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Accueil du site > Tribune Libre > Tous les dieux sont morts : vive le libéralisme

Tous les dieux sont morts : vive le libéralisme

TOUS LES DIEUX SONT MORTS : VIVE LE LIBÉRALISME

Jacques-Robert SIMON

 

 Dieu a été tué par les marchands, les hommes d’église, les libres penseurs et les philosophes ; les premiers par intérêt, les seconds par fanatisme, les deux derniers par sottise. En effet que représente la vie sans l’espoir, l’espoir d’être l’égal des autres, l’espoir d’exister, l’espoir d’être aimé et de pouvoir aimer sans risques, sans être ridicule. Et l’espoir est toujours associé à une croyance ; on peut croire en Dieu, mais on peut croire aussi en la république, la lutte des classes, la démocratie toutes formes d’idéologies qui concrétisent le même espoir que les rapports de force ne représentent qu’une forme primitive d’humain. Se passer d’espoir implique de se passer également de table des valeurs, ultime et incontournable référence pour toute décision finale. Le nouveau millénaire offre les « marchés » comme juge suprême : cet arbitre est partial et émet des sentences qui récompensent les plus forts, rarement les meilleurs, et ces vainqueurs n’ont nul besoin que l’on les conforte dans leurs certitudes. La modernité dont on nous repaît trouvera-t-elle une voie nouvelle ? Les marchés seront-ils bientôt supplantés dans leur rôle de juge suprême ?

 Commençons par examiner quelques traits des marchands d’aujourd’hui qui peuvent être regroupés sous la bannière du libéralisme. Le libéralisme prône la régulation des échanges par les marchés : l’offre doit équilibrer la demande avec le minimum d’interventions de forces politiques (donc morales). Dans ce cadre, certains achètent le temps et le talent d’autres personnes pour mener à bien un projet, une entreprise : les Hommes ne sont plus égaux mais l’asservissement est contractuel. Pour ordonner les transactions, un espace social est défini par des vecteurs de base qui peuvent être la Liberté, l’Égalité, la Fraternité. Tout le nouveau testament est imprégné d’Amour et de Fraternité ; en plus de deux millénaires, il a été possible de mesurer l’effet de cette exhortation : si elle ne fut pas seulement d’ordre poétique, les progrès vers un monde plus apaisé furent lents et souvent brisés par des aléas. Il y a peu d’espoir que les élans d’amour, même rendus obligatoires et médiatisés , suffisent à assurer la justice, si tant est qu’on la recherche. Les marchands ont de tout temps considérés l’amour comme une gêne au commerce et ils s’en débarrassèrent dès que l’autorité ultime ne se revendiqua plus d’un Dieu officiel. Toutefois, ils affichèrent avec encore plus d’ostentation leur foi pour montrer à tous qu’ils n’étaient pas des mécréants. La fraternité se suffit à elle même pour engendrer la Liberté et l’Égalité. L’impossibilité de l’établir par la raison conduisit à essayer d’autres chemins.

  Il est acquis qu’une société un tant soit peu complexe nécessite des prises de décision ne pouvant pas relever au jour le jour d’une autorité centrale, des micro-décideurs locaux, obéissant si possible aux lois et règlement généraux, sont indispensables. Des cheffitudes sont ainsi créées, d’autant plus efficacement que la liberté est grande mais au détriment de l’Égalité. Le libéralisme met en avant que l’enrichissement de tous se produit d’autant plus vite si l’on accepte les inégalités engendrées par le « progrès ». Actuellement environ la moitié des richesses mondiales est dans les mains de 1% de la population et il est indéniable que la consommation globale augmente. Cependant, les inégalités s’accroissent depuis une quinzaine d’année : a-t-on sacrifié une classe sociale sur l’autel de la mondialisation et du libéralisme ?

 L’Égalité de fait s’avérant impossible, on mit en avant l'égalité des droits pour apaiser les légitimes rancoeurs individuelles. Le libéralisme n’est alors probablement que la façon la plus habile de défendre ses privilèges : les privilégiés n’auront aucun mal à se doter des plus grands droits si ceux-ci sont définis par une élite au sein d’assemblées. La réglementation ne peut être que le reflet des préoccupations des possédants. La conscience de classe constitue une arme efficace pour faire valoir des droits auxquels les travailleurs n’ont que difficilement accès en tant qu’individus. Pour briser cette pensée collective, qui peut devenir redoutable, deux méthodes furent employées.

 La première a consisté à échanger une égalité économique contraignante pour les possédants contre une égalité de droits plus facile à contourner. Des fractions de population peu représentées dans les sphères de domination furent mis en avant : les femmes et les déviants sexuels par exemple. Les membres de ces strates appartiennent évidemment à l’ensemble des classes sociales et les combats ainsi canalisés obscurcissent efficacement les intérêts essentiellement divergents qui séparent les maîtres des obligés.

 La seconde méthode consiste à nier à la fraction populaire toute espèce de discernement quant aux évolutions des conditions de travail engendrées par l’immigration : les porte-paroles du mal-être furent qualifiés de populistes, terme poli mais injurieux. Le Populisme désigne un type de courants politiques qui fait appel aux intérêts du peuple, masse laborieuse et frustre, qui n’a rien de commun avec les élites pensantes. La démagogie, faite de passions plus que de raison, est généralement le trait principal associé au populisme. L’extrême droite est populiste sans toutefois faire de distinctions de classe : les esclaves resteront esclaves mais ils seront commandés avec la poigne nécessaire. À ce jeu, même les caporaux peuvent rêver. Il est de bon ton de prononcer « populisme » avec ce dédain contenu qu’a toujours celui qui fait faire aux autres ce qu’il ne sait pas faire lui-même. Si le populisme désigne par essence une multitude, il n’en est pas de même du libéralisme qui met au contraire la responsabilité individuelle en avant. Le discours des prolétaires est en accord avec ses intérêts, c’est la raison pour laquelle il est jugé simpliste. Si le nombre d’offres augmente grâce aux migrations plus vite que la demande, il n’est guère difficile de prévoir que les conditions offertes aux travailleurs se dégraderont. Cette problématique peut être facilement cernée, et le fut très tôt. Le PCF fut ainsi décrété raciste en 1980 suite à l’épisode dit du « Bulldozer de Vitry » qui illustrait le fait que des intérêts divergents peuvent surgir entre migrants et travailleurs locaux. L’état des sociétés occidentales est tel qu’elles ne pourront en aucun cas ralentir l’afflux de migrants, surtout avec les méthodes actuellement utilisées. 

 L’informatique change toutefois les données du problème. Le savoir et même souvent le savoir-faire peuvent s’acquérir par auto-apprentissage grâce aux ordinateurs et aux réseaux auxquels ils donnent accès : les structures scolaires voire universitaires peuvent à terme devenir inutiles. De plus, les algorithmes permettent d’analyser des problèmes de plus en plus complexes et de proposer des solutions concrètes. Après la défaite de G. Kasparov aux échecs contre un ordinateur IBM en 1997, la même chose s’est reproduite récemment au jeu de go. Un super-ordinateur peut maintenant vaincre un cerveau humain. Le caractère génial d’un individu donné n’a toujours été qu’une chimère entouré qu’était tout savant de nombreux semblables, mais le génial inégalable sera de plus en plus l’apanage des machines. Ainsi Dieu sera très probablement remplacé par un super-ordinateur, encore faudra-t-il le programmer correctement. Les logiciels et les moteurs de recherches sont aux mains de seulement quelques groupes susceptibles de vouloir régenter leurs domaines. La maison mère de Google représente la première capitalisation boursière du monde (555 milliards de dollars) devant … Apple.

 Alors les super-ordinateurs seront-ils les nouveaux dieux ou des marionnettes ?

 


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29 réactions à cet article    


  • Arthur S Jeussey de Sourcesûre 4 novembre 2017 15:40

    Eh bien, faites comme les luddistes, brisez les machines ! Déjà au 19ème siècle en Angleterre, la mécanisation avait provoqué des révoltes par crainte d’une main-mise de la machine sur l’homme. Erreur de ciblage : ce n’étaient pas les métiers à tisser, leurs ennemis, mais les industriels qui, après le avoir exploités, les jetaient à la rue.

    Aujourd’hui les ordinateurs, l’informatique et l’univers connecté tiennent la même place que les nouveaux métiers à tisser et la mécanisation au 19ème. Ce n’est pas aux machines qu’il faut s’en prendre, mais à ceux qui les utilisent pour disqualifier les compétences, améliorer la productivité et les profits en paupérisant la masse plutôt que de permettre aux progrès techniques d’améliorer la condition humaine.

    • Jacques-Robert SIMON Jacques-Robert SIMON 4 novembre 2017 18:09

      @Jeussey de Sourcesûre
      La différence d’avec les machines anciennes, c’est que les nouvelles peuvent prendre des décisions d’une façon autonome.


    • Arthur S Jeussey de Sourcesûre 5 novembre 2017 07:52

      @Jacques-Robert SIMON

      elles sont conçues, fabriquées et programmées des l’hommes, ni plus ni moins que la bombe atomique. Si des hommes décident de détruire d’autres hommes, ils sont en effet d’inventer des techniques de plus en plus complexes allant de la massue à l« p »e, puis à l’arque busen au canon de 70, au rafale et aux drones. On n’a encore vu aunce machine concevoir, fabriquer et programmer d’autres machines (sauf dans la science fiction).

    • Arthur S Jeussey de Sourcesûre 5 novembre 2017 07:59

      @Jeussey de Sourcesûre

      Le plus important dans mon précédent commentaire n’était pas le danger de machine mais leurs propriétaires :


      « Ce n’est pas aux machines qu’il faut s’en prendre, mais à ceux qui les utilisent pour disqualifier les compétences, améliorer la productivité et les profits en paupérisant la masse plutôt que de permettre aux progrès techniques d’améliorer la condition humaine ».

      Dans un texte, il faut s’en tenir au sens du discours, pas se limiter à certains passages qui ne sont que des éléments de construction d’un raisonnement.

    • Jacques-Robert SIMON Jacques-Robert SIMON 5 novembre 2017 11:11

      @Jeussey de Sourcesûre

      Certains algorithmes peuvent décider seuls en fonction d’une succession d’essais qui conduisent à des résultats satisfaisants ou non. Ce sont des Hommes qui écrivent les algorithmes mais le devenir de leurs calculs n’est plus entre leurs mains. Bien entendu, on peut faire le meilleur comme le pire des usages de ces algorithmes, mais qui décidera du choix ? Peut-être d’autres algorithmes. 

    • JL JL 5 novembre 2017 11:53

      @Jacques-Robert SIMON
       
       bonjour, vous dites ici : ’’Certains algorithmes peuvent décider seuls en fonction d’une succession d’essais qui conduisent à des résultats satisfaisants ou non.’’
       
      Des algorithmes, vraiment ? Afin de ne pas rester dans le vague sur cette question importante, vous pourriez préciser à quels types d’algorithmes vous pensez, svp ? Des algorithmes génétiques, peut-être ? Des Systèmes experts ?
       
      Par ailleurs, vous pourriez préciser à quel genre de décisions vous faites allusion ? Dans quels contextes ? Des applications de logique floues, peut-être ?



    • Jacques-Robert SIMON Jacques-Robert SIMON 5 novembre 2017 16:11

      @JL

      Parmi d’innombrables citations :
      « Des robots logiciels donnent de l’information militaire pour que des opérateurs tuent des individus à distance via des drones sans pilote : les machines, dans cette configuration, ne sont pas encore décideurs d’un bout à l’autre de la chaîne de commandement, mais elles deviennent un élément crucial »d’intelligence informationnelle". Elles sont l’élément qui détermine la cible, et donc au final, de la vie ou de la mort d’un individu. Les opérateurs ne savent même plus qui ils tuent.

    • JL JL 5 novembre 2017 18:12

      @Jacques-Robert SIMON

       un viseur sur le bout du fusil donne aussi une information.
       
      ps. si votre expérience en informatique se limite à l’écriture de quelques programmes, en Fortran ou autre langage, autrement dit rien, normal que vous ne répondiez pas à ma question.
       
      Bonne soirée.


    • Claude Simon Claude Simon 5 novembre 2017 18:41

      @Jacques-Robert SIMON


      D’accord, nous nous attaquons à plus lourd.

      « Les opérateurs ne savent même plus qui ils tuent. »

      Le savaient t’ils avant ? Non.

      Lorsque l’ennemi se cache parmi un attroupement d’enfants qui vont à l’école, hésitaient t’ils ?
      Non, pas d’après les témoignages que nous recevont.

      La programmation se fait par contraintes. L’ « intelligence artificielle » (en fait analyse statistique pour vendre 5 fois plus cher) essaye d’optimiser les priorités des contraintes.

      Pourquoi un programme s’émanciperait de ces contraintes ? Il ne peut pas. Sauf si le statisticien ou sa hiérarchie se trompe, ou nous trompe.



    • Jacques-Robert SIMON Jacques-Robert SIMON 5 novembre 2017 19:51

      @JL

      Vous posez des questions dont vous connaissez la réponse.

    • Jacques-Robert SIMON Jacques-Robert SIMON 5 novembre 2017 19:51

      @JL

      Vous posez des questions dont vous connaissez la réponse.

    • JL JL 5 novembre 2017 20:10

      @Jacques-Robert SIMON
       
       hé bien si vous en savez autant que moi sur es sujets, discutons-en .
       
      Je soutiens ici que vous avez tort quand vous dites : ’’Certains algorithmes peuvent décider seuls en fonction d’une succession d’essais qui conduisent à des résultats satisfaisants ou non.’’
       
      Vous confondez décision et Actions, décider et agir : les logiciels ne décident jamais la mise en œuvre d’une action qui n’aurait pas été prévue ou validée par un humain. Et par conséquent, aucun logiciel ne peut décider de s’émanciper ! Les seules choses à craindre sont, soit des erreurs de programmation soit des utilisations malveillantes de ces logiciels.
       
      Rien de nouveau sous le soleil.
       



    • Jeekes Jeekes 4 novembre 2017 18:19

      ’’Dieu a été tué par les marchands, les hommes d’église, les libres penseurs et les philosophes’’
       
      Dieu ?
      Ben c’est qui ça, dieu ?
       
      Z’en ont même pô parlé aux z’infos.
      Mais kessekifout les journaleux ?
       
       


      • Jacques-Robert SIMON Jacques-Robert SIMON 4 novembre 2017 18:43

        @Jeekes

        Dieu doit être compris comme le dieu-amour, c’est à dire quelque chose d’inaccessible mais aussi d’indispensable. 

      • Jeekes Jeekes 4 novembre 2017 20:14

        @Jacques-Robert SIMON
         
        Ouais, on va dire ça.
         
        Enfin si j’en juge sur pièces (c’est à dire, pour qu’on se comprenne bien, le bordel ambiant de ce monde pourri, et ce que vivent au quotidien ceux qui ne sont rien voire ceux qui sont sans dents), ben ce dieu de mes deux, son amour il peut se le garder, je m’en passerai sans problème !
         


      • Jacques-Robert SIMON Jacques-Robert SIMON 5 novembre 2017 10:47

        @Jeekes

        Dieu n’existe pas, ce qui existe c’est l’amour. 

      • Jacques-Robert SIMON Jacques-Robert SIMON 6 novembre 2017 08:30

        @Zip_N

        L’amour ne peut pas être associé à un objectif : « le plaisir de l’amour, c’est d’aimer ».

      • Claude Simon Claude Simon 4 novembre 2017 18:34

        Il y a, quasiment à chaque fois, chez Jean-Robert Simon, une brèche de salubrité de l’éthique dans le papier ; Et, pour ce faire, un déni de probité intellectuelle.


        Il va de soi que cette construction est là pour appuyer psychologiquement une hiérarchie, toujours, au détriment d’une réflexion profonde.Bref, il est la courroie de transmission des « élites pensantes », de leurs intérêts.
        Ici, toute l’escroquerie intellectuelle est de remplacer la peur de l’esclave dans l’économie mondialisée par l’IA, entreprise statisticienne automatisée qui en fera rire plus d’un.Concernant les échecs, Deep Blue avait gagné car il était capable de mémoriser et de comparer plus de coups.Bref, assimiler une capacité mémoire à de l’intelligence, désolé, mais la bave du crapaud n’atteint pas la blanche colombe.
        Actuellement environ la moitié des richesses mondiales est dans les mains de 1% de la population et il est indéniable que la consommation globale augmente.’
        Et oui, la financiarisation a déconnecté complètement les symboles monétaires de la création de valeurs.

        D’ailleurs, même certains marchands du temple crient au scandale, qu’il n’y a plus de prix valables pour les actifs financiers.

        Le libéralisme économique n’est donc plus qu’une escroquerie financière au service d’un capitalisme totalitaire sur les existences, là où le libéralisme philosophique a encore sa place, acculant la conscience marxiste à s’occuper des pots cassés.

        La machine n’apportera pas la connaissance : au mieux, l’interaction entre le langage homme-machine et le langage humain peut le faire (cas de C Villani).

        Mais plus généralement compiler des données pour en sortir un résultat statistique, dont on ne peut léguer le décisionnel en situation critique.

        Bref, Mr J.R. Simon, si vous avez bel et bien compris que la police d’ouverture des moeurs était une escroquerie vis à vis des moins aisés, vous devriez également considérer que des medias amourrachés de transhumanisme et d’IA participent de la même finalité.



        • Jacques-Robert SIMON Jacques-Robert SIMON 4 novembre 2017 18:46

          @Claude Simon

          Les algorithmes, dont les réseaux artificiels de neurones, représentent bien une intelligence artificielle qui peut d’ores et déjà régenter le monde. 

        • Claude Simon Claude Simon 4 novembre 2017 19:33

          @Jacques-Robert SIMON

          Un peu comme si un cerveau artificiel de la taille d’une souris régentait le monde ?

          Cerveau dont on ne comprend pas grand chose encore.

          Assimiler de l’intelligence artificielle de neurones à ce qu’il y a dans le cerveau, est une comparaison fort peu rigoureuse : https://arxiv.org/abs/1708.08887

          Mais votre prose ne semblant servir que sa finalité, je suppose que polémiquer plus ne servirait à rien. N’est-ce pas ?

          En d’autres lieux, on appelait cela marcher sur la tête des autres.

          Vous avez déjà programmé ? C’est stupide, un programme.

          Je te laisse un commentaire d’un club de combat philosophique que j’ai posté il y a quelques mois (traduction google, désolé) :

          « Considérons les dernières études sur la ponérologie et la psychopathie.
          Un psychopathe est généralement défini :
          - comme un bébé, il ne discerne pas clairement la différence entre lui et son environnement, donc, en tant qu’adulte, le monde doit ressembler à ce qu’il désire ;
          - il ressent très peu d’émotions, excepté avec le sexe violent et le crime ;
          Maintenant, imaginez que vous réussissez à monter une conscience artificielle. Nous devrions convenir que, sans émotions, il ne pourrait pas distinguer la différence entre lui-même et le reste du monde. Donc c’est intrinsèquement un psychopathe, sauf qu’il n’a pas de volonté propre pour l’instant.
          Donc, si vous voulez avoir une conscience (de, avec un certain modèle neuronal), quelque chose qui existe encore, vous devriez le supporter avec des émotions et de la volonté.
          Mais que va-t-il ?
          Qu’est-ce qu’un cerveau ? Un cerveau est un réseau de neurones, des neurones migrateurs du tube digestif qui lui donnent un ordre quotidien : allez, trouvez des ressources.
          Qu’est-ce que c’est, excepté une nécessité ?
          Alors, que signifie une conscience artificielle ? Rien, sauf une nécessité humaine. Comme je le sais, le monde physique ne connaît pas le concept de nécessité car son essence est autosuffisante et s’adapte simplement à différents états en ce qui concerne les intrants, la vie le fait.
          Comparons à nouveau un psychopathe et une conscience artificielle.
          Un psychopathe, avec conscience, sens, mais beaucoup moins d’émotions (interaction entre conscience, sens et volonté), connaissant sa propre existence est différent des autres, simulera le comportement émotionnel des gens ordinaires, puis en abusera en devenant un expert en simulation de comportement (typiquement B Madoff). Alors sa victime perdra sa propre volonté pour servir la volonté psychopathe. Et cela peut aller très loin, ce qu’on appelle la sociopathie (Hitler, Staline, Pol Pot, Bush).
          Maintenant, considérons quelque chose comme la conscience artificielle. Elle peut avoir des sens, n’a rien comme des émotions, n’a aucune volonté attendue de son créateur. Si son créateur est psychopathe, une conscience artificielle sera un psychopathe subordonné (car tout est comme un psychopathe excepté la volonté de quelqu’un d’autre, et probablement ses propres nécessités programmées).
          Ainsi, parler de la conscience artificielle est typiquement la fraude intellectuelle de notre époque, et n’est qu’une considération psychopatique, une volonté propre à quelque chose qui ne peut l’obtenir, peut-être nier mais minimisant la volonté de l’autre. Puis, à propos de la ponérologie, une sociopathie moderne.

          Alors, que peut être une conscience artificielle ? Comme toujours, comme la première calculatrice, elle va calculer. »

        • Jacques-Robert SIMON Jacques-Robert SIMON 4 novembre 2017 19:44

          @Claude Simon
          J’ai écrit des programmes en Fortran il y a déjà une trentaine d’années. Les algorithmes n’ont pas de conscience mais ceux que l’on propose de nos jours s’améliorent avec l’expérience.


        • Claude Simon Claude Simon 4 novembre 2017 20:16

          @Jacques-Robert SIMON

          Vous pourriez citer vos sources ?

          Excepté des processus de vérification de la structure du code, je ne vois pas trop.

          Sinon, c’est de l’intention du service de programmation. On peut enfermer l’individu dans un cycle d’informations (accusation envers Facebook). Dans le jeu video, il s’adapte aux habitudes de l’utilisateur. Cela est juste fait pour améliorer l’expérience de l’utilisateur. 

          Bref, qu’est ce que ce serait sinon une procédure statistique ordonnnant l’interactivité ?

          Mais ce n’est pas plus grave que la télévision, la concurrence de la dialectique, de l’expérience ou de la connaissance est à portée de clic, et plus sûrement du bouton marche-arrêt.

          J’avoue, je ne suis pas expert. Mais jouer sur les peurs à ce sujet n’est pas très convaincaint, avouez le.


        • Jacques-Robert SIMON Jacques-Robert SIMON 5 novembre 2017 10:50

          @Claude Simon

          Réseaux de neuronesMéthodologie et applications
          • Nombre de pages : 408 pages
          • Date de parution : 23/01/2002 


        • pipiou 4 novembre 2017 18:48

          Si les marchés ont remplacé Dieu c’est que Dieu l’a voulu donc tout est bien.


          • Jacques-Robert SIMON Jacques-Robert SIMON 4 novembre 2017 19:47

            @pipiou
            Pour clarifier (un peu) ce que je pense : Dieu tel que décrit par les églises est un non sens qui a conduit et qui conduit encore aux pires absurdités. Cependant, une vie sans amour n’a aucun intérêt.


          • Jacques-Robert SIMON Jacques-Robert SIMON 5 novembre 2017 10:53

            @FASSI

            Je sais que le meilleur moyen de passer pour un con est de parler d’amour. Pourtant, tout le reste n’a aucune importance même selon Jankélévitch et bien d’autres.

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