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Accueil du site > Tribune Libre > Quand les étudiants font des bulles

Quand les étudiants font des bulles

 

Vers une marchandisation des études
                                     Le savoir comme retour sur investissement.
                         Arte a eu la bonne idée de diffuser hier soir un document sur l'évolution de la condition étudiante dans les principaux pays de monde. Un dossier déjà évoqué par ailleurs, mais peu traité en profondeur.

   Une évolution qui laisse songeur et presque sceptique, quand on voit comment fonctionnent aujourd'hui beaucoup d'universités, notamment en Angleterre et aux USA. Sommes-nous à l'abri de telles dérives où la connaissance devient un enjeu essentiellement lucratif ?
  : "Compétitivité, marketing ou retour sur investissement sont des termes qui circulent désormais dans les couloirs feutrés des grandes universités. De Shanghai à New York en passant par Paris et Berlin, la transmission des connaissances devient une marchandise, dans le sillage de "l'économie du savoir". Cette doctrine a été érigée à la fin des années 1990 par les instances financières internationales – OCDE et Banque mondiale en tête. L'enseignement supérieur, reconnu comme un moteur de productivité et de croissance économique, doit se mettre au service du développement des pays. Victimes de ce nouveau système, les étudiants sont contraints d’investir pour apprendre. Ils s'acquittent de frais d'inscription de plus en plus élevés, et s'appauvrissent avant même d'entrer dans la vie active. Aux États-Unis, la dette étudiante a dépassé le coût du logement et de la santé, menaçant l'économie nationale. Les jeunes Européens suivront-ils la même voie ? Si certains pays d'Europe du Nord résistent à cette commercialisation du savoir, considérant l'éducation comme un acquis social, d'autres s'inspirent de plus en plus du modèle anglo-saxon. En France, les établissements les plus prestigieux, comme Sciences-Po et Paris-Dauphine, se sont déjà engagés sur le chemin du payant..."
          Selon l'enquête de Jean-Robert Viallet, "Les universités sont devenues des entreprises, soumises à un modèle libéral, et si le phénomène est encore émergeant en France, observer son fonctionnement et ses répercussions sur les étudiants aux USA, donnés par beaucoup comme un modèle, ou en Grande-Bretagne, permet de comprendre les risques d’un tel système. Plongée, glaçante et instructive, dans un monde en pleine mutation.... Les grandes institutions américaines dominent le monde, par leur prestige, leur envergure, leur attractivité. L’Europe ne peut rester hors jeu et, en mars 2000, propose une déclaration commune, à Lisbonne, centrée sur la volonté de mettre l’enseignement supérieur au service de l’économie et de l’emploi....L’Angleterre est à la pointe de cette volonté de réforme. Le gouvernement de Tony Blair applique le modèle du système privé au service public pour le rendre plus performant, ou, pour le dire en un mot si cher au monde du travail, compétitif. C’est la fin du principe de l’éducation gratuite pour tous, les droits d’inscription dans les facultés anglaises s’envolent : de 1000 £ à 9000 £, en 2010 sous le gouvernement Cameron. Les débats au Parlement ont eu beau être houleux, les manifestations monstres, désormais un étudiant anglais (ou un étudiant étranger suivant ses études au Royaume-Uni) devra s’endetter pour suivre son cursus universitaire."
    On peut parler de marchandisation des savoirs, dans des facs où domine l'argent-roi 
  Pour les étudiants anglais, dont les moins fortunés vont poursuivre leurs études à l'étranger, comme en Suède, c'est l'endettement permanent, avec l'incertitude d'un remboursement hypothétique, d'un retour sur investissement problématique.
     Les dettes issues de prêts impayés grimpent de manière inquiétante, surtout aux USA, constituant une bulle qui monte dangereusement.
    Malgré les mouvements sporadiques de révolte étudiante, comme au Canada récemment, l'endettement devient parfois cauchemardesque, véritable piège pour les familles et nouvelle menace pour le monde financier .
         Une bulle qui monte, qui monte...


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13 réactions à cet article    


  • Sergio Sergio 17 mai 15:38

    Des bulles de Macron !


    • Alren Alren 17 mai 19:08

      @Sergio

      Si Macron avec son très droitier ministre de l’Éducation nationale veut rendre les études supérieures payantes et contraindre les étudiants des classes moyennes à s’endetter pour étudier, il risque d’avoir une réaction indésirable (pour lui et ses maîtres) si du fait de l’austérité imposée par Merkel à la France entraînant une récession artificielle, il y un chômage pour ses étudiants devenus diplômés : ils pourraient, quelle horreur, voter à gauche (FI) pour que leurs dettes soient massivement effacées.
      D’une part parce que la puissance publique imposerait un taux d’intérêt très bas auprès des banques-vautours.
      Et d’autre part, en effaçant cette dette sur fond public, étant entendu que les diplômés sont une richesse pour un pays et qu’il vaut mieux récupérer progressivement cet argent sur les hauts salaires qu’ils recevront dans une économie revitalisée.


    • Spartacus Spartacus 17 mai 15:52

      On sent bien la lecture Marxiste misérabiliste qui voudrait qui a un rapport à l’argent coupable et hystérique.

      On voit ceux qui ne recrutent jamais personne et ne voient pas les déchets que sort l’éducation nationale française......

      Chacun au fait des réalités sait qu’un grand nombre d’étudiants ne sont pas motivés par leurs études. 
      Beaucoup d’entre eux sont à la fac par défaut, parce que les frais d’inscription sont faibles (rien à voir avec les écoles privées). Le résultat est qu’environ un étudiant sur deux ne passe pas en deuxième année. La gratuité ne leur rend pas forcément service, leur fait perdre du temps, et coûte à la société.

      Une université publique ne fait faillite pas malgré des résultats catastrophiques et une mauvaise gestion. Ce laxisme étatique détruit l’enseignement.

      LES universités doivent devenir payante, pour les classer et les obliger à attirer les étudiants et faire des efforts en interne par la concurrence.

      C’est aussi pourquoi on préfère en France recruter un élève de grande école que de l’université....
      Sélection et rentabilité...

      • ZEN ZEN 17 mai 16:11

        @Spartacus

         
        Spartacus as usual..
        .qui n’a pas lu une ligne des documents proposés, où des économistes et
         des hommes politiques de droite commencent à s’inquiéter, notamment aux USA, des effets pervers du système mis en place

      • samuel 17 mai 16:21

        @Spartacus

        Vous aimez les citations, en voici une pour vous :

        « Il y a bien une guerre des classes, et c’est la mienne qui est en train de la gagner »
        Warren Buffet

      • ZEN ZEN 17 mai 16:44

        @samuel


        Mein Gott ! W.Buffet est communiste ? smiley

      • velosolex velosolex 17 mai 18:50

        @samuel

        Ce Warren est un imbécile et n’a rien dans le buffet ! Faire l’apologie de l’armoire à confiture alors que le meuble est pourri par les vers, et se foutre du voisin qui n’ a rien dans le ventre en se léchant les doigts devant un pot d’abricots mûrs est la preuve d’un esprit autistique. 
        Quand les libéraux américains commencent à s’inquiéter, c’est que ça commence à sentir le roussi. Les images de Détroit ont révélé l’incroyable au monde effaré. Mais les Détroit sont maintenant légions, rencontre d’un système économique qui fait exploser l’injustice et les hauts revenus, mais prive de routes carrossables et de ponts les citoyens de base. Vu dernièrement dans une émission un TGV dernier cri, pouvant atteindre 300 Kms heure, devant rouler à la vitesse d’un diesel pour pouvoir rouler sans risque sur des ponts rouillés et des chemins de fer instables. Toute la vérité du monde était résumée dans cette image saisissante, et cette réalité psychotique. 
        Je m’égare ?..Pas tant que cela. Car cette dichotomie à l’oeuvre dans les universités travaille tout autant à l’établissement d’une société à deux vitesses, de plus en plus paranoïaque, et sécuritaire, par retour du frustré, et établissant une hiérarchie de plus en plus infamantes des salaires et des mérites. Car en quoi un couvreur devrait il avoir son savoir et ses risques sous évaluées, en rapport à un avocat dont la valeur est liée au fait que sa seule présence vous donne un satisfecit auprès du juge, comme une reconnaissance implicite des mécanismes de la justice. Le monde peut se passer de ce genre de talent, et de « faiseurs » mais pas de couvreurs..Nous pouvons remplacé le métier de couvreur bien sûr par d’autres nobles professions. Généralement celles que les enfants ambitionnent, en bas âge. Les enfants de cinq à dix ans ont une très belle philosophie de la vie. Ils veulent devenir infirmier, professeur, ou pompier. Mais pas politicien, ou alors on peut se faire du souci pour eux. . 
        Il y a un moment où votre diplôme bidon, survitaminé, ou votre château et vos actions ne serviront plus à rien, dans un monde où les portes ne pourront plus s’ouvrir ailleurs que sur le vide. 
        Pas de bonheur ou d’issue pour l’homme qui ne soit collective. 
        Pas d’issues si nous tuons les possibilités de rêves et d’émancipations des citoyens de base. La désespérance, sur aggravation des inégalités, sera notre chant posthume. 

      • Spartacus Spartacus 19 mai 21:08

        Quand on voit l’effet pervers de la valeur d’un diplôme n’ayant pas fait une sélection par rapport à celui qui en a fait une.....

        L’égalitarisme est une plaie.

      • Jean Pierre 19 mai 22:11

        @Spartacus
        « Ceux qui ne voient pas les déchets qui sortent de l’éducation nationale ». 

        Et après ça, vous allez encore jouer les pauvres victimes quand vous vous ferez insulter.


      • Jean Pierre 19 mai 22:16

        @ZEN
        Spartacus sait et le doute ne l’effleure jamais. Il n’a donc jamais besoin de réfléchir et de s’informer.



      • Albert123 17 mai 18:34

        « Les universités doivent devenir payante, pour les classer et les obliger à attirer les étudiants et faire des efforts en interne par la concurrence. »


        histoire d’être sur que les diplômés crétins soient au moins issus de bonnes familles, 

        le problème des universités ce n’est pas qu’elles soient gratuites ou payantes c’est qu’on y fait rentrer n’importe qui au point même de rendre le cursus inintéressant (car du coup sans intérêt) pour la minorité qui devrait s’y trouver normalement.

        Les universités US hors de prix regorgent de crétins inutiles mais bien nés. Ce qui permet au passage de bien geler la structure sociale de la société américaine.

        « On peut parler de marchandisation des savoirs, dans des facs où domine l’argent-roi  »

        c’est surtout la marchandisation du crétinisme et de l’inculture en fait, l’argent roi ne permet que d’acheter des diplômes, cad comme pour les médailles des hochets pour adultes.






        • velosolex velosolex 17 mai 18:37

          Bonjour. (bon et bel article) Clivage, compétition, mensonge, culture de classe, et non plus de masse. Nous revenons peu à peu dans la logique de l’ancien régime, où l’on achetait les charges, et où le but des rentiers était de profiter au maximum de la plèbe, cet outil de production à leur service....

           C’est à peu près la même logique de ce mieux disant universitaire, qui est en fait, un mieux payant, sur fond de milieu « bien né ». D’ailleurs différentes affaires ont montré que des étudiants achetaient parfois des thèses, ou des diplômes. Les salaires astronomique encadrant certaines professions font rêver certains à un retour sur investissement rationnel...
          . La course au diplôme tient lieu de viatique dans la panique liée à la compétition acharnée. Je doute qu’elle ne ne produise autre chose que des gens angoissés, exténués, soucieux ensuite de rentabiliser au mieux leur dette, c’est à dire peu susceptibles de prendre des risques et de quitter les sentiers balisés. 
           Derrière tout cela, watson, je pense qu’il y a une grande pathologie universelle, gonflée par les endomorphismes de la vanité, sur fond de grande panique.
           A l’heure où tous les compteurs et les indices de la catastrophe climatique et environnementale virent au rouge, nous voyons que le système ne produit plus de rêve et d’utopie collective, mais vend très chers des brassières de sauvetage pour quitter ce Titanic. .
          Et même pas un plan de travail cohérent, mais au contraire installe une compétition mortifère, et enlève les fusibles et les paramètres de contrôles qui peuvent gêner. 


          • ZEN ZEN 17 mai 19:24

            Bonjour,


            un mieux payant, sur fond de milieu « bien né ». 
            C’est tout à fait ça
            Comme à Paris Dauphine..
            On y arrive tout doucement

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