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Accueil du site > Tribune Libre > Retour à Twin Peaks 25 ans après..... Que nous dit David Lynch (...)

 Retour à Twin Peaks 25 ans après..... Que nous dit David Lynch ?

 

     

    Le décor est planté dès les premiers instants du premier épisode : Twin Peaks va parler de choses pas très nettes. Le corps de la jeune Laura Palmer est retrouvé, gisant et enroulé dans du plastique, un matin au bord d'un lac, dans la petite ville de Twin Peaks .

       Quelques heures plus tard, alors que la nouvelle s'ébruite dans toute la ville et bouleverse l'entourage de Laura, l'une de ses camarades d'école, Ronnette Pulaski, est découverte hagarde, les vêtements en lambeaux, sur un pont. »

     Quand en 2017 David Lynch a révélé qu’il allait donner une suite à Twin Peaks, la nouvelle a fait l’effet d’une bombe ! Les officionados attendaient depuis si lontemps qu'il se remette au travail. Pourquoi cette série, « la mère de toutes » il est vrai, celle qui a renouvelé le genre, mais réalisée il y un quart de siècle, a t’elle pu laisser tant d’orphelins ? https://bit.ly/2GKIBc5

     Les trois premières saisons, soient 46 épisodes se déroulent à la fin des années 80, l'époque du tournage.. La nouvelle série nous apportera t’elle des lumières à ce théatre d'ombres ? Que la musique du générique reprenne ses accords, et toute une émotion rétrospective s'empare de nous. Pour un peu on jurerait d'avoir habité un jour "Twin Peaks".. . ....Twin Peaks Intro High Quality

     Laura Palmer ? Une chic fille, que tout le monde adorait. Qui a pu faire une telle chose ?.. Un coup d’œil sur le journal de Laura nous montre qu'elle avait bien changé, même si elle possédait toujours un visage d'ange…. Chacun de nous possède un coté limpide et un autre obscur. Freud nous a déjà parlé des ces choses, ayant lien avec le conscient, l'inconscient, le sexe, thanos et thanatos, le désir et la transgression. Bram Stoker s'est servi de ses matériaux dans un roman Gothique, immortalisant la figure du mal dans un vampire. Et Les descendants de Dracula sont légions, même s'ils n'ont plus de longues canines, une cape noire, et affichent même leur respectabilité. 

     Car si le mal absolu est le grand héros de cette série, il se joue de tous les masques. A un certain moment,, nous avons tous été le frère, la cousine de Laura Palmer.  Au cours des redifusions, nous nous sommes identifiés aux parents, aux professeurs, effondrés sur son cercueil de verre. 25 ans, c’est long, dans une salle d’attente.. Laura, Blanche Neige sacrifiée, tuée par le chasseur ?...Le monde est devenu cynique. Qui croie à ce genre de choses ? Depuis longtemps Laura Palmer nous a lâché la main, a fermé les yeux en nous souriant. Et l'instant d'après son rire de démente a résonné de façon cruelle. Mais peut-être rêvions-nous, passés comme l'agent Cooper de l'autre coté du miroir félé ? Quel est le sens de tout cela ? Nous devons nous débrouiller tout seul, avec notre appétit de voyeur, et la part d’ombre et de soleil que nous avons en nous. 

      Laura Palmer a pris place dans cette mythologie des personnages qui au-delà de la mort nous accompagne tous les jours. Pas dans leur valeur de modèle, mais dans leur puissance symbolique. Serait elle un des avatars d’une sorte de mythologie Hollywoodienne, comme il en exista une pour la Grèce ? Les Marylin ne meurent toujours pas que pour du beurre, dans la nuit américaine, pas plus que dans les contes de Perrault et de Grimm, pourvoyeurs d'autres modèles prestigieux. Nous payons notre ticket d'entrée pour rêver, nous reconnaitre, et triompher des ombres. 

Le cinéma diffuse ses images dans la caverne de Platon. Mais il y a peu de cinéastes qui ont le talent de Lynch, provoquant au moins autant d’images chez le spectateur qu’eux mêmes en projettent en technicolor sur l’écran de leurs nuits noires.

    Who why what where when ? Les postulats habituels du scénario sont ici mis à mal. Les réponses donc ne seront que transitoires, jamais définitives, ouvrant sur d’autres questions, comme une suite infinie de poupées gigognes, enchâssées les unes dans les autres.

     Alors que l'enquête de police commence, l'agent Dale Cooper du FBI arrive à Twin Peaks pour prendre en main l'affaire. Il est très vite persuadé que ce meurtre est lié à celui, un an plus tôt, d'une autre jeune fille, Teresa Banks. En parallèle, il est question d'une scierie familiale léguée par le propriétaire à sa veuve (au grand dam de la sœur de celui-ci), d'un hôtel à vendre et d'adultère : on apprend très vite que Laura Palmer, officiellement fiancée à Bobby, le capitaine de l'équipe de foot du lycée, fréquentait James en secret.

    Ce qu'il y a de bien dans les séries, c'est l'attente entre les épisodes. C'est le moment où notre imagination travaille, anticipe sur l'action à venir, et où l'on se projette dans nos protagonistes préférés.. Qui osera dire qu'il s'identifie à Bob, ce visage du diable ? Sa sale gueule au fond arrange tout le monde. Au fait, ne serait ce pas vous, ou notre inconscient, qui aurait tué Laura Palmer ?.N'y a-t-il pas un pervers polymorphe dans chaque spectateur, regardant par le trou de serrure de l'objectif de la caméra ?

       Twin Peaks : La ville doit son nom ses deux pics, aussi inaccessibles que ceux ornant un publicité pour une crème glacée. La forêt l'entoure, lui donne ses limites. On trouve quelques motels, quelques cafétérias où sont garés les camions, des routes partant du bourg ou du lycée, pour se rendre au « great northern hotel ».endroit gothique où loge Cooper et quelques étrangers improbables, comme cette représentation Islandaise en goguette. Mais il n’y a pas de cadastre clair, à « Twin Peaks ». .Et l'on se demande bien où sont passés les 51 201 habitants mentionnés sur la pancarte d’entrée de cette ville invisible, ressemblant davantage à une grosse bourgarde ?….

     Peut on vraiment sortir de Twin Peaks ? ....Quand « James » l'ex petit ami de Laura quitte la ville sur son Harley, pour une odyssée proclamée, il semble ne faire qu’un tour de manège. C’est ici que seront toujours tous vos copains, vos racines. 

      

       Une ville illusoire, avec des décors semblant parfois en trompe l’œil, rappelant les partis pris de Fellini, avec ses exagérations, ses personnages à la limite du sublime, du drame, du ridicule ou du grotesque. Mais finalement notre regard d’enfant n’a t’il pas été envoûté lui même par de tels acteurs méconnus, qui ne jouaient que pour nous, dans les rues et sur la place de notre village ? Et notre vision du monde n’allait pas plus loin que les limites de la forêt à l’ouest, et celles de la rivière, à l’est ? Pourquoi faudrait il aller ailleurs ?

      On peut être tenté de passer « The river  » (paroles https://bit.ly/2pUQcLI) de Bruce Springteen, pris d’un seul coup d’une nostalgie subite de revenir à cette Amérique là, celle des années d’avant le troisième millénaire, encore mythique, toujours finalement « d’après guerre », fut-ce celle du Vietnam, mais pas encore de "Facebook" et de ses rencontres virtuelles : (you tube : https://bit.ly/1Lwk0Du)

      « Me and Mary we met in high school when she was just seventeen
      Marie et moi on s'est rencontrés au lycée quand elle avait à peine dix-sept ans
       We'd ride out of that valley down to where the fields were green
       Nous descendions cette vallée pour aller où les champs étaient verts…..

     Le génie de Lynch a immortalisé une dernière fois cette époque, comme un photographe ayant l’intuition de prendre la photo d’un gamin avant qu’il ne change, rentrant subitement dans l’âge ingrat, celle des grandes mutations..

     Le temps n’est pas linéaire, et semble parfois faire du sur place, avant de nous faire monter brutalement une marche. C’est ce qui s’est passé à la fin des années 90. Une époque où l’on écrivait des lettres, où il y avait des cartes routières, des encyclopédies, un fil accroché aux téléphones et à nos pieds. 

     Le tournant du millénaire verra l’avènement du portable, de l’internet, la mondialisation programmée des échanges et de l'économie dérégularisée. L'incendie concomitent des Twin towers, leurs causes, semblent être à cent lieux du monde de Twin Peaks, si minimaliste, coincé dans son espace temps ritualisé. Et pourtant....

      Pourtant, bien que semblant étrangement déjà décalé, à l’époque où il a été tourné, avec son panthéon de fées, d’elfes, et d’ogres, dansant les uns avec les autres, « Twin Peaks » semble nous avertir du pire.

      Voilà déjà plus de 25 ans, en effet, que "Twin Peaks" bénéficie d'un réseau parallèle, qu'il possède des malwares, des virus, et des trolls, sortant par des portes dérobées. A l'époque, on appelait cela "les forces obscures" Par l'une d'entre elle, au coeur de la forêt, l'agent Cooper a réussi à entrer, allant à la rencontre d'étranges visions. Il en sortira ébranlé. Les temps et l'espace se sont mélangés, des possibles inamaginables se sont ouverts. Et nous avions cru que cela resterait une fiction, qu'en aucun cas ce serait une préfiguration des temps à venir, de la toile, et de ses araignées. C'est ensuite qu'on s'aperçoit que Lynch nous avait donné des pistes. Mais il nous manquait le code d'accés pour comprendre. 

       La première série se termine dans cet univers étrange, pourvu d'un carrelage à motifs géométiques . Des portes sur le néant vont s’ouvrir. Pas seulement celles du troisième type,, situées dans la forêt obscure de l’inconscient, mais d'autres plus primaires, plus gores, liées au pouvoir, à la transgression, à la possession, à la maitrise des forces archaïques.. C'est l'esprit du mal, ou du diable, comme disait les anciens. 

     Sa dernière ruse ne serait elle pas de ridiculiser ceux qui osent l'invoquer, dans ce monde où l'hédonisme a détruit les dernières protections ? 

  L'univers de symboles chers à David Lynch s'y déploie, dans de savants jeux de piste labyrintiques, ressemblant à un oscillement de pendule, cherchant à délimiter les fractales en proie à la dégénerescence.

     On se dit que ce diable d'homme est un peu chaman, !. On trouve plétore de personnages pitoresques dans cette série. L'un des plus intéressants est ce Wimdom Earle. https://bit.ly/2GOvab6 C'est l'antithèse de Cooper, le "Good Guy". Cet ancien collègue du FBI, lui ,est passé de l'autre coté du miroir. Mais a t'il vraiment été autre chose que ce pervers polymorphe, adepte des échecs, et qui pousse ses tours vers ses victimes avec la même jouissance que d'autres pousseront les twin towers ? 

     Viendra ensuite la surrenchère, le renversement de l’échiquier savant ! Le déchainement des forces obscures. donnera aux maîtres partouzeurs de la finance, faisant l'apologie de la liberté, les clés de notre prochaine saison de vie.

   Maintenant on le sait, Laura Palmer était bien en avance sur son temps. Elle avait des contacts, un pseudo, une double vie dans laquelle elle se perdit, corps et esprit. Les esprits forts et méchants, comme des molochs antiques, se sont emparés des victimes, après les avoir appâté avec des artifices.

     Comme l’agent Cooper, nous sommes rentrés dans le monde de l’étrange. Celui du net pas très net, des réseaux de rencontre occultes, d'une dépersonnalisation latente. Des rideaux rouges cachent des portes qui s'ouvrent sur des pièces aveugles. Des pièces multiples nous interpellent. Des voix décalés, synthétiques, nous interrogent, "Voulez-vous répéter.. Je n'ai pas compris votre question !" Il nous faut patienter. Car ils consultent notre profil. "Ils" ?... Ce sont les amis facebook. Des amis d’amis nous congratulent, ou nous épient, dans cet univers étonnant où nous essayons de paraitre à notre avantage. On dit que des nains et des trolls se promènent un peu partout. Un d’anonymous au souire ironique et figé nous propose de nous asseoir de l'autre coté de l'échiquier. Une femme nue porte le masque de Laura Palmer. Elle veut danser avec nous. Et peut être plus si affinités.

     David Lynch il y a trente ans avait tout pressenti.

 

     Les apparences sont muettes pour nous livrer la réalité du monde qui s’ouvre en deux. Les esprits se clivent, les grimaces des monstres jouissent de leur pouvoir, de la soumission des victimes. Le rire de Bob, l’esprit pervers, qui prend possession des âmes, raisonne exactement comme celui de Weinstein.... Il nous parle de cette contagion pernicieuse qu’on ne peut nommer, de cette face nauséabonde de la destinée humaine que Jérome Bosch déjà avait déjà dépeinte, sur fond d’approche des enfers. L’autre, lumineuse, étant celle venue du pinceau de Raphael ou de Boticelli.

      Peut être aurait il fallu ne pas suivre Laura Palmer ni l’agent Cooper, et en rester là, ne plus en bouger. Et même se cacher des méchants, de Bob, la préfiguration du diable. Faire comme « la femme à la bûche », en allant vivre dans une cabane au fond de la forêt, ne plus faire confiance et ne plus parler qu’à une bûche en bois qu’on berce comme un bébé . La folie choisie peut protéger parfois du tumulte du monde.

      A un moment il ne reste plus que la fuite et la mort, quand le rideau se déchire. C’est le thème de « Mulholland drive  » autre chef d’œuvre d’ambiguïté du cinéaste, réalisé en 2001. Le spectateur se perd comme dans une galerie des glaces déformantes, l’univers factice d’Hollywood. Autant de fils d’Ariane, qui composent l’univers à clés, enclavé de chausses trappes, chers à ce grand cinéaste.

     Comme Shéhérazade, Lynch s’est remis à l’ouvrage : Twin Peaks saison 3 : les "anciens" de retour dans un nouveau teaser ... https://bit.ly/2IkSRoy

       Il a retrouvé ses acteurs . Ils ont vieilli comme nous l’avons fait dans ce paysage situé de l’autre coté des deux pics. Et on ne sait si cela nous rassure où nous inquiète. Certains même ont disparu. Mais la femme à la bûche à laissé celle-ci sur le seuil de sa cabane. Nous continuons à exister par nos traces, par l’écho des souvenirs .

  

   On le sait bien il ne faudra attendre de cette suite de 18 épisodes que des questions, des interprétations, des suppostions, autant de regards interrogateurs tentant de décrypter ce qui se trouve derrière l’horizon. . Mais laissons parler David Lynch :

    «  Il n'y a rien de plus beau que le mystère. Je crois qu'on rend les gens malheureux en résolvant tous les mystères. Un mystère résolu, vous l'oubliez et vous passez au suivant. Un mystère non résolu, c'est frustrant, mais c'est comme un cadeau. Ça fait naître des idées, ça vous fait penser, rêver !". David Lynch à propos de Twin Peaks, dans Les Cahiers du Cinéma en décembre 2017 » https://bit.ly/2ABObbi

Chut...Je n’ai pas encore vu la suite. Mais déjà le générique du film m’amène les premières images.

      

     Laura Palmer ressemble à une de ces ouvreuses de cinéma d'antan, et me montre ma place, dans la salle de cinéma obscure. Je m’assois dans un fauteuil de velours rouge. Tout est rouge ici. Un nain me dévisage étrangement, comme s'il croyait reconnaitre quelqu'un. Devant moi un jeune couple s'embrasse lougoureusement, insensible aux premières images qui défilent sur l'écran..

      Serais-je un nouvel habitant de « Twin Peaks », passé de l’autre coté du miroir d’Alice ? Il faut que je regarde la pancarte à l’entrée de la ville !. Savoir combien d’habitants y vivent, maintenant, sans même y avoir foutu les pieds ?

       "Mais saurais-je entrevoir, à la fin, dans la pénombre des bois, les ailes déployées, de cet ange musicien, dont on m'a t'en parlé ?"  (Allem Surre Garcia)

Twin Peaks : Documentary "Time" (march 2017)

-David Lynch, sur france culture : Retour à Twin Peaks : https://bit.ly/2GYoSmL

-10 choses à savoir sur Twin Peaks – L'Express https://bit.ly/2GYoSmL

https://bit.ly/2Gwm5R2

scènes : 

Twin Peaks Crazy Scenes in the Black Lodge

Lana Del Rey - Born To Die (Shelly & Bobby, Twin Peaks)

 


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22 réactions à cet article    


  • Bonjour Vélosolex. Toujours pas convaincue par Bites.ly. Sinon, oui, l’essentiel. Nous sommes tous des pervers polymorphes et seules des limites très variables nous retiennent au parapet de l’innomable. La lecture de Guy Debord (Les Naufrageurs) qui me semble comme un jumeau-noir, Renaud Séchan considéré « comme trop fragile » parce qu’il a refusé de défendre Mesrine«  ?.... Des prénoms qui sonnent comme le glas du tocsin : Guy, Alicè, Michèle. Ces personnes je les cotoye encore, dont Van Eigem. Dois-je comme la sole, les regarder d’un oeil torve ??? Regarder notre passé comme dans le rétrovisieur de nos échappées-belle.... Pourquoi avons-nous surnagé, survécu. La perversion de l’autre mérite-t-elle notre mort ? Oui, j’aime les films de David Lynch (préférant certes, Elephant Man et Dune, quoique »Sailor et Lula,...). Voilà, un cinéaste qui nous renvoie le visage de la méduse. Faut-il pour continuer à vivre et oser la regarder en face ou plutôt se détourner ? Ce qui ne nous tue pas, nous rend plus fort. Contre qui ou avec qui ? Les survivants d’Auschwitz sont sortis sans à l’inverse d’Orphée. Certains se sont retournés et ne supportant de vivre avec CELA, se sont suicidés (Lévy, Bettelheim, peut-être pour d’autres raisons,...). D’autres au contraire, toujours dans l’effroi ont osé : sortir de camps pour découvrir « cette démocrassie » là. Cela en valait-il la peine ? Je ne sais pourquoi, j’ai survécu à l’horreur. David Lynch y a plongé le regard par la protection ou pare excitation de sa caméra. Et nous dit aussi : vous n’aurez pas notre mort. Votre vie n’est pas la mienne. Comme Mystère Hyde, je ne suis peut-être pas Jekill.


    • velosolex velosolex 4 avril 13:05

      @Mélusine ou la Robe de Saphir.
      Lynch a semble t’il pressenti le cloud, les réseaux adipeux, les masques des bourreaux, adaptés aux temps nouveaux.La marche au pas de l’oie se fait maintenant sur le clavier. . Une résurgence de l’esprit du mal, au travers du jeu des masques et de la manipulation. Vous avez raison de parler d’Orphée, et de descente aux enfers.

       Les plus dangereuses sont celle tapissées de moquette, et où les bourreaux prétendent être des « amis ». 
      J’ai mis les derniers vers d’un poème de Garcia, trouvé sur le chemin de Compostelle, qui me semble illustrer cette traversée du styx, à travers cette volonté de transcendance, dans le voyage, et la vie en est un, qui va de l’obscurité à la lumière. 
      Parfois certains s’arrêtent, épuisés, de s’être trop battus, sur le bord du chemin.
       
      Voici le chemin sur la fin des terres
      Prépare toi voyageur inlassable
      Un soleil diffus, ce matin, entre dans mon coeur
      Je songe déjà en mon voyage
      Sur une barque fragile
      Que je tiendrais à deux mains
      Un nuage chargé de grèle
      M’annoncera un hiver précoce
      Il s’étirera sur un fleuve large comme la mer

      Au carrefour imprévu quel chemin prendrais je
      Quel pont ? Sur quel fleuve ?
      Il faudra m’a t’on dit traverser bien des landes
      Et quelque haut plateau après l’hiver
      Il faudra décrypter la moindre rumeur
      Le long des ogives, le long des linteaux

      Mais saurais je entrevoir à la fin
      Dans la pénombre des bois
      Les ailes déployées de cet ange musicien
      Dont on m’a tant parlé !



    • Hitler avant de se suicider est passé auparavant aux toilettes : voici mon cadeau pour le futur (Fake NEWS,..). Etrange, j’ai vécu avec un juif né à peu près à l’heure de sa mort qui m’a introduit dans l’univers surréaliste. Pour aller jusqu’au fond de l’horreur, il faut affronter l’oeuvre de Jonathan Littell. Un juif. En astrologie (Breton), c’est la Lune Noire, Hécate. Philippe Regnicoli (jungien) a fait une excellente analyse de Lynch. 

      Un authentique lunaire noir. Un enfant préférant la solitude et la rêverie. La psychologie lynchéenne’ : La lune, le scorpion, la lune noire et vénus. Pas étonnant que son univers soit le mien, ayant les mêmes caractéristique astrales,...mais derrière filtre de la caméra.. Il fait aussi une confrontation entre le thème de Freud et Jung. Bluffant. Seul le scorpion résisterait à une attaque atomique,....

      • velosolex velosolex 4 avril 14:05

        @Mélusine ou la Robe de Saphir.
        J’ai préféré à Litell, Vassili Grossman...

        Vie et destin - France Culture
        C’est un témoin direct. Un combattant de Stalingrad. Il a suivi l’armée rouge jusqu’à Treblinka. Il n’épargne rien, mais garde comme je pourrais dire une pudeur, une exigence de transcendance, un souci d’humanité constant. C’est un écrivain reconnu quand il « se grille » en écrivant ce livre que les soviétiques vont tenter de décrire.C’est qu’il compare les deux totalitarismes., le nazi et le soviétique. 
        Il n’a pas supporté après stalingrad et cet héroïsme qui lui laissa espéré que plus rien ne saurait comme avant, de voir le vieux jeu hypocrite se remettre en place, ses collègues recommencer à se mettre des baillons. (Proclamer n’importe quoi et réduire les hiérarchies à leur impact commercial, est finalement du pareil au même que la censure, elle conduit à la médiocrité des esprits et des mœurs) 
        Grossman n’a jamais récupéré de la mort de sa mère, morte à Auswitch, restée dans un ghetto dans une partie de l’urss investie par les nazis. Il se culpabilisera de n’avoir pas pu, pas su quand il était encore temps, l’amener à l’arrière. 

      • @velosolex


        A mettre dans mes livres à lire. Si jamais vous lisez :https://fr.wikipedia.org/wiki/Yvette_Szczupak-Thomas, c’est ma vie. Morte en 2003 en Israël. Excepté le passage : du mouchage quotidien....

      • velosolex velosolex 4 avril 14:24

        @Mélusine ou la Robe de Saphir.
        Je retiens. J’ai bien aimé ce livre, « RIEN OU POSER SA TETE » très prégnant sur une certaine époque, écrite par une belle personne. 

        Contre l’oubli de Françoise Frenkel - Le Monde

      • J’avais une enfance heureuse à la campagne, jusqu’à ce que mes parents ,se séparent (climat à situer dans le livre : le Chagrin des belges) jusqu’à ce que mes parents se séparent et que mon père monte sur BRuxelles. Là, il tombe sur ma belle-doche (sosie de FRançoise Rosay) qui passa toute sa haine profonde du nazisme sur moi (allez savoir pourquoi je lui servi de bouc-émissaire, moi, celle qui était de « TROP »). Son père fut torturé à mort pendant sept heures devant les prisonniers de Buchenwald. Et dès sept ans je fus confrontée à l’horreur de camps, puisque nous passions nos week-end à les visiter tous, l’Yser,, les commémoration. J’avoue ma honte d’avoir un jour dessiné à huit ans une croix gammée avec son propre fils qui me soutenait contre sa Folcoche de mère (une femme d’une redoutable « intelligence »,) une croix gammée pour la provoquer, sans en comprendre le sens profond (on jouait comme disait : GUY DEBORD),... Ma vie commençait comme du Modiano. Rien de très clair,....Pas étonnant que je fis ensuite : LA PSYCHO. 


        • Jean-François Dedieu Jean-François Dedieu 4 avril 15:28

          Un travail certain !

          Je ne connaissais pas cette facette ! Bravo !


          • velosolex velosolex 4 avril 15:48

            @Jean-François Dedieu
            On déteste ou on aime « Twin peaks » . Pour ces derniers, et ils sont nombreux, aux quatre coins du monde, et c’est curieux de noter que ces films ésotériques rencontrent le suffrage de tant de gens différents, le révélateur des années semble renforcer le mythe, et les sens se libèrent comme les saveurs d’un vieux vin. 

            La lutte du bien et du mal, les subterfuges, la folie, fleurissant dans les endroits les plus insolites, aux moments les plus inattendus, transformant les apparences, ou passant au travers des miroirs ont toujours été au cœur du travail de Lynch. 
            On peut trouver des influences dans l’expressionnisme allemand, les films de Murnau ou de Lang, et loucher du coté du cinéma Japonais. Je pense à Kurosawa, à l’influence des esprits des morts, de la lutte du bien et du mal, ou ce film sublime que sont « les contes de la lune vague ».
             L’orient ouvre des perspectives, et ne ferme pas à fermer les représentations, ni les interprétations. 
            Quelqu’un qui cherchera à ne voir qu’un sens, ne suivra que son propre chemin borné. 

          • Dom66 Dom66 4 avril 16:39

            Film tourné aux chutes de Snoqualie dans un ancien hôtel/restaurant/musé/magasin de souvenir ;

            transformé avec le succès de twen Peak en Hôtel de « Luxe » le « Salish Lodge & Spa.

            j’ai regardé tout Twin Peaks, pas mal mais la fin en eau de boudin minable.

            J’espère qu’ils feront mieux cette fois


            • velosolex velosolex 4 avril 17:16

              @Dom66
              Ce n’est pas le but, mais le chemin qui est intéressant. 

              Et le chemin dans « twin peaks » provoque il est vrai une attente en rapport. 
              La fin est surprenante, frustrante.
               Et elle impose finalement une suite. Au moins dans l’imaginaire, car Lynch n’est jamais borné dans ses perspectives, et laisse notre imaginaire se déployer. 
              Un nouveau voyage à faire, dans le sillage des acteurs qui ont vieilli. Come back to Twin Peaks. 
              Y a t’il du réseau aussi là bas maintenant ? Je veux parler du vulgaire. 

            • Dom66 Dom66 4 avril 18:58

              @velosolex

              A vrai dire, je ne comprend pas la question sur le réseau et le vulgaire ?


              Par contre du vulgaire … ceci : Jack a 13 ans https://twitter.com/limportant_fr/status/967374686794534912


              Je sais ce n’est pas le sujet….désolé



            • velosolex velosolex 4 avril 19:50

              @Dom66
              Quand on ne comprend pas, et qu’on fait un pas de coté, on est précisément je pense dans le monde de Lynch...un auteur qui comme Edouardo Pessoa cultive l’intranquilité. Les aventures de Jack sont concomitantes à ce monde de la folie, qui rend plus facile l’achat d’un fusil d’assaut que d’un carembar.

              Je voulais simplement spécifier que l’internet est rentré dans la vulgarité, qui qualifie ce qui est commun, avec son aspect létal et mortifère ( entre autres), tout comme celui précisément d’une arme par un gamin. 
              Il semble que la population ne dispose pas d’antiviurus contre cette folie, qui en dit beaucoup sur l’état de l’amérique, son incapacité à se détourner d’un dogme, qui fut, on peut l’admette, à un moment émancipateur, par rapport aux colons anglais, celui de disposer d’une arme par foyer. .

            • Dom66 Dom66 5 avril 01:01

              @velosolex
              Merci pour la réponse en tout cas.


            • @Dom66

              Il ME dit koi Sitting Bull ?



            • @CR le voleur de Ravioli

              Attencion, si pas de réponse convenable de quiconque, je dévoile nos alcôves sur Ago.tv ! smiley


            • TRès différent, mais j’ai adoré le film. ADALINE. 


              • Dom66 Dom66 5 avril 11:49

                Le monde est déjà assez triste comme ça, et en plus il y en a qui viennent sur une discussion ordinaire que pour moinser et dire des conneries. Suivez mon regard. « Les multi speudos »

                Pauvre France.


                • velosolex velosolex 5 avril 12:38

                  @Dom66
                  C’est Bob, l’esprit du mal, issu d’une trappe de« twin peaks », voir « le de la banalité du mal » cher à Anna Arendt cultivé par internet ! Un clone issu d’anonymus, et de la bétise potentialisée, chaussé de charentaises ! 

                  Rien de pire que quand on est sur un deux roues, de voir ces clébards se prenant pour les maitres du monde se foutre sur vos roues, menacer vos mollets ; Un pont coup de pieds dans les parties les remet dans la réalité. 

                • velosolex velosolex 10 avril 12:38

                  @velosolex
                  Si l’on évoque le passé, à l’origine des forces intrigantes à notre vie, Lovecraft nous parla déjà des forces occultes. Mais ce sont des forces assises aux portes de l’espace, des entités extraterrestes ; pas des trolls, dépendant d’intérêts commerciaux, ou politiques, à la solde des états, comme on le voit sur bien des sites, et évidemment celui ci....Chacun peut en faire le constat, à moins d’avoir la tête dans la nasse. 

                   Bien d’autres auteurs de SF eurent vraiment l’intuition d’un réseau agissant en sous fifre sur nos comportements, et notre inconscient collectif : Phillpp K Dick par exemple. 

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