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Accueil du site > Tribune Libre > Sciences, recherches sur le vivant : le chantier !

Sciences, recherches sur le vivant : le chantier !

L’histoire de la recherche scientifique, et notamment celle qui a pour objet la compréhension du vivant a connu des hauts et des bas, mais n’est jamais restée confinée à une quelconque inertie ou un immobilisme comme certains tentent de nous le faire croire aujourd’hui. Le grand chantier a été ouvert par Napoléon 1er lorsque, pensant stimuler le talent scientifique pour encourager les progrès économiques, mais craignant la liberté scientifique qui, au siècle des lumières, avait contribué aux profondes remises en causes du fait établi qui ont amené à la Révolution, il a enfermé la Science à l’université d’où elle a mis des décennies à sortir.

Une chronologie historique du CNRS et de la recherche (http://www.histrecmed.fr/chrono.html) nous rappelle les errances des politiques de la recherche, notamment entre fondamental et appliqué. Aujourd’hui, le chantier est toujours ouvert, avec des plans qui ne sont pas sans rappeler ceux de ses débuts (la révolution, c’est aussi ce qui fait revenir au point de départ). Ce qui change vraiment, ce sont les outils mis en œuvre. On est passé au bulldozer et à la dynamite. Ce ne sont plus des outils, ce sont des armes.

Si l’on en croit un communiqué du SNCS/FSU (syndicat de la recherche scientifique) publié le mardi 18 novembre 2008, "Le CNRS & l’INSERM explosent en plein vol !" En voici des extraits :
"Le gouvernement avance très rapidement pour mettre à terre le système français de recherche et d’innovation. L’AERES (Agence d’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur) a rendu son verdict « télécommandé » pour l’Inserm : il faut un institut unique regroupant toutes les sciences de la vie et de la santé. Le Premier ministre a aussitôt déclaré, dans son discours à l’occasion des 120 ans de Pasteur, qu’il fallait faire vite. Cet institut, en fait une agence de financement, n’aura pas de fonction opérationnelle. Donc fini l’Inserm et, par ricochet, le CNRS. (…) Les universités, qui « récupèrent » la gestion des unités, sont cantonnées au rôle d’opérateur. La stratégie sera définie par le ministère, mise en musique par les agences et exécutée par les universités".

Il y a environ cinq mois, avec un collègue chercheur, je postais sur le blog "science-recherche" un article que nous intitulions : "La recherche en sciences de la vie : le CNRS a perdu une bataille, mais a-t-il perdu la guerre ?"
Malgré la date de cet appel (le 17 juin, sans aucun lien de parenté !), aucune vraie résistance ne s’est développée.

Dans les allées du pouvoir, rejeter les réformes imposées à marche forcée sans aucune préparation et sans que des moyens réels et efficaces soient là pour leur donner une chance de réussite est considéré passéiste.
Un discours officiel très élaboré qui véhicule des milliards d’euros (on les cherche encore !), des mesures aguichantes pour les jeunes particulièrement brillants (voir mes articles Agoravox du 18 et du 22 octobre sur le sujet), des projets pharaoniques comme celui du site de Saclay (où le synchrotron Soleil voit pourtant son budget 2009 menacé d’une coupe particulièrement brutale), arrive à faire oublier sa brutalité, en particulier contre tout ce qui fonctionne (pas si mal que cela) dans la recherche scientifique en France.

Ce discours crée le lit d’une collaboration objective de bien des scientifiques, qui devraient plutôt, concernant leur avenir, manifester un même niveau de réflexion et de créativité que celui qui les maintient, quoi qu’on en dise, en bonne place dans la compétition scientifique internationale.
Leur soumission à "l’air du temps", aux financements ciblés de l’ANR*, les amène à se comporter soit comme ceux –qu’ils critiquent souvent- qui veulent les applications de la Science avant même que les bases fondamentales de leurs découvertes soient établies, soit en tentant de s’adapter au plus vite à tout ce qui leur est imposé de l’extérieur (pensons au drame du caméléon sur un tartan écossais).
Dans tous les cas, ils feignent d’ignorer quelle est la guerre qu’ils sont en train de perdre, en particulier dans le domaine des Sciences du vivant.

C’est, en effet un domaine dans lequel tout à chacun attend des progrès concrets les plus rapides possibles parce qu’il touche à notre Santé. Qu’importe de connaître le développement de la mouche puisque, après tout, la seule chose que nous voulons en faire, c’est l’écraser lorsqu’elle nous agace l’été, dans nos cuisines. Et je ne parle pas de l’hérédité du pétunia ! Mais quand on en arrive à la guérison "du" cancer que, régulièrement, des charlatans nous annoncent pour demain, là on en arrive à quelque chose de sérieux.**

Mais, ce faisant, on entretient l’illusion que le biomédical est une science à part entière et non un sous-ensemble du vivant. Qui plus est, une science à laquelle il est légitime de réduire l’ensemble des sciences de la vie. La biologie sérieuse serait donc celle qui s’inscrit dans le prétendu continuum qui mène de la recherche fondamentale au lit du malade.
Pourtant, le moins que l’on puisse dire est que le continuum est discontinu. En effet, cherchons où sont les nœuds de pouvoir.
Dans notre article de juin dernier, nous en avions distingué deux : le pouvoir médical puisqu’il tient le lit du malade et donc la recherche clinique, et le pouvoir de l’argent qui envisage ses investissements au plus près du lit du malade, c’est-à-dire au plus près d’un possible retour sur investissement.
Ce sont de véritables "nœuds" puisqu’ils enferment les décisions politiques et brident les scientifiques jusque dans leur réflexion.

Mais, rappelons-le : rien n’est inéluctable qu’on ne soit décidé à accepter.
Il existe un pouvoir, un contre-pouvoir : le pouvoir de celui qui fait. La Science est faite par des scientifiques. On l’oublie, on les oublie trop souvent, voire comme en ces temps troublés on les tient pour quantité négligeable.
Puissent-ils ne pas s’oublier eux-mêmes, et ramener la guerre sur leur propre terrain : la guerre pour la connaissance avant la guerre pour les applications (pour les profits ?). Même les Etats-Unis, Empire du libéralisme économique, l’ont compris. Pourquoi devrions nous nous distinguer sauf à vouloir « réformer » à tous crins quitte à détruire pour le plaisir, et désespérer pour longtemps des générations de Biologistes ?


* Agence nationale de la recherche qui finance des recherches sur projets en très grande majorité ciblés sur des priorités "gouvernementales", et associant, bien sûr, des industriels

** On se casse souvent la tête non seulement pour définir,mais surtout pour défendre la recherche fondamentale. Vous savez, ce qui ne sert à rien mais qui est totalement indispensable.
Dans le domaine des Sciences de la Vie, on a abandonné depuis longtemps cette défense. On préfère se placer sous la bannière de l’utilitaire, on va sauver l’humanité, la biosphère. Je n’ai pas l’impression qu’on ait les mêmes états d’âme à propos de l’intérêt des sciences fondamentales en physique, par exemple. C’est, d’ailleurs à leur sujet, et plus particulièrement à celui du très cher accélérateur géant de particules, le LHC, qu’un grand journal scientifique, j’ai nommé ... Télérama, a fait un beau plaidoyer pour la recherche fondamentale. Vous savez, celle qui ne sert à rien, ... d’autre qu’à nous apporter la CONNAISSANCE :
"Concrètement, c’est une machine de guerre. Un engin extraordinaire, pensé, imaginé, façonné pour faire la nique à un ennemi tenace : l’ignorance".


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14 réactions à cet article    


  • Bernard Dugué Bernard Dugué 21 novembre 2008 13:38

    Cher Patrick,

    Cela fait un moment déjà que la science du vivant décline. A cause de tous ces gestionnaires et bureaucrates. Déjà en 1995, on savait la perte de vitesse de la recherche sur le Sida, châpeautée par l’ANRS et chaque années, une agence nouvelle vient brider la recherche.

    Pour ce qui est de la résistance des scientifiques, je n’y crois pas. Je suis même inquiet, la situation ressemble étrangement à une mollesse des gens face à un pouvoir de plus en plus dirigiste, bref, retour à la case départ, dans les années 1930.

    Et pour ajouter un mot essentiel, que n’avez vous pas dressé le tableau de la biologie théorique, spécialité maudite dans ce pays qui a vendu son âme au tout expérimental, vénérant la figure de Claude Bernard

    Au passage, pensez-vous que la science biologique puisse m’accueillir avec les conditions que je propose, être libre, faire de la théorie, où bon me semble, écrire, pas forcément dans des revues spécialisées, faire quelques conférences, ne pas être emmerdé par des évaluateur. Car un vrai chercheur sait parfaitement ce qu’il vaut !


    • Patrick Gaudray Patrick Gaudray 21 novembre 2008 13:56

      Cher Bernard,

      Je ne suis pas certain que nous puissions nous entendre complètement sur le sens de "déclin" des sciences du vivant. Je parle ici plus d’un déclin dans la considération que leur témoigne le pouvoir (les pouvoirs). Mais, c’est vrai que l’accumulation de structures diverses et parfois antagonistes vient souvent brider la recherche.

      Je vois que vous n’êtes pas plus optimiste que moi sur la capacité de résistance des scientifiques aux assauts de démolliseurs. Pour moi, cela ne veut pas dire baisser les bras. Les combats les plus beaux ne sont-ils pas les plus désespérés ?

      Il faudra que nous reparlions un jour de ce que vous appelez "biologie théorique". Je ne crois personnellement pas qu’elle s’oppose à la biologie expérimentale, même si la coexistence entre elles n’est pas toujours pacifique.

      C’est souvent vrai qu’un chercheur sait ce qu’il vaut. Cela ne l’empêche pas de devoir - et même vouloir être évalué par ses pairs. L’évaluation, la vraie, n’est pas castratrice, elle se doit d’être positive et fouillée. Foin des évaluations par lettres (A+, A, B, C, ...). Des progrès énormes sont à faire dans ce domaine pour rendre l’évaluation vraiment utile.
      Pour répondre à votre question, je ne pense pas qu’on puisse revendiquer une place dans un système qu’on rejette par ailleurs. Mais être dans des univers un peu différents n’empêche pas le dialogue, ... La preuve !


    • Bernard Dugué Bernard Dugué 21 novembre 2008 14:14

      La biologie théorique est une discipline spéciale. Le théoricien est un type qui compulse des tonnes de publis, reste dans son bureau le plus souvent, ce qui rend envieux tous ceux qui sont à la paillasse et sacrifient parfois le samedi et le dimanche. C’est l’une des raisons qui rend la situation du théoricien intenable. Et en plus, ce type est heureux, et même parfois, il trouve, alors qu’à la paillasse, on peut passer un an pour jeter ensuite tous ce travail car c’était une impasse. J’ai vécu ça thésard. J’ai pris l’initiative de virer de sujet à trois reprises, et chaque fois, bien m’en a pris.

      Si vous avez accès à la revue internationale de systémique, année 1991, vous trouverez mon article sur un modèle ondulatoire en biologie, avec un concept dérivé de la mécanique quantique, la réduction/échhange de paquets d’onde. C’est un papier qui a encore de l’avance. C’est dire si certaines découvertes peinent à percer.


    • JL JL 21 novembre 2008 13:46

      Bonjour, vous posez de bonnnes questions et proposez des solutions. Mais vous écrivez qu’il faut ""la guerre pour la connaissance avant la guerre pour les applications (pour les profits ?). ""

      Ce n’est peut-être pas aussi évident : dans quelle catégories rangeriez-vous la construction du LHC qui a coûté au nom de la connaissance, des milliards d’une part, et les recherches sur la dangerosité de la téléphonie mobile, des pesticides, des OGM, .... qui n’ont encore à ma connaissance rien coûté aux profits, et pour cause, d’autre part ?


      • Patrick Gaudray Patrick Gaudray 21 novembre 2008 23:53

        Bonsoir,

        Merci pour votre commentaire très positif.

        Très clairement, la construction du LHC a été réalisée au nom de la quête de connaissance. Pourtant, les technologies impliquées dans cette construction auront probablement des retombées dans des applications moins spécialisées (grand public, qui sait ?). Personne ne se plaindrait que nous puissions tous profiter de résultats inattendus de cette grande aventure scientifique.
        Bien sûr, on peut discuter le bien fondé de l’entreprise, et j’avais cru voir que certains commentateurs d’Agoravox n’étaient pas enthousiaste sur ce qu’elle pouvait nous apprendre au niveau de la connaissance scientifique fondamentale. Personnellement, j’adhère au projet scientifique, même s’il est très, très cher.

        Pour le reste, les pistes de recherche que vous proposez me semblent intéressantes et pertinentes, et je crois qu’il est des chercheurs qui se penchent sur ces problèmes.
        Evidemment, il n’y a pas suffisamment de recherche fondamentale sur les OGM, par exemple, des recherches qui nous fassent comprendre des dangers potentiels, les raisons de ces dangers, qui nous expliquent le devenir de ces OGM dans le long terme, … etc. Si on laisse partir des objets de recherche dans le champ de l’application avant même d’avoir tenté d’en comprendre les mécanismes et donc l’impact qu’ils auront sur notre environnement humain, on illustre parfaitement mon propos sur "la guerre pour la connaissance avant la guerre pour les applications (pour les profits ?)."


      • timiota 21 novembre 2008 23:55

        Dites Bernard, ca a l’air un peu de commencer comme un histoire de Sokal-Bricmont, votre "modèle ondulatoire en biologie, avec un concept dérivé de la mécanique quantique, la réduction/échhange de paquets d’onde".
        Satisfait-il au critère de réfutabilité ? 

        On parle de plus en plus de "evidence-based medicine" . n’est-ce pas parce que trop de gens ont fait fi des preuves ? 

        JE dois dire que quand je commençais à lire Stiegler (Mécréance et Discrédit), je me demandais pourquoi tant de charabia au cm2, avec l’impression que quand même il y avait une vision juste au fond. Depuis, je me suis habitué à lire le Stiegler, qui a aussi fait des efforts de son côté. En tant que refondateurs de concepts depuis la base, c’est intrinsèque qu’il ait du mal.
        Mais je dois dire qu’il me semble correct que sa prose philosophique (pas ce qu’il fait à l’UTC) ne s’immisce pas dans des journaux de science, même de science humaine,... ne franchites vous pas cette ligne rouge ?

        Enfin, vous avez entendu parler du papier de Ioannadis et al. (7 oct 2008 , il est de univ Ionnina) dans le PLOS (rapporté par .. courier international) sur les aspects néfastes des choix de publications des temps modernes. Je suppose que vous signez des deux mains...

        bon, il est temps d’aller voir si le vide a pris le pouvoir (avec les fluctuations quantiques bien connues qui lui sont associées) au PS


        • ZEN ZEN 22 novembre 2008 08:10

          @ Pluto

          Excellente réflexion d’épistémologie appliquée !


        • Hieronymus Hieronymus 22 novembre 2008 01:02

          personnellement je n’ai ni experience ds l’univers de la recherche ni competence particuliere
          de ce fait mes critiques vis a vis du systeme risquent d’etre mal percues
          je ne peux m’empecher de me poser la question du fonctionnement de l’universite et des organismes de recherche, en rapport des sommes consacrees a ce domaine, quelles sont les avancees notables en matiere scientifique ? quelles sont les veritables decouvertes enregistrees ?
          je crois que le fonctionnement des groupes humains est quasiment le meme quel que soient les epoques et les classes sociales (ou professions) concernees, des phenomenes de hierarchie s’installent rapidement, les rapports humains sont essentiellement regis par la peur de l’autre et la vanite personnelle, une fois un systeme mis en place s’installe la routine des habitudes, une sorte de routine malsaine car elle s’inscrit forcement en reaction a tout changement qui risque de bouleverser la relative securite ou chacun se sent plus ou moins confortablement installe ..
          il y a tout a parier que le milieu de la recherche scientifique corresponde entierement a ces regles de fonctionnement humain, partant de la je doute fort que le fait de multiplier par 3 ou par 10 les credits consacres a la recherche officielle aille changer grand chose en matiere de rendement au niveau de la recherche officielle, les scientifiques en poste se soucient avant tout de rester en poste, pour cela le mieux est encore de ne pas faire de vagues pour ne pas s’attirer d’ennemi, se contenter d’une recherche de routine accompagnee d’un peu de com et savoir ecarter les geneurs, en resume il y a peu a attendre du cote des chercheurs officiels, ceux ci jouent traditionnellement un role reactionnaire face a la progression du savoir ..
          il faut tout de meme reconnaitre que toutes les decouvertes importantes se sont d’abord heurtees a l’opposition de la majorite du milieu scientifique de leur epoque, je suis intimement convaincu que de nombre de decouvertes essentielles ont ete et sont toujours completement occultees de par la volonte des mandarins qui craignent par dessus tout de voir leur pouvoir menace !
          les decouvertes les plus importantes sont generalement effectuees par des individus situes en dehors des spheres officielles et dont le monde de pensee n’est pas a priori entrave par les dogmes du systeme, certaines decouvertes finissent par etre reprises et d’autres definitivement niees ou oubliees ..

          J’ai en tete le cas du professeur Beljanski et de ces tres interessantes observations sur le developpement des cellules cancereuses, ses decouvertes datent de plus de 30 ans et ont permis le developpement de therapies completement nouvelles et distribuees en marge du milieu medical, et bien en France c’est un veritable acharnement moral digne de l’inquisition qui s’est abattu sur celui dont les theories ont eu l’heur de deplaire a certains de ses confreres plus puissants ds la hierarchie ..
          Resultat : celui-ci fut mis au ban de milieu de la recherche, interdit de poursuivre ses travaux, traduit en justice et deceda peu apres !
          Beljanski avait deja developpe ses principales theories des les annees 70 et mis au point ses medicaments ds les annees 80, et bien plus de 20 ans apres ces decouvertes capitales sont toujours mises a l’index et interdites au grand public, peut etre seront elles reprises par des scientifiques etrangers moins dogmatiques qui sauront les faire accepter ds leur pays et qu’ainsi elles pourront revenir en France par la grande porte ?

          Si vous voulez progresser sur le chemin de la connaissance, mefiez vous surtout des officiels !


          • Patrick Gaudray Patrick Gaudray 22 novembre 2008 02:06

            Je ne suis pas vraiment plus sensible aux généralisations (les scientifiques en poste se soucient avant tout de rester en poste, chercheurs officiels qui jouent traditionnellement un rôle réactionnaire, toutes les découvertes importantes se sont d’abord heurtées à l’opposition de la majorité du milieu scientifique, les découvertes les plus importantes sont généralement effectuées par des individus situés en dehors des sphères officielles, …) qu’au mythe du génie incompris et persécuté par l’intelligentsia établie.
            Dois-je avouer également que je ne crois pas un seul instant à un médicament miracle en cancérologie. Pourtant, combien aimerai-je me tromper
            Contrairement à vous et à Beljanski, la Science n’avance pas à coup d’affirmations. On n’a pas la connaissance, on la cherche.
            Alors, il n’y a pas que des "officiels" (quoi que cela veuille dire) qu’il faille se méfier.


          • Hieronymus Hieronymus 22 novembre 2008 12:43

            Bon je ne vais pas polemiquer longtemps avec vous
            je pensais que vous connaissiez un peu l’histoire de la science, a chaque epoque ou une decouverte importante remettait en cause les dogmes officiels et le pouvoir des mandarins en place, son auteur s’est vu traite automatiquement de charlatan et voue aux gemonies par l’ensemble de la profession, ainsi William Harvey qui au XVII siecle a mis en evidence le mecanisme de la circulation sanguine, on pourrait multiplier a l’infini les exemples, cela laisserait assez vite les lecteurs ..
            Bien evidemment qu’il faut se mefier de tout le monde et que nombre de produits pretendus miraculeux sont souvent loin de l’etre mais ainsi par exemple le lobby pharmaceutique a completement anihile toute l’herboristerie traditionnelle qui a de nombreux niveaux offrait de bien meilleurs resultats !
            Le president Mitterrand (qui etait loin d’etre un naif) temoigne avoir survecu 20 ans a son cancer grace aux produits Beljanski, il est d’ailleurs decede qq. jours apres avoir decide de suspendre la prise des dits produits ..
            Personnellement si cela devait m’arriver, entre une chimio massacreuse et une radio aux effets redoutables, je chercherais une therapie du cote des medecines alternatives, foutu pour foutu, autant tenter l’impossible que d’aller se livrer pieds et poings lies a ceux qui detiennent l’autorite de vous faire mourir !
            Le corps medical est un des plus conservateurs et obscurantistes qui soit, il me semble parfaitement plausible que des decouvertes fondamentales puissent etre niees durant des decennies sans que personne n’y trouve a redire, question de rapport de force, nous sommes face a des lobbies tres puissants, cela ne signifie pas que tout ce qu’ils font est forcement mauvais, mais ils le font avant tout ds leur interet propre pas ds celui des patients ..
            Le vrai souci des ’scientifiques’ officiels n’est pas de promouvoir la verite mais de conserver leur pouvoir !


          • ZEN ZEN 22 novembre 2008 08:05

            Je ne suis pas expert, mais le bon sens me dit que si les méthodes préconisées par le pr Beljanski s’étaient révélées aussi efficaces que certains le disent, elles n’auraient pas manqué, depuis 30 ans,d’alerter quelques chercheurs et d’intéresser in fine une bonne partie du corps médical.
            Je ne trouve pas d’études sérieuses sur les effets chiffrés des thérapies qu’il préconise
            En tous cas, son nom entretient un fructueux business


            • Hieronymus Hieronymus 22 novembre 2008 14:27

              Zen
              si les produits Beljanski sont commercialises, je ne vois pas ce qu’il y a redire
              or vous usez du terme de ’fructueux business’ dans un sens de denigrement
              tout commerce se doit par nature d’etre beneficiaire .. un peu de bon sens


            • Romain Desbois 22 novembre 2008 09:03

              Cher Monsieur Gaudray Je vous remercie pour cet article dont les réflexions sont vraiment celles d’un vrai scientifique. Oui la science se doit par nature se remettre constamment en question et ne pas se reposer sur les lauriers passés. Pour avancer, la science a souvent besoin d’ébaucher des hypothèses, identifiées fausses parfois, mais qui permettent soit de prouver scientifiquement que c’est une fausse piste, soit découvrir par ce biais des horizons inexplorés débouchant vers de véritables découvertes. C’est souvent en cherchant dans un domaine que l’on trouve dans un autre. Vous connaissez comment la colle à Post-it a été inventée,je suppose ? Cette colle était un erreur par rapport a but recherché, néanmoins elle avait d’autres qualités pour d’autres fonctions. Vous avez raison de défendre la recherche fondamentale, c’est aussi important que la recherche appliquée. L’une ne va pas sans l’autre, même si l’une précède l’autre. Il est vrai que le moteur de la recherche actuelle est plus politique que scientifique, des choix que peu de transparence peinent à arriver aux yeux des citoyens. Il y aurait bien des scandales soulevés hélas. Tous les scientifiques ne sont pas égaux devant le traitement financier,médiatique ou politique. Certains ont bien compris qu’il est plus important de faire savoir que savoir faire. Du coup l’on entend surtout les « grandes gueules » à la TV (ce qui ne signifie pas forcément qu’ils sont nuls bien sur). Nous allons arriver bientôt dans la période du Téléthon et voir des animateurs TV affirmer des énormités, propagander et affirmer comme s’ils étaient des scientifiques. Depuis quelques années, plus aucun chercheur en France ne peut chercher dans le domaine concerné, sans passer sous les fourches caudines de Barateau, du Génopole, etc... Souvent présenté de manière ambigüe, le président de l’AFM n’a jamais été ni chercheur, ni médecin, contrairement à ce que pense la majorité des gens (amusez vous à sonder vos proches). Faites l’expérience d’appeler pendant le téléthon et vous serez surpris des réponses des bénévoles comme des scientifiques auxquels on finit par vous renvoyer. Vous aurez tout et n’importe quoi. Posez la question"est-ceque le téléthon finance la vivisection ? vous aurez des oui et des non. Un chercheur sur le SIDA (enfin c’est ce qu’il m’a dit), m’a certifié que les singes mourraient du SIDA !!!

              Merci encore pour cet article salvateur.


              • Patrick Gaudray Patrick Gaudray 22 novembre 2008 17:12

                Merci pour ces éloges.
                Je ne crois pas, comme vous, "que le moteur de la recherche actuelle est plus politique", je pense qu’il est totalement économique. D’ailleurs un des problèmes du politique est qu’il est totalement asservi à l’économique. Je vous rappelle ce que Valérie Pécresse a dit et répété : la recherche doit être au service de l’économie. Personnellement, j’avais la naïveté de croire qu’elle était au service de la société, des citoyens.

                Vous posez le problème des relations entre la Science et la société. Je suis d’accord qu’on entend toujours un peu ceux que vous appelez les "grandes gueules", mais c’est sans doute aussi la responsabilité des scientifiques qui ne font pas l’effort d’aller vers ceux qui attendent tant de leurs recherches.

                Je partage aussi votre avis que l’époque de la soi-disant fête de la science qui précède le Téléthon est plus propice à la propagande qu’à l’information scientifique rigoureuse.
                Mais il ne faut peut-être pas pousser le bouchon trop loin et faire le procès de Bernard Barataud sans qui la mobilisation en faveur de l’AFM, et, même si ce n’est pas toujours très clair, de la lutte contre l’ensemble des maladies génétiques, n’aurait pas pris cette ampleur et aurait laissé malades et familles encore plus livrés à leur détresse. Aujourd’hui, grâce au Téléthon, on en parle, et peut-être qu’ainsi, un jour, on prendra vraiment le handicap à bras-le-corps dans notre pays. (NB : je n’ai jamais touché un sous de l’AFM !!!).
                Je sais que la personnalité forte de Barataud donne l’impression que " plus aucun chercheur en France ne peut chercher dans le domaine concerné, sans passer sous les fourches caudines de Barataud ", mais cela me semble faux en grande partie.
                Et, là encore, cherchons les responsabilités : ce n’est pas à l’AFM de tout financer ; l’Etat porte une responsabilité beaucoup plus lourde dans cette affaire. Qu’il ne multiplie pas par "3 ou par 10 les crédits consacrés à la recherche officielle" parce qu’en gros, les scientifiques sont nuls, comme le laisse entendre un commentaire précédent, cela se discute, mais qu’il diminue le financement de la recherche publique sans but lucratif est, sans discussion possible, une erreur, voire une faute grave.

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