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Revendications politiques des Gilets jaunes

 

Le mouvement des Gilets Jaunes se dit apolitique, ce qu'il faut traduire par apartisan. C'est à dire indépendant de toute affiliation politique, syndicale ou même associative. Mais il n'y a pas de mouvement possible, ni même de vie possible, totalement apolitique : acheter dans un magasin de proximité, une grande surface ou dans l'e-commerce est, volontairement ou non, consciemment ou non, un acte politique.

 

Le mouvement des Gilets Jaunes se dit apolitique, ce qu'il faut traduire par apartisan. C'est à dire indépendant de toute affiliation politique, syndicale ou même associative. Mais il n'y a pas de mouvement possible, ni même de vie possible, totalement apolitique : acheter dans un magasin de proximité, une grande surface ou dans l'e-commerce est, volontairement ou non, consciemment ou non, un acte politique.

Évidemment, les revendications des Gilets Jaunes sont politiques mais apartisanes même si des organisations politiques peuvent avoir des revendications plus ou moins semblables.

De plus, les revendications des Gilets Jaunes se sont rapidement étendues à partir du refus initial de l’augmentation de la taxe sur les carburants. Ce refus d’une taxe a fait dire à certains que c’était un néo-poujadisme, contre les impôts. Ce qui s’est révélé rapidement faux.
C’est aussi un mouvement et non un parti politique dans la mesure où il n’a pas un programme qui couvre toutes les questions politiques… sur lesquelles il y a probablement de grandes divergences parmi les Gilets Jaunes : questions sociétales, internationales… Qui apparaîtront en cas de présentation d’une ou de plusieurs listes aux élections européennes.
Il est tout aussi difficile de dire qu’il n’est ni de droite, ni de gauche, quand il se retrouve à demander la démission d’un président de la République qui s’est fait élire sur ce mot d’ordre… Ou alors d’un autre courant...
 

REVENDICATIONS POLITIQUES DES GILETS JAUNES
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Finalement, il est intéressant de regarder que parti de la lutte contre la taxe sur les carburants, les revendications se sont peu à peu étendues, essentiellement sociales puis de plus en plus politiques, au sens habituel du terme, à tel point que certains veulent présenter des candidats – apolitiques ? - aux élections européennes – apolitiques ?

En regardant les images, ce qui devrait frapper, en premier, c’est la disparition complète de la question de la taxe sur les carburants. Qui, certes, a été ajournée par le discours du président le 10 décembre mais non annulée et dont certains reparlent comme nécessaire d’une façon ou d’une autre (taxe carbone, taxe sur le carburant des avions, taxe en fonction des revenus, sur les véhicules en fonction de leur consommation...).

La taxe sur les carburants est, en réalité, incluse dans une question plus générale : la justice fiscale, la justice sociale qui apparaissent soit sous cette forme, soit sous l’opposition pauvres-privilégiés, qui va toucher aussi ceux qui légifèrent, qui sont rarement dans le besoin, donnant lieu à un certain antiparlementarisme qui ne doit pas déplaire au président : moins de députés, moins payés, c’est plus de poids au président et aux groupes de pression aux larges bases financières.

REVENDICATIONS POLITIQUES DES GILETS JAUNES
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Ces attaques des parlementaires sont, dans l’esprit des Gilets Jaunes, non un soutien du président mais une contestation de la démocratie représentative. Celle-ci fonctionne le plus souvent en faveur des mieux pourvus qui sont largement surreprésentés dans les instances élues à tous les niveaux…
D’où aussi la revendication institutionnelle la plus reprise, la plus importante, le référendum d’initiative citoyenne. Une telle mesure serait un pas en avant démocratique considérable. Mais sa mise en place ne sera pas facile et demandera des mois pour en formaliser les conditions : formulation des questions, nombre de demandeurs, champ d’application...

 

Autre particularité du mouvement apolitique, il ne s’attaque qu’aux politiques et rarement ou pas du tout au patronat. Que disent les Gilets Jaunes du Medef alors qu’il est le principal soutien et bénéficiaire de la politique du président !

Les quelques mesures financières du discours du 10 décembre seront payées par l’État, c’est à dire par les contribuables, elles ne coûteront rien au patronat, ni aux plus riches, l’ISF...
La dénonciation du capital se voit essentiellement sur des peintures murales d’inspiration plus anarchistes que Gilets Jaunes même si les deux peuvent se rejoindre.

REVENDICATIONS POLITIQUES DES GILETS JAUNES
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Le point ultime des revendications est la demande de démission. Si, à un moment, le président de la République et son gouvernement ont été très inquiets et ont surjoué l’éventualité d’une insurrection, aujourd’hui il semble y avoir un début de délitement interne, fronde d’élus qui doivent beaucoup à Macron mais qui n’approuvent plus toute sa politique : quelques démissions du groupe LREM, abstentions lors du vote de la loi, démission de conseillers du prince. Auxquelles il fut ajouter les, démissions de fonctionnaires dans le cadre de l’affaire Benalla.
De plus, i faut ajouter aux appels à la démission du président de la République, à la dissolution de l’Assemblée nationale par les Gilets Jaunes ceux qui émanent des opposants de gauche, de droite et d’extrême droite.

REVENDICATIONS POLITIQUES DES GILETS JAUNES

Le bateau tangue. Par l’action des Gilets Jaunes, par les prolongements de l’affaire Benalla, par une la crainte d’une partie de la droite d’être emportée à cause de l’incapacité du président, enfermé dans ses certitudes, à faire des concessions pour que rien ne change...

Emmanuel Macron a accentué la présidentialisation, le pouvoir personnel du régime. Il joue sa survie sur le GrandDébatNational, sur les élections européennes, sur un éventuel référendum à plusieurs questions… Réussira-t-il à se maintenir à flot, à faire remonter les sondages ? Cela dépend beaucoup de la force et de la persévérance ds Gilets Jaunes. Mais pas seulement.

REVENDICATIONS POLITIQUES DES GILETS JAUNES
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-1 Emmanuel Macron se prétendait ni de droite, ni de gauche. Tout le monde s’est rapidement aperçu qu’il était de droite et même pas de la droite sociale. De la droite austéritaire, celle qui veut imposer l’austérité. Cette supercherie électoraliste lui a rapidement valu, le titre de président des riches.


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9 réactions à cet article    


  • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 14 février 13:39

    Aucune revendication sur la qualité de l’enseignement et de l’éducation,....je note simplement. Il ne s’agit pas de tuer le père comme avec De Gaulle mais plutôt d’une guerre fratricide entre les privilégiés et ceux qui sont oubliés.


    • Pierre 14 février 14:10

      Une espèce de mai 68 du café du commerce avec sa logorrhée qui se terminera par un beau plouf à la hauteur de son vide ! L’auteur explique que c’est finalement le contribuable qui paiera l’addition et pas les « riches » : ah ouais, qui paie l’essentiel de l’Irpp ?


      • rogal 15 février 08:10

        @Pierre
        Personne ne payera. ; la banqueroute qui vient réglera tout.
        Champagne pour tout le monde !


      • Le421 Le421 15 février 08:55

        @Pierre

        ah ouais, qui paie l’essentiel de l’Irpp ?

        Réponse : les classes moyennes

        Qui représente combien de pourcentage des taxations des français ??
        Avec le célèbre exemple de feu Liliane Bettencourt au hasard...
        Gardez vos remarques pour le jité, y’a que là que ça passe bien.


      • Pierre 15 février 12:18

        @Le421
        Dans toute votre vie, il est probable que vous ne paierez même pas la moitié de ce que cette date payait chaque année ! Bref, as usual, n’importe quoi....


      • Aristide Aristide 15 février 14:47

        @Pierre

        Vous avez de la chance d’avoir compris le charabia du bidasse censeur « Qui représente combien de pourcentage des taxations des français ?? »


      • Pierre 15 février 15:27

        @Aristide
        Raison pour laquelle j’ai écrit « date » au lieu de « dame », histoire de me mettre au diapason !


      • Aristide Aristide 15 février 21:00

        @Pierre

        Mettre au diapason ? Ouff, va falloir sacrément baisser le niveau pour vous trouver à celui du bidasse censeur et encore ... Impossible tellement ce ... est au niveau zéro de la réflexion politique.


      • baldis30 15 février 08:59

        bonjour,

         il est toujours bon d’aller voir sur la presse étrangère de qualité ce qui se dit de la France .. pour ceux qui lisent l’italien voici un article à lire

         https://www.repubblica.it/esteri/2019/02/14/news/chalenc_on_in_francia_siamo _pronti_al_golpe_e_alle_guerra_civile_con_i_grillini_ci_rivedremo_siam o_alletati_-219155590/

        Quel que soit le jugement que l’on porte sur le mouvement 5S et sur les gilets jaunes, ce qui est intéressant c’est la façon dont s’est déroulée l’entrevue entre les deux entités, en France .... à Montargis ... des deux côtés des Alpes il y a démission de la classe politique au pouvoir. Démission liée à la fois à leurs incompétences et gloutonneries financières ... des deux côtés de la frontière ... Quelquefois une idée valable mais tellement mal étayée qu’on en rigole avant de pleurer en payant les conséquences... 

        Alors on en arrive à brandir « nous ou le chaos » tant du côté des pouvoirs en place que de la part des prétendants à une part du gâteau et pour les deux avec le maximum de douceurs sybarites.

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