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Sur le rôle de la politique dans nos vies

La politique ceci, la politique cela. Arrêtez tout ! Pourquoi cherchez-vous ailleurs ce qu'il est déjà difficile de trouver en soi ? La politique, c'est avant tout la réalisation possible de votre bonheur. Or, si la politique ne fonctionne pas, que vous la jugez indécente, inopportune, corrompue, ou que sais-je encore, ce n'est pas en raison de son incapacité intrinsèque à vous pourvoir d'une raison de vivre, mais d'abord (et surtout) parce que vous-mêmes, par vos idiosyncrasies inadéquates, vous êtes incapables de trouver cette raison en vous, via l'introspection.

Le problème avec la politique, c'est qu'elle est l'antre des « solutions toutes faites ».

Qui plus est, les solutions toutes faites incluent également les solutions qui ne sont pas toutes faites. De sorte que l'idée même de solutions pas toutes faites peut quelquefois se substituer à la velléité, très courante, d'appliquer des solutions toutes faites, devenant par là des solutions à leur tour toutes faites.

Autrement dit : il faut être vigilant.

Le problème, ce n'est bien évidemment pas la politique. On peut y trouver son compte. 

Le problème, cependant, c'est la politique sans conscience. 

Car la politique sans conscience mène à la politique des solutions toutes faites, c'est-à-dire à une politique des âneries et des mauvais jugements selon lesquels X mesure fait survenir ce qui, déjà au niveau individuel, est quasi impossible à obtenir : l'harmonie universelle. Et toute la politique (serait-elle pragmatique) se base sur la conviction intime que l'harmonie universelle est soit totalement atteignable (la pire des bêtises) soit en partie (la plus pire d'entre les pires des bêtises, puisqu'on ne la sent pas).

Imaginez un homme dont ses journées consistent à faire, comme métier, de la politique. Partant, il indexe son bonheur sur la réussite de tels ou tels projets, ceci en étant dépourvu de toute conscience quant à la substance même de la « politique » et, de surcroît, de la psychologie humaine en général. Vous aurez, en définitive, un homme facilement malheureux. Et pour cause : comment être heureux (et par heureux j'entends ce terme au-delà de son sens naïf) s'il mise uniquement sur le succès d'objectifs politiques ? La politique est molle. La réussite de projets politiques est un principe mou. La politique change au gré des saisons. Faire reposer son bonheur là-dessus revient à ajourner ad vitam aeternam son advenue – laquelle, dépendant de la réussite d'un projet, sera remise à plus tard en attendant le perfectionnement (toujours hypothétiquement réalisable) du projet. Et on aime que ce qu'on a ! Or la politique est un beau néant.

En revanche, il peut être possible de faire de la politique « en conscience », à savoir muni de principes solides. 

Quand on sait la psychologie humaine, qu'on connaît ensuite la finalité de l'homme (c'est-à-dire une aspiration à la totalité, au tout, à l'éternité, à la clarté d'un nouveau regard qui ne voit que l'essentiel1), on ne peut faire que de la bonne politique, et sans le malheur des mondanités qui l'accompagnent. Car le malheur du politicien, c'est bien les affres de la mondanité, et puis de la fortune. Le politicien ne comprend pas la fortune, mais il vit à ses crochets !

Ainsi désormais saurez-vous que la politique n'est que la politique : une affaire mondaine, qui a sa noblesse. Mais les périodes de crise sont des périodes de crise : le destin. Rien à voir avec la politique. 

Les plaintes sont le symptôme du changement, non pas son moteur.

Et comme on fait de la meilleure politique avec cette idée !

Si – comme tout le monde – vous êtes à la recherche de la sérénité, faites de la politique en ayant à l'esprit qu'elle n'est pas une fin en soi, mais un hobby, de même que le principe ontique, ou la raison d'être du pommier n'est pas la pomme « de l'instant », l'ordinaire « faire-des-pommes » ou la production de pommes en tant qu'elle fait partie intégrante de sa modalité d'existence – ce qui avère que son salut ne tient pas sur telle ou telle production de pommes, sur le dépérissement de cette pomme-ci ou de cette pomme-là, mais dans le fait que, en tant que pommier, il survit dans la joie grâce à l'idée de ce qui dépasse sa production.

Vous me direz que la politique engage la moralité, et qu'elle l'instaure.

Mais quelle situation accuse un pareil constat ?

La politique, avant tout, est amorale. A-morale. Elle n'est pas morale, dès lors qu'elle fait de la morale. Non pas qu'elle soit immorale. Elle ne peut atteindre la moralité quand elle l'impose – car l'imposition, dans son acte même, annule la morale qu'elle prétend répendre. De fait : on ne peut pas être moral du moment qu'on nous l'impose ! La morale implique, comme condition préalablement nécessaire, sa non-imposition. C'est-à-dire : la vraie morale existe à partir du moment où elle n'existe plus en tant que norme culturelle nationalement prescrite. D'où vient que nous ne pouvons être (forcément) en décadence. Au contraire, puisque c'est aujourd'hui que nous n'avons jamais été aussi libres de nos choix... Par conséquent, les existentialistes ont raison. Notre liberté contemporaine confine aux (terribles) enjeux de la moralité véridique.

De sorte qu'il ne faut pas chercher de panacée. Abandonnez tout. 

Vous n'êtes pas insatisfaits de la politique parce qu'il n'y a pas de solution, ou que la solution est momentanément indisponible (pire des folies), mais parce que vous croyez qu'il y en a une quelque part là-bas.

Or, la politique à la recherche du bonheur commence chez soi. Ordonnez-vous d'abord, le reste adviendra.

________

1 Connaître l'existence de l'aspiration à la totalité, donc à Dieu, c'est, de fait, se libérer automatiquement du malheur banalement entendu comme l'échec d'une aspiration triviale, d'un projet. Totalité = libération. Et même la douleur par laquelle on y accède est une joie.


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9 réactions à cet article    


  • dgriffon 6 octobre 2018 22:21

    Bonsoir

    je suis d’accord sur votre constat mais néanmoins en désaccord sur votre conclusion. La politique est une affaire collective, l’introspection une affaire individuelle, l’une ne va pas sans l’autre. Dans l’idéal la politique doit pouvoir gérer les résultats de l’introspection de chacun, l’individu et la collectivité sont normalement unis par une dynamique de co-développement. Ce qui ne va pas aujourd’hui, c’est que ni l’un ni l’autre des protagonistes ne veulent faire d’examen de conscience, trop inconfortable !
    Bien à vous

    • Le Vautre Oméga Vertagus 6 octobre 2018 23:21

      @dgriffon Merci pour votre retour. Néanmoins, « doit pouvoir gérer » me laisse perplexe. Serait-ce déjà être trop utopique ? En tous les cas, l’Etat, dans notre phase actuelle de civilisation, n’a pas (ou plus) à jouer totalement à la nourrice. Ce serait, me semble-t-il, tout à fait inadéquat.


    • dgriffon 7 octobre 2018 01:52

      @Vertagus, la question est : qui ou quel événement peut aujourd’hui infléchir le cours d’une politique du tout libéral qui pérennise cette absence de vue d’un développement humain dans la conscience pour tous ? Pas un état, tout à fait d’accord, pas l’argent pour tous non plus, alors je pense que chacun doit se guider à faire pour tous ce que son gain de conscience dicte pour lui, donc finalement je vous rejoins sur l’introspection nécessaire en y ajoutant un pari philosophique pour des combats d’idées et de situations trop totalitaires qui empêchent toutes véritables réformes.


      • Le421 Le421 8 octobre 2018 08:57
        Ahahahaha... Aha.. Ahahahaha...
        Le PS ?
        A gauche...
        Ahahahaha.
        Merci pour cette bonne blague !!
        Le reste, j’ai zappé...

        • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 8 octobre 2018 12:13

          On néglige souvent une donnée dans la réalisation ou le rêve d’un projet, c’est la donnée : ESPACE-TEMPS. J’ai souvent constaté (en ce qui me concerne), que des idées « imaginées » deux ou trois années auparavant, se réalisent au moment où je m’y attendais le moins. Comme un après-coup. Selon l’expression : chaque chose vient à point nommé (si l’intention était positive). Mais cela ne concerne que rarement toute une nation ou le monde entier. Juste notre espace environnent. Planter des graines n’est jamais vain. Qui sait,......


          • zygzornifle zygzornifle 8 octobre 2018 12:40

            le rôle de la politique c’est de nous faire payer pour tout et pour rien , il faut payer de gré ou de force et point a la ligne .....


            • Ruut Ruut 8 octobre 2018 13:15

              Il est ou l’UPR dans votre dessin ?


              • Le Vautre Oméga Vertagus 8 octobre 2018 19:11

                @Ruut Entre le RPR et l’UFF.


              • Reiki 9 octobre 2018 18:29

                Le Pouvoir du Peuple Européenne

                Lorsque dans le cours des événements humains, il devient nécessaire pour un peuple de dissoudre les liens politiques qui l’ont attaché à un autre. Il devient évident que chaque citoyen avec un tant sois peu d’humanité, dois être confronté au choix du vote de manière régulière, le respect dû à l’opinion de l’humanité oblige à déclarer les causes qui le déterminent ainsi qu’une vision de ce que doit être le futur de cette dite l’humanité.

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