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Retraites : retour sur un projet en train de « carboniser » le pouvoir

Un nouveau système qui s'étalerait entre 2022... et 2037 pour certains régimes spéciaux.

Instaurer un régime de retraite universel unique, regroupant l’ensemble des régimes existants et géré de manière globale, suivant une répartition exclusivement par point, tel fût le projet qu’ils avaient accueilli favorablement en 2017. Mais l’histoire de cette trouvaille de campagne va se transformer en boulet pour Emmanuel Macron.

Prédiction « visionnaire » de Jean-paul Delevoye, ex chargé de la réforme des retraites ?

Proche des partenaires sociaux, qu’il respecte et qui le respectent, Jean-Paul Delevoye va devenir en septembre 2017 la carte maîtresse du président de la République pour vendre la réforme systémique à des syndicats plus que dubitatifs. Seule la CFDT de Laurent Berger milite depuis plus de dix ans pour la mise en œuvre d’un système universel par points, proche de ce que propose Emmanuel Macron.

Jean-Paul Delevoye, un fidèle qui a rallié la cause du candidat Macron très tôt dans la campagne et présidé la commission d’investiture pour les législatives devient le factotum du dossier de la réforme des retraites. Devant sa petite équipe, l’expérimenté Delevoye, fragilisé par ses omissions successives de déclaration d’activités, bénévoles ou rémunérées et désormais démissionnaire avait exposé l’enjeu, sans tourner autour du pot, il déclarait : « On en sortira sanctifiés ou carbonisés ». Aujourd’hui, entre accumulation d’erreurs diverses, la « carbonisation » est en cours et il faudra que le Président et le premier ministre fassent preuve de volonté et de gros efforts pour stopper cette « carbonisation »...

Quels effets négatifs sont mis en évidence par les opposants au système universel unique à points

Jean-Paul Delevoye avait proposé d’instaurer un régime de retraite universel unique, regroupant l’ensemble des régimes existants et géré de manière globale, suivant une répartition exclusivement par point.

Dans ce système, les cotisations versées par un actif (ainsi que celles versées par l’employeur dans le cas des salariés) tout au long de sa carrière, quel que soit son statut (salarié, fonctionnaire, indépendant) sont converties en points.

Lors du départ en retraite, le nombre total des points acquis est multiplié par la valeur du point qui sera alors fixé par le régime universel de retraite.

Mais, d’une part, la valeur du point n’est pas garantie à long terme, car il sera indexé sur les salaires et non, comme depuis la fin des années 1980 sur l’inflation  et il n’est, dès lors, pas interdit de penser que la valeur du point sera dévaluée dans une économie où l’emploi sera dégradée ainsi que par voie de conséquence les salaires, du notamment, avec l’émergence de la nouvelle révolution numérique. Cette nouvelle révolution numérique va se traduire de plus en plus par un système interconnecté reliant machines et méthode de gestion par des robots avec une nouvelle forme « d’intelligence artificielle » qui leur fait changer de statut, en particulier avec l’émergence de « l’entreprise 4.0 ». Certaines entreprises de la grande distribution ont déjà inauguré ( à titre expérimental) ce type d’organisation « 4.0 ». Les experts du forum économique mondial de Davos ne prévoient-il pas 5 millions de chômeurs supplémentaires d’ici 2025, par rapport aux effets de ce qu’ils définissent comme « 4 ème révolution industrielle ».

D’autre part, ce nouveau régime pourrait être déficitaire à brève échéance. compte tenu de la situation économique et démographique de la France, où le chômage reste élevé et risque de croître rapidement. Et ce ne sont pas les deux ou trois milliards « chipés » dans les caisses de retraite excédentaires de certains régimes lors de l’instauration du régime universel qui vont pouvoir améliorer la situation. En effet, avec la fusion des 42 régimes de retraites, les réserves des régimes bénéficiaires vont être inévitablement et immédiatement absorbées dans les déficits des autres régimes. Alors qu’elles sont indexées sur l’inflation, selon l’OCDE, en 2017, les pensions se sont montées à 316 milliards d’euros, soit 13,8 % du PIB. Des experts estiment que si elles étaient restées indexées sur les salaires, aujourd’hui leur montant se situerait autour de 17 à 18 % du PIB.

D’un accueil favorable au principe universel par point à son rejet par la majorité de l’opinion que s’est-il passé ?

Quand il a envisagé cette réforme des retraites, ou plus exactement leur refondation, Emmanuel Macron répète alors  :  » il ne s’agit pas de faire des économies ». Il n’y aura donc pas, promet-il, de nouvelles mesures d’âge (recul âge légal ou nouvelles incitations à travailler plus longtemps).

Au printemps dernier, plusieurs ministres évoquent la possibilité de faire travailler les Français plus longtemps pour financer la prise en charge des personnes dépendantes. Le sujet reste en friche, la présentation du projet de loi sur le grand âge ayant été repoussée au début de l’année prochaine.

Depuis, c’est Edouard Philippe qui a indiqué un âge pivot à 64 ans. Concrètement, il sera toujours possible de partir à la retraite à 62 ans, mais pour avoir un taux plein, il faudra, en principe, atteindre « cet âge d’équilibre », sous peine de se voir appliquer un malus qui pourrait atteindre 5% par an, à partir de 2027. C’est un point qui cristallise l’attention. Le dirigeant de la CFDT Laurent Berger estime même qu’une ligne rouge a été franchie, on connaît la suite…

La question financière peut-elle expliquer le changement de cap du Président de la république ?

Édouard Philippe avance désormais un autre argument  : la nécessité d’avoir un régime globalement à l’équilibre au moment de l’entrée en vigueur du nouveau système, c’est à dire en 2025, histoire de « repartir du bon pied ». Pour y parvenir, Edouard Philippe ayant exclu une hausse des cotisations ou une baisse des pensions, reste donc un nouvel allongement de la durée du travail, formule qui va dans le sens des souhaits exprimés par le MEDEF.

D’une réforme pour un régime de retraite idéal sur le papier qui se révèle être une véritable « usine à gaz »

Au fur et à mesure des discussions entre le premier ministre et les partenaires sociaux, de concessions aux uns (cheminots) et de dérogations aux autres (policiers, militaires ) fonctionnaires, chaque fil tiré apporte plus de complications que de solutions. Au final le risque est grand de faire une pseudo-réforme, plus coûteuse que si l’on n’avait rien fait.

Exemple avec des concessions faites aux cheminots et à d’autres  : Pour les cheminots, avec une carrière entièrement effectuée dans le régime spécial. Ils n’auront pas de décote sur leur pension s’ils partent à 57,8 ans contre 57 ans avec le régime spécial. On est bien loin de l’âge légal de départ à la retraite pour les salariés du secteur privé (62 ans) et de l’âge pivot envisagé (64 ans) à partir duquel on annule les décotes.

Comme la future loi sur les retraites le prévoit, toutes les primes seront intégrées dans la rémunération servant de base pour calculer la pension. Ce n’était pas le cas dans le régime spécial, où n’était pris en compte que le salaire.

Dernier coup de pouce, la SNCF va mettre en place un Perco, un système qui permet aux salariés de se constituer un bas de laine pour la retraite avec l’aide de l’entreprise. Beaucoup de salariés du secteur privé ou de fonctionnaires aimeraient avoir droit à de telles attentions.

Le cas des enseignants  : À partir de 2021 et jusqu’en 2037, les professeurs recevront une augmentation progressive de 8 à 10 milliards d’euros.Selon ce scénario, les retraites des enseignants ne baisseront pas, a promis le gouvernement. Pour plus d’informations : https://www.lefigaro.fr/politique/les-enseignants-seront-les-grands-gagnants-de-la-reforme-des-retraites-20191220

Des cotisations pas identiques pour tous

Alors qu’aujourd’hui, il existe une centaine de règles différentes pour le calcul des cotisations, désormais, tous les salariés cotiseront sur l’intégralité de leur salaire. Les primes seront également prises en compte pour les fonctionnaires (elles représentent aujourd’hui 22% de leur rémunération !) et les salariés des régimes spéciaux concernés. Le taux identique pour tous sera de 28,12% jusqu’à environ 120 000 euros de revenu brut par an (soit 10 000 euros par mois). Au-delà, « une cotisation de solidarité, ne générant pas de droits, s’appliquera à l’intégralité des revenus à un taux de 2,81%. » Si ce dernier mécanisme de solidarité sera mis en place pour les indépendants et les professions libérales, ces derniers bénéficieront d’un taux préférentiel de cotisation de 12,94% entre 40 000 euros et 120 000 euros de revenu, « pour éviter une hausse de leurs charges qui fragiliserait leur équilibre économique ».

A noter que dans le nouveau système, le gouvernement entend garantir que certaines périodes d’inactivité (chômage, de maladie, de maternité, d’invalidité ) ne pénalisent pas les personnes pour le calcul de leur pension. « Contrairement au système actuel, la compensation de ces périodes d’interruption se traduira mécaniquement par une augmentation des droits constitués et une amélioration de la pension versée au moment du départ », précise le texte. Concrètement, « en plus des points acquis par leur cotisation, les Français pourront bénéficier de points financés par la solidarité nationale, au titre de leurs périodes d’inactivité involontaire. »

Mais aussi 64 ans pour une retraite à taux plein, ce qui cristallise l’attention

Edouard Philippe a indiqué un âge pivot à 64 ans. Concrètement, il sera toujours possible de partir à la retraite à 62 ans, mais pour avoir un taux plein, il faudra, en principe, atteindre « cet âge d’équilibre », sous peine de se voir appliquer un malus qui pourrait atteindre 5% par an, à partir de 2027.

Si le sujet doit encore être affiné avec les partenaires sociaux, des aménagements à cette règle sont déjà prévus. Le dispositif « carrières longues » sera maintenu pour permettre à ceux qui ont validé 5 trimestres avant 20 ans, de partir deux ans plus tôt. Les départs anticipés des travailleurs handicapés entre 55 et 59 ans seront conservés et simplifiés. La retraite pour incapacité permanente qui permet un départ à 60 ans sans décote sera étendue aux fonctionnaires et salariés des régimes spéciaux. « Les personnes exerçant des métiers usants pourront partir deux ans plus tôt que les autres », a également détaillé Edouard Philippe.

Des dérogations à l’âge de départ de 62 ans seront maintenues dans le système universel pour les fonctionnaires ayant des missions régaliennes

Sous réserve d’avoir effectivement occupé pendant une durée minimale des fonctions opérationnelles les exposants au danger », les droits à un départ anticipé seront ouverts pour les policiers, les personnels de l’administration pénitentiaire, et les ingénieurs du contrôle de la navigation aérienne à compter de 52 ans. Pour les sapeurs-pompiers professionnels, la branche surveillance des douanes et les policiers municipaux dès 57 ans. Pour les militaires du rang et les sous-officiers, le droit à un départ à la retraite continuera d’être possible au bout de 17 années de services. Pour les officiers, le droit à une retraite immédiate sera maintenu à 27 ans de services sous réserve d’avoir atteint l’âge de 52 ans.

Bref on est dans un imbroglio total où les dérogations et concessions faites aux un sont contestées par les autres qui en veulent autant, voire plus, et pourquoi pas ?...

Sans revenir au principe d’universalité par points, il serait temps de stopper cette « usine à gaz »

Si le Gouvernement veut sortir de l’imbroglio dans lequel il s’est mis, il lui suffit de suspendre la réforme des retraites qu’il a engagé de façon parfois bien incohérente. Réforme engagée, sans avoir recours préalablement à un simulateur fiable et en faisant au fur et à mesure des discussions des concessions ou des dérogations qui creusent davantage les écarts censés les éliminer.

Il n’y a pas d’urgence financière. Dès lors, il convient de prendre le temps, remettre à plat le dossier, ré-associer les Députés, les responsables syndicaux comme cela avait été fait où 18 propositions s’étaient dégagées. Mais aussi une mission permanente avec les partenaires sociaux, dont l’objectif serait de parvenir à un projet de réforme, avec une majorité la plus consensuelle possible. A noter que s’il y avait réellement un problème financier, à l’instar du gouvernement Espagnol, pourquoi ne pas taxer les banques ?

Pour conclure

Loin de sortir « sanctifié » le pouvoir est en train de vivre un véritable chemin de croix. Il est vraisemblable que les conseils avisés de chers énarques ministériels ne fussent point étrangers à la chose... Désormais, la raison imposerait de stopper et remettre à plus tard cette réforme, en prenant le temps du débat et de la concertation, si le gouvernement veut éviter d’être « carbonisé », selon l’une des hypothèses de Mr. Delevoye.

 


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32 réactions à cet article    


  • leypanou 23 décembre 2019 09:39

    le gouvernement entend garantir que certaines périodes d’inactivité (chômage, de maladie, de maternité, d’invalidité ) ne pénalisent pas les personnes pour le calcul de leur pension 

     : dire çà de la part du gouvernement, c’est vraiment prendre les gens pour des imbéciles. Comptent-ils supprimer la décote ? Cela m’étonnerait fort.

    Vous touchez un bon salaire, cotisez en conséquence avec les points qui vont avec, mais, lors de la liquidation de votre pension, si vous n’avez pas les annuités nécessaires, vos points subissent une décote.


    • JulietFox 23 décembre 2019 09:51

      Et dire que ces n****ds de la CFDT n’ont pas compris que les heures supplémentaires défiscalisées, ne seront pas prises en compte pour avoir des points.


      • Laurent Parrat 23 décembre 2019 15:28

        @JulietFox

        Je ne sais pas si toutes les gloires de la cgt comme Martinez ou Laurent Brun touchent un salaire pendant que leurs camarades syndiqués grévistes se serrent la ceinture


      • Fergus Fergus 23 décembre 2019 15:48

        Bonjour, JulietFox

        Les heures supplémentaires défiscalisées, c’est de toute façon une arnaque sociale : elles bénéficient à des gens qui ont déjà un boulot au détriment de ceux qui sont en recherche d’emploi !
        L’urgence est de donner du boulot à ceux qui n’en ont pas, et non de faire travailler plus pour gagner plus ceux qui en ont un.


      • simir simir 25 décembre 2019 22:58

        @Laurent Parrat
        Vu le nombre de grèves en France si Martinez et Brun appliquaient votre idée ils seraient au restos du cœur et au RSA et de ce fait payés par les contribuables et les donateurs.
        Dans le même ordre d’idée le général Foch était il dans les tranchées en 14 ?

        Ridicule


      • lloreen 23 décembre 2019 10:01

        Pour information

        Tenue du procès des dirigeants français à Milan du 16 au 20 décembre 2019.

        https://www.youtube.com/watch?v=hfueuw1nptM


        • valdes 23 décembre 2019 11:05

          Point 1

          Ce gouvernement a une drôle de définition du mot UNIVERSEL.

          Système de Retraite Universel = système qui s’applique à tous. Les seules dérogations ne peuvent l’être que sur des critères de pénibilité, d’avoir eu des enfants ou bien de longévité de la carrière (si vous avez commencé à bosser à 16 ans, on ne va quand même pas vous faire contribuer pendant 50 à 60 ans, lorsque tout le monde contribue au maximum pendant 45 ans.

          Toutes autres dérogations fondées sur le principe de faire plaisir ou ne pas fâcher telle ou telle catégorie de travailleurs ou de corporation, seraient attaquables devant la loi, car potentiellement discriminantes (cf. le chauffeur de Flixbus versus le chauffeur de bus RATP).

          Ce serait comme de dire que les remboursements de la maladie à la sécurité sociale ne seraient pas les mêmes pour les conducteurs Flixbus par rapport aux conducteurs RATP, voyez ...)

          Point 2

          Il est plus ou moins écrit dans notre Constitution que chacun doit participer à la solidarité nationale et à ses charges, en fonction de ses propres moyens.

          Dés lors, abaisser le seuil de la contribution de 27 000 euros par mois (à 27%) à 10 000 euros par mois (à 28%), c’est exempter de facto les plus riches, à la solidarité nationale et aux charges de la Nation, dont les retraites et l’assistance aux âgés.

          Et ceci aussi, est potentiellement attaquable devant la loi.

          Point 3

          Avons nous un gouvernement tellement incompétent et qui ne regarde que dans la direction du seul capitalisme prédateur, pour ne pas voir cela ? La plupart sorte de l’ENA quand même. Qui apprennent-ils ?


          • Ecométa Ecométa 23 décembre 2019 12:39

            Tel est le principe : Diviser pour régner !

            Quel beau projet pour un Président de la « République », de la « Res-publica », logiquement de la « chose publique » et non de la seule « chose privée » : d’une « Res-privat », d’une « chose privée, qu’il n’a de cesse de privilégier !

            C’est là où nous en sommes, « diviser pour régner », et c’est la pratique dans tous les domaines de ce gouvernement de thuriféraires « faux culs », aux ordres de la seule finance internationale : du financiarisme  ! Tout ceci afin de figurer au second tour de l’élection présidentielle, non pas comme « premier » au premier tour, ce qui devrait être le cas de la part d’un gouvernement « démocratique » qui respecte le peuple, mais uniquement comme « second ». Il lui suffit d’être aux alentours de 17 % au premier tour, diviser pour se faire et pour cela donner dans le « populisme » … pratique non pas populaire mais exclusivement « politicienne » à laquelle désormais tous les partis politiques se donnent… sauf les verts !  

            Concernant, ce dont il est question ici, la réforme des retraites, le COR (Conseil d’Orientation des Retraites) a répondu au « Premier Sinistre », qui entend « sinistrer » les retraités pour le seul profit des affairistes en tout genre qui phagocytent l’économie sociétale, et satisfaire les fonds de pensions internationaux étrangers. Un COR, dont il suffit de regarder la composition pour se rassurer sur la haute compétence de cet organisme, et qui a répondu à la lettre de saisine du « Premier Ministre » du 19 septembre 2019.

            En synthèse, suite à cette lettre de saisine, le COR précise, dans un long rapport (Novembre 2019) de 127 pages, qu’en ce qui concerne le système de retraite pris dans sa globalité, qu’il évolue d’une situation de quasi équilibre en 2017, situation passée, à un déficit de 0,1 % du PIB en 2018, et compris entre 0,3 % et 0,6 % du PIB en 2025.

            Et de préciser que ce déficit n’est pas lié à l’évolution des dépenses de retraite dont la part dans le PIB reste constante. Il s’explique par une diminution des ressources du système de retraite. Cette baisse s’explique elle-même pour l’essentiel par une diminution, en pourcentage du PIB, de la contribution de diverses entités publiques (État, administrations publiques locales, CNAF, Unedic).

            A force de « laisser faire » et de « laisser aller », tout ceci lié au libéralisme économique, il faut entendre la « guerre économique mondiale », il y a urgence à faire passer des pans entiers de l’économie publique au secteur privé : de la Res-publica à la Res-Privat ; autrement ce système voué au libéralisme économique va s’écrouler ! 

            Alors que l’on parle de dizaine de milliers de milliards de $ (84.000 milliards de $ de PIB mondial) pour l’économie réelle ; il est question de chiffres « astronomiques », c’est-à-dire de millions de milliards de $ entre le marché des changes (2.500.000 milliards) celui des produits dérivés (1.500.000 milliards), soit 4.000.000 de milliards de $. Nous sommes, pour faire un compte rond et faciliter le calcul, 8 milliards d’habitants sur cette planète : 4.000.000 de milliards / 8 milliards = 500.000 $ par an et par habitant ! Tout ceci pour de la pure spéculation… sur rien de concret : sur du vent ! 

            Ce sont les chiffres que nous donnent des gens fiables, utilisant des sources officielles (BRI, banque des règlements internationaux, FMI, Banque mondiale, OCDE, FOREX, MARETWATCH …) ?

            De toute façon il va s’écrouler ce « système » car, « crisique » par nature, il est intenable à plus ou moins long terme : tant va la cruche à l’eau qu’à la fin elle se casse !

            A part ça : il n’y aurait pas d’argent pour les retraites ni pour financer un revenu universel mondial ?

            C’est une blague !


            • uleskiserge uleskiserge 23 décembre 2019 12:43

              RÉFORME DES RETRAITES : « DAVANTAGE DE PERDANTS QUE DE GAGNANTS » - CONFIRMATION DU MAGAZINE CHALLENGES

              Tout le monde le redoutait, sauf les classes les plus aisées car ces dernières ont des marges importantes de « régression » (si l’on peut dire), cette réforme des retraites initiée en 2018 n’a pas pour but de réduire les injustices ou les inégalités de traitement ou bien d’harmoniser les différents régimes ; non, cette réforme n’a qu’un but : pour le plus grand nombre, réduire le montant des retraites versées dans les années à venir ; de 20 à 30% selon les statuts et les âges d’entrée sur le marché du travail.

              Si la « répartition » est maintenue, resurgit toutefois le spectre de la « capitalisation » qui depuis les années 90 hante le système.

              Une étude du magazine Challenges - à la tête duquel on ne pourra pas soupçonner la présence d’une rédaction gauchiste, anti-libérale et anti-capitaliste -, ne laisse aucun doute à ce sujet.

              Seule incertitude : ça commence quand et pour qui en priorité ?

              Toutefois, il faut savoir placer cette réforme, après tant d’autres, dans le contexte d’une mondialisation (dont l’U.E est l’instrument, ici sur notre continent) qui n’a qu’un but : la hausse des profits et la baisse des salaires, des droits et des protections dans une mise en concurrence de tous contre tous.
              Macron est mandaté pour ça ; il sera jugé par ses commanditaires (l’oligarchie mondiale) sur ses capacités à mener à bien les réformes qui s’imposent s’il souhaite que sa crédibilité demeure intacte car une autre carrière l’attend à l’international dans 7 ans.


              • Pere Plexe Pere Plexe 23 décembre 2019 18:57

                @uleskiserge
                ...quelle surprise !
                Qui pouvait , qui peut encore, croire le contraire ?


              • Alain 23 décembre 2019 19:02

                @uleskiserge
                On voit bien déjà où nous mène sa politique. rien qu’à Paris, le commerce indépendant perd au moins 30% depuis le début du mois. dans les hotels ou resto, on est à -60%. Plus aucune réservation d’après ce que j’ai lu ce jour.
                Même le commerce en ligne perd 5%.
                https://lechommerces.fr/fortes-activite-commerce-depuis-le-debut-des-greves/
                https://www.lsa-conso.fr/greves-baisse-de-la-frequentation-des-centres-commerciaux,336476

                En fait, ce pays va se transformer en un immense territoire de clochards errant dans des rues où la plupart des magasins seront fermés.


              • Kapimo Kapimo 23 décembre 2019 12:45

                Macron veut etre sanctifié, donc il ira jusqu’au bout, quitte à réquisitionner les grévistes. Lesquels ne se laisseront plus faire.

                Macron risque de finir crucifié.


                • Fergus Fergus 23 décembre 2019 15:57

                  Bonjour, Kapimo

                  Réquisitionner les conducteurs de train, de RER ou de métro est, en l’état des textes législatifs, impossible. Il faudrait pour cela qu’existe une loi contraignant les entreprises de transport à un service minimum garanti comme il en existe pour le personnel des hôpitaux ou les pompiers. Or, une telle loi n’existe pas !


                • Kapimo Kapimo 24 décembre 2019 19:34

                  @Fergus

                  Bonjour,

                  Concernant les réquisitions, je pensais plutôt aux raffineries et aux ouvriers de la logistique pétroliere portuaire, qui sont je crois réquisitionnables.
                  Je ne pense pas que le transport seul puisse faire céder le gouvernement, il faut le secteur de l’énergie .


                • Anatine 23 décembre 2019 12:56

                  Fusionner les secteurs public et prive va transferer le deficit structurel resultant de la reduction du secteur public (de l’impot vers les cotisations) vers un regime universel limite en terme de poids sur le PIB.


                  • Anatine 23 décembre 2019 13:02

                    @Anatine

                    Pensez-vous qu’il aurait echappe au gouvernement que les retraites dans l’education nationale seraient amputees avec le nouveau régime ?


                  • Anatine 23 décembre 2019 13:09

                    @Anatine

                    S’il y avait des cas type a presenter ce serait l’impact des evenements de vie sur la retraite : chomage, periode de formation, maladie, RSA, ... avec un taux de chomage tres eleve avant 25 ans, les stages rémunérés au lance-pierres, une entree dans la vie professionnelle de plus en plus tardive...


                  • valdes 23 décembre 2019 15:00

                    @Anatine

                    Excellente remarque. Merci de l’avoir faite

                    Quand on voit comment Macron a fait supporter les 10 ou 17 milliards de soit disant « cadeaux » aux Gilets Jaunes, l’an dernier à ... la CAF.

                    Soit la Sécurité Sociale
                    Soit nous
                    Soit les Gilest Jaunes

                    Une vaste fumisterie. Je te prends dans une poche, je te donne ce que je viens de te prendre et je te le reprends dans l’autre poche.


                  • CN46400 CN46400 23 décembre 2019 13:45

                    Pourtant, il existe un moyen simple, efficace et 100% démocratique, pour juger la qualité des deux systèmes :
                    -les mettre en concurrence pendant un an, et, à la fin, conserver celui qui satisferait le mieux la clientèle des nouveaux retraités....
                    D’après vous, si ni Edouard, ni Manu n’ont pensé à cette solution est-ce par défaut d’intelligence, de connaissances, ou par souci, une fois encore, de favoriser la bourgeoisie ?


                    • valdes 23 décembre 2019 15:05

                      Il y a aussi le problème des réserves des caisses autonomes type AGIR ARRCO sur lesquelles Macron louche désespéremment.

                      Pensez, un truc comme 125-127 milliards, cumulés avec le fond de réserve des retraites, constitués depuis Jopsin.

                      Problème. De taille.

                      La loi dit très clairement que les réserves appartiennent à ceux qui les ont constitué. Sinon, c’est du vol ou du Bolchévisme. Macron est-il un voleur ou un bolchévique ? Plutôt un banquier ...

                      Là est le problème. 

                      Et il est de taille.

                      La prochaine fois, il faudra se garder d’élire un banquier à la tête de l’Etat.

                      Même pour faire barrage.


                      • Pere Plexe Pere Plexe 23 décembre 2019 15:40

                        « Pour les cheminots, avec une carrière entièrement effectuée dans le régime spécial. Ils n’auront pas de décote sur leur pension s’ils partent à 57,8 ans »

                        D’où ça sort ?

                        J’ai bien trouvé ça sur Capital et d’autre mais qui ne source jamais !

                        Et franchement ça sent la fake news à plein nez : Sans cette réforme l’âge d’annulation de la décote ( age pivot dans ce tableau) pour les cheminots était déjà prévu à 62 ans et 172 trimestre validés.


                        • William 29 décembre 2019 11:49

                          @Pere Plexe
                          « age pivot dans ce tableau »

                          le tableau indique que pour l’ouverture de droits à partir à 57 ans, il faudra 172 trimestres cotisés pour ceux nés en 1981
                          Comment peut-on partir à 57 ans en ayant cotisé 172 trimestres ? il faudrait avoir commencé à 14 ans, ce qui est illégal pour cette génération dont la scolarité est obligatoire jusqu’à 16 ans (depuis 1967)


                        • Daniel MARTIN Daniel MARTIN 23 décembre 2019 15:45

                          Un paragraphe est « passé à travers » après le titre : La question financière peut-elle expliquer le changement de cap du Président de la république ?

                          c’est ce texte qui manque :

                          Selon l’OCDE, en 2017, les pensions se sont montées à 316 milliards d’euros, soit 13,8 % du PIB. Malgré les réformes successives, et en comptant la part des pensions privées et non-obligatoires, la France reste dans le peloton de tête des pays développés les plus dépensiers. Mais, faute d’avoir eu recours à un simulateur fiable, il n’est pas certain que le nouveau système soit plus économe.


                          • valdes 23 décembre 2019 16:03

                            @Daniel MARTIN

                            De surcroît, à la différence du CICE, dont on ne sait pas trop bien où il est allé, on sait où va l’argent des retraités.

                            Dans l’épargne transmissible et plutôt père de famille pour les plus riches.
                            Dans le circuit économique pour les autres
                            Majoritairement en France.

                            Les retraités sont des consommateurs. De services à la personne. De dépenses de santé (c’est aux plus aisés retraités que les mutuelles vendent leurs « sur-mutuelles »). De loisirs.

                            Réduisez leur budget et de suite, vous allez faire s’effondrer certains secteurs dans les services, le loisir et la santé.

                            Et pour ce qui concerne les fonds de pension. Si tel est le projet de Macron, non seulement ce sera un coût pour la société, du fait de la défiscalisation, mais en plus cet argent ira s’investira dans le monde. Pas nécessairement en France.
                            L’argent des fonds de pension sera donc de l’argent non productif pour la France.

                            Sans compter que pour obtenir des rentabilités importantes, ces mêmes fonds de pension se comportent comme des prédateurs vis-à-vis des entreprises. En bref, il leur importe plus de faire du bénéfice immédiat, plutôt qu’une rentabilité plus longue et constructive.

                            A bien y regarder, dans n’importe quel sens, on prend ce projet, on y trouve pratiquement que du négatif et très peu de positif. Preuve que c’est un mauvais projet. Un projet même pas chiffré et qui risque bien de coûter trois ou quatre fois plus cher que le déficit de certains régimes actuels.


                          • Alain 23 décembre 2019 18:45

                            @valdes
                            Il faut dire aussi qu’en France, on place plutôt son argent sur des contrats d’assurance-vie. c’est le premier moyen d’épargne en France.
                            Le plus gros est AFER (association française d’épargne et de retraite), mais çà ne plait pas beaucoup. Parce qu’AFER est un gros fond en euros et que ces frais sont très faibles, que les arbitrages sont gratuits pour la plupart du temps, et qu’ils ne sont pas toujours d’accord avec les gouvernements.
                            Bref, ce n’est pas le joli fond de pension américanisé que voudrait nous imposer Macron. Ils ont plusieurs fois essayé de s’attaquer à l’assurance-vie pour la rendre moins attrayante. Mais pour le moment, çà ne marche pas. Sacré BlackRock, tu vas voir, c’est parce que tu as ton petit pion Macron que les choses vont bien se passer...


                          • CN46400 CN46400 23 décembre 2019 19:29

                            @Daniel MARTIN
                            Bof,
                            5% de pauvreté dans les plus de 60 ans en France, 15% en Suède, 13% en Allemagne....


                          • Un des P'tite Goutte Un des P’tite Goutte 25 décembre 2019 00:15

                            @valdes Très juste. Il sent le souffre par le système de points, lui-même porte ouverte aux fonds de pension, abomination abjecte. Maintenant, pour le « peu de positif » que l’on trouve...Quelle preuve ?, Quelle assurance ? Il est dans les méthodes de ce tas de ramassis corrompus de promettre ou de présenter pour finalement imposer. Maqueron, par exemple, je l’imagine crier « à la dette au secours ! » puis, gamin, après avoir dérangé les villageois, foutu un bazar pas possible, recommencer un autre jour sa blague. La troisième fois, le gamin, sa dette, c’est seul qu’il devra la rembourser : c-à-d rendre des compte pour ses mensonges, ses trahisons vis-à-vis du peuple, de la constitution et...qui sait (on peut toujours rêver) vis-à-vis d’oligarques européistes et mafieux dont, finalement, il n’aura pas été capable d’honorer les...contrats.

                            Tu vois bienne dé quoi je vé parler, no ?


                          • Alain 23 décembre 2019 18:34

                            C’est marrant parce que le policier municipal ou national que je vois souvent gladouiller dans sa bagnole à regarder son téléphone portable, il est super fatigué alors faut qu’il parte en retraite plus tôt.

                            C’est vrai... Quand on va le voir pour lui dire qu’on s’est fait voler son vélo, il répond « que voulez-vous que j’y fasse » ou bien « j’ai d’autres choses plus importantes à faire ». On comprend que çà le fatigue de faire son boulot quand le policier du Québec s’occupe du vol des vélos, donne des statistiques sur le nombre de vélos volés, retrouvés et de voleurs arrêtés et qu’en plus, tu peux aller dans un poste de police pour te faire graver ton vélo....

                            Enfin bref, le flic français, il est super fatigué. Les cambriolages, çà le dépasse, les vols de vélos et de portables aussi... Heureusement que y’a des gilets jaunes et des syndicalistes pour l’occuper... Après tout, Castaner lui a donné le droit de taper sur tout ce qui dépasse....

                            Dans le même temps, la ballerine prima ballerina de l’Opéra de Paris, elle a commencé en général vers 7 ans, et c’est super dur. Les pas de deux, les sauts, toujours avoir la forme, la ligne, la position parfaite, c’est des heures et des heures de travail. Elle a droit à une retraite à 42 ans, selon un très vieil ordre de plusieurs siècles. Et on le comprend. Comment danser Raymonda à 64 ans ? Et bien, comment ? Grâce à la grande vision de notre premier ministre. C’est un régime spécial, la ballerine... A la benne.

                            Moralité : Mieux vaut être flic incapable de retrouver un vélo volé que ballerine à l’opéra. Marius Petita et Adolphe Adam, ca ne doit pas leur parler beaucoup dans les hautes sphères...


                            • SPQR Sono Pazzi Questi Romani SPQR Sono Pazzi Questi Romani 24 décembre 2019 19:52

                              Même si la réforme du système des retraites donne dans la provocation sociale la plus vicieuse.

                              Elle constitue un leurre, dans les coulisses d’autres choses se déroulent.

                              1 exemple :La plate forme de lancement prêt de l’équateur présente des

                              difficultés des anomalies de gestions, sérieuses . .....

                              2 exemple : La Syrie .....

                              Ainsi de suite ....

                              Macron rime avec cynisme, hypocrisie, renégat.

                              Les journaliste-agitateurs violent la confiance des français . Ils se transforment en collabo-miliciens pour les intérêts de .... . 

                               smiley

                              Par le passé on s’est fait déposséder des brevets de la carte à puce, par la CIA.
                              Pas un gouvernant, pas un élu n’a bougé le petit doigt Rapt fût total dans un silence épais .

                              La France est dépecée en permanence .


                              • eau-du-robinet eau-du-robinet 25 décembre 2019 21:08

                                Instaurer un régime de retraite universel unique, regroupant l’ensemble des régimes existants et géré de manière globale, suivant une répartition exclusivement par point, au profit de BlackRock, société américaine, le plus grand fond d’investissement du monde. La bourse vas se faire un plaisir de spolier nos retraites !
                                .
                                Merci à toutes ses électeurs qui ont détruit nos vies !!!

                                https://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/blackrock-l-institution-financiere-185781

                                .



                                  • William 29 décembre 2019 10:21

                                    L’article présente bien la situation : un principe de base simple, cohérent et équitable, mais comme il y a une situation de départ diversifiée, les corporations bénéficiant d’avantages veulent les conserver, et le gouvernement accorde au cas par cas des ajustements.

                                    Trop tard pour rattraper le coup, il aurait fallu une grande consultation initiale validant le principe d’un régime universel. Finalement le nouveau système « amendé » devient un clone de l’ancien système, avec certaines compensations qui seront finalement plus couteuses que la situation antérieure.

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