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Accueil du site > Tribune Libre > Rationalisation des services de l’Etat

Rationalisation des services de l’Etat

Agences, Offices, Observatoires, Instituts, Comités, Conseils, Secrétariats, Commissions, Cours… et autres entités aux noms évocateurs de grands projets, ont poussé comme des tentacules au sein de l’Administration devenue plus encombrée par leurs productions que par les siennes propres. Et cela au sein du millefeuille institutionnel déjà débordé par ses soucis d’organisation interne. « Le Château » s’est réalisé au-delà de ce que Kafka avait imaginé ; cet ensemble n’est même plus localisable dans l’espace et le temps, alors que le Château, lui, l’était ! On pouvait se rendre au Château mais c’est un défi insurmontable que de localiser tel ou tel dans cette construction ubuesque – l’expérience montre qu’il est plus juste de faire référence au Père Ubu, les incohérences et contradictions étant la forme privilégiée des constructions administratives dont le chaos kafkaïen n’est qu’une des propriétés.

Pense-t-on pouvoir supprimer un observatoire, un office… voilà toute la techno structure en marche pour revendiquer le doublement des crédits et le quadruplement des effectifs devant les tâches nouvelles dont on charge l’organe visé ! Et de revendiquer la création de Délégations dans les territoires perdus de la République, ou mieux encore à l’étranger après avoir saturé les DOM-TOM d’implantations prestigieuses. Rien ne résiste à l’appétit de ces gens-là qui ont le Service Public chevillé au corps, eux les derniers défenseurs du Bien Public ! Des incorruptibles qui ne reculent jamais devant des dépenses nouvelles qui doivent être engagées au nom de l’égalité républicaine. Et ne leur faite pas remarquer que la Cour des Comptes dénonce année après année des lacunes de gestion, des investissements inutiles, un absentéisme chronique bien au-dessus de la moyenne saisonnière, ou encore un nombre d’heures travaillées bien au-dessous de la même moyenne… cela ne fait qu’accroître leurs justes revendications qui ne sont catégorielles que pour ceux qui n’en bénéficient pas. Ce sont des ayatollahs en mission, et peu importe que leurs missions ne concourent pas à la croissance du PIB, ce n’est qu’une question de terme, il faut savoir penser long !

Face à ces durs de durs, est-on sans solution ? Et si on les fusionnait avec des grands Services prestigieux qui leur donneraient plus de visibilité et de notoriété. Par exemple transférer l’OFCE (et d’autres du même tonneau) au sein de l’INSEE, en rabotant tous les services supports de l’entrant (informatique, compta, gestion du personnel, cantine and so on). Je suis persuadé que les Français peuvent faire des centaines de propositions en fonction de leur vécu administratif. Qui va à la Cour des Compte ? Qui rejoint le Ministère de l’Equipement ? Etc. Les Ministères sont d’ailleurs en tête de gondole pour accueillir ces organismes administratifs qui se planquent dans les interstices de l’Etat. Au point de l’étouffer, ne protestez pas !, car c’est de ça dont il s’agit, c’est-à-dire du bon emploi de l’argent public, des impôts et taxes en tout genre. Le régalien doit reprendre sa place, toute sa place et phagocyter ces trucs et machins que des pouvoirs publics faibles ont laissé croître. Réveillons nos consciences endormies, pour réduire le déficit il n’y a pas d’autre méthodes ! Et réduire le déficit aujourd’hui c’est accroître demain les capacités financières de la puissance publique pour l’éducation, l’aménagement, la sécurité etc.

En voulant maintenir le statu quo non seulement on s’appauvrit d’année en année mais encore on rend l’avenir de plus en plus incertain, on fait que nos descendants vivront moins bien que nous et que ce cercle vicieux du déficit nous rend de plus en plus faible diplomatiquement, économiquement, etc.

Pour sortir de cette situation financière nous n’avons pas à rembourser le capital emprunté, ni à l’amortir ; nous devons simplement mettre le budget de l’Etat à l’équilibre, et la croissance diluera en une décennie la dette. Et mettre le budget de fonctionnement en équilibre n’est pas un objectif utopique. Mais cela signifie qu’on ne peut se satisfaire d’un déficit de 3%, il faut atteindre 0%.

L’investissement relève d’une autre méthode qui consiste à l’apprécier en fonction du retour attendu, c’est-à-dire de la richesse créée.

Tout cela est su… mais on ne fait rien, car c’est politiquement plus porteur.


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7 réactions à cet article    


  • eddofr eddofr 8 décembre 2017 12:10

    Indubitablement, il faut nettoyer l’état de toutes ces scories politiques, car tous ces organismes qui fleurissent et bourgeonnent sur le cuir passablement usé de la fonction, pardon du service public, ne sont nullement des structures « administratives », mais bien des jouets politiques.


    Arrêtons de vouloir dégraisser la fonction publique en ne remplaçant pas un départ à la retraite sur deux, sans sélection ni discernement ... C’est presque toujours dans les vrais administrations, celles qui servent et dont on ne peut se passer que ces postes seront supprimés.

    Toutes ces structures pléthoriques et grandiloquentes sont d’ailleurs assez peu peuplées de fonctionnaires, elles sont surtout peuplées de « hauts fonctionnaires » : une espèce particulière qui peut être nommée ou démise de ses fonctions plus vite que Donald ne tape un SMS, mais qui retrouvent aussi vite un mandat électif ou un poste, purement honorifique mais hautement rémunérateur, ou qui peut être « mise en disponibilité dans l’intérêt du service » et continuer à percevoir sa rémunération mirobolante tout en allant vendre ses services et son carnet d’adresse à prix d’or dans quelques officine privée au service des grandes multinationales.

    Car le fonctionnaire, le vrai, travaille honorablement, pour un salaire souvent insuffisant (je pense à certaines catégories « C » pour lesquelles on a inventé une « prime de rattrapage » parce que leur salaire était inférieur au SMIC) et contribue à la richesse de la nation (même si on le nie ou ne la voit pas, sous prétexte que cela ne se traduit pas en chiffre d’affaire ou bénéfice et que les instruments de mesure de l’économie de marché sont justement conçus pour ne mesurer que cela).

    Vous parlez des services informatiques des services publics. 
    Mais savez-vous que près de 60% du personnel de ces services informatiques n’est même pas fonctionnaire, même pas agent de l’état ... mais bien prestataire de service, salarié des grandes Société de Service Informatiques (qui les paient au lance pierre, mais les vendent à prix d’or).
    En réalité, si vous rationalisez les services informatiques des administrations (ce que j’approuverais et applaudirais des deux mains), c’est surtout à CAP Gemini, BULL SA, Sopra, Steria et consors que vous ferez perdre du chiffre d’affaire.

    • GéraldCursoux GéraldCursoux 8 décembre 2017 19:09

      @eddofr
      Oui bien sûr. Mais par ex dans l’informatique, sans ces prestataires extérieurs on en serait encore à la carte perforée... Et on voit bien que dans le régalien, là où il n’y a pas de contrats avec des prestataires ça va pas très bien : lenteurs, pagaille, erreurs, coûts etc. Exemple La Justice ! La définition du périmètres de l’Etat est un chantier permanent, mais on est parti dans le mauvais sens en créant tous ces bidules, ces excroissances qui se développent de façon cancérigène. Aujourd’hui les métastases peuvent tuer l’Etat.

      Un exemple d’hier : une relation doit présenter un dossier à Pôle Emploi. Elle y consacre une journée après s’être préparée. Résultat, ce mercredi 7/12 Pôle Emploi est fermé ! A Chambéry, pas à Tréfouilloux les Oies ! Il ne serait ouvert que le matin... certains jours... Qui est responsable ? Personne... Vers qui se tourner : le répondeur du 08000XXXX ! Que faire ? comme disait l’autre dans un moment de lucidité.

      Bien à vous.


    • Decouz 8 décembre 2017 12:22

      1982 : Décentralisation + Déconcentration accrue

      1994 : rapport Picq
      1995 : CIRE
      1998 : DIRE + Cosa+Cosiform
      2001 : LOLF
      2003 : DMDGPSE+DUSA+ADAE
      2007 :RGPP
      2012 : DGME
      etc 
      Tout ceci depuis des dizaines d’années pour moderniser, rationaliser, dégraisser, évaluer, faire mieux avec moins.



        • Jason Jason 8 décembre 2017 16:01

          Très bien dit. Mais, vous oubliez la propriété, la qualité essentielles de tout ce chaos. C’est l’absence totale de responsabilité. Devant tout ce fatras, ces commissions, rapports, réunions, tables rondes, et assemblées diverses dont vous faites très bien l’inventaire, on ne voit jamais apparaître de synthèse, de feuille de route, et finalement de décisions portées par un chef de projet qui a le pouvoirs d’accomplir quoi que ce soit.


          Le Parlement parle, et c’est son métier, et devant l’état calamiteux de la 5ème économie du monde, on crée des commissions et on en parle...

          Ah, les doux bercements du Verbe. Voulez-vous changer quelque chose ? Vous n’y pensez pas !  Il faudrait changer rien de moins que la constitution. Ainsi vogue la galère, de quinquéna en élections, ce qui explique tout. La boucle est fermée.

          • GéraldCursoux GéraldCursoux 8 décembre 2017 19:12

            @Jason
            Oui, il n’y a pas de responsable. Le politique n’est pas jugé sur sa capacité à faire fonctionner les services de l’Etat. Les fonctionnaires sont en marche automatique, de budget en budget, et supprimer un service c’est se faire hara kiri !


          • Spartacus Spartacus 9 décembre 2017 10:59

            Le budget de la France c’est définie en économie la « tragédie des communs ».......


            La tragédie des communs engendre l’irresponsabilité et la pénurie de la ressource...Ici le budget de l’état.

            Il n’y a qu’une solution.
            Mettre fin aux statuts et privatiser la totalité des services public et ne laisser à l’état que le régalien avec des personnels dans le droit commun.
            L’état a pris au fur et a mesure du temps le monopole des services qui auraient du rester dans le secteur privé..

            Education, santé, social sont a laisser à la gestion de la société civile.

            Mais une autre loi dit que lorsqu’on a goutté à des privilèges, il est ensuite difficile de s’en passer.
            Dans un pays ou 30% des gens y ont goutté. C’est compliquer de leur dire qu’ils sont à charge.

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