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Accueil du site > Tribune Libre > Qui veut détruire la classe moyenne ?

Qui veut détruire la classe moyenne ?

La classe moyenne, enfant de la croissance économique et mère de la consommation de masse, se sent lentement mourir. Avec elle vacillent les fondements de notre société. La classe moyenne se sent attaquée de toutes parts. Les politiques en font le cœur de leurs discours. Mais, bien souvent, la réalité est tout autre. L’écart qui existe entre discours et réalité est immense.

L’origine des classes moyennes. Elles sont la création de la croissance économique, de la Révolution industrielle et en particulier du taylorisme et de son expression industrielle, le fordisme. Ce dernier a permis d’offrir des produits standardisés à tous en augmentant le niveau de vie de toute une catégorie de la population, grâce aux gains de productivité et à la volonté des disciples d’Henry Ford qui voyaient, dans leurs salariés, les clients de leurs entreprises. Cet accroissement des revenus, couplé à la volonté d’accroître la scolarisation des enfants, a permis à de plus en plus d’individus d’accéder au savoir. C’était aussi une nécessité, les industriels ayant besoin d’une main d’œuvre qualifiée, l’État de serviteurs l’accompagnant dans son développement (État-providence). Dès lors, une masse d’individus issus des classes modestes a accédé à l’éducation, à la culture et à des emplois autrefois réservés aux descendants de notables. Il semble qu’aujourd’hui l’ascenseur social soit en panne, et que les individus appartenant aux classes moyennes soient ou bien aspirés vers le bas vers plus de précarité, ou bien propulsés vers le haut. La descente concerne davantage d’individus que la montée. La classe moyenne, sujet de nombreux discours et projets, sert d’emballage présentable à des projets qui ne la visent pas, ou de variable d’ajustement dans une société qui tend à devenir bipolaire en matière sociale. En effet, aujourd’hui, pour aider les catégories aisées, on les nomme désormais classes moyennes. L’illustration la plus flagrante en est la politique fiscale mise en œuvre en France. Eric Heyer, de l’OFCE, a calculé que 30% des gains iront aux 5% les plus riches. La classe moyenne était pourtant la cible de cette réforme, selon les propos de Dominique de Villepin. Bercy tente de se défendre en considérant comme partie de la classe moyenne tous ceux qui ont des revenus par personne jusqu’à 3500 euros mensuels. Le hic, c’est que seuls 3,5 % des Français gagnent plus de 3500 euros mensuels ! Nous touchons là les mécanismes qu’utilisent les dirigeants pour atteindre leurs objectifs réels : 1-Un usage d’idées reçues en matière économique et sociale

2-L’organisation de l’entreprise, lieu central, de notre société, renseigne alors sur le balisage mis en place pour guider, ici aussi, l’individu sur le "bon" chemin.

Reprenons :

1-Un usage d’idées reçues en matière économique et sociale :

"Travaille, le ciel t’aidera !"

La valeur travail est corrélée dans l’inconscient collectif à réussite (financière). Or, la part des salaires dans la répartition de la valeur ajoutée des entreprises ne cesse de diminuer. Les classes moyenne sont essentiellement composées de salariés. Pourquoi les entreprises rémunèrent-elles de moins en moins généreusement leurs salariés, et de plus en plus généreusement leurs actionnaires ? La raison en est simple : les entreprises craignent davantage leurs actionnaires que leurs salariés.

Où va l’argent ?

Il est redistribué aux détenteurs du capital (le plus souvent les actionnaires). Les gouvernements ne jurent que par la croissance (à ne pas confondre avec le développement) de l’économie, ce qui suppose le souhait et la volonté de créer des richesses nouvelles. Mais parallèlement, ces mêmes dirigeants prônent la modération salariale, quand ils n’organisent pas sa baisse. La conclusion est claire : si plus de croissance crée plus de richesses et que les salaires baissent, c’est donc que le surplus de richesse va aux détenteurs du capital.

La Bourse finance l’économie ?

Les investisseurs nous expliquent que les marchés financiers ont un rôle essentiel dans le financement de l’économie. Ce sont eux qui permettraient à de nombreuses entreprises de lever les fonds nécessaires à leur développement, et donc à la croissance, et à l’emploi. Donc, bonne nouvelle pour le citoyen moyen. C’est la règle que l’on énonce habituellement en disant : “ Les investissements d’aujourd’hui font les profits de demain et les emplois d’après-demain ”. Malheureusement cette formule magique semble ne plus opérer. En effet, la Bourse ne finance plus les entreprises. En 2004, les sociétés européennes ont davantage reversé d’argent à leurs actionnaires qu’elles n’ont levé de capitaux... Mais la Bourse comble surtout les déficits publics. La plupart des introductions en Bourse ont été le fait des États (et non des entreprises) qui vendent leurs actifs (privatisent) afin de réduire leurs déficits montrés du doigt en Europe depuis l’instauration des critères du pacte de stabilité (Maastricht). Patrick Artus précise dans une étude que la Bourse détruit du capital depuis 1985 (sauf entre 1991-1994). En effet, les entreprises rachètent souvent leurs propres actions afin de faire monter le cours.

La concurrence est bonne : la décennie passée et l’actualité récente ont vu se multiplier la concentration des entreprises par fusion, acquisition (OPA amicales ou hostiles). L’argument des entrepreneurs est d’atteindre la taille critique. C’est-à-dire la taille minimale en dessous de laquelle une entreprise ne peut plus se battre contre ses concurrents. Tous les secteurs de l’économie ont été le théâtre d’affrontements qui débouchèrent sur la naissance de géants mondiaux (Arcelor, Vivendi...). Chacun de ces groupes multinationaux n’ayant (comme toute entreprise) que le souci d’éliminer ses concurrents. Nous voilà dans une situation pour le moins schizophrène, les chefs d’entreprises réclament, au motif de développer la concurrence (par la voie du droit -traités, lois...), mais s’emploient au quotidien à la détruire, pour devenir leaders sur leur marché en développant l’argumentation suivante : une entreprise de grande taille, implantée mondialement, peut mettre en œuvre des standards qui permettront de réaliser des économies d’échelle... donc les prix baisseront, et le consommateur moyen sera satisfait. Pourtant, face au décollage économique de la Chine et à l’arrivée massive de textile, de sacs... à bas prix sur l’Europe, les industriels se mettent à réclamer des mesures de protection restrictives de la concurrence et la Commission européenne leur emboîte le pas. La concurrence est bonne quand elle concerne les autres. Mais si la classe dirigeante se trouve atteinte elle-même, il convient de changer les règles du jeu. La classe moyenne, au centre des discours, n’est plus l’élément moteur de la décision.

Les règles sont trop rigides ; le droit du travail est trop rigide ; les règles de licenciement ainsi que le montant des primes découragent les entreprises d’embaucher. L’idéal, c’est le travail à la tâche, avec un contrat à durée indéterminée (dans son sens littéral : dont on ne connaît pas la durée) qui puisse être remis en cause n’importe quand et pour n’importe quelle raison. Le contrat nouvelle embauche d’août 2005, ainsi que le contrat première embauche, s’inscrivent dans ce sens. Les entrepreneurs seraient rassurés, les investisseurs aussi, et les salariés au moins seraient motivés de peur de perdre leur seule source de revenu. Mais il faut parallèlement supprimer toute allocation chômage, qui laisse un espoir au salarié ainsi que la liberté au chômeur de refuser un emploi qui ne lui convient pas. Certains dirigeants politiques allemands sont même allés jusqu’à proposer l’obligation, pour les chômeurs de longue durée, de porter un bracelet électronique de localisation, afin de les "aider" à se réinsérer.1 Plus de peur, c’est aussi moins d’envie de se rebeller, entendez de se syndiquer ou de faire grève, de négocier une hausse de salaire. Tout cela, ce sont des coûts en moins pour l’entreprise, donc plus de richesse à partager pour certains. D’ailleurs, les présidents de sociétés anonymes sont traités ainsi, la loi de juillet 1966 qui régit le fonctionnement de la SA stipule que le président (habituellement nommé le PDG) est révocable ad nutum par le conseil d’administration (ce qui signifie : sur un coup de tête), n’importe quand et sans avoir à lui donner de raison. Être PDG c’est aimer le risque, sauf que ces mêmes amateurs des grands frissons de la révocation négocient des contrats prévoyant des indemnités aux montants pharaoniques en cas de mise en route de ladite clause. C’est ce qu’on nomme plus communément les "parachutes en or", dont certaines affaires (Exécutive life, JMM et ses millions d’euros) se sont fait l’écho. Précisons que ces indemnités sont dues, quelle qu’ait été la gestion du PDG, et même s’il a conduit l’entreprise au dépôt de bilan. Imaginerait-on un responsable commercial, licencié pour ne pas avoir atteint les objectifs prévus dans son contrat, à qui l’on verserait d’énormes indemnités ?

L’État ne doit pas s’occuper de l’entreprise :

L’État est aujourd’hui montré du doigt dans son rôle de régulateur de l’économie. Il est devenu de trop. Moins il intervient et mieux se portent les entreprises, nous répètent les néolibéraux. Bien, mais nous l’avons vu, seuls les secteurs lucratifs de l’économie intéressent ces même néolibéraux. Bien souvent, ils implorent le père qu’ils viennent de tuer. Car au discours du moins d’État succède celui des subventions et des aides à la création d’entreprises... privées, et au sauvetage de ces mêmes entreprises le moment venu. Le montant estimé des subventions est de 1% du PIB, soit environ 15 milliards d’euros, mais le système des aides est si complexe et confus qu’un rapport du Commissariat général au plan2 souligne "combien est nécessaire une véritable connaissance des aides aux entreprises et, au-delà, de l’ensemble des soutiens publics à l’économie, afin que l’ensemble de la collectivité nationale puisse en évaluer réellement l’efficacité." Il est donc clair que l’on ne sait pas si, réellement, ces dépenses sont utiles. Pourtant, bien peu de voix s’élèvent pour les réduire, contrairement à d’autres dépenses dont on est sûr de l’utilité et qui pourtant, sont montrées du doigt.

2-L’organisation de l’entreprise, lieu central de notre société, renseigne aussi sur le balisage mis en place pour guider l’individu sur le "bon" chemin : la gouvernance d’entreprise a conduit à la construction de systèmes dont l’objectif est d’amener les différents acteurs de l’entreprise à avancer dans le même sens.

Managers capitalistes : les intérêts du propriétaire peuvent entrer en compétition avec ceux des dirigeants salariés. L’organisation de l’entreprise a tenté d’inventer des méthodes permettant de rapprocher, autant que faire se peut, les intérêts des deux parties. L’objectif étant de protéger les intérêts des détenteurs de capitaux dans l’entreprise, il faut amener les autres individus à agir comme tels. Le mieux, alors, consiste à les rendre quelque peu capitalistes eux aussi, soit en leur offrant la possibilité de rentrer dans le capital de l’entreprise, soit en indexant leur rémunération sur la rémunération du capital. Un point est donc marqué ici par les détenteurs du capital qui, en ralliant une partie de l’encadrement à leur cause, ont permis une fracture du salariat. Diviser pour mieux régner. Mais les cadres ne constituent pas la majorité des salariés dans une entreprise, sauf dans de rares exceptions (cabinets de consultants, par exemple). Il faut donc donner de l’ampleur au mouvement. C’est l’idée de l’actionnariat salarié et des primes qui s’ajoutent au salaire. Salariés capitalistes : le droit du travail lui-même a prévu ce type de possibilité (intéressement et participation) afin que les salariés puissent bénéficier de la croissance de l’entreprise qui les embauche (notons qu’il est préférable à mes yeux d’éviter de dire de "leur" entreprise). Ces dernières années ont vu se multiplier cette pratique d’hybridation de l’individu. Cette méthode, très au goût du jour, cherche finalement à retirer toute velléité de combat aux salariés moyens. En effet, s’ils négocient des hausses de salaires, cela constituera un coût pour "leur" (cette fois, ils en possèdent un... tout petit morceau) entreprise, dès lors, c’est autant de profit en moins à distribuer. Un sondage TNS-Sofres nous apprend que 57% des petits actionnaires préfèrent percevoir des dividendes plutôt que de voir la société investir, alors qu’ils sont pour 51% salariés. De même : est-il opportun de faire grève afin de faire pression sur les profits d’un jour, si par la même occasion c’est le rendement de ses propres actions qui baisse ? Élargir les plans d’actionnariat c’est, pour l’entreprise, une arme redoutable d’efficacité pour gagner la paix sociale, et pour le salarié, ni plus ni moins que vendre son âme au diable et abandonner par la même occasion son salut.

Il semble que de nombreuses mesures mises en œuvre ces dernières années aient pour conséquence un délitement des classes moyennes. La mondialisation des économies n’y est pas pour rien, dans la mesure où les modèles sociaux ont été bâtis sur des compromis nationaux qui ne pèsent que bien peu face aux forces du marché mondial. Doit-on y voir une volonté délibérée ?


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33 réactions à cet article    


  • prince2phore (---.---.207.253) 17 mars 2006 11:00

    un article très agréable à lire, malgré les quelques fautes de français. Celà fait bien plaisir de ne pas se sentir complètement seul dans l’analyse que l’on fait de la situation. merci !


    • Scipion (---.---.63.176) 17 mars 2006 11:06

      « ...abandonner par la même occasion son salut. »

      C’est quoi, son salut ?

      La société de pénurie écolo-gauchiste ?


      • MM (---.---.150.146) 19 mars 2006 20:19

        Et ton salut à toi ce serait pas Heil ! par hasard ?


      • benoit (---.---.86.22) 17 mars 2006 11:16

        ca y est il va encore falloir pleindre la classe moyenne .... Tout les problèmes cité ici ne concerne que le rapport de force employeur employé. Et il n’y a qu’un seul moyen d’equilibré se rapport de force c’est de baissé le chaumage ...

        Il n’en reste pas moins que la classe moyenne dont je fais parti reste largement priviligié contrairement a la classe pauvre qui restera pauvre a vie ne pouvant trouvé de l’emploie car cette sainte classe moyenne prefere protéger ses acquis sociaux (sous l’escuse de la solidarité) plutot que de mettre en place des reformes efficaces pour faire baisser le chaumage.

        La france et les francais change, ce n’est pas le monde qui mets le systeme francais a mal, c’est le systeme qui ne s’adapte pas a cette nouvelle france. Que vous ayez peur du changement soit ... mais ne penalisé pas les autres par votre peur.


        • Fred (---.---.155.75) 17 mars 2006 13:23

          Je trouve votre remarque sur les classes moyennes bizarre. Etant moi-meme situe dans la classe moyenne, je serais interesse d’entendre vos propositions et en quoi elles affectent mes soi-disant « acquis sociaux ». Entre l’impot sur mes revenus, la TVA, la taxe d’habitation et autres impots, je suis sur que plus de la moitie de mon salaire part a l’etat donc j’aimerais connaitre ce que vous appelez « acquis sociaux » pour la classe moyenne que la classe plus pauvre n’aurait pas.

          cordialement


        • Copas (---.---.104.247) 17 mars 2006 20:08

          Bon,

          Tout celà est difficile .... Classes moyennes ? Très difficile à définir....

          Revenu médian dans les 2000 euros (eh oui...) , donc si classes moyennes, on devrait faire une tranche dans ces eaux là.... Au delà de 3000 euros on est loin devant...

          Il existe un site interessant, l’observatoire des inegalités, qui fournit régulierement et rassemble pas mal de chiffres sur tout celà :

          http://www.inegalites.fr/


        • nO (---.---.128.14) 17 mars 2006 11:26

          Un article clair qui explique bien une situation complexe. Une réflexion que devrait peut être avoir plus de députés en ce moment.


          • nO (---.---.128.14) 17 mars 2006 11:32

            Les richesses ne sont pas detenues par la classe moyenne, elle ne fait que travailler pour payer ses credits. C’est la classe juste au dessu et encore apres qui concentre les richesses.Et ce sont encore eux qui nous imposent des lois ecrites dans leur interet comme pour les impots.Et si les actionnaires ne veulent pas partager avec ceux qui produisent reelement les richesses il n’y aura bientot plus assez de consomateur.


          • gilles guiraud (---.---.152.10) 17 mars 2006 14:34

            Point de vue trés interessant sur un modèle économique complexe... mais il semble que vous vous concentriez sur les « grosses entreprise ». Rappelons tout de même que seulement 40 entreprises composent le CAC 40 et que peu d’entreprises font appel public à l’épargne sur leur nombre total (plus de 2 millions d’entreprise en France). Les rapports salariat /patronat ne sont pas les mêmes chez total fina que chez « Monsieur Popol carreleur climatiseur » par exemple... dans laquelle Monsieur Popol n’a pas de comptes à rendre à des actionnaires et pour qui le CNE peut être utile quand sa masse salariale représente 75% de son chiffre d’affaire.

            Mais sinon je suis d’accord avec vous sur l’analyse portée sur les marchés financiers et la logique de profit insufflée par nombre de fonds de pension et autres professionnels du rendement au détriment du salariat et de la classe moyenne (c’est à dire laborieuse). donc merci


            • Fishlord (---.---.3.77) 17 mars 2006 14:35

              Bel article, Eric. Vous décrivez bien cette logique implacable qui échappe totalement à la sphère du politique. Quand à la question finale, je pense que ce n’était pas forcément délibéré au début. Mais nos social-démocraties des années 80, converties aux dogmes de l’entreprise et à tous leurs caprices, sont directement responsables. Elles ont placé toute leur confiance dans l’espoir que les entreprises resteraient raisonnables et assureraient la paix sociale par l’embauche. Elles ont cédé sur à peu près tout sans aucun souci d’équilibre, sans aucune « ligne rouge » à franchir. Elles ont crée les conditions de cette « ubris », cette démesure. Elles vont combattre avec elles et contre les classes moyennes et populaires (n’oublions pas que les deux classes voient leur revenu chuter de concert) coûte que coûte maintenant, car leur destin est indissociablement lié à celui ges grandes entreprises transnationales (des milliers de lobbys à Bruxelles, même le Figaro s’en inquiète). La social-démocratie politique, selon moi, a choisi se camp, et se battra jusqu’à la mort des classes moyennes, jusqu’à ce qu’elles rejoignent la précarité généralisée. Elle n’a pas besoin d’en être consciente : il lui suffira de faire en sorte que les systèmes politiques de nos démocraties puissent continuent à empêcher tout changement politique A continuer de proposer des faux choix et des faux critères qui continueront à masquer une véritable continuité politique libérale, par delà l’opposition cosmétique entre droite et gauche. Ce qui garantira, à court terme, sa position. Après, c’est le déluge, mais tout le monde le sait déjà. Seule une révolution pacifique et politique me semble imaginable pour arrêter ce processus de paupérisation collective. C’est néanmoins peu probable, je le reconnais ; les réactions de violence sont elles, plus probables.

              Fishlord


              • Fred (---.---.155.75) 17 mars 2006 14:44

                Il serait interessant de connaitre le nombre d’employes des entreprises du CAC40 ; je suis sur que c’est une enorme minorite par rapport a la population active du prive. Donc mieux redistribuer les profits des entreprises du CAC40 a leurs employes concernerait un faible nombre d’individus meme s’il est vrai qu’il faudrait que ca se fasse. Comme l’a dit Gilles, la plupart des patrons ont peu d’employes, pas d’actionnaires et ce sont eux qui sont concernes par les CPE/CNE.


                • José Peres Baptista José Peres Baptista 17 mars 2006 14:52

                  C’est vrai que c’est un bel article.

                  Il est toujours difficile pour ceux qui ouvrent les yeux de s’apercevoir que le chômage est depuis longtemps utilisé comme un contrôle non seulement des masses mais aussi de l’inflation. Et pour éviter l’inflation, il faut diminuer le pouvoir d’achat par rapport aux masses de capitaux, rien de neuf sous le soleil des ultra-capitalistes.


                  • (---.---.2.20) 17 mars 2006 15:00

                    Sur la concurrence : Il est clair que la concurrence ne favorise pas l’employe. Mais elle favorise enormement le consommateur. Je tiens a vous rappeler que si vous utilisez une connexion internet aujourd’hui, c’est bien grace a la concurrence. Auriez-vous oublie la baisse des prix du telephone depuis la privatisation de France Telecom ?? La Russie a fait la preuve de l’inefficacite economique du systeme planifie.

                    En ce qui concerne les employes (puisqu’il s’agit bien des memes personnes), pourquoi ne pas mieux accompagner le chomage, pour qu’il arrete d’etre douloureux. On site souvent l’exemple social danois. Je n’ai jamais encore entendu d’arguments contre qui m’aient convaincu. Si votre loyer, votre nourriture, vos loisirs vous sont payes pendant votre periode de chomage, la securite de l’emploi n’est plus si necessaire... Si ?


                    • Copas (---.---.104.247) 17 mars 2006 20:40

                      « .../...Je tiens a vous rappeler que si vous utilisez une connexion internet aujourd’hui, c’est bien grace a la concurrence.../... »

                      Tout étant relatif, sans le pentagone et des chercheurs scientifiques (donc hors du cadre de la concurence mais également dans le cadre d’une planification puis dans le cadre d’une initiative de 3e type) nous ne serions pas là non plus...

                      Quoique je pense que de toute façon notre monde se serait peu ou prou donné ce type de réseau et de média.

                      Il faut se méfier de l’air du temps quand il s’agit de se poser des questions sur la concurence et des services non basés sur la concurence, ou les services basés sur des intiatives auto-organisatrices (initiatives très présentes sur le net) qui représentent un 3eme type d’organisation...

                      Il existe aussi bien de bons exemples de services arrivant à une plus grande efficacité pour les consomateurs que des systèmes privés, et vice versa.

                      La sécurité sociale est par exemple plus économique et plus éfficace que des assurances privées. Et la concurence a été meilleure dans le domaine du téléphone qu’à l’époque de la fin du monopôle...

                      Et également presque maintenant, ou du moins dans un très très proche avenir, les techniques exitantes permettraient de passer à une phase nouvelle qui se passe en grande partie des entreprises privées dans le téléphone, le mobile et internet au profit d’une structure souple et légère d’initiative publique. Peut-être...

                      La concurence n’est pas toujours ce qui se fait de mieux. Une série d’échecs retentissants ces dernières années ont secoué de grands pays démocratiques pour avoir eu des visions par trop talibanes de la concurence dans des cadres où celle-ci était artificielle et coûteuse, dangereuse et peu inefficace pour des secteurs décisifs de la société.


                    • José Peres Baptista José Peres Baptista 17 mars 2006 15:33

                      Le modèle social danois, comme d’autres nordiques, ont ceci de remarquables qu’ils n’isolent pas les chômeurs et qu’ils ont réussi à imposer dans la vision des gens les périodes de « chômage » comme constructives et socialement intégrées.

                      La concurrence comme le libéralisme n’ont rien de criticable. Ce sont leurs conséquences non traitées qui posent problème. Le chômage ne s’avère pas seulement pénalisant pour les finances mais pour l’identité sociale. Dans une société où le travail est la valeur principale, celui qui en est exclu se retrouve aussi exclu de cette même société. Il ne s’agit donc pas seulement de prendre en charge les dépenses, ce que la majorité de chômeurs souhaiterait par dessus tout éviter, mais surtout d’éviter l’isolement progressif dans lequel le chômeur chemine petit à petit. Le regard des gens face à un chômeur peut se regrouper en trois attitudes :

                      - une minorité pensera immédiatement que vous êtes un faineant, un assisté qui profite des impôts qu’elle acquitte ;
                      - une immense majorité s’en moquera royalement parce qu’elle ne se sentira pas concernée jusqu’à ce qu’elle soit touchée directement ou non. Au mieux cette majorité éprouvera de la compassion ou de la peine ;
                      - une infime minorité fera quelque chose pour vous aider.

                      Un chômeur éprouve donc dans la plupart des cas soit du dénigrement, soit de la « pitié ». La troisième catégorie devient de plus en plus inaccessible à mesure que la durée de chômage et l’isolement social augmentent... Mais je crains que nous nous éloignions un peu du sujet de l’article.


                      • éric (---.---.44.243) 17 mars 2006 18:26

                        Merci pour ces commentaires, je vois que le débat a besoin d’être engagé sur ce thème.

                        Le cac40 :

                        Certains me parlent du CAC40, je ne vise pas expressément ces entreprises dans mon article. Les PME représentent bien plus de 95% des entreprises françaises et elles aussi pourraient redistribuer le profit plus équitablement. Le problème majeur est que les chefs d’entreprises raisonnent au niveau microéconomique. Nous le faisons d’ailleurs plus ou moins tous dans notre budget et notre travail. Il en découle des comportements qui en s’agrégeant deviennent pervers alors qu’ils paraissent bons au niveau individuel.

                        Voici un exemple :

                        « Mettre de l’argent de coté », c’est à dire épargner est une sage décision pour un ménage ou pour une entreprise, c’est notamment une assurance pour un avenir incertain, et puis, en choisissant sa forme d’épargne cela peut même rapporter de l’argent, des intérêts par exemple. Imaginons maintenant que tous les individus épargnent énormément. (C’est déjà presque le cas en France, le taux d’épargne des ménages avoisinant les 17% de leur revenu). L’argent épargné ne sera pas dépensé, il y aura une faible consommation. Donc, inutile de produire énormément, la consommation des entreprises baissera, elle aussi et par effet de dominos, celle de leurs fournisseurs et ainsi de suite. Faute de besoin de production les entreprises ne vont pas investir et vont licencier. Les ménages, chômeurs, réduiront leur consommation, donc les emprunts qu’ils étaient en mesure de faire. Les banques auront « trop » d’argent en « stock » face à bien peu d’emprunteurs. Le loyer de l’argent (les taux d’intérêts) baisseront, faisant ainsi diminuer les revenus des placements. Bref, l’économie tout entière ralentira et s’orientera vers une récession. La vertu de l’épargne à titre individuel est devenue une catastrophe au plan général. Bien d’autres phénomènes de ce type pourraient être évoqués.

                        - les « acquis sociaux » :

                        Des acquis sociaux que la classe modeste n’aurait pas :

                        Les droits sont les mêmes pour tous. Le problème, au-delà de l’existence des droits est leur applicabilité. Pouvoir poursuivre des études est un droit pour tous, sauf que, même si l’école est gratuite (on ne paie par directement le prof...) la vie de l’étudiant nécessite des moyens (logement, déplacements, nourriture...). Les classes modestes ne peuvent pas mettre en œuvre certains droits. Par ailleurs, ces classes modestes sont l’étendard noir que l’on agite devant les classes moyennes en leur disant qu’elles peuvent tomber plus bas. D’où la nécessité de garder les classes modestes dans une situation qui ne les pousse pas à la révolte mais qui fasse peur aux classes moyennes.

                        - Société de pénurie :

                        Oui, il y a pénurie. Dire cela c’est simplement être réaliste. La planète est finie, en espace et en ressources. Les besoins des hommes, stimulés par le marketing sont infinis. Comment me proposez-vous de résoudre l’équation ?


                        • (---.---.210.222) 18 mars 2006 10:26

                          Il est tout à fait juste que nous ne pouvont croître à l’infini sur une planète possédant des ressouces en quantité finie, il est également suicidaire de croire que d’aucun pourront indéfiniment s’approprier les droits d’arbitrage de la répartition des richesses par l’émission de la monnaie papier (USA,$). C’est pourquoi AMHA une des solutions à notre probléme « d’éccès en tout » est de lier l’émission de l’étalon d’échange à un élément présent en quantité finie dans l’espace temps de la transaction (La terre en l’occurence, l’Or par exemple mais pas nécessairement) .


                        • liberté chérie (---.---.252.50) 19 mars 2006 14:31

                          Demian, Toujours vos préjugés et votre vision étriquée du monde ! Au fil de vos posts, que de mépris pour ceux qui ne sont pas de votre monde de clinquant et de paillettes.

                          Compte tenu du degré de morgue que vous affichez perpétuellement, c’est sûr, vous venez - au plus - de la cuisse de Jupiter, et au moins de celle de Ganesh, non ??


                        • Thomas Ruelle (---.---.134.88) 18 mars 2006 19:44

                          La réponse à la question « qui veut détruire la classe moyenne ? » me paraît évidente : la gauche. Commençons par un petit rappel : en 1981 un professeur du secondaire titulaire débutant percevait 2 fois le SMIC, en 2005 plus que 1,2 fois le SMIC. Ainsi, en 25 ans, le halo de gôche, dont le populisme est repoussant, a bien réussi son coup mettre au niveau des ouvriers l’encadrement moyen en termes de rémunération. Il faut ajouter à cela le matraquage fiscal qui frappe directement la classe moyenne, mais bon il faut faire payer les riches... (sic). Le riche c’est par exemple le petit paysan de l’Ile de Ré, que l’on spolie pour donner à la clientèle de gauche des banlieues. Mais enfin si les Français continuent à croire à la mythologie du grand soir, ils ne peuvent s’en prendre qu’à eux.

                          Cordialement

                          Thomas Ruelle


                          • joseph (---.---.112.109) 19 mars 2006 14:21

                            Ce sont de bien beaux sentiments mais faudrait regarder la réalité en face. La croissance ne se fait pas en France. C’est pour cela que les salaires ne croissent pas en France. Pour avoir des classes moyennes il faut de la croissance. Du développement du développement durable, du développement durable soutenable et toutes les figures du style du même accabit. Mais cela revient au même c’est de la croissance.

                            Tant que il y aura une France qui fait semblant de travailler les employeurs feront semblant de la payer, les clients feront semblant de passer des commandes, et les consommateurs n’acheteront plus rien de Francais.


                            • marie (---.---.188.186) 19 mars 2006 16:31

                              Merci Eric pour cet excellent résumé de la phase du cycle dans laquelle nous nous trouvons. Le Capitalisme a eu besoin, pour se développer, de la consommation de masse des biens, des services puis des loisirs. C’est en effet durant cette période que s’est fortement développée la classe moyenne (dont, je pense, nous faisons tous partie sur agoravox).

                              Les classes moyennes du monde occidental ne suffisent plus à absorber la production et le capitalisme vivrait une crise de surproduction très grave si les entreprises ne comptaient que sur nous pour écouler leurs produits. Une fois qu’ils ont réussi, à coup de pub et de bourrage de crane, à nous convaincre qu’on peut difficilement survivre sans 25 chaines de télé, un téléphone greffé à l’oreille avec chacun sa voiture, son ceci et son cela, poursuivre le développement et réussir à nous faire acheter 35 refrigérateurs, 12 voitures et 15 micro ondes paraît difficile.

                              Donc ??? La croissance potentielle des marchés occidentaux sur la plupart des secteurs traditionnels est très limitée. Il a donc fallu trouver de nouveaux débouchés. Des milliards d’être humains ne consommant pas encore constituaient des débouchés gigantesques. D’où la nouvelle stratégie capitaliste : la mondialisation. Non seulement la production réalisée dans les pays « émergeants » est beaucoup moins chère, mais elle permet de recommencer le cycle. La distribution de salaires dans les pays du sud permet l’émergence de nouveaux marchés très porteurs si on les compare avec ceux des pays occidentaux qui sont saturés. Contrairement aux individus, les entreprises ne sont pas attachées à un territoire. Elles prennent l’argent où il est ; Elles n’ont aucune morale et la paupérisation des classes moyennes européennes ne les intéressent que dans la mesure où elle va permettre de rendre les travailleurs plus dociles. Et quand je parle des travailleurs, j’inclue les cadres et les dirigeants de petites entreprises, c’est à dire l’ensemble des personnes dont le revenu dépend du travail.


                              • éric (---.---.55.248) 19 mars 2006 20:13

                                J’ajoute quelques mots sur la paupérisation des classes moyennes :

                                Le marketing de la pauvreté : dernier rebond du capitalisme ?

                                Le capitalisme ou plutôt les capitalismes devrions-nous dire se sont succédés depuis la première révolution industrielle. L’extension de cette forme d’organisation économique s’est toujours fait grâce à la conquête de nouveaux marchés sous forme de nouveaux territoires, au sens géographique du terme. Ce fût la conquête des richesses naturelles et humaines de notre planète . Depuis que toute autre forme d’organisation de l’économie a disparu, en particulier depuis la chute du mur de Berlin la planète entière est conquise. Mais le capitalisme après son extension géographique se répand dans tous les secteurs de l’activité humaine . Les services publics lui sont donnés en patûre et disparaissent un à un dans son giron. Quand il n’en restera plus le capitalisme va-t-il mourir par défaut de carburant ? Certains le pensent, mais pour ma part j’entrevois une nouvelle porte de sortie : le marketing (mercatique) de la pauvreté. À force de rogner sur les coûts le pouvoir d’achat stagne, voire baisse. La classe moyenne qui a fait les grandes heures de la consommation de masse régresse. La société se bipolarise. Des riches encore plus riches, de plus en plus de pauvres. Il faudra réinventer la consommation de masse et le marché est déjà lancé. La multiplication des hards-dicounters (discompteurs) et autres magasins de destockage est là pour nous montrer que le pauvre est aussi un marché à conquérir et pourquoi pas à développer.

                                Le capitalisme mutant et infatigable est-il immortel ?


                              • Fred (---.---.195.176) 19 mars 2006 21:19

                                Ces maudites entreprises qui veulent notre mal ; a la fin le client est responsable de l’achat, il n’est pas obliger d’acheter. Tout le monde maudit les entreprises pour aller en Chine mais personne n’a de probleme pour acheter des produits moins chers fabriques en Chine et peut etre par des enfants, hypocrisie quand tu nous tiens.


                              • www.jean-brice.fr (---.---.31.66) 19 mars 2006 17:15

                                La classe moyenne est généralement le produit des périodes heureuses en économie, du moins depuis la révolution industrielle. Lorsque la situation se dégrade comme maintenant ou dans les années 30, celle-ci devient un enjeu politique des extrêmes et peut par son nombre influer fortement sur le devenir politique du pays, en bien ou en mal : d’où l’importance des élections de 2007. Sur ce sujet, allez sur le site www.jean-brice.fr ...


                                • éric (---.---.55.248) 19 mars 2006 20:20

                                  En effet l’organisation des élections à travers le mode de scrutin choisi et le découpage des circonscritions électorales est loin d’être neutre sur le résultat. Il y aurait beaucoup à dire là dessus. Par ailleurs, il est vrai que les classes moyennes sont une création de la croissance économique et d’un système qui permet (permettait ? ) une répartition des richesses. Cette répartition semble aujourd’hui mise à mal, en conséquence la société se bipolarise doucement : des riches et des pauvres.


                                • Le bateleur (---.---.14.104) 19 mars 2006 21:58

                                  Bien sur, personne ne veut détruire la classe moyenne.

                                  Pourtant, comme vous l’expliquez dans votre article, les faits sont là et celle-ci glisse tout doucement vers ce qui semble une extinction inévitable.

                                  C’est le fait des époques barbares.

                                  Il n’y a pas de complot, pas plus ici qu’ailleurs, mais le résultat mécanique de la mise en réseau de tous les égoïsmes (pas de connotation négative ici) qui aboutit à réver de la richesse (et donc en accepter les privilèges) et sombrer dans la pauvreté (ce qui est le lot, statistiques obligent, de 80% de la population ... mondiale, à terme)

                                  On ne cesse de parler, lorsqu’il est question de PIB, d’emploi, ... (du véritable travail) des PME-PMI, et pourtant rien n’est fait pour elles, de même, la classe moyenne semble être choyée par tous les politiques, mais de fait celle-ci subit une érosion continue de tous ses pouvoirs, et en particulier le dernier qui lui reste : son pouvoir d’achat.

                                  Relisons « manuel de la vie pauvre » et aiguisons nos opinels (sourire)

                                  Luc Comeau-Montasse du fagot des Nombreux


                                  • danielli (---.---.173.4) 19 mars 2006 22:11

                                    1.Il est très important de constater que le mal qui mine les« classes moyennes » est avant tout notre indépendance.On choisi, dans la plupart des cas, d’être indépendant pour des raisons de liberté individuelle. On ne connait pas ou on ne veux pas croire à la difficulté d’entreprendre. 2.Nous sommes en tant qu’indépendant, très mal armé contre tout et tous. Quand il nous arrive d’appartenir à des associations ou des fédérations profesionnelles, nos représentants sont, soit les trop vieux du métier car ils ont le temps de participer aux multiples réunions, soit des administratifs qui, issus des milieux scolarisés, n’ont aucune pratique des métiers. 3.Beaucoup d’entre nous ont été peu scolarisés, bien que nous soyons de vrai artisant et très souvent de vrai meneurs d’hommes, nous n’avons pas la possibilté d’émettre des avis audibles par certains hyper-diplômés et ne sommes hélas que trop peu écoutés. 4. La classe politique nous fait taire par des promesses électoralistes sur des sujets qui devraient être des droits acquits depuis des décennies. La précarité de l’indépendant est telle qu’une dernière étude effectuée par l’université de Liège, nous démontre que 45% des indépendants vivent en-dessous du seuil de la pauvreté. 5.La dépendance des PME vis à vis des banques est telle que l’indépendant vit dans une angoisse permanente tout au long de sa vie professionnelle. L’état augmente les charges financières et administratives, cumule les contrôles de toutes sortes, et profite de son pouvoir pour réduire au silence les quelques récalcitrants. 6. Lorsqu’un indépendant est « agressé » lors d’un contrôle fiscal, il doit établir la preuve de son intégrité. Lorsque Marc Dutroux, que l’on connait de sinistre réputation, a été arrêté, il a été présumé innocent. A la justice de faire la preuve de sa culpabilité. Serions nous des êtres inférieurs ou moins crédibles à Marc Dutroux ? La liste est loin d’être exhaustive, mais j’arrête là mes récriminations. Demain je dois faire vivre 10 ouvriers sur trois chantiers, je devrais leur cacher mes problèmes financiers parce qu’ils doivent être payés et surtout ils ne doivent pas me laisser tomber. Pour les travaux, nous étions en moyenne 7 entreprises à remettre un prix au client et les prix sont rabottés. Demain soir j’irai voir un nouveau client et si j’ai le temps de manger en même temps que les enfants, j’aurai peut-être le temps de les embrasser.Qui sait de quoi l’avenir sera fait ? De toute façon, la mort d’une petite entreprise, qui s’en soucie ?


                                    • Fred (---.---.155.75) 20 mars 2006 09:54

                                      vous pointez le doigt sur le vrai combat, defendre ceux qui entreprenent et font vivre la France. Certains voudraient nous faire croire que les charges patronales ont tellement baisse que les petits patrons n’ont plus de probleme.


                                    • Béatrice Fauroux (---.---.37.107) 21 mars 2006 19:03

                                      Je pense que la classe moyenne, si elle veut se prendre en main, a tout intérêt à s’associer à son entreprise, pour avoir son mot à dire. C’est exactement ce que vit aujourd’hui une agence web d’Alsace Activis, qui vient de céder 24% de son capital à ses salariés, dont deux en CNE !!! Tout le monde a intérêt à ce que l’entreprise marche, pour le bien de chacun... Pour en savoir plus, voyez sur www.activis.net. Dirigeant : Patrick Rein. Béatrice Fauroux


                                      • Marsupilami (---.---.183.65) 21 mars 2006 20:40

                                        Qui veut détruire la classe moyenne occidentale ?

                                        Elle-même. En comsommant toujours plus et en payant de moins en moins, ou plutôt en faisant payer par ces salauds de pauvres ses appétits consommateurs minables. L’éclate totale.

                                        La seule question pour je ne sais quel problème que la classe moyenne est la seule à ne pas se poser est la suivante : jusqu’à quelles limites acceptera-t-elle la délocalisation des emplois exigée par l’ultralibéralisme cinglé ambiant ?


                                        • éric (---.---.117.89) 21 mars 2006 20:47

                                          Effectivement le comportement souvent très individualiste des individus et aussi de ceux qui composent la classe moyenne les conduit à une autodestruction. Ceci étant, il faut éviter de tomber dans la logique qui consiste à nous oppposer au developpement d’autres pays. C’est le risque de tomber dans le « diviser pour mieux règner ». Le problème, le vrai, au niveau mondial est surtout celui de le répartition des richesses.


                                          • Daniel (---.---.91.231) 8 avril 2006 18:45

                                            Faut-il sauver les « classes moyennes » ?

                                            J’ai toujours été chiffonné par le fait que : 25% de privilégiés + 50% de classe moyenne = 75%, peuvent s’entendre pour que démocratiquement 25% en bavent grave.

                                            Les « trente glorieuses » l’étaient-elles vraiment ? L’ascenseur social, qui n’est pas en panne, mais qui peut monter et descendre comme tout brave ascenseur, n’était-il pas un opium ?

                                            Si on veut mobiliser pour un « monde meilleur » il faut que chacun sente crédible la possibilité de gratifications rapides et développer des valeurs. Ppourquoi pas plus de solidarité et moins de concurrence ?

                                            Nous avons développé des moyens techniques pour s’attaquer à la misère matérielle du monde, avec les limitations écologiques à prendre en compte, mais notre système économique ne le permet pas, on ne peut plus le croire sérieusement aujourd’hui : révolte des banlieues, révolte autour du CPE.

                                            Notre système économique on l’appelle : capitalisme, loi du marché.... et là problème : interdit de remettre en cause le marché sinon.... Corée du Nord.

                                            Faut-il vraiment respecter cet interdit ?

                                            Cela interdit toute réflexion sur comment on organise le travail et la répartition des richesses en fonction d’un idéal autre que la loi du marché, même si les trois quart de l’humanité crève de faim pendant qu’une minorité bouffe bien. Il est vrai que les prétendues tentatives de faire autrement ont débouché sur des choses très peu séduisantes. Cela nous plombe et vas nous plomber très certainement un bon moment encore.

                                            Apparemment la loi du marché exige misère des peuples et richesse des Nations (PIB),(et de quelques particuliers) tout cela a déjà été dit et écrit.


                                            • éric (---.---.53.186) 9 avril 2006 11:37

                                              J’adhère pleinement à votre proposition d’augmenter la solidarité et de diminuer la concurrence. Dans mon ouvrage « qui veut détruire la classe moyenne » j’aborde ce problème en montrant que la concurrence est loin d’être un système optimal. Bien souvent elle n’est là que pour servir certains.

                                              Et effectivement, les tentatives autres que le capitalisme ont donné lieu à des systèmes peu enviables. Ceci dit, il ne faut pas pour autant rejeter tout projet nouveau. Il me semble, au contraire, que le moment est venu d’y réfléchir, d’autant, que le système capitaliste ne peut qu’apparaître comme le meilleur, il ne reste que lui. Proposons donc autre chose.

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