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Accueil du site > Tribune Libre > République Benallière : les « Kaïra » de l’Elysée. Dans (...)

République Benallière : les « Kaïra » de l’Elysée. Dans l’Affaire Benalla, on demande…le Président, empêtré dans les arcanes de la Politique

 

« Un mensonge n'est souvent qu'un anachronisme, une anticipation de la vérité en retard. »

Robert Sabatier, Le livre de la déraison souriante (1991)

« Là, je te mets la chanson sur la prison, parce que je vais aller en prison un jour Inch'Allah ! »

Ramzy Bedia, Les Kaïra, comédie cinématographique, Gastambide, 2012

JPEG Note : ce texte tient compte des commentaires aimablement fournis par deux modérateurs que je remercie de leur lecture.

N’ayons pas peur des mots : tous les participants sans exception, acteurs, complices du micmac Benalla-Macron, et ceux qui les auront protégés, ont vocation non seulement à être entendus mais encore à être jugés et punis à hauteur de leurs responsabilités respectives afin de répondre de leurs agissements délictueux dans ce qui se révèle être une affaire politique, une affaire d’Etat dont les responsables doivent savoir que leur possible destination finale comme leur avenir proche sont l’emprisonnement et la sanction financière après la destitution de leurs fonctions.

 

Le Grand Carrousel présidentiel et gouvernemental déploie ses manœuvres calamiteuses et ses protestations courroucées du côté de l’Elysée et des services du Premier ministre tandis que le Sénat vient d’allumer un puissant projecteur de poursuite dans le faisceau duquel l’avion Macron, tel celui de Tintin dans « Le Sceptre d’Ottokar », vient d’être capturé, entouré des premiers flocons des obus tirés par la DCA républicaine.

http://casesdhistoire.com/wp-content/uploads/2015/10/Tintin01.jpg

Car il s’agit bien de République et d’institutions que ceux qui ont la lourde mission d'incarner, faire vivre et protéger, sont en réalité en train de flétrir en se conduisant comme une bande de délinquants.

On se souvient du singulier jeu de cartes que l’armée américaine avait distribué en 2003 à ses troupes lors de la Guerre du Golfe et qui représentait les visages des principaux dignitaires du régime irakien en perdition qu’il convenait de capturer :

https://www.nouvelobs.com/monde/20030413.OBS9448/les-dirigeants-irakiens-sur-un-jeux-de-cartes.html et https://www.liberation.fr/planete/2016/08/24/most-wanted-iraqi-playing-cards-jeu-de-vilains_1474440 et http://jeuxsoc.fr/jeu/persw.0.0

Ce même jeu est actuellement en passe d’être distribué en France avec ses atouts, ou plus précisément ses arcanes majeurs. En attendant de voir ce que réservent les Arcanes 8 et 10, la Justice et la Roue de la Fortune, que finiront bien par rencontrer les acteurs et ordonnateurs de « l’Affaire Benalla ».

Et voici que dans cette encore Ténébreuse Affaire, le Sénat vient de confronter l’Elysée à des investigations et des préconisations qui valent plus qu'un avertissement.

Le Sénat a en effet parfaitement joué son rôle et contribué à démasquer officiellement une partie de la camarilla en odeur de mafia - les "Kaïra" de la Présidence -, qui ont cru pouvoir s'affranchir des règles républicaines et des libertés publiques avec des acteurs tels que, pour commencer, quelques "belles prises" comme le Secrétaire général de l'Elysée, le directeur de cabinet du président de la République, le général de Gendarmerie chargé de la sécurité présidentielle, en attendant la capture de l'As de Coeur...

On attend désormais de la Justice qu'elle fasse réellement son métier puisque les autres institutions ne l'ont pas fait, l'Assemblée nationale ayant préféré se vautrer dans une honteuse caporalisation menée par le pouvoir exécutif en sabordant sa commission d'enquête pour protéger le chef de la bande.

Fort heureusement, les tirs de la DCA vont devenir plus précis de telle sorte que la chute du principal intéressé est désormais inéluctable, même si celui-ci croit encore pouvoir se donner trois ans pour agir en "prenant sa part" de responsabilité dans un désordre général qu'il aura sérieusement contribué à accroître :

https://www.lci.fr/politique/gilets-jaunes-emmanuel-macron-evoque-un-gigantesque-echec-collectif-et-prend-sa-part-de-responsabilite-dans-la-crise-le-president-et-le-peuple-plomb-2113643.html

JPEG Mais nous suivrons ici le sage exemple de M. Philippe Bas et ne commenterons pas les commentaires, lesquels appartiennent à ceux qui les font, sinon pour nous féliciter de ce que le Sénat, contrant l’hubris présidentiel, a parfaitement démontré son utilité comme contre-pouvoir dans l’affaire Benalla-Macron & Cie.

J'invite toutefois les lecteurs à lire la remarquable analyse effectuée par Régis de Castelnau que l'on trouvera ci-après et qui permet de penser que, faute de prendre la réalité des faits en compte, l'équipe Macron risque fort de rencontrer quelques sérieuses déconvenues, n'ayant toujours pas compris que l'explosion des Gilets Jaunes a aussi et pour cause l'exécration que rencontre le Président, personnage qui a amplement démontré qu'il était tout à fait indigne de la fonction qu'il occupe encore.

https://www.atlantico.fr/decryptage/3566533/-affaire-benalla—radioscopie-des-failles-democratiques-francaises-regis-de-castelnau

Il reste toutefois une double question à laquelle il faudra bien un jour que le chef de l’Etat réponde personnellement : pour quelle(s) raison(s) et dans quel but M. Macron s’est-il adjoint les services de M. Benalla ?

--------------------------------

On trouvera ci-après l'article de François Vignal (Public Sénat, référencé en annexe) qui décrit précisément le contenu de ce rapport, avec quelques commentaires de notre part en italique) ;

F. Vignal, https://www.publicsenat.fr/article/parlementaire/affaire-benalla-ce-que-contient-le-rapport-accablant-de-la-commission-d

Affaire Benalla : ce que contient le rapport accablant de la commission d’enquête du Sénat

Plus de six mois de travail, 34 auditions et beaucoup de questions. La commission d’enquête du Sénat a rendu son rapport tant attendu, ce mercredi 20 février, sur l’affaire Benalla, soit 118 pages (160 avec les annexes) et 13 recommandations, qui visent notamment l’organisation de la sécurité de l’Elysée (voir le rapport dans son intégralité). Le rapport est accablant pour la présidence. Sa gestion de l’affaire « s’est révélée calamiteuse » déclarent les sénateurs, au point qu’il semblerait qu’il appartient désormais à la Justice de remplir sa mission.

 

  1. Demande de transmission au parquet des cas d’Alexandre Benalla, Alexis Kohler et Patrick Strzoda pour possible faux témoignage

On rappellera que la Haute assemblée avait saisi le 23 juillet dernier la commission des lois, dotée des prérogatives d’une commission d’enquête qui agit comme suit. Les personnes auditionnées n’ont pas d’échappatoire et doivent répondre sous serment aux questions posées par la commission, dûment informées qu’en cas de faux témoignage leur dossier peut être transmis au parquet, sur décision du bureau du Sénat. Ce dernier est saisi par les sénateurs pour les cas d’Alexandre Benalla et Vincent Crase, mais aussi, dans une moindre mesure, pour Alexis Kohler, secrétaire général de l’Elysée, et Patrick Strzoda, directeur de cabinet de Macron, lesquels « ont retenu une part significative de la vérité lors de leur audition », comme le relèvent les sénateurs dans une lettre à M. Gérard Larcher, président du Sénat, après avoir constaté une série « d’incohérences » et de « contradictions ».

Les 26 membres du bureau du Sénat, composé de l’ensemble des groupes, devraient prendre sa décision, par un vote à huis clos, le 21 mars prochain. On notera qu’un faux témoignage devant une commission d’enquête constitue un délit passible de cinq ans de prison et de 75.000 euros d'amende.

  1. Tensions entre l’exécutif et le Sénat

La commission d’enquête lancée en même temps à l’Assemblée nationale avait explosé en plein vol, l’impression générale se résumant à une volonté de ne rien trouver de consistant pour mettre à l’abri les intéressés et leurs agissements. La commission d’enquête sénatoriale a en revanche fort heureusement permis à la Haute assemblée de jouer sans retenue son rôle de contre-pouvoir au point de créer de fortes tensions entre l’exécutif et le Sénat. Signes de gêne sinon de panique devant les conséquences de ce qui allait immanquablement être découvert, on notera le comportement erratique des insectes fuyant de tous côtés une fois la pierre levée avec l’ appel d’Emmanuel Macron à Gérard Larcher, la tribune de la ministre de la Justice Mme Nicole Belloubet complétés par la subtile attaque de M.Christophe Castaner, qui n’a pas hésité à accuser les sénateurs d’être « des menaces pour la République » (!) s'ils cherchaient à « destituer » Emmanuel Macron.

Ah ! Saint Jean Bouche d'Or...

« Le Sénat est une assemblée parlementaire libre, indépendante, non alignée » a cadré d’emblée le président de la commission d’enquête, le sénateur LR Philippe Bas, en présentant devant la presse le rapport. Cet ancien secrétaire général de l’Elysée sous Jacques Chirac a alors clairement rappelé que le Sénat s’était bien gardé d’empiéter sur le travail de la justice. « Nous avons enquêté sur le fonctionnement de l’Etat et pas sur les agissements de Monsieur Benalla » a justement souligné Philippe Bas.

  1. « Sécurité du président de la République affectée » et « dysfonctionnements majeurs »

La charge des sénateurs est lourde pour l’Elysée et ressemble fort à un carton plein puisque tous les coups ont porté au point de susciter les réactions d’une insigne maladresse tant de M. Griveaux que du Premier ministre. Les sénateurs ont en effet pointé des « dysfonctionnements majeurs » au plus haut sommet de l’Etat. Comme l'écrit F. Vignal qui cite Philippe Bas : « Nous avons réuni suffisamment d’éléments pour estimer que la sécurité du président de la République a été affectée » a estimé M. Philippe Bas, qui souligne « qu’il n’y aurait pas eu d’affaire Benalla si une sanction appropriée avait été prise dès le 2 mai 2018 », constat qui le conduit à demander de « prévenir et sanctionner les conflits d’intérêts parmi les collaborateurs des cabinets pour qu’ils ne soient dans la main de personne »…

A ses côtés, les rapporteurs, M.Jean-Pierre Sueur (PS) et Mme Muriel Jourda (LR) qui ont retracé l’affaire ont précisé dans les détails les contradictions que relate ce document d’enquête (voir l’article de F. Vignal sur les principales déclarations de la conférence de presse).

Un document dont le sous-titre est très précis en ce qu’il constitue l’exécution d’une MISSION D’INFORMATION SUR LES CONDITIONS DANS LESQUELLES DES PERSONNES N’APPARTENANT PAS AUX FORCES DE SÉCURITÉ INTÉRIEURE ONT PU OU PEUVENT ÊTRE ASSOCIÉES À L’EXERCICE DE LEURS MISSIONS DE MAINTIEN DE L’ORDRE ET DE PROTECTION DE HAUTES PERSONNALITÉS ET LE RÉGIME DES SANCTIONS APPLICABLES EN CAS DE MANQUEMENTS.

  1. Services de la police « maintenus dans l’ignorance »

La lecture de ce document est sans appel sur bien des points. Après les événements du 1er mai 2019 , le rapport souligne les conséquences « graves » « de l’ignorance dans laquelle ont été maintenus » les services de la police :

« Alors que le ministre d’État, ministre de l’Intérieur, le préfet de police de Paris, le directeur de cabinet du Président de la République (…) ont été mis au courant dès le 2 mai de l’"affaire Benalla" (…), l’information n’a étrangement pas trouvé le chemin de certains services du ministère de l’intérieur qui, de leur côté, auraient pu initier les premières enquêtes administratives », écrivent les sénateurs.

  1. « Défaillances » des autorités 

Le rapport pointe ensuite plusieurs « défaillances » des autorités : « Absence de signalement au parquet », les sénateurs constatant « lors des auditions un spectaculaire renvoi circulaire des autorités les unes aux autres » ; « Doutes sur l’effectivité réelle des sanctions infligées » et « confiance maintenue jusqu’en juillet » envers Alexandre Benalla, ce que viendront confirmer les agissements ultérieurs de l’intéressé.

  1. Mission de sécurité « aux contours obscurs »

Le rapport note aussi le « flou entretenu sur le périmètre des missions qui étaient réellement confiées à M. Benalla ». Loin de se cantonner « à des missions logistiques », le rapport met en avant « une mission spécifique de coordination des services de sécurité de l’Élysée aux contours obscurs » au risque, paradoxalement, de mettre à mal la sécurité du chef de l’Etat.

Sur la demande de permis de port d’arme de l’ancien chargé de mission, le rapport affirme ainsi qu’elle « résultait en réalité d’une initiative d’Alexandre Benalla entérinée a posteriori par sa hiérarchie ». Pour trouver une base juridique et rentrer dans les clous, Alexandre Benalla a alors notamment imaginé et proposé à sa hiérarchie la possibilité pour le Président de la République « de prendre un décret secret  », lequel "constituerait une autorisation de port d’arme à titre exceptionnel" » (voir ci-après).

  1. « Prérogatives et moyens importants »

La commission a ensuite pu clairement établir et confirmer qu’Alexandre Benalla disposait « de prérogatives et de moyens importants » à l’Elysée tels que véhicule, appartement de fonctions de 84 m2, habilitation secret-défense, téléphone hautement sécurisé Teorem, dont il était le seul à disposer à la chefferie de cabinet et rendu plusieurs mois après son licenciement. tous moyens dont il a continué de disposer après les événements du 1er mai.

Au sujet des passeports diplomatiques, le rapport souligne que « la délivrance de quatre passeports professionnels ne semble, ni courante, ni justifiée à ce niveau de responsabilités ». Il note au passage « de nettes contradictions concernant la chronologie précise de la restitution des passeports professionnels d’Alexandre Benalla », lequel a « continué à utiliser ses passeports diplomatiques après son licenciement » en effectuant plusieurs voyages.

  1. Contrats russes : « Un risque pour la présidence de la République et pour l’État » 

Les questions les plus lourdes sont soulevées par « l’affaire des contrats russes » avec l’oligarque Iskander Makhmudov, révélée par Mediapart. Le rapport dénonce à ce propos « de graves soupçons de faux témoignages » et surtout « des conflits d’intérêts majeurs et graves » puisque le rapport d’enquête relève que « l’implication directe d’Alexandre Benalla et de Vincent Crase dans la négociation et la conclusion d’activités de nature privée, qui plus est pour le compte d’intérêts étrangers puissants, constituerait non seulement une faute déontologique majeure pour les intéressés, mais également un risque pour la présidence de la République et, à travers elle, pour l’État ».

(Qui sait si l’information judiciaire - j’en formule ici l’hypothèse-, saura révéler, si tel est le cas, les liens de M. Benalla avec des co-contractants chinois dans le cadre de ses voyages en Afrique ?On pense ici à la société FSG -Frontier Service Group-, cf. ci-après https://fr.sputniknews.com/international/201902221040118735-dementi-groupe-chinois-fsg-aucune-relation-benalla/)

Les sénateurs ajoutent « qu’il ne fait en effet nul doute que les relations entretenues avec un oligarque russe par un collaborateur de l’Élysée directement impliqué dans la sécurité de la présidence de la République et d’un réserviste du commandement militaire du palais de l’Élysée exerçant une responsabilité d’encadrement seraient de nature, en raison de la dépendance financière qu’elles impliquent, à affecter la sécurité du chef de l’État et, au-delà, les intérêts de notre pays ».

  1. Les 13 recommandations du rapport

Les 13 recommandations par lesquelles conclut le rapport portent sur quatre points principaux. Le premier appelle à « garantir un haut niveau de sécurité au président de la République » de deux manières :

  • Renforcer le cadre réglementaire du groupe de sécurité de la présidence de la République (GSPR) en réaffirmant « la compétence exclusive des membres des forces de sécurité intérieure » pour la sécurité du chef de l’Etat et en définissant « les règles et procédures de recrutement ». Une manière de clarifier qui fait quoi.
  •  « Maintenir la responsabilité organique du ministère de l’Intérieur sur le GSPR ».

Le rapport recommande ensuite de « renforcer la transparence dans le fonctionnement de l’exécutif ». Les sénateurs font ici huit propositions :

  •  Rappeler « les règles déontologiques devant régir les relations entre les collaborateurs de la présidence, ceux des cabinets » et « les administrations centrales ».
  •  « Mettre fin à l’expérience des collaborateurs « officieux » du Président de la République et faire respecter strictement leurs obligations déclaratives à tous les chargés de mission de l’Elysée ». Alexandre Benalla n’avait pas fait sa déclaration d’intérêt à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique. Il était pourtant obligé de le faire. Une absence de déclarations qui a pris une nouvelle ampleur, en raison de la révélation de l’existence du contrat russe, dont le premier a été signé quand il était encore en fonction à l’Elysée. Au sujet des contrats russes, Jean-Pierre Sueur estime qu’« il y a là quelque chose de considérable pour la sécurité de la présidence de la République et au-delà ».
  •  Sur le même thème, les sénateurs recommandent de « prévoir par la loi des sanctions pénales en cas de manquement aux obligations de déclaration d’une nouvelle activité à la commission de déontologie de la fonction publique ».
  •  « Conditionner le recrutement des collaborateurs du Président à la réalisation d’une enquête administrative préalable » pour s’assurer que leur « comportement » est compatible avec la fonction.
  •  « Mettre fin à la pratique des conseillers communs au président de la République et au premier ministre ». Selon les informations issues du budget 2019, au 31 décembre 2017, le cabinet du Président de la République était composé de 52 membres dont 12 étaient également membres du cabinet du premier ministre (8 de ces 12 conseillers étant rémunérés par Matignon).
  •  Pour aller plus loin dans la transparence, le Sénat propose d’enrichir le rapport sur les membres de cabinets ministériels, déposé chaque année en annexe du projet de loi de finances, « d’un volet supplémentaire permettant de dresser un tableau du nombre, des missions et des rémunérations des personnels affectés à la présidence de la République ».
  •  Renforcement de la « transparence des recrutements dans les différentes réserves de la gendarmerie nationale et la rigueur des règles de sélection » de la réserve opérationnelle. Vincent Crase, mis en cause dans l’affaire, est chef d'escadron dans la réserve opérationnelle de la gendarmerie.
  •  « Rendre obligatoire l’établissement d’une liste des activités professionnelles exercées par les réservistes du commandement militaire du Palais de l’Elysée ».

Troisième point sur lequel le rapport de la commission d’enquête insiste : renforcer les pouvoirs de contrôle du Parlement. C’est l’une des fonctions de l’Assemblée et du Sénat, avec le vote et l’élaboration de la loi. Les sénateurs en profitent pour rappeler un principe auquel ils sont attachés, alors qu’ils voient dans la réforme des institutions en cours un affaiblissement du Parlement.

  •  Le rapport demande en effet de « conforter le pouvoir de contrôle du Parlement sur les services de la présidence de la République ».
  •  Les sénateurs veulent « établir et confirmer la plénitude des pouvoirs d’investigations des commissions d’enquête parlementaires » dans le respect de la « séparation des pouvoirs et du secret de l’instruction, y compris quand la justice enquête ».

Dernier point : « Clarifier l’obligation de signalement d’un crime ou d’un délit » en application de l’article 40 du code de procédure pénale.

  •  Pour cela, les sénateurs préconisent de « mieux définir la portée juridique des obligations de signalement au parquet » et « d’en informer largement l’ensemble des élus, responsables et agents publics ».

Comme on le voit, et c’est moi qui parle, il s'agit bien d’une cuisine élyséenne qui sent le brûlé et dont le chef de brigade, le second, les chefs de partie, le tournant, forment une chaîne de commandement dont un gâte-sauce a manifestement bousculé l’ordonnancement comme le fonctionnement.

 

Sources :

F. Vignal, https://www.publicsenat.fr/article/parlementaire/affaire-benalla-ce-que-contient-le-rapport-accablant-de-la-commission-d

https://www.20minutes.fr/politique/876948-20120209-politiques-reelus-apres-avoir-condamnes

https://ripostelaique.com/affaire-benalla-le-senat-confirme-que-lelysee-baignait-dans-un-systeme-mafieux.html

https://www.bfmtv.com/mediaplayer/video/j-ai-purge-ma-peine-devant-les-deputes-alain-juppe-evoque-son-passe-judiciaire-1141773.html

https://www.ladepeche.fr/2019/02/20/affaire-benalla-suivez-en-direct-la-presentation-du-rapport-denquete-du-senat,8026768.php

http://www.lefigaro.fr/politique/le-scan/2019/02/21/25001-20190221ARTFIG00094-benalla-philippe-denonce-le-rapport-tres-politique-de-la-commission-d-enquete-du-senat.php

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/dossier/affaire-benalla-macron-garde-du-corps-video-manifestant

http://casesdhistoire.com/wp-content/uploads/2015/10/Tintin01.jpg

On désigne par arcane toute opération hermétique dont le secret ne doit être connu que des seuls initiés. (En occultisme, c'est le nom des cartes, ou lames, du jeu de tarot utilisé à des fins divinatoires : 22 arcanes majeurs et 56 arcanes mineurs.) Le mot arcane qui vient du latin arcanum, qui veut dire « secret, désigne, en alchimie, une préparation mystérieuse réservée aux adeptes. C'est par extension que l'arcane change ensuite de nombre et s'affiche au pluriel, pour former « les arcanes », c'est à dire les mystères, les secrets... de la politique, par exemple. Les arcanes de la politique sont les manœuvres mystérieuses et les procédures secrètes qui régissent, dit-on, le monde de la politique. On évoque pareillement les arcanes du pouvoir, les arcanes de la médecine ou les arcanes du Tarot.

 

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Tintin.Le Sceptre d’Ottokar.

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20 réactions à cet article    


  • Andy Capp Pink Marilyn 25 février 17:37

    Monsieur Benalla n’a pas hésité à risquer sa vie pour porter assistance à la police lorsque celle-ci était agressée avec violence et jet de bouteille en verre<. Alors, il va avoir une médaille pour son courage. Les sénateurs oublient qui a fait face dans des actions malveillantes qui ont duré de 8 heures du matin à 23 heures. Heureusement que les autorités lui donnent beaucoup de passeports et de l’argent pour acheter des billets d’avion ou en louer, sinon, il serait en prison depuis longtemps. Mais il va bientôt sortir parceque le président est plus gentil que Monsieur Montebourg qui est méchant.


    • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 25 février 17:52

      @Pink Marilyn

      Oui.
      Les Méchants seront punis.
      Les Bons seront récompensés.

      On présentera des excuses à Benny et on lui offrira même une ambassade pour le dédommager de ses peines et soins, à moins qu’un poste de Conseiller d’État ou une représentation diplomatique « bidon » lui soient offerts.

      Celui « d’ambassadeur des Pôles » (il y en a deux) étant déjà confié à Mme S.Royal, nul doute que ces postes « thématiques », dont la raison et la description sont données ci-après, sont d’une importance capitale pour « fluidifier » les relations d’affaires etc.

      M. Benalla pourrait être Chargé d’Affaires ou Ministre plénipotentiaire pour les Tropiques (il y en a deux) ou les zones intertropicales.

      Mme Marine de Carné, ambassadrice chargée de la bioéthique et de la responsabilité sociale des entreprises en 2015 (cela existe...) explique dans un billet de blog hébergé sur le site du Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères que « les thèmes » sont « un moyen d’apprivoiser les territoires non balisés ». Lisez plutôt :

      « Alors non seulement notre réseau s’étend sur la terre entière et couvre presque tous les pays du monde, mais il y a encore les pôles, par exemple, où il n’y a pas d’ambassade mais pour lesquels il y a un ambassadeur. Et on ne peut s’arrêter à la terre : il y a encore les mers et les airs à préserver. C’est la nouvelle frontière des enjeux internationaux. Celle de notre survie et de la planète qui doit réunir tous les diplomates du monde entier. Donc le territoire, connu et balisé par les ambassadeurs géographiques, et puis la carte, le joker, les ambassadeurs thématiques, pour couvrir tout le reste. Il n’y a pas de trou dans la raquette du Quai d’Orsay ! », explique-t-elle alors.

      Pas de trou dans les poches de l’État, non plus, qui sont très profondes, comme chacun sait.

      Ségolène Royal est aussi envoyée spéciale pour la mise en œuvre de l’Alliance solaire internationale etc. cf. ci-après l’article qui mérite le détour :

      Source :
      https://www.liberation.fr/checknews/2018/03/16/segolene-royal-est-elle-remuneree-pour-son-poste-d-ambassadeur-des-poles_1653380

      Bien à vous,
      Renaud Bouchard


    • Andy Capp Pink Marilyn 25 février 18:03

      @Renaud Bouchard

      vous avez raison
      ministre du travail comme Monsieur Boulin 
      ou premier ministre comme Monsieur Beregovoy
      c’est trop dangereux
      il vaut mieux un poste comme directeur de l’institut du monde arabe$Lonsieur Lang est vieux...


    • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 25 février 18:20

      @Pink Marilyn

      Je n’avais pas pensé à l’IMA.

      Il est vrai que l’actuel président, né en 1939, occupe le poste depuis 2013.
      Ces gens sont inoxydables.

      Revenons à Benny qui pourrait prétendre à une nouvelle carrière internationale (l’UNESCO, par exemple) ou s’inspirer des exceptionnelles qualités de rebondissement de M. Harlem Désir, nommé au poste de représentant pour la liberté des médias au sein de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe.

      https ://www.lepoint.fr/politique/osce-une-remuneration-de-122-195-euros-par-an-pour-harlem-desir-26-07-2017-2146119_20.php

      Bien à vous,
      RB


    • Abou Antoun Abou Antoun 25 février 20:06

      @Renaud Bouchard
      Et on ne peut s’arrêter à la terre : il y a encore les mers et les airs à préserver.
      Dans l’environnement immédiat la lune et les planètes du système solaire.
      Plus loin, les exo-planètes. On peut multiplier les ’charges’ (les fromages, les sinécures) à l’infini.


    • ASTERIX 25 février 19:40

      Ce groupe a la tete de la FRANCE DOIT DEMISSIONER  :

      MACRON… PHILIPPE ....GRIVEAUX...LA CASTAGNEUR FERRAND DEGAGEZ

      et pas Les « simples » fusibles gui ont degagé ;; ;; ;; ;; ;; ;; ;; en couvrant le « trafic

      d’ARMES » au plus HAUT NIVEAU


      • Abou Antoun Abou Antoun 25 février 20:01

        Bonjour Mr Bouchard

        Macron risque d’être pris en sandwich. Dans la rue les gilets jaunes sont toujours présents et peut-être pour longtemps.

        Mais cette fois c’est la guerre ouverte entre l’Élysée (Macron) et les sénateurs, qui ont été pris pour des idiots, avec leur commission d’enquête tournée en ridicule.

        la Chaîne parlementaire (LCP sur la TNT) ne prend plus de gants maintenant. Il suffit de voir ou de revoir « L’adieu à Solférino » entre autres. Le ’vieux monde’ se rebiffe...Cambadélis se lâche.

        Par ailleurs, pour une raison que j’ignore les merdias ne sont plus tout à fait unanimes à chanter les louanges du gamin. La créature a peut-être déçu en haut lieu.

        Le printemps arrive qui ravive les ardeurs guerrières, à suivre donc ...


        • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 25 février 20:42

          @Abou Antoun
          Bonsoir et merci pour votre visite comme pour vos commentaires.

          « La créature a peut-être déçu en haut lieu », écrivez-vous.

          C’est très certainement le cas.

          « Never Let a Serious Crisis Go to Waste », disait E. Rahm, lequel ajoutait : « 

          And what I mean by that it’s an opportunity to do things you think you could not do before. »

          Les Puppet Masters sont ici, principalement.
          Voici une analyse intéressante qui, jusqu’à ce jour, n’a pas été infirmée, et qui montre ce que doit le jeune mirliflore et à qui :

          https://www.voltairenet.org/article204303.html

          Bien à vous,
          Renaud Bouchard


        • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 25 février 21:12

          Aux Lecteurs :

          Voici très probablement une « erreur » qui n’a rien du « dysfonctionnement » qui sert habituellement d’explication bien commode pour justifier l’injustifiable.

          MM. Benalla et Crase se sont donc entretenus durant près d’une heure...

          Il est manifeste que ces deux comparses n’ont que faire des mesures de contrôle et d’interdictions judiciaires.

          Leur passage en détention ne serait-elle qu’une « péripétie obligée », dans l’attente d’une accalmie qui débouchera in fine sur une relaxe ou, à minima, une peine avec sursis qui couvrira la détention provisoire ?

          Les lecteurs doivent en effet savoir que ce type d’incident , déjà qualifié de « bourde », ne se produit jamais.

          On imagine facilement la suite comme le sérieux de l’audition des deux intéressés qui auront donc mis leurs versions d’équerre après s’être amplement concertés à base de « tu dis ça ; je dis ça, si on te pose cette question, tu diras que etc. »

          Nous sommes, avec ce type de défaillance, réellement entrés dans le fonctionnement d’une Benalla Republic.

          On imagine naturellement que l’enquête qui aura pour objet d’examiner la chaîne de causalité et les responsabilités dans ce grave manquement procédural ne donnera rien. Comme d’habitude.

          https://www.rtl.fr/actu/justice-faits-divers/comment-benalla-et-crase-ont-pu-se-parler-plus-d-une-heure-au-palais-de-justice-7797043103

          "En raison d’un mail qui n’aurait pas été envoyé à l’escorte policière chargée d’encadrer Alexandre Benalla et Vincent Crase lors de leur passage au TGI de Paris, les deux amis auraient pu échanger à loisir, violant à nouveau leur contrôle judiciaire.

          Selon une information de RTL, Alexandre Benalla et son ancien acolyte chez La République en marche (LREM), Vincent Crase, se seraient trouvés ensemble dans un même box pendant plus d’une heure au Tribunal de grande instance de Paris à la suite d’un « cafouillage » le 19 février. Les deux compères étaient placés en détention provisoire pour violation de leur contrôle judiciaire. Les faits remontaient à juillet, lorsqu’il s’étaient déjà rencontrés sans être autorisés à le faire, après les révélations du Monde sur les violences du 1er Mai.

          Ironie du sort, à cause d’une mauvaise transmission de l’information, c’est précisément ce qui serait survenu à nouveau le 19 février aux alentours de 14h dans le rutilant TGI de Paris. Placés ensemble dans un box au 9e étage du bâtiment, en l’attente de la décision du juge des libertés sur leur départ en prison éventuel, ils auraient eu plus d’une heure entière sans interdiction de discuter, selon l’information de RTL. Une source proche du dossier, citée par la radio a qualifié la situation d’« ubuesque ». Interrogé par RTL, le tribunal s’est refusé à tout commentaire.

          A l’origine de cet incident, un mail devant transmettre les consignes des magistrats aux escortes policières n’aurait pas été envoyé. Leur interdiction de se parler ne leur ayant pas été notifiée, Alexandre Benalla et Vincent Crase se seraient donc mis à discuter. Les magistrats se seraient aperçu de la méprise aux alentours de 15h et les deux individus auraient alors été menottés et séparés comme ils auraient dû l’être initialement. Ils ont ensuite été emmenés en détention après la décision du juge des libertés."

          Source : https://francais.rt.com/france/59463-bourde-tgi-mis-dans-box-commun-benalla-crase-echangent-pendant-une-heure


          • Dom66 Dom66 26 février 11:00

            Renaud Bouchard , bien lu votre article...merci pour le partage. Je suis d’accord avec vous.

            Oui nous somme en république « bananière » Bien vu le jeu de mots

             "On attend désormais de la Justice qu’elle fasse réellement son métier"

            Alors là je pense que l’ont peut attendre..la France est au fond.

            Plus rien...la décadence

            Bonne journée


            • L'Astronome L’Astronome 26 février 11:06

               

              « En attendant de voir ce que réservent les Arcanes 8 et 10, la Justice et la Roue de la Fortune, que finiront bien par rencontrer les acteurs et ordonnateurs de « l’Affaire Benalla »... »

               

              En ce qui concerne notre bien-aimé président, c’est l’arcane I (« Le Bateleur ») qui le symboliserait le mieux. Quant à Ben Râlala, ce serait plutôt la lame XV (« Le Diable »).

               

               


              • L'Astronome L’Astronome 26 février 11:30

                 

                « A l’origine de cet incident, un mail devant transmettre les consignes des magistrats aux escortes policières n’aurait pas été envoyé. »

                 

                A mon humble avis, plutôt qu’un défaut de transmission du mail, c’est soit un « oubli » de la part de l’autorité judiciaire, soit — ce qui est plus vraisemblble — d’une défaillance du système informatique. Ne faites jamais confiance à l’informatique quand il s’agit d’affaires judiciaires et de relations humaines.

                 


                • troletbuse troletbuse 26 février 11:46

                  J’ai bien peur que Larcher modère beaucoup le rapport de la commission. Pourquoi attendre le 21 mars ? Dans ce cas, le Sénat prouvera qu’il ne sert à rien. J’espère que François Grosdidier mettra son grain de sel.


                  • troletbuse troletbuse 26 février 12:19

                    @troletbuse
                    Tiens, un Ben Alien est passé !


                  • Berkano Othala 26 février 12:25

                    Bonjour . J’ai trouvé ceci , ça semble vraisemblable ! Si le Président à fait bombarder les indigènes pour leur piller leur or , c’est la cour pénale internationale qui attend macron !


                    • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 26 février 23:47

                      @Berkano Othala

                      Qu’alliez-vous imaginer ?

                      "Une patrouille de Mirage 2000 français a procédé dimanche dans le nord du Tchad, dans le Tibesti, à des frappes, en appui de l’armée tchadienne, pour arrêter une colonne de 40 pick-up – les chiffres divergent — d’un groupe armé en provenance de Libye. C’est ce qu’a annoncé lundi, le ministère français des armées. Le colonel Azem Bermendoa Agouna, porte-parole de l’armée tchadienne a indiqué, je cite : la « colonne de mercenaires et terroristes » a été « neutralisée et mise hors d’état de nuire par nos forces aériennes appuyées par les forces Barkhane ». Accord d’assistance avec notre allié dans l’opération Barkhane au Mali. Tout est donc parfait…
                       
                      En fait, non. Déjà parce qu’en lieu et place de terroristes, c’est une colonne de l’Union des forces de la résistance, l’UFR, qui a été mise hors d’état de nuire. L’UFR est un mouvement de rébellion interne au Tchad, dirigé par Timane Erdimi, qui n’est autre que le neveu du… chef de l’État tchadien, Idriss Deby, et membre comme lui de l’ethnie des Zaghawa, originaire du nord-est, soudanaise en fait.
                      La France est donc intervenue dans une affaire de politique intérieure et non dans le cadre d’une opération de défense des frontières, comme on aimerait nous le faire croire.
                      C’est la même rébellion qui, en 2008, avait atteint les faubourgs de N’Djamena et failli renverser le pouvoir du président Idriss Déby… avant que l’armée française n’intervienne après avoir contraint le Président tchadien à faire preuve de moins d’autonomie qu’il ne le souhaitait… La « Françafric » que nous dénoncions dans notre dernière édition tourne à plein régime, et la lutte contre le terrorisme a toujours le dos large. En Afrique, pour imposer ou maintenir des dirigeants complaisants avec des multinationales apatrides. En France, pour réduire nos libertés tout en nous maintenant dans une insécurité permanente.
                       
                      Mais l’intervention de l’Armée de l’air française, au demeurant fort réussie, est éclairée par une tribune de Libération, en date du 21 janvier dernier.
                      Sous le tire fort évocateur d’ « Alexandre Benalla, pour tout l’or du Tchad », l’écrivain Thomas Dietrich, qui est aussi un ex-fonctionnaire fin connaisseur du Tchad, lève le voile sur l’excursion d’Alexandre Benalla au Tchad, en compagnie de son nouveau mentor, le sulfureux homme d’affaires israélien Hababou Solomon. Escroc condamné, impliqué dans un trafic de pétrole avec des islamistes, l’homme est aussi un agent du Mossad qui a fait venir des mercenaires israéliens à N’Djamena pour monter, dès 2006, une cellule d’écoutes téléphoniques. Il est aussi à l’origine de la visite d’Idriss Déby à Tel-Aviv, fin novembre, alors que les relations diplomatiques entre les deux états étaient rompues depuis 1972. Visite qui se conclura par une vente d’armes… Moins d’une semaine plus tard, Hababou Solomon vient chercher sa rétribution pour ses bons offices, sa diplomatie de l’ombre en Israël, mais aussi au Quatar. La délégation de dirigeants de la société turque Sur Internationalqui les accompagne et qui vient vendre des uniformes militaires est un leurre, une simple couverture selon Thomas Dietrich et il poursuit : Hababou Solomon et Benalla ont des ambitions de Rockfeller plutôt que de fripiers.
                       
                      Au soir du 3 décembre donc, Hababou Solomon annonce à Idriss Déby que des investisseurs qataris sont prêts à se lancer dans l’extraction de l’or du… Tibesti.
                      Et oui. Pendant trois ans, de 2015 à 2018, des experts du Bureau de recherches géologiques et minières, le BRGM, un organisme public français ont cartographié les ressources minières de l’ensemble du territoire. Dans la région du Tibesti, ils ont découvert des quantités incommensurables d’or. De quoi sauver le pays, puisque le régime tchadien ne tire pratiquement plus aucun bénéfice de l’exploitation de son pétrole, qui se monte pourtant à 170 000 barils par jour. Des banques, des multinationales et le clan Déby pillent tout. Les Panamas Papersont estimé les détournements de fonds du clan Tchadien à plus de 17 milliards d’euros… Le Tchad est actuellement classé 186e sur 189 à l’indice de développement humain des Nations unies. Nous vous le disions dans notre édition du 18 décembre dernier, Macron a fort généreusement prêté, sur 20 ans, trente millions d’euros qui ont servi à payer les salaires de décembre des quelque 90 000 fonctionnaires civils tchadiens et plus de trois mois des retraites. On l’aura compris, l’or du Tibesti est donc la seule chance pour le Clan Déby de se maintenir en place.
                       
                      Mais pour exploiter cette manne, avant que des multinationales ne s’installent dans les zones aurifères et ne puissent exploiter de manière industrielle le précieux métal, il faut chasser les orpailleurs qui s’y sont installés. C’est précisément à ce moment-là, en août, que les bombardements de l’aviation tchadienne commencent. Mais les orpailleurs ne s’en laissent pas conter et prennent les armes, s’alliant avec les rebelles du CCMSR (Conseil de commandement militaire pour le salut de la République), d’origine Toubou, et les membres de l’UFR, que notre aviation vient gentiment d’exploser… dans le Tibesti, justement.
                       
                      Si Hababou Solomon a amené dans ses bagages Alexandre Benalla, c’est pour convaincre Idriss Déby que la France suivra. Car Déby en est persuadé : en s’adressant à Benalla, il parle à l’oreille de Macron. Est-ce réellement le cas ? Macron a-t-il fait de son ancien garde du corps l’instrument d’une diplomatie parallèle ? L’Élysée a toujours affirmé tout ignorer de l’équipée de Benalla en terre tchadienne, passeports diplomatiques en poche. Mais les faits sont têtus. Les 22 et 23 décembre, le président français s’est rendu à N’Djamena et a affiché un soutien indéfectible à Idriss Déby. Et surtout il l’a assuré de l’appui des forces françaises stationnées à N’Djamena, à Abeche et à Fayau-Largeau. Logistique, renseignement, formation, hôpitaux de campagne… Et quand cela ne suffit pas, comme en ce début février ou en 2008, une intervention directe par l’aviation ou les commandos.
                       
                      Évidemment, à Paris, tout va bien. Dans son courrier aux présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat pour les informer a posterioride l’opération française, conformément à l’article 35 de la Constitution, le Premier ministre, Édouard Philippe, a évoqué je cite : « la demande d’assistance du président de la République du Tchad, Idriss Déby  » sans faire mention bien sûr, de ces problèmes d’or et d’orpailleurs-rebelles.
                      Alors quand on voit le degré de pourrissement à la tête du pays, où les barbouzes de l’Élysée fricotent avec celles de Matignon, à travers des sociétés anonymes qui vendent protection et renseignements, le peuple français est en droit de se demander, si au Tchad comme trop souvent ailleurs, les intérêts supérieurs de la Nation ne sont pas bradés par des criminels qui privatisent ce qui reste de la puissance publique de notre pays, dans des opérations très lucratives.
                      Malheureusement, les réponses ne nous viendront pas des sables du Tibesti. Les cadavres des orpailleurs ne parleront plus…"


                    • Berkano Othala 26 février 12:28

                      Je n’ arrive pas à copier le lien , mais allez sur youtube et taper Benalla et l’or du Tchad



                      • troletbuse troletbuse 26 février 13:44

                        Une chose dont on peut être c’est que la demande de Larrivé ne sera pas exaucée par la marionnette Heitz nommée par Micron en remplacement de la marionnette Molins.

                        https://www.lejdd.fr/Politique/affaire-benalla-un-depute-lr-demande-des-poursuites-contre-jean-yves-le-drian-3830234


                        • Esprit Critique 26 février 19:58

                          « La République Benallière » 

                          Bravo, c’est un titre, une explication et un résumé de l’état de la France livrée aux errements d’un jésuite…Tombé du ciel dans un concours de circonstances truqué.

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