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Accueil du site > Tribune Libre > Regarder Mélenchon avec les lunettes de M. Le Sauvage

Regarder Mélenchon avec les lunettes de M. Le Sauvage

Se mettre dans la peau de M. Le Sauvage[1], c'est adopter le point de vue naïf d'un observateur qui serait totalement étranger à notre civilisation et en ignorerait forcément tous les codes. On n'imagine pas à quel point nous sommes conditionnés, et parfois enfermés dans des pièges dialectiques mortifères par la simple adhésion à des idées reçues dont personne ne penserait plus à vérifier le bien-fondé. Ainsi sommes-nous souvent décontenancés par les questions posées par nos enfants, à un âge où ils n'ont pas encore été formatés par ces codes.

Ce sont deux drôles d'animaux bien bêtes que l'homme et le lapin une fois qu'ils sont pris par les oreilles. (Mirabeau)

Le présent article résulte donc d'une simple question, question qu'un enfant de 5 ans aurait pu poser ; et c'est également une tentative d'y apporter une réponse, quitte à ce qu'elle soit dérangeante. J'ajoute que s'agissant de personnages politiques, il vaut mieux s'en tenir aux faits qu'aux grandes déclarations des intéressés quant à leurs idéaux ou à leur probité.

Tout est parti d'un article du Point - Mélenchon juge que Macron « a le point pour l'instant »

Emmanuel Macron a réussi à mettre en place ses réformes libérales et « a le point pour l'instant » , a dit dimanche le chef de file de la France insoumise Jean-Luc Mélenchon sur France info.

Dans lequel on comprend que la résignation serait acceptable, serait une ligne politique, un moyen d'action, que dis-je, un moyen de ne surtout pas bouger. C'est juste révoltant, quand on y songe, et de fil en aiguille, je me suis surpris à poser la question qui tue, celle que tout militant devrait se poser à son tour, à charge pour lui de tenter d'en trouver une qui le satisfasse, ce que je ne suis pas parvenu à faire.

Révolution ou anesthésie des forces vives ?

Au premier tour de l'élection présidentielle, ce sont 7 millions d'électeurs qui se sont exprimés en faveur de Jean-Luc Mélenchon. On peut raisonnablement penser que parmi eux, on ne sera pas en peine de trouver au moins 2 millions de militants/sympathisants actifs. Deux millions de personnes déterminées dans un pays comme la France, c'est plus qu'il n'en faut pour représenter une opposition de fait, capable de changer la donne, voire de renverser un gouvernement, et imposer un infléchissement significatif de la politique en faveur d'une société plus juste.

La question étant alors de savoir pourquoi l'intéressé ne fait rien, strictement rien, de ce pouvoir formidable de mobilisation ?

Eh oui, JLM sait mieux que tout autre qu'il participe à un jeu dont les règles ont été écrites par le pouvoir à son seul usage, et que les dés sont pipés, ne serait-ce qu'en raison de la concentration de tous les médias aux mains de quelques milliardaires qui font la pluie et le beau temps dans l'opinion.

Qui a dit qu'il fallait gagner les élections pour faire la révolution ? Ce serait bien une première, il me semble. Ah il aurait eu une belle tête, le « Che » : on l'aurait probablement retrouvé comme petit médecin de campagne souffreteux quelque part dans l'Altiplano, et quant à Fidel, il serait devenu un petit avocat vivotant sur des affaires de divorces dans la banlieue de Miami. Sacré farceur !

Pour le dire autrement, on nous fait prendre des vessies pour des lanternes, et l'élection pour une fin en soi quand ce n'est qu'un moyen politique[2]. Et c'est le premier devoir d'un authentique leader révolutionnaire que d'adopter tout moyen propre à servir la cause. Je ne parle pas ici de révolution façon cubaine, ou façon 1789, mais tout simplement d'étendre le domaine de la lutte sur tous les terrains où l'on peut marquer des points, de manière très concrète. Manifestations, grèves tournantes, désobéissance civile, le tout pacifiquement, dans l'esprit d'Étienne de La Boétie.

Soyez résolus à ne plus servir, et vous voilà libres. Je ne vous demande pas de le pousser, de l’ébranler, mais seulement de ne plus le soutenir, et vous le verrez, tel un grand colosse dont on a brisé la base, fondre sous son poids et se rompre.

On peut aisément imaginer mille façons de renverser sans coup férir tel gouvernement qui voudrait ramener la France où elle était à l'époque de Zola, dirigée par une petite clique de banquiers à la solde des multinationales, un pouvoir toujours plus répressif, détruisant méticuleusement les conquis sociaux, paupérisant la classe des travailleurs en s'appuyant sur une élite elle-même jetable.

Imaginez un instant que deux millions de Français décideraient de ne plus payer leurs impôts, mais de les centraliser comme trésor de guerre à la façon des syndicats pour aider ceux d'entre eux qui seraient poursuivis par l'État. Oh, les juges feraient bien leur office, sans doute, il y aurait des saisies, et peut-être même quelques peines de prison pour l'exemple... Mais si ces deux millions ne cèdent rien, et s'engagent à aider ceux qui seraient dans des difficultés suite à la répression, que se passerait-il ? Game over, vous avez compris.

Révolutionnaire en carton

Je ne doute pas un seul instant des convictions et de la bonne foi de l'immense majorité des sympathisants/militants de la France Insoumise mais je pense qu'ils sont les victimes encartées d'un manipulateur en carton, qui en imposant l'immobilisme, se place en allié objectif du pouvoir. Une amusette, comme je l'avais déjà écrit à son sujet. Une opposition fantoche placée là pour empêcher l'émergence d'une gauche véritablement révolutionnaire, qui serait, par essence, incontrôlable.

Être révolutionnaire ce n'est pas débouler à l'Assemblée Nationale débraillé et sans cravate, avec un paquet de pâtes et une boîte de cassoulet ; ou faire un esclandre sur un chiffon bleu. Ce n'est pas dire « nous avons échoué » quand le seul qui ait jamais échoué, c'est lui, et que ceci impliquerait que l'opposition devrait se complaire durant cinq ans dans l'immobilisme total, en attendant pour le Lider une énième occasion de se prendre un rateau à la présidentielle.

Je n'ai que peu de respect pour les dirigeants de droite, et aucun pour leurs idées, mais j'en ai moins encore pour les gens qui se disent de gauche tout en faisant le jeu de la droite. Il s'agit là d'une caractéristique qu'on retrouve presque systématiquement chez les trotskystes.

Notes

  • [1] Est un clin d'oeil au personnage d'Aldous Huxley dans Le Meilleur des Mondes, une dystopie écrite en 1931.
  • [2]Notez que si le moyen de l'élection ne sert que les ambitions d'un homme, la cause, qui est la fin en soi, vise l'intérêt général. Confondre les deux est un puissant révélateur.
Références : 
 

Article original sur LeVilainPetitCanard
Page Facebook
 
Rem : cet article est une opinion, pas un article informatif. J'y développe une seule question qui devrait faire tilt chez les gens de gauche qui cherchent toujours à savoir si JLM est un politicien révolutionnaire ou un caniche. On peut être d'accord, ou pas d'accord, il est difficile de nier les faits présentés, ou plutôt, l'absence de faits.

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137 réactions à cet article    


  • Jeussey de Sourcesûre Jeussey de Sourcesûre 20 novembre 08:32

    Ce billet d’humeur reflète le sentiment de nombreuses personnes, à commencer par les abstentionnistes dont c’était déjà le point de vue avant les dernières élections (et après les avant-dernières).


    Malheureusement, quand l’auteur écrit : « qui devrait faire tilt chez les gens de gauche » il exprime un phénomène qui s’est déjà produit. Le flipper a bien fait « tilt » et les joueurs ont arrêté de jouer. Une machine qui fait « tilt » parce qu’on l’a trop secouée n’a jamais révélé aux joueurs les mécaniques secrètes qui empêchent de marquer de points, et encore moins permis de comprendre qu’il ne fallait pas remettre de pièce dan la même machine.

    « L’âme du souverain est un moule qui donne la forme à toutes les autres. »

    Lettres persanes - Montesquieu (qui avait déjà rencontré M. Le Sauvage)


    • Philippe Huysmans Philippe Huysmans 20 novembre 08:52

      @Jeussey de Sourcesûre

      Vous avez raison sans doute, mais j’ai bien peur que ce piège dialectique ne reste la cage dans laquelle beaucoup de Français se croient toujours enfermés. Comme si une élection avait jamais apporté quelque « conquis social ». Comme si l’élection était la seule voie ? 

      Un ami communiste me disait : Macron en est à tondre un oeuf, quand il comprendra que ce n’est pas très porteur, il s’attaquera à ce qui reste de la classe moyenne, la bobocratie qui a veauté pour Mélenchon, peut-être alors qu’ils rallumeront leur cerveau droit ?

      Quand est-ce que les gens réaliseront qu’ils n’ont jamais perdu le pouvoir, que même s’ils le voulaient, ils ne pourraient le donner ? Qu’on reste nos maîtres, et que la seule façon (efficace) de nous maintenir dans l’esclavage est de nous diviser ? C’est à pleurer de rage.


    • Lugpapa 20 novembre 09:17

      @Jeussey de Sourcesûre

      Les abstentionnistes seul les perdant les font parler ainsi, en général il ne croient pas ou se ne se préoccupent pas de la politique ou sont satisfait du choix des autres. Dans tous les cas ils ne sont pas des supporters de Mélenchon sinon ils ne seraient pas abstentionnistes.. 

      Après dire en que 2 millions de personnes devrait faire tomber un gouvernement c’est une drôle de conception de la démocratie, ceder face à ces passéistes a fait tomber les deux derniers président, en réalité c’est le contraire, Macron l’a bien compris et d’ailleurs à chaque fois qu’il y a une pseudo mobilisation elle faiblit et lui monte dans les sondages. 

    • Philippe Huysmans Philippe Huysmans 20 novembre 09:36

      @Lugpapa

      Mais parce que justement la démocratie ce n’est PAS s’en tenir à un monopoly truqué ! Le droit à manifester, le droit à la grève sont inscrits dans la constitution et sont la base même de la démocratie.

      Vous savez, quand dans les peuplades primitives, le chef décidait d’un raid sur un territoire, si un des guerriers n’était pas d’accord, il restait simplement sous sa tente comme Achille lors du siège de Troie. C’est cela, la liberté. Après la définition de la légalité, gardez-les pour votre cheval, l’esclavage était légal, la peine de mort aussi, la déportation des juifs aussi, la liste est interminable des crimes qu’on a commis le plus « légalement » du monde.

      Cet article pointe simplement que la démocratie ne se limite pas à la carotte et au bâton que sont respectivement le système électoral et le droit répressif pour maintenir les ânes sous la férule du maître.

      Mettez un poisson rouge dans un verre d’eau, il tourne. Plongez le verre d’eau délicatement dans un grand aquarium, cet idiot continuera de tourner dans le verre.


    • Lugsama Lugsama 20 novembre 12:21

      @Philippe Huysmans

      Je passerait sur votre passage crétinisant sur l’esclavage et la Shoa.. J’ai rien contre le droit de grève, tant que cela reste dans la légalité. Les blocages ne sont pas dans la constitution, et il y a des sanctions contre cela, pour une fois qu’un gouvernement fait comprendre aux camionneurs qui empêchent les autres de travailler qu’ils vont perdre leur permis comme le droit l’impose, le gouvernement remonte dans les sondages, interrogez vous pourquoi.

      Après si on veux gouverner on gagne les élections, sinon il vous reste la literrature sur les nazis et la guerre de Troie, si ça vous occupe tant mieux.


    • Xenozoid Xenozoid 20 novembre 12:49

      @Lugsama
      tu sais les sondages, c’est comme les promesses


    • Philippe Huysmans Philippe Huysmans 20 novembre 13:54

      @Lugsama

      J’ai parlé de déportation, rien à voir avec la shoah, on parle bien de droit français, ce sont bien des gendarmes français qui ont envoyé les juifs à Drancy. Désolay si ça pique un peu au popotin.

      Vous aussi vous aimeriez bien qu’on croie qu’il n’est point de salut hors du jeu électoral, eh ? Sauf qu’il n’en est rien, ce n’est là qu’une carte à jouer.

      Oui oui les grèves sont légales, les blocages aussi, dès qu’on est assez à bloquer et, croyez-le ou pas, les révolutions sont légales (dès le lendemain de la révolution). Incroyable hein ?


    • Onecinikiou 20 novembre 23:53

      @Philippe Huysmans


      Dieu sait que l’antifascisme de pacotille est le dernier moyen par lequel le pouvoir oligarchique jouit de s’y maintenir, en divisant précisément le camp souverainiste, et en opposant les deux fractions qui résultent de cette césure de manière parfaitement factice, même si redoutablement efficace. 

      Je suis curieux. Vous êtes belge, si vous aviez eu l’occasion de voter au second tour, qu’auriez-vous fait... ? 

    • Lugsama Lugsama 21 novembre 06:17

      @Philippe Huysmans

      Non les blocages ne sont pas légaux, et si vous ne voyez pas le rapport entre deportation de juifs et la Shoah c’est assez parlant..

      Après libre a vous de vouloir vivre en dehors de la Loi, mais faudra pas pleurer si la Justice fait son travail.


    • Philippe Huysmans Philippe Huysmans 21 novembre 08:45

      @Onecinikiou

      Au second tour ? Abstention à tous les coups.


    • Philippe Huysmans Philippe Huysmans 21 novembre 09:03

      @Lugsama

      Sujet n’ayant rien à voir avec l’article, allez devant on vous rejoint ! (ou pas).


    • Ar zen Ar zen 22 novembre 09:40

      @Philippe Huysmans

      Il faudrait quand même que vous expliquiez à votre ami communiste que la France appartient désormais à un système supranational et ce que signifie l’appartenance à un système supranational. Sinon votre ami restera bête toute sa vie et ne pourra pas prendre les bonnes décisions le concernant. 

      Macron n’est qu’un opérateur, il n’a aucune idée, il applique celles des autres, qui, eux, en ont à foison !

    • Philippe Huysmans Philippe Huysmans 22 novembre 09:52

      @Ar zen

      Lequel ? J’en ai quelques-uns des amis communistes, vous savez. Mais si l’on parle de celui avec qui j’avais discuté de l’électorat de Macron (et qui accessoirement a relu mon article avant publication), ne vous tracassez pas pour lui, il a une culture politique encyclopédique, et accessoirement, n’est membre d’aucun parti.

      Vous savez on peut être bien à gauche et n’adhérer à rien... Moi j’aime bien les cocos, mais je n’ai aucun goût pour la dictature, par exemple. Je me range classifierais dans les « arnarchistes communautaires », soit ce qui existait au début de la révolution russe, et ce qui a existé en Espagne en 1936.

      Je ne crois que fort peu au « chef providentiel » qui va tout régler pour que nous on n’ait qu’à applaudir quand c’est fini : en général quand on vous présente la facture, c’est rédhibitoire.


    • Ar zen Ar zen 22 novembre 13:15

      @Philippe Huysmans

      Je suis comme vous, je ne crois pas au chef providentiel qui va tout régler. 

      Il reste les « lanceurs d’alerte », crédibles ou pas crédibles d’ailleurs, dont il suffit de vérifier les allégations. 

      En revanche, chacun de nous peut mettre sa réflexion à l’ouvrage pour constater que la France appartient désormais à un système supranational. Ce qui veut dire que Macron ne décide pas de la politique économique et monétaire de la France ni même de la politique étrangère. 

      A quel moment les Français, comme les Belges d’ailleurs, vont-ils se rendre compte que le rôle du gouvernement français et de l’assemblée nationale est réduit à peau de chagrin ? Que les décisions sont prises ailleurs ? Les médias dominants le cachent et votre ami communiste, que vous avez cité, ferait bien de prendre un peu de recul et d’examiner ce qui est du ressort de Macron et de celui de la Commission européenne et des traités européens. 


    • Philippe Huysmans Philippe Huysmans 22 novembre 13:38

      @Ar zen

      On pourrait faire long, mais pour faire court, disons qu’au premier tour il a voté FA, ça vous dit assez qu’il a compris comment fonctionnait le bouzin.

      Je suis conscient que la situation est plus ou moins la même chez nous, et si j’écris principalement en France, c’est parce que la Belgique est juste suiviste : si ça change chez vous, ça changera chez nous, c’est aussi simple que ça.


    • Ar zen Ar zen 22 novembre 20:19

      @Philippe Huysmans

      Il fait donc partie des communistes qui ont soutenu Asselineau. Il y en a eu beaucoup. L’esprit CNR était encore vif chez ceux là. Les communistes, qui rappelons le et soulignons le , était opposés à l’origine à la construction européenne, pour des raisons qui sont aujourd’hui toutes vérifiées. 

      D’accord avec vous sur le fait que si la France sortait de l’UE, le Belgique suivrait ,mais pas seulement elle. Je pense que tout l’édifice se casserait la figure. 

      Est-ce que vous connaissez Jean Duret. Il faut lire ce qu’il a écrit et pensé de la Communauté européenne, aujourd’hui Union européenne, avant la signature du traité de Rome. Il avait pratiquement tout prévu et anticipé ! Ce n’est donc pas un hasard si l’U.E est comme elle est. Ses concepteurs ont bien réussi leur coup ! 


    • Laulau Laulau 20 novembre 08:53

      La critique est aisée mais l’art est difficile. L’auteur aurait pu, ne serait-ce qu’en prémisses nous donner le début du commencement de ce qu’aurait du faire Mélenchon qui aurait pu, éventuellement, peut-être, avoir son assentiment.


      • Philippe Huysmans Philippe Huysmans 20 novembre 09:28

        @Laulau

        Et c’est naturellement ce que j’ai fait :

        "Et c’est le premier devoir d’un authentique leader révolutionnaire que d’adopter tout moyen propre à servir la cause. Je ne parle pas ici de révolution façon cubaine, ou façon 1789, mais tout simplement d’étendre le domaine de la lutte sur tous les terrains où l’on peut marquer des points, de manière très concrète. Manifestations, grèves tournantes, désobéissance civile, le tout pacifiquement, dans l’esprit d’Étienne de La Boétie.« 

        Et aussi :

         »Imaginez un instant que deux millions de Français décideraient de ne plus payer leurs impôts, mais de les centraliser comme trésor de guerre à la façon des syndicats pour aider ceux d’entre eux qui seraient poursuivis par l’État. Oh, les juges feraient bien leur office, sans doute, il y aurait des saisies, et peut-être même quelques peines de prison pour l’exemple... Mais si ces deux millions ne cèdent rien, et s’engagent à aider ceux qui seraient dans des difficultés suite à la répression, que se passerait-il ? Game over, vous avez compris."

        Tout y est, Lalau.


      • Laulau Laulau 20 novembre 09:44

        @Philippe Huysmans
        Et avec quelle baguette magique réalisez-vous ces prodiges ? Vos propositions sont les bonnes, c’est bien ce qu’il faut faire, mais elles ne se décrètent pas. Si des millions de gens se mettaient en grève ou se rebellaient contre l’état tout serait plus facile. Mais qu’est-ce que vous attendez pour vous y mettre ?


      • Fergus Fergus 20 novembre 13:09

        Bonjour, Philippe Huysmans

        Laulau a raison, ces actions ne se « décrètent pas ».

        Or, il faut se rendre à l’évidence : les Français sont soit indifférents au sort des plus modestes d’entre eux, soit résignés, y compris dans les rangs de ceux qui vivent dans la précarité.

        On en voit le résultat dans les manifestations contre les ordonnances de Macron avec des cortèges étiques, principalement constitués de militants syndicaux.

        Manifestement, la mayonnaise ne prend pas, et cela laisse augurer de nouvelles désillusions. A moins que...

        A moins qu’un évènement, même d’importance mineure, ne mette le feu aux poudres au moment où l’on s’y attend le moins. C’est ce qui s’est passé en 1848 avec une révolution que, Tocqueville mis à part, personne n’a vu venir. Or, l’on est à peu près dans la même situation, et c’est pourquoi j’ai écrit il y a quelques années cet article : Climat social : l’avertissement lucide de... Tocqueville.



      • Philippe Huysmans Philippe Huysmans 20 novembre 14:10

        @Fergus

        Il n’est toujours pas question de décréter mais de mobiliser. Et l’on ne peut dire qu’on va échouer avant même d’avoir essayé. Et si on ne le fait pas, alors on a mis parfaitement au clair qu’on est un pantin.

        On en revient à la solidarité qui est la clé de la liberté, en opposition avec l’individualisme forcené qui est le moyen de notre asservissement.


      • Fergus Fergus 20 novembre 18:44

        @ Philippe Huysmans

        « Décréter » n’est en effet pas le mot le plus juste, mais en l’occurrence il est employé dans le sens de « lancer un mot d’ordre ». L’objectif dans les deux cas est bien de « mobiliser ».


      • Philippe Huysmans Philippe Huysmans 20 novembre 19:32

        @Fergus

        Et donc l’extension du domaine de la lutte ne pourrait se faire sous forme de mobilisation à l’appel d’un leader, c’est çà que je dois comprendre ? Parce que du coup, qu’est-ce qu’il peut encore faire le leader politique ? Perdre aux élections et retourner dans sa niche pour cinq ans ?

        Drôle de conception qui illustre le piège dialectique que j’exposais au premier paragraphe. Notez que c’est une conception assez « européenne », et récente. Qu’il se trouve des militants pour l’accepter, voilà qui est assez étrange !


      • Fergus Fergus 20 novembre 20:17

        @ Philippe Huysmans

        Curieuse et un tantinet discourtoise, votre manière de déformer mes propos !

        Vous m’avez repris sur l’emploi - maladroit - du mot « réformer » et j’ai reconnu bien volontiers que je l’ai apparenté à « lancer un mot d’ordre ».

        Le but est évidemment de tenter de mobiliser les citoyens, de les convaincre de la nécessité d’engager une lutte solidaire pour combattre les contreréformes qui menacent les classes populaires. Je n’ai jamais dit le contraire, et bien sûr jamais contesté de tels mots d’ordre !


      • Philippe Huysmans Philippe Huysmans 20 novembre 20:41

        @Fergus

        Pas du tout du mot « réformer » mais bien « décréter ».

        Mais je ne vois pas où j’aurais été discourtois, je ne comprenais pas le point, ce que vous essayiez de dire, voilà tout.


      • Fergus Fergus 20 novembre 20:56

        @ Philippe Huysmans

        Désolé pour la confusion des mots dans le précédent commentaire.


      • Philippe Huysmans Philippe Huysmans 20 novembre 20:57

        @Fergus

        Aucun problème en relisant le fil j’avais vu qu’il sagissait d’une coquille. Bonne soirée.


      • Philippe Huysmans Philippe Huysmans 20 novembre 20:58

        @Philippe Huysmans

        Et je m’y mets aussi :) -> coquille

         smiley


      • L'enfoiré L’enfoiré 21 novembre 13:40

        @Laulau,

         Bonne question.
         Il y a un problème : Huysmans fait partie du système.
         C’est un informaticien.
         Si vous ne le savez pas, le numérique est une idéologie qui ne fait pas dans l’humanitaire et le social..


      • ysengrin ysengrin 20 novembre 08:56

        toujours pas à la retraite le sénateur révolutionnaire...... ?


        fatigué, un peu semble t il....

        • ysengrin ysengrin 20 novembre 08:57

          @ysengrin



          sénateur révolutionnaire ...des beaux quartiers....

          quand même....

        • Laulau Laulau 20 novembre 09:08

          @ysengrin
          Qu’on se le dise, je ne répondrai pas aux ritournelles mensongère made in FN.


        • Jeussey de Sourcesûre Jeussey de Sourcesûre 20 novembre 09:14

          @ysengrin

          En France aujourd’hui, tous les partis, révolutionnaires ou pas on un sénateur à leur tête. Dans les mouvement politiques comme dans le corps humain, les maladies les plus graves viennent de la tête.


        • pastounak pastounak 20 novembre 13:38

          @Jeussey de Sourcesûre

          30 ans de squattage comme sénateur, le révolutionnaire franc-maçon qui a voté Maastricht est un peu en retard..

          Ce type est une mascarade.

        • capobianco 20 novembre 20:29

          @pastounak

          Sauf que JLM n’est plus sénateur depuis longtemps.
          Mais « on » fait comme si .....C’est qui la mascarade ?

        • bob14 bob14 20 novembre 09:38

          Regarder Mélenchon malgré ses lunettes, reste aveugle devant la réalité des choses ?


          • sleeping-zombie 20 novembre 10:29

            Bonjour

            Je n’ai que peu de respect pour les dirigeants de droite, et aucun pour leurs idées, mais j’en ai moins encore pour les gens qui se disent de gauche tout en faisant le jeu de la droite. Il s’agit là d’une caractéristique qu’on retrouve presque systématiquement chez les trotskystes.

            On peut aussi pousser la réflexion un peu plus loin...

            Vous affirmez qu’il y a 2 millions de révolutionnaires en France ? Mais alors pourquoi faire une révolution, quand, de fait, vous avez déjà, collectivement le pouvoir ?

            2 millions, c’est 6 fois la population de l’Islande.

            Qu’est-ce qui vous empêche de créer votre propre monnaie ? vos propres banques ? votre propre code du travail, vos propres lois ? La police française ne vous mettra pas en prison, quand bien même elle en aurait la volonté, elle n’en a pas les moyens.

            Bref, vivre autrement, c’est d’abord répondre à quelques questions :
            1. seul dans son coin, ou en groupe ?
            M.Mélenchon choisi « en groupe »
            2. en groupe isolé, mode « communauté monastique », ou en état
            M.Mélenchon choisi « en état »
            3. le changement par la réforme, ou par la révolution ?
            M.Mélenchon choisi « la réforme »

            Inconvénient de la réforme, c’est que ça nécessite de convaincre.
            Je ne suis pas non plus d’accord avec ce qu’il représente, mais au moins sur le coup, il est cohérent.

            (franchement, trotskyste  ? autant dire que le PS est un parti de gauche...)


            • Philippe Huysmans Philippe Huysmans 20 novembre 11:27

              @sleeping-zombie

              Si vous vou heurtez frontalement au pouvoir, vous finissez au mur avec 12 balles dans la peau, ils trouveront bien le moyen de vous assimiler à pire que Bashar pour s’y autoriser.

              Selon moi la seule solution, et elle ne peut venir que d’un ensemble suffisemment grand de citoyens, c’est la désobéissance civile. Elle a fait ses preuves, with flying colors comme disent nos « amis » Étatsuniens.


            • sleeping-zombie 20 novembre 15:42

              @Philippe Huysmans
              La désobéissance civile de groupe peut prendre 2 formes (au moins) :
              une qui consiste à pleurer pour demander que nos dirigeants soient « plus gentils »
              une autre qui consiste à être nos propres dirigeants, et ainsi savoir pourquoi nos dirigeants sont si méchants.

              C’est pas « 12 balles dans la peau » qui empêchent les révolutionnaires de créer leur propres institutions. Vous pouvez créer votre propre monnaie, vos propres institutions, votre propre monde. Aucune police, aucune armée ne vous en empêche. Internet a rendu caduc les arguments de la connaissance et de la technicité, ainsi que la dispersion géographique.

              Pourquoi la « commune mondiale » ne se met pas en place, dès aujourd"hui ? A titre personnel, j’ai quelques hypothèses de réponse, aucune agréable à dire ou à entendre.


            • sleeping-zombie 20 novembre 15:45

              @sleeping-zombie
              Si vous vou heurtez frontalement au pouvoir, vous finissez au mur avec 12 balles dans la peau, ils trouveront bien le moyen de vous assimiler à pire que Bashar pour s’y autoriser.

              En gras, ce que je garde, en italique, le roman illusoire des révolutionnaires « romantiques » :)

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