Jacques-Robert SIMON
           ... et apprendre à ramener sa fraise, sans attendre qu’on vous le demande.

          « Pour savoir qui vous dirige vraiment il suffit de regarder ceux que vous ne pouvez pas critiquer. » 
           Voltaire


           Intéressant d’appliquer cette astuce lorsqu’on hésite entre :
            les Politiques (ou politiciens)
            les militaires (ou forces de l’Ordre)
            et les Techniciens et Sachants estampillés (par la République ; ou par d’autres instances ’dans la place’)
          ...


        • Zozo canal histrionique 18 janvier 18:51

          @Arogavox

          Voui voui voui Carlito.

          Mais toi, one of THE synthèses, peux-tu me dire right now si ma CB va marcher pour acheter du 3 rivières chez P&T ?????


        • Jacques-Robert SIMON Jacques-Robert SIMON 19 janvier 08:34

          @Arogavox
          Je ne suis pas certain que votre citation soit de Voltaire. Cependant, la démarche est la bonne. Personne n’hésite à critiquer les politiques, les militaires ou les techniciens, vous devriez chercher ailleurs.


        • Arogavox 20 janvier 11:23

          @Jacques-Robert SIMON
          un ailleurs non critiqué  ?
            les riches ou hyper-riches ? 
            les banquiers et leurs suppôts économicistes ?
            les multinationales ? ou GAFA ?
            les sectes plus ou moins secrètes ?
            les gourous ou les religions ?
            Dieu ?
            moi-même ?
           De quelle façon, et avec quelle conséquences ces candidats seraient-ils plus ou moins non critiqués ? (à qui ou à quoi imputer les yeux crevés, le déni social, l’arrogance qui fait taire)


        • Robert GIL Robert GIL 19 janvier 08:26

          justement, il est temps de transformer en profondeur la gestion du bien et des services publics :

          http://2ccr.unblog.fr/2020/01/18/socialisons-les-biens-communs/

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