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Accueil du site > Tribune Libre > Rêvons (mais pas que) avec Tolkien et George Lucas

Rêvons (mais pas que) avec Tolkien et George Lucas

Deux œuvres majeures, toutes deux immenses succès populaires et contant sous deux trames romanesques distinctes a partir de la même matrice exactement la même histoire, celle de la lutte du bien et du mal jusqu’à la bataille d Armageddon et la victoire sur l’ombre de la lumière et du bien.

Que l'on soit ou non croyant et quelle que soit notre foi ou absence de foi, notre religion ou notre système de croyance, notre seule intelligence (érudition et capacité à décrypter le sens profond d’une œuvre d’art) nous permet de rattacher Star Wars et Le seigneur des anneaux à L’Apocalypse de Saint Jean. Dont ils sont une parabole à peine voilée.

Dans les deux, le monde (sur Terre ou dans l’univers) est sous l’emprise du Mal (L’Etoile Noire …), les résistants sont en fuite (en tribulation…), chassés et pourchassés, ils se cachent et lancent des assauts, reçoivent une initiation, croient fermement en leurs forces et en leurs victoires, protègent un secret (l’anneau du savoir et du pouvoir en les mains d’un Abel ayant tué son Caïn de frère, ce Gollum schizophrène, incroyable personnage devenu monstrueux).

Dans les deux bataille finale et happy end, dans les deux le dernier volet se réfère à un RETOUR (du Roi ou du Jedi), lequel retour fait clairement penser à celui d’un certain Jésus, celui qui à la fin revient tonner et renverser les armées de l’ombre, mettre le pote Satan dans un chaudron pour mille ans et imposer enfin son règne sur Terre avec les survivants.

Auparavant, temps de ténèbres. Empereur et ou Sauron Antéchrist, union des peuples de la Terre du Milieu pour tâcher de déjouer les plans funestes, des morts par centaines de milliers, des combats intergalactiques, des jeux de pouvoir en un étrange Parlement sombre qui flaire bon la dictature etc. …

Heroic fantasy et space opera fort distrayants certes – mais n’est ce que cela que ces deux œuvres qui ont été créées par deux auteurs qui chacun ont un système de croyance – le même – et de fort belles intentions, éclairer, aider à anticiper, à décrypter, à décoder le dessous des cartes tout en distrayant, en fonçant droit dans l’imaginaire, le merveilleux, l’irrationnel. Et en truffant leur œuvre de références liées non pas à la religion mais à la spiritualité.

Un peu comme un bon vin, ces œuvres peuvent permettre à leur lecteur ou spectateur d'en sentir le suc bien après l’avoir lu ou vu. L’appel à la fiction et au merveilleux donc à la part d’enfant et de rêve permet, facilite ça, ouvrir cette porte, bien mieux que tous les discours et les essais. Appeler l’intelligence émotionnelle permet mine de rien de glisser le message sans forcer la porte. Et donc de respecter tout le monde.

Les artistes sont là, je parle des authentiques et des grands, pour faire le contraire de l’industrie qui cherche à nous distraire c’est à dire nous aveugler. Eux sont nos amis, ils savent, tiennent en eux une lumière, celle d’un savoir. Et plutôt que nous la faire de force gober ils la traduisent en de somptueuses paraboles à la portée universelle. Rêvons – ça ne coute rien – ou ils trôneront sur notre Monde en lieu et place des politiciens et des financiers, aux côtés des Sages et des Philosophes.

Oui – rêvons …


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5 réactions à cet article    


  • Choucas Choucas 22 janvier 10:15

    Le rêve de la lecture est remplacé par la dictature de l’écran
    Aucun n’enfant qui lira le Seigneur des Anneaux ne pourra le voir autrement qu’à travers les personnages du film. En cela le cinéma est un propagandiste idéal
     
    « Le cinéma est l’art du capitalisme, il peut s’y représenter beau et exemplaire, comme dans ... Et surtout aucune subjectivité ni imagination n’est possible, au contraire de la lecture d’un roman. La pensée du benêt est déjà entièrement formaté sur la pellicule. On peut dire pareil du jeux vidéo comparé au jeux de petits soldats. »
     
    DEVINEZ LE NOM DE CE FILM DE PROPAGANDE EN BOBOVIION :
     
    « Drogue au volant, excès de vitesse, insulte à agents (de l’État, visé), 200km/h sur le périph à contre sens, trafic de drogues, vol de la sécu, tel est le héros subversif bobo.
    Clichés consuméristes en veux tu en voilà, salle de bains de Seigneur, Masérati, Art et Décoration à tous les plans, jet privé avec champagne à volonté, yacht, aucune critique sociale tolérée, que de la diarrhée bien pensante consumériste qui flatte l’immigré garde-chiourme capitaliste et son bobo rassuré.
    Vous n’ avez pas encore reconnu ?
    Un peu de bumga bunga à la Berlu avec les masseuses asiatiques au yacht...
    Grand film pour des sexes poussant des caddies en écoutant du rap, espérant la Maserati capitaliste et les putes de la Caste ... démago pour lécheurs de culs du système et encenseur des abrutis dealers, forcément à grand succès au Benêtland ...
    Collusion classique, déjà dénoncée par Marx, entre le Capitalisme et le Lumpenprolétariat (le nègre du riche ... même pas en filigrane ...), le riche et l’immigré contre le souchien présenté comme un débile aux entretiens d’ embauche ...ou un trouillard. Normal seul le souchien communiste ou nationaliste peut gêner le Seigneur Capitaliste, l’ immigré est son bon rappeur dealer consommateur décérébré.
    La réalité crue en bobovision panégyrique. »


    • Clocel Clocel 22 janvier 10:15

      Le Silmarillion a autrement plus de gueule que les mièvreries bibliques, sans doute les deux récits se sont abreuvés en partie aux mêmes sources, mais les intentions ne sont pas les mêmes, le talent narratif, non plus...

      L’Ainulindalë est un récit remarquable, on y trouve tout, des légendes nordiques, celtiques en passant par l’imaginaire des aborigènes et de leurs songlines.

      Le Hobbit et le Seigneur des anneaux sont une toute petite partie de l’œuvre de Tolkien.


      • Gollum Gollum 22 janvier 10:21

        Votre texte fait un constat, juste, mais hélas on reste un peu sur sa faim…


        La saga de Tolkien, ainsi que celle des StarWars (qui a beaucoup moins ma préférence), a l’immense mérite de donner une visibilité à un thème métaphysique traditionnel, celui d’une profondeur du Mal, que notre époque rationaliste ne veut pas affronter.

        On connaît la phrase de St Augustin : Le mal est l’absence de bien.

        Au contraire, chez Tolkien, le Mal n’est pas seulement l’absence de bien, il est habité. Par une Présence. D’où l’intelligence du Mal dans sa volonté de destruction.

        On sent aussi qu’il s’agit d’une description de notre époque. Dans le film on voit comment la Nature est mise à mal par l’Industrie, tout comme aujourd’hui…

        La façon dont le Mal progresse, par petites touches, de façon imperceptible, rendant acceptables des choses autrement refusées si elles avaient été faites de façon abruptes. Et quand les gens commencent à comprendre l’ampleur des progrès des forces obscures il est déjà bien tard…

        C’est l’avantage d’une œuvre de fiction elle permet de dire des choses qu’on ne pourrait pas dire de façon crue en pointant du doigt certaines forces cachées.

        D’autres thèmes traditionnels sont à l’œuvre dans la saga de Tolkien. Le thème de l’autorité sacerdotale (Gandalf ainsi que les elfes) face au pouvoir temporel (Aragorn et le monde des hommes en général). Il y aurait aussi à dire sur les Nains et les Orques qui sont des incarnations de signes zodiacaux, idem pour les elfes et les hommes, les quatre formant une figure traditionnelle bien connue…

        Bien évidemment le thème du jeu de la puissance (Sauron) face à la petitesse (Frodon), cette petitesse, le petit grain de sable, qui fait tout basculer au moment où tout semble perdu…

        Bon, c’est pas tout ça, mais avez vous retrouvé mon prééécccieeuuuxxxx… ??

        • Étirév 22 janvier 13:43
          Tout au fonds de l’oeuvre de M.Tolkien est la lumière du monde qui jamais ne s’éteindra.

          • Gollum Gollum 22 janvier 14:43

            @Étirév

            Je viens de parcourir votre lien à la va-vite, ça m’a l’air pas mal du tout. Faudra que je m’y replonge en profondeur.

            J’en retiens une chose à laquelle je suis parvenu aussi. L’essence du sacerdotal est féminin.

            On en voit d’ailleurs quelque chose dans Tolkien où le véritable sacerdotal se trouve chez les elfes et notamment les femmes de cette tribu. Gandalf, représente le pôle masculin du sacerdotal. Mais c’est bien le Féminin qui ordonne.

            On a la même chose dans les contes du Graal. La Reine Guénièvre ayant beaucoup plus d’autorité qu’Arthur. (Voir MARKALE)

            Dans le Tarot le sacerdotal est représenté par les lames de Coupe. Et notamment la Reine de Coupe.

            Du coup, la masculinisation du sacerdotal dans les religions de masse actuelles pose question. Et même une question grave. Comme une sorte d’usurpation de la fonction. Qui expliquerait aussi le côté entropique, dégradé, des églises en général, leur absence de Gnose (voir la Papesse du Tarot avec son livre ouvert), de symbolisme...

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