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Que reste-t-il du marxisme ? État des lieux et réflexion sur l’avenir

 

Karl Marx a été indéniablement l’un des personnage les influents du 19ème siècle. Son nom reste associé à une œuvre gigantesque, et son héritage est aujourd’hui encore disputé. Le communisme, qui est au cœur de son œuvre, semble n’être plus qu’un lointain projet : « plus personne n’y croit ».

Que reste-t-il du marxisme ? État des lieux et réflexion sur l’avenir

Karl Marx a été indéniablement l’un des personnage les influents du 19ème siècle. Son nom reste associé à une œuvre gigantesque, et son héritage est aujourd’hui encore disputé. Le communisme, qui est au cœur de son œuvre, semble n’être plus qu’un lointain projet : « plus personne n’y croit ».

Le problème est que, ce qui a fait émerger le communisme – à savoir le capitalisme – n’a pas disparu.

Il ne s’agit pas de débattre des idées d’un homme. La question du communisme se pose dans le monde réel, dans le monde présent.

« Les conceptions théoriques des communistes ne reposent nullement sur des idées, des principes inventés ou découverts par tel ou tel réformateur du monde.

Elles ne sont que l'expression générale des conditions réelles d'une lutte de classes existante, d'un mouvement historique qui s'opère sous nos yeux. »1

C’est donc de cette question qu’il s’agit de débattre, des « conditions réelles » et du « mouvement historique ». Est-ce qu’on a « sous nos yeux » un début de quelque chose qui justifierait encore l’idée du communisme.

Car l’idée a été testée. Et tout le monde dit que ça n’a pas marché (si tout le monde le dit, c’est que c’est vrai...).

Mais depuis la crise de 2008, le capitalisme connaît de graves difficultés. On le ressort à chaque crise, Marx est là, comme un spectre qui hante toujours le monde, et il n’est pas prêt de nous quitter !
 

1- L’œuvre de Marx

Quand on demande si Marx est toujours d’actualité, il faudrait d’abord se mettre d’accord. De quoi parle-t-on ? Marx a écrit sur beaucoup de sujets : philosophie, économie, histoire, politique et actualité de son époque, etc.

Difficile de tout mettre dans le même sac. Difficile de mettre la même date de péremption sur chacune de ses phrases.

Sa philosophie par exemple, qui associe le matérialisme et emprunte à Hegel la dialectique, ne peut pas être « périmée ». Ce serait supposer que chaque année on fasse des « progrès » en philosophie. Pourtant, depuis la Grèce antique, ce sont toujours les mêmes débats et les mêmes idées qui sont simplement approfondis. Il n’y a pas eu de « gagnant » et de « perdant ». Ce n’est pas celui qui crie ou qui a le plus de fans qui a raison.

Qu’une vision du monde soit passée de mode ne veut pas dire qu’elle était fausse. L’avis du plus grand nombre ou des « grandes personnes » n’y change rien.

La question de savoir ce qui est vrai ou faux ne dépend pas de ce qu’en pensent les gens,. Ça ne dépend pas non plus des « experts » en la matière. On se souvient des « experts » de l’époque de Galilée…

Le « bon sens », ce serait de dire que le marxisme est dépassé et bon à jeter aux oubliettes. Mais le « bon sens » nous disait Hegel, ce ne sont au fond rien d’autre que les préjugés d’une époque.

Se sortir de ces préjugés, ça demande des efforts. Ce sera pour certains insurmontable. Pour certains, il vaut mieux se complaire dans les « évidences ». « Évidemment le communisme est mort ». « Évidemment ça n’a pas marché », « Évidemment le capitalisme est indépassable », « Évidemment ». Chacun donc jugera s’il vaut la peine de réfléchir, ou s’il est plus « confortable » de répéter les « évidences », et de s’y tenir. C’est plus facile, et c’est moins risqué.

Beaucoup d’écrits de Marx sont liés à son époque. Il est évident qu’on ne peut pas transposer chacune de ses phrases dans le présent.

La question, c’est donc de faire la distinction entre ce qui a du sens aujourd’hui et ce qui n’en a plus. C’est précisément cela dont nous allons parler.
 

2- La révolution prolétarienne

Le point de départ de Marx, c’était donc la lutte des classes des ouvriers contre les bourgeois. A son époque, la classe ouvrière était de plus en plus nombreuse. En fait, c’est le capitalisme qui créait cette classe ouvrière. Les bourgeois créaient donc leurs « propres fossoyeurs », ils créaient eux-mêmes une classe révolutionnaire et ennemie qui allait les renverser.

Voilà ce qui justifiait le communisme : le capitalisme crée les conditions du communisme. Il crée la grande industrie, le prolétariat. Comme le prolétariat est de plus en plus nombreux, il va l’emporter, et alors le communisme va gagner.

Assez simple une fois résumé.

Naturellement, nous sommes là pour le vérifier, cela ne s’est pas passé exactement comme ça.

Le capitalisme s’est développé dans quelques pays très avancés (Europe, Amérique). Ces pays se sont mis à exploiter le reste du monde… Et avec ces énormes « surprofits », il y avait de quoi partager avec la classe ouvrière. Dès le milieu du 19ème siècle, Engels constatait que le prolétariat « s’embourgeoise » dans les pays privilégiés. Plus question de révolution prolétarienne alors, mais quoi ? De simples réformes sociales (les fameux « acquis sociaux »), qui achètent la paix sociale…

De nos jours, nous sommes persuadés que « le communisme ne marche pas », car ce serait « l’échec de l’URSS » qui le prouverait.

La « mort du communisme », une idée neuve ?

Ce sont pourtant les intellectuels « marxistes » qui ont les premiers décrété la mort du marxisme. En fait, dès la mort de Marx, en Europe occidentale, le marxisme a été « révisé » (le pionnier fut Édouard Bernstein). Plus question de révolution prolétarienne, contentons-nous de réformes ! En 1908, Lénine remarquait comment l’intelligentsia européenne « ne veut même pas entendre parler du marxisme ; qu’elle proclame réfuté et anéanti »2. En 1908, c’est à dire avant l’URSS, avant Staline, avant le goulag, avant les « millions de morts », le communisme était déjà « réfuté ». La « mort du communisme », un décidément un concept « neuf »...

Naturellement, dans l’occident embourgeoisé, la perspective d’une révolution a disparu. C’est en Russie que la révolution prolétarienne a eu lieu. Les ouvriers du monde occidental sont restés sourds à l’idée du communisme. Ils se sont rangés à l’idée des « réformes sociales », des augmentations de salaires, de l’état providence, etc.

Tant que la France tenait une place privilégiée dans le système impérialiste mondial, c’était possible. Comme on le voit aujourd’hui, ce système miracle n’est pas éternel. Notre monopole sur le monde est clairement remis en question par la Chine et d’autres pays. Plus possible donc les « acquis sociaux ». La fin d’un « rêve », les lendemains qui déchantent, et l’évidence qui s’impose : il n’y a pas de « troisième voie ».

Les pays occidentaux arrivent à la fin de leur décrépitude. Ils ne produisent plus rien. Ils dépendent entièrement d’une manne financière qui leur échappe de plus en plus. Et toutes leurs tentatives pour contrecarrer les plans de la Chine sont un échec.

Dans un pays de plus en plus déclassé comme la France, la possibilité même de financer tous les systèmes sociaux est impossible. Tout reposait sur notre formidable puissance impérialiste, désormais en déclin. Manifester dans la rue et se rouler par terre n’y changera rien. La pompe à richesse sur le reste du monde est à sec, plus rien à partager donc…

Le constat, c’est donc que de nos jours il n’y a pas de plus en plus d’ouvriers, mais de moins en moins. Ce qu’il y a de plus en plus, ce sont des pauvres et des chômeurs. Et avec la robotisation, la tendance va se poursuivre.

La vraie tendance sociale, ce n’est donc plus l’émergence d’une classe ouvrière très centralisée et structurée autour de syndicats. La classe moyenne quant à elle va disparaître. Ce qui a de l’avenir, c’est une masse de chômeurs ou demi-chômeurs appauvris et abandonnés par l’état et passant leurs journées sur internet. C’est ça la tendance du futur. Forcément, ça a des implications.

Tout le paradigme de l’ancienne lutte des classes doit être remis en question. Il n’y a personne qui puisse prédire à l’heure actuelle comment ces masses de gens vont se battre collectivement, ni même si cela est possible.

Il y a tout à revoir. De notre conception de la politique, à celle des partis, des organisations, des moyens d’actions. Plus rien n’a cours dans le monde actuel. Ce n’est pas avec des « manifs » que les choses vont changer, ni avec les slogans bidons de la CGT.

Il en va de même des luttes anti-impérialistes. La majorité des colonies sont devenues formellement indépendantes. Il n’y a plus un fort mouvement de luttes de libérations nationales à travers le monde. L’agenda actuel ne peut donc plus être celui de la IIIème internationale.
 

3- Le Capital

Ce qu’il reste de Marx, c’est surtout un immense travail scientifique d’étude du capitalisme. Il s’agissait de découvrir les lois de son fonctionnement, afin d’en prédire le futur.

C’est sur ce sujet que la bourgeoisie veut bien admettre quelques mérites à Marx. On l’étudie parfois, on ne peut pas l’ignorer en tout cas.

L’idée a donc été de séparer le travail économique de Marx de ses idées politiques et philosophiques. Il faudrait garder un Marx économiste, et jeter aux oubliettes la dictature du prolétariat, le matérialisme, la dialectique, etc.

C’est ce que nous invitait à faire le tristement célèbre Althusser dans son introduction au Capital. Il rejetait une « imprudente formule » de Marx qui parlait de « l’expropriation des expropriateurs », une intolérable « influence hégélienne »3 dans le Capital.

En réalité, on ne peut rien comprendre à Marx sans avoir compris quelque chose à Hegel. Lénine allait jusqu’à dire qu’ « On ne peut pas comprendre totalement « le Capital » de Marx et en particulier son chapitre I sans avoir beaucoup étudié et sans avoir compris toute la Logique de Hegel. Donc pas un marxiste n'a compris Marx ½ siècle après lui ! »4. Et un siècle et demi après toujours pas apparemment.

Le fait est que la bourgeoisie et ses économistes continuent à lire le Capital, et la raison est très simple.

Le sujet final de ce livre, c’est celui de la fin du capitalisme. Dans le livre III, le concept le plus important est celui de la baisse tendancielle du taux de profit. Bref, le remplacement du travail humain par des machines. C’est un sujet qui est bien plus d’actualité aujourd’hui qu’à l’époque de Marx. Avec l’arrivée des intelligences artificielles, la possibilité de voir le capitalisme remplacer tout travail par une machine rend crédible la prédiction de Marx. Cette idée est d’ailleurs très simple à comprendre : sans travail, pas de capital. Lorsque les machines auront totalement remplacé le travail humain, il n’y a aura plus de capitalisme possible, et c’est ce vers quoi nous allons.
 

Le futur du communisme

Sur quoi reposerait donc l’idée du communisme aujourd’hui ?

Elle reposerait sur plusieurs constats :


- les « acquis sociaux » qui ont jusque là acheté la paix sociale disparaissent inexorablement (à cause du déclin de l’occident),

- alors que le niveau de vie augmente dans les pays comme la Chine, c’est tout le contraire dans les pays occidentaux : la paupérisation est de plus en plus importante, la classe moyenne disparaît,

- la fin du travail à cause des robots et des IA se rapproche,

- la crise du capitalisme continue et menace d’entrer dans une nouvelle phase,

- les dégâts du capitalisme sur l’environnement, la santé humaine, la démographie, les enjeux sociétaux, etc. sont tels que la civilisation elle-même est menacée,

- enfin, avec les moyens technologiques actuels et futurs, les possibilités nouvelles d’organisation (planification avec l’informatique par exemple), sont bien plus faciles à réaliser que par le passé.

Face à cela, le communisme apparaît comme la seule alternative à la société actuelle. Il ne s’agit pas de répéter quelque chose de passé, ni d’inventer quelque chose de nouveau.

L’idée du communisme en elle-même reste simple. Il s’agit de mettre en commun les moyens de production, d’organiser consciemment et démocratiquement l’économie. Cela n’a rien à voir avec le fait de choisir entre « l’individu » ou « le groupe », « l’égoïsme » ou « l’altruisme », « la droite » ou « la gauche ».

Le véritable problème qui se pose, c’est de savoir comment le communisme peut être instauré, par l’action de quelle classe sociale, comment renverser le système actuel qui arrive en bout de course ?

Ce sont toutes ces questions que les partis « communistes » actuels ne se posent pas. Ils restent piégés dans une vision passée des choses. Ils croient encore aux manifestations, aux « acquis sociaux », ils regardent dans le rétro-viseur au lieu de regarder devant eux.

L’idée que le communisme ait encore un sens aujourd’hui, ce n’est pas évident. C’est pourtant à notre époque qu’il a le plus de sens.

Pour l’instant l’heure est au « populisme », Mélenchon est à la mode. Les modes vont et viennent. Si pour l’instant la majorité du peuple n’a plus que le « populisme » comme moyen de contestation, soit. Attendons de voir le résultat. Les faits montreront dans les années à venir qu’il est impossible de sauver le système social. Lorsque le « populisme » essayera d’appliquer son programme, on pourra juger. En attendant, le communisme a peu de chance d’être entendu. Mais mieux vaut le garder dans un coin de sa tête car il va revenir...

[1] : Karl Marx, Le manifeste du parti communiste, 1847
[2] : Lénine, Marxisme et révisionnisme, 1908
[3] : Althusser, Avertissement aux lecteurs du Livre I du Capital, 1969
[4] : Lénine, Résume de la Science de la Logique de Hegel, 1914

 

Source : http://www.proletaire.altervista.org/marxisme/textes/etat-des-lieux-du-marxisme.php

D'autres textes sur le communisme : http://www.proletaire.altervista.org


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33 réactions à cet article    




    • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 20 septembre 11:12

      À l’auteur :

      « Karl Marx a été indéniablement l’un des personnage les influents du 19ème siècle »

      Karl Marx a été indéniablement l’un des personnage les PLUS influents du 19ème siècle et, HÉLAS !, du XXe siècle et, même, de ce début de XXIe siècle...


    • tiers_inclus 20 septembre 13:01

      "Face à cela, le communisme apparaît comme la seule alternative à la société actuelle. Il ne s’agit pas de répéter quelque chose de passé, ni d’inventer quelque chose de nouveau"

      C’est précisément cette inférence qu’il aurait fallu développer et vous nous laissez sur notre faim. Je vois plutôt dans les prémisses de quoi conclure à l’opposé.

      Notamment parce que le diable se cache dans le matérialisme marxiste (dialectique et historique) qui n’est que le préjugé d’une époque et d’une partie du monde.

      Reste l’analyse économique du Capital lucide et convaincante mais qu’en faire dans un monde à réinventer où justement le capitalisme deviendrait de l’histoire ancienne ?

      Le point crucial étant que la philosophie de Marx est une philosophie du tout, alors que la complexité ne peut être abordée que par une philosophie des sujets qui doivent être appréhendés différemment de zombies conformés par la matière et l’histoire.


      • Cancrelat Cancrelat 20 septembre 14:09

        De gros clichés, et quelques lois de la physique.


        • Spartacus Spartacus 20 septembre 16:23

          Son nom reste surtout associé à 100 millions de morts et que des tarés qui s’y retrouvent


          Lénine et Staline, Mao et Castro, Kim Il-sung et Pol Pot, Maduro et tous les régimes dictatoriaux à faucille et marteau....

          Bref aujourd’hui les Marxistes ne sont plus que les agent de l’état et des fonctionnaires...
          Des bobos intello gauchistes totalement décallés et hass been.

          Cette caste a bien compris que la classe dominante dans l’analyse Marxiste est celle des politiciens et des agents de l’état, qui ne subsiste que par la prédation forcée et totalitariste et la coercition des autres.

          La caste qui n’investi dans rien, ne crée rien et vit a charge de toute la population marchande.

          La caste qui se prend pour des « ouvriers » et des « révolutionnaires », mais dans la réalité ne voudraient surtout pas que leurs enfants deviennent des « ouvriers » et sont des révolutionnaires qui ne sont que des molusques accroché au rocher de la gamelle statutaire...


          Triste France de zombies bolchéviques...
          Truste France des Hypocrites Marxistes bobos négationnistes des crimes de leur idéologie de merde.



          • RageAgainst RageAgainst 21 septembre 14:32

            @Spartacus


            prenez un cachet ça ira mieux...

            dire que Marx est responsable des 100 millions de morts des régimes staliniens et maoïstes est aussi stupide que de rendre Nietzsche ou Gobineau responsables du génocide des juifs et tzigane par le régime hitlérien. L’accusation contre Nietzsche a été levée par la lecture rigoureuse et scientifique des brouillons de la « volonté de puissance », falsifiés et manipulés par la soeur du philosophe pour plaire aux maitres du moment (Guillaume II, puis Hitler). de même les écrits de Marx ont été détournés et manipulés par Lénine et Staline pour justifier leur totalitarisme (surtout pour le dernier), Lénine étant la figure du théoricien politique dépassé par les événements de 1917, Staline, la grosse brute (il était braqueur de banques dans sa jeunesse pour alimenter les caisses du parti) qui manipule son monde pour rester au pouvoir (idem pour Mao). pour preuve certains des écrits de jeunesse de Marx (en 1844) n’ont été publié qu’en 1970, et étaient inconnus des communistes, alors que les pays du bloc de l’est avaient accès aux archives des premieres oeuvres.

            ps : lisez les Trois communismes de Marx de Francis Kaplan aux éditions Le Félin (trouvé cette semaine à Noz à prix modique)

          • CN46400 CN46400 20 septembre 18:14
            Au delà de tous les détail que Marx a convoqué pour justifier sa vision de l’avenir, il reste le moteur de l’histoire, c’est à dire pour notre époque la lutte contre la domination de la bourgeoisie et de son système : le capitalisme.
            Cette lutte est menée, à chaque embauche, chaque licenciement, à chaque négociation sur un prix d’une marchandise quelconque, par ceux, salariés ou indépendants, qui doivent travailler pour vivre. C’est une immense majorité, qui finira par gagner parce qu’au détour de la vie, son unité finira par se concrétiser, ringardisant brusquement, l’infime minorité qui, pour le moment, et parce qu’elle possède l’essentiel des moyens de production, parvient, par la division,- à maintenir sa dictature sur toute la société.
            S’il reste quelque chose de Marx, c’est cela, la promesse que les jours du capitalisme sont comptés et que le système qui le remplacera n’aura sur lui qu’un avantage, celui d’être plus social et de mettre les besoins humains, de tous les humains, au centre de son activité.
            Mais, reconnaissons-le avec Marx, le capitalisme est une bien belle mécanique, très efficace pour produire toujours plus, mais qui a un mal fou pour prendre soin des producteurs et de distribuer la richesse produite équitablement.
            Marx n’existe encore que parce qu’il a mis là, où çà fait mal, ses gros doigts velus....
            Tout montre que le capitalisme ne perdra pas brusquement son hégémonie sur cette planète. Ce sera progressif, d’abord sa domination sur l’état (exemple NEP de Lénine et surtout NEP de Deng Xiao Ping), puis sur la finance mondiale, puis généralisation des sécurités (logement, travail, alimentation médecine, formation...etc)
            Alors, la sémantique entrera dans le jeu, socialisme ? communisme ?, les pari sont ouverts...

            • Cateaufoncel3 Cateaufoncel3 20 septembre 18:36

              @CN46400

              « S’il reste quelque chose de Marx, c’est cela, la promesse que les jours du capitalisme sont comptés.... »


              En Italie, ils n’en sont pas là. Les gauches chauffent les allogènes pour provoquer des affrontements interethniques.

              C’est une autre voie vers la société sans classes et sans gouvernement. On verra qui va y arriver le premier.

            • zzz'z zzz’z 20 septembre 21:02

              @Cateaufoncel3

              C’est la radicalité contre l’aliénation de la marchandise contre ses aliénés zombies.

              What’s in your head…

            • Cateaufoncel3 Cateaufoncel3 20 septembre 22:21

              @CN46400

              Dans le camp de San Gervasio (Basilicate), où sont rassemblés 97 migrants en attente d’expulsion, les violences et le chaos sont tels que le secrétaire général du Syndicat de la police pénitentiaire demande l’intervention de l’armée.



            • CN46400 CN46400 21 septembre 08:14

              @Cateaufoncel3

              « où sont rassemblés 97 migrants en attente d’expulsion, »

              C’est un énorme gaspillage de force de travail. Au lieu de convoquer la police, l’embauche de ces gens dans une usine permettrait, soit une augmentation de la production, donc de la richesse, soit la baisse du temps de travail pour tous.....

            • zzz'z zzz’z 21 septembre 15:40

              @CN46400

              Tout à fait d’accord, il faudrait qu’ils paient leur billet de retour.

            • Cateaufoncel3 Cateaufoncel3 22 septembre 12:31
              @CN46400« C’est un énorme gaspillage de force de travail. »

              Dont curieusement, ils ne se servent pas dans leur pays d’origine, où pourtant tout est à faire.

              « Au lieu de convoquer la police, l’embauche de ces gens dans une usine permettrait... »

              En confortant l’hostilité des Italiens du Sud, où 40 % des jeunes de moins de 25 ans sont sans emploi.

              Dans quel monde vous vivez ?

            • Zaza Zaza 20 septembre 22:29

              Il serait plus juste de dire que tout le monde est marxiste dorénavant, même Zemmour ! smiley qui a sorti lors de sa diatribe sur les prénoms étrangers : « La pensée dominante est celle de la classe dominante. » en citant Marx.
              Enfin presque tout le monde, à l’exception des « progressistes ».


              • Zaza Zaza 20 septembre 22:48

                Un exemple de passage du Capital inspiré de Hegel :
                 
                « La réflexion sur les formes de la vie humaine, et donc aussi leur analyse scientifique, empruntent en général un chemin opposé à celui de l’évolution réelle. Cette réflexion commence après coup et, par suite, elle commence par les résultats achevés du processus d’évolution. Les formes possèdent déjà la stabilité des formes naturelles de la vie sociale, avant que les hommes cherchent à rendre compte, non du caractère historique de ces formes, qui leur semblent bien plutôt déjà immuables, mais de leur contenu. »
                 
                En d’autres termes : TINA.
                Marx pose le mal comme moteur de l’histoire, on peut dire que le « populisme » est la négation hégélienne actuelle mais qu’elle ne trouve pas sa « positivité », juste une négation vide d’idéologie, nier l’existant du haut par le bas, apostasie de la religion de la sainte trinité : consommation, immigration, libéralisation.


                • CN46400 CN46400 21 septembre 07:51

                  @Zaza

                  « Marx pose le mal comme moteur de l’histoire, »

                  Le bien et le mal sont des concepts religieux ; pour Marx, c’est la lutte des classes qui est le moteur de l’histoire ! Pour critiquer avantageusement Marx, il convient de s’appuyer sur des réalités, pas sur des fantasmes....

                • Zaza Zaza 21 septembre 10:21

                  @CN46400
                  La lutte des classes dans l’histoire est inconsciente effacée par les « fausses consciences » véritable moteur psychologique. Le Waffen SS ne s’est pas battu pour Krupp ni le croisé pour Rothschild. Et d’ailleurs pour Marx le capitaliste lui-même est victime de l’aliénation (le capitaliste anglais s’est battu pour la gloire de l’empire britannique). Et le réel moteur et la domination, instinct humain. La « liberté » a été l’alibi, le « soft power » de la France napoléonienne par ex.
                   
                  « Mais quel que soit le caractère non héroïque de la société bourgeoise, il a pourtant fallu l’héroïsme, le sacrifice, la terreur, la guerre civile, et les batailles des nations pour la mettre au monde. » Marx, le 18 brumaire
                   
                  « Rien ne se produit sans dessein conscient, sans fin voulue mais les nombreuses volontés individuelles à l’œuvre dans l’histoire produisent la plupart du temps des résultats tout différents des résultats voulus, et même souvent opposés à ces résultats voulus, et que par conséquent leurs mobiles n’ont également qu’une importance secondaire pour le résultat d’ensemble. D’autre part, il resterait à savoir quelles forces motrices se cachent à leur tour derrière ces mobiles, quelles sont les causes historiques qui, dans la tête des hommes agissants, se transforment en de tels mobiles » Ludwig Feurerbach, cahiers philosophiques. Engels


                • CN46400 CN46400 21 septembre 11:18

                  @Zaza

                  « (le capitaliste anglais s’est battu pour la gloire de l’empire britannique). »

                  Ouais, et aussi, un peu, pour ses intérêts de capitaliste.....

                • Cateaufoncel3 Cateaufoncel3 22 septembre 12:53

                  @Zaza

                  « Et le réel moteur est la domination, instinct humain. »

                  Oswald Spengler a écrit : « Du peu que nous pouvons connaître des événements de l’avenir, une chose est certaine : les forces du mouvement du futur ne seront rien d’autre que celles du passé : la volonté du plus fort, les instincts vitaux, la race, la volonté de posséder, et le pouvoir. »

                  Et, pour ma part, j’ai toujours pensé que la recherche de la réussite économique était, pour les mâles, ou certains d’entre eux, motivée par le désir de posséder toujours plus de femelles, la richesse et ce qu’elle permet d’étaler étant l’équivalent de la parade nuptiale, chez les autres animaux.

                  Je me demande comment les « vrais » communistes - puisqu’il y en a de bidon – s’arrangeraient avec ça, les hommes étant, par nature, très inégaux aux yeux des femmes. La mise en commun des camarades du sexe ? Mais quid des coups de foudre et de la jalousie


                • Cateaufoncel3 Cateaufoncel3 22 septembre 12:57
                  @Cateaufoncel3


                  Je n’avais pas encore lu la citation d’Engels

                  il resterait à savoir quelles forces motrices se cachent à leur tour derrière ces mobiles, quelles sont les causes historiques qui, dans la tête des hommes agissants, se transforment en de tels mobiles

                • Zaza Zaza 20 septembre 22:59

                  Non, l’IA entre en contradiction avec le marxisme :
                  Lire le fragment des Grundisse sur les machines qui se termine ainsi :
                   
                  « Le développement du capital fixe indique jusqu’à quel degré le savoir social général, la connaissance, est devenue force productive immédiate, et par suite, jusqu’à quel point les conditions du processus vital de la société sont elles-mêmes passées sous le contrôle de l’intellect général, et sont réorganisées conformément à lui [c.a.d à l’humain et non à la Machine]. Jusqu’à quel degré les forces productives sociales sont produites, non seulement sous la forme du savoir, mais comme organes immédiats de la pratique sociale ; du processus réel de la vie. »
                   
                  La connaissance humaine interconnecté dans le grand orchestre de la société l’emporterait en puissance créative sur le Capital matériel, et par là sur l’état aussi.
                   
                  « La cuisinière deviendra alors capable de diriger l’État et chacun sera en mesure de gouverner la société autant que soi-même. »
                   
                  Et c’est le contraire qui va arriver : le robot IA va nourrir le troupeau idiotcratique au RU


                  • Cateaufoncel3 Cateaufoncel3 20 septembre 23:25
                    @Zaza

                    "« La cuisinière deviendra alors capable de diriger l’État et chacun sera en mesure de gouverner la société autant que soi-même. »

                    C’est le truc le plus rigolo de leur catéchisme, avec l’affirmation d’Engel, dans L’anti-Dühring, selon laquelle la société communiste rendra le 8e commandement (Tu ne voleras point) caduc puisqu’il y aura assez de tout pour tout le monde.

                    C’est à des détails comme cela qu’on mesure le degré d’hallucination de ces gens et de leurs adeptes.

                    S’agissant d’Engels, je me suis toujours demandé ce qu’il bouffait le dimanche à midi, dans sa rupine de famille ? De la fressure et du rognon de porc, au goût bien pisseux ? Des tripes et de la carpe au goût bien vaseux ?

                  • Zaza Zaza 21 septembre 00:41

                    @Cateaufoncel3
                    Comme le dit Lénine cité dans l’article, il faut voir le marxisme comme un exercice pratique d’hégélianisme, c.a.d de la « dialectique » occidentale du « sujet » et de l’ « objet » en « aliénation » poussée par le paroxysme économique pour Marx et Engels. Mais Marx a dévie d’Hegel, notamment sur l’état, le marché, et l’internationalisme, et justement mettre les prédictions de l’un et l’autre en regard est intéressant.
                    Lénine aussi avait du pognon, il était noble, quand il lit la Science de la logique de Hegel en Suisse et qu’il fait ce commentaire, c’est bien par qu’il a des FS...
                    D’une certaine façon le transhumanisme qui vient donne bien plus raison à Hegel, car l’ « esprit » passe vraiment dans l’ « objet » avec l’IA et risque de bouffer le « sujet » ! Une crainte de Hegel au contraire de Marx et sa cuisinière.
                    Et quand le prolongement de la vie que cherche à proposer Google sera à vendre via Paypal, le vol aura de l’avenir !  smiley


                  • CN46400 CN46400 21 septembre 08:05

                    @Zaza

                    "La connaissance humaine interconnecté dans le grand orchestre de la société l’emporterait en puissance créative sur le Capital matériel,« 

                    Marx ne distingue pas le capital humain (force de travail) du capital matériel, lequel est toujours indispensable à la moindre efficience de la moindre »connaissance humaine". Les robots peuvent remplacer la main de l’homme, mais pas son cerveau !



                  • Zaza Zaza 21 septembre 10:24

                    @CN46400
                    Effectivement vous n’avez rien compris, vous devez être à la LFI.... smiley


                  • CN46400 CN46400 21 septembre 11:20

                    @Zaza


                    Le marxisme de LFI est plus proche du votre que du mien...

                  • Trelawney Trelawney 21 septembre 16:00

                    @CN46400
                     Les robots peuvent remplacer la main de l’homme, mais pas son cerveau !

                    Ca n’est qu’une question de temps. Et c’est pour bientot

                  • CN46400 CN46400 21 septembre 17:42

                    @Trelawney
                    Ouais, bientôt en mois, années, siècles, millénaires ?....


                  • eric 21 septembre 12:21

                    Ce qui reste du marxisme est un rapport très particulier, très paradoxal aux chiffres. On trouve parmi ses adeptes, des scientifiques tellement abstraits qu’ils en sont coupés du réel ; des gens qui ont du mal avec la règle de trois. Ainsi l’auteur néglige le fait que Marx est né en 1818, c’est à dire dans la culture du 18 ème siècle de ses parents. Que la soi disant révolution industrielle ’n’a eu lieu que dans la seconde moitié du 19 ème en Allemagne, que la colonisation généralisée, a été encore plus tardive, mais surtout dans l’ensemble coûteuse et non bénéficiaire pour les colonisateurs. Que l’Allemagne qu’à connu Marx sur la fin, était le moins colonisateur des états, mais aussi grâce à Bismarck, l’un des plus sociaux... L’auteur se reportera avec avantage, sur les études des investissements internationaux industriels romain dans la production très massive de vin dans le sud de la France aux alentours de moins cinquante, pour comprendre à quel point Marx est hors du temps. Mais surtout, sur les stats sur la montée en puissance de la classe moyenne bureaucratique au 19 ème siècle. Marx est le type qui n’a pas vu le principal phénomène socio économique de son temps : le développement de sa propre classe sociale et la nécessité pour celle ci d’inventer un discours permettant de justifier sa ponction sur la société.

                    En 1850, la proportion d’ouvrier en France est à peu prêt la même qu’aujourd’hui, 20%, comme le tertiaire 18%, et il y a 55 % de paysants. Oui, Marx est d’abord le type qui est passé complètement à côté des révolutions socio économiques de son temps. Cela aussi est resté aux marxistes.


                    • CN46400 CN46400 21 septembre 13:01

                      @eric

                      "Oui, Marx est d’abord le type qui est passé complètement à côté des révolutions socio économiques de son temps. Cela aussi est resté aux marxistes."

                      Ouais, c’est tellement vrai que 200 ans après, on ne parle presque plus de lui....

                    • eric 21 septembre 14:29

                      @CN46400

                      Je dirai exactement le contraire. Le fait que l’on parle autant de ces idées tellement démenties par le réel, dans les milieux pour lesquelles elles ont été conçues, montre à quel point elle sont adaptées à la weltanschauung des bureaucrates de la classe moyenne à statut prédatrice.


                    • Reiki Reiki 21 septembre 15:12

                      La Démocratie indirecte es une erreur Monumentale. Le Communisme n est que la continuité d une idée dépourvu de substance appliquer t elle qu on le percevais de l exterieur .... L histoire aime faire passé des vessies pour des lanternes.

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