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Accueil du site > Tribune Libre > Sens des guerres dans l’histoire. Les « Trains économiques mondiaux » (...)

Sens des guerres dans l’histoire. Les « Trains économiques mondiaux » qui ont donné le monde d’aujourd’hui

Deuxième partie

 

  1. Les forces historiques dans la naissance des États-Unis, en 1776

 

 Pour comprendre l’évolution contemporaine du monde, il faut prendre le départ lors duquel le monde a commencé à poser les premières pierres qui ont fondé son architecture actuelle. Et il nous semble que la « Guerre de Sept ans », conflit européen majeur à l’époque, considéré comme la première guerre mondiale des Temps modernes, est à même de nous expliquer, en termes de naissance de nations, les premières transformations du monde.
 

Cette guerre qui débuta en 1755 dans les colonies mit en prise les puissances européennes, sur le partage du monde. C’est ainsi que les colons français du Canada et de la Louisiane disputaient le terrain aux colons anglais des États côtiers de la Nouvelle Angleterre, de Virginie, de Maryland, de Pennsylvanie… Les mêmes antagonismes se livraient dans le continent indien. Les monarchies européennes se battaient pour arracher les conquêtes des autres. Des luttes pour l’hégémonie que leur puissance militaire leur octroyait sur les autres peuples colonisés et les richesses qu’ils retiraient de ces lointaines contrées faisaient que les rivalités en Europe s’exacerbaient, et rendaient la guerre comme seul moyen pour les monarques d’y parvenir, et par la même voie, s’imposer en Europe et dans le monde.
 

Les alliances entre les monarques européens se faisaient et se défaisaient au gré des intérêts des uns et des autres. Le monde qui imperceptiblement se modifiait était le théâtre des luttes entre les grandes monarchies d’Europe qui se targuait, faut-il rappeler, de droit divin, pour leurs peuples. Les guerres de succession étaient incessantes – les monarques européens avaient tous un lien de parenté. Mais si la « Guerre de Sept ans » a duré jusqu’en 1763, et s’est poursuivie dans les autres continents, la situation sur le plan géopolitique a paradoxalement peu changé, au point que des historiens se sont posé la question « pourquoi la guerre de Sept ans ? ». Puisqu’elle a fini pratiquement par un statu quo entre les grands États européens. Tout au plus un renforcement de leur puissance, mais sans qu’une nation l’emporte sur l’autre. Mais qui en ont souffert le plus par les guerres ? Les peuples. Les guerres ont entraîné malheur, misère, famine et mendicité. En un mot le « dénuement ». Quant à la classe aristocratique trop fermée, trop couteuse saignant les finances publiques des États européens a souffert moins. Les peuples payaient dans leur chair cette situation d’extrême inégalité.
 

On comprend dès lors que la guerre a un sens par les conséquences même qu’elles ont engendrées. Eu égard aux destructions de guerre et pertes humaines, aux dépenses militaires et surtout sans profit, l’Europe va entrer dans une période d’extrême instabilité, à partir de 1789. Comme les peuples d’Europe étaient assujettis à des systèmes royaux absolutistes, et relevaient d’une autorité unique disposant d’un pouvoir despotique, fondé sur la crainte, donc sans contre-pouvoir qui limite l’arbitraire et l’oppressif, les guerres que les monarques provoquaient entre eux contenaient paradoxalement en germe l’élément qui allait progressivement bouleverser leur pouvoir monarchique.
 

Par exemple, la Grande-Bretagne ne savait pas qu’au lendemain de la guerre, l’augmentation des impôts dans ses treize colonies d’Amérique allait provoquer des émeutes de protestation (taxes douanières, en 1773), telles qu’elles se développeront ensuite en une guerre d’indépendance. En effet, la révolution américaine, dirigée par Georges Washington, a fini, au congrès de Philadelphie, par proclamer l’indépendance des États-Unis d’Amérique, en 1776. Donc la fin de la tutelle britannique sur les Treize colonies américaines Les États-Unis sont le premier État dont le pouvoir émane de la souveraineté du peuple. Certes la France, dans sa rivalité avec la Grande-Bretagne, a soutenu les insurgés contre le pouvoir britannique, mais ce soutien après la guerre de Sept ans a eu aussi des conséquences sur les finances royales de la France. Là aussi tout s’enchaîne, la classe aristocratique et le Haut clergé ne savaient pas qu’en refusant la proposition de Turgot, contrôleur général des finances nommé par le roi, de leur enlever le privilège d’immunité de l’impôt, ils vont pousser le peuple français à se rebeller contre l’autorité du roi. Une insurrection populaire éclate, c’est la « Révolution de 1789 ». Elle se solda par l’exécution du roi en 1793, et la perte des privilèges de la noblesse et du clergé – une grande partie des nobles ont fui la France. Un régime de la « Terreur » s’est installé avec un nouveau processus de guerres en marche en Europe.
 

Que peut-on dire de ce processus de cause à effet ? Tant que l’équilibre est préservé entre « l’affirmation et la négation » d’un pouvoir monarchique censé protéger le peuple, la situation politique du royaume demeurait viable. Mais lorsque la négation l’emporte sur l’affirmation de ces États monarchiques absolutistes, comme les guerres intereuropéennes incessantes, et les crises économiques qui ont suivi entre 1755 et 1789, il s’est opéré dans cette confrontation une transformation du système dans le sens que la négation qui a généré le conflit s’est résolue par la « négation de la négation ». Une mutation de l’ordre monarchique de l’Europe et de l’état du monde. Les deux grands événements qu’a connus à cette période l’Europe – la guerre de Sept ans et la révolution de 1789 –, ont changé le cours de l’histoire de l’humanité.
 

Evidemment, ce raisonnement dialectique est emprunté au célèbre philosophe allemand G. W. F. Hegel, dans son texte fondamental, « La Raison dans l’Histoire ». Selon la conception hégélienne, « le concept premier, originaire est celui de l’Être », tout ce qui est est la négation parfaite de tout ce qui n’est pas. Toute affirmation, tout concept comme toute idée est une négation de ce qui n’est pas. Précisément les États-Unis d’Amérique n’avaient pas existé avant 1776, ils ne le furent qu’à cette date. Quel été le moteur qui a permis la création des États-Unis d’Amérique ? Les insurgés britanniques qui ont proclamé la création des États-Unis d’Amérique ? Mais si la guerre de Sept ans n’avait pas eu lieu, il n’y aurait eu ni levée d’impôts par la Grande-Bretagne, ni soulèvements en Amérique et en France, ni de révolution française de 1789 ni ce qui a suivi après 1789, i.e. la guillotine du roi Louis XVIII, les guerres napoléoniennes, le conclave des monarques européens pour se protéger de leurs peuples (Congrès de vienne en 1815), etc. « Pour cela, il aurait fallu qu’il n’y ait pas de rivalité entre la France et la Grande-Bretagne. Sauf que cet antagonisme qui a amené la guerre n’était pas contingent, il était nécessaire dans la réalisation de l’histoire du monde. Il était donc inscrit dans la marche de l’humanité. »
 

Donc, dans ce processus de cause à effet, est parti un événement non-contingent la « guerre de Sept ans », qui devait avoir lieu, et elle eut lieu. Tout ce qui arrive est réel, tout ce qui est réel est nécessaire. Si les monarques savaient ce qui allait se passer au lendemain de la guerre de Sept ans, ils auraient certainement été plus solidaires et auraient fait front commun pour protéger leurs royaumes de leurs peuples, mais ils ne savaient pas. C’est précisément ce non-savoir dans les conséquences non attendues des guerres qui éclatent qui sont à l’origine de la transformation pour ainsi dire « programmée » du monde. La Grande-Bretagne et la France ont tous deux subi la guerre de Sept ans, qui par ses conséquences, allait marquer le monde. La première en donnant la future superpuissance du monde, la seconde en donnant une révolution qui va changer radicalement la marche de l’humanité. Que peut-on dire de ce tournant de l’histoire de l’humanité ? Tout simplement qu’il existe un processus progressiste perpétuel en marche dans la transformation de l’architecture du pouvoir politique et économique de l’Europe et du monde.
 

Johann Gottfried Herder, poète, théologien et philosophe allemand écrivait, en 1774, dans « Une autre philosophie de l’Histoire » (1) : « Quelle est la loi principale que nous avons observée dans chacun des grands phénomènes de Histoire ; la voici, selon moi, toutes choses sur terre ont été ce qu’elles pouvaient être selon la situation el les besoins du lieu, les circonstances et le caractère du temps, le génie natif ou accidentel des peuples. Admettez dans l’humanité des forces actives dans une relation déterminée avec les temps et les lieux, toutes les vicissitudes de l'histoire suivront comme autant de conséquences, Ici les royaumes et les États se cristallisent ; là ils se dissolvent et revêtent d'autres formes ; ici une horde errante donne naissance à Babylone ; là un peuple resserré sur les côtes de la mer va jeter les fondements de Tyr : sur ce point de l'Afrique c'est l'Egypte qui s'établit ; plus loin dans les déserts d’Arabie, c'est l'empire des Juifs : tous ils se pressent dans une même partie du monde et dans le voisinage des uns et des autres. Le temps, le lieu, le caractère national, en un mot, le système universel des forces actives dans leur individualité gouverne tous les événements humains, aussi bien que tous les phénomènes naturels. » Pages 413,414
 

Oui, Herder a pleinement raison. C’est une évidence, une Intelligence suprême dirige le monde humain et l’univers entier. Que sont-ils les hommes qui naissent sans savoir pourquoi ils naissent ? Et pourquoi ils meurent ? Tout au plus qu’ils doivent mourir pour ne pas encombrer la planète et laisser place aux autres qui naissent. Mais, dans cette naissance et cette mort, et les temps qui passent entre elles, les hommes qui croient faire l’histoire se trouvent être le jouet des forces actives qui font avancer l’histoire, et le monde. Et c’est dans ce jeu de forces actives que se trouve le sens de l’histoire.

 

 2. De l’indépendance des États-Unis aux indépendances des États d’Amérique latine

 

 Comme lors de la Guerre de Sept ans au milieu du XVIIème siècle, les puissances européennes se battaient entre elles pour occuper le plus de territoire en Europe et dans le reste du monde. En Europe, par exemple, pour ne citer que la Pologne, elle fut effacée de la carte en 1772. Son territoire fut partagé entre la Prusse, la Russie et l’Autriche. C’est toute l’Europe qui était instable. Une situation de guerre incessante opposait les puissances européennes dont l’enjeu était l’agrandissement de leurs territoires aux dépens des autres nations. Mais l’avènement de Napoléon Bonaparte, devenu empereur des Français par un concours de circonstances historiques, et qui conquit pratiquement toute l’Europe, montra la faiblesse des monarchies européennes. En nommant ses frères Louis et Joseph, respectivement roi de Hollande et roi de Naples, et Joachim Murat d’abord monarque dans un duché allemand, puis roi de Naples, l’histoire montre que tout est possible. Tout peut se faire et se défaire, en l’espace de quelques années, D’autre part, s’il eût fallu, entre 1792 et 1815, « sept coalitions », constituées des plus grandes puissances d’Europe pour le vaincre, cela dénote simplement que les peuples ne sont pas parties prenantes dans le combat des monarques pour leur pouvoir absolutiste. Sinon comment comprendre ces victoires fulgurantes napoléoniennes sur des coalitions de puissances. Combien même le génie de Napoléon au plus haut dans la guerre, il ne peut expliquer à lui seul les défaites des puissances coalisées. On peut plutôt dire le combat d’un peuple libre, libéré par la révolution, contre des peuples non-libres assujettis au diktat des monarques. C’est une foi dans la guerre contre une non-foi dans la guerre, une lutte pour la victoire contre une lutte sans foi pour la victoire.
 

Si l’ordre impérial en Europe est rétabli, et au nom du principe de « légitimité », les anciens souverains chassés par la révolution furent, autant que possible, rétablis dans sur leurs trônes, il demeure cependant que leur pouvoir absolu a été touché profondément. Et la « Sainte Alliance », conclue au Congrès de Vienne, une sorte de « société de secours mutuel », un peu comme la coalition des monarchies arabes contre le Yémen, ne pourra arrêter le cours de l’histoire.
 

En effet, la Guerre de Sept ans a lancé ce processus de transformation du monde. Les États-Unis d’Amérique sont nés en 1776. Cette indépendance a ouvert la voie aux autres colonies européennes, notamment en Amérique centrale et du Sud, qui, conjugués aux troubles en Europe, suite aux guerres napoléoniennes, ont aspiré, à leur tour, de se libérer de leur dépendance des métropoles européennes. C’est ainsi que 28 ans après la naissance des États-Unis, c’est au tour des États d’Amérique latine d’accéder à l’indépendance. Haïti en 1804. L’Argentine et la Colombie proclament leur indépendance en 1810. Le Paraguay et le Venezuela en 1811, le Mexique en 1813, le Chili en 1818, le Guatemala, le Honduras, le Nicaragua, le Pérou, le Salvador et la Costa-Rica en 1821, le Brésil et l’Equateur en 1822, la Bolivie et l’Uruguay en 1825.
 

Que peut-on dire de cette nouvelle salve d’indépendance des colonies d’Amérique centrale et du Sud ? Que c’est toujours la guerre qui a joué de près ou de loin dans l’auto-détermination des peuples, et leur aspiration à l’indépendance. C’est ainsi que « les deux guerres – guerre de Sept ans (1755-1763) et guerres napoléoniennes (1792-1815) –, en concourant aux indépendances des Amériques et aux révolutions des peuples d’Europe – ont scellé la fin de la première séquence historique de l’humanité. Mais si ce processus a réussi dans les Amériques, et a changé, en Europe, les rapports entre les peuples et leurs monarques, il demeure qu’une nouvelle séquence historique s’ouvrait et serait comme la précédente tumultueuse. Pourquoi ? Précisément par le foisonnement d’idées nouvelles, induit par ces guerres. Une nouvelle vision du monde naissait dans l’inconscient collectif des peuples d’Europe.
 

La « Souveraineté du peuple », basée sur les droits innés, le droit à la liberté, le droit à la propriété, que les pouvoirs issus de la nation et surveillés par elle, doivent respecter en vertu d’un « contrat social » était érigée en dogme par les élites européennes. Depuis Voltaire qui dénonça les abus du pouvoir, à Montesquieu qui prôna le régime constitutionnel (l’esprit des lois), Jean-Jacques Rousseau qui réclama le gouvernement par le peuple (le contrat social) et bien d’autres. Tandis que Quesnay, Turgot et Adam Smith jetaient les bases d’une nouvelle Économie politique. Mais aussi la philosophie qui a été marquée par l’apport visionnaire de grands philosophes allemands. Hegel renouvela l’enseignement philosophique en construisant un immense système de connaissances humaines basé sur deux piliers, la logique et la dialectique. Il a exercé une grande influence dans son époque. Parmi ses disciples, il faut citer Karl Marx qui, bien qu’il s’écarte de lui par sa conception matérialiste de l’histoire dans son « matérialisme historique », il n’en demeure pas moins qu’il fut inspiré par la logique dialectique.
 

Pour Hegel, « l’Histoire universelle est la manifestation du processus divin absolu de l’Esprit dans ses plus hautes figures : la marche graduelle par laquelle il parvient à sa vérité et prend conscience de soi. (Page 97) [...] La perspective philosophique veut qu’aucune force ne puisse s’élever au-dessus de la Puissance du Bien, de Dieu ; qu’aucune force ne puisse lui faire obstacle ou s’affirmer indépendante ; que Dieu possède un Droit souverain ; que l’histoire ne soit rien d’autre qu’un plan de la Providence. Dieu gouverne le monde ; le contenu de son gouvernement, l’accomplissement de son plan est l’Histoire universelle. Saisir ce plan, voilà la tâche de la philosophie de l’histoire, et celle-ci présuppose que l’Idéal se réalise, que seul ce qui est conforme à l’Idée est réel. A la pure lumière de cette Idée divine, laquelle n’est pas un simple idéal, s’évanouit l’apparence que le monde est un devenir insensé. (Page 100) [...] Dans l’histoire universelle, il résulte des actions des hommes quelque chose autre que ce qu’ils ont projeté et atteint, que ce qu’ils savent et veulent immédiatement. Ils réalisent leurs intérêts, mais il se produit en même temps quelque chose autre qui y est cachée, dont leur conscience ne se rendait pas compte et qui n’entrait pas dans leurs vues. (Page 111) [...] Dans le cours de l’histoire, le moment de la conservation d’un peuple, d’un État, des sphères subordonnées de sa vie, est un moment essentiel. C’est ce qui est assuré par l’activité des individus qui participent à l’œuvre commune et concrétisent ses différents aspects. Mais il existe un autre moment : c’est le moment où l’ordre existant est détruit parce qu’il a épuisé et complètement réalisé ses potentialités, parce que l’histoire et l’Esprit du monde sont allé plus loin. Nous ne parlerons pas ici de la position de l’individu à l’intérieur de la communauté, de son comportement moral et de ses devoirs. Ce qui nous intéresse, c’est seulement l’Esprit avançant et s’élevant à un concept supérieur de lui-même. Mais ce progrès est intimement lié à la destruction et la dissolution de la forme précédente du réel, laquelle a complètement réalisé son concept. Ce processus se produit selon l’évolution interne de l’Idée mais, d’autre part, il est lui-même produit par les individus qui l’accomplissent activement et qui assurent sa réalisation. C’est le moment justement où se produisent les grands conflits entre les devoirs, les lois et les lois existants et reconnus, et les possibilités qui s’opposent à ce système, le lèsent, en détruisent le fondement et la réalité, et qui présentent aussi un contenu pouvant paraître également bon, profitable, essentiel et néces­sation. Ces possibilités deviennent dès lors historiques ; elles contiennent un universel d'une autre espèce que celui qui est à la base de l'existence du peuple ou de l'État. Cet universel est un moment de l'Idée créa­trice, un moment de l'élan de la vérité vers elle-même. » (Pages 97, 110, 111, 120) (2)
 

Cette vision hégélienne qui rejoint celle de Herder est révélatrice des forces historiques qui activent dans le devenir du monde. En quelques mots, on peut dire que les hommes mènent le monde mais sont aussi menés par le monde dont ils ne savent rien de son essence. Telle est la destinée de l’homme, de savoir et de ne pas savoir où il va.

 

 3. La Première Guerre mondiale, deuxième séquence de l’histoire moderne

 

  Ceci est révélateur du sens des guerres qui sont allées de pair avec les siècles des lumières du XVIIIème et XIXème siècle, en Europe. D’autre part, comme l’écrit Hegel, cette œuvre de l’histoire ne s’accomplit pas d’un seul coup, mais graduellement, par étapes, i.e. selon une succession d’histoires. On comprend pourquoi l’instabilité était permanente en Europe, parce que le monde vivait une époque charnière de son histoire. Les révolutions ne tarissaient pas. Après 1789, la révolution de 1830, de 1848, la commune de Paris, conséquence de la guerre franco-allemande en 1870, jusqu’à l’unification de l’Allemagne et de l’Italie en 1871. Jamais effervescence n’a eu plus de puissance que dans cette Europe de lumière, et en même temps, en imposait au reste du monde.
 

Le même processus qui s’est déroulé lors de la Guerre de sept ans va se dérouler au début du XXème siècle. Il faut rappeler qu’avec la perte des Amériques, l’Europe s’est tournée vers l’Afrique et l’Asie pour se tailler en profondeur de nouveaux territoires, et se constituer un second empire. Entre conquêtes et protectorats, le monde arabe est partagé à son tour entre les deux empires coloniaux français et britannique. Des pays issus du démembrement de l’empire ottoman, l’homme malade de l’Europe. La France colonise la majeure partie de l’Afrique occidentale et équatoriale, ainsi que l’Indochine en Asie et de nombreuses îles en Océanie. Quant à l’empire britannique qui est à son apogée, devenu le plus grand empire colonial du monde, on dira de lui « le soleil ne se couche jamais », son extension en Asie, en Afrique et en Asie, lui donnait un territoire de près de 30 millions de km2, soit 20% de la surface émergée de la Terre, avec un quart de l’humanité, à la fin du XIXème siècle. L’empire français qui s’étendait sur 10 millions de km2, soit environ 20 fois la superficie de la France, avec 100 millions de la population mondiale.
 

Depuis que l’Allemagne a scellé son unification sur une victoire sur la France, et proclamé sa naissance sur le sol même de la France vaincue, à Versailles, en janvier 1871, elle devient désormais une menace pour les grands empires d’Europe. D’autant plus que La naissance de l’Allemagne s’est faite sur le sang. Les Parisiens qui ont résisté aux Allemands pendant 4 mois se sont ensuite soulevés contre leur gouvernement. Deux mois qui se terminèrent par une semaine sanglante. Le soulèvement mettant en prise Français contre Français fit, selon les estimations de l’époque, 20 000 morts.
 

D’autre part, les mésententes entre les puissances européennes n’étaient pas les seules causes dans cet engrenage de guerre latente. Les États-Unis, à leur tour, aspiraient à des ambitions coloniales. Chaque puissance copiait l’autre. Pour ainsi dire un mimétisme naturel propre à l’époque. La « volonté de puissance » qui continuait d’être le principe fédérateur de l’évolution du monde (3) – comme d’ailleurs aujourd’hui, en 2017, la Corée du Nord, les États-Unis, la Russie, la Chine – mettait naturellement en prise puissance contre puissance, dont l’enjeu était l’hégémonie et le partage du monde. Si l’Allemagne s’est hissée au statut de grande puissance, en Asie, le Japon est devenu aussi une grande puissance. A l’instar de l’Allemagne qui battit la France en 1870, le Japon battit la Russie, en 1905, dans la bataille de Tsushima. La quasi-totalité de la flotte de l’armée impériale russe fut envoyée par le fond.
 

Ainsi de nouvelles puissances s’affirment sur l’échiquier mondial. Et c’est par la guerre que s’opère le changement de la structure mondiale. Alors que les puissances aiguisent leurs armes, les territoires où vivent des peuples qui n’ont ni leur puissance économique ni leur puissance militaire sont de simples proies, des butins de guerre pour celles qui en sortiront victorieuses. Et c’est dans cette ambiance de conflit pour le « repartage du monde » qu’éclata la Première Guerre mondiale, le 28 août 1914. Le problème de l’embrasement de l’Europe et du monde ne résidait pas dans l’acte terroriste à Sarajevo, en Bosnie, qui a entraîné l’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand, héritier du trône d’Autriche-Hongrie, et son épouse, mais dans la guerre qui était déjà préparée par les « forces de l’histoire ». Les relations entre les puissances exacerbées, la guerre restait l’unique moyen pour régler leurs différends. L’acte terroriste n’était que le prétexte qui manquait à la déflagration de 1914.
 

Toutes les puissances belligérantes qui cherchaient en découdre pensaient que la guerre ne serait que l’affaire de quelques mois, donc très courte. Ce qui explique ce sentiment d’euphorie pour la guerre. Sauf que les peuples seront affreusement surpris par la violence et surtout la durée – une guerre qui n’en finissait pas –, où tous les types d’armements ont été utilisés jusqu’à l’emploi des gaz de combat. Une guerre totale. Combien de destructions et de morts d’hommes qui se sont comptés par millions. Le moral des troupes et des peuples d’Europe a atteint le niveau plus bas dans l’histoire européenne. Aucune puissance n’a pensé qu’elle en arriverait là, à ce degré de barbarie, de destruction et d’horreur durant plus de quatre années de guerre. D’août 1914 à novembre 2018.
 

On peut se poser la question sur le facteur qui a mis fin à la guerre. Il faut citer la révolution bolchevique qui éclata en Russie, en février 1917, et amena le Tsar Nicholas II à abdiquer le 15 mars 1917. Une révolution en Russie qui avait commencé avec le peuple qui, par la faim, le manque de nourriture par les pénuries, le froid, la misère, ne voulait plus de la guerre. Ce qui provoqua une insurrection populaire à la fin de février 1917. La réaction violente du peuple russe contre le régime impérial a changé les donnes.
 

Précisément, l’Allemagne a exploité cette donne. En aidant Lénine à rejoindre Petrograd (aujourd’hui renommé Saint-Pétersbourg), le 3 avril 1917, l’Allemagne déstabilisait encore plus le régime tsariste. L’objectif est évident, mettre fin à la guerre contre la Russie, transférer ses forces sur le front ouest. Mais elle ne tint pas compte des « forces de l’Histoire ». Trois jours après l’arrivée de Lénine en Russie, le 6 avril 1917, les États-Unis déclarèrent la guerre à l’Allemagne. L’entrée en guerre des États-Unis changea le cours de la guerre, en Europe.
 

Comme ce qui s’est passé avec la guerre de Sept ans qui fut suivie, quelques années après, par la sortie des Treize colonies américaines de l’Empire britannique, la Conférence internationale de 1919, à Versailles, consacra la disparition de trois empires européens, l’Empire allemand, l’Empire austro-hongrois et l’Empire Ottoman, et leurs possessions coloniales furent redistribuées entre les puissances victorieuses. Et huit nouvelles nations sont nées. L’Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Finlande, la Pologne et la Tchécoslovaquie deviennent indépendantes en 1918, l’Irlande, l’Afghanistan en 1919. L’empire russe deviendra, le 30 décembre 1922, l’Union des Républiques socialistes soviétiques.
 

Que peut-on dire de la Première Guerre mondiale ? Quels que soient les ressentiments qui suivirent durant et après cette Conférence internationale, le monde, comme l’ont écrit Hegel ou Herder, les deux philosophes allemands, était en marche, il devait évoluer. Les heurts entre les grandes puissances n’étaient en fait que les moyens nécessaires pour changer la structure du monde qui n’était plus viable. Une structure qui a épuisé tout ce qui reposait en elle. Le système mondial devait changer, devait se libérer des contraintes qui le rongeaient. Et cela passait inévitablement par la guerre. Certes une nouvelle ossature, de nouveaux piliers qui soutiennent la structure nouvelle ont été édifiés, mais n’empêche que celle-ci était bringuebalante.
 

Malgré tout, la Première Guerre mondiale marquait une nouvelle séquence de l’histoire de l’humanité. Si la guerre de Sept ans a été la première séquence historique de l’histoire moderne, la Première Guerre mondiale est la deuxième séquence de l’histoire. Qu’en sera-t-il de l’après-guerre ? De la troisième séquence historique ?

 

 4. Crise économique mondiale de 1929

 

 Dès le milieu des années 1920, les pays européens, se relevant de la guerre, ont commencé à regagner des parts de marché dans le commerce mondial. De plus en plus, ils devenaient des concurrents à la puissance américaine, ce qui se traduisait par une baisse des exportations américaines vers l’Europe et le reste du monde. Il était évident que la compétitivité européenne retrouvée ne sera pas positive pour l’économie américaine. D’autant plus que la mécanisation de l’agriculture et l’utilisation accrue d’intrants chimiques (engrais chimiques) et de pesticides ont conduit à une production agricole intensive. Cette ère qui révolutionna l’agriculture (machinisme) est allé de pair avec les progrès dans l’industrie (standardisation de la production industrielle, fordisme, etc...).
 

Les conséquences de la productivité accrue du progrès technologique débouchant sur la production de masse posaient un problème majeur pour les firmes occidentales. Comment écouler les marchandises produites si tous les pays industrialisés utilisaient les mêmes « méthodes scientifiques et techniques » ? Donc des méthodes organisationnelles modernes. Le problème de la surproduction qui inévitablement surgissait devenait le problème N°1 pour l’Occident surtout pour l’Amérique. Ce qui est compréhensible, les États-Unis sont devenus la première puissance industrielle et agricole du monde. Cette crise de surproduction que la spéculation tout azimut masquait la décélération de l’économie américaine depuis a d’abord déjà plusieurs se termina par la grande crise boursière du siècle, en octobre 1929. Des milliers de banques firent faillites, des millions de travailleurs américains perdirent leurs emplois.
 

Sur cette crise, John Kenneth Galbraith écrit (4) : « Pour Goldman Sachs, comme pour l’ensemble des action, le jour du jugement fut le jeudi 24 octobre 1929. [...]Le vrai krach eut lieu le mardi suivant. Cette fois, les banquiers n’intervinrent pas. Le bruit qu’ils démêlaient les actions achetées le jeudi précédent. Malgré quelques reprises, le marché continua à baisser pendant près de trois ans.
 

Le krach porta des coups répétés aux dépenses de consommation, aux investissements et à la solvabilité des banques et des entreprises commerciales. Après le grand krach, on connut la Grande dépression ; d’abord l’euthanasie des riches, puis celle des pauvres. En 1933, près d’un quart de tous les travailleurs américains étaient sans emploi. La production – le produit national brut – avait diminué d’un tiers. Comme on l’a noté, environ neuf mille banques firent faillite. Le gouvernement réagit mal : en 1930, les choses allaient mal, et de plus en plus mal. [...] En Europe, c’est la Grande Guerre qui secoua les anciennes certitudes. Les tranchées venaient hanter la mémoire sociale comme un paroxysme d’horreur. Aux États-Unis, ce fut la Grande Dépression. Celle-ci demeura dans la mémoire sociale des Américains pendant les quarante années suivantes et plus. Quand quelque chose sembler ne pas aller, les gens demandaient : « Est-ce que ça veut dire une nouvelle dépression » » (page 238, 240).
 

Comment comprendre cette crise économique du siècle ? Cette crise a fait l’objet d’un grand nombre d’études menées par des économistes chevronnés, à travers le monde entier. Mais il reste toujours des lacunes dans la compréhension de la crise. Milton Friedman qui a épuisé les archives de la Réserve fédérale (Fed) affirma, par des calculs et des mesures statistiques, que « l’expansion de 1927-1929 est inhabituelle en raison du caractère déflationniste et non inflationniste. La masse monétaire incluant les dépôts à terme dans les banques commerciales a moins augmenté pendant cette période d’expansion cyclique que pendant n’importe quelle période similaire depuis 1869. [...] De plus, les cycles de la production aux États-Unis possèdent une caractéristique très intéressante : l’amplitude de l’expansion n’a pas de relation avec l’intensité de la dépression qui la suit, alors qu’on peut observer une corrélation étroite entre l’intensité de la dépression et l’amplitude de l’expansion suivante. » Il termine par la question : « La crise est-elle venue de l’étranger.  » (page 122) (5)
 

Devons-nous accepter les conclusions de Milton Friedman ? Bien qu’il ait puisé dans les archives de la Banque centrale américaine (Fed), et les analyse qu’il ait faites, il demeure que l’énigme reste totale sur la crise de 1929. Si Friedman a raison sur le caractère déflationniste de l’économie américaine entre 1927-1929, pourquoi alors les valeurs des actions américaines ont atteint des sommets, en déconnexion totale avec la réalité de leur valeur intrinsèque, et ensuite ont fait exploser la Bourse de Wall Street, en octobre 1929 ?
 

D’autres économistes disent que c’est la Fed qui a provoqué le krach en augmentant le taux d’intérêt directeur. Certes, la Fed a rendu difficile l’accès aux liquidités Banque centrale, mais le processus de cause à effet de la crise économique n’est pas expliqué pour autant. Comment alors expliquer la crise de 1929 ? Proposons-nous d’apporter une explication simple, imagée, qui rend compte des phénomènes qui ont engendré la crise. Faisons appel au bon sens, et utilisons une autre approche, et peu importe le moyen utilisé, pourvu qu’il rende compte des problèmes économiques dans le monde. L’approche que nous nous proposons d’utiliser se rapporte aux phénomènes thermiques. Nous verrons qu’au fur et à mesure que nous avancerons dans le développement de cette théorie de substitution, nous constaterons qu’il existe une grande similitude entre les phénomènes économiques, financiers et monétaires en jeu dans le monde et les phénomènes thermiques dans la production du travail.
 

Le principe de base que nous retenons est que si la machine doit consommer de l’énergie pour produire du travail, l’homme fait aussi la même chose. Il consomme de l’énergie pour qu’il la transforme ensuite en énergie mécanique, laquelle lui permet de produire des biens de consommation et des biens d’équipements. D’autre part, s’il y a une intelligence dans une machine thermique, c’est que celle-ci a été inscrite par l’homme en vue d’une fin prescrite par l’homme. De même, s’il y a une intelligence dans la machine humaine, c’est que celle-ci a été inscrite par une « Intelligence suprême, absolue » en vue d’une fin prescrite par Elle-même.

 

 5. Le « train économique mondial »

 

 Substituons le système mondial dans toutes ses composantes par un système utilisant des forces thermodynamiques. Postulons que l’humanité, le monde humain est un « train économique mondial » en mouvement. Faisons abstraction du politique, et admettons que le politique est implicitement intégré dans l’économique. Le train mondial est constitué d’une locomotive et de voitures de voyageurs. Assimilons la locomotive à la machine économique mondiale. Assimilons les voitures de voyageurs à la totalité de la population mondiale. Postulons que la locomotive qui tracte les voitures de voyageurs est, par substitution, l’économie mondiale tracte la population mondiale, dans le sens qu’elle lui assure les biens dont elle a besoin pour exister. I.e. la consommation mondiale, les investissements publics et privés et les dépenses des États. L’humanité a besoin pour exister de se pourvoir en toutes sortes de biens de consommation et de biens durables.
 

Postulons que la locomotive mondiale est dotée d’une machine à vapeur. Par sa puissance, de niveau mondial, puisque c’est elle qui tracte la locomotive, elle est, par substitution, le lieu central où se déploient les forces économiques mondiales. Cette machine mondiale est dotée d’une chaudière qui chauffe l’eau et, après avoir été portée à ébullition, se transforme en partie en vapeur. La pression générée par la vapeur d’eau est utilisée dans un système cylindre-piston alternatif avec lumières (entrées de vapeur) et, par l’intermédiaire d’un embiellage bielle-vilebrequin, permet de transformer le mouvement de translation en mouvement de rotation, et donc à faire tourner les roues de la locomotive, qui tracte les voitures de voyageurs.
 

Postulons que l’eau contenue dans la chaudière, c’est de la monnaie centrale émise par les grandes banques centrales du monde, et la vapeur produite par ébullition de la monnaie créée par les banques commerciales. Postulons que le chauffeur et le mécanicien qui conduisent la locomotive et dont le rôle est principalement la gestion du feu et de l’eau pour la production de la vapeur pour le premier et la maintenance pour le second, sont les grands Banquiers centraux du monde. Postulons que la chaudière est protégée par des soupapes de sûreté dont la fonction est de dégager l’excès de vapeur en cas de surchauffe. La libération de vapeur à l’extérieur, en diminuant la pression, évite une détérioration de la chaudière, et le risque d’explosion.
 

Postulons que la surchauffe de la vapeur au sein de la chaudière constitue la spéculation par les banques et les agents économiques dans le monde. Celle-ci contribue peu au rendement de l’économie mondiale, elle masque surtout le ralentissement de l’économie. Le fort dégagement de l’excès de la vapeur dans l’air par le système des soupapes de sécurité, s’assimile à l’artificialité du dopage spéculatif par l’excès de création monétaire qui ne contribue au mouvement du train économique mondial, constitue des signaux aux chauffeurs de la locomotive mondiale, donc des Banquiers centraux de la surchauffe de l’économie mondiale.
 

Postulons que la source thermique qui chauffe la chaudière, c’est la production mondiale. Une question se pose : « pourquoi avoir choisi la production mondiale pour la source thermique ? » Si on regarde la machine à vapeur qui, partant d’une source thermique, produit du travail, i.e. la traction ferroviaire, il apparaît évident que la machine économique mondiale a aussi besoin d’une source d’énergie pour produire du travail. Or, c’est ce travail que la machine économique mondiale consomme via la population mondiale qui lui permet de produire de nouveau du travail. Il se produit donc un cycle économique mondial récurrent, à l’instar du cycle thermodynamique d’une machine à vapeur.
 

Donc, pour un train économique mondial, le travail produit par la population mondiale ne peut l’être que par la satisfaction de ses besoins en biens et services qui lui permettent d’assurer son existence, et par celle-ci, produire de nouveau du travail. Postulons maintenant qu’à un moment ou un autre, la production mondiale a fortement augmenté, et comme, par substitution, nous l’avons assimilée à la source thermique de la chaudière économique mondiale, que va-t-il se passer ? Il y aura forcément une forte production de la vapeur. L’eau, que l’on a assimilée à l’argent monnaie centrale portée en ébullition, va produire de plus en plus de vapeur, que l’on a assimilée à la circulation monétaire, à la création monétaire par les banques commerciales. La machine à vapeur va produire forcément plus de travail puisqu’elle est fortement chauffée, qu’elle transmettra aux voitures de voyageurs, donc à la population mondiale. Ce qui signifiera plus de consommation, plus de biens durables, la prospérité mondiale va s’accroître.
 

L’analogie du système thermodynamique avec le système économique mondial est frappante. Mais alors pourquoi la crise économique de 1929 ? Comment a-t-elle pu survenir ? Comment comprendre la crise économique de 1929 ?

Postulons que la locomotive tire un grand nombre de voitures de voyageurs, et ces voitures de voyageurs comme on l’a énoncé constituent la population mondiale. Que l’ensemble des peuples de tous les continents qui produisent des richesses constitue 100% de la population mondiale. Mais, à cette époque, l’Occident qui était le maître du monde n’en représentait environ que 25 % de la population mondiale. Alors qu’environ 75 % de la population qui était dominée – une grande partie était colonisée –, produisait aussi des richesses que l’Occident exploitait, importait pour son industrie, pour sa consommation, ses investissements et ses dépenses publiques. Cette population dominée comptait peu dans la consommation de richesses produites, alors que normalement une partie de ces biens produits lui revenait de droit. Mais ce droit n’existait pas pour cause de domination.
 

Sur le plan de l’absorption mondiale. Dès lors qu’une forte production mondiale chauffait plus que nécessaire la chaudière mondiale, dont le processus de conversion thermique en travail n’arrivait pas à son optimum – 75 % de la population mondiale sans droits consommaient peu par rapport à la consommation occidentale –, une forte montée de vapeur va apparaître dans la chaudière mondiale, i.e. une forte création monétaire circulant dans le système financier occidental. Plus les chauffeurs alimentaient en eau la chaudière, plus l’eau se transformait en vapeur. La surpression qui résultait poussait les soupapes de sûreté à purger l’excès de vapeur. Par analogie, plus les Banquiers centraux injectaient des liquidités en monnaies centrales dans le système financier, plus ils alimentaient la spéculation via les banques commerciales.
 

La chaudière du train chauffait sans augmenter la traction ferroviaire. De même, la chaudière économique mondiale chauffait sans augmenter le travail, puisque la sous-consommation – 75 % manquait – entraînait une surproduction en produit manufacturés, industriels et agricoles. Et donc un sur-stockage pour les entreprises et exploitations agricoles occidentales, surtout américaines. Les États-Unis n’avaient pas souffert économiquement des conséquences de la Première Guerre mondiale. Mieux encore, leur industrie s’est fortement développée. Elle a suppléé l’industrie des pays d’Europe qui étaient en guerre. Sauf qu’après la guerre, les pays d’Europe s’étant reconstruits, et reprenant leurs parts dans le marché mondial, sont devenus de puissants concurrents à la puissance économique américaine.
 

Que va-t-il se passer ? Si le chauffeur d’un train peut en diminuant le chauffage abaisser la pression, en mettant, par exemple, moins de charbon au feu de la chaudière, il n’en va pas de même pour les « Banquiers centraux des grandes puissances, en particulier ceux de la Fed américaine  » qui ne commandaient pas « immédiatement » la production mondiale, pour la faire ralentir. Donc, ils ne peuvent supprimer le déséquilibre entre la production mondiale et le travail mondial du fait qu’une grande partie du travail créée n’est pas absorbée par les trois-quarts de l’humanité. Donc la chaudière mondiale ne pourra que continuer à chauffer. Plus de vapeur, plus de création monétaire, plus de spéculation. C’est le seul recours pour les banques commerciales, le gonflement de leurs portefeuilles d’actions surévaluées leur donne une illusion que leurs fonds propres sont bien garnis, donc qu’elles ne risquent rien. Quant aux chauffeurs de la chaudière mondiale, en particulier les Banquiers centraux américains, ils hésitent sur la marche à suivre. Ils ne veulent pas supprimer cette illusion, cette euphorie de bonne santé de l’économie américaine alors qu’elle ne faisait que masquer le danger de la récession qui se profilait. Ils continuaient donc à alimenter la chaudière américaine.
 

La situation devenant de moins en moins contrôlable à Wall Street, les Banquiers centraux de la Fed résolurent de mettre fin à la situation de surchauffe de la chaudière américaine. Le seul moyen monétaire dont il disposait était d’augmenter le taux d’intérêt directeur. Mais, par analogie, augmenter le taux d’intérêt revenait à ne pas compenser l’eau de la chaudière américaine qui, toujours chauffée, continuait de se transformer en vapeur. C’est ainsi que l’eau, en diminuant, faisant augmenter la pression, mettait en danger la chaudière même. D’autre part, un échauffement de l’enveloppe de la chaudière, devenant inévitable, pouvait provoquer son explosion. C’est précisément ce qui est arrivé à la Bourse américaine de New York. En freinant fortement l’accès aux liquidités en monnaie centrale, les Banquiers centraux ont obligé les porteurs de titres à vendre pour rembourser leurs dettes. La baisse de valeur des titres s’accentuant, la panique s’est généralisée et a déclenché le krach boursier d’octobre 1989. Ce fut l’effondrement de la Bourse de New York, qui a mis en faillite l’économie américaine. Elle s’étendit ensuite au reste du monde.
 

Les explications des économistes occidentaux qui mettent la crise économique sur le compte des bas salaires américains, qui ont causé la surproduction, ne peuvent expliquer à eux seuls la crise économique de 1929.

 

 6. La « collision des 6 trains économiques mondiaux » donne la Troisième séquence de l’histoire

 

 Selon Galbraith, « environ 9000 banques américaines ont fait faillite » après l’éclatement de la bulle financière de 1929. (4) Un chiffre phénoménal. Que peut-on dire de la crise de 1929 ? Sinon qu’elle avait un sens, suite aux graves événements qui ont survenu dans les années 1930.
 

Certes la chaudière mondiale a explosé, mais il demeure que progressivement elle a été reconstruite. Cependant, tant les effets de la Grande Dépression ont ravagé l’économie mondiale, tant les dissensions étaient criantes entre les puissances, cette situation de la chaudière mondiale éclatée ne pouvait rester commune. Chaque puissance a créé sa propre chaudière. Au total, six chaudières ont été créées dans le monde. La chaudière américaine n’était plus prééminente. Si la première chaudière du monde restait la chaudière dollar, vinrent ensuite cinq chaudières : livre sterling, franc, mark, rouble et yen. Ces chaudières sont ce qu’on a appelé dans les manuels d’économie les « zones monétaires » des années 1930. Et toutes ont érigé des barrières protectionnistes et se sont lancées dans la guerre des changes ou dévaluation compétitive. Le monde entier était déstabilisé.
 

Qu’ont-elles fait les puissances occidentales face à cette dépression économique mondiale ? Elles se sont efforcées chacune de confronter leur production à leur consommation et investissement, en créant un juste équilibre dans leur zones monétaires respectives, donc d’éviter ce qui a provoqué la crise de 1929. Cette politique de resserrement économique a concerné surtout les zones livre sterling et franc qui, paradoxalement, ont été les grands empires coloniaux d’Europe. Les peuples colonisés consommant peu, vivant dans la misère, étaient ignominieusement « exploités ». On comprend pourquoi la Grande Dépression a fortement affecté les puissances, et provoqué des millions d’emplois détruits dans les années 30. Le taux de chômage aux États-Unis a atteint 25 %, quinze millions de travailleurs américains ont perdu leur emploi.
 

En revanche, les puissances qui n’ont pas de grands empires coloniaux mais aspiraient à en avoir, ont vu leurs économies fortement croître. Par exemple, l’Allemagne qui comptait 6 millions de chômeurs, après l’accession d’Hitler au pouvoir en janvier 1933, a vu son taux de chômage, tomber pratiquement à zéro. Ce prodige économique a été atteint par des politiques keynésiennes, et par le réarmement de l’Allemagne. L’économie de l’Union soviétique a aussi mieux évolué. Mais ces différences de croissance conjuguées à l’antagonisme historique et au réarmement de l’Allemagne ont détérioré les relations entre les puissances. Pour les uns, attachés à leurs empires, pour les autres, aspirant à leur enlever.
 

Le chauffeur financier de la chaudière allemande qui était le Dr Hjalmar Schacht, surnommé le « magicien » a été un des artisans de la résurrection de l’Allemagne. Pourtant Hitler, qui a commis le génocide juif, a laissé le Banquier central Hjalmar Schacht d’origine juive à diriger l’institution la plus importante de l’économie allemande. Comment comprendre ce paradoxe ? La seule explication est que les dés étaient jetés. Le monde même s’il ne le voulait pas vu les horreurs qu’il a vécues durant le Premier Conflit mondial était « préparé » à la guerre. Donc « Juif ou non, Hitler ou non, le monde était déjà prédestiné à la guerre. » Comme l’a écrit Hegel, « Dieu possède un Droit souverain ; que l’histoire ne soit rien d’autre qu’un plan de la Providence. Dieu gouverne le monde ; le contenu de son gouvernement, l’accomplissement de son plan est l’Histoire universelle. »
 

Par cette « collision de puissances » et la Deuxième Guerre mondiale qui a suivi, 92 nouvelles nations sont nées entre 1945 et 1978. Par date de libération, pour l’Afrique et le monde arabe : Liban 1943, Jordanie 1946, Libye 1951, Maroc, Soudan, Tunisie, Égypte 1956, Ghana 1957, Guinée 1958, Bénin, Somalie, Burkina, Gabon, Mali, Niger, Cameroun, Mauritanie, Nigéria, République centrafricaine, Sénégal, République démocratique du Congo, Côte d’Ivoire, Gabon, Tchad, Madagascar, Togo 1960, Sierra Leone, Tanzanie, Syrie1961, Algérie, Burundi, Rwanda, Ouganda 1962, Kenya 1963, Malawi, Zambie 1964, Gambie 1965, Lesotho, Botswana 1966, Guinée équatoriale, Maurice, Swaziland 1968, Bahreïn, Émirats arabes Unis, Qatar 1971, Guinée-Bissau 1974, Angola, Cap-Vert, Comores, Ethiopie, Sao Tomé-et-Principe, Mozambique 1975, Seychelles 1976, Djibouti 1977. (54 États)
 

Pour l’Amérique latine et la mer des Caraïbes : Jamaïque, Trinité-et-Tobago 1962, Barbade, Guyana 1966, Bahamas, Belize 1964, Grenade 1974, Suriname 1975, Dominique 1978. (9 États)
 

Pour l’Asie : Philippines 1946, Inde, Pakistan 1947, Corée du Nord, Corée du Sud, Birmanie, Israël 1948, Chine, Taïwan, Indonésie, Laos 1949, Cambodge 1953, Malaisie 1963, Singapour 1965, Bangladesh 1971, Sri Lanka 1972, Viêt Nam 1975. (17 États)
 

Pour l’Europe : Islande 1946, Chypre 1960, Malte 1964. (3 États)

Pour l’Océanie. Nouvelle-Zélande 1947, Samoa 1962, Nauru 1968, Fidji, Tonga 1970, Papouasie Nouvelle-Guinée 1975, Salomon, Tuvalu 1978, (9 États)
 

On comprend dès lors qu’il existe des forces dans l’histoire qui peuvent broyer l’humanité. Si 92 États sont nés, il demeure qu’il a fallu un lent travail de plusieurs siècles d’histoire, extrêmement douloureux pour les hommes, pour aboutir à leur libération. L’histoire qui vient ne signifie pas que tout est gagné, l’histoire de l’humanité continue de se réaliser sans que les hommes ne sachent où elle va. Cependant, quels que soient les événements, quelles que soient les souffrances qu’endurent les hommes, l’histoire reste positive. Et c’est là le sens de l’humanité, l’« Espoir ».

 

 7. La stratégie de l’« austérité » du Train économique occidental pour le rééquilibrage avec les  trains hors-Occident

 

 Qu’en est-il aujourd’hui ? Force de dire que l’Occident a muté et le reste du monde aussi. Mais le « principe thermodynamique » peut toujours s’appliquer pour expliquer l’évolution du monde. Les phénomènes économiques, financiers et monétaires interagissant entre les nations et les phénomènes thermiques qui produisent du travail sont très proches. De plus, ce n’est pas la théorie des « forces thermodynamiques substitutives des forces économiques, financières et monétaires » qui compte le plus, et combien même elle est rébarbative, il demeure que ce qui est important est ce qu’elle apporte dans la compréhension des problèmes économiques dans le monde, qui souvent se traduisent par des crises extrêmement graves, et par l’instabilité qu’elles créent débouche sur une paupérisation rampante, ou brutale selon les pays, comme elles engendrent des guerres civiles, ou des guerres entre États.
 

D’autre part, combien de théories ont tenté d’apporter des idées novatrices en économie. On peut citer la « main invisible », la « théorie des jeux », la « théorie des enchères », la « tragédie des biens communs », le « principe du pollueur-payeur », l’ « économie circulaire  », et tant d’autres approches similaires qui cherchent toutes à apporter une réponse aux problèmes politiques et économiques du monde. Si on prend, par exemple, les guerres que les États-Unis ont menées et continuent de mener, depuis un siècle, dans le monde, elles ont toutes un soubassement économique. Voulant à tout prix maintenir leur leadership sur le monde, ils en sont les premiers « puiseurs » de richesses du monde. Mais à quel prix ? Des millions d’hommes tués. Pour ne citer que la Corée du Nord, 3 à 4 millions de tués, entre 1950 et 1953, selon des données occidentales.
 

Ceci étant, revenons aux 6 trains économiques mondiaux des années 1930 ? Que sont-ils devenus ? Nombre d’entre eux ont cessé d’exister, du moins jusqu’en 1958. Le « Train économique des États-Unis » a triomphé, en 1944, avec les accords de Bretton Woods. Il a désormais une puissance absolue sur le monde, avec le dollar. Le « Train de l’Union soviétique » reste néanmoins opérationnel avec le rouble. Pour les autres trains, ce n’est qu’en 1958, après la convertibilité de leurs monnaies, qu’ils réémergeront. Les « Trains économiques » de la Grande-Bretagne avec la livre sterling, de la France avec le franc, de l’Allemagne (RFA) avec le deutschemark, du Japon avec le yen.
 

Sautons les décennies 1950 1960, 1970, 1980, 1990, que nous aurons à développer prochainement, et parlons des trains économiques mondiaux d’aujourd’hui, i.e. depuis la décennie 2000 à 2017. Qui sont-ils ? La meilleure approche est de les regrouper par aire géopolitique. Le premier est le « Train économique occidental » qui regroupe toutes les puissances occidentales et, à leur tête, les États-Unis. Le deuxième, c’est le « Train économique des Émergents » qui regroupe les pays du BRICS. Le Brésil avec le réal brésilien, la Russie avec le rouble, l’Inde avec la roupie indienne, la Chine avec le yuan, l’Afrique du Sud avec le rand sud-africain. Le troisième, c’est le « Train économique des pétroliers » qui regroupent les pays d’OPEP et non-OPEP. Le monde est donc compartimenté en trois trains économiques mondiaux. Les autres pays du monde d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine relèvent indifféremment des tenants de cette configuration, en fonction des rapports politiques et économiques qu’ils entretiennent avec les puissances.
 

La particularité de ces trois trains mondiaux par rapport aux six trains mondiaux d’avant le Deuxième Conflit mondial, c’est que les monnaies internationales qui circulent dans les locomotives sont essentiellement occidentales. Les Trois trains fonctionnent avec les mêmes monnaies (dollar, euro, livre sterling, yen). Le yuan chinois qui a commencé son entrée dans les Banques centrales du monde et fait partie, depuis septembre 2016, du panier de devises du FMI, est une monnaie internationale récente. De plus, le yuan est administrée par la Banque de Chine, il ne flotte pas sur les marchés. Aussi peut-on énoncer que la monnaie chinoise ne constitue pas encore un concurrent qui puisse remettre en cause l’hégémonie des monnaies occidentales. Surtout que l’économie de la Chine dépend aussi du marché américain. Le journal Le Monde fait état du conflit commercial qui existe entre la Chine et les États : « Le déficit le plus spectaculaire (des États-Unis) est celui réalisé avec la Chine avec 347 milliards de dollars, en repli malgré tout de 5,4 %. Un niveau insupportable pour M. Trump, qui a promis pendant sa campagne électorale d’instaurer des droits de douane de 45 % pour inverser la tendance. » (6)
 

La question de fond qui se pose : « Que sont les Trains économiques des Émergents et des Pétroliers » sans les monnaies occidentales, et surtout sans le dollar ? » Force de dire que ces trains sont entièrement dépendants des monnaies occidentales. Si le Train économique occidental diminuait d’injecter des liquidités, les deux Trains des Émergents et des Pétroliers en pâtiraient. A voir la crise pétrolière qui a éclaté au deuxième semestre 2014. Le prix du baril de pétrole Brent est passé de 115 dollars, le 19 juin 2014, à 47,01 dollars, le 13 janvier 2015, et depuis il évolue autour de 50 dollars. Il a même atteint le fond, à 27,72 dollars, le 20 janvier 2016. (7) Les médias occidentaux affirment que c’est le pétrole de schiste. Un « pétrole miracle » que ce pétrole de schiste qui a abaissé en quelques mois de moitié le cours du baril, et il stagne depuis trois ans. Alors que la fracturation remonte à 1825 aux États-Unis, que des techniques ont été utilisées pour l’exploiter, en 1960, 1980... (8) On comprend donc que les grands groupes financiers et industriels qui ont le contrôle d’une grande partie de la presse occidentale ne peuvent permettre à celle-ci d’aller contre leurs intérêts. Le slogan affiché déculpabilise les Américains ni les Européens d’avoir fait baisser le pétrole, c’est le pétrole de schiste américain qui a inondé le marché mondial.
 

Dans le Figaro : « L'essor des pétroles de schiste a favorisé l'exportation d'or noir par les États-Unis. L'an dernier, ces ventes ont augmenté de 12% et ont desservi 26 pays. Les États-Unis sont un pays exportateur de pétrole. Et, grâce au développement des gisements dits non conventionnels ces dernières années, notamment dans le schiste, leurs exportations ont augmenté, de 12% l'an dernier, selon les chiffres du service d'information (EIA) du Département américain de l'Énergie.
 

Attention, qu'on ne se méprenne pas. Les États-Unis ne sont pas exportateurs nets, comme ses voisins canadien et mexicain, comme la Russie ou l'Arabie saoudite. Premier consommateur mondial de pétrole, à hauteur de plus de 19 millions de barils par jour (Mbj) en 2015 selon les chiffres de l'annuaire statistique de BP, les États-Unis ont produit 12,7 Mbj (en comptant le brut plus les liquides extraits en même temps que le gaz). Pour satisfaire leurs besoins, ils ont importé un gros tiers de leur consommation. Ils ont même acheté pour près de 8 Mbj en 2016, plus que nécessaire, car une partie est réexportée sous forme de produits raffinés. » (9)
 

Ceci est révélateur que les États-Unis sont des importateurs nets de pétrole, contrairement à la Russie, l’Arabie Saoudite, et des clichés que l’on veut donner du pétrole de schiste sur la chute des cours mondiaux. Ce qui est néanmoins normal si l’on prend en compte qu’une guerre monétaire de premier plan est menée par l’Occident contre le reste du monde. Une guerre qui, au fond, dictée par des forces historiques – qui sont contre lui –, pousse l’Occident à la mener, parce qu’il n’a pas d’alternatives, et donc légitime tout choix économique susceptible de le sortir de la crise.
 

Précisément, qu’en est-il de l’austérité qui dure depuis huit ans en Europe et qui n’est toujours pas dépassée. On parle de reprise et elle ne vient pas, y compris aux États-Unis, malgré les statistiques positives que l’on donne. Ce qui explique d’ailleurs pourquoi Donald Trump a été élu. Pour apporter du travail au peuple américain et la prospérité.
 

Pourquoi une Grèce qui se portait bien, de surcroît, membre de l’Union européenne depuis janvier 1981, se trouve en quelques années prise dans un engrenage interminable de plans d’austérité. Un engrenage de crise sans fin. Le taux de chômage de la Grèce a dépassé les 27 %. De même pour les autres pays-membres de la zone euro, où le taux de chômage de la population active en Espagne a atteint 26,9%, le Portugal 14,2 %, en 2013. (10)
 

Alors que les « Quantitative easing (QE)  » communément appelés « politiques monétaires non conventionnelle », menées par le chauffeur de la chaudière européenne, Mario Draghi, depuis le fonds de stabilisation financière européen (FSFE) en 2010-2012, du Mécanisme de stabilisation européenne (MES), aux QE depuis 2015, ont fait très peu d’effet. Ils ont surtout gonflé les valeurs des Bourses européennes, les portant aux nues. Comme avant la crise de 1929, pour masquer la dépression économique européenne et mondiale.
 

De même, pour les « Quantitative easing  » que les chauffeurs de la chaudière américaine (Fed) ont menés de 2007 à 2014 ? Et toujours le même processus, le dopage des Bourses américaines et mondiales. Comme un hasard, la fin du QE3 américain, en septembre 2014, a coïncidé avec la chute du prix du pétrole ? Rappelons-le le pétrole des pays arabes est facturé en dollar. Moins de dollars, moins de hausse du prix du pétrole.
 

Pour comprendre, les États-Unis, l’Europe et le Japon ont injecté massivement des liquidités depuis les années 1990, pour rehausser leurs économies suite à la crise d’endettement des années 1980, lors duquel les pays du monde ont beaucoup souffert, étranglés par l’endettement et les politiques monétaires très restrictives occidentales pour lutter contre l’inflation, à l’époque. Mais, avec les programmes structurels du FMI pour restaurer la compétitivité de ces derniers, et surtout la conversion de la Chine en économie de marché au début des années 1980, ces pays ont joui d’une forte attractivité. Une main d’œuvre bon marché et une bonne qualification dans la production ont poussé le Japon à délocaliser dans ses pays. Il fut suivi massivement par les pays américains et européens, qui étaient déstabilisés, sur le marché mondial, par ses nouveaux concurrents. L’Asie, en particulier, la Chine, est devenue un eldorado pour les multinationales occidentales. Conjugué à la guerre menée par Bush contre l’Afghanistan et l’Irak, qu’il fallait financer, les déficits américains de la balance des paiements étant structurels, il fallait augmenter massivement l’eau (monnaies Banques centrales) dans la chaudière américaine, qui partait en vapeur vers les pays émergents et exportateurs de pétrole. De même pour l’Europe qui importait des masses de produits industriels et manufacturés made in Asia (Inde, Pakistan, Indonésie, Vietnam, Bangladesh...), en particulier made in China.
 

Conséquence : les réserves de change ont explosé pour la Chine, la Russie, les pays exportateurs de pétrole, le Brésil... Ce qui signifie que l’Occident s’est fortement endetté. Et comme il doit soutenir les banques et les firmes, surtout depuis la crise financière de 2007-2008, dont le processus peut être expliqué par les forces thermodynamiques, la seule réponse des chauffeurs mondiaux (FED, BCE, BoE, BoJ) était d’injecter des liquidités pour sauver le train économique occidental, mais faire en sorte que ces liquidités injectées financent les économies occidentales et n’aillent pas encore gonfler les économies des Trains des Émergents et des Pétroliers. Ce qui n’est pas possible. Les réserves de change des pays du BRICS et des Pétroliers ont encore augmenté par la consommation occidentale.
 

Et c’est la raison pour laquelle la stratégie menée par les chauffeurs occidentaux a été, parallèlement aux QE, « l’austérité obligatoire », une condition sine qua none pour remonter la pente depuis les années 1990.
 

Ce bref résumé que l’on peut développer plus en détail dans une autre analyse montre que la décélération économique du Train économique occidental est nécessaire. L’austérité qui en découle comme un choix stratégique permet de diminuer autant que possible les importations des pays des Trains des Émergents et des Pétroliers, donc mettre moins de dollars, d’euros, de livres sterling et de yens, et si possible entreprendre la relocalisation des entreprises délocalisées, ce qui est peu probable, tout au plus très à la marge. Conséquemment, cette stratégie d’austérité oblige les pays du BRICS et les pays exportateurs de pétrole à puiser dans leurs réserves de change. Et c’est ce qui se produit aujourd’hui. Donnons quelques chiffres. Les réserves de change de la Chine sont passées de 4000 milliards de dollars, en 2014, à environ 3000 dollars, aujourd’hui. Les réserves de la Russie de 500 milliards de dollars environ à 300 milliards aujourd’hui. Les réserves de l’Algérie de 200 milliards de dollars, en juin 2014, à 105 milliards, en juillet 2017, et le Fonds de régulation de recettes (FRR) est épuisé. (11)
 

Cette chute des réserves de change permet à l’Occident de se désendetter envers les pays du reste du monde. Cependant, cette politique d’austérité si elle est très prolongée présente de grands risques pour l’économie et la paix mondiale. On ne peut oublier qu’une instabilité extrême est provocatrice de guerres.
 

 8. Conclusion de la deuxième partie

 

 Précisément, cette situation de l’économie mondiale aujourd’hui nous interpelle. Nous devons comprendre les mécanismes, parce l’avenir du monde qui est notre avenir en dépend. Prenons, par exemple, le séminaire de Jackson Hole qui s’est tenu en août 2017, et réunit chaque année les responsables des grandes Banques centrales du monde. La présidente de la Fed Janet Yellen et son homologue de la Banque centrale européenne (BCE), Mario Draghi, ont évité soigneusement le sujet de la politique monétaire. « Motus et bouche cousue », ont annoncé les médias qui ont couvert le séminaire. (12) Que peut-on conclure de ce silence qui n’est pas habituel ? Surtout que, depuis quelques années, les présidents successifs de la Réserve fédérale américaine prônent la transparence pour orienter les marchés financiers, et donc les investisseurs. Et ceci est important pour les investissements et la création d’emplois en Occident. 
 

Pourquoi donc la présidente de la Fed et le président de la BCE déçoivent les investisseurs ? Ils ne donnent pas d’indices pour les orienter ? L’acte d’investir et la reprise économique en Occident est à ce prix. Et les Banquiers centraux des États-Unis et de la Banque centrale européenne sont pratiquement les chauffeurs de la chaudière mondiale. Ce sont leurs politiques monétaires qui régissent le devenir de l’économie mondiale, dans le sens « bon ou mauvais », et ce dans le sens propre des termes.
 

Que redoutent-ils ? Pourquoi décevoir les investisseurs qui attendaient tant de cette réunion avec les médias ? Et si c’est la peur d’une guerre nucléaire que fait planer la Corée du Nord sur les États-Unis et ses alliés, la Corée du Sud et le Japon. Qui fera fausser toutes les stratégies des Banquiers centraux, comme en 1914, 1939... Avec des menaces verbales sans discontinuer, et surtout sans espoir de résoudre la crise, tout peut arriver. Le monde est à la croisée des chemins, surtout avec la montée de la Chine et de la Russie dans la géopolitique mondiale.
 

Un monde difficile, complexe où tout est possible, tout peut arriver, risque de surprendre dans les années à venir l’humanité. Où rien ne sera plus comme avant.

 

Première Partie :

« Endettement, désendettement et crises pétrolières dans le processus d’ajustement structurel Europe-États-Unis-reste du Monde dans l’histoire », par Medjdoub Hamed. Le 24 mai 2017

https://www.agoravox.fr/tribune-libre/ article/endettement-desendettement
http://www.lequotidien-oran.com/

http://www.sens-du-monde.com/

 

Medjdoub Hamed
Chercheur spécialisé en Economie mondiale,
Relations internationales et Prospective.
www.sens-du-monde.com

 

Notes :

 

1. « IDÉE SUR LA PHILOSOPHIE DE L’HISTOIRE DE L’HUMANITÉ » Par Herder. Traduit par Edgar Quinet. Tome 2. PARIS 1827 Pages 413-414

2. « La Raison dans l’Histoire », par G. W. F. Hegel. Traduit par Kostas Papaioannou. Union générale d’Editions. Paris Pages 97, 100, 111, 120

3. « Entre liberté et destin, le libre-arbitre conscient et inconscient de l’homme ? Une guerre nucléaire entre les USA et la Corée du Nord ? », par Medjdoub Hamed. Le 23 juillet 2017

https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/entre-liberte-et-destin-le-libre-194379

http://www.lequotidien-oran.com/

4. « Le temps des incertitudes », par John Kenneth Galbraith. Pages 238, 240 Edition GALLIMARD

5. « Inflation et systèmes », par Milton Friedman. Page 122. Edition Press-Pocket

6. « Le déficit commercial américain au plus haut depuis 2012 », Le Monde. Le 08/12/20

http://www.lemonde.fr/economie/article/2017/02/08/le-deficit-commercial-americain-au-plus-haut-depuis-2012

7. « Prix du baril - Le cours officiel du baril de pétrole »

http://prixdubaril.com/

8. « Six dates méconnues (et surprenantes) sur les gaz de schiste et la fracturation hydraulique », par l’Usine nouvelle. Le 11/06/2013

http://www.usinenouvelle.com/article/six-dates-meconnues-et-surprenantes-sur-les-gaz-de-schiste-et-la-fracturation-hydraulique

9. « Les États-Unis exportent du pétrole vers 26 pays », par le Figaro.fr. Le 29 mars 2017.

http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2017/03/29/20002-20170329ARTFIG00232-les-etats-unis-exportent-du-petrole-vers-26-pays

10. « Zone euro : Irlande, Espagne, Portugal et… Grèce, la croissance rebondit » par Le Figaro. Le 05 février 2015

http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2015/02/05/20002-20150205ARTFIG00284-zone-euro-irlande-espagne-portugal-et8230-grece-la-croissance-rebondit

11. « Les réserves de change de l’Algérie à 105 milliards de dollars, le FRR épuisé », par El Watan. Le 8 septembre 2017
http://www.elwatan.com/economie/les-reserves-de-change-de-l-algerie-a-105-milliards-de-dollars-le-frr-epuise-08-09-2017

12. « Quelle politique monétaire pour la Fed et la BCE ? Draghi et Yellen ne laissent rien filtrer à Jackson Hole », par latribune.fr | 26/08/2017
http://www.latribune.fr/economie/international/quelle-politique-monetaire-pour-la-fed-et-la-bce-draghi-et-yellen-ne-laissent-rien-filtrer-a-jackson-hole

 


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9 réactions à cet article    


  • pallas 18 septembre 11:07
    Hamed

    Vous avez raison, mais il manque un facteur dans votre analyse.

    C’est toujours la même erreur sémantique.

    Celui de l’actuel 6 emes extinctions massive d’espèce.

    La révolution française ou bien la conquête de l’Amérique n’aurai jamais eu lieu s’il n’y avait pas eu un climat extrême détruisant les récoltes et faisant famine dans la totalité du continent Européen, engendrant, guerres, pauvretés, maladies.

    Tout comme il n’y aurai jamais eu d’ages sombres à l’époque de l’Antiquité, quand le volcan de Santorin explosa, détruisant la civilisation de Knossos.

    Ou bien la grande glaciation d’il y a plus 50 000 ans, avec l’éruption Toba, faisant un age de glaciation tuant la totalité des espèces Sapiens, ne laissant que la notre, la dernière.

    L’Histoire est surtout écrit par les événements naturels, les humains ne font que la réécrire et l’adapter au grée du besoin idéologique.

    Salut


    • Hamed 18 septembre 22:39

      @pallas

      Merci pour la réponse.

       « L’Histoire est surtout écrit par les événements naturels, les humains ne font que la réécrire et l’adapter au gré du besoin idéologique. » On peut penser à travers votre vision, que tout est dit dans l’histoire de l’humanité. Que nous ne sommes que des instruments de cette Intelligence universelle, ou Dieu, puisque les événements naturels ont une Cause unique. Puisqu’ils ne peuvent se créer par eux-mêmes ces événements naturels. Mais les humains, s’ils la réécrivent, à leur façon, ils ne peuvent déroger à la LOI, même s’ils l’adaptent au gré de leur besoin idéologique. 

       Pourquoi, si les humains étaient entièrement libres, ils auraient détruits la Terre s’ils le pouvaient. C’est parce qu’il y a la LOI qu’ils ne peuvent aller au-delà de ce qui est prescrit par la LOI que nous connaissons et ne connaissons pas.


    • Hamed 18 septembre 22:40

      @pallas

      Merci pour la réponse.

       

      « L’Histoire est surtout écrit par les événements naturels, les humains ne font que la réécrire et l’adapter au gré du besoin idéologique. » On peut penser à travers votre vision, que tout est dit dans l’histoire de l’humanité. Que nous ne sommes que des instruments de cette Intelligence universelle, ou Dieu, puisque les événements naturels ont une Cause unique. Puisqu’ils ne peuvent se créer par eux-mêmes ces événements naturels. Mais les humains s’ils la réécrivent, à leur façon, ils ne peuvent déroger à la Loi, même s’ils l’adaptent au gré de leur besoin idéologique. 

       

      Pourquoi, si les humains étaient entièrement libres, ils auraient détruits la Terre s’ils le pouvaient. C’est parce qu’il y a la LOI qu’ils ne peuvent aller au-delà de ce qui est prescrit par la LOI que nous connaissons et ne connaissons pas.


    • Daniel Roux Daniel Roux 18 septembre 12:59

      L’article est trop long pour être lu entièrement.

      Quelques remarques cependant : Ce n’est pas Louis XVIII mais Louis XVI qui a été guillotiné.

      Il est possible que des nations aient privilégiées la paix, l’entente avec ses voisins et renoncé à la puissance militaire préserver ses intérêts stratégiques (comme Louis XV a tenté de le faire en concédant le Canada), hélas, elles ont disparu, détruites ou conquises par un peuple barbare pour lequel la force était plus efficace que la négociation.

      Sinon l’auteur pourrait faire son miel de cet article sur l’importance de la géographie dans la réussite ou l’échec d’une civilisation.

      https://www.herodote.net/Civilisations-synthese-1729.php


      • Hamed 18 septembre 22:52

        @Daniel Roux

        Bonsoir Daniel,

        Certes une erreur, cela m’a échappé, Louis XVI, je ne sais pas pourquoi j’ai mis Louis XVIII, probablement une erreur d’inattention. 

        Mais cependant, ma vision n’a pas été les accords ou les désaccords entre les puissances, mais les conséquences qui sont apparus et ont changé le cours de l’histoire. C’est cela qui est intéressant. J’ai fait si vous voulez de la philosophie de l’histoire. Il y avait un mouvement de transformation du monde.

        Comme d’ailleurs, j’ai tenté de l’expliquer sur le plan macroéconomique. D’autre part, sur le plan de la philosophie de l’histoire, la géographie et les civilisations forment un tout, plus encore un socle pour la marche de l’humanité dans l’histoire. 


      • gaijin gaijin 18 septembre 17:07

        méritoire effort !
        néanmoins 2 remarques
        la notion de début n’a pas de sens. en tout pas d’autre que celui de donner une cohérence a un point de vue ( c’est déjà pas si mal, oui )
        par exemple un autre « début » est celui du conflit entre les protestant et les catholiques qui va marquer une rupture dans l’importance de l’économie ( s’enrichir est mal pour les catholiques et bien pour les protestants : signe de la faveur de dieu ) votre réflexion centrée sur l’économie est elle même un point de vue sur un monde dominé par les idées protestantes ...............
        ( bien sur ce qui précède n’est qu’un exemple tout aussi relatif )

        «  De même, s’il y a une intelligence dans la machine humaine, c’est que celle-ci a été inscrite par une « Intelligence suprême, absolue » en vue d’une fin prescrite par Elle-même. »
        non ! ce n’est qu’un illusion d’optique a postériori. illusion responsable entre autre de la notion de destinée manifeste formulée au états unis ( si nous massacrons les indiens et que dieu n’interviens pas c’est qu’il est d’accord : c’est donc notre destinée et la leur ) on invente un sens « a postériori » simple imposture destinée a masquer les dures réalités de la loi du plus fort


        • Hamed 18 septembre 22:23

          @gaijin

          L’exemple que vous donnez est très juste. « Si nous massacrons les indiens et que dieu n’interviens pas c’est qu’il est d’accord : c’est donc notre destinée et la leur. » En apparence, oui. Mais dans la réalité, en quoi Dieu est d’accord, si ce n’est nous qui l’invoquions. Comme vous le faîtes. Vous dîtes que Dieu est d’accord mais vous oubliez que c’est vous qui le dîtes, et que vous ne savez rien sur ce que Dieu décide.

          D’autre part, vous oubliez une autre situation. Si c’était les Indiens qui sont venus massacrer les Européens pour les asservir. Cela aurait pu arriver. Quant à la notion destinée manifeste formulée des États-Unis, d’autres puissances l’ont formulé avant et l’histoire est témoin. Qu’est-il devenu l’Empire de Rome ? L’Empire britannique ? L’Empire français ? L’Allemagne nazie, l’Union soviétique ?

          Mais dans ce dédale d’événements, où tout tombe, aujourd’hui les États-Unis sont menacés par un nain asiatique, pourtant ce nain peut faire beaucoup de mal. Et qui ne vous dit pas que tous nains, puissances, nations sont les produits de l’Intelligence suprême ? Comment se sont-elles constituées ces puissances ? Par elles-mêmes ? Ou ont-elles profité d’un ordre contingent ? Voilà la question qui n’a de réponse que sa propre réponse, très peu accessible à l’homme.

           


        • gaijin gaijin 19 septembre 08:55

          @Hamed
          " Mais dans la réalité, en quoi Dieu est d’accord, « 
          je n’ai pas dit qu’il l’était, ni qu’il existait ou n’existait pas j’ai juste illustré l’absurdité et le danger de ce type de raisonnement qui sont des boucles logiques ...............

           » aujourd’hui les États-Unis sont menacés par un nain asiatique,"
          vous croyez réellement que les quelques bombes de kim sont une menace ? qu’il est assez fou pour lancer une première attaque ?
          c’est plutôt l’inverse : effrayé par les guerres illégales ( même au vu du pseudo droit international ) menées contre l’irak , la lybie , la syrie .......il montre ses muscles pour tenter de survivre ( coincé dans un coin un rat se retourne et fait face )

          mais oui les empires passent bien sur, les lois régissant tout ça sont expliquées dans le yi jing ......mais il suffit de regarder l’histoire : brennus met rome a sac et les romains développent l’art militaire qui va leur permettre de conquérir la gaule ..........
          le prochain empire sera chinois car on a fait l’erreur de marcher sur la queue du dragon ( au 19ème siècle )


        • Hamed 19 septembre 11:15

          @gaijin

          Bonjour

          Excellente réponse. Vous avez tout à fait raison. Il y a en effet de l’absurdité dans « ce type de raisonnement qui sont des boucles logiques... » Et je le répète, je suis tout à fait d’accord avec vous. Comme, par exemple, la « destinée manifeste formulée au états unis de régir le monde, de se mettre dans la peau du « gendarme du monde ». Ou encore les djihadistes qui veulent imposer la chariia par la décapitation, par la peur, par la terreur. Alors qu’ils sont entièrement dans le faux.

          La vraie raison est le pouvoir, la frustration se transforme pour ces derniers en volonté de puissance pour ces derniers que le puissant du moment instrumentalise pour gérer à sa guise les peuples. Donc vous avez une double boucle logique qui se superpose, mais liées entre elles. Une à la base, l’autre au sommet. Que faire ? C’est précisément là qu’entre l’« Intelligence Suprême » de briser les boucles superposées, porteuses de malheurs. Comment ? En amenant un autre acteur, en Syrie, par exemple, l’entrée de la Russie dans le conflit a changé le cours de l’histoire. Et en bien, et peu importe le bien qui est à relativiser.

          Donc l’ « Esprit du monde », comme le Hegel, dit le philosophe allemand, ne fait que corriger l’absurdité humaine. Et Dieu n’a rien à voir avec l’ « absurdité humaine ». Il a créé l’homme libre. C’est un peu si vous avez un enfant, et qu’il se réveille mal le matin, et il veut encore dormir, et ne veut pas aller à l’école. Êtes-vous fautif de son comportement ? Mais vous l’obligez à aller l’école. Par la force ou la persuasion selon sa réceptivité. Ou qu’il fasse du mal à un chaton. Qu’il blesse un chaton, ou un autre animal. Vous le punissez. C’est un peu ça le « travail imperceptible » de l’Intelligence suprême dans le cours de l’histoire.

          Vous me dîtes « vous croyez réellement que les quelques bombes de kim sont une menace ? qu’il est assez fou pour lancer une première attaque ? c’est plutôt l’inverse : effrayé par les guerres illégales (même au vu du pseudo droit international ) menées contre l’irak , la lybie , la syrie .......il montre ses muscles pour tenter de survivre ( coincé dans un coin un rat se retourne et fait face ). »

          Si ce que vous dîtes est juste, et « qu’il n’est pas assez fou pour lancer une première attaque ? » Et vous estimez que « c’est plutôt l’inverse. » Selon vous, par peur des États-Unis, il montre ses muscles, c’est-à-dire sa puissance nucléaire et ses missiles balistiques, pour tenter de survivre. Mais pourquoi, il doit craindre pour sa survie dès lors que cela fait déjà 70 ans qu’il survit et qu’il n’a pas besoin de bombes nucléaires dès lors qu’il a un double rempart qui le protège. La Russie, une puissance nucléaire à parité avec les États-Unis et la Chine, une puissance nucléaire et qui aspire à devenir la première puissance mondiale.

          D’ailleurs ces deux grandes puissances avec leur veto au Conseil de Sécurité ne laissent passer que des résolutions peu contraignantes. On peut penser que la Corée du Nord n’est alors qu’un joker dans la guerre silencieuse entre les deux tenants de l’ordre mondial. Et les États-Unis, dans leur déclin qui de plus en plus apparaît sur la scène mondiale, reste un obstacle particulièrement pour la Chine. Et quoi de plus facile utiliser comme vous dîtes la folie infantile du nouveau leader pour provoquer une guerre nucléaire entre lui et les États-Unis. Et peu importe la première attaque, il y a toujours un prétexte à la lancer d’un côté ou dans l’autre. Si par exemple, une ville japonaise, ou américaine, ou la base américaine de Guam au Pacifique sera effacé de la carte, et probablement la Corée du Nord ne deviendra vraiment menaçante que lorsqu’elle disposera suffisamment de missiles pour porter le plus de destructions chez l’adversaire, et quelle que soit la riposte américaine – de toutes façons, elle sera graduée, les Américains ne voudront pas créer une autre Corée détruite et plus dangereuse, ni une haine de toute l’Asie contre elle – on peut voir ce que les autres auront gagnés.

          Et là aussi, ce sera toujours une « Intelligence » ou un «  Esprit » de la philosophie de Hegel qui auront à corriger la marche de l’histoire.

          Pour le « prochain empire  », il ne sera pas chinois. Il sera humain, ce sera la fin des empires. Un autre monde dont on ne sait rien 

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