• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Tribune Libre > Tous bienveillants ?

Tous bienveillants ?

Notre société est passée maîtresse dans l’art de truffer le langage de mots choisis qui deviennent vite des must voire des tendances quand ce n’est pas des incontournables. Ceux qui lancent ces modes langagières sont largement les médias, lesquels, le plus souvent, les piquent à des « experts » de tout poil qui étudient des phénomènes ou des domaines qui intéressent le champs politico-médiatique de notre époque pleine de fumée et d’eau trouble.

Parmi ces mots utiles et commode pour enfumer, la bienveillance est actuellement très en vogue…

Comme un pavé – littéraire - dans la mare des lecteurs ordinairs

« Les Bienveillantes  » est le titre du pavé pondu par Jonathan Littell en 2006. Il a fait couler beaucoup d’encre, des « pour » et des « contre », comme souvent avec ce genre d’ouvrages sur-primés. A moi, il m’est tombé des mains après une bonne centaine de pages. Peu importe les raisons de mon ennui de lecture, ce que je vise dans cet article c’est ce qui se planque derrière les mots tendance et en particulier cette douceâtre bienveillance qu'on nous sert un peu pour tout et n'importe quoi.

Le titre de ce livre en regard de son contenu nous indique déjà une piste intéressante. La bienveillance ne serait peut-être pas aussi sympathique qu’on le dit, du moins dans le contexte dans lesquels il est généreusement employé. Si l’on s’en tient au dictionnaire, la bienveillance est une :

« Disposition d’esprit inclinant à la compréhension, à l’indulgence envers autrui » (Larousse)

Compte tenu de cette définition et du sens qu'il contient, on pourrait se réjouir de son utilisation fréquente… Pourtant, ceux qui l’utilisent volontiers véhiculent, en même temps que leurs convictions et objectifs intimes, un fort goût de manipulation. Si l'on accorde une réelle écoute, on perçoit au-delà du terme une arrière-pensée pas si sympathique que ça lorsqu'il est employé dans des échanges où le locuteur veut clairement maintenir une température tiédasse permettant de contenir toute forme d’opposition, y compris même envers le dictat de la bienveillance convoquée. Or, ce mot est souvent employé dans le monde de l’entreprise et à l’occasion de discussions débats dans la sphère publique et médiatique.

On annonce faire preuve de bienveillance avant de développer des positions, des idées, des « objectifs » (qui ne sont en réalité que des ordres déguisés) et ce, de façon à neutraliser à l’avance toute idée de contestation ou de questions embarrassantes de la part de ceux qui écoutent. On prépare le terrain de l'acceptation en quelque sorte...

L’univers « bienveillant » du nouveau management

Qui, parmi les salariés des multinationales, que l’on appelle collaborateurs de l’entreprise, n’a pas entendu des dizaines de fois un DRH ou un manager qualifier de bienveillantes les nouvelles procédures (qui appellent process) managériales, et surtout si ces nouvelles procédures sous tendent de la violence non reconnue ?

Qui n’a jamais eu à faire à un responsable qui, à l’occasion d’une énième réunion, ponctue son discours de « nécessaire bienveillance » dans la formation (formatage ?) des nouveaux arrivants dans les énormes dispositifs à produire du profit que sont devenues les anciennes entreprises, elles-mêmes transformées en business units, c’est-à-dire en unité de profit en croissance illimitée ?

Tous ceux qui travaillent dans ce genre d’entité apatride, sans bord repérable, sans originalité et où le storytelling est l’unique nerf d’une guerre de tous contre tous, ont entendu, à point nommé, ce terme doux à la prononciation mais dont l'emploi dévoyé sous-tend une manipulation d'une rare perversion.

Le monde des multinationales est devenu un monde où le dictat du « plaisir de travailler dans la bienveillance » est la main perverse planquée dans un gant sémantique clairement aliénant. Personne n’est dupe mais la peur sous-jacente à toute tentative de rébellion aussi anodine soit-elle, maintient fermement les foules d’employés – pardon ! de collaborateurs… - dans une attitude soumise. Et tous apprendront à leur tour à évoquer la nécessaire bienveillance pour gérer leurs collaborateurs et les convaincre d’agir selon le pointillé indiqué sur la "boîte à outils" des consultants internes ou externes venus apporter la bonne parole de la soumission générale à la dictature mondiale du chiffre en croissance perpétuelle qui dépend indiscutablement du dressage des esprits aux comportements voulus.

Pour se donner bonne conscience, pour pouvoir dormir à peu près bien, pour pouvoir se regarder dans la glace, les collaborateurs de la bienveillance-pour-tous n’hésiteront pas à adopter les mots de la guerre feutrée que livre l’algorithme financier, apatride et sans visage aux foules anonymes du monde entier. On devient ce que l'on dit et pense... avec toute la duplicité qui accompagne l'époque.

Soumis à une hydre à 1000 têtes, une Minerve dopée au sang de salamandre, les collaborateurs du monde éclaté, comme dans 1984, affublent leurs pensées de surface de cette bien commode bienveillance parce que le langage retourné est le seul moyen de digérer bon an mal an la plus infâme des pilules : la duperie envers soi.

Le « care », le soin, autrui…

Sans rire, Martine Aubry, fille du Sieur Delors, l’un des principaux architectes du merdier de l’oignon européen (parce qu’il fait pleurer depuis le début) lors de son étape cruciale d'imposition antidémocratique avérée, avait tenté de lancer un programme de « care » ! Comme quoi, « …ça osent tout, et c’est même à ça qu’on les reconnaît ». Elle pensait sans doute pouvoir revenir sur la scène politico-médiatique par le biais du "soin" à apporter à des électeurs douloureusement entubés (pardon du mot !) par les mensonges politiques enfilés comme autant de fausses perles pour le collier qui nous sert de corde de pendu.

Care et bienveillance, les deux mamelles de nos démocratures dont la nuisance n’est plus à démontrer sur l’être de l’Être devenu ectoplasme chiffré, évalué, pesé et jetable. La Aubry a donc elle aussi, à l’époque où elle supposait avoir encore un strapontin dans la tambouille politique gauche/droite transformée en Mod’haine, cru en la magie pérenne d'un mot (le care) qui fit, heureusement, long feu.

Ils sont incroyablement nombreux tous ces gentils esprits qui veulent prendre soin d’autrui et leur accorder une bienveillance tout en leur vendant des contrats de soumission à la mort lente par asphyxie d’intelligence, éradication du courage, castration du langage symbolique et terreur intellectuelle. Ces gentils bienveillants écrivent des livres, ou les signent, (les « nègres » littéraires ayant beaucoup de boulot dans la fosse politique), se répandent dans les émissions de grande écoute (qu’on appelle praïme taïme) et n’en finissent plus de vouloir sauver le soldat collabo de sa dilution programmée dans un monde de sirop sémantique aussi mortel qu’un bouillon de onze heure infusé par une épouse frustrée devenue vengeresse.

Devons-nous être tous bienveillants ?

La réponse est dans la question… car si le mot bienveillance est indiscutablement l’un des plus beaux mots de notre belle langue pas si dépassée qu’on le croit souvent, c’est bien son utilisation tous azimuts par des esprits malins qui l’a rendu douteux au point que l’on finisse par le prendre en grippe.

Il n’aura échappé à personne que la véritable bienveillance, qui suppose un certain état d’esprit, désintéressé, généreux et attentif, n’a pas sa place dans le monde politico-médiatique et encore moins dans celui de la fabrique perpétuelle et aliénante du profit maximal au détriment du plus grand nombre que sont les multnationales.

Si les Bienveillantes de Jonathan Littel sont bien les mêmes que les esprits malsains qui opèrent dans les officines des communicants où l’on fabrique les éléments de langage, les âmes bienveillantes sincères opèrent, elles, dans les derniers espaces anonymes où la parole cautérisante, apaisante et authentiquement empathique s’exprime…

Je l’ai perçue chez des aides-soignantes, des infirmières, des toubibs désintéressés, des anonymes de rue disposés à soulager ici et là, des amis sincères, des personnes qui écoutent vraiment. Mais dès qu'il surgit dans la bouche des architectes de l’homme nouveau promis par le Nouvel Ordre Mondial annoncé comme la nouvelle bible du nouveau bien-vivre-ensemble-même-par-la-force, il est urgemment recommandé de ne pas obtempérer… des mots mielleux cachent toujours des maux fielleux.


Moyenne des avis sur cet article :  4.6/5   (10 votes)




Réagissez à l'article

37 réactions à cet article    


  • rogal 28 novembre 2017 09:44

    Bien vu, Djam, et bien dit.
    Bienveillance
    ou care aujourd’hui, autres mots demain. Il faut bien que les intentions de manipulation trouvent à s’exprimer.


    • Djam Djam 28 novembre 2017 10:13

      @rogal
      J’ai choisi ce mot là parce que je l’entends en boucle dans le monde de l’esclavagisme en costard made in china... mais on en trouve bien d’autres, ainsi que des formules dont cette perle : 

      « Plan de sauvegarde des emplois » appliqué dans le cadre d’un licenciement de masse... qu’on accompagne dans la démarche Pôle Emploi ! 
      1984 est dépassé par la perversion malsaine des organisateurs de ce monde titanic...

    • Choucas Choucas 28 novembre 2017 11:33

      Rien de mieux qu’un troupeau de larves bienveillantes à dominer
      et détruire leur civilisation, leurs cultures, leurs peuples, leurs acquis sociaux.
      Ce n’est pas pour rien que les socialistes faisaient l’éloge de la violence, et que toutes les civilisations en expansion étaient guerrières.
      Les vieux peuples sont bienveillants, avant de disparaître.


      • Djam Djam 28 novembre 2017 15:51

        @Choucas
        Pas que les « vieux peuples ».... la « bienveillance » faux-cul nous vient une fois de plus de cette Amérique que la France n’a de cesse de servir en l’imitant.


      • Ciriaco Ciriaco 28 novembre 2017 13:52

        « Les dominants ont toujours utilisé l’imaginaire des dominés à leur profit. » - Henri Laborit, Eloge de la fuite.

        Vous n’apprendrez pas les sciences de la complexité à l’université - vous y serez sensibilisés dans les écoles de commerce.

        Vous ne réfléchirez pas au chartalisme dans votre vie - mais l’intégralité du système monétaire sera basé sur une monnaie sans référence, selon des règles choisies.

        Vous n’étudierez pas Mauss et sa théorie du don - mais son efficacité sera examinée pour l’entreprise.

        Vous n’apprendrez que par accident les rapports du savoir au pouvoir éclairés par Foucault - mais le savoir le plus précis sera organisé selon des positions sociales.

        La question que vous soulevez m’évoque, une fois encore, la nécessité de se cultiver pour faire face à ce qu’un grand trompettiste de jazz nommait, au sujet de sa musique même, lorsqu’elle se jouait dans les salons ségrégationnistes des blancs américains, de la pornographie.

        Comme vous le rappelez en conclusion, les praxis sont toujours en-deça et au-delà des descriptions. Le care, la bienveillance, la mécanique du don et du contre-don, sont pour certains quotidiens. Les évoquer plutôt que de les vivre équivaudra toujours à les transformer.


        • Djam Djam 28 novembre 2017 15:49

          @Ciriaco
          Tout à d’accord avec votre commentaire...

          Un seul point de méfiance : Foucault... car si l’homme s’est surtout fait connaître par son livre majeur (Contrôler, surveiller, punir« ), le fond de son idéologie était plus que douteuse... cet homme était surtout fasciné par ce qu’on appelle aujourd’hui la »racaille«  ; les »mauvais garçons" le fascinaient... un peu comme feu P. Bergé qui adorait les jeux sado-maso... 

        • Ciriaco Ciriaco 28 novembre 2017 17:51

          @Djam
          Je comprends bien votre remarque. Plus globalement d’ailleurs l’usage des outils d’analyse développés par Foucault est délicat, car ils sont bien liés à une position dialectique particulière. Celle par exemple, en se demandant comment les positions morales sont construites, de mettre en perspective ce à quoi elles s’opposent. Foucault est un constructeur de la déconstruction. Les aspects d’une éthique foucaldienne ne sont pas donnés d’emblée.

          Ceci dit l’éclairage de Foucault est une avancée considérable que je mets très volontiers dans la catégorie des outils d’auto-défense.


        • Djam Djam 28 novembre 2017 19:53

          @Ciriaco
          Vous avez raison, il est toujours utile de trier dans une pensée pour ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain !


        • Le421 Le421 28 novembre 2017 18:08

          Mon exemple préféré est le remplacement de « vidéosurveillance » par « vidéoprotection ».
          Comme si ces merdes de caméras allaient descendre du mur pour vous défendre en cas d’agression...


          • Djam Djam 28 novembre 2017 19:52

            @Le421
            Absolument !
            J’aime aussi la formule assez récente : « Plan pour la sauvegarde des emplois » pour un licenciement massif avec « accompagnement » des démarches à Pôle Emploi !
            Oui, oui, « ça osent tout... » !


          • Eric F Eric F 29 novembre 2017 09:50

            @Djam
            et après avoir « bénéficié » d’un Plan se Sauvegarde des Emplois, le chômeur va percevoir une « Aide au Retour à l’Emploi ».

            A propos de « bienveillance », les pubs des banques et assurances se faisant passer pour des oeuvres philanthropiques dépassent les bornes du cynisme.


          • vesjem vesjem 28 novembre 2017 20:09

            il semble donc, si les limites des pensées sont en adéquation avec la complexité et la précision d’une langue, que plus cette dernière est « riche », plus son expression littéraire, philosophique, scientifique, etc... est profonde, (ou s’élève) ;
            d’où l’idée que la destruction de la langue française qui sévit ces derniers temps aurait pour finalité d’aseptiser la pensée des francophones et des français en particulier


            • Djam Djam 28 novembre 2017 20:46

              @vesjem
              On peut l’exprimer aussi comme ça, oui.

              Mais il me semble que la richesse de la langue française, dont la caractéristique indéniable est de permettre moult nuances dans l’expression d’une pensée, soit devenue aussi une pâte facile à distordre, pétrir et déformer. Les spécialistes de la « comm » médiatico-politique ne s’y trompent pas et construisent des formules sémantiques à connotation positive pour mieux planquer le véritable objectif invendable.

              Prenons l’exemple du manager : la majorité des gens, managers compris, croit que ce mot est anglo-américain. Or, il est d’origine latine (vient de mana = main) et a glissé du côté italien pour donner le verbe manegiere, verbe qui signifie = « dresser les chevaux dans les manèges »... tout un programme !

              Il fut ensuite utilisé pour nommer le manager des stars de la boxe italienne. La boxe étant dans les années 30, l’un des seuls moyens permettant à des peu éduqués pauvres de faire fortune en Italie s’ils devenaient des champions. Les boxeurs avaient donc leur manager pour gérer leurs contrats.

              Le terme arriva en France où on eut le manager des chanteurs français dès les années où la variété françaises fit sortir des stars également. Il fallait s’adresser à leur « manager » pour discuter contrat et argent... comme pour les boxeurs italiens.

              Le mot fut récupéré par les anglais qui n’avait pas de mot pratique pour désigner un nouvel individu qui allait avoir un tout nouveau rôle dans les entreprises en passe d’être mondialisées. Cet individu était le manager actuel, celui dont la mission consiste à plier tous les salariés de toutes les entreprises européennes selon les critères anglo-américains de la gestion humaine... (performance, efficacité, « bienveillance » !, esprit d’équipe, innovation, transparence et toutes les « valeurs » creuses et bidon qui cernent aujourd’hui n’importe quel salarié dans les grands groupes.

              On aura vite compris que l’emploi d’un mot nouveau est rarement anodin dans notre monde de post modernité où le pouvoir, partout, sent bien que la contestation gronde et que ça pourrait péter ici ou là. Il faut donc créer des leurres sémantiques pour entretenir la fausse bienveillance d’un système qui n’est rien d’autre qu’une dictature feutrée où le sourire carnassier est l’estampille de tous les personnages des séries américaines balancées à jet continu qui formate efficacement les futurs cyniques de demain.


            • vesjem vesjem 28 novembre 2017 22:12

              @djam
              entièrement de ton avis, sur la forme et le fond

              ta vidéo est excellente ; je l’ai partagée avec de nombreux « amis »
               j’en ai vu une autre précédemment qui étais, je « dirais » (comme on dit maintenant) plus fade
              salutation


              • Djam Djam 28 novembre 2017 22:22

                @vesjem
                Top ! merci...
                Bonne soirée


              • ZenZoe ZenZoe 29 novembre 2017 09:54

                Bien vrai tout ça.
                Le même article aurait pu être écrit avec le mot « tolérance ».


                • Djam Djam 29 novembre 2017 10:51

                  @ZenZoe
                  Tout à fait ! Et avec plein d’autres mots très tendances et régulièrement utilisés par ceux qui conditionnent la masse : les médias officiels qui tournent grâce à de bons petits soldats bien payés qui « contrôlent, surveillent et punissent » par la diabolisation de tout propos qui remet en cause ou qui interroge l’énorme manipulation qui est en cours par le truchement du langage. 

                  L’envahissement de l’anglais dans la totalité du monde dit de « l’entreprise » (qui n’entreprend rien si ce n’est d’exploiter jusqu’à la corde tout employé en vu d’une marge qui n’ira jamais dans sa poche) est d’une violence inouïe car ces termes, pour la plupart utilisés à l’encontre même de leur véritable sens de la langue anglaise) servent à enfumer ceux qui les entendent et qui, malheureusement, les répètent croyant ainsi « faire partie du camp des efficaces ».


                • Philippe VERGNES 29 novembre 2017 10:10

                  @ Bonjour Djam,


                  Un rappel salutaire qui rejoint un certain travail de Franck Lepage sur la désintoxication de la langue de bois.

                  La référence à 1984 de George Orwell est effectivement bienvenue en ce qui concerne la manipulation du langage, mais elle ne saurait suffire, car cette manipulation sévit également dans tous les domaines. En se basant sur Le meilleur des mondes d’Haldous Huxley et L’obsolescence de l’homme de Gunther Anders, Serge Carfantan écrit dans sa leçon de philosophie n° 163 Sagesse et révolte :

                  "Pour étouffer par avance toute révolte, il ne faut pas s’y prendre de manière violente. Les méthodes du genre de celles d’Hitler sont dépassées. Il suffit de créer un conditionnement collectif si puissant que l’idée même de révolte ne viendra même plus à l’esprit des hommes. L’idéal serait de formater les individus dès la naissance en limitant leurs aptitudes biologiques innées.
                  Ensuite, on poursuivrait le conditionnement en réduisant de manière drastique l’éducation, pour la ramener à une forme d’insertion professionnelle. Un individu inculte n’a qu’un horizon de pensée limité et plus sa pensée est bornée à des préoccupations médiocres, moins il peut se révolter. Il faut faire en sorte que l’accès au savoir devienne de plus en plus difficile et élitiste. Que le fossé se creuse entre le peuple et la science, que l’information destinée au grand public soit anesthésiée de tout contenu à caractère subversif. Surtout pas de philosophie. Là encore, il faut user de persuasion et non de violence directe : on diffusera massivement, via la télévision, des divertissements flattant toujours l’émotionnel ou l’instinctif. On occupera les esprits avec ce qui est futile et ludique. Il est bon, dans un bavardage et une musique incessante, d’empêcher l’esprit de penser.
                  On mettra la sexualité au premier rang des intérêts humains. Comme tranquillisant social, il n’y a rien de mieux. En général, on fera en sorte de bannir le sérieux de l’existence, de tourner en dérision tout ce qui a une valeur élevée, d’entretenir une constante apologie de la légèreté ; de sorte que l’euphorie de la publicité devienne le standard du bonheur humain et le modèle de la liberté.
                  Le conditionnement produira ainsi de lui-même une telle intégration, que la seule peur – qu’il faudra entretenir – sera celle d’être exclus du système et donc de ne plus pouvoir accéder aux conditions nécessaires au bonheur. L’homme de masse, ainsi produit, doit être traité comme ce qu’il est : un veau, et il doit être surveillé comme doit l’être un troupeau. Tout ce qui permet d’endormir sa lucidité est bon socialement, ce qui menacerait de l’éveiller doit être ridiculisé, étouffé, combattu.
                  Toute doctrine mettant en cause le système doit d’abord désignée comme subversive et terroriste et ceux qui la soutienne devront ensuite être traités comme tels. On observe cependant, qu’il est très facile de corrompre un individu subversif : il suffit de lui proposer de l’argent et du pouvoir."

                  Dans son auto critique Retour au meilleur des mondes parue en 1958, Aldous Huxley écrivait qu’« à la lumière de ce que nous avons récemment appris sur le comportement animal en général et sur le comportement humain en particulier, il est devenu évident que le contrôle par répression des attitudes non conformes est moins efficace, au bout du compte, que le contrôle par renforcement des attitudes satisfaisantes au moyen de récompenses et que, dans l’ensemble, la terreur en tant que procédé de gouvernement rend moins bien que la manipulation non violente du milieu, des pensées et des sentiments de l’individu » (p. 11).

                  Il importe de se rendre compte que, 60 ans après, l’époque où « les sujets des tyrans à venir seront enrégimentés sans douleur par un corps d’ingénieurs sociaux hautement qualifiés » (p. 40) est désormais advenue, car comme le pressentait Aldous Huxley, « Si la première moitié du vingtième siècle a été l’ère des ingénieurs techniques, la seconde pourrait bien être celle des ingénieurs sociaux – et je suppose que le vingt et unième siècle sera celle des Administrateurs Mondiaux, du système scientifique des castes et du Meilleur des Mondes » (p. 40).

                  Il n’est plus contestable aujourd’hui que ce début de vingt et unième siècle est celui qu’il annonçait avec une remarquable acuité soixante ans avant son avènement.

                  A noter enfin que la double pensée propre à Georges Orwell est le prototype de la pensée perverse telle qu’elle a été théorisée par certains psychiatres/psychanalystes à partir de l’observation in vivo (si je puis dire) des interactions intrafamiliales de patients schizophrènes et des découvertes de l’école de Palo Alto sur les doubles contraintes (doubles binds ou injonctions paradoxales) dont le sociologue clinicien Vincent De Gaulejac s’est fait une spécialité d’étudier ce phénomène dans le monde du travail (vous apprécieriez chacun de ses livres qui sont des mines d’or d’informations).

                  • JL JL 29 novembre 2017 11:11

                    @Philippe VERGNES
                     
                    Vous écrivez  : ’’A noter enfin que la double pensée propre à Georges Orwell est le prototype de la pensée perverse’’
                     
                     Voulez vous dire que la pensée de George Orwell est une pensée perverse ?


                  • Djam Djam 29 novembre 2017 11:13

                    @Philippe VERGNES
                    Un grand MERCI pour votre apport pertinent d’éclairage et de suggestions livresques !

                    Je constate totalement ce qu’écrivait Serge Carfantan dans les centaines de boîtes dans lesquelles je suis intervenue.

                    Je vous suggère, si vous ne connaissez pas déjà, le pertinent « Neuro Pirates - Réflexions sur l’ingénierie sociale » de Lucien Cerise. Il écrit (page 202) :
                    « (sortir le chaos de soi)... c’est la base, sans laquelle on ne peut rien commencer, ni rien reconstruire ou reconquérir. La stabilité de l’humeur, c’est aussi la lucidité. La crise est synonyme de perte de lucidité. Quand tout est instable, à court terme, émotionnel ou instinctif ; la sortie de crise consiste donc à reconstituer de la stabilité, de la maîtrise émotionnelle et une vision à long terme ».

                    Ce n’est pas par générosité que le « système » force tous les pays européens à recevoir des flux continus d’immigrés. Populations totalement indifférentes à l’Histoire qui élabora tous ces pays, prêts à accepter n’importe quelle fonction (et non pas métier, qui n’existe presque plus) payée au rabais, ces populations de plus en plus denses noieront à terme les derniers autochtones qui auront encore la mémoire de leur histoire et de la construction de leur civilisation. Créer une masse mondiale, liquide, sans mémoire, sans racine, sans nerfs et sans cortex développé est l’objectif d’une partie de ceux qui n’envisagent pas un instant que le système qui les a déjà grassement enrichit ne change. Une population composée en majorité « d’hommes d’Attali » (l’un des prêtres intellectuel français de ce programme peu réjouissant), en effet, ne saurait trouver les raisons suffisantes pour se révolter puisqu’on leur aura « offert » une terre, une fonction, un toit précaire dans un énorme dispositif dont ils n’envisageront pas de sortir puisqu’ils y trouveront aussi le tittytainment (https://fr.wikipedia.org/wiki/Tittytainment), programme de divertissement pensé et mis en place dès les années 95 suite à l’une des réunions discrètes et stratégiques que la Fondation Gorbatchev organisa cette année-là avec les « gros cerveaux de la mondialisation » impliqués dans tous les domaines sensibles dont... le sociétal. Gorbatchev était un agent américain dont la mission fut de « déglacer » l’ex URSS... le grain de sable imprévu par ces fins tacticiens du pire fut l’arrivée et le maintien de Poutine qui releva la Russie et la remit, aux grands dames de l’Ouest, sur le devant de la scène mondiale d’une façon pesante et non plus comme un pays de barbares collectivistes.

                  • Philippe VERGNES 29 novembre 2017 11:45
                    @ Djam,

                    Pas de quoi... merci à vous pour votre article et les précisions que vous y apportez ici.

                    Je prends note des références que vous me communiquez. Je connaissais le tittytainment pour m’être un peu intéressé à Zbigniew Brzezinski, mais pas le livre de Lucien Cerise bien qu’ayant déjà pris connaissance d’autres ouvrages sur la question (Neuro-esclave de Marco Della-Luna et Paolo Cioni, Le neuromarketing en action : parler et vendre au cerveau de Michel Badoc et Patrick Georges, etc. et bien d’autres encore). Mais de façon plus générale, je m’intéresse surtout de savoir d’où provient cette ingénierie sociale, son histoire et ses racines, car comme le disait un auteur de génie qui a parfaitement saisi le monde d’aujourd’hui et qui a inspiré des chercheurs tels que Vincent de Gaulejac : « sans racine, la psychose guette ».

                    Ce qu’écrit Serge Carfantan, je l’ai constaté personnellement il y a quelques temps déjà dans le cadre institutionnel et administratif. Et c’est peu de le dire.

                    Si l’on dresse un tableau d’ensemble des politiques actuelles concernant, les obligations vaccinales, « l’éducation à la sexualité dès le plus jeune âge », l’afflue des migrants, etc. ça commence à ressembler de plus en plus à une synthèse entre Le meilleur des mondes d’Aldous Huxley et 1984 de Georges Orwell. Ce qui n’est guère réjouissant.

                  • JL JL 29 novembre 2017 12:12

                    @Philippe VERGNES
                     
                    Le moins que l’on puisse dire de votre phrase citée plus haut, c’est qu’elle est terriblement imprécise. Qu’on en juge : il ne s’agit pas concernant Orwell, de double pensée (un nouveau concept ?) mais de double langage ! Et ce n’est pas Orwell qui le pratique mais qui le dénonce. Comme j’imagine que vous n’avez pas voulu accuser la pensée d’Orwell de double pensée (!) ni de pensée perverse, j’en conclue que votre expression trahit votre propre pensée. Un comble de l’imprécision pour un spécialiste du détail !
                     
                    La pensée analytique s’exprime avec précision.
                     
                    « C’est quoi la pensée perverse ? Prenons la pensée analytique ; retournons là ; et nous voyons la pensée perverse ». Pour Racamier
                     
                    Que chacun en conclue ce qu’il veut.


                  • Djam Djam 29 novembre 2017 12:15

                    @Philippe VERGNES
                    Je prends toujours des précautions avant d’avancer vers quelques pistes quant aux origines de ce glissement très anxiogène de société... la taxation de complotiste ou autres discrédits commodes fait aussi partie du « trousseau des empêcheurs d’éveil » !

                    Soit ce glissement de plus en plus vérifiable vers cette synthèse orwellienne est le final d’une civilisation qui s’est jetée tête baissée dans la science et la techno sans conscience, soit il y existe bien des esprits malins (au sens diabolique du terme) qui savent très bien ce qu’ils font mais qui servent une pulsion d’ordre maladive basée sur un goût pathologique pour le pouvoir total. Ce n’est pas exclu car on peut constater plusieurs choses troublantes :
                    - ceux qui poussent au métissage total par l’immigration sans limite vivent dans des familles de longue lignée où l’on ne se métisse jamais.
                    - ceux qui poussent à la destruction totale des fondements de la cellule famille vivent en famille classique à tous les niveaux.
                    - ceux qui poussent à toutes les manips liées à la reproduction ne les utilisent jamais pour leur propre famille.
                    - ceux qui imposent de plus en plus la disparition de l’argent liquide (cash) sont tous assis sur des biens matériels importants et des acquisitions culturelles bien concrètes.
                    - ceux qui forcent le monde à ne parler qu’un sabir plat et sans racine conservent curieusement leurs racines et réapprennent leur langue d’origine si d’aventure leurs descendants ne la pratiquaient pas.
                    - ceux qui poussent à l’adoration d’une unique religion matérialiste (argent, spiritualité de Monoprix, pratiques gadget) sont pour la plupart ultra religieux (kabbale, opus dei, jésuitisme, luciférisme)

                    On peut bien entendu considérer ces observations (faciles à constater dans notre monde d’omniprésences d’images claires) comme typique de tout esprit conspirationistes... et pourtant, faut-il pour autant s’abstenir de réfléchir et de penser ? Faut-il s’interdire toutes hypothèses, fussent-elles inquiétantes ?

                    Contrairement à ce qu’affirment nos esprits de certitudes médiatiques, rien ne survient sans causes et sans esprit qui les pensent.... alors, d’où vient ce grand glissement qui se produit clairement étape après étape ?


                  • Philippe VERGNES 29 novembre 2017 14:03

                    @ Djam,


                    Vous faites une belle synthèse de la problématique et je me pose ces questions depuis pas mal de temps déjà. A ce titre, je me réjouis du fait que de plus en plus de monde se les pose également, bien que, selon moi, il soit trop tard (mais j’espère toujours me tromper, car il faut bien comprendre que l’éveil des consciences que l’on observe actuellement... ben... je l’attends depuis au moins deux décennies et j’ai encore du mal à croire qu’il puisse suffire).

                    Vous dites : « Soit ce glissement de plus en plus vérifiable vers cette synthèse orwellienne est le final d’une civilisation qui s’est jetée tête baissée dans la science et la techno sans conscience, soit il y existe bien des esprits malins (au sens diabolique du terme) qui savent très bien ce qu’ils font mais qui servent une pulsion d’ordre maladive basée sur un goût pathologique pour le pouvoir total. »

                    Je ne crois pas pour ma part que l’un exclut l’autre. On peut très bien imaginer qu’il existe des esprits malins (au sens que vous leur attribuez) qui savent pertinemment comment manipuler et corrompre les gens pour leur faire développer une science et une techno sans conscience (cf. citation ci-dessus de Serge Carfantan). Mais la question est extrêmement complexe et les possibles dérives nombreuses. Quoi qu’il en soit, rien ne devrait effectivement nous interdire de la penser, car cela renforce la suspicion concernant l’existence de ces esprits malins (et forts malades) et de ceux qui les servent.

                  • Djam Djam 29 novembre 2017 14:21

                    @Philippe VERGNES
                    Je ne suis pas loin de penser comme vous quant à l’insuffisance d’éveil et d’élévation de conscience du pecus vulgum, ici comme n’importe où dans le monde. Mes activités m’ont permis de voyager à peu près partout et d’agir (de façon pédagogiquement atypique) auprès de très nombreuses catégories de personnes, de niveaux professionnels très divers, d’entreprises privées, publiques, PME et... multinationales. Et partout j’ai malheureusement constaté l’effroyable niveau d’acculturation et d’absence de culture générale utiles à la pensée autonome.

                    90 % de ces personnes ne lisent plus, ou alors des magasines ou « best sellers » de fiction sans exigence. Elles n’ont jamais jeté leur télé ni leur radio et sont en revanche à peu près toutes équipées d’internet, mais... pour gérer leur vie (puisque que le système à fait en sorte qu’on ne puisse presque plus faire autrement) ou faire quelques recherches d’achats courants. Les sites qui proposent des analyses dérangeantes sont pourtant très fréquentées et en même temps la majorité des personnes évitent de le faire savoir autour d’eux. L’auto censure est déjà bien installée en France sur ce point.

                    Parmi des jeunes gens entre 22 et 29 ans, j’ai cependant relevé de plus en plus d’esprits qui semblent avoir compris la manip globale et veulent s’en détourner. Cependant, je crains que cela correspondent tout bêtement à l’époque 75-85 dite des « babas cool » dont beaucoup, partis faire du fromage dans le Larzac, en sont revenus en se plaignant de trouver finalement la vie « plus dure quand même » qu’en ville !

                    Je m’aventurerai à rappeler à propos de cette insuffisance que vous soulignez et que je partage, que le vivant fonctionne indiscutablement selon des cycles. Lorsqu’une création quelconque a passé son âge d’or (le haut de la courbe) la déchéance, stricto sensu, est résolument inévitable. Quoi que l’on fasse, si nous sommes parvenus à une fin de cycle - et je le crains - nous ne nous épargnerons pas l’effondrement final. Cela peut prendre encore un petit siècle, mais nous y allons...


                  • Philippe VERGNES 29 novembre 2017 18:37

                    @ Djam,


                    Oui... effectivement. Deux trois idées que m’inspire votre réponse.

                    Premièrement, c’est la perte quasi totale d’esprit critique. Moi qui lit énormément, je suis stupéfait par la rareté des ouvrages de qualité qui sont actuellement édités alors que dans la première moitié du siècle dernier, à proportion égale, il n’y avait dans certaines disciplines que des livres très rigoureux et hyper pointus dans leur spécialité. Maintenant, plus on fait de la « m.... » plus on a du succès. Je trouve cela totalement « dingue ».

                    Sur la question des cycles, c’est inévitable... et il y a parfois des cycles dans les cycles, etc. Il se trouve que nous sommes bel et bien à la fin d’un très grand cycle. Connaissez-vous le rapport Meadows ?

                    Vous en trouverez une bonne présentation dans cette vidéo de l’AFD (les articles de l’association Adrastia sont à suivre sur leur site ou leur page FB pour être informé au mieux sur ces problématiques au delà de toutes idéologies).

                    Et ceci est en lien direct avec les manipulations sociétales que nous retrouvons à l’échelle de nos dirigeants.

                  • Djam Djam 29 novembre 2017 20:11

                    @Philippe VERGNES
                    Une fois de plus, merci pour les liens et le rapport que je vais lire !

                    Je suis une obsessionnelle de l’apprentissage par la lecture, j’en lis toute l’année et la plupart sont effectivement des ouvrages un peu pointus, du moins en regard de ce qui se vend... Auteur moi-même de quelques ouvrages pédagogiques un peu spéciaux quant au thème, j’ai découvert le fonctionnement de la grande édition... on est loin de la recherche véritable des talents, on veut des gens qui savent écrire correctement, vite et surtout en mode « digeste »...

                    On joue en fin de partie, quoi... il faut cependant rester debout, l’oeil éveillé, l’esprit alerte smiley

                    Bonne soirée...


                  • JL JL 30 novembre 2017 09:23

                    @Djam
                    Bonjour
                     
                     vous dites de la grande édition : ’’on est loin de la recherche véritable des talents, on veut des gens qui savent écrire correctement, vite et surtout en mode « digeste »...’’
                     
                    Permettez moi de citer ici Boris Vian disparu trop tôt : « N’importe quoi, sauf la vérité. Il n’y a que ça qui ne se vend pas. »
                     
                    Nous avons tous nos travers, petits ou grands : en matière de psychologie, la vérité fait souvent mal ; ce qui se vend le mieux c’est ce qui caresse les lecteurs dans le sens du poil. Je suppose que c’est cela que vous vouliez dire, en parlant de ’’mode digeste’’ ?
                     


                  • Djam Djam 30 novembre 2017 10:31

                    @JL
                    Vous avez bien compris...


                  • JL JL 30 novembre 2017 10:40

                    @Djam
                     
                     à lire vos échanges ci-dessus, je ne suis pas certain que vous ayez bien compris le sens de ma remarque ici.


                  • Djam Djam 30 novembre 2017 10:48

                    @JL
                    J’ai surtout compris, à lire vos autres échanges, que vous n’avez de cesse de faire reformuler ceux qui s’expriment. Non pas pour enrichir le débat, non... mais juste parce que vous traquez à l’évidence une supposée contradiction dans les commentaires. Jeu fréquent sur les forums...
                    Bonne traque... mais sans moi smiley


                  • JL JL 30 novembre 2017 11:12

                     ?@Djam
                     
                     Le style c’est l’homme.
                     
                     Que pensez vous de cette phrase : ’’A noter enfin que la double pensée propre à Georges Orwell est le prototype de la pensée perverse’’ ?!
                     
                     Il n’y a rien qui vous choque ? Cela pourrait passer de la part d’un quidam qui n’a aucune prétention. C’est inadmissible venant de quelqu’un qui prétend apporter la lumière dans ce domaine !
                     
                     Et quand je dis inadmissible, ça veut dire : qu’on ne peut pas laisser passer.
                     
                    La formulation perverse est à la formulation scientifique ce qu’est le dogme à la théorie : elle est indestructible et par le fait, clivante.


                  • Philippe VERGNES 1er décembre 2017 15:29

                    @ Djam,


                    2e version... il et compréhensible qu’un tel message soit signalé par l’auteur du méfait. C’est ce qui s’appelle en droit « se prévaloir de ses propres turpitudes », car en effet : « ... en matière de psychologie, la vérité fait souvent mal », ce n’est pas pour autant qu’il ne faille pas la dire.

                    @ Djam, (1ère version 1 décembre 14:38)

                    Je salue en vous votre perspicacité : elle est rare... donc (très) précieuse. C’est toujours pour moi une heureuse surprise qu’il m’arrive parfois d’avoir de la part de quelques intervenants, habituellement dans les fils de discussions sous mes articles.

                    Ce qu’il y a de comique avec le sieur JL, c’est qu’il peut signaler un abus à la modération pour faire supprimer le soir même votre dernier message à son intention du 30 novembre à 11:23... et y répondre le lendemain sur un autre fil de discussion où vous êtes intervenu JL 1 décembre 9:28 et 9:30. Nous ne sommes plus à une contradiction près de cet individu qui, comme il le dit lui-même, me « pratique depuis des années » (le terme exact serait plutôt « pourchasse » pour ne pas dire « harcèle » puisqu’il n’a jamais été en mesure d’apporter le moindre argument autre que sophistique pour dénier les idées que j’expose).

                    Mais vous avez bien cerné le problème, inutile donc de s’y épiloguer, d’où cependant ma question.

                    Dans un de vos commentaires à mon attention vous dites  : "Auteur moi-même de quelques ouvrages pédagogiques un peu spéciaux quant au thème, j’ai découvert le fonctionnement de la grande édition..."

                    Vous n’êtes pas obligé de me répondre si cela vous embarrasse, ni même de me répondre ici. Vous pouvez également utiliser la messagerie de mon site Internet en me précisant si vous souhaitez que votre message apparaisse ou pas, mais la facilité avec laquelle vous avez identifié la perversité (puisque c’est le vrai nom qu’elle porte) de l’intervention de JL ici a attisé ma curiosité. Aussi, puis-je vous demander quel est le thème sur lequel portaient vos écrits, car si je suis intervenu sur votre article ici, c’est bien parce que la perversion du langage que vous dénoncez est un thème majeur pour moi comme en atteste le prochain article que je propose sur ce site (déjà disponible sur mon blog personnel).

                    En tout état de cause, sachez que j’apprécie à sa juste valeur le discernement dont vous faites preuve. J’ai toujours formulé le vœu qu’il puisse s’étendre au plus grand nombre possible d’individus, car cela témoigne d’une pensée critique qui seule peut encore nous sauver des "âges sombres" auxquels l’humanité se prépare.

                     


                  • Djam Djam 2 décembre 2017 10:06

                    @ Philippe VERGNES

                    Moi pas douée ! Je n’ai pas trouvé d’adresse mail sur votre site (? ?)


                    • Philippe VERGNES 2 décembre 2017 11:17

                      @ Djam,


                      Moi non plus... 

                      Ce n’est pas grave, vous pouvez écrire un message sous n’importe lequel de mes articles (le dernier à justement rapport à la problématique du langage que vous soulevez dans celui-ci) et il m’apparaîtra en modération avec votre adresse mail. Il vous suffira juste de me signifier si vous souhaitez que je fasse publier votre commentaire sur le blog ou pas. Quoi qu’il en soit, votre adresse mail ne sera pas publique, je serais le seul à en avoir connaissance et je pourrais donc vous répondre comme il vous conviendra (en message public à la suite du votre ou par mail).

                      Bonne journée !


                    • Djam Djam 2 décembre 2017 13:27

                      @Philippe VERGNES
                      Rondement négocié smiley
                      Je ferai cela sous très peu..
                      Sortez avec casquette... ça caille !


                    • Philippe VERGNES 2 décembre 2017 14:06

                      @ Djam,


                      Ok ! Pas de souci...

                      Par chez moi il neige... bonnet obligatoire !

                      (De mon côté, je ne suis pas doué non plus, je n’arrive plus à insérer des smiley.) 

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON







Palmarès