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Serrons les poings

 Et faisons confiance à notre bon sens. Il est difficile de comprendre ce qui se passe autour de nous tant les informations qui nous parviennent peuvent être contradictoires. Qu'il s'agisse de géopolitique, d'économie ou  de vision sociétale, les images sont brouillées. La cause en est les mensonges sans vergogne édifiés en système de gouvernance où la corruption joue un rôle prépondérant. Tout semble vrai en apparence. Les politiques se donnent un mal fou à nous en persuader. Pourtant, en creusant un peu, en se renseignant auprès de spécialistes de toutes tendances avec la volonté de découvrir une part de vérité, l'avenir semble méchamment compromis. C'est toujours le fait d'un petit nombre de cyniques, prêt à tout pour une parcelle de pouvoir. Plus grave, de gros industriels ont pris l'ascendant sur les politiques.
 
 
In fine,ce sont eux qui font danser la classe dirigeante de nombreux pays. Prendre connaissance des écrits de l'essayiste Michel Drac, lire les textes du journaliste Jean-Loup Izambert (Mensonges et Crimes d’État) ou de Thierry Meyssan (De Syrie vers la Birmanie)nous laisse un arrière-goût amère. Même si tout n'est pas à prendre à la lettre, il est d'ailleurs hautement recommandé de faire preuve d'un certain recul - mais si le quart des explications devaient s'avérer justes, le devenir de notre planète ne serait plus assuré.
 
Les magouilles économiques, la tricherie à grande échelle et l'indifférence compréhensible d'une importante partie de la population, maintenue dans une sorte de coma artificielle, permettant aux tenants du pouvoir de continuer à exercer, avec cynisme, leurs basses œuvres. Les gouvernements et ceux qui les inspirent sont aidés en cela par l'addiction aux réseaux sociaux d'une certaine catégorie de jeunesse en quête de rêves et d'idéaux. Il fut un temps où le projet d'avenir avait un sens. L'idée de progrès, d'ascension hiérarchique dans une société ouverte et moins suspicieuse que celle d'aujourd'hui, favorisait l'espoir, la prise de risque et l'enthousiasme dans les actions du quotidien. La réalisation de ses ambitions reposa également sur une part d'éthique et une parole donnée valait contrat signé. Cela valorisait les démarches, les échanges et bien sûres les amitiés. Le cycle de vingt-quatre heures fut moins fébrile et rendait sa dignité au déroulement de la journée. Réflexion et observation avaient encore leurs places. et s'insérèrent facilement dans le quotidien. 
 
 
Le temps fut à l'échelle de l'homme. Une société qui table sur la création de besoins artificiels pour alimenter la machine, scie la branche sur laquelle elle est assise Le dialogue se meurt. Les gens se parlent par smartphone interposé avec le langage très approximatif qui va de pair. Ce n’est plus qu’un salmigondis d'abréviations, de lettres et de signes. Le « modernisme » de cette nouvelle forme d'expression ressemble davantage à une paresse mentale débilitante qu'à un quelconque progrès linguistique. Le désir d'être dans le vent, de correspondre à une norme en vigueur, tend à accentuer le laisser-aller en misant sur le manque de personnalité de l'individu. Le côté souvent moutonnier de certains adolescents a du bon et sert l’État. Cette soupe indigeste, composée de carcasses de mots, d’onomatopées en déshérence, a parfois aussi les faveurs de quelques adultes en mal de jeunisme. L’éducation et sa cohorte de ministres, plus intéressés de laisser une trace dans l'histoire que de combler le besoin des élèves, portent une lourde responsabilité dans se laisser aller langagière. La solitude omniprésente chez une jeunesse en mal de perspectives dans un monde où tout se pense et se définit par le court terme, Dans un monde où l’urgence efface le rêve, est loin d’inspirer la sérénité. 
 
Cette jeunesse se réfugie instinctivement dans le bruit et l'artifice faute d’avoir prise sur la réalité. En fait il s'agit avant tout de la nécessité et le besoin de se sécuriser. de se sentir admit et éventuellement aimés. Le plus navrant c'est qu'il n'y a aucune solution à espérer de la part des pouvoirs publics. Ces derniers crapahutent sous une vigilante circonspection des décideurs financiers. Tant que cette situation perdurera, ce sera au monde des démunis et de la classe moyenne de payer l'addition qui alourdit de jour en jour. Que faire ? Comment éviter cette course aux catastrophes, pratiquement inscrite dans le marbre. Pour commencer il faudrait trouver les hommes d’États capables de mettre fin au cycle financier infernal qui ronge les quatre-cinquièmes de l’humanité. Promouvoir une meilleure redistribution des richesses.
 
Dividendes des angoisses
Il n’est pas normal de jeter 30 % de nourriture quand un tiers de notre planète crève de faim. Il n’est pas normal que moins d’un pourcent des habitants de cette terre détient plus de soixante pourcents de ses richesses. Il n’est pas normal que les pauvres et la classe moyenne payent pour sauver des banques qui alimentent sans états d’âme l’hyper finance mondiale. Il n'est pas normal qu'un petit clan de spéculateurs puisse impunément exiger d'une population, quelle qu'elle soit, de financer des guerres de pouvoir, suivie des coûts exorbitants dus à la reconstruction de pays dévastés pour la gloire de quelques manitous de la finance. C'est l'esclave qui paye ses propres chaînes. Les religions, autre paradoxe, n'ont jamais été au service de l'homme. Elles ont largement démontré n'être qu'un élément de pouvoir, une manière habile de tenir les masses et d'encaisser les dividendes de l'angoisse. Elles externalisent la conscience de l'homme au lieu de lui fournir les moyens de se construire en tant qu'entité universelle.


Alors que faire ? Il n'y a pas trente-six solutions. Ou tout remettre à plat ou continuer à prendre part, avec indifférence, à la sarabande des échecs. L'Homme étant ce qu'il est, il est peu vraisemblable qu'il puisse comprendre ce qui lui a échappé durant des millénaires. Aujourd'hui la sécurité n'est plus de mise. Djihadistes, Daëch et leurs affidés sont les deux faces d'une même médaille qui s'est imprimée durant la guerre d’Afghanistan. Les États-Unis, l'occident tout entier en porte l'écrasante responsabilité.
 
Suivre aveuglément les États-Unis dans leurs échecs à répétition a permis aux terroristes d'émerger, de faire leur pelote et d'engager une guerre souterraine qui coûte très cher. Ces habiles rhétoriciens savent comment manipuler jeunes et moins jeunes en quête d'idéal. Ils savent quel modèle construire pour motiver les montées d’adrénaline des adolescents à la recherche d'aventures. L'adolescent, comme tous les adolescents a besoin de se réaliser dans des projets qui lui donne l'opportunité de se remettre en question. La société actuelle où tout se fait dans l'urgence ne leur offre plus cette opportunité. Cherchez l'erreur. D'autre part les critères de la robotique vont vers plus de chômage, plus de spécialisations et par conséquent vers une constante remise à niveau et la certitude de vivre l'avenir dans l'angoisse permanente. Concurrence oblige.

L'humain devient un produit au service des techniques afin d'assurer un maximum de rendement financier aux quelques magnats qui détiennent déjà toutes les clés du pouvoir. Le jour où la jeunesse déferlera dans la rue en quête de réponses, les biens accumulés ne serviront plus à grand-chose et l'homme finira par retrouver...peut-être, sa condition humaine.
 

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5 réactions à cet article    


  • ysengrin ysengrin 17 novembre 16:24
    Serrons les poings....

    Et les rangs.... 

    • pierre 17 novembre 17:01

      Par rapport au climat, c’est très simple : il n’y a pas le premier sous, j’ai lû un rapport (de plus...) sur les dégâts auxquels il faut s’attendre le chiffrage donnait le vertige. Mais depuis 10 ans, il n’y a rien de ce qui était prévu dans ce rapport qui se passe, pas de montée des eaux observable.
      Donc les états font « poker menteur ».


      • pierre 17 novembre 17:02

        @pierre
        J’oubliais merci de votre article.


      • insomnia insomnia 18 novembre 12:10

        @Home of spirit

        Je vous cite :

        "Les religions, autre paradoxe, n’ont jamais été au service de l’homme. Elles ont largement démontré n’être qu’un élément de pouvoir, une manière habile de tenir les masses et d’encaisser les dividendes de l’angoisse. Elles externalisent la conscience de l’homme au lieu de lui fournir les moyens de se construire en tant qu’entité universelle". 

        Votre observation est juste, ainsi que l’ensemble de votre article, merci à l’auteur.


        • Ciriaco Ciriaco 18 novembre 20:46

          Autrefois la question du savoir était liée aux pratiques des communautés humaines. Quand cette question est communément problématisée, c’est souvent au sujet de sa fonction utile dans un cadre qui n’est plus celui de la communauté, c’est-à-dire du lien. Les mouvements réactionnaires tout autant que les opportunismes de marché qui y font figurent sont un signal de cette perte sociale, et indiquent également des formes de domination plus élaborées et plus contemporaines du côté des communautés sociales protégées.


          Les structures de pouvoir qui ont traversé la société existent cependant toujours, dans ce qui s’appelle « nouveau monde » chez les plus illuminés : et dans une scission de tous les ordres entre le monde protégé et celui qui ne l’est pas.

          A moins de retrouver des modes de vie plus communautaires à l’écart de l’agitation, la politisation, mais aussi l’acte de se cultiver, sont alors des nécessités sociales, aussi difficiles puissent-elles êtres à mettre en oeuvre, alors que l’avenir du commun est précisément dans cet enjeu. Car ces nécessités restent bien sûr en plus très déterminées par l’histoire particulière de chacun. Et c’est aussi pour cela qu’il faut soutenir, et y être ouvert, des formes politiques nationales de réelle éducation populaire (qui se sont toujours montrées relativement douces - je ne parle bien sûr pas d’un « pédagogisme » conservateur), à un moment où visiblement beaucoup considèrent que gauche et droite sont la même chose.

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