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Quel peut être le rôle de la loi de la valeur à l’intérieur du socialisme soviétique ?

C’est la question que Joseph Staline pose, et la réponse qu’il fournit renvoie nécessairement à la place qu’occupent les kolkhozes dans l’ensemble du système soviétique :

« La sphère d’action de la loi de la valeur s’étend chez nous tout d’abord à la circulation des marchandises, à l’échange des marchandises par achat et vente, à l’échange surtout des marchandises d’usage personnel. » (Site du Centre Marxiste-Léniniste-Maoïste [B], etc.)

Si, de façon générale, la Révolution bolchevique a pu se saisir des grandes entreprises qui sont à la source de la production des biens industriels permettant, à la tour, la production des différents instruments nécessaires au travail en tant qu’il réalise ceci ou cela, il n’en va pas de même pour ce qui est nécessaire à la sauvegarde de la vie quotidienne des travailleuses et des travailleurs…
« Le fait est que les produits de consommation, nécessaires pour compenser les pertes en force de travail dans le processus de la production, sont fabriqués chez nous et sont réalisés en tant que marchandises soumises à l’action de la loi de la valeur. » (Idem.)

Par elle-même, la loi de la valeur maintient une comptabilité qui fait ressortir la quantité de travail que renferme réellement un produit, et dans cette quantité de travail, la part qui correspond à la rémunération de la force de travail, et celle qui est porteuse de l’avenir : elle est une création nouvelle… De ce point de vue, la loi de la valeur stabilise la perception qu’il est possible d’avoir des rapports quantitatifs entre le passé (qui est conservé, en maintenant en activité la force de travail) et un avenir qui dépend, à la fois, de la capacité qu’a la force de travail de créer des biens au-delà de son propre maintien, et de l’aide que le travail humain peut trouver dans l’amélioration de sa productivité sitôt qu’il développe ses instruments, ses connaissances, sa propre habileté et sa capacité à former des collectifs de travail…

Aussi, selon Staline, que la loi de la valeur puisse continuer à exercer une influence importante au sein du système soviétique…
« Ce n’est pas mal, puisque nos dirigeants de l’industrie apprennent ainsi à améliorer systématiquement les méthodes de fabrication, à réduire le prix de revient, à pratiquer l’autonomie financière et à réaliser la rentabilité des entreprises. C’est là une bonne école pratique, qui hâtera la montée de nos cadres de l’industrie pour en faire de vrais dirigeants de la production socialiste à l’étape actuelle du développement. » (Idem.)

Il n’en subsiste pas moins un frein qui ne permet pas à la loi de la valeur de retrouver en Union soviétique la souveraineté d’une loi de plein exercice, c’est-à-dire de ce qu’elle est en mode capitaliste de production. C’est ce que Staline souligne très tranquillement :
« Il est certain que l’absence de propriété privée des moyens de production et leur socialisation à la ville comme à la campagne ne peuvent que limiter la sphère d’action de la loi de la valeur et le degré de sa réaction sur la production. » (Idem.)

Mais il existe un autre frein…
« C’est dans le même sens qu’interviennent nos plans annuels et quinquennaux et, en général, toute notre politique économique qui s’appuie sur les dispositions de la loi du développement harmonieux de l’économie nationale. » (Idem.)

Harmonieux… Qu’est-ce à dire ?
« C’est ce qui explique d’ailleurs ce fait « stupéfiant » que, malgré la montée incessante et impétueuse de notre production socialiste, la loi de la valeur n’aboutit pas chez nous aux crises de surproduction, alors que la même loi de la valeur, qui a une large sphère d’action sous le capitalisme, malgré les faibles rythmes de croissance de la production dans les pays capitalistes, aboutit à des crises périodiques de surproduction. » (Idem.)

Cette anarchie de la production capitaliste tient au fait que l’élément déterminant est ici constitué par la proportion qui s’établit entre le travail nécessaire et le surtravail, c’est-à-dire entre ce qui revient à la population exploitée – qui en tire tout simplement de quoi vivre – et ce qui va aux classes exploiteuses… Ainsi s’exprime la loi de la valeur. Or, ainsi que l’explique Joseph Staline :
« Dans la seconde phase de la société communiste, la quantité de travail dépensé pour fabriquer les produits, ne se mesurera plus par des voies détournées, au moyen de la valeur et de ses formes, comme c’est le cas pour la production marchande, mais directement et immédiatement par la quantité de temps, la quantité d’heures dépensées pour fabriquer les produits.  » (Idem.) 

Si les critères de rentabilité surplombent les systèmes de décision d’investissement dès qu’il y a exploitation de l’être humain par l’être humain, ainsi que l’indique Staline :
« En ce qui concerne la répartition du travail, celle-ci ne se réglera pas entre les branches de production par la loi de la valeur qui aura perdu sa force vers ce temps, mais par l’accroissement des besoins de la société en produits. Ce sera une société où la production se réglera par les besoins de la société, et le recensement des besoins de la société acquerra une importance de premier ordre pour les organismes de planification. » (Idem.) 


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5 réactions à cet article    


  • Maître Yoda Maître Yoda 21 mars 13:28

    Ces textes attribués à Staline sont beaux comme de la poésie.

    La réalité prosaïque, c’est que le dogme stalinien (qui n’était en rien la traduction d’un projet « socialiste », mais une dystopie nationaliste) a abouti à une stagnation de la productivité du travail et du capital. L’économie soviétique était contrainte par l’offre, c’était une économie de pénurie illustrée dans la vie quotidienne par toutes les anecdotes bien connues sur les files d’attente, les rayons vides et le marché noir.

    La stratégie de développement de l’industrie, et en particulier des biens de production au détriment des biens de consommation a entrainé un sous-développement du secteur tertiaire, et le secteur militaire représentait 15% du P.N.B. L’agriculture avait des résultats médiocres, conséquences à long terme des errements de Lyssenko, ce qui obligeait le pays à importer des produits agro-alimentaires.

    Les pénuries endémiques avaient fini par engendrer l’existence d’une économie parallèle qui atténuait les effets négatifs et rendaient la vie plus supportable. Or, l’existence d’une économie souterraine dans un pays ne fait que montrer l’aveuglement des dirigeants concernant les besoins réels de la population ou son incapacité à y faire face, comme cela s’est produit pendant le période de « prohibition » aux Etats-Unis ou sous l’occupation allemande en France pendant la seconde guerre mondiale.


    • rogal 21 mars 15:11

      Poids du secteur militaire bien compréhensible. Après la période révolutionnaire, agression allemande puis guerre froide, il y avait lieu d’être économiquement sur le pied de guerre.

      L’écrasement de l’Allemagne lui dut quelque chose.


      • rogal 21 mars 15:16

        Ce qui précède : en réponse à Maître Yoda.
        Quant aux chiffres, ne perdons pas de vue la préférence pour un produit matériel brut sur le produit national brut des pays capitalistes.
        Considération très accessoire, certes, si les chiffres étaient tous faux comme il est permis de l’imaginer.


      • rita rita 22 mars 08:57

        Russie : le pays où le coronavirus n’existe pas
        INNA SHEVCHENKO · LE 20 MARS 2020

        Poutine qui pense à sa réélection et se voit déjà en chef suprême jusqu’en 2036 est dans le déni de la pandémie. Officiellement, les Russes ne sont pas touchés par le coronavirus. À Moscou, le Covid19 se dit « pneumonie extrahospitalière ». Une maladie qui connait une augmentation de 37 % par rapport à l’année dernière. Bizarre, vous avez dit bizarre... smiley

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