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Scream 5 : Un Massacre Sur Grand Écran !

 

Scream 5, notre critique : un coup de couteau dans le cœur des fans

La saga Scream a débarqué sur grand écran dans les années 90. À l’époque, le succès est immédiat et indéniable. Le premier opus, scénarisé par Kevin Williamson et réalisé par le regretté Wes Craven, acquiert vite le statut de film culte. Il s’agit d’un slasher dans la digne lignée de Halloween ou de Vendredi 13. Mais Scream a aussi ses propres codes qui feront de lui un film original, et que ses suites reprendront scrupuleusement. Dix ans après la sortie du quatrième volet, la franchise revient avec un cinquième long-métrage, réalisé cette fois par Tyler Gillet et Matt Bettinelli-Olpin, suite au décès de Wes Craven en 2015. Alors, ce nouveau Scream est-il réussi ? Attention aux spoilers !

Remake, sequel, legacyquel : stop !

La saga est composée de quatre films : trois forment la première trilogie. Le troisième volet a servi de conclusion pendant plusieurs années, avant que Craven ne décide de dépoussiérer sa série horrifique en 2011. Il nous a offert alors une fiction inédite qui s’annonçait comme un renouvellement de la série. Dans ce film, on y voyait un groupe de jeunes victimes de Ghostface, tandis que le trio de survivants du film original revenait en renfort pour l’affronter. Si vous avez vu Scream 2022, cela doit vous rappeler certaines choses.

Malheureusement, le nouvel opus ne semble pas avoir pour ambition de dépasser ses prédécesseurs et de pousser plus loin la continuité du dernier film. D’ailleurs, il se revendique fièrement de ne pas être Scream 5, mais s’intitule sobrement Scream, comme le tout premier. Et c’est là qu’est le souci. La production de 2022 occulte la version d’avant, à peine évoquée, et se plaît à copier-coller le Scream de 1996. La toute première scène du film annonce d’ailleurs tout de suite la couleur, le nouveau Scream n’a rien de neuf.

Il s’agit alors, ni plus ni moins, d’un film de fans ; fait par des inconditionnels de la saga pour ceux qui adorent Scream depuis le début. Le dernier film ne sert donc qu’à rendre hommage sans oser aller plus loin que ces prédécesseurs. On ne parle d’ailleurs plus de remake pour cet opus, mais de legacyquels. En gros, une fausse suite qui mélange des personnages anciens et petits nouveaux, pour « relancer » un cycle en capitalisant sur la nostalgie des amoureux de la saga pour s’assurer un minimum de rendement. Par la voix de leurs tueurs, les réalisateurs clament leur intention : « On veut faire un vrai film de fans, pour les vrais fans ! ». D’accord, mais il ne faut pas prendre les admirateurs de la saga pour des idiots qui ont envie de revoir le même film en moins bien.

On ne déconne pas avec l’original.

Le quatrième film avait le mérite d’amener le récit d’horreur dans une ère nouvelle et nous offrait un twist final intéressant et surprenant. La réflexion habituelle sur les films d’horreur que l’on retrouve dans chaque Scream, tournait cette fois autour du remake, de la réadaptation d’une franchise déjà usée. Bref, ce que le Hollywood en panne d’inspiration nous sert depuis plusieurs années : faire du neuf avec du vieux qui a déjà prouvé sa valeur. À ce titre, le Scream 4 se moquait de lui-même et dénonçait ses propres travers.

Scream 5 ne parvient pas à faire de même. Il en oublie même une règle essentielle du remake, ou du legacyquel, pour utiliser un terme à la mode : « On ne déconne pas avec l’original ». Cette règle de base est tellement poussée à outrance dans le film de 2022 qu’elle apparaît finalement bafouée. Les réalisateurs ont tellement cette envie de bien faire et de rendre hommage, qu’ils n’innovent que très peu. On retiendra cependant qu’ils arrivent parfois à jouer sur les attentes du spectateur, notamment en ne faisant plus systématiquement surgir Ghostface de derrière une porte.

On retrouve énormément de clins d’œil à Scream 1, ce qui dans un premier temps fait plaisir, il faut l’avouer. Mais cette référence perpétuelle au produit original devient rapidement lourde et sans aucun sens. À mesure que l’intrigue avance, le spectateur prend douloureusement conscience qu’il est en train de voir le même film que celui de 1996, mais avec de nouveaux acteurs (moins bons) et de nouvelles technologies. Il ressent alors ce que les adulateurs de Star Wars ont vécu avec l’arrivée de la nouvelle trilogie. Ironiquement, cela est évoqué par l’un des nouveaux acteurs, sans que l’on sache très bien si les producteurs ont conscience qu’ils commettent exactement la même bévue.

Scream : la tuerie de trop...

Ainsi, le plus gros problème de ce récent Scream, est son manque cruel d’originalité. Le volume 4 annonçait une prochaine trilogie. Les scénaristes auraient pu partir de là pour bâtir une franchise originale. Ils pouvaient par exemple reprendre le personnage de Kirby (joué par Hayden Panettiere), que l’on ne voit pas explicitement mourir à l’écran, pour en faire la Sidney Prescott moderne. Mais non, étrangement, l’équipe de Scream 2022 préfère désavouer ce quatrième opus, en massacrant même le seul personnage qui y avait été introduit. C’est un choix bizarre, car on ne sait plus très bien si les cinéastes ont dans l’idée d’inscrire leur film dans la suite du 4 ou de reprendre tout à zéro. Étrangement, on se rapproche bien plus du remake que dans l’œuvre précédente, car on retrouve tellement d’éléments identiques dans une version modernisée.

Le groupe de jeunes victimes ? C’est bon, on l’a, mais on ne développe pas trop leurs personnalités et on n’innove pas. Et d’ailleurs, histoire de bien enfoncer le clou, on va faire en sorte que chaque protagoniste soit un descendant des héros de l'œuvre initiale. Et puis on va les remettre exactement dans le même décor que dans le film antérieur et garder le même nombre de survivants. On retrouve donc la fille de Billy Loomis, sans que cela n’apporte rien à l’intrigue. Les neveux de Randy sont également introduits, et ils tiennent exactement le même rôle que leur regretté oncle. De là à survivre dans le 5 pour mieux mourir dans le 6 ? Mystère !

Le retour des anciens ? C’est fait. Mais là encore, les metteurs en scène commettent des erreurs grossières. On se souvient que la mort de Randy avait déçu et mis en colère les fans, que Wes Craven n’avait plus osé réitérer un tel acte. Ainsi, Sidney, Dewey et Gale avaient acquis le statut d’intouchable. Les faire revenir pour passer le relais dans le nouvel opus avait son sens, même si, techniquement, cela avait déjà été fait dans le 4. Mais si c’était pour les cantonner à des seconds rôles aussi insignifiants, surtout pour Gale et Sidney, mieux valait les laisser carrément à l’écart. Pire, les faire revenir pour en faire mourir un, dans une scène ridicule et sans le moindre sens, c’est le meilleur moyen de cracher sur la saga originale et d’enterrer définitivement la franchise. Tout ça, pour ça !

 

Le dernier Scream ne peut donc convaincre les fans de la première heure. Il s’agit ni plus ni moins d’une reprise de l’ancienne production sans la moindre originalité et sans le moindre respect. Les nouveaux anciens personnages, qui survivent en trop grand nombre, preuve que Ghostface n’est plus au top de sa forme, les décors reproduits, les scènes déjà vues jusqu’au final attendu et fade ne surprendront pas le public et ne lui feront donc pas peur. Si le gore est plus poussé et que le jeu avec l’horizon d’attente du spectateur est parfois bien exploité, on ne retrouve jamais l’ambiance d’origine, ni les frissons qu’il procurait. La seule nouveauté dans Scream 5, c’est que l’on a plus envie d’en voir un autre.

 


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4 réactions à cet article    


  • adeline 17 janvier 17:33

    mauvaise rubrique


    • chat maigre chat maigre 18 janvier 22:12

      bonsoir Typhanie,

      ce n’était peut-être pas le but recherché mais vous avez réussi à me donner envie de le regarder.

      il faut dire que j’avais 20 ans pour le premier et que ça fait à peu près 20 ans aussi que je ne l’ai pas revu.

      ce n’est pas le genre que j’affectionne en général mais les défauts que vous pointez du doigt seront certainement les qualités que je lui trouverai au visionnage.

      je sais que c’est dans l’air du temps mais j’ai quand même du mal avec le fait que tout raser pour construire quelque chose d’absolument et de totalement différent soit un gage assuré de qualité.

      je vous dirai mon ressenti après visionnage, mais si le film réussit à me replonger un peu dans l’ambiance de mes 20 ans, je passerai sûrement un bon moment.

      ce n’est que mon avis, merci d’avoir partagé le votre.


      • Ruut Ruut 20 janvier 15:18

        J’ai toujours cru que c’était une parodie comique tellement tout semblais faux...

        Je découvre que c’était censé être un film d’horreur…


        • chat maigre chat maigre 20 janvier 21:06

          @Ruut

          j’ai toujours cru aussi que c’est une parodie comique.
          je suis persuadé que les seule personne qui ont eu peur en regardant ce film étaient atteinte de nyctophobie.
          d’ailleurs ce n’est pas le film qui leur a fait peur mais le fait qu’au cinéma la lumière s’éteint quand le film commence.
          le wazaaaaa répété à outrance rassure obligatoirement les plus peureux smiley)

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