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Redha Malek : Un patriote intègre qui avait l’Algérie au cœur

« Les lions ne meurent pas, ils disparaissent.  »

(Proverbe de l’Algérie profonde)

« Un moudjahid de la plume s’en est allé sans bruit, sans m’as-tu vu. Un hommage mérité de la nation lu a été rendu. Il était le dernier Algérien encore en vie ayant négocié ce texte historique qui mit fin à la guerre d’Algérie. Redha Malek était membre de la délégation algérienne lors des Accords d’Evian en mars 1962. Après l’indépendance de l’Algérie, le 5 juillet 1962, Redha Malek a mené une longue carrière diplomatique. Il fut tour à tour ambassadeur à Paris, Londres, Moscou, Washington, Belgrade et a été ministre des Affaires étrangères. Redha Malek a été membre du Haut-Comité de l’Etat (HCE), une instance collégiale qui a dirigé l’Algérie de 1992 à 1994. Il a aussi été Premier ministre de 1993 à 1994 avant de fonder un parti politique, l’Alliance nationale républicaine (ANR), en 1995. Auteur de plusieurs livres, il était partisan de la séparation du pouvoir et du religieux. »(1) 
 

Voilà résumé en quelques lignes le sacerdoce d’un homme qui a consacré sa vie au service de l’Algérie. Cependant il nous a paru utile de retracer son parcours à travers trois haltes pour tenter de cerner la personnalité de ce patriote au long cours qui, comme tout homme a eu ses faiblesses, mais au final laissera, je l’espère, une trace qui servira de repère au même titre que les géants d’une Révolution qui fut dure avec ses enfants mais qui fut épique par le souvenir qu’elle a laissé au monde. 

Le patriote dans une Révolution qui a marqué le monde

Redha Malek est avant tout un intellectuel venu à la Révolution avec tout ce que cela comporte d’abandon de situation sociale. Il était étudiant et inscrit dans deux cursus. Il sera de ceux qui créèrent l’Ugema en s’engageant dans la lutte de libération. Les dirigeants algériens ne se trompèrent pas en lui confiant la direction de la création ex nihilo du journal de la Révolution El Moudjahid. Il en fit une référence et à titre personnel pour avoir lu les trois tomes édités dans les pays de l’Est, j’y ai trouvé une mine d’informations sur l’histoire de l’invasion coloniale, comme ces fêtes et bals donnés par Bugeaud où l’on faisait défiler, comme rapporté par le journal, des Algériens avec une pancarte accrochée au cou portant la mention : « Arabes soumis. » Il y eut des rédacteurs admirables et il n’est pas rare de trouver des éditoriaux signés par de grands hommes, je veux citer Abane Ramdane, Redha Malek, Pierre Chaulet, Franz Fanon et tant d’autres qui ont réussi le tour de force, avec des moyens dérisoires, de donner une dimension planétaire à la Révolution. 

Yves Courrière raconte comment — avec des faibles moyens, en utilisant les possibilités d’une grande ville pour faire le tirage de communiqués — les diplomates algériens, faisant preuve d’audace et naturellement de compétences, damèrent le pion aux Nations unies où ils luttèrent pied à pied contre la propagande de la délégation française en proposant aux diplomates des Nations unies des analyses pertinentes qui contredisaient les arguments de l’adversaire et d’année en année l’Algérie combattante engrangeait les soutiens. Ce sera la même école qui donna une dimension aussi importante que celle du maquis à la Révolution.

C’est donc tout naturellement que Redha Malek sera nommé porte-parole des négociations, d’abord à Melun, puis à Evian. Dans son ouvrage L’Algérie à Evian, Redha Malek raconte comment les négociations furent difficiles – qui n’ont rien à voir avec celles ayant amené à l’indépendance du Maroc et de la Tunisie, voire de la dizaine de pays africains qui le furent d’un coup avec des négociateurs français rompus aux arcanes de la diplomatie et des diplomates algériens qui, pour certains, étaient trentenaires, purent tenir la distance. 

Redha Malek a souligné dans son ouvrage L’Algérie à Evian, véritable mine d’informations, quelques moments difficiles des négociations ; l’entêtement de la France à revendiquer la partition du Sahara, et l’extraterritorialité de la communauté européenne – une enclave française en terre algérienne – qui furent finalement abandonnés par la partie française Zineb Merzouk rapporte aussi des extraits de l’ouvrage : « Les derniers jours, lit-on, des négociations sont ponctués par de la nervosité, des incertitudes, des désaccords de part et d’autre. Et le temps paraît si long… Le samedi 17 mars, l’ambiance est fébrile à l’Hôtel du Parc. Nous devons les revoir et vérifier, en particulier, si les différents amendements qui ont donné lieu à tant de veilles y figurent bien », écrit Redha Malek. Dimanche 18 mars. Les négociateurs se retrouvent en fin de matinée pour une dernière lecture avant le moment tant attendu. (…) » (2)

« Malek qualifie la scène qui suit de spectacle insolite : « les membres de la délégation française nous lisant, tour à tour et à haute voix, les 98 pages des accords. Nous suivons studieusement sur nos documents. (…) Le moment historique arrive enfin. La signature du document. Les membres de la délégation sont surpris de voir les trois ministres français apposer successivement leur paraphe. Quant vient le tour de la délégation algérienne, raconte Redha Malek, Krim a un moment d’hésitation. Dahlab le sort d’embarras, en déclarant que pour ce qui est de l’Algérie, seul le chef de sa délégation est habilité à signer. » Passé l’effet de surprise, « le vice-président du GPRA assume pour la postérité son acte historique, en toute simplicité, sous le regard ému de ses collègues ». Une poignée de main entre les membres des deux délégations, qui s’en étaient abstenus jusqu’ici, scelle l’accord et la réconciliation. Il est 17h30. »(2) 

« On ne fête pas Waterloo, m’avouera, un jour, un des négociateurs français les plus en vue. J’ai trouvé le jugement excessif, mais il décrivait sans doute le sentiment dominant. Pour ce qui est de la délégation algérienne, ses membres affichent clairement leur joie. L’autosatisfaction n’était pas le fort du FLN et, la fatigue aidant, le cœur n’y était plus pour savourer un moment si ardemment attendu. Nos pensées allaient plutôt à nos proches, aux figures amies, aux innombrables compagnons de lutte qui, victimes de l’idéal qui a remué l’Algérie dans ses profondeurs, n’étaient plus là pour assister avec nous à sa concrétisation. Non ! (…) Le lendemain, 19 mars 1962, à midi, la guerre d’Algérie sera officiellement terminée. »(2) 

Au service d’une diplomatie lumineuse des années 1970

Un deuxième volet d’une carrière riche est celui de participer à une diplomatie active héritière de l’aura de la Révolution qui faisait que la voix de l’Algérie portait aux quatre coins du monde et naturellement en Afrique. Ce fut le sommet des chefs d’Etat de l’Opep à la veille de 1973. Ce fut la période du Nouvel Ordre économique international aux Nations unies en 1974 proposé par Boumediene. Ce sera l’élection de Abdelaziz Bouteflika comme président de la session des Nations unies, session qui a vu pour la première fois Yasser Arafat à la tribune des Nations unies. 

Deux évènements mirent Redha Malek aux premières loges. Redha Malek avait de la considération pour le général de Gaulle. Il voyait en lui un adversaire prestigieux qui malgré des tergiversations qui ont fait durer la guerre plusieurs années a été contraint à négocier l’indépendance. En tant qu’ambassadeur en France de 1965 à 1970, avec une équipe de diplomates chevronnés avec notamment Abdelkrim Chitour, Redha Malek raconte qu’après la remise des lettres de créance le général de Gaulle, dérogeant au protocole, lui fit des recommandations sur le rôle leader que l’Algérie devait avoir en Afrique. Ironie du sort, le problème de Mers El- Kebir sera réglé définitivement durant cette période. 

A Evian la France voulait faire de de Mers El-Kebir une enclave. L’Algérie refusa la demande d’un bail de 99 ans, elle accepta un bail de 15 ans, qu’elle ne ratifia jamais. « Notre stratégie, écrit-il, a porté ses fruits puisque Mers El-Kebir a été évacué en 1968. J’étais alors en poste à Paris. Le président Houari Boumediene m’avait chargé de traiter ce dossier avec le général de Gaulle. Au terme d’une série d’audiences, il m’a dit : “Vous voulez que l’on parte ? Eh bien nous partons !”. »

Dans le même ordre de considération, lors du détournement de l’avion d’El Al, de Gaulle avait dans un premier temps demandé à l’Algérie, par l’intermédiaire d’Hervé Alphand, de laisser partir l’avion. L’Algérie demanda à ce que la demande soit officielle. Entre-temps, l’armée israélienne avait attaqué la Jordanie. Ceci fit changer d’avis de Gaulle qui le fit savoir aux Algériens. C’est dire si à l’époque s’agissant des grands équilibres du monde l’Algérie était consultée en priorité parmi les pays africains et arabes. 

La deuxième affaire dans laquelle s’est illustrée Redha Malek sera l’affaire des otages américains en 1980-81. L’aura de l’Algérie jointe au savoir-faire du ministre des Affaires étrangères, Mohamed Seddik Benyahia, avec une équipe de diplomates de talent, dénoua d’une façon apaisée, à la satisfaction des deux parties (Iran et Etats-Unis), la crise. Quatre hommes ont été constamment en première ligne dans les négociations pour la libération des otages : MM. Behzad Nabavi, ministre d'État iranien pour les Affaires exécutives, Warren Christopher, secrétaire d'État adjoint américain, Redha Malek et Abdelkrim Gheraieb, respectivement ambassadeurs d'Algérie à Washington et à Téhéran. Il convient également de mentionner le nom de M. Seghir Mostefaï, qui dirigeait la Banque centrale d'Algérie, et dont les conseils techniques ont été précieux. 

Ce fut à l’échelle planétaire un évènement, les otages américains reçus à Alger et « remis » par Mohamed Seddik Benyahia, notre ministre des Affaires étrangères, au secrétaire d’Etat américain Warren Christopher. On apprendra plus tard que les Américains, malgré la rupture des relations diplomatiques avec l’Iran, eurent un comportement ambivalent en aidant les Iraniens dans leur guerre avec l’Irak, ce sera le fameux scandale Irangate…

Les Américains ne seront pas ingrats, c’est ainsi qu’ils réagirent à la mort de l’ancien chef de gouvernement : « Le département d'Etat a rendu mardi dernier à Washington un vibrant hommage au défunt Redha Malek, saluant son rôle dans le dénouement de la crise des otages américains en Iran. « Nous sommes attristés d'apprendre le décès de l'ancien chef de gouvernement algérien, Redha Malek. Il était un partenaire de longue date des Etats-Unis », a déclaré le porte-parole du département d'Etat, Heather Nauert, peu avant un point de presse qu'il avait animé avec le secrétaire d'Etat Rex Tillerson. Et d'ajouter « bon nombre d'entre vous se rappellent l'important rôle qu'il avait joué dans les négociations ayant mené à la libération des 52 otages de l'ambassade américaine en Iran en 1981 ». M. Nauert a évoqué une rencontre au cours d'un déjeuner entre le défunt Redha Malek et l'ambassadrice américaine à Alger en mai dernier, durant laquelle l'ancien chef du gouvernement est longuement revenu sur les relations algéro-américaines et les perspectives de leur développement. « Il a longuement évoqué la force des relations entre l'Algérie et les Etats-Unis, sa confiance dans le partenariat que nous avons et son renforcement dans les années à venir », a tenu à souligner M. Nauert. Le porte-parole a affirmé que les Etats-Unis partageaient avec l'Algérie cette confiance et le souhait de voir la coopération bilatérale se développer davantage. « Nous sommes d'accord sur cette évaluation et nous adressons nos condoléances à sa famille, à ses proches et au peuple algérien » a-t-il dit

La décennie noire et l’échec de la transition vers un Etat de droit

Les convulsions du pays à la fin des années 1980 amenèrent le FIS aux portes du pouvoir. Le coup d’arrêt donné au processus électoral fut soutenu par plusieurs personnalités politiques et militaires. Redha Malek en fera partie. Il s’est toujours déclaré, sans atermoiement ni calcul politicien, partisan de la séparation entre le politique et le religieux. Il sera nommé après la mort de Mohamed Boudiaf, membre du Haut-Comité d’Etat (HCE), une instance collégiale qui a dirigé l’Algérie de 1992 à 1994. 

Bien plus tard, dans une déclaration à Jeune Afrique, Redha Malek donnera sa vision des évènements : « L’Algérie a lutté pendant huit années, a réussi sa révolution. Mais celle-ci reste inachevée. Car il fallait non seulement arracher l’indépendance, mais aussi organiser une société juste et moderne, et promouvoir les libertés fondamentales. Liberté de conscience, liberté d’opinion, liberté d’expression, justice sociale… Je m’oppose à ceux qui disent que rien n’a été fait, mais il reste encore beaucoup à faire. Nous ne devons pas nous endormir sur l’oreiller de l’indépendance et de la souveraineté. L’indépendance signifie que nous sommes sur la sellette de l’Histoire. Voyez ce qui se passe dans le monde arabe. Il y a eu des dictatures inacceptables, contraires à l’évolution et au progrès. Les Constitutions doivent être respectées au même titre que l’alternance au pouvoir » (3)

« Les portes de la démocratie ont été ouvertes en Algérie en 1991. Mais des forces rétrogrades s’y sont engouffrées. Nous avons été obligés de réagir. Contre vents et marées, nous sommes parvenus à maintenir le caractère moderne de l’Algérie. J’aimerais que nos frères arabes profitent de cette expérience. Ils doivent savoir que la démocratie ne crée pas automatiquement le progrès. Les élections libres sont une chose, mais si le pays, ou l’État, est en crise, comment peut-on les organiser ? Cela peut conduire à une aventure dangereuse. Quant aux islamistes, au nom de quoi se permettent-ils de confisquer une religion ? »(3)

S’agissant de la situation de l’Algérie et après la décennie noire Redha Malek est de ceux qui constatèrent l’échec de la transition du pouvoir militaire vers le civil. Pour lui, la transition qui devait commencer en 1999 avec l’arrivée au pouvoir d’un président civil n’a pas abouti. Fayçal Métaoui écrit à ce sujet : « Pour Redha Malek le blocage ne viendrait pas de “généraux” accrochés à leurs privilèges. Car “Un retrait de l’armée de la décision politique provoquerait une vacuité du pouvoir, que la société civile, encore fragile, et que les partis divisés sur des questions de fond n’arriveraient pas à combler”, il en appelle à une “transition”. Simultanément, les forces démocratiques doivent s’organiser afin de se constituer en force sociopolitique consistante, l’armée, de son côté, devra effectuer graduellement son retrait de façon planifiée. » « Dans quelques années, nous serons quarante millions d’habitants. On ne peut plus diriger quarante millions d’Algériens avec des méthodes vétustes ! » Pour lui, l’inconsistance des institutions, le déclin du sentiment national et la perte du sens civique ne permettent pas une « interprétation sereine » du passé. « Les malheurs indicibles du présent sont automatiquement imputés à la Révolution transformée en boîte de Pandore historique », a-t-il regretté dans la préface du livre.(4) 

Redha Malek formait un bloc monolithique avec l’amour du pays. Renvoyant dos à dos les révisionnistes visant à faire croire que la France nous a donné l’indépendance, et ceux qui veulent faire du combat de tous les Algériens un fonds exclusif au service d’une évanescente famille révolutionnaire dont on peut douter de la valeur ajoutée et qui font dans la fuite en avant exigeant une repentance, il déclare : « Nous n’avons pas de complexe à avoir, et absolument rien à demander. Cela dit, l’adoption d’une loi déclarant le caractère positif de la colonisation est une véritable provocation. Faut-il rappeler le génocide lors de la conquête de l’Algérie, les barriques d’oreilles coupées, les enfumades, les massacres ? Il nous suffit également de rappeler le code de l’indigénat. La France a voulu faire de nous des sous-hommes. »

Avec la disparition de Rédha Malek, l’Algérie perd un de ses derniers repères historiques. Plus que jamais et par les temps qui courent d’anomie du sens d’une perte de repères, il est important que la jeunesse sache que l’indépendance de l’Algérie ne fut pas un cadeau. C’est tout un peuple uni dans l’effort de libération du pays du joug colonial. Plus que jamais l’histoire trois fois millénaire reste à écrire.

1. http://www.lemonde.fr/afrique/article/2017/07/29/algerie-mort-de-redha-malek-negociateur-des-accords-d-evian_5166484_3212.html

2.Zineb Merzouk http://www.jijel.info/forums/thread-505.html

3. http://www.jeuneafrique.com/142387/politique/alg-rie-r-dha-malek-notre-r-volution-est-inachev-e/

 4.Fayçal Métaoui

 http://www.algeriawatch.org/fr/article/pol/anp_presidence/redha_malek_diagnostic.htm

Article de référence :

http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2017/08/02/article.php?sid=217200&cid=41

 

Professeur Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique Alger

 


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15 réactions à cet article    


  • Cateaufoncel 5 octobre 11:54

    "L’autosatisfaction n’était pas le fort du FLN et, la fatigue aidant, le cœur n’y était plus pour savourer un moment si ardemment attendu. Nos pensées allaient plutôt à nos proches, aux figures amies, aux innombrables compagnons de lutte qui, victimes de l’idéal qui a remué l’Algérie dans ses profondeurs, n’étaient plus là pour assister avec nous à sa concrétisation"

    Et puis, on imagine qu’il y avait des lucides qui, voyant le mur qui se dressait, soudainement, devant eux, à leurs pieds, se demandaient, saisis de doutes et d’inquiétudes : - Mais qu’est-ce qu’on va bien pouvoir foutre de cette indépendance ?

    Cinquante-cinq ans plus tard, la question n’a toujours pas trouvé de réponse


    • MagicBuster 5 octobre 11:55

      « Les portes de la démocratie ont été ouvertes en Algérie »

      Ouarf Ouarf Ouarf . . . .Très drôle ..... mais je préfère de loin l’humour juif.

      Bonne journée.


      • MagicBuster 5 octobre 11:56

        « Les portes de la démocratie ont été ouvertes en Algérie »

        Ouarf Ouarf Ouarf . . . .Très drôle ..... mais je préfère de loin l’humour noir.

        Bonne journée.


      • ADEL 5 octobre 14:56

        « Rien n’est plus vil et dangereux que les positions politiques et l’écrit mensongers et perfides.Les balles traitresses et perdues tuent des individus.Par contre, les positions politiques et l’écrit traitres ravagent des nations. » Citation anonyme ou probablement Che Guevarra                                                                                                                                                                       Feu M. Redha Malek, a connu 2 tranches de vies, l’une du devoir patriotique d’avant l’indépendance que le peuple l’en a remercié, en lui confiant, via ses gouvernants imposés ou acceptés, des positions publiques de décision fort lucratives en numéraire et en nature et à levier de puissance au sein de la société.L’autre mêlée, directement ou indirectement mais volontairement  d’une responsabilité morale et politique, qu’on le veuille ou non, à des mains salies par le sang des morts innocents et des disparus sans avoir commis de crimes ou délits, de familles détruites par ce faire,etc.Et pour R. Malek tout comme d’autres « opportunistes » à la Bitat et consorts, la servitude,si ce n’est la vassalisation à un régime autocratique et corrompu instauré par le clan d’Oujda dès 1962, pour se pérenniser sous d’autres formes jusqu’à aujourd’hui.

        Un politique, qui plus est, ayant une expérience éprouvée dans la vie et la résistance à l’oppression et à l’injustice exercées contre les petites gens et à la dignité de quelque homme que ce soit, se doit avant tout :

        __ avoir cultivé en soi le sens du fin discernement et de la clairvoyance politique pour les évènements présents et à venir, et savoir toujours s’en tenir dans une position qui lui permet de jouer le levier de la recherche rapide d’une issue à la paix dans les différends entre compatriotes, quel que soient la gravité et la complexité des évènements et des situations historiques.

        __ avoir été vacciné contre l’appel du koursi en général, et pire encore à l’appel d’un pouvoir illégitime et dictatorial, quel qu’il soit. 

        M. Ait-ahmed et feu M. Abdelhamid Mehri, bien que d’obédience idéologiques peu ou prou éloignées l’un de l’autre, ont pu se rapprocher en ce sens, et auraient eu plus de poids dans leurs initiatives s’ils avaient été épaulés par plusieurs statures historiques d’avant l’indépendance, comme celles de feu MM. Boudiaf et Redha Malek.

        Le pays aurait épargné la vie à la plus grande partie des 200 000 morts, aurair connu moins de dérapages policiers et de nombre de personnes disparues, moins de familles disloquées à jamais, moins de traumatisme psychique béant pour les enfants et les adolescents et adolescentes surtout, moins d’animosité et de haine collectives gratuites entre compatriotes et moins de destruction d’ infrastructures. 


        • bob de lyon 5 octobre 15:43

          Bonjour Monsieur.

          Vous idéalisez la guerre d’indépendance (justifiée) de l’Algérie.

          Compréhensible et normal, si l’on comprend les frustrations, les sacrifices et le poids insoutenable de cette histoire violente subit par la population du pays.

          Je suis de la génération de ces pacificateurs de 18 ans – ouvriers, mécaniciens, fondeurs, plombiers, serruriers, comptables, manœuvres… enrôlés dans l’armée française pour mener à bien une opération de police et de maintien de l’ordre.

          Un souffle au cœur m’empêcha de participer à ces vivifiantes promenades de plein air dans le djebel.

          D’autres, j’en connais beaucoup, voire même dans ma famille, n’en ont pas gardé de souvenirs réjouissants.

          Une constante entendue lors de mes questionnements, un leitmotiv, une rengaine ressassée à l’envi par l’immense majorité de ceux qui allaient ou revenaient : « mais qu’est-ce que l’on est allés f…… là-bas ! ». Le sentiment majoritaire de la population métropolitaine était qu’il fallait en finir et partir d’Algérie.

          J’ai lu des rayons de livres sur ce conflit, de la campagne d’Égypte de Bonaparte ; aux pirateries barbaresques, aux violences des militaires de l’époque et d’après ; aux buts avoués du Prince de Polignac ; à l’établissement des premiers colons,... et dans la Mitidja aux établissements idéalistes et utopiques des apôtres saint-simoniens et proudhoniens… Bien entendu Yves Courrières, mais aussi cette admirable Madame Tillion…, et d’autres sur la résistance algérienne écrite par des combattants du FLN.

          Je croyais avoir épuisé le sujet !

          Mais il y a peu, j’ai cru comprendre que le Général de Gaulle sonna la fin du conflit pour deux raisons.

          Le plan comptable de 1947 modifié 1957 : l’Algérie rapportait moins qu’on ne le pensait, donc inutile de continuer ; ensuite : la bombe atomique. Les colonies n’étaient plus une affirmation de puissance comme au XIXe siècle, cet engin une fois expérimenté replaçait le pays comme puissance internationale.

          L’explication est lapidaire.

          Les événements, les sacrifices et les ressentiments qui courent encore aujourd’hui de part et d’autre de Mare Nostrum sont abondants.

          Sincères condoléances pour Monsieur Rheda Malek.


          • Cateaufoncel 5 octobre 18:38

            @bob de lyon

            « Mais il y a peu, j’ai cru comprendre que le Général de Gaulle sonna la fin du conflit pour deux raisons. »

             Il y en avait au moins une troisième. Relisons Alain Peyrefitte « C’était De Gaulle », éditions de Fallois (Fayard) 1994, tome 1 page 52

             

            « Qu’on ne se raconte pas d’histoires ! Les musulmans, vous êtes allé les voir ? Vous les avez regardés, avec leurs turbans et leurs djellabas ? Vous voyez bien que ce ne sont pas des Français ! Ceux qui prônent l’intégration ont une cervelle de colibri même si ils sont très savants. Essayez d’intégrer de l’huile et du vinaigre. Agitez la bouteille. Au bout d’un moment, ils se sépareront de nouveau. Les Arabes sont des Arabes, les Français sont des Français. »


          • bob de lyon 5 octobre 19:43
            @Cateaufoncel

            Bonsoir et merci du rappel... J’adopte la troisième solution.

            Quant à : « Ils se sépareront de nouveau... »

            - 1962 - moins de 200 000 maghrébins résidaient en France. Aujourd’hui, après l’indépendance : quelques millions... 

            - 2016 - 775 000 demandes de visas déposées à l’ambassade de France à Alger
            (service externalisé) ; 620 000 accordées (source : Le Matin d’Alger).

            Solution. ?

          • Cateaufoncel 5 octobre 22:36

            @bob de lyon


            « Solution. ? »

            Il n’y a pas de solution en soi pour l’immigration algérienne, mais pour l’immigration en général, oui. Certains - mus par des motifs idéologiques, bien plus qu’humanitaires - affirment qu’on ne peut rien faire, ou presque. Mais c’est faux. J’ai imaginé une solution, il y en a certainement d’autres.

            Mon idée, c’est de frapper les deux maillons vulnérables de la filière : les employeurs et les logeurs. Dans un premier temps, il faut suspendre l’immigration. ce qui est une mesure plus symbolique qu’autre chose.

            Dans la foulée, il faut inscrire, dans le code pénal, le délit d’immigration clandestine, ce qui en soi n’implique pas grand-chose non plus, mais qui permet alors de lancer des poursuites contre les employeurs et les logeurs de clandestins, c’est-à-dire contre les « esclavagistes » et les marchands de sommeil, qu’il s’agira de frapper de sanctions pécuniaires exorbitantes et pour ceux qui se seraient rendus insolvables, de lourdes peines de prison ferme.

            Les flots se tariront très vite, puisque sans travail ni domicile, il n’y a rien à faire dans un pays.

            Les clandestins « rescapés » seraient, pour leur part, encouragés à la dénonciation de leurs exploiteurs et recevoir en guise de primes l’équivalent de plusieurs années de travail dans leurs pays d’origine. A titre d’exemple, le salaire mensuel moyen des pays de l’Afrique noire francophone est compris entre une centaine de dollars pour la Côte d’Ivoire et une trentaine de dollars pour le Niger...

            Telles sont les grandes autour desquelles je pense qu’on pourrait mener une réflexion au service d’une réelle volonté politique de lutter contre l’immigration, qu’on a jamais observée jusqu’à présent sous la Ve République


          • marceau 5 octobre 18:13

            -L’oppression, la vraie, fut celle subie par les esclaves chrétiens enlevés en nombres, par les Régences d’Alger, de Tunis et de Tripoli entre le début du 16 et le début du 19 siècles, lors d’incessantes razzias et d’actes de pirateries que rien ne parvint à faire cesser.

            -L’oppression ce fut aussi celle subie, pendant encore plus longtemps , par les juifs vivant dans ses Régences et soumis à un système discriminatoire et ségrégationniste.

            -La France entre le début du 17 et le début du 19 siècles signa 80 Traités de paix avec l’une ou l’autre de ces 3 Régences (ce qui fait un Traité de paix signé tous les 2,5 ans) qui tous restèrent lettre morte. Ces Régences n’ayant d’autres revenus que ceux provenant des razzias sur les côtes européennes, , de la piraterie des navires de commerce européens, et des rançons obtenues en échange de la libération de ces esclaves.

            -Les accords de paix ne servant à rien, la France, en premiére ligne, décida d’intervenir militairement .Intervention saluée par toutes les puissances européennes victimes des mêmes exactions, que la France, de la part de ces Régences toutes alliées au pouvoir ottoman qui occupait une large partie de l’Europe orientale (Grèce, Roumanie, Bulgarie...).Cette intervention permis de rétablir la paix et la sécurité en méditerranée occidentale .

            -L’action de la France ne fut pas une opération oppressive mais bien libératrice. Si elle avait opprimé les populations indigènes, la France serait toujours en Afrique du nord et les populations indigènes auraient été chassées, massacrées, comme les turcs le firent contre les populations chrétiennes qu’ils avaient colonisés (massacre des arméniens, des grecs, expulsion des survivants).

            -Au lieu de cela nous avons permis à la population indigènes d’être multipliées par 7 ou 8 en seulement 130 ans. Nous avons mis en place un système sanitaire efficient comprenant plusieurs centaines de dispensaires, plusieurs dizaines de cliniques, d’hôpitaux, des campagnes de vaccination mises en place par une annexe de l’Institut Pasteur, un système de sécurité sociale. Tout cela profitant autant aux européens qu’aux indigènes, bien évidemment .

            -En 1830 la Régence d’Alger avait « perdu » l’usage de la roue, faute de routes praticables.La France mis en place un réseau routier et ferroviaire performant.

            -En 1830 il n’existait aucun système scolaire (sauf les écoles religieuses qui ne sont pas des écoles au sens ou nous le comprenons), après l’extension de l’obligation scolaire décidée par Jules Ferry en 1891, la France mis en place en sytéme qui couvrait tous les niveau de l’enseignement, du primaire au supérieur . La Faculté de médecine d’Alger était le 2éme de France après Paris .

            -Cela étant dit, pourquoi des algériens, bien que très minoritaires (il y eut toujours beaucoup plus d’algériens combattant avec la France que contre) , voulurent leur indépendance ?

            La réponse nous fut donnée par Abdel Kader, lors du Traité de Tafna en 1837.Il expliqua à Bugeaud que , la guerre reprendrait parce que : « l’islam interdisait à un musulman d’être sous l’autorité d’un non musulman » !


            • bob de lyon 5 octobre 19:55
              @marceau

              C’est un fait que si les Français n’étaient pas intervenus c’est l’Angleterre ou les Etats-Unis qui l’auraient fait.

              Quelques boulets expédiés par la Navy ont traversé le ciel d’Alger et des frégates américaines croisaient avec des navires de commerce pour contrer la piraterie... ils étaient prêts à débarquer.

              Mais je crois que le traitement des Algériens considérés comme indigènes dans un département français est la raison fondamentale du soulèvement... 



            • marceau 5 octobre 21:59

              -Mais « indigène » veut dire « originaire de... » en Afrique du nord les indigènes étaient les musulmans berbères, arabes 

              -En France les« indigènes » sont des français blancs d’origine européenne, en Asie ce sont des asiatiques.....il n’y a aucune signification péjorative au terme d’indigène .

              -Les indigènes de la Régences d’Alger vécurent sous domination ottomane, pendant prés de 3 siècles, les troupes ottomanes mirent le pays en coupe réglée , dévastant, surtaxant, pillant, les populations et le pays. Les algériens ne se révoltèrent pas parce que les ottomans étaient musulmans comme eux .

              -La situation des populations indigènes d’Algérie s’est plus améliorée pendant les 130 ans de présence française que pendant les 1000 ans qui l’ont précédée .

              -Précisons que jusqu’en 1830, jusqu’à l’intervention française, la plupart des chrétiens vivant dans la Régence d’Alger étaient des esclaves , à partir de 1830, ces esclaves deviennent les maitres du pays, ce qui fut difficile à supporter pour les anciens maitres musulmans. C’est la première fois dans l’histoire que des esclavagistes, des maitres tombèrent sous la domination de leurs esclaves !


              • covadonga*722 covadonga*722 6 octobre 09:43

                 je regretterais toujours que les anglo-saxons n’aient pas colonisé le Maghreb , nos soucis dans nos banlieue seraient a la hauteur de ceux posés par les restes de tribus amérindiennes.


                • Orageux / Maxim Orageux / Maxim 6 octobre 12:25

                  En 1815 Les Anglais et les Hollandais sont venus saluer à leur façon l’Intendance en bombardant Alger en représailles des exactions commises par la piraterie Algérienne....

                  Il aurait fallu que l’Algérie tombe sous la coupe des Anglais pour se rendre compte un peu de la différence ...

                  Nous avons été bien trop gentils ou bien trop cons !!!

                  Vous avez votre indépendance et vous n’êtes même pas foutus de donner une vie décente a vos enfants , vous avez au nom d’un idéalisme à la con laissé tomber en ruine toutes les structures modernes laissées par la France.....

                  je suis moi même allé en AFN comme tous les gars de ma génération, tout ça pour des prunes, votre beau pays, vous n’êtes pas capables de le diriger ni même d’en titrer les ressources, vous préférez venir en France là où nous sommes bien assez cons pour offrir des avantages sociaux à des gens qui nous chient dessus et même viennent nous égorger, et soutenus par la Gauche Française , celle des déserteurs, des objecteurs de consciences et des salopes qui se font engrosser !

                  J’ai honte de ce que la France est devenue !!!!


                  • ADEL 6 octobre 14:01

                    @auteur de l’article                                                          Agoravox est un journal participatif ; il ne suffit pas de « pondre » un article et aller se dérober douillettement.Il est d’importance que l’auteur défende ses thèses, argumentaire à l’appui, sans bravade ni rancune.Des questionnement et des interpellations, pour les uns légitimes pour les autres, de parlotte raciste pleine d’inculture historique et de dynamique des civilisations humaines, devraient normalement nécessiter de votre part des réactions de dialogue ou de débat.J’ai des réponses complètes assez pleines d’éléments pouvant balayer des assertions autant ineptes que subjectivistes ; mais je ne les ferai pas à votre place.


                    • marceau 6 octobre 18:22

                      -Les f de P du fln n’avaient d’autres ambitions que de nettoyer ethniquement l’Algérie de toute présence française, chrétienne, exactement comme le firent les ottomans en 1924.C’est la haine qui prévalait plus que tous les arguments bidons avancés .

                      -Les accords d’Evian prévoyaient la sécurité des personnes et des biens (européens comme algériens)restant en Algérie. Au lendemain de la proclamation de l’indépendance , les hordes musulmanes se sont précipité sur les européens qui étaient restés, confiants dans les termes des accords d’Evian , et les ont massacrés , torturé, supplicié de façon indicible, volant, pillant dévastant tout ce qui leur appartenait.

                      -Après les européens ce furent le tour des algériens pro français, des harkis, d’être massacrés, suppliciés, torturés par les hommes de main du fln, là aussi l’horreur échappe à toute description.

                      -Du reste, il suffit d’être un peu informé sur la situation des chrétiens d’orient vivant, depuis 14 siècles sous le joug coloniale arabo-musulman, victimes d’incessantes discriminations, de terribles persécutions, de massacres, de pillages de tueries sans nom pour comprendre que colonisés ou colonisateurs la haine de l’islam est des musulmans envers les non musulmans fût partout et de tout temps la même .

                      -J’ai plusieurs amis coptes d’Egypte, maronites du Liban , chrétiens palestiniens, jordaniens , irakiens qui se sont installés en France et qui m’ informent, m’expliquent de ce qu’ils ont vécu ,depuis toujours, de la part des musulmans !

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