• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Tribune Libre > Quand je serai grand je ne veux pas être vieux !

Quand je serai grand je ne veux pas être vieux !

 

Le Vieillissement de la population : un enjeu de société

 

Contexte  :

 Entre aujourd’hui et 2050, le nombre des personnes âgées de plus de 60 ans augmenterait dans les pays développés environ de 20 à 33% de la population totale. Ainsi en 2050, en France, les plus de 75 ans devraient représenter plus de 11 millions de personnes. Peut-être ferez-vous parti de cette tranche-là ? Quoi qu’il en soit, il est plus qu’urgent de se questionner sur ce phénomène démographique sans précédent qui impactera sans aucun doute nos modes de vie.

Une volonté politique est de favoriser le maintien à domicile conformément au souhait des personnes âgées, mais comment peut-elle se concrétiser compte tenu du nombre que représentera cette catégorie d’âge en 2050 ? Quels sont les enjeux du vieillissement pour un département ? Comment les acteurs politiques, professionnels et usagers peuvent-il se projeter vers 2050 ?

En 1962, le rapport Laroque posait déjà une question fondamentale pour nos aïeux :

« Quelle place peut et doit être faite aux personnes âgées dans la société française d’aujourd’hui et, plus encore dans celle de demain ? »

 Des années ont passé sans pour autant prendre la mesure et la portée de ce "demain", alors qu'en est-il ? Pour apporter des réponses à cette question aux enjeux sociétaux, il est nécessaire de poser un regard différent que celui que nous posons actuellement par rapport au vieillissement de la population. La notion de place ne se résume pas bien évidement à celle qui nous attendrait dans un EHPAD ou autre. Non la question est plus large, plus profonde, il faut voir plus loin et prendre des risques, les principes même d'une approche prospective afin d'envisager des scénarios viables, réalisables et vivables. Cependant, soyons prudents aussi bien dans nos analyses que dans nos actions susceptibles d'être porteuses de changement dans la société notamment en légiférant et légitimant des dispositifs, des systèmes, des fonctionnements "normatifs". Le plan « Bien vieillir » illustre cette tendance à "normer" ces attitudes et ces comportements dans un groupe social défini. En effet nous évoluons dans une ère où le clientélisme est roi. L’obsession du « bien paraître » (ou par être) en toute circonstance, influence également nos désirs, envies, ainsi que nos projections du vieillissement. Dès lors, après s’assurer de « bien vivre » nous devons « bien vieillir ». De la même manière que de "bien manger" il est impératif de "bien vieillir " et pourquoi pas, "bien mourir" en société. Or cette pression sociale aussi bienveillante soit-elle, questionne en premier lieu la cellule familiale. Quel que soit l’endroit où vieillit la personne âgée, le rôle de la famille et/ou de l’institution est une composante incontournable dans l’évolution, la gestion et l’accompagnement de la personne à sa fin de vie. Par conséquent, le maintien à domicile tant souhaité nécessite irrémédiablement des investissements humains, organisationnels, familiaux et/ou institutionnels et inévitablement financiers. Le fait qu'une partie non négligeable de la population française est soit en position aidant ou aidé ajoute un poids à la structure familiale. Sachant que les aidant(e)s d'aujourd’hui seront les aidé(e)s de demain. Comment la famille supportera-t-elle cette pression sociale ? Comment les générations futures percevront-elles et traduiront-elles leur rôle d’aidant ? De nos jours au nom d'un système économique impitoyable, les professionnels du secteur s'efforcent d'éviter de tutoyer "une maltraitance institutionnelle" conséquence d’une organisation et un fonctionnement dictés par une rigueur budgétaire intransigeante. Un système socio-économique quel qu’il soit repose sur du "vivant" mais ce vivant vieillit et meurt également. Peut-être que nos décideurs politiques ont oublié dans leur choix et leur tendance cet état de fait, mais quoi qu'il en soit il est urgent de savoir comment et dans quelles conditions nous souhaitons nous préparer à ce "tsunami" démographique qui se profile à l'horizon 2050.

Quel territoire de vie pouvons-nous imaginer en 2050 pour une personne âgée ? Prenons par exemple un département comme le Loiret. Comme beaucoup de départements en France, le département du Loiret a une population vieillissante avec 3% de personnes âgées de plus de 85 ans. Selon l’INSEE en 2030 cette population devrait doubler. La fondation Alzheimer projette également une augmentation de 70% des personnes atteintes de démences. Comme observé dans les EHPAD actuellement, ces maladies ne font que croître au sein de la population accueillie. Ce vieillissement démographique assujetti à des risques de grande dépendance impacte l’environnement de la personne âgée, en d’autres termes, son territoire de vie.

 D’un point de vue démographique la progression de la population dite « séniors » augmente plus rapidement dans le Loiret qu’au niveau national. Ce phénomène de vieillissement de la population pose des questions relatives à l’adaptation des logements et à l’environnement du territoire de vie de la personne âgée. Les projections départementales de l’INSEE estiment que d’ici 2040 une personne sur quatre, soit 25% dans le Loiret, sera âgée de 65 ans et plus contre 18% en 2013. Toujours dans les estimations, les plus de 75 ans représenteraient 15% de la population totale loirétaine contre 9% actuellement. Les causes principales proviendraient de l’allongement de l’espérance de vie ainsi que des générations du « baby-boom ».[1]

 Compte tenu de l’aspect démographique dans les années à venir, comment le département peut-il faciliter l’adaptation de la société au vieillissement ?

Ce vieillissement accru de la population questionne le développement économique et interroge la viabilité des projets à concevoir pour le futur. Nous écartons la « silver économie » à notre réflexion, car un projet de vie quel qu’il soit ne peut se mesurer, selon nous, essentiellement à une finalité mercantile et lucrative. Même si des créations peuvent produire de la richesse et répondre à des besoins de la population, nous pensons avant tout qu’il appartient au territoire local de se saisir de ces questions davantage d’ordre sociétal que commercial. Dans cette perspective, le Conseil Départemental doit faire face au vieillissement de sa population en prenant en compte des paramètres incontournables comme : l’économie, la santé, la vie sociale, l’habitat, le transport au sein du territoire de vie de la personne âgée.

De ce fait, quels sont les enjeux économiques, sociétaux, politiques du vieillissement dans un département en France ? Comment le Département envisage-t-il d’organiser le territoire ? Quels seraient les points de rupture sociétaux à identifier ?

Site de l’INSEE, dossier complet sur le département du Loiret. www.insee.fr

 

[1] Le baby boom est une augmentation importante du taux de natalité dans certains pays, de 1946 à 1960.


Moyenne des avis sur cet article :  2.5/5   (6 votes)




Réagissez à l'article

14 réactions à cet article    


  • jacques 9 juillet 2021 15:59

    On ne vas pas se féliciter de l’augmentation de la durée de vie et se plaindre qu’il y ait de plus en plus de seniors.


    • Clark Kent Lampion 9 juillet 2021 16:06

      @jacques

      é ben si, tu vois !
      c’est ça, la pensée complexe du ’en même temps" !


    • microf 9 juillet 2021 16:46
      Avec une telle loi sur le droit d´avorter, l´Europe est vraiment mal parti.
      Mais il faudrait peut être que l´Europe tombe si bas... les migrants seront majoritaires grâce á une telle loi, et ces migrants aboliront de telles lois, après quelques années, il y aura un boom démographique, et tout rentrera dans l´ordre.

      24 Jun 2021 ... Le Parlement européen a adopté jeudi un rapport exhortant les Vingt-Sept à garantir l’accès des femmes à l’avortement, objet de lois très ...


      • jacques 9 juillet 2021 18:23

        @microf
        je ne sais si c’est HS mais avant le droit à l’avortement il y avait l’avortement sur la table de cuisine avec des aiguilles à tricoter.... Dans chaque villages il y avait des ’faiseuses d’anges’.


      • sirocco sirocco 9 juillet 2021 18:41

        @microf

        Les migrants sont déjà majoritaires en matière de naissance dans la plupart des régions françaises (à Mayotte, ça doit être du 9 contre 1...)
        Si le droit à l’avortement n’existait pas, ça ne changerait rien à rien.
        Le Grand Remplacement n’est pas une simple vue de l’esprit.


      • microf 9 juillet 2021 22:00

        @sirocco

        En termes de naissances peut être, mais pas encore en terme de population. Lorsqu´ils seront majoritaire en terme de population, ils prendront des mesures d´abord en abolisant l´avortement, et en exigeant par exemple que chaque famille en France aie au moins 4 enfants, et comme se sera une loi, la démographie va se relever, j´attends avec impatience ce moment que j´espère vivre avant de mourir.


      • microf 9 juillet 2021 22:05

        @jacques

        L´avortement il y aura toujours, mais en faire une loi est autre chose, c´est ouvrir la voie á un holocauste.
        Si vous comptiez le nombre d´enfants qui ont été avortés, et que ces enfants pouvaient revenir, ils pourraient remplir la France, car ils se comptent par millions.


      • alinea alinea 9 juillet 2021 18:30

        Je me suis accrochée, mais j’ai trouvé ça très creux !

        Le peu que j’ai capté m’énerve parce que c’est prendre les choses comme figées et qu’on n’est pas tous vieux de la même manière, sans compter que naguère les vieux, comme les enfants, faisaient partie de la vie, et qu’aucun problème spécifique ne provoquait d’article qui n’en résout aucun !

        On n’a qu’à, faut qu’on, réintégrer les jeunes, les vieux les handicapés à la vie en société, à notre vie privée, et ne pas continuer de les fourguer à des professionnels dans des bâtiments de béton immondes.


        • xana 10 juillet 2021 12:44

          Pendant ce temps, de jeunes connards nous reprochent de « coûter trop cher à la société ».

          Ces imbéciles n’ont pas remarqué que nos retraites ont été payées D’AVANCE par nous-mêmes, et « confisquées » par les caisses de retraite en nous promettant de nous les rendre, peut-être...

          Mais il faut comprendre : Qui n’a jamais travaillé ne sait pas encore ce que sont les « prélèvements obligatoires »...


          • zygzornifle zygzornifle 10 juillet 2021 14:04

            Heureusement qu’il y a des personnes âgées avec une retraite pour nourrir tous les Tanguy, j’ai 2 enfants majeurs qui vivent a mes crochets, je les appelle mes sénateurs et ils ne sont pas prêts de partir, ils bossent les 2 mais comme les loyers , l’eau, l’électricité et les assurances sont hors de prix je les aurais jusqu’à mon dernier souffle, heureusement on leur a appris les bonnes valeurs et je n’ai jamais eut de problèmes avec eux par contre il ne faut pas leur parler des politiques  ...


            • nemesis 12 juillet 2021 09:51

              A moyen terme, je vois 2 possibilités à l’horizon :

              la débâcle de l’écosystème pour l’espèce humaine,

              moins pire, finir en croquettes pour les affamés de la Terre ( « Soleil Vert »),

              finir en Planète des Singes

              Ce que je ne vois pas :

              la menace d’un météore,

              le retour du Messie dans la Terre Promise ( mais, ce ne sera que pour les Amis de BHL, Rotchild et tutti quanti...),

              un miracle sans discrimination...

               smiley


              • xana 12 juillet 2021 11:45

                @nemesis
                Quant à moi, j’ai cessé de me poser des questions auxquelles il est impossible de répondre.
                Je ne crois pas dans le marc de café ni dans les boules de cristal (sauf dans Tintin).
                Et d’ailleurs, l’avenir de l’humanité ne me passionne pas.


              • nemesis 12 juillet 2021 16:37

                @xana

                Et d’ailleurs, l’avenir de l’humanité ne me passionne pas.

                Par souci de cohérence, ceux qui pensent ainsi refusent de procréer.


              • Petite lacune de merd2 du système de vaxxination .

                Un médecin a le droit de se vacciner lui-même mais le médecin met la dose de

                vaccin dans les chiottes ( ce geste est honorable mais un peu lâche) puis il se

                remplie son attestation de vaxxination bénéficiant de tout, sans se pourrir la vie ,

                n’est ce pas m’sieur Macron . .

                Les personnels soignants et le citoyen lambda n’ont pas cette liberté .


Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON

Auteur de l'article

Guival


Voir ses articles



Publicité



Les thématiques de l'article


Palmarès



Publicité