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Quand France Culture parle à l’oreille des canards sauvages (journal de 7 H du 25/04/19)

Oh là là. Les services secrets de l’Estonie nous avertissent. La Russie influence, va influencer en les manipulant les réseaux sociaux, les médias durant la campagne européenne. L’Allemagne, la France, l’Italie sont particulièrement visées. Ce méchant pays quand même un peu diabolique et cynique cherche à favoriser tous les populismes pour paralyser le fonctionnement des institutions européennes. Pourquoi ? Parce que les forces politiques populistes sont en dehors de l’influence des forces dominantes qui ont fait, font fonctionner l’UE que nous connaissons et qui elles sont bien résolues à se perpétuer. Les populistes étant ici tous ceux, confondus ensemble, qui ne se reconnaissent pas dans le libéralisme économique version conservatrice, néolibérale ou social-démocrate. Force de la propagande. La dynamique droite gauche vient d’être escamotée de manière quasi incognito au passage.

Merci de nous prévenir. Nous avions déjà bien compris les responsabilités des forces dominantes et leur projet. Reprendre à leur compte les critiques de fond apportées contre elles avec véhémence, persévérance et impatience par les peuples de l’Europe ( ici peuples s’entend par tous ceux qui ne peuvent se faire entendre et représenter par des institutions si démocratiques et sophistiquées qu’elles transforment un non en oui quand cela les arrangent). Les dissoudre ensuite dans des changements cosmétiques et progressifs en laissant le temps aux intérêts menacés de se réorganiser et en comptant bien que ceux qui ne sont pas d’accord vont s’épuiser.

Pas de chance. Ceux que l’on prend pour des canards sauvages savent bien que si les services secrets de l’Estonie parlent à l’oreille des journalistes, le grand frère américain parle aussi à l’oreille de nos compatriotes en OTAN puis en UE depuis avril et mai 2004. Ils savent également que jamais au grand jamais ce grand frère ne se mêlerait de surveiller et influencer les médias ou les réseaux sociaux et téléphoniques, d’interdire le commerce avec tel ou tel voire de déclencher une guerre à partir d’informations fausses relayées par les médias.

La Russie est-elle un pays dont on peut s’inspirer, envier le mode de vie et les institutions démocratiques ? Sûrement pas. Peut-on lui reprocher de ne pas s’être reconnue quand Bill Clinton exhibait un Boris Eltsine et ses plaisanteries alcoolisées sur la scène mondiale et riait de bon cœur ? Peut-on lui reprocher de s’inquiéter quand, contrairement à la promesse faite sous Gorbatchev puis Eltsine, l’OTAN a encerclé son territoire alors que son budget militaire est la moitié de celui de l’Arabie Saoudite ? La Russie comme chaque pays qui en a les moyens et la volonté cherche à se protéger et protéger ses intérêts. Elle est aussi manifestement utile. Comme ennemi désigné dont il faut se prémunir à ceux qui ont du mal à trouver en leurs propres actions et résultats leur légitimité.

Les canards sauvages voudraient juste que l’on s’adresse de préférence à leur intelligence, qu’on les informe correctement pour qu’ils puissent réfléchir, avoir envie de connaître les arguments de ceux qui ne sont pas d’accord avec eux, se forger une opinion et partager le goût de la controverse et du savoir. Ce que procure le plus souvent France Culture qui est une radio exigeante et de grande qualité. Il s’agit visiblement ici d’une petite séquence de propagande qui reprend les éléments de langage mis au point dans les laboratoires de l’Elysée et disséminés dans les annexes ou chez leurs correspondants dans les médias. Peut-être un gage qu’il fallait donner, une assurance à prendre. Une consigne que l’on ne peut pas constamment contourner et dont on se libère ainsi.

Ce terme de canards sauvages fait référence bien sûr au film « Faut pas prendre les enfants du bon dieu pour des canards sauvages » de Michel Audiard sorti en 1968. J’ai voulu éviter ainsi de recourir à un vieux mot de la langue française populaire mais beaucoup plus trivial qui n’aurait pas été en harmonie avec la belle langue pratiquée sur les ondes de France Culture.


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1 réactions à cet article    


  • samy Levrai samy Levrai 26 avril 17:49

    Il va falloir nettoyer les écuries d’Augias, ca pue depuis trop longtemps.

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Auteur de l'article

Octave Lebel


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