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Accueil du site > Tribune Libre > Quand l’université ne fait plus école

Quand l’université ne fait plus école

Quand l'université gâche les éliites

C’est un peu l’histoire de la grenouille qui voulait se faire plus grosse que le bœuf.

Je n’imaginais pas que des profs auraient pu faire tant de dégât !!

Avant d’avoir connu ces enseignants-chercheurs qui dispensent un savoir descendant.

J’avais oublié que le système éducatif puisse être aussi répressif.

Je n'aurais jamais cru qu’ils puissent nous dénigrer autant

Si je n'avais pas vu ce vieux prof, en amphi.

En France le système éducatif se veut égalitaire mais élitiste. Egalitaire parce qu’au fond on aime bien l’idée républicaine qui consiste à imaginer un ascenceur social pour tous. Et élitiste, parce qu'au fond, on préfère embaucher les meilleurs que les médiocres. Les meilleurs, il faut les former pour qu’ils dirigent nos entreprises.
Pour former ces élites, le système français a traditionnellement recours aux grandes écoles d’ingénieurs, de managmenet, les instituts de sciences politiques, l’ENA, les écoles normales supérieures.
L’université, elle, acceuille généreusement tout le monde ou presque, sans sélection, ou presque.... Elle fait mine de en tout cas.

Certaines universités ont choisi de sélectionner et ont rejoint le cercle très fermé des grandes écoles. Elle sont reconnues par la CGE, comprenez conférence des grandes écoles. Sans mention très bien, point de salut. Les élèves sont triés sur le volet. Le système est d'ailleurs hors APB…

Dans ces universités, les professeurs, sont recrutés comme ailleurs. La plupart sont maitre de conférences ou professeurs des universités. La crème de la crème. De brillants étudiants qui après l’obtention d’une thèse bien souvent avec les félicitations du jury, sont qualifiés par leurs pairs, à svoir le CNU (conseil national des universités). Ils ont ensuite réussi le concours de maitre de conférence, souvent biaisé d’ailleurs car fonctionnant par cooptation mais tel n’est pas ici le débat.
Bref, ces élites de profs sont censés ensuite former des élites d’étudiants qui deviendront des capitaines d’industrie. A moins que le bateau ne fasse naufrage… Certaines L1 affichent un taux d'échec à 70%. Comment est-ce possible ? Comment des enseignants, qui disposent des plus brillants étudiants en post-bac, peuvent-ils les mener à l’échec ? Le système éducatif est censé tirer vers le haut. Ces universités qui se prennent pour des grandes écoles tirent vers le bas visiblement, obligeant les plus brillants bacheliers à se réorienter en cours de licence.

Elles se targuent de labels, d’embaucher les meilleurs chercheurs internationaux. Ces critères académiques ne conduisent en rien à améliorer les performances des étudiants et ne contribuent pas à former de bons professionnels.

Former c’est accompagner, aider, motiver, fédérer, faire comprendre, faire apprendre, ce n’est pas sanctionner par une note ou classement infantilisant. Certaines universités ont cru pouvoir jouer dans la cour des grands mais ont oublié de réformer leurs méthodes et le corps enseignants. Grave erreur stratégique dont elles pourraient dans un avenir proche payer un lourd tribu.
 


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8 réactions à cet article    


  • adeline 23 juin 10:17

    bourré de fautes et vous critiquez les enseignants ?


    • Allexandre 24 juin 15:10

      @adeline
      C’est vous qui êtes bourrée !! Certes il y a quelques fautes dues certainement à une non-relecture, mais de là à dire que « c’est bourré de fautes », il ne faut pas exagérer. Ce qui est sûr, c’est que cette personne doit être jeune et n’utilise plus la concordance des temps, bien que ce soit le cas en espagnol ou en italien. Mais c’est là tout !


    • Alren Alren 23 juin 11:39

      C’est une idée reçue de penser que les grandes entreprises sont dirigées par des individus d’intelligence très supérieure.

      Les "capitaines d’industrie" dont parle l’auteur de l’article sont comme les « self-made-men » US, une légende pour faire croire au dynamisme social du capitalisme.

      En réalité, comme l’ont amplement démontré M. et Mme Pinson-Charlot, les dirigeants sont recrutés dans une caste rigoureusement étanche où ce sont les fils à papa qui sont désignés pour diriger au profit des rentiers-propriétaires, ceux-ci auto-nommés actionnaires alors qu’ils ne font rien ou investisseurs quand ils spéculent sur le démantèlement de l’entreprise qu’ils ont rachetée avec un effet de levier c’est-à-dire sans en avoir les moyens financiers.

      Ce n’est pas important que ces chefs d’entreprise apparents soient à la limite incompétents, d’intelligence ordinaire comme leurs parents.

      Car le vrai travail est fait par des cadres salariés.

      Les plus efficaces, les plus intelligents en réalité ne viennent pas des écoles de commerce ou de droit, écoles où l’on apprend surtout à duper les clients et les concurrents mais ont fait des études scientifiques sans rapport direct avec la gestion. Le plus extraordinaire est que certain(e)s ont fait, par goût, des études littéraires ou artistiques !

      Le fait que les chefs d’entreprises ne soient que des gens d’intelligence moyenne mais que finalement cela a peu d’importance s’ils ne croient pas être des génies ce qui pourrait alors par des décisions hasardeuses et irréfléchies entraver la bonne marche de leurs entreprises, est particulièrement net pour celles dirigées par les descendants des fondateurs.

      Croit-on que le les qualités des avions Bloch-Dassault des hélices de 1914 au Rafale en passant par le Mirage III soient dues au génie des Dassault ? Croit-on que ce sont les Michelin qui ont fait la qualité légendaire de leurs pneus et ont inventé le pneu à carcasse radiale si révolutionnaire pour la sécurité des automobilistes ?

      Et même sur le plan strictement commercial, les PDG sans leurs « staffs » tous comme les généraux sans leurs états-majors, n’auraient pas les moyens intellectuels d’assurer le succès de leurs entreprise. Carlos Goshn est l’exemple type de cette tendance regrettable de l’être humain de distinguer un individu comme responsable de l’action d’un groupe immense et de lui attribuer sa réussite ... et un salaire disproportionné à son mérité réel !!!

      La conclusion de tout cela est que le génie souffle où il veut et que les esprits les plus brillants ne sont pas attirés par la gestion au quotidien d’entreprise, travail forcément répétitif et donc forcément ennuyeux pour eux, mais par les activités qui mettent en permanence au défit leurs facultés et leur permettent ainsi d’être créatifs. La recherche pure leur convient mieux, surtout dans les domaines où la théorie est primordiale.

      L’Université est obligatoirement faite, comme l’école, le collège, le lycée avant elle pour le grand nombre. Son niveau ne peut pas être celui de ces esprits brillants, hors normes. Ni elle ni les institutions privées.

      Par ailleurs, on sait que les étudiants réussissent d’autant mieux qu’ils ont une haute idée d’eux-mêmes et que particulièrement chez les garçons, la tendance moderne est de se surestimer. C’est pourquoi il y a tant de déconvenues.


      • sleeping-zombie 23 juin 13:53
        Bonjour,Le sujet posé est intéressant, mais certains points ne sont que survolés...

        Ils ont ensuite réussi le concours de maitre de conférence, souvent biaisé d’ailleurs car fonctionnant par cooptation mais tel n’est pas ici le débat...

        il n’y a effectivement aucun concours de maitre de conférence, les universités étant libres de recruter qui elles veulent.

         Egalitaire parce qu’au fond on aime bien l’idée républicaine qui consiste à imaginer un ascenceur social pour tous. Et élitiste, parce qu’au fond, on préfère embaucher les meilleurs que les médiocres.
        Certaines L1 affichent un taux d’échec à 70%. Comment est-ce possible ?

        Avant de cracher sur les profs, il faut peut-être se poser une question : si on veut un système qui permette à tout le monde de tenter sa chance pour devenir « dirigeant », mais qu’on n’a qu’un dirigeant pour 10 exécutants (aucun intérêt d’avoir plus), on a structurellement 90% de « déchets ».
        A une époque, la sélection se faisait au certificat d’étude, puis au baccalauréat.
        Aujourd’hui, le certificat d’étude n’existe plus et le baccalauréat affiche 80-90% de réussite. Alors la sélection se fait plus loin.
        Et si jamais on avait pas le taux d’échec de 70% en L1, le problème ne serait que déplacé, on se retrouverait avec « 70% des diplômés ne trouvent pas de travail ».

        Le problème, c’est tout simplement la connerie inhérente d’une société pensée comme une pyramide, avec une « élite » et des « gueux », qui pousse chacun à vouloir faire partie de l« élite », alors que le nombre de place est structurellement limité...



        • alain_àààé 23 juin 14:15

          oui je suis d accord avec toi ALREN on ne met aux postes des grands chefs d entrprise que les fils a papa qui peuvent investir avec une partie de leur argent mais surtout compté beaucoup sur les subventions de l état.je connais bien 2 enfants qui étaient fils d industriels et dont tout l avenir étaient tracés pour eux : ex les industries sidérurgiques ou ils avaient mis un peu d argent mais dont mendés france,puis DE gaulle etc..subventionnaient la sidérurgie


          • sarcastelle sarcastelle 24 juin 09:02

            J’avais oublié que le système éducatif puisse être aussi répressif.

            .
            La tendance générale est à l’imparfait de l’indicatif : pouvait être aussi répressif.
            La formulation correcte est l’imparfait du subjonctif : pût être aussi répressif. 

            • Alcyon 24 juin 11:28

              On a ici quelqu’un qui a échoué en L1 car, probablement, elle a préféré sortir avec ses potes plutôt que de travailler. Et se plaint qu’elle n’a pas atteint la limite de passage dans l’année supérieure.


              • Allexandre 24 juin 15:17

                Contrairement à ce que dit l’auteur, les « élites » APB vont dans les grandes écoles. Les facs accueillent la cohorte d’élèves ayant obtenu le bac, parfois avec mention, sans comprendre comment cela est possible, vu le peu de travail qu’ils ont fourni au cours du lycée. Mais 92% de reçus en séries générales, il faut les trouver. C’est chose faite. Quant aux élites, je crois que ce terme est de plus en plus galvaudé. Tout a été fait pour détruire les élites et faire « réussir » un petit nombre, insuffisamment cultivé pour s’opposer au pouvoir industrialo-financier. Nous y sommes. Quand les élèves de terminale confondent les deux guerres mondiales, il y a de quoi s’inquiéter. La 3ème qui se prépare va encore compliquer les choses, si jamais on a le temps de pouvoir le faire !

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Auteur de l'article

Sophie Roux


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