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Accueil du site > Tribune Libre > Syrie-Irak : connaissances de base

Syrie-Irak : connaissances de base

Avant de se faire une idée sur ce lointain conflit international, il faut disposer d'informations fiables sur les lieux et les intervenants. Basé sur des éléments publics, dont certains peu connus, cet article présente quelques cartes commentées, les motivations objectives des pays engagés et les relations souvent curieuses entre alliés.

Allégeances

Tous les pays arabes au sud de la Turquie ont moins d’un siècle d’existence.
Conséquence : il n’y existe pas de réelle cohésion nationale, pas de « peuple syrien » ou irakien, mais des allégeances de trois types, qui sont autant de lignes de fracture potentielles.

Tribale
Ces pays sont des conglomérats de tribus dirigés par l’une d’entre elles, les plus connues étant les Al Saud en Arabie (Al = famille, tribu) et les Al Thani au Qatar. Après sa chute, Saddam Hussein se réfugia à Tikrit, fief de sa tribu des Al Bu Nasir dans laquelle il avait choisi des hommes de confiance pour diriger services secrets et Garde nationale.

Ethnique
Quatre grands groupes ethniques dominent la région – Turcs, Kurdes, Arabes et Perses –, chacun en conflit plus ou moins larvé avec ses voisins.

Religieuse
Les El Assad choisirent leurs hommes de confiance, en particulier les commandants militaires, dans leur communauté religieuse : les Alaouites.

Suivant les circonstances, l’une de ces deux dernières allégeances peut prévaloir sur l’autre.

Peuplement

Sans surprise, les populations de cette région se trouvent près des cours d’eau, donc au pied des montagnes et dans les vallées des principaux fleuves, le Tigre et l’Euphrate, et leurs principaux affluents.
Sur cette carte1 (où le désert arabo-syriaque est en couleur claire), quatre grandes zones présentent un intérêt particulier.

1 : regroupant près de 50 % de la population syrienne, elle est peuplée pour moitié de Musulmans sunnites, l’autre moitié étant constituée de Chrétiens et Alaouites dont c’est la zone principale de résidence près de la Méditerranée.

2 : environ 40 % des Syriens, dont la majorité des Druzes, habitent la région de Damas.

3 : peuplée essentiellement de Kurdes qui, dans le Nord-Est de l’Irak, sont regroupés dans la zone autonome du Kurdistan irakien.

4 : l’ancienne Mésopotamie où vit la majorité des Chiites irakiens.

Zones ethniques

Pour décorer cette carte, des taches rouges représentant les grands gisements de pétrole et de gaz ont été ajoutées.

Trois observations :

1. Tout le pétrole turc, l’essentiel du pétrole syrien, et environ 25 % des réserves irakiennes se trouvent en zone kurde.

2. La zone irakienne en rose clair, disputée entre Kurdes et Sunnites, est essentielle pour ces derniers car, dans l’hypothèse probable (et prévue de longue date) d’une partition du pays en trois, c’est pratiquement la seule région où ils pourront disposer de pétrole.

3. La mention de la zone azérie est expliquée plus loin.

Religions

Comme sur la carte précédente, les principaux gisements d’hydrocarbures ont été ajoutés pour montrer que l’essentiel du gaz et du pétrole est concentré en zones kurde au Nord et chiite au Sud.

Sunnites vs Chiites et Alaouites

La rivalité Sunnites-Chiites est à peu près aussi violente que le conflit Catholiques-Protestants au temps des guerres de religion.

• D’après le site qatari Islamweb (émanation des Frères musulmans), les Chiites « insultent et accusent de mécréance la plupart des Compagnons [du Prohète]. »
Le mot Râfidhite, désignant leur principal courant, signifie hérétique, déserteur ou sectaire.

• À propos des Alaouites, le même site qatari affirme que « leur objectif est de détruire et d’anéantir l’Islam. »
Dans une célèbre fatwa, le “savant” du XIIIe siècle Ibn Taymiyya déclarait que « [les Alaouites] sont des plus grands mécréants que la plupart des polythéistes, et leur mal envers la Oummah de Mouhammad est plus grand que le mal des mécréants qui sont en guerre avec les Musulmans, comme les Tatars, les mécréants Européens et les autres. »

Le châtiment mérité par ceux qui sont en guerre contre l’Islam est clairement indiqué dans le Coran  : la mort.

Ibn Taymiyya n’est pas un “savant” obscur : une recherche internet donne plus de 300 000 résultats, et 826 000 en arabe. Il existe même un site français, ibn-taymiyya.com, destiné à l’enseignement religieux, dont cinq des sept membres du corps professoral ont été “formés” par l’Institut Européen des Sciences Humaines, un nom curieux pour une organisation islamiste fondée par une UOIF très proche des Frères Musulmans.

Qu’ils tombent sous la coupe des djihadistes ou des Frères, les Alaouites ont quelques soucis à se faire.

Bons et méchants

Sur cette carte, trois types de traits indiquent les relations entre pays de la région. La dernière partie de l’article donnera quelques explications.

Les Bons

Au nord (en marron), la Turquie est la seule démocratie de la région. Ce détail est intéressant car, pour « importer la démocratie » en Syrie, notre gouvernement a choisi comme principaux alliés… des monarchies de type moyenâgeux (Arabie saoudite, Qatar, Bahrein, Koweit, Émirats et Jordanie) et, comme discret conseiller, un pays gouverné par l’extrême-droite.

Note : les noms de pays désignent leur gouvernement.

Les Méchants

« L’Axe du Mal, » représenté en gris, correspond à des pays dont le gouvernement se trouve être chiite : Syrie, Iran, Irak.

Syrie, Ba’as et Frères musulmans

Pensé à la fin des années 1930 par un Sunnite, un Chiite et un Chrétien anciens étudiants à la Sorbonne, le Baas était un parti pan-arabe, socialiste et laïc, qualité qui allait le perdre. En permettant aux anciennes minorités opprimées d’occuper les rangs peu recherchés de l’armée, il allait conduire à des coups d’État mettant au pouvoir des militaires issus des minorités – Saddam Hussein, sunnite dans un Irak majoritairement chiite, et Hafez El Assad en Syrie, issu de la minorité alaouite –, caractéristique leur rendant indispensable le respect de la laïcité dans une région où la réaction au kémalisme laïc commençait à se manifester.

En 1973, quand El Assad supprima la clause de la constitution syrienne exigeant que le président soit musulman, des émeutes inspirées par les Frères musulmans éclatèrent dans tout le pays. Assad fut contraint de rétablir la clause, mais le mal était fait, et les Frères Musulmans commencèrent à assassiner des Alaouites. Issue des milieux sunnites aisés et des notables, la Confrérie (de cette époque) est considérée comme « une secte d’extrême droite […] fascinée par l’idéologie fasciste. »

Le 16 juin 1979, à Alep, les Frères musulmans séparent les cadets sunnites et alaouites d’une école d’artillerie, puis assassinent les Alaouites.

En 1980, inspirés par la révolution iranienne, les Syriens descendent de nouveau dans les rues pour exiger un État islamique, manœuvre dirigée contre les Alaouites infidèles.

Le 25 juin 1980, les Frères tentent d’assassiner Assad. Le coup passa si près que, le lendemain matin, celui-ci envoya deux unités de sa garde d’élite exécuter les Frères musulmans détenus à la prison de Palmyre. Mais la Fraternité ne fut pas intimidée.

En février 1982, dans leur fief de Hama, quand les Frères commencèrent à égorger les fonctionnaires alaouites et leurs familles, Assad réagit avec férocité : après quelques jours de bombardements incessants, le centre de cette ville de 500 000 habitants était un tas de décombres. L’estimation du nombre de tués, dont sans doute la plupart des Frères, varie de 2 0002 à 40 000 suivant le camp.

La Confrérie ne sera désormais plus une menace sérieuse pour Hafez El Assad, mais un héritage mortel 30 ans plus tard pour son fils Bachar El Assad et pour son pays poussé à la division par la religion entre 12 millions de Musulmans sunnites et 6 millions de Chiites, Chrétiens et Druzes.

En Égypte, Nasser avait procédé de manière voisine avec ses Frères dont l’assassinat était devenu la technique préférée depuis 1945. Les survivants s’enfuirent en Arabie, en Jordanie et en Europe, ce qui n’empêcha pas un membre de leur organisation, le Jihad Islamique, de tuer le président Sadate.

Si toute violence est condamnable, il est bon de rappeler que les réactions excessives ne sont pas l’apanage des Arabes : en réaction à l’assassinat de trois jeunes colons, Israël a récemment massacré 2 140 Palestiniens, en majorité des civils, lors de sa dernière incursion à Gaza. Les “performances” bien supérieures de l’OTAN seront évoquées plus loin.

Irak

Massacrés par Saddam Hussein, qui les suspectait d’être alliés de l’Iran en 1980-88, puis des USA en 2003, les Chiites irakiens (2/3 de la population) revenus au pouvoir étaient peu susceptibles d’éprouver de l’empathie envers les Sunnites. Officiellement nos alliés, ils sont aussi alliés de l’Iran et de la Syrie à cause de la religion.

Pétrole

– L’Irak détient les secondes réserves mondiales de pétrole – voire les premières selon certains experts –, son challenger étant l’Arabie saoudite3.

– 80 % des réserves se trouvent en région chiite.

– Le coup d’Etat militaire de 1958 fut suivi par la nationalisation progressive de l’Iraq Petroleum Company. Actuellement, « des compagnies pétrolières américaines et occidentales et leurs gouvernements font pression sur l’Irak pour le vote d’une nouvelle loi qui remplacerait le marché du pétrole actuellement nationalisé par un modèle largement privatisé recourant à des accords de partage de production, un type de contrat utilisé dans seulement 12 % du marché du pétrole dans le monde.4  »

La Chine, lointain pays de l’Axe du Mal, est tout aussi intéressée. (Ci-contre, l’intéressante évolution des importations5)
«  La Chine intensifie sa présence dans le secteur pétrolier irakien alors que Bagdad est aux prises avec les défections de majors internationales comme les américaines Exxon Mobil et Chevron, et la française Total. En 2035, selon l’AIE, 80 % de la production irakienne pourrait aller en Chine.6  »

Facteur aggravant le cas de la Syrie et de l’Irak : malgré leurs querelles, ces deux pays furent alliés de l’URSS, la Syrie conservant ses liens avec la Russie, autre grand “Méchant”.

Motifs pour l’intervention alliée – Rapports entre alliés

Cette partie ne vise qu’à rappeler des raisons objectives et des faits avérés, donc pas nécessairement les vraies raisons « de » l’intervention. La complexité des rapports entre alliés, parfois leur haine réciproque, montre que rien n’est simple et figé.

France

Le but déclaré de nos deux derniers présidents est d’importer en Syrie la démocratie. Mais un cadeau aussi somptueux a un prix.

Si l’on définit le Benladen (BE) comme l’unité de mesure équivalant à 5 000 victimes innocentes (à peu près le total des victimes attribuées à Oussama Ben Laden), l’import de la démocratie en pays musulmans a coûté :
– aux Irakiens : entre 100 et 200 BE ;
– aux Afghans et aux Libyens : au minimum 10 BE ;
– aux Syriens : 30 BE jusqu’à présent.
Le total se monte à environ 200 BE, expression plus soft qu’un vulgaire « 1 million d’Arabes massacrés. »
Seule excuse présentée par Hillary Clinton pour les victimes innocentes irakiennes : «  Je croyais agir de bonne foi... Mais j’avais tort. C’est aussi simple que cela. »
(Dans un autre domaine, l’importation de l’économie américaine dans les anciens pays communistes aurait coûté environ 200 BE7.)

Depuis la livraison américaine de la démocratie guidée par laser, les Chiites irakiens ont été la cible quasi quotidienne d’attentats sans que nos présidents s’en émeuvent, preuve qu’ils sont seuls responsables de ce qui leur arrive.

Turquie

Bien que le président turc Erdoğan s’habille à l’européenne, il n’en reste pas moins très religieux : ce n’est pas un adolescent exalté mais un homme réfléchi de quarante-quatre ans qui récita le fameux poème : « Les minarets seront nos baïonnettes, les coupoles nos casques, les mosquées seront nos casernes et les croyants nos soldats. »
Une fois installé au pouvoir, son premier travail consista à décapiter l’état-major militaire, traditionnel garant de la laïcité kémaliste.

• Turquie vs Arabie - Émirats

Issu d’une tradition des Frères Musulmans, Erdoğan avait un bon motif pour combattre le régime laïc syrien. Mais il se trouve en opposition avec les Saoudiens et les Émirats ennemis de la Confrérie. Al Arabiya notait  : « La défense des Frères Musulmans égyptiens par la Turquie… a prouvé les liens d’Erdoğan avec l’organisation internationale des Frères musulmans et leur intérêt mutuel….8  »
Sans surprise, « revenant d’une visite au Qatar le 15 septembre, Erdoğan a déclaré être prêt à accepter les Frères expulsés de cet émirat.9 »

• Turquie vs Israël

Se basant sur les déclarations de notre commando des opérations spéciales Malko BHL10, Erdoğan accusa Israël d’être à l’origine du renversement de Frère Morsi11. En arborant régulièrement un keffieh palestinien autour du cou (comme le demi-frère d’Obama), il montre son hostilité à son “allié” israélien. (Le Hamas est une branche issue de la Confrérie.)

• Turquie vs Kurdes

Sur la carte précédente, la légende “Kurdes” englobe trois régions différentes :

Le Kurdistan irakien, avec lequel la Turquie entretient d’excellentes relations : « Le Premier ministre turc Erdogan a exprimé son soutien pour le droit à l’autodétermination des Kurdes. Autrement dit, Ankara se moque de savoir si l’Irak tombera en morceaux (tant que le futur État kurde indépendant ne cherchera pas à annexer les régions kurdes en Turquie).12 »

Le Kurdistan syrien, en contact avec les groupes “rebelles”, sert involontairement de très utile zone tampon à la Turquie.

Le Kurdistan turc a le droit… de ne pas se manifester.

Jordanie

Traditionnellement alliée des USA et d’Israël face à une Syrie défendue par les Soviétiques, la Jordanie accueillit de nombreux Frères musulmans tout en conservant des relations non hostiles avec son voisin du Nord. En dehors de ses relations privilégiées avec Israël, les raisons de son implication dans sa lutte contre la Syrie ne sont pas évidentes, d’autant que ce pays est une cible de choix pour un prochain “printemps”.

Arabie séoudite

Pourquoi combattre la Syrie ? Ce n’est évidemment ni en raison de l’opposition des Alaouites aux très haïs Frères musulmans, ni pour la démocratie, régime que les monarchies du Golfe craignent par-dessus tout.

L’engagement saoudien s’explique par la triple crainte de ce pays : l’Iran (donc ses alliés), les Frères musulmans, ses propres extrémistes.

• L’Iran et le prince “Bandar-Bush” Bin Sultan

Sous le règne du dernier Shah d’Iran, le parlement iranien avait décidé en 1959 de faire des Émirats la quatrième province de l’Iran impérial. Dès l’annonce de la constitution de la fédération des Émirats Arabes Unis le 2/12/1971 (toujours du temps du Shah allié des USA), Téhéran refusa de reconnaître le nouvel État.
La création du Conseil de Coopération du Golfe fut décidée au lendemain de la prise du pouvoir par Khomeiny, non à cause d’une menace d’invasion, mais parce que la révolution islamique donna beaucoup d’espoir aux Islamistes anti-monarchistes.
Lors du « Printemps de Bahrein » conduit par des Chiites – écrasés par des troupes saoudiennes –, aucune influence iranienne ne fut détectée.

Mais face aux 93 millions de Chiites irakiens et iraniens (dont 4,5 dans les pays du Golfe), les Sunnites de la péninsule ne sont que 31 millions (de nationaux), et seulement 9 millions dans la zone orientale pétrolifère délimitée par le trait mauve en pointillés sur la carte suivante. Vue de Riyad, cette masse chiite est d’autant plus impressionnante que les monarques locaux n’ont jamais manifesté beaucoup d’amour envers cette minorité persécutée dès son origine par la puissance sunnite, tenue à l’écart des centres de pouvoir, et reléguée dans les taches secondaires (il n’y a même pas d’instituteur chiite en Arabie).
Jusqu’à présent, la zone est protégée par un cordon d’une dizaine de bases US et par la 5e flotte qui croise dans le Golfe et la mer d’Oman. Mais que deviendraient ces pays si les Américains partaient ?

Ambassadeur saoudien à Washington pendant 22 ans, le prince Bandar se lia aux Bush (au point d’être appelé Bandar-Bush) ainsi qu’à leurs amis néoconservateurs : parlant du promoteur de l’invasion de l’Irak, « le prince s’enthousiasmait pour Wolfowitz, le décrivant comme “plus pro-saoudien que nous”.13  »

Fin 2013, le Daily Beast résumait son point de vue exprimé dans différentes interviews : « L’objectif de Bandar est de saper la puissance iranienne. En Syrie, il combat l’Iran. Dans le même temps, il vise à écraser les Frères musulmans, une organisation sunnite qui manifeste un intérêt de pure forme pour la démocratie et qui est fondamentalement anti-monarchiste. Bandar est devenu de facto l’allié anti-Iran de Bibi Netanyahu. »

Le New York Times écrivait déjà en 200314 : « James Woolsey, ancien directeur de la CIA et copain de Wolfie [“Wolfowitz d’Arabie”], a carrément dit que pour remodeler le Moyen-Orient, les USA devraient y passer des années, voire des décennies... Il a identifié les ennemis de l’Amérique : les islamistes chiites qui dirigent l’Iran, le Hezbollah soutenu par l’Iran, les baasistes fascistes en Irak et en Syrie, et les sunnites islamistes qui dirigent Al-Qaïda et les groupes terroristes affiliés... M. Wolfowitz a déclaré : “Il doit y avoir aussi un changement en Syrie”. »

Après la destruction de l’Irak, conduite par les néocons et les Saoudiens, la “révolution arabe” est une occasion inespérée de casser ce deuxième soutien de l’Iran : l’Arabie saoudite enthousiaste finança dans la zone de conflit des livraisons d’armes transitant par la Turquie et la Jordanie, sous le regard bienveillant des USA et des Otaniens organisant le tout et conseillant les combattants. [New York Times, 25/3/2013]

Les membres de l’Otan n’ignorent cependant pas que, « selon des câbles diplomatiques américains divulgués, des particuliers d’Arabie Saoudite et d’autres États du Golfe amis des Etats-Unis sont la principale source de financement d’al-Qaïda, des talibans et d’autres groupes terroristes.15  »

• Discussions de Genève

L’amorce d’une discussion avec les Iraniens, malgré les véhémentes protestations de Netanyahu et de l’Aipac, a fait trembler les Saoudiens. Le 20/11/213, au sommet de Genève (où Le Point semblait découvrir « L’Arabie saoudite aux côtés d’Israël ! »), « la France, qui n’a jamais été aussi proche d’Israël, a fait le choix de l’Arabie saoudite, » le magazine rappelant que Laurent Fabius « avait fait capoter » le premier round des négociations.

Un correspondant à Tel-Aviv rapporta des “fuites” opportunes16 : « autrefois ennemis jurés, le Mossad et les autorités saoudiennes travaillent ensemble sur les plans d’une attaque éventuelle contre l’Iran si son programme nucléaire n’est pas significativement freiné dans un accord qui pourrait être signé cette semaine à Genève. »

Côté saoudien, rappelait le Daily Beast, « ces derniers mois, faisant écho à Netanyahu, Bandar a fait savoir que l’un des plus grands obstacles à ses objectifs est le président américain Barack Obama. »

Les deux pays n’ont pas oublié la déclaration d’Obama contre la guerre d’Irak en 2002 : « Ce à quoi je suis opposé est la tentative cynique de Richard Perle et Paul Wolfowitz et autres de nous forcer à avaler leur propre programme idéologique. » En ne citant nommément que deux faucons sionistes, Obama avait montré qu’il n’était pas dupe des raisons de cette guerre.
Il ne s’est donc pas montré très pressé d’intervenir en Syrie.

En avril dernier, après des hauts et des bas dans ses rapports avec l’entourage royal, le prince Bandar « démissionnait à sa demande » de son dernier poste de chef des services secrets. Depuis, il a disparu des écrans radar : a-t-il été remercié par le roi Abdallah ? S’est-il retiré pour raison de santé ? Dans ce pays opaque, où les journaux publient uniquement ce que le pouvoir veut qu’ils écrivent, il est impossible de savoir.

• Le bombe atomique pakistanaise et l’Arabie saoudite

« À partir du milieu des années 1970, l’Arabie saoudite aurait versé 1 milliard de dollars au Pakistan pour l’aider à développer une bombe nucléaire “islamique” afin de contrer la menace nucléaire “hindoue” de l’Inde voisine. La Maison des Saoud a réussi à le cacher à ses alliés américains jusque dans les années 1990.17 »

L’information, confirmée par l’ancien chef du renseignement militaire israélien [YnetNews], est aussi rapportée dans le Guardian18 : « Selon des sources de renseignement occidentales, la monarchie saoudienne a payé [dès 1973] jusqu’à 60 % du programme nucléaire pakistanais ; en retour, elle a la possibilité d’acheter un petit arsenal nucléaire (“cinq à six ogives”) si les choses se gâtent dans la région. »

Les Frères musulmans

L’Arabie avait accueilli un grand nombre de Frères égyptiens chassés par les “communistes” et laïcs Nasser et El Assad père. Mais les Frères étant anti-monarchistes et opposés à Israël, l’allié principal contre l’Iran, ils sont déclarés ennemis publics, ce qui ne plaît guère au Turc Erdoğan.

Les extrémistes saoudiens

Bien que l’Arabie soit le berceau d’un Islam pur et dur, elle entretient sans problème des relations avec les mécréants tels que les USA, la France, et même Israël. Ses rois semblent avoir oublié l’ordre très clair d’Allah : « Ô les croyants ! Ne prenez pas pour alliés les Juifs et les Chrétiens » [COR 5:51], ce qui n’a pas échappé aux musulmans les plus pieux.

En 2003, 2 doctorats sur 3 délivrés dans les universités saoudiennes l’auraient été en “sciences islamiques”19. L’Arabie doit gérer une armée de spécialistes es religion qui n’ont aucun autre travail à faire qu’aller à la mosquée ou regarder Al Jazeera.
Résultat : dans les attentats du 11/9, 15 parmi les 19 « terroristes » mentionnés étaient aussi saoudiens que Ben Laden.
Les reproches des islamistes sont les mêmes qu’en 1979, lors de prise de la Grande Mosquée de La Mecque, où l’organisateur « préconisait un retour aux formes originales de l’Islam [salafisme], un rejet de l’Occident, la fin de l’éducation des femmes, la suppression de la télévision et l’expulsion des non-musulmans... et justifiait ses actions par le fait que la dynastie des Al-Saoud avait perdu sa légitimité, puisqu’elle était corrompue, vivait dans le luxe et détruisait la culture saoudienne par sa politique d’ouverture à l’Occident. » [Wiki.en]

Pour gérer ce problème, le royaume adopte les deux solutions classiques : la carotte, en ouvrant des « centres de réhabilitation luxueux pour les militants d’Al Qaeda » [Al Arabiya, 20/4/2013] ; le bâton, en exécutant les plus dangereux pour la monarchie [Daily Star, 22/9/2014].

Bien qu’il semble meilleur que ses prédécesseurs en matière de morale et de lutte contre la corruption, le roi Abdallah, âgé de 90 ans, risque avoir du mal à contrôler cette situation.

Émirats

Tous ces petits États, situés en première ligne face à l’Iran, le traitent avec tout le respect dû à un géant supposé menaçant, et entretiennent même des relations commerciales avec lui.

Ces alliés de nos gouvernants sont décidés à conserver leur statut et profiter de leurs petites affaires : « Dubaï serait devenu un centre mondial de financement du terrorisme, du blanchiment d’argent de la drogue et de la mafia.20 »

Leur principal ennemi : « “Les Frères musulmans, la force qui a émergé du Printemps arabe, complotent pour changer les régimes du Golfe”, a assuré le chef de la police de Dubaï.21 » Ce général précisait toutefois que « ces informations provenaient en partie de fuites de services de renseignement occidentaux… »

Un quotidien de Bahrein, suspectant Obama d’aider les Frères Musulmans, écrivait : « Le président américain Barack Obama aurait été impliqué dans des tentatives de déstabilisation du Bahreïn et de l’Égypte.22 » Ambiance...

Qatar

« Un pays pas fréquentable, mais très fréquenté par les politiques français. » [Slate, 24/09/2012]. De droite comme de gauche (Sarkozy, de Villepin, Dati, mais aussi Royal, Hollande, Fabius, Aubry, Valls, etc.), tous se prosternent devant ce pays depuis longtemps signalé par les services de renseignement comme financier des mouvements terroristes, et comme rival de l’Arabie dans le financement des mosquées dans le monde entier (Sicile, Irlande, Canada, etc.).

Avec une population estimée à 200 000 Qataris, ce pays – dont l’émir se présente comme un réformateur “moderne” – ne devrait pas jouer un rôle mondial plus important que le Vanuatu. Il présente quelques particularités intéressantes.

• Émirs bénis par l’AIPAC
Lorsque Hamad ben Khalifa, l’émir précédent, avait décidé de renverser son père en 1995, son cousin et futur ministre des Affaires étrangères « HBJ va négocier discrètement le soutien du lobby juif américain [Aipac] contre un premier pas vers la reconnaissance d’Israël. Le jour J, Bill Clinton appelle le roi d’Arabie saoudite avec un message clair pour lui dire que les États-Unis approuvent le changement. » [Le Point, 14/06/2012]

Nicolas Beau confirme : « Vivre en bonne intelligence avec l’État hébreu est la condition pour que le Qatar reste dans le premier cercle des amis de Washington [...] En 2009, alors que Hamad se trouve à Jérusalem tel un voyageur clandestin et présente ses hommages à Tzipi Livni, cheville ouvrière de l’opération Plomb durci (1330 morts palestiniens, dont 895 civils et 350 enfants), sa femme, la cheikha Moza, affecte de réunir des fonds pour poursuivre la même Livni pour crimes de guerre. »
Hamad ben Khalifa sera “renversé” par son fils en 2013. D’après plusieurs sites arabes – information non vérifiable –, « le souverain se serait vu notifier son ordre d’évacuation du pouvoir par un haut responsable de la CIA dépêché spécialement par Barack Obama après la découverte dans la cache de Ben Laden de documents attestant que le financier du chef d’Al Qaida serait un citoyen du Qatar, cousin du ministre de la culture, Hamad Al Kawari. »

• Refuge des islamistes (Khalid Shaikh Mohammed, Abassi Madani, etc.).

• Sympathisant des extrémistes23 : « Contactée par le MI6 britannique, la DGSE confirma que Sheikh Abdullah bin Khalid al-Thani, ministre qatari de l’Intérieur jusqu’en juin 2013 après avoir été celui des Affaires religieuses, était signalé comme “sympathisant des extrémistes islamistes”.24  »

Le Qatar ferait cependant un tri parmi ces djihadistes : « Le mois dernier, un ministre allemand accusa le Qatar de financer l’État Islamique, et les États-Unis ont exprimé leur inquiétude de constater que des fonds de pays arabes, y compris du Koweït, ont aidé le groupe armé [Daesh] qui a repris de larges pans de l’Irak et la Syrie, » écrivait Al Jazeera, précisant que « l’émir a dit à Merkel que le Qatar ne finançait pas l’EI. »
The Telegraph titrait cependant le 20/9/2014 : « Comment le Qatar finance l’essor des extrémistes islamistes, » donnant force détails sur les actions de l’émirat.

• Siège d’Al Jazeera
Le “CNN arabe” doit son existence à deux Français… membres de l’Aipac25. Wadah Khanfar – ex-porte-parole des Frères musulmans en Jordanie – en deviendra le nouveau patron de la rédaction jusqu’au 20/9/2011, et le Frère musulman Youssef Qaradawi le prêcheur en chef (parmi ses déclarations : « Le dernier châtiment imposé par Hitler [aux Juifs] était un châtiment divin. Et si Allah le veut, la prochaine fois, ce sera de la main des Musulmans. »).

• Hôte de la plus grosse base aérienne américaine au Proche-Orient... d’où décolla un avion qui bombarda le studio d’Al Jazeera à Bagdad.

• Troisième réserve mondiale de gaz après la Russie et l’Iran.

• Fief des Frères Musulmans
L’émir finança la chaire d’études islamiques d’Oxford à la tête de laquelle il nomma Tariq Ramadan. Dans sa capitale, Doha, il a créé un « nouveau centre de recherche islamique » qui sera dirigé par ce très médiatique Frère musulman [Saphir News] que l’on voit – avec une barbe de quelques jours très à la mode – en compagnie de son “proche”, Qaradawi, lors de l’inauguration par la mère de l’émir. Qaradawi, invité régulièrement par l’UOIF lors de sa grand-messe du Bourget (avant d’être interdit par Sarkozy et Valls), déclara : « Le djihad en Syrie est désormais un devoir qui incombe à tous les musulmans […] Le consentement parental n’est pas nécessaire dans ce cas. » [in BEAU]

Malgré son immense richesse, ce confetti coincé entre des pays hostiles aux Frères a dû faire quelques concessions : « Sous la forte pression de l’Arabie saoudite, des ÉAU et d’autres pays voisins, le Qatar s’est engagé à expulser les dirigeants des Frères musulmans d’Égypte, et à cesser d’attaquer son régime dans les émissions d’Al-Jazeera [...] Doha, comme l’Arabie, a soutenu en Syrie des groupes islamistes dont certains ont évolué vers l’Isis [...] La chute de Morsi fut ouvertement soutenue par les États du Golfe, et implicitement par l’Ouest [...] Israël avait récemment condamné le Qatar pour son support au Hamas .26 »
Un journal israélien rappelait : « bien avant qu’il soit élu président de l’Égypte, Morsi avait qualifié les juifs de “singes et de porcs”.27 »

C’est dans cette excellente ambiance de franche camaraderie entre alliés turcs, israéliens, saoudiens, émiratis et qataris qu’un François Hollande en déficit sentimental exhibe son amour pour Israël et le Qatar, une autre photo montrant à quel point il adore l’émir qu’il tient des deux mains.

Une “horizontale” de la Belle Époque (nom donné à certaines dames en raison de leur position de travail) répondait à ses amis étonnés par la laideur repoussante de son dernier amant : « Quand un homme est riche, il n’est plus laid ! »
Comparer nos présidents à une courtisane dévaloriserait une fonction présidentielle qui n’en a pas besoin, et serait injuste car la Belle Otéro, à l’origine de cette réplique, était couverte de bijoux par son amant alors que nos présidents couvrent l’émir de bijoux ; on peut donc s’étonner du grand amour qu’ils manifestent envers un richissime émir dont le comportement semble, pour employer un qualificatif approprié, plutôt chelou.

Israël

Les grands médias français ne mentionnant pratiquement jamais Israël dans le conflit en Syrie et en Irak, on doit en déduire qu’il n’y joue aucun rôle. La lecture de la presse anglo-saxonne ne donne pas exactement la même impression.

• Aux USA, l’Aipac s’est fait remarquer en « pressant le Congrès d’approuver une intervention US en Syrie28, » le point essentiel étant : « le message s’adressait au Hezbollah et à l’Iran. »

• En 2012, la majorité des importations israéliennes d’hydrocarbures provenait de Russie, une part d’Azerbaïdjan, et peut-être encore… d’Iran29. Malgré une « opposition américaine » bien timide, Israël commence à recevoir, via la Turquie, du pétrole en provenance d’un Kurdistan irakien30 “autonome” mais pas encore indépendant, dont « Israël entraîne les forces » depuis plusieurs années [BBC, 20/9/2006].
C’est uniquement quand les djihadistes s’en approchèrent trop près que les alliés décidèrent de les attaquer. Les assassinats et viols de Chrétiens de cette région devinrent subitement beaucoup plus ignobles qu’en Syrie, les Yézidis apportant une touche d’exotisme bienvenue.

• Le principal ennemi déclaré d’Israël est l’Iran, clame sans cesse Netanyahu,… entre deux implantations de colons en Palestine.
Petit pays entouré de nombreux voisins supposés hostiles, Israël les combat avec beaucoup d’intelligence et d’économie en utilisant plusieurs techniques :

– Un service de renseignement efficace : comme la zone kurde, la zone azérie de la carte ethnique pénètre largement en territoire iranien. Second importateur du pétrole d’Azerbaïdjan, Israël entretient d’excellentes relations avec ce pays. Un média saoudien31 rapportait en 2012 : « “C’est l’endroit-clé pour du travail de renseignement”, a déclaré [un agent du Mossad] au Times. “Notre présence ici est discrète, mais importante. Nous l’avons accrue au cours de la dernière année, et elle nous amène très près de l’Iran. C’est une zone merveilleux poreuse”. » Israël est un pays pacifique.

Faire combattre d’autres pays à sa place, comme les USA en Irak.

Faire payer son armement par ses alliés, pas seulement américains : Silverstein affirme que « l’Arabie Saoudite finance la plupart des armes qu’Israël accumule contre l’Iran32. »

Pousser les ennemis à des luttes fratricides, comme en Libye, où “notre” conseiller BHL s’est illustré.

Faire durer ces combats : au cours de la guerre Irak-Iran, pendant que l’Ouest assistait Saddam Hussein, Israël alimentait discrètement les ayatollahs en armes. « Aucun pays n’a autant aidé la subversion et le terrorisme iraniens qu’Israël, qui a émergé après le départ du Shah en 1979 comme l’un des alliés les plus proches et les plus fiables de l’Iran. » [WRMEA33, 1988]

Il semble que ce soit l’option choisie : « Pour Jérusalem, le statu quo, aussi horrible qu’il puisse être d’un point de vue humanitaire, semble préférable à une victoire du gouvernement Assad et ses partisans iraniens ou à un renforcement des groupes rebelles de plus en plus dominés par les djihadistes sunnites. “C’est un éliminatoire dans lequel on a besoin que les deux équipes perdent ; au moins qu’aucune ne gagne, nous préférons un match nul”, a déclaré Alon Pinkas, ancien consul général d’Israël à New York. “Laissons-les saigner, saigner à mort  : c’est l’idée stratégique ici. Tant que cela dure, il n’y a pas de menace réelle à craindre de la Syrie”.34 »

En choisissant de repousser les combattants de Daesh vers la Syrie, Fabius semble avoir choisi une option identique. Mais la différence est de taille, car si Israël agit dans ce qui lui paraît son seul intérêt, monsieur Fabius agit pour une cause noble : la démocratie.

Sujets de réflexion

Avec plus de 30 ans d’expérience religieuse, l’Iran est-il susceptible d’être le premier à revenir vers un régime un peu plus laïc ?
Combien de temps vont durer les monarchies arabes ?
Qui les remplacera ?
Quand l’Irak, l’Iran et la Russie, harcelés par l’Otanerie, vendront l’essentiel de leur pétrole et de leur gaz aux pays d’extrême-orient, à qui achèterons-nous le nôtre ? À quelles conditions ?

 

Références

1. En l’absence de données homogènes et géoréférencées, les cartes résultent d’un mélange d’informations d’origines variées antérieures au conflit et ne sauraient prétendre à une grande précision, défaut peu gênant vu la situation. Un fonds de carte provient du site Gulf2000.

2. Chiffre donné dans un rapport déclassifié du renseignement militaire américain.

4. “Western oil firms remain as US exits Iraq”, Al Jazeera, 7/1/2012.

5. Sources : EIA, Wall Street Journal, Sina (site financier chinois).

6. “China grabs Mideast oil as U.S. power dips”, UPI, 5/12/2012.

7. “Privatisation ’raised death rate’”, BBC, 15/1/2009.

8. “Turkey’s relationship with the Muslim Brotherhood”, Al Arabiya, 14/10/2013.

9. “Turkey leaves door open to top Muslim Brotherhood members”, Hurriyet Daily News, 16/9/2014.

10. Dans Une imposture française, les auteurs affirment avoir vu la collection complète de SAS chez BHL.

11. “Israel behind coup to oust Morsi, Turkish PM Erdoğan says”, Hurriyet Daily News, 20/8/2013.

12. “Iraq’s Kurds Sell Oil To Israel, Move Closer To Independence”, Forbes, 23/6/2014.

13. OTTAWAY, David B., The King’s Messenger : Prince Bandar Bin Sultan and America’s Tangled Relationship with Saudi Arabia, p. 143.

14. “Dances With Wolfowitz”, New York Times, 9/4/2003.

15. “Wikileaks : Saudis ‘chief funders of al-Qaeda’”, The Telegraph, 5/12/2010.

16. “Two old foes unite against Tehran”, The Sunday Times, 17/11/2013.

17. “Saudi Arabia ‘can get nuclear weapons from Pakistan’”, Gulf News, 8/11/2013.

18. “Pakistan’s bomb and Saudi Arabia”, The Guardian, 11/5/2011.

19. BAER, Robert, Sleeping With The Devil, p. 121. Ce livre contient une quantité de noms et de faits jamais contestés, par exemple sur les anciens responsables « les Kissinger, Scowcroft, Powell et Carlucci » et quantité d’autres coulant une retraite paisible dans des sociétés saoudiennes – comme annoncé par Bandar – pendant que l’Aipac gère le début de carrière de leurs successeurs (YnetNews).

20. “Dubai’s dark side targeted by international finance police”, The Guardian, 24/1/2010.

21. « Dubaï : les Frères musulmans complotent, » Le Figaro, 25/03/2012.

22. “US accused of conspiracy”, Gulf Daily News, 6/10/2013.

23. TAKHEROUBT, “Brahim, Cet homme ne nous veut-il que du bien ?”, L’Expression, 23/2/2012.

24. “Revealed : MI6 saved Saif Gaddafi from death threat”, The Independant, 5/9/2011.

25. BEAU, Nicolas, Le vilain petit Qatar. (Confirmé dans Le Point du 14/06/2012.)

26. Qatar-Gulf deal forces expulsion of Muslim Brotherhood leaders, The Guardian, 16/9/2014.

27. “Morsi in 2010 : No Negotiations with ’Descendants of Apes’”, Israel National News, 1/4/2013.

28. “AIPAC Urges Congress to Approve U.S. Intervention in Syria”, The Jewish Daily Forward, 3/9/2013.

29. Richard Silverstein, “Israel’s Tehran connection”, The Guardian, 4/4/2008.

30. “Israel to Get First Batch of Oil from Disputed Kurdish Pipeline”, Israel National News, 20/6/2014.

31. “Israel’s Mossad is using Azerbaijan to spy on Iran : reports”, Al Arabiya, 12/2/2012.

32. “Saudi Arabia Finances Most of Israel’s Weapons Build-Up Against Iran”, Tikun Olam, 8/3/2014.

33. “Khomeini’s Iran : Israel’s Ally”, WRMEA, 4/1988. (Dans son deuxième livre sur le Mossad, The Other Side of Deception – dont le succès a échappé aux éditeurs français –, Ostrovsky révéla quelques détails sur cette affaire, dont celui-ci.)

34. “Israel Backs Limited Strike Against Syria”, New York Times, 5/9/2013.

 


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25 réactions à cet article    


  • diogène diogène 9 octobre 2014 14:43

    Merci pour cet excellent article, concis et documenté.

    J’ai beaucoup appris en peu de temps.

    • Pyrathome Pyrathome 9 octobre 2014 15:21

      Résultat : dans les attentats du 11/9, 15 parmi les 19 « terroristes » mentionnés étaient aussi saoudiens que Ben Laden.
      .
      Saoudiens ?? vraiment ??
      http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/3/37/George_W._Bush_Cab inet_2008.jpg/400px-George_W._Bush_Cabinet_2008.jpg


      • Alex Alex 10 octobre 2014 09:25

        Pyrathome,

        En écrivant cette phrase, j’étais sûr qu’elle allait entraîner une telle réaction, raison pour laquelle j’avais mis des guillemets à « terroristes », et ajouté « mentionnés ».
        Je m’étonne qu’un enquêteur aussi brillant que vous ne l’ait pas noté...

        J’aurais certes dû rappeler en introduction que tous les acteurs cités (y compris la Chine et la Russie) sont des marionnettes de la CIA ; mais c’est tellement évident que je n’ai pas jugé bon de le faire.


      • Pyrathome Pyrathome 10 octobre 2014 14:24

        j’avais mis des guillemets à « terroristes », et ajouté « mentionnés ».
        .
        Oui vrai ! mais tu n’avais pas mentionné les noms des terroristes....enfin des vrais, ceux qui payent des chapeaux aux autres....
        Bon ceci dit, citer les Saoudiens n’est pas faux non plus, ils font partie de la saloperie...comme d’autres tout aussi « maussades »....


      • devphil30 devphil30 9 octobre 2014 16:55

        Très bon article , très détaillé 

        Merci pour votre contribution 

        Philippe 

        • Crab2 9 octobre 2014 17:03

          Djihadistes

          ( …/...)

          c’est à nous de comprendre qu’il n’y a pas de différence de nature ou de degré entre l’islam et l’islamisme :
          il faut savoir ou admettre que ce n’est pas notre intérêt de laisser revenir sur notre territoire des individus que ne sont ni des démocrates, ni capables de respecter le droit de ne pas croire, ennemis acharnés de l’égalité femmes-hommes, ennemis des homosexuels, d’un antisémitisme des plus virulent et de toutes façons des anti-laïcs

          (…/...)

          Suites :

          http://laicite-moderne.blogspot.fr/2014/09/djihadistes.html

          ou sur :

          http://laiciteetsociete.hautetfort.com/archive/2014/09/06/djihadistes-5441666.html


          • Hannibal GENSERIC Hannibal GENSERIC 9 octobre 2014 17:23

            @ l’auteur

            Vous dites :
            « Tous les pays arabes au sud de la Turquie ont moins d’un siècle d’existence. »

            Faux, et scandaleux !! Syrie et Irak étaient des pays bien connus et distincts depuis l’antiquité, avec leurs cultures et leurs capitales.

            l’Irak est, historiquement, le plus ancien pays connu en tant qu’entité depuis l’antiquité : Sumer, puis Babylonie, Assyrie....C’est l’inventeur de l’écriture, de l’agriculture, de l’Etat, l’astronomie, la numération, etc...pratiquement toutes les bases de la civilisation humaine. 
            Beaucoup d’articles récents sur Agoravox en parlent d’ailleurs.

            Damas est la plus ancienne capitale du monde.La Syrie + Liban ont toujours existé en tant qu’entité ayant une langue et une culture depuis l’antiquité : la Phénicie, qui a inventé l’alphabet, une des plus grandes inventions humaines .

            Evidemment, pour les Américains et autres impérialistes, on commence par nier l’existence d’un pays et de sa civilisation , afin de justifier le reste : occupation, destruction, exploitation...La France a ainsi prétendu que l’Algérie n’a jamais existé.On connait la suite.

            Leur donner moins d’un siècle d’existence est une INFAMIE, un SCANDALE.


            • Alex Alex 9 octobre 2014 17:55

              Hannibal,

              Je persiste...

              Les frontières des deux pays (donc ce que j’appelle « les pays ») sont récentes, mais elles ne plaisaient pas aux Syriens qui réclamaient les frontières de la « grande Syrie », pays mythique qui a disparu depuis combien de temps ?

              Vous faites erreur en prétendant que « Syrie et Irak étaient des pays bien connus et distincts depuis l’antiquité, » puisque Sumer, Akkad et Babylone (sud de l’Irak) firent partie de l’Assyrie. Cette zone contenait des peuples ; elle ne peut pas être plus qualifiée de « pays » que l’antique Gaule.

              La Phénicie désignait la zone côtière ; isolée de la région intérieure par les chaînes du Liban et de l’anti-Liban, elle devint le refuge naturel des minorités persécutées.

              Pour m’être longuement intéressé à cette antique région (voir mes articles), j’en ai une idée assez précise. Les conquêtes successives et les religions monothéistes ont conduit à sa disparition : affrontements Perse-Byzance, invasions musulmanes puis turques, empire ottoman.

              Mais tout cela reste anecdotique car ce n’est pas le sujet de l’article.


            • Montdragon Montdragon 9 octobre 2014 18:26

              Merci Alex pour ce dessous des cartes, où l’on voit que les bases US sont intelligemment placées contre la Perse.


              • Xenozoid Xenozoid 9 octobre 2014 18:30

                il n’y a pas de dessous des cartes,il y a pouvoir,vous etes cons oú quoi ?


                • Xenozoid Xenozoid 9 octobre 2014 21:12

                  pour les moinseurs= et tous parlaient de paix


                • jullien 9 octobre 2014 19:25

                  Meilleur article du jour.
                  Merci l’auteur.


                  • Alex Alex 10 octobre 2014 09:09

                    Merci à ceux qui m’ont fait part de leur appréciation.

                    Deux erreurs (mineures) dans les cartes :
                    – Sur celle des religions, la ville de Lattaquié est mal positionnée : voir la carte de peuplement pour la bonne position ;
                    – Israël est relié 2 fois à l’Arabie sur celle des Bons et Méchants.

                    Je note que, pour avoir écrit pratiquement le même commentaire, Diogène et Julien sont respectivement « notés » +7 et -2....


                    • Passante Passante 10 octobre 2014 11:47

                      rondement mené et très amusant, vous vous en tirez en toute clarté dans un sacré labyrinthe, et tout en contournant le cas insoluble du Liban qui n’est que la carte projetée en miniature de l’ombre de tout cela...

                      juste un bémol sur la démission du vieux qatari sur supposément de la docu trouvée dans les poubelles de benlad, la ficelle étant un peu grosse.

                      un renseignement sur la démission de bandar, le timing : 
                      le hezbollah vient de remporter la bataille du qalamoun, cette démission doit être encore liée à celle du minsistre des affaires étrangères qatari peu auparavant, ils furent tous deux meneurs dans la lutte anti-assad ; de plus bandar revient d’une visite chez poutine qui vient semble-t-il de refuser une proposition. & c’est alors, soudain n’est-ce pas, que les choses sont prêtes pour que Daëch apparaisse.

                      quelle belle bande de farceurs.

                      • ETTORE ETTORE 10 octobre 2014 11:50

                        tout y est, merci !


                        • Gnostic GNOSTIC 10 octobre 2014 13:44


                          Remarquable article et sacré travail

                          Félicitations

                           

                          Et bien sur, une fois et encore le grand gagnant est ISRAEL

                          Diviser pour mieux régner

                           C’est tellement facile avec tous ces groupes, relogions, ethnies, minorités ...

                          On dira même bientôt le GRAND ISRAEL

                           smiley


                          • Pyrathome Pyrathome 10 octobre 2014 14:33

                            Et bien sur, une fois et encore le grand gagnant est ISRAEL
                            .
                            Je ne suis pas sûr qu’à ce jeu de dupes, ils soient gagnant éternellement......on peut s’abriter derrière le mensonge un temps, mais sûrement pas tout le temps....
                            Tôt ou tard, il faut payer la facture et plus on attend, plus celle-ci devient onéreuse....


                          • Alex Alex 10 octobre 2014 16:49

                            @ Constant Danslayreur
                            « la Turquie reste un allié indéfectible d’Israël par Otan interposé »
                            Ce n’est pas aussi simple. Certains intérêts amènent la Turquie à conserver des liens avec Israël, mais son soutien aux Frères pose quelques problèmes.
                            Un oped du Washington Post (il y a 2 jours) critiquait violemment la Turquie pour sa non-intervention à Kobané malgré son appartenance à l’Otan, l’accusant d’utiliser la zone kurde syrienne comme la zone tampon que je mentionnais.

                            @ Passante
                            Bandar avait succédé à Turki à la tête des services secrets : il en savait donc beaucoup. Mais il était aussi en mauvaise santé suite à un accident d’avion qui lui avait laissé des séquelles graves. Difficile de savoir...

                            @ Gnostic
                            « le grand gagnant est ISRAEL »
                            Élevés dans une victimisation institutionnalisée, nombre d’Israéliens sont persuadés être des innocents persécutés sans raison, et non – comme disait de Gaulle – victimes de « ce qu’ils suscitent. » Leur colonisation rampante de la Cisjordanie est le principal exemple.
                            Comme ils ne sont pas débiles, ils utilisent les techniques les plus judicieuses en visant un seul but : casser les gros États en petits morceaux. Les Saoudiens ne l’ont pas encore compris...
                            Combien de temps cela sera-t-il efficace ? Nul ne le sait...


                            • Alex Alex 10 octobre 2014 17:52

                              « il commence à me les briser menu (les oreilles) »

                              C’est pas très grave : les oreilles se réparent, elles…


                            • Massada Massada 10 octobre 2014 17:14

                              Les dirigeants arabes comprennent qu’Israël n’est pas leur ennemi mais leur allié dans la lutte contre un ennemi commun.

                              La Jordanie, l’Égypte et l’Arabie saoudite ces trois pays ont décidé d’axer leur politique sur les nouveaux dangers qui les guettent : l’ennemi iranien, le terrorisme international et l’islamisme radical .

                              Les princes sunnites saoudiens ont rejoint l’analyse d’Israël tendant à considérer les mollahs iraniens comme des activistes dont les visées expansionnistes sont une menace pour toute la région et pour le Royaume en particulier. 

                              L’Arabie a facilité l’infiltration en Syrie d’agents arabisants du Mossad chargés de recueillir des informations sur l’évolution et l’état des forces en présence.

                              Cela fait nos affaires aussi lorsque les deux plus grands pays arabes, l’Égypte et l’Arabie, se sont associer avec nous pour s’opposer ouvertement aux maîtres de Gaza. 

                              C’est suffisamment clair pour qu’Israël considère à présent les Saoudiens comme des amis dans le cadre des recompositions géopolitiques dans la région. 


                              La Jordanie a aussi mesuré le danger qui menace ses frontières bien qu’elle ait montré une certaine neutralité dans le conflit syrien. La nouvelle donne l’a engagée à mettre deux couloirs aériens à la disposition de l’aviation israélienne. À tout moment, les drones israéliens peuvent donc pénétrer librement dans l’espace aérien jordanien pour observer la situation au nord de la Syrie. 

                              Enfin, la coordination de la sécurité israélo-égyptienne a été développée pour contrer la menace commune des djihadistes dans le Sinaï. Cette coopération des deux pays dépasse tout ce dont on a pu rêver sous Moubarak.

                              C’est moche pour les anti-israéliens qui voient leur désire de destruction d’Israël bien compromis. 
                              Vous avez perdu et vous disparaîtrez dans les poubelles de l’Histoire avec un M-O unis et fort.


                              • Alex Alex 10 octobre 2014 17:48

                                Massada

                                Au lieu de simplement affirmer, il faudrait prouver que « les mollahs iraniens ont des visées expansionnistes. »
                                Au Moyen-Orient, les Chiites sont une petite minorité en dehors de l’Iran ; je ne vois donc pas sur qui les mollahs s’appuieraient.
                                Cette affirmation est donc fausse, mais Wolfowitz, excellent baratineur, a réussi à la faire avaler à des Saoudiens paranoïaques menacés, réellement, de l’intérieur.

                                L’unique problème que l’Iran pose aux Israéliens est son soutien au Hezbollah, seul mouvement capable de s’opposer aux réelles visées expansionnistes d’Israël et à sa colonisation rampante de la région.

                                Pour le déplorable aspect religieux du problème, cherchez les origines dans un célèbre livre « sacré » dont la vénération croissante ne fait pas honneur à votre pays...


                              • ETIENNE 11 octobre 2014 12:11

                                Israël et l’Arabie Saoudite ont pour point commun d’être des régimes théocratiques exclusifs, il est donc normal qu’ils expriment une solidarité mutuelle.


                              • Cyrus cyrus 11 octobre 2014 03:27

                                @alex un article très clair , synthétique et apportant de nombreux axe d’ analyse , bravo.

                                j’ ai particulierement aimé l’ unitee fictive du ben laden , mais la se situe comme dans toute monaie l’ idee de la convertabilitée , il y a d’ autre monaie de la terreur , le bush , le hollande ou encore le nethanayoud , doit t’ on apliquer une conversion avec un multiplicateur representé par le poid des bombe employer , ou diviseur représenté par le pretexte invoqué de promouvoir sur le terrain la democratie mais qui finalement sur le terrain as plutot l’ air d’ avoir disparue...

                                enfin puisque tu nous « ouvre » sur quelque question de prospective je vais me preter au jeux :

                                Avec plus de 30 ans d’expérience religieuse, l’Iran est-il susceptible d’être le premier à revenir vers un régime un peu plus laïc ?
                                =>peut etre que 30 ans de diabolisation ont fait plus de mal que de bien , en cessant de les diaboliser on arrivera certainement a un « progresisme ».Rien n’ est joue , mais il y a un assoublissement

                                Combien de temps vont durer les monarchies arabes ? =>pas plus longtemp qu’ elle ne serons utile a leur alié , d’ ou leur intereret actuel pour passer du petrol a la desalinisation de l’ eau , et leur achat d’ entreprise europeenene ou americaine et probablement asiatique , russe et africaine.
                                 
                                Qui les remplacera ? =>le grand israel dans un premier temp en tant que « paratonnere » , l’ iran en tant que federateur si l’ amerique parvient a se les mettre dans la poche ( ce qui est en cours grace a l’ arrivee opportune de DAECH , et la reprise des lien diplomatique avec assouplissement des sanction americaine contre le nucleaire.)
                                Mais au final les maitre du jeu ne changerons pas , multinationale et amerique reste les donneur de carte et sans carte on ne joue pas au poker ...

                                Quand l’Irak, l’Iran et la Russie, harcelés par l’Otanerie, vendront l’essentiel de leur pétrole et de leur gaz aux pays d’extrême-orient, à qui achèterons-nous le nôtre ? À quelles conditions ? => a ceux qui voudrons bien nous en vendre un peu , et au prix qui semblera juste a nos « gracieux vendeur » , les acheteur le trouverons forcement « injuste ».

                                Pour le gaz il nous faudra passer a la methanisation , et pour le liquide a l’ ethanol , tout cela se paiera en industrialisation forcenée facon ferme des mille vache , et en squatage des terre agricole par les bio-carburant au detriment des ressource alimentaire.
                                Nous garderons également toute nos vielle centrale , la facture de demantellement et deux ou trois accident industriel majeur . Notre COGEMA aura pendant ce temp vendu les dechet exploitable (y compris le plutonium qui n’ as pas seulement une vocation militaire mais equippe egalement les thermogenerateur des sonde spacial http://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%A9n%C3%A9rateur_thermo%C3%A9lectrique_%C3%A0_radioisotope ...

                                Bonne soiree


                                • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 11 octobre 2014 13:56

                                  @l’Auteur

                                  Excellent article. Félicitations !

                                  • Montdragon Montdragon 12 octobre 2014 10:08

                                    @Alex, partant du principe que les saoud seront ce qu’ils sont tant que le brut sera disponible (c’est le contrat avec les US), ne mentiraient-ils pas sur leurs stocks ?

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