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Accueil du site > Tribune Libre > Sigmund Freud, apprenti thérapeute…

Sigmund Freud, apprenti thérapeute…

Après avoir étudié les premiers pas de Josef Breuer dans le traitement de l’hystérie tel qu’il avait pu s’y essayer durant les années 1880-1882, nous allons voir comment les choses se sont passées sept ans plus tard pour Sigmund Freud qui s’en fait le chroniqueur dans les pages suivantes des Etudes sur l’hystérie.

A ce propos, il faut tout de suite signaler que, si le récit du premier couvre 29 pages, celui du second en remplit, à lui tout seul, 43 pages auxquelles il faut ajouter les 23 pages de l’analyse critique qui viennent s’y joindre immédiatement… L’apprenti aura donc été beaucoup plus volubile que le maître… dont on sentira que l’ombre ne cesse d’être présente, tout au long du cas de Mme Emmy von N…, auprès du futur inventeur de la psychanalyse.

Sans nous dissimuler l’importance du moment, lisons donc Sigmund Freud :
« Le 1er mai 1889, je fus appelé à donner mes soins à une dame d’environ 40 ans dont la maladie autant que la personnalité m’inspirèrent tant d’intérêt que je lui consacrai une grande partie de mon temps et que je pris à cœur de la guérir.  » (page 893 du PDF)

Assez clairement, le lien affectif est immédiatement affirmé. Or, sachant ce qu’avait été, sur ce point, l’investissement personnel de Josef Breuer auprès d’Anna O…, et donc ce que Sigmund Freud avait pu en savoir et en débattre sans doute assez minutieusement avec son ami et maître, nous ne pouvons qu’y prêter toute notre attention : il semble s’agir d’un élément déterminant de la thérapie qui va s’engager dans ce contexte si particulier que promeut l’hystérie.

Nous nous souvenons, par ailleurs, de ce fait remarquable qui avait servi de point d’entrée de Breuer dans l’univers mental de sa patiente : l’autohypnose vespérale. Nous savons qu’en présence des contraintes de temps et des limites d’efficacité présentées par cet état, il avait fallu en étendre l’usage à des moments que le thérapeute pouvait déterminer lui-même et pour y introduire son propre questionnement : ce fut l’hypnose… dont Sigmund Freud put se saisir aussitôt :
« C’était une hystérique très facilement hypnotisable, ce qui, quand je le remarquai, me décida à lui appliquer le procédé d’investigation, au moyen de l’hypnose, utilisé par Breuer. » (Idem, page 893)

L’élève n’est ici guère moins embarrassé que le maître… et ce n’est que rétrospectivement qu’il peut s’avouer quelques erreurs de procédure… Ainsi lui avait-il fallu se jeter à l’eau sans vraiment savoir nager… Quand Breuer en était sorti un peu plus secoué qu’il n’aurait pu s’y attendre. Freud écrit, et sans fausse modestie :
« Les observations de celui-ci relatives à la guérison de sa première malade m’avaient fait connaître cette méthode thérapeutique que j’allais utiliser pour la première fois, alors que j’étais encore bien éloigné d’en bien posséder le maniement. De fait, je n’ai ni poussé assez loin l’analyse des symptômes ni suivi, à leur égard, un plan suffisamment établi. » (Idem, page 893)

Cet embarras des deux protagonistes est effectivement significatif… Et la main courante établie par le disciple montre bien que l’initiateur avait eu conscience d’être passé cul par-dessus tête à l’occasion d’une expérimentation dont la répétition devait impéra-tivement s’accompagner d’une très consciencieuse prise de notes. Sigmund Freud s’en explique aussitôt :
« Pour bien faire comprendre l’état de la malade et mon action médicale, le mieux sera sans doute de reproduire les notes prises tous les soirs pendant les trois premières semaines du traitement. Là où les expériences ultérieures m’auront permis de mieux comprendre le cas, je le ferai connaître à l’aide de notes et de remarques. » (Idem, page 893)

C’est que Sigmund Freud reprend tout ceci – qui date de la période qui va de mai 1889 à mai 1890 – à l’occasion de la préparation de la publication des Etudes (1895)… Entre-temps, il a fait du chemin… En tout cas :
« 1er mai 1889. – Je me trouve en présence d’une femme paraissant encore jeune, aux traits expressifs, étendue sur un divan, la tête appuyée sur un traversin en cuir. » (Idem, page 894)

Rappelons-le : femme « dont la maladie autant que la personnalité m’inspirèrent tant d’intérêt... »

Ne serait-ce qu’une façon détournée de s’embarquer pour Cythère ?… Peut-être pas pour les atours qu’on pourrait croire :
« L’expression de son visage est crispée, douloureuse, les yeux sont clignotants, le regard est dirigé vers le sol, les sourcils froncés, les plis naso-labiaux prononcés. Elle parle avec effort, à voix basse, interrompue de temps en temps par un trouble spasmodique de la parole allant jusqu’au bégaiement. » (Idem, page 894)

Ce n’est, bien sûr, pas tout :
« En même temps, elle agite continuellement et spasmodiquement les doigts qu’elle tient entrelacés. On note de fréquents mouvements convulsifs de la face et des muscles du cou dont certains et particulièrement le sterno-cleido-mastoïdien font alors spasmodiquement saillie. En outre elle s’interrompt souvent de parler pour émettre un bizarre claquement de la langue que je ne parviens pas à imiter. » (Idem, page 894)

Et cependant :
« Ses phrases sont parfaitement cohérentes et dénotent, de toute évidence, une intelligence et une culture peu ordinaires.  » (Idem, page 894)

Ainsi semble-t-il que, dans son naufrage, Emmy von N… aura emporté une frêle bouée de sauvetage qui ne lui épargne rien des incongruités d’un mal bien plus fort qu’elle. Ce qu’on ne peut que regretter :
« Il semble d’autant plus étrange de la voir s’interrompre toutes les deux minutes, l’expression de son visage exprimant à cet instant la terreur et le dégoût. Les doigts crispés, recroquevillés, elle fait un geste du bras comme pour me repousser en s’écriant d’une voix angoissée : « ne bougez pas ! Ne dites rien ! Ne me touchez pas ! » Sans doute est-elle sous l’impression de quelque effrayante vision itérative et se sert-elle de cette formule pour parer l’intrusion de cet élément étranger. » (Idem, page 894)

À se voir ainsi repoussé d’avance, il apparaît aussitôt qu’en réalité on est déjà appelé à se rapprocher… mais sur quel terrain ?… Le même que celui où Josef Breuer s’était risqué quelques années plus tôt, et pour n’y plus jamais revenir.

NB. Pour comprendre dans quel contexte politique de fond se situe ce travail inscrit dans la problématique générale de l'amour courtois...
https://freudlacanpsy.wordpress.com/a-propos/


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9 réactions à cet article    


  • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 26 janvier 2018 15:17

    Je remercie le travail d’Agora et sa réhabilitation de la psychanalyse ;


    • Clocel Clocel 26 janvier 2018 15:22

      S’attaquer à Freud, c’est la fatwa médiatique assurée ! smiley

      Si on admet que Bernays est une de ses créatures, il faut reconnaître qu’il nous a collectivement bien niqué...


      • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 26 janvier 2018 15:25

        @Clocel


        Quand il y a Dieu, le diable n’est jamais loin,....

      • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 26 janvier 2018 15:23

        Il s’agit donc là, bel et bien d’une authentique névrosée hystérique.


        • Choucas Choucas 26 janvier 2018 17:01

          Freudisme gogochon :
           
           
          CLUB DRAG KIDS POUR GOGOCHONNETS
           
          Desmond, new-yorkais, 10 ans drag queens les plus populaires du monde. L’icône Pédérasto-gouine a annoncé la création d’un club réservé aux gogochonnets travestis.
           
          https://francais.rt.com/international/47012-10-ans-cree-haus-amazing-premier-club-drag-queens-enfants-ados
           
           
          LOPETTISATION DES PETITS GLANDS REMPLACÉS,
          GRAINES DE SOUMIS SODOMISABLES :
           
          http://img15.hostingpics.net/pics/4409211ccrechebourdarias.jpg


          • Cateaufoncel 26 janvier 2018 20:13

            @Choucas

            Le même en version « étoile montante de la communauté LGBT de Montréal »

            "... les parents de Lactatia révèlent que « l’étape la plus importante » de leur fils a été quand il a dit vouloir être « une fille avec un pénis » quand il « traversait une phase Beyonce assez intense  ».

            Ce qui prouve indirectement que les autorités ne sont pas en mesure de les mettre hors d’état de nuire.


          • alain_àààé 27 janvier 2018 14:17

            Melusine tu défends une ordure comme FREUD on peut dire qu il n as jamais inventé la psychanaliste car cela n exicte pas c est de la fumée mais pas une science.mais il avait trouvé le filon du sexe car toutes les bourgeoises de Viennes se faisaient baisé par ce tordu et en plus ces femmes payaient ce maquereau.


            • mmbbb 27 janvier 2018 14:21

              @alain_àààé et alors si elles trouvaient du bonheur que leur mari ne pouvaient pas apporter , Quant au nevrose psychose schizophrénie ne sont pas des maladies mentales Freud est venu a Paris aupres de Charcot a la salpétrière etudiée les hystériques Vos jugements a l emporte pièce n ont guere d intéret


            • alain_àààé 27 janvier 2018 14:51

              il n y a pas de jugements a l emporte piéces mais la vérité que vous refusez de voir.j ai une amie qui est docteur en psychologie et qui est du méme avis que moi.on peut prendre comme EX les autistes les psychanalistes ont montré leur incompétence dans les soins a donné a ces gens autistes.de toute maniére je vais te dire j ai l habitude de ces gens la. psychologue,psychanaliste,psychothérapeutre dabord qui ne sont pas Médecin sauf les psychiatres et qui sont tous des fumistes.

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