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Accueil du site > Tribune Libre > Squarcini et la filière syrienne (6) : bien plus qu’un (...)

Squarcini et la filière syrienne (6) : bien plus qu’un ratage

Dans cette course à la mort, Merah n'aura donc été que la chèvre sacrifiée : chargée d'aller voir là-bas si Ben Laden y était (même après sa mort, ce qui est encore plus grotesque !) ; le jeune toulousain a servi à certains, c'est une évidence. Comme c'est une évidence aujourd'hui que l'enquête sur ses meurtres a été sinon freinée, du moins ralentie, par l'incompétence comme par la volonté de ne pas aller trop vite. Un des documents déclassifiés révèle en effet qu'au 17 mars, on avait déterminé d'où était parti le mail de la demande de rencontre pour acheter la moto d'Imad Ibn Ziaten, le premier soldat assassiné. C'est deux jours encore après l'attaque contre trois autres militaires, dont deux avaient été tués. Mais c'est trois jours avant l'attaque de l'école, un objectif "de repli" pour le tueur... déterminé au dernier moment, et où l'on trouvera présent sur place Abdelkader Merah, auteur d'appels téléphoniques à cet emplacement ce jour-là. Depuis que la DCRI a changé de mains, on s'est aperçu avec effroi que cette troisième attaque aurait pu être en effet évitée : cela faisait longtemps que l'organisme connaissait toute la famille, et tous les agissements de Mohamed Merah, filmé à distance pendant des semaines dans son appartement. Et tout aussi longtemps que le groupe de salafistes toulousains était pisté.

Les épisodes précédents ont démontré je pense que l'intégralité de la famille Merah était déjà connue dès 2005 des services secrets français, et qu'il était impossible que la DCRI créée en 2008 n'ait pas hérité des rapports de ses prédécesseurs sur sa dangerosité. Aussi, la question que se posent certains organes de presse, ces derniers jours paraît assez candide, tant le timing penche en faveur de l'arrestation possible avant la troisième attaque : "Mohamed Merah aurait-il pu être arrêté avant la tuerie de l'école Ozar Hatora ? Oui, affirme Libération dans son édition de mardi. Le quotidien révèle en effet de nombreux "ratés policiers" qui ont ralenti l'identification de l'auteur des meurtres. En cause, les problèmes de communication entre la police judiciaire - chargée de l'enquête pendant la première semaine - et les renseignements intérieurs, qui ne seront saisis qu'après la tuerie de l'école religieuse. Récit d'un week-end décisif dans la traque du tueur au scooter". Libération, sur le sujet, expliquant le fiasco par le fonctionnariat et l'entente difficile entre services : : la vue semble courte, très courte !

Une famille très connue... mais pas retrouvée

En fait, ce ne sont pas les problèmes de communication qui sont à l'origine du problème, mais bien la protection dont a bénéficié le dossier chargé de la famille Merah, lourdement alimenté par plus de 7 années de suivi et d'observations, pour des raisons qui ne peuvent être que celles dues aux personnes qui renseignent la police. Le site SOS Minbar a trop été manipulé par la CIA ou la DGSE pour qu'on puisse laisser croire que les échappées à répétition d'Abdelkader Merah lors des rafles successives n'aient pu être que pur hasard, voire seule incompétence policière. Même sans ordinateur un officier de police ayant eu à traiter le dossier des multiples contacts de la famille Merah aurait dû par simple réflexe enquêter sur toute la famille. Selon libération donc, "l'enquête démarre le dimanche 11 mars, après la découverte du corps d'un militaire, Imad Ibn Ziaten, tué sur un parking toulousain. Quatre jours plus tard, deux autres parachutistes, sont exécutés à Montauban. Même arme, même scooter, même mode opératoire, même types de 'cibles' - des militaires d'origine maghrébine. Il s'agit désormais d'identifier un tueur en série." Si l'enquête est au point mort avant le 15 mars, après le second attentat, elle aurait dû bondir en avant. Elle stagnera cinq jours de plus sur place !

A quoi servent les ordinateurs de la DCRI ?

Comme moi, il est vrai, les enquêteurs se fourvoieront tout d'abord dans les milieux d'extrême droite : "les enquêteurs privilégient rapidement deux pistes : celle d'un crime commis par un militaire (ou ancien militaire) proche des milieux d'extrême-droite et celle d'un acte terroriste lié à l'engagement en Afghanistan des deux régiments visés." Evidemement, deux directions contraires font que l'enquête prend du retard : les recherches se divisant, elles avancent moins vite. Mais cette dispersion n'explique pas tout. Il leur faudra cinq jours (une semaine de fonctionnaire !) pour aboutir à la famille Merah, dans le cadre de la deuxième hypothèse : et encore, c'est la cellule locale de Toulouse qui leur fournit et non l'informatique parisienne : on se demande à quoi servent les ordinateurs de la DCRI, alors, en ce cas ! La coûteuse "salle blanche" de la DCRI aurait été incapable de sortir en "pannel" la famille Merah comme potentiellement capable des agressions ? Alors que les fiches sur la famille la désignent comme tous membres, à part un seul, d'un groupe islamiste depuis 2005 ? Sept années de fichage et en une requête le nom doit sortir, logiquement si on s'en refère aux lieux, aux opinions et aux antécédenrts judiciaires ! Rien ne serait sorti alors qu'à plusieurs reprises des membres de goupes jihdistes ont indiqué vouloir frapper des militaires françai en forums , tous surveillés d près par la DCRI ? C'est aberrant La simple requête "militaire, projet d'assasssinat" dans la base de données du Forum Minbar aurait donné les noms des pseudos les ayant formulés : des surnoms tous connus des services secrets, comme on a pu le voir, déjà avec le fameux Youssef. La famille Merah aurait dû sortir automatiquement de la demande, avec ses lourds antécédents !

De même, et aujourd'hui qu'on a démontré qu'une analyse réussie de recherche d'ADN sur une partie de déclencheur de grenade pouvait mener à son lanceur, on reste étonné de ne rien avoir trouvé sur le chargeur abandonné par mégarde sous une voiture après l'agression des trois militaires à Montauban, dont le soldat de première classe Mohamed Legouad, 24 ans, et le caporal Abel Chenouf, 25 ans, froidement abattus, Loïc Liber échappant à la mort (il est depuis paralysé). Au crédit des chercheurs du laboratoire de la police, Mohamed Merah sera vu porter des gants à chaque attaque. Une protection qui montre à la fois sa détermination et un sens de l'organisation dictée par des règles, celle d'un groupe terroriste, respectant un process précis. Et non du jeune écervelé pour lequel il se faisait parfois passer.

L'auteur du mail de l'achat de la moto localisé trois jours avant l'attaque de l'école

Cinq jours de recherche, déjà, alors que dès le 17 mars, on a retrouvé le nom de la mère de Merah, déjà apparue dans les fichiers de la DCRI, notamment pour son mariage avec un islamiste lié à des réseaux douteux : "ce PV, daté du 17 mars à 11h10, dresse la liste des huit internautes qui se sont connectés à une petite annonce du militaire tué le 11 mars, Imad Ibn Ziaten. Il fait apparaître à deux reprises le nom de la mère de Mohamed Merah, qui était fichée pour islamisme radical, souligne le quotidien dans son édition de mardi". "Le document fait "apparaître (...) que les services étaient en possession le 17 mars au matin de cinq adresses IP dans une zone géographique restreinte" ajoute l'avocate de la famille d'une des victimes. C'est deux jours avant l'attaque de l'école juive ! Il est évident qu'avec cette découverte déclassifée, l'attaque de l'éole juiv aurait pu être évitée. Reste à déterminer si le laxisme de l'enquête a été délibéré ou est la résultante d'une incompétence généralisée. Dans les deux cas, Bernard Squarcini est... coupable, en tout cas !

Toute la famille était connue depuis longtemps

Ce qui ne marche pas dans les explications de Libération, c'est cela justement : au lieu d'interroger sa propre base de données alimentée depuis 2005, celle dont Nicolas Sarkozy en personne s'était servi pour faire sa déclaration de guerre au terrorisme, la DCRI a fait dans le local : "selon le quotidien, la PJ privilégie la première hypothèse. Vendredi, la direction départementale des renseignements intérieurs (DDRI) - bien qu'elle ne soit pas encore saisie de l'affaire - transfère à sa direction et à la PJ locale, une liste d'une dizaine de suspects potentiels. Il s'agit principalement de figures de l'extrême-droite toulousaine mais quelques noms, liés à l'islam radical, sont également listés. Parmi ces tous premiers suspects, la famille Merah : Abdelkader, Mohamed et leur soeur Souad sont connus des services de renseignements depuis 2006". En somme, la DCRI demande ce qu'elle sait obligatoirement déjà et qui réside dans ses ordinateurs ! On voudrait ralentir sciemment une enquête qu'on ne n'y prendrait pas autrement ! Ralentir la découverte d'un tueur qui n'a pas encore tué assez de monde ? L'hypothèse fait frémir ! Pire encore comme idée : on a bien dans le dossier deux coups de fil envoyés à Mohamed Merah sur son téléphone, et ce pendant le déroulement des massacres (avant l'attaque de l'école) : or on vient de le dire, c'est toute la famille qui était dans le dossier : aurait-on aussi, et cela semblerait fort naturel, appelé.... Abdelkader ??? Ou la sœur, débarquée bien après dans les médias alors que cernéé depuis 2008 au minimum par la DCRI ? On ne sait pas localiser Mohamed Merah, alors qu'il loge depuis 2006 au même endroit (qui donc, au fait, l'a occupé le temps où il était en prison en 2008- et qui paye le loyer-, puisqu'il le retrouve dès sa sortie -on le vera un peu plus loin ?)."En 2006, il quitte le domicile maternel et emménage dans un appartement de 38 m21 au rez-de-chaussée surélevé d'un immeuble situé au 17 rue Sergent-Vigné145, dans le quartier de Côte Pavée à Toulouse" indique Wikipedia, reprenant Mediapart.. On ne sait pas le localiser, alors qu'on l'appelle à deux reprises sur le téléphone de sa sœur devenu le sien ? Mais de qui se moque-t-on là ?

Il faut encore une journée de plus pour dégotter les IPs des envois de mail de vente de moto : "les enquêteurs ont en effet la quasi-certitude qu'Imad Ibn Ziaten avait rendez-vous avec son tueur pour lui vendre sa moto lorsqu'il s'est fait abattre. Ils tentent donc de retrouver sa trace, grâce à l'analyse des adresses IP. Ils y parviendront samedi. Plus de 500 connexions sont relevées mais seules neuf répondent à la requête " moto + militaire ". Parmi elles, trois émanent de la région toulousaine. Le nom de Merah n'apparait pas immédiatement mais celui de Zoulikha Aziri, la mère de Mohamed, figure sur le listing. Cette dernière est fichée à la DCRI pour son appartenance à la mouvance radicale mais la PJ est-elle au courant du lien de parenté entre Aziri et Merah ?" : c'est là où c'est intenable comme position, pour Squarcini. La mère de Mohamed est remarié à un islamite dont le fils a été emprisonné à son retour de Syrie, pour avoir organisé un réseau allant se faire tuer des gamins de la région. Et cela ne dirait rien d'emblée à nos fins limiers alors que tout le réseau est connu depuis alors 7 ans ? Et que les dossiers sur toute la famille s'accumulent ?

Une enquête qui piétine ou que l'on ralentit ?

Car il ne faut pas être spécialiste pour s'apercevoir que dans la vitesse d'escargot avec laquelle on s'est précipité pour arrêter Merah, en le laissant donc agir en toute impunité dans la nature, en connaissant sa dangerosité, il y avait quelque chose qui clochait : les fadettes des conversations téléphoniques du journaliste du Monde ont été obtenues dans la journée et le principe de repérage des appels de Merah ou de sa présence sur le net est le même. Un ordinateur de bureau, en recherches croisées, ne met que quelques secondes pour sortir l'adresse IP de l'ordinateur toulousain qui est entré en contact avec le bon coin à une date donnée. Cela ne prend pas une semaine ou presque : ou alors, la salle blanche de la DCRI contient un boulier géant... On tombe donc sur la mère, ou plutôt sur son ordiinateur, et donc sur la filière Essid dont elle porte le nom par remariage.... et cela, à la DCRI, prend un journée de plus... pour enfin sortir le nom du fils, lié à un organisateur condamné de réseau salafiste ? Et tout cela prêterait à rire si ça ne s'était passé avant la tuerie de l'école : car visiblement, il était encore temps d'intercepter le tueur ! Mais visiblement, on ne fera rien, laissant Mohamed Merah s'en prendre à d'autres militaires comme il l'avait prévu au départ.... mais il changera d'idée à la dernière minute.... choisissant les enfants juifs de l'école toulousaine la plus proche de chez lui ! Des enfants morts de façon atroce et absurde, faute de cibles à se mettre sous la main !!! On l'a vu, la mère de Mohamed avait été liée à la demande du bon coin le 17 mars : Sqarcini a donc menti au juge en affirmant que ce n'était que le dimanche suivant que ses services en avaient été avertis !!!

Malgré ses abondantes capacités informatiques, donc, la DCRI ne localisera par croisement de données le propriétaire du scooter et en même temps l'assassin que le dimanche suivant le premier crime, donc : or, on le sait aussi, c'est bien en premier le nom d'Abdelkader qui était apparu en premier, preuve que les fichiers de la DCRI l'avaient déjà enregistré comme potentiellement dangereux. Mais jusqu'ici il avait été toujours épargné, ce qui semble de plus en plus étrange ! En somme, le dimanche qui précède le massacre scolaire, Abdelkader Merah est déjà fortement soupçonné... et pas son frère, dont des rapports récents viennent de pourtant noter la dangerosité ? Même pour Libération, cela fait beaucoup déjà :  "le nom de Merah apparaitra une troisième fois au cours du week-end, lors de l'analyse par la DCRI de cinq fichiers transmis par la sous-direction anti-terroriste de la PJ (Sdat), dimanche vers 14 heures. 24 000 données - les possesseurs de scooter Tmax similaires à celui du tueur, les adresses IP, les détenteurs d'arme de calibre 11.43... - sont passées au crible. "Après analyse par différentes divisions [...], émergent des noms qui sont écartés et on garde celui de la mère de Mohamed et Abdelkader en priorité. L'ensemble de ces résultats est matérialisé par un support informatique transmis à la Sdat le dimanche vers 20 heures", a indiqué Bernard Squarcini pendant son audition. La PJ tenait donc le nom de Merah quelques heures avant la tuerie de l'école juive" mais n'a donc rien fait pour l'intercepter !

Les meurtres à l'école auraient pu être évités

Or l'attaque de l'école a lieu le lendemain lundi, très tôt, à 7H50, et Abdelkader et présent sur place : n'y avait-il personne un dimanche soir chez les fonctionnaires pour déclencher immédiatement une alerte sur Mohamed Merah, "logé" le soir même par les divers recoupements ? Les enfants assassinés auraient été victime de la terreur d'un illuminé... et du confort personnel d'agents non motivés par une pression de leur direction.... restée plus que loitaine durant toute l'enquête ? C'est difficile à croire : ce qui est plus crédible, c'est que l'assassin a été laissé dans la nature le plus longtemps possible et que l'attaque de l'école ne faisait pas partie de ses objectifs au départ : c'est ce qu'il a confié à ses confidents téléphoniques pendant l'assaut : il visait toujours des militaires, mais n'en avait pas sous la main ce matin-là... avait-il avoué ! En somme, des enfants ont été massacrés à la place de militaire en raison des lubies à géométrie variable d'un tueur véritablement devenu psychopathe... mais aussi d'enquêteurs assez peu pressés d'aboutir !!! 

Au milieu du problème depuis sept ans : Abdelkader

Mais il y à plus étrange en fait : les ordinateurs ont donc naturellement cité Abdelkader et non Mohamed comme organisateur potentiel du massacre : ce fondamentaliste formé en Egypte ("il estime que les lois de l'islam passent avant celle de la République" note la presse) il se défend d'avoir été dans la confidence de son frère. Bernard Squarcini réaffirme qu'Abdelkader Merah, et sa soeur Souad, présentaient un profil " idéologiquement " beaucoup plus "intéressant" pour la DCRI que celui de Mohamed" écrit ailleurs Libération à propos ce ce qu'a dit Squarcini aux enquêteurs : or le dimanche soir où le nom de la famille Merah a été cerné envoie-t-en en express une escouade du raid pour cerner la maison d'Abdelkader ? Aucunement : on ira même la visiter qu'une fois Mohamed abattu, et pas avant (il sera arrêté le 24 mars seulement, deux jours après la mort de son jeune frère !!!). Preuve, une nouvelle fois du frein donné à la progression de l'enquête toute entière. Le délai même laissé au frère, lui permettait largement de prendre les dispositions pour effacer un maximum de traces de ses contactsq avec son frère où avec la mouvance islamiste dont il fait partie depuis.... 2005 minumum ! Largement de quoi tout effacer ou de mettre en sécurité disques durs ou clés USB de données ! Ou largement aussi, comme on l'a déjà écrit, le temps de recevoir des conversations téléphoniques pour lui dicter l'attitude à avoir. "L'examen du contenu des ordinateurs de l'aîné des frères Merah n'a pour l'heure rien révélé de probant et, contrairement à ce qui avait été annoncé, la perquisition de son domicile n'a mis au jour ni arme, ni explosif" note France TV info le 25 mars. Depuis le 21 mars 2012 à 3h00 du matin, moment où le RAID rate son entrée en matière Rue Sévigné, jusqu'au 24 au matin, date de l'arrestation d'Abdelkader, il y a largement de quoi tout cacher ou tout dissimuler !!! 

La propagande salafiste comme livre de chevet

Et pourtant : un ordinateur, même effacé, "parle" toujours aux informaticiens, on le sait : "par ailleurs, la police scientifique a mis au jour les fichiers informatiques que le présumé complice de Mohamed avait effacés. Parmi eux, un manuel de guérilla urbaine avec des têtes de chapitre comme : "bien étudier l'ennemi", "user de prudence dans la préparation des actions", "comment semer la police"... À-t-on pu lire depuis dans la presse... Le manuel du parfait parfait jihadiste, ou du responsable jihadiste. La même littérature que celle retrouvé chez Adlène Hicheur. Les mêmes chapitres que ceux que proposait en ligne SOS Minbar : on tourne toujours autour du même pot ! Abdelkader lisait des chapitres "comment semer la police", et on a mis trois jours à aller fouiller sa maison ? Quitte à y retourner récemment ?

La présence sur le lieu du crime d'Abdelkader

Fait encore plus inquiétant laissé pour compte dans la presse française mais repris dans la presse anglaise le 24 mars, jour où est annoncée la garde à vue de 96 heures d'Abdelkader, arrêté chez lui à Hauterive. On a beaucoup glosé sur le fait que la police avait "logé" Abdelkader Merah près de l'école le jour de la tuerie par "triangulation" : à savoir que des appels passés ce jour-là (avec son frère ?) avaient été localisés à proximité de l'école juive visée par l'attentat. Or la presse anglaise, relayant un journal français, présentait un version beaucoup plus prosaîque des faits : "le téléphone mobile d'Abdelkader a été retrouvé jeté près de l'école, ont indiqué des sources policières lors d'une déclaration au journal Le Parisien" expliquait le Daily Telegraph.. "géolocalisé" ou retrouvé sur place ? Le Telegraph semble en fit avoir mal compris : "selon LeParisien.fr, l'expertise du téléphone portable d'Abdelkader Merah révèle que l'appareil a été géolocalisé près de l'école juive Ozar Hatorah de Toulouse, le lundi 19 mars au matin, jour de la fusillade qui a tué trois enfants et un professeur de l'établissement." Un endroit ou Abdelkader n'avait strictement rien à faire. Retrouvé ou géolocalisé le résultat est le même : Abdelkader Merah a assisté de bout en bout à l'attaque de l'école juive, décidée selon Mohamed au dernier moment. Le rendez-vous dans un resaurant des deux frères la veille de la tuerie n'avait pas dû avoir comme conversation le seul contenu des menus... L'implication du frère de Mohamed dans l'organisation des attaques est évidente, avec la littérature jihadiste retrouvée chez lui.  Et là, ce n'est pas un Hicheur : au bout, il y a bien des personnes abattues, et ce sont des enfants juifs : or on connait l'antisémitisme d'Abdelkader, dénoncé par un autre frère Merah, Abdelghani Merah, qui s'était heurté auparavant à cette dérive familiale (*). Si Mohamed est devenu antisémite, l'infliuence de son frère a été primordiale. Abdelgahni a épousé une juive, et la rancœur de toute sa famille a son égard et patente : l'antisémitisme est bien au cœur de l'idéologie terroriste des toulousains.

Des freins incompréhensibles

Hélas, Libération tombe lui aussi dans le panneau du flou autour de la famille, pour expliquer les lenteurs de l'enquête, en écrivant : "Mais peut-on pour autant en déduire que les enquêteurs auraient pu arrêter le tueur au scooter avant son passage à l'acte, lundi 18 à 7h50, et qu'il ne tue trois enfants et un père de famille ? Les Merah sont dans le viseur des enquêteurs, mais reste encore à déterminer quel membre de la famille est concerné, puisque quasiment tous sont fichés. Les enquêteurs privilégient alors la piste d'Abdelkader, qui habite à Hauterive, non loin de Toulouse. Il faut également retrouver la trace des suspects, avoir la certitude qu'ils sont chez eux au moment de l'intervention, pour ne pas perdre leur trace".

 
Chez Libération ça devient grotesque : l'appartement de Merah est connu depuis 2006, avant et après sa sortie de prison, et la rafle de toute la famille était possible en fort peu de temps : toutes les adresses ou les numéros de téléphones géolocalisables étaient connus et rèpertoriès ! La lenteur n'est en rien dû à une absence de oonnaissances de la famille. Cette lenteur, on l'a souhaitée, ou on l'a laissée s'installer, ce qui revient au même, en attendant que d'autres dégâts se fassent : elle est tout simplement criminelle. Trois jours avant l'attaque de l'école, on avait déterminé le nom de famille du tueur du premier soldat. N'importe quel responsable digne de ce nom aurait pris la décision sur le champ de "foncer" pour arrêter au plus vite celui qui était devenu un tueur psychopathe de militaires. Un assassin à répétition. Une forme particulière de kamikaze jihadiste sur le territoire français. Un terroriste islamiste portant un nom d'origine algérienne, connu des services de police pour faits de délinquance à répétition : un dangereux jeune homme, devenu incontrôlable.

(*) qui aura des phrases plutôt justes, le 19 juin, en commentant ces événements :

"Il explique avoir voulu parler parce qu’il a été touché qu’Albert Chennouf, père d’un des parachutistes tués le 15 mars à Montauban, n’a pas exprimé de haine malgré la douleur. « J’aurais aimé avoir un père de cette envergure. Il est à la recherche de la vérité, je l’aiderai comme j’aiderai toutes les familles à faire la lumière sur cette tragédie qui aurait pu être évitée », dit Abdelghani Merah. Il ne s’étend pas sur la manière dont on aurait pu, selon lui, empêcher Mohamed Merah d’exécuter froidement trois parachutistes, trois enfants juifs et un père entre le 11 et le 19 mars, sinon pour dire que « les alertes n’ont pas fonctionné ». « Aujourd’hui, je voulais simplement présenter mes condoléances aux familles des victimes. Je ne demande pas pardon, parce que ce qu’a fait mon frère Mohamed est impardonnable. Il a commis des crimes racistes, c’est un Anders Breivik français », l’extrémiste de droite jugé pour la mort de 77 personnes en Norvège.

Personnellement, je tiens à dire que l'attitude d' Albert Chennouf a été la plus digne de toute cette lamentable affaire : en s'élevant au dessus de la mêlée, il avait ce jour-là montré le visage que l'on aurait voulu voir apparaître dans une fonction présidentielle réduite à néant par Nicolas Sarkozy et ses sbires, dont Claude Guéant, grand metteur en scène de la tragédie.


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19 réactions à cet article    


  • Pyrathome Pyrathome 25 octobre 2012 17:13

    Albert Chennouf
    http://www.bfmtv.com/politique/apparence-musulmane-le-pere-d-un-militaire-tue-enjoint-sarkozy-a-se-taire-209627.html

    Albert Chennouf, père d’un des militaires abattu à Montauban, réagit aux propos du père de Mohamed Merah, qui souhaite porter plainte pour l’assassinat de son fils.« Qu’il aille au diable » s’est indigné Albert Chennouf. "C’est pas un père. (…) Où était-il, ce monsieur ? Il n’a pas la décence de se taire." Monsieur Chennouf a également vivement réagi aux propos de Nicolas Sarkozy, qui a décrit les soldats comme étant « d’apparence musulmane ». "Je demande au président de la République de réfléchir à ce qu’il dit. (…) Monsieur le président de la République, s’il vous plaît, soyez digne, taisez-vous s’il vous plaît."....

    Il y en a qui aurait l’apparence musulmane, pour dire ça, il ne faut pas avoir seulement l’apparence d’un con, il faut en être un vrai.....

    Dites-donc, on ne sait toujours pas qui a réellement monté les vidéos du tueur en si peu de temps....


    • morice morice 25 octobre 2012 17:18

      Dites-donc, on ne sait toujours pas qui a réellement monté les vidéos du tueur en si peu de temps....


      bonne question : il aurait monté ses prises de vues en se sachant surveillé ?

      .à vérifier ...mais demain si tout va bien je vous donne une solution..... pour faire ça, il faut un ordinateur, et je vous en ai retrouvé un.

      • curieux curieux 25 octobre 2012 20:06

        « .mais demain si tout va bien je vous donne une solution »
        Qu’est-ce que vous faîtes là ? de l’improvisation ? Ou bien comme on dit que la nuit porte conseil, alors « interprétation de vos rêves » ?
        Belles photos d’ordinateurs et de motos. Mais au fait, elles servent à quoi ces photos ? Remplissage ?


      • Yves Dornet 25 octobre 2012 22:11

        il aurait monté ses prises de vues en se sachant surveillé ?

        Squarcini et la filière syrienne (7) : bien plus qu’un ratage

        ben oui, quand on se sent au dessus, libre, invincible...

        voilà morice, inutile de prendre sur votre temps en retraite, c’est fait, en plus court smiley 


        • magma magma 25 octobre 2012 22:54

          Comme moi, il est vrai, les enquêteurs se fourvoieront tout d’abord dans les milieux d’extrême droite : « les enquêteurs privilégient rapidement deux pistes : celle d’un crime commis par un militaire (ou ancien militaire) proche des milieux d’extrême-droite et celle d’un acte terroriste lié à l’engagement en Afghanistan des deux régiments visés. » Evidemement, deux directions contraires font que l’enquête prend du retard

          si vous ne vous étiez pas trompé a l’époque la DCRI aurait gagné du temps, faites donc attention Morice !


          • magma magma 25 octobre 2012 23:26

            moi j’aimerais que vous nous expliquiez pourquoi l’avocate qu’on allait voir ce qu’on allait voir, on a surtout rien entendu ? a part parce qu’elle était nulle


            • Zubitxu 26 octobre 2012 06:37

              cours accéléré pour un pro de l’informatique comme vous :

              Il y a toujours moyen d’effacer définitivement un disque dur.

              Soit en utilisant un bon utilitaire de formatage de bas niveau (initialisation de  la surface du disque dur cluster par cluster) comme Killdisk ou Ultimate Boot CD

              Soit en utilisant une méthode beaucoup plus simple : Gaver le disque au delà de sa capacité de stockage et en le formatant après.

              Mais Killdisk fonctionne nickel.

              Notez bien que c’est un béotien fortement handficapé du savoir informatique, mais qui a tout de même 31 ans d’expérience dans la matière qui prend la peine de vous répondre alors que vous allez, comme d’hab’, replier ce commentaire qui ne colle pas avec vos théories.

              Commentaire pourtant en parfait rapport avec le fil et sans injure. smiley



              • Zubitxu 26 octobre 2012 08:34

                Merci Morice pour votre réponse bien argumentée.


              • morice morice 26 octobre 2012 08:40

                « Zubitxu », ex « Zubi » pour une raison connue ici : le trollisme forcené !


                c’est un monde de disparu revenants : des zombies !

                • Zubitxu 26 octobre 2012 09:09

                  Et oui « morice » toujours « morice » (hélas)

                  Avec un « s » à « disparu » tant qu’à faire.


                • morice morice 26 octobre 2012 09:15

                  ras le bol des trolls détourneurs de textes, ras le bol. Tout leur est PRETEXTE à attaquer la PERSONNE, pas une critique de FOND. Rien sur Merah, rien sur l’enquête. On s’amuse à détourner un contenu, c’est leur seule jouissance de malades.


                  • zomboid zomboid 26 octobre 2012 09:44

                    http://islamic-intelligence.blogspot.fr/2012/10/la-dcri-de-squarcini-et-les-conseillers.html
                    peut être un début d’explication sur un ratage qui n’en n’était pas un.


                    • morice morice 26 octobre 2012 10:06

                      zombold, cessez votre trollisme ici. Vos liens sont tous orientés pour DETRUIRE les fils en pointat vers les ramassis du net !


                      • zomboid zomboid 26 octobre 2012 10:12

                        Droit au but, dévoiler les intentions, les plans les desseins, arrêter de tourner autour du pot.


                        • Zubitxu 26 octobre 2012 10:13

                          pas du pot ....du BOL


                        • zomboid zomboid 26 octobre 2012 10:17

                          Tourner a ras du bol.


                          • magma magma 26 octobre 2012 10:23

                            Morice je vais vous rappeler toujours la même chose, quand on vous parle du fond, votre réponse c’est au mieux : « c’est faux tout le monde sait que ce que je dis est vrai ». Sinon vous repliez ou vous insulte. Il ne reste que la moquerie vous ne nous laissez pas le choix.

                            Votre empressement a voir l’extrème droite dès le début de l’affaire ne plaide pas pour vous, vous aviez la même affirmation. Tout ce qui accrédite votre thèse est le bienvenu, tout ce qui la contredit est écarté.

                            Comme je vous l’ai dit, pourquoi l’avocate qui dévait retourner la France a accouchée d’une souris. Vous dites, elle est nulle... c’est pas un argument, peut être l’avez vous expliqué dans l’épisode 2/3 ou 4. Mais c’est souvent assez long.

                            Certains ont répondu sur l’informatique, votre défense c’est non non non

                            Vous vous étonniez qu’un jeune sans boulot ait un Ipad de dernière génération, la morice faut sortir, aujourd’hui même si les gens sont sans argent ils ont tous ipod iphone et toute la technologie, un portable internet partout,etc, c’est pas un argument.

                            la vous parlez des jiadistes qui auraient parlé d’attentats sur le net, mais vous ne donnez pas d’exemples que la dcri aurait pu trouver (tout à été effacé ?), je doute que les terroristes sachant qu’on peut les loccaliser facilement utilisent ce genre de réseaux et généralement il ne le font pas.

                            Si on vous lit, les services francais ont été nullisimes, mais nullisimes a ce point est peu crédible tout de même. Et aucune trace évidente de dissimulation ou d’élimination plus rapide de merha, puisqu’il savait que c’était lui, on aurait pas négocier 10 heures avant de le tuer, vous allez répondre quoi ? que ce soit pour être plus crédile ? dans ce cas tout peut accréditer votre thèse

                            Je pense après qu’il faut être plus clair ou déterminé, vous tournez sur le fait que sarkozy serait le coupable.. ou en tout cas les services secrets, il faut être affirmatif, la vos suppositions en élipse ne sont pas des conclusions, y a un chainon manquant tout de même.

                             

                             

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