• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Tribune Libre > Quand le temps de travail n’est plus qu’un temps (...)

Quand le temps de travail n’est plus qu’un temps d’humiliation…

Le 19 novembre 2012, Olivier Passet a publié une vidéo qui permet de faire le tour des systèmes mis en oeuvre, dans différents pays impérialistes, pour produire de façon continue un sous-prolétariat abondant, corvéable à merci, et toujours en situation d’apparaître comme la sommation de toutes les paresses et de tous les assistanats possibles… Cette anti-société est une part essentielle et exemplaire de ces populations qui souffrent… qui souffriront de plus en plus… et dont on peut désormais se dispenser de dire qu’elles endurent des malheurs qui résultent tout simplement des contraintes induites par la nécessité absolue, en démocratie, d’exploiter l’humain à grande échelle et d’abord à l’intérieur des pays impérialistes eux-mêmes.

Tout en posant le problème général de la durée du temps de travail dans différents pays, Olivier Passet fait très vite un petit pas de côté :
« En vérité, l’enjeu essentiel, ce n’est pas la durée du travail elle-même, mais la manière dont on envisage l’insertion des populations non qualifiées. »

Il n’est pas certain que ce dernier mot soit le bon… Peut-être faudrait-il plutôt dire qu’il s’agit de populations occidentales « disqualifiées ». D’une certaine façon, c’est tout ce qu’il reste chez nous des classes vraiment populaires, c’est-à-dire ouvrières et paysannes, qui se sont saisies du pouvoir en Russie par la grâce de la Révolution d’Octobre (1917), et en Chine (1949) où elles continuent, aujourd’hui encore, à prévaloir dans l’exercice et dans les lignes d’action de la dictature du prolétariat…

Voici donc les quatre modalités selon lesquelles ces vestiges d’un autre temps rejoignent l’abattoir de tous les espoirs, même celui de pouvoir jamais occuper une vraie place dans une société qui est bien contente de s’être débarrassée de tout ce qui a pu ressembler, même de la façon la plus décalée, au « communisme »…
« D’abord, le modèle d’insertion par les petits boulots. La prolifération des temps partiels ultra-courts va permettre d’insérer tout une partie de la population sur des emplois au rabais. On crée une sous-catégorie d’emploi, sans charges et à faible formalité, en dessous d’un certain seuil de salaire (400 euros / mois en Allemagne, 144 £ hebdomadaire au Royaume-Uni).  »

En effet, ce modèle nous vient de très haut… Et puisque le Royaume-Uni n’appartient pas à la zone euro, il faut constater, avec une certaine admiration et un grand respect, que le bon exemple tombe sur la France à partir du pays vainqueur qui paraît devoir s’être installé pour les mille ans que lui promettait le dénommé Hitler :
« Les mini-jobs allemands sont emblématiques de cela. On en dénombre 7 millions… 3 millions en fait quand on tient compte qu’ils s’agrègent souvent à un autre emploi. »

Mais, avec l’Allemagne, ce sont les meilleurs de la classe qui brandissent ce genre d’étendard :
« Comme le montre le graphique, le morcellement de l’emploi est pratiqué par tout le Nord de l’Europe, même si ce n’est pas toujours sous une forme dégradée. »

Passons à la suite :
« Autre solution : la baisse des charges sur les bas salaires associée à une réduction généralisée du temps de travail. C’est la solution française. Le but est d’insérer les non qualifiés sur des emplois stables à temps plein. L’ensemble de la collectivité subventionne l’emploi stable des moins qualifiés. »

Sans doute parce que ce sont des gens qui souffrent… On les aide à travailler… Ce qui paraît être la moindre des choses…

Quant au troisième modèle, il aide à améliorer les statistiques du chômage et de la durée du temps travail… Notons que l’Allemagne se donne les gants de ne pas y paraître à un très haut niveau :
« Vient ensuite, le modèle de l’invalidité : les moins qualifiés inemployables sont purement et simplement rayés de la population active et des files d’attente du chômage et pris en charge par la collectivité. Les champions de ce procédé sont aussi au Nord de l’Europe. »

Et pour finir cette liste…
« L’insertion sous forme précaire. C’est le modèle américain : faible couverture assurancielle, faible rémunération et surtout forte décote salariale en période de récession. »

Ici, on le voit : il est possible de toucher très vite le fond… Et pour les vainqueurs d’un rapport de force qui leur est terriblement favorable, d’atteindre très vite les sommets…

D’un pays impérialiste à l’autre, nous le constatons, il y a donc sous-prolétariat et sous-prolétariat… Quant à la durée moyenne du temps de travail, elle est nécessairement marquée par les diverses modalités d’expression des luttes de classe dans le cadre de l’histoire longue de chacun des pays concernés. Pour sa part, voici ce qu’Olivier Passet veut en retenir :
« Les temps de travail sont très largement la résultante de ces options : En bas de l’échelle, le Danemark, l’Allemagne, les Pays-Bas autour de 1400h / an … pour avoir favorisé la prolifération de petits jobs fragmentés…. Au même niveau, la France pour avoir baissé la durée de tous… Au milieu du classement, la Suède et le Royaume-Uni… Leur usage intensif de l’invalidité modère le recours au partage du travail. En haut de l’échelle, les pays qui optent pour la paupérisation des non qualifiés : Sud de l’Europe et États-Unis… »

Ce qui est clair, c’est que la conscience de classe a complètement déserté cette population perdue dont on voit bien qu’elle navigue à l’aveuglette… sans plus guère pouvoir attendre quoi que ce soit de bien précis…

NB. Cet article est le cinquante-sixième d'une série...
« L’Allemagne victorieuse de la Seconde Guerre mondiale ? »
Pour revenir au document n° 1, cliquer ici


Moyenne des avis sur cet article :  4.5/5   (12 votes)




Réagissez à l'article

2 réactions à cet article    


  • zygzornifle zygzornifle 18 mai 15:30

    Avec la robotique et l’IA galopante on aura du temps pour observer les machines ....


    • Julot_Fr 18 mai 15:44

      Avec leur monopole prive de creation d’argent. Les globalistes (franc macon, banque, multinationales, rostschild) ont carte blance pour tout racheter et creer leur monopolis (amazon, petroliers, grandes surfaces..).. ils faut faire comme Tito.. leur reprendre ce qu’ils nous ont voler et le redistribuer.. fermer les frontiere (comme Trump le fait) pour redemarrer le travail local (fuck la route de la soi)

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON







Palmarès