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Accueil du site > Tribune Libre > Tout sur ma mère

Tout sur ma mère

La dernière fois que j’ai parlé de ma mère, j’avais été convoquée au bureau de la psychologue de l’université et je pensais qu’il s’agissait là d’une procédure standard. Cela faisait déjà un bon bout de temps que j’avais rangé la question de mon enfance sous le boisseau et que je m’accommodais bien mieux de ce vide que de toute forme de sollicitude écrasante, pour ne pas dire de pitié.

Après quelques questions d’usage, la psychologue avait embrayé sur ma mère et j’avais été à la fois fascinée et horrifiée de voir cette femme — somme toute parfaitement amène et probablement compétente — déclencher à ce moment un authentique réflexe de Pavlov. Elle s’est mise à saliver avec tellement de force et d’avidité qu’elle devait sans cesse aspirer ses mots avec de petits bruits de succion face auxquels je ne savais plus si je devais exploser de rire ou m’enfuir en hurlant. Je savais déjà que j’étais un cas, je mesurais à ce moment à quel point il pouvait littéralement mettre en appétit un professionnel de la santé mentale.

Je me retrouvais dans la scène d’introduction de Blade Runner où le détective Holden demande à Léon de lui parler de sa mère. Depuis cette étrange confrontation où je suis restée partagée entre hilarité et consternation, j’ai plutôt tendance à éviter soigneusement ce sujet précis et à vivre tranquillement ma vie.

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Ma mère  ? Je vais vous en parler, de ma mère !

Mais voilà, que ce soit 10, 20 ans ou même un demi-siècle plus tard, on finit toujours par se faire rattraper par son passé, d’une manière ou d’une autre, et il faut bien alors y faire face, qu’on le veuille ou non.

En l’occurrence, il s’agit pour moi d’un courrier du conseil départemental qui a été déposé à mon intention à la maire de mon microbled. Le diable se cache toujours dans les détails : l’enveloppe, non cachetée, contient un formulaire d’obligation alimentaire au bénéfice de ma mère. C’est à la mairie de mon domicile de l’instruire et donc, cela implique de me convoquer et de me demander de déballer obligeamment ma vie privée et mon histoire pour remplir ce joyeux formulaire. Pour la discrétion sur mon historicité, je sens que je vais être habillée pour plusieurs hivers. Non pas que j’ai honte de mon passé. Mais juste que je vis bien mieux dans le présent.

Ton EHPAD dans ta gueule

Ainsi donc, près de 30 ans après la mise sous tutelle de ma mère, l’administration française se souvient brutalement de mon existence… parce que les caisses sont vides. Elles se sont même vidées en seulement six ans de maison de retraite.

Je pense que tout le monde avait plus ou moins entendu parlé des conditions indignes dans lesquelles la plupart des personnes âgées sont prises en charge dans les EHPAD, ce nouvel acronyme pour ne plus dire hospice, maison de vieux, mouroir ou maison de retraite. De la même manière, les plaintes et les grèves des personnels de ces établissements, généralement sous-payés, sous-formés et en sous-effectif chronique ne pouvaient pas échapper à grand monde. Et qui ne connait pas quelqu’un qui ne trouve pas de place pour ses parents ou qui suffoque quand il regarde les tarifs de ces lieux charmants ?

 

CHALLENGES vient de faire paraitre son classement des 500 plus grandes fortunes de France. Si Bernard Arnault, créateur dur groupe LVMH reste premier du classement, nous y retrouvons aussi plusieurs propriétaires d’exploitants d’EHPAD. Retour sur ce classement…

Classement des propriétaires d’exploitants d’EHPAD privés en France

99e fortune de France : Jean François GOBERTIER de GDP Vendôme avec une fortune estimée à 530 millions d’euros. Il possède 50 % du gestionnaire d’EHPAD Domus Vi, dont le chiffre d’affaires s’élève à 620 millions d’euros et 100 % de GDP Vendôme et Dolcéa Création GDP Vendôme.

119e fortune de France : Jean-Claude MARIA d’Orpéa avec une fortune s’élevant à 435 millions d’euros. Il possède 23 % d’Orpéa dont le chiffre d’affaires est de 843 millions d’euros.

121e fortune de France : Yves JOURNEL de Domus Vi avec une fortune de 420 millions d’euros. Il détient 30 % de DomusVi, groupe ayant réalisé 620 millions d’euros de chiffre d’affaires.

317e fortune de France : André et Pierre IMBERT, d’IGH avec une fortune estimée à 110 millions d’euros.

424e fortune de France : Patrick TECHENEY et Mary FOUQUET, de Colisée Patrimoine Groupe dont la fortune est égale à 85 millions d’euros. Ils possèdents 61 % de Colisée dont le chiffre d’affaires s’élève à 147 millions d’euros.

435e fortune de France : Didier MENNECHET et Philippe PEAULIER de SGMR, dont la fortune s’élève à 75 millions d’euros.

Classement CHALLENGES des fortunes de France : les propriétaires d’exploitants EHPAD en bonne position

Forcément, on comprend rapidement qu’avec des mensualités moyennes supérieures au salaire médian des Françaisla pyramide de Ponzy de l’or gris a un peu tendance à beaucoup tirer sur la corde et plus particulièrement sur les cordons de la bourse. Et quand on compare les prix des hébergements avec la qualité de vie des hébergés et des salariés de ces structures et surtout avec le montant de la retraite moyenne, on comprend très vite qu’on galope droit vers une nouvelle bulle financière bien moche.

Mais en attendant, il faut trouver des cons pour raquer et en l’occurrence, on a tout de suite pensé à moi. Cela dit, au train où vont les choses, je pense que la question de faire cracher tout le monde au bassinet pour entretenir l’actionnariat des chenils à vieux va bientôt devenir un sport national où il y aura très peu de très gros gagnants et beaucoup de perdants.

Pour en revenir à ma petite histoire, la tutrice de ma mère ayant épuisé les fonds dont elle avait la gestion s’est tourné vers le département pour demander une aide sociale à l’hébergement des personnes âgées — une aide que l’on dirait tout exprès calibrée pour nourrir la goinfrerie des EHPAD — et que le département — dont il faut quand même savoir que 80 % de la population est éligible aux logements sociaux, comme ça, pour vous donner une idée — se tourne tout naturellement vers moi, en évitant très soigneusement de se poser la question de savoir pour quelle raison la demanderesse est sous tutelle.

Le grand rien

Me voilà donc redevable à ma mère. Me voilà donc surtout devant l’article 207 du Code civil.

… quand le créancier aura lui-même manqué gravement à ses obligations envers le débiteur, le juge pourra décharger celui-ci et tout ou partie de la dette alimentaire.

Et à l’article L132-6 du Code de l’action sociale et des familles :

Les enfants qui ont été retirés de leur milieu familial par décision judiciaire durant une période d’au moins trente-six mois cumulés au cours des douze premières années de leur vie sont, sous réserve d’une décision contraire du juge aux affaires familiales, dispensés de droit de fournir cette aide…

Et me voilà donc depuis 15 jours à regarder cette liasse de papiers impersonnels et à me demander comment je vais bien pouvoir rouvrir la boite de Pandore et traduire dans un langage administratif, froid et concis ce qu’effectivement aucun juge n’a pris la peine de constater. 40 ans plus tard, alors que les témoins sont morts ou ont été dispersés par la vie, comment mettre en mots ce qui a toujours été caché, occulté, évité, non dit  ? Comment parler de la surdité des voisins, des omissions des services municipaux, hospitaliers, sociaux  ? Comment expliquer que je suis passée à travers les mailles du filet  ?
Si encore elle m’avait cassé un bras, j’aurais du solide, du concret. Mais là, j’ai quoi, mis à part une enfance d’errance, d’exil, de terreur et de honte  ?

On peut toujours dire qu’à l’époque, on n’était pas très bons en maladies mentales, pas très attentifs en maltraitance des enfants…
Je me console en me disant qu’heureusement, maintenant, ça a changé et que les enfants sont mieux suivis et leurs problèmes détectés…

1/ Continue d’entendre la voisine hurler monstrueusement fort sur ses 2 petites gamines de 4 ans.
2/ Se décide à appeler le 119 parce que merde.
3/ Se tape une musique d’attente façon jouet-berceuse-bébé super-bien choisie.
4/ Finit par parler à la standardiste qui dit que « vous êtes au bon numéro mais pour un signalement y faut que je vous passe un professionnel mais y sont tous en ligne vous pouvez rappeler dans une demi-heure vous comprenez on a 100 appels par heure et on est un n° national… »

Je me demande quel pourcentage de gens, après avoir fait l’effort pas évident de passer ce genre de coup de fil et s’être fait envoyés bouler « rappelez plus tard » ne rappellent JAMAIS. Un pourcentage énorme à mon avis.
Encore un truc qui dysfonctionne sérieusement.
Sinon tu as aussi le site web du 119 avec un formulaire pour toute question ne relevant PAS d’un signalement de maltraitance parce que pour un signalement de maltraitance il faut absolument APPELER LE 119 où on te dira que tout le monde est en ligne et qu’il faut rappeler plus tard sans avoir pris la peine de prendre la plus petite info sur qui appelle, pourquoi, ni ce qu’il voulait signaler ni où. Bon ben l’enfance maltraitée a de beaux jours devant elle je dirais.

Ah ben je les ai rappelés une 2e fois et me suis fait envoyer bouler une 2e fois fois (très gentiment) par un autre opérateur qui m’a déroulé le même argumentaire bien huilé « Tous nos professionnels sont en ligne, on est un numéro national, on reçoit beaucoup d’appels… on ne peut pas vous mettre en attente donc il faut rappeler plus tard. »
Les “n°s d’urgence” où on ne peut pas te passer quelqu’un, on ne peut pas noter ce que tu as à dire, on ne peut pas prendre on n° et te rappeler dès que possible, non, “Rappelez plus tard, démerdenzi !”

Là dans ce cas c’est pas gravissime, mais tu peux avoir des gosses en train de se faire massacrer…
MAIS PUTAIN Y’A VRAIMENT RIEN QUI MARCHE DANS CE PAYS !

Là j’ai posément expliqué au mec que je m’étais fait déjà envoyer bouler une fois, que je rappelais et qu’à mon avis 90 % des gens ne le faisaient pas, mais qu’il ne compte pas sur moi pour rappeler une 3e fois, et je lui ai raccroché au nez.

Je sais que ce n’est pas la faute du pauvre mec, mais putain quoi !
Je suppose qu’il y a un administratif-comptable au-dessus qui raisonne en termes de coûts, pourcentage d’appels ayant abouti dès la 4e tentative et qui fait de jolis tableaux Excel sur le temps d’attente moyen !

Hurler très fort et très régulièrement avec beaucoup de haine sur deux petites filles de 4 ans est peut-être le signe qu’il y a également des coups  ?
Mais bon, je ne suis ni flic ni assistante sociale, c’est pas mon boulot d’enquêter sur mes voisins…

Témoignage recueilli ce matin sur Mastodon sur le fonctionnement du 119

Et pourtant, il va bien falloir que je trouve les mots, il va bien falloir que je déballe, mais pas trop, que je rassemble les quelques preuves indirectes que le temps n’a pas encore détruit, il va bien falloir que je raconte tout sur ma mère.


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42 réactions à cet article    


  • covadonga*722 covadonga*722 30 juin 2018 09:45

    « Avec l’Amour maternel, la vie vous fait à l’aube une promesse qu’elle ne tient jamais. On est ensuite obligé de manger froid jusqu’à la fin de ses jours. Après cela, chaque fois qu’une femme vous prend dans ses bras et vous serre sur son cœur, ce ne sont plus que des condoléances. On revient toujours gueuler sur la tombe de sa mère comme un chien abandonné. Jamais plus. Jamais plus. Jamais plus. »

    A Camus 
    yep , la ddass y a que ça de vrai , pas d’amour mais pas de coups et aucune illusions sur l’espèce humaine.

    asinus:ne varietur

    • Agafia Agafia 30 juin 2018 19:16

      @covadonga*722

      Excuse M Cova, mais cet extrait est issu de « La promesse de l’aube » de Romain Gary et non pas de A Camus.


      Bonne soirée.

    • covadonga*722 covadonga*722 30 juin 2018 21:25

      @Agafia
      je suis tout rouge avec la honte , en fait j’essayais de me remémorer un texte de Camus sur sa mere

      et c’est celui que j’ai extrait .

      je suis bien mortifié , mais vous sais grès de ne pas m’avoir laissé dans l’erreur , je trouve cette citation tellement juste bien que je l’ai mal attribuée .

      grand merci ma chére , mea culpa méa maxima culpa 

      asinus , le bien nommé

    • Agafia Agafia 30 juin 2018 23:19

      @covadonga*722

      Pas de quoi rougir cher ami smiley 

      Et effectivement, rapport à la mère, Camus n’était pas en reste, notamment dans l’Etranger, où durant le procès de Meursault pour le meurtre de l’Arabe, on le juge sur le fait qu’il n’a pas pleuré durant l’enterrement de sa mère, plus que sur l’acte criminel. (Enfin si je me souviens bien)

      En tout cas, la relation à la mère est très importante dans le livre.

      D’où, peut-être votre confusion.... Ceci dit, deux grands auteurs.

    • bouffon(s) du roi bouffon(s) du roi 30 juin 2018 11:15

      Vous avez l’air de l’aimer votre mère


      • bouffon(s) du roi bouffon(s) du roi 30 juin 2018 11:15

        @bouffon(s) du roi
         smiley


      • JC_Lavau JC_Lavau 30 juin 2018 11:35

        Je sais des injuges par ici qui te condamneraient lourdement pour avoir osé critiquer la toute-puissance matriarcale et l’insoupçonnabilité matriarcale.


        • colibri 30 juin 2018 17:28
          @JC_Lavau
          mais tout , tout le monde sait qu’il y a des mères toxiques , mais c’est pathologique , ce n’est pas la norme 

        • Agafia Agafia 30 juin 2018 19:21

          @colibri

          Avec Lavau, ce ne sont pas DES mères qui sont toxiques mais TOUTES les FEMMES... ^^

        • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 30 juin 2018 19:51

          @Agafia Meuh non ...lol


        • JC_Lavau JC_Lavau 30 juin 2018 21:40

          @Agafia. Je doute que tu saches lire plus loin que dans ta tête.


        • Agafia Agafia 30 juin 2018 23:24

          @JC_Lavau

          C’est déjà pas mal ^^ ça veut au moins dire que j’ai une tête ! Hourra !!!! ^^ 

          (Par contre votre phrase est un peu bancale... « plus loin que dans »... Bof bof
          Faudrait travailler un peu le style.

        • JC_Lavau JC_Lavau 1er juillet 2018 07:28

          @Agafia. Je suggère de travailler sur le discernement, s’exercer à distinguer les frères Térieur :

          Alain Térieur n’est pas Alex Térieur.

        • Clocel Clocel 30 juin 2018 11:50
          Les familles où il y a de la caillasse et des guignols nombreux qui l’aiment, ça doit être folklo !

          J’imagine bien le nombre de piranhas autour ! smiley

          Comme quoi, voyager léger...

          Les EHPAD... Que dire ? Qu’on reconnaît une société à la façon dont elle traite ses anciens et les faibles d’une façon générale !?

          La civilisation en fait, ce n’est rien d’autre que des modalités d’acceptation de la barbarie, de la merde et le discours qui va bien pour la faire passer.



          • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 30 juin 2018 13:11

            Qui a promulgué la fête des mères : PETAIN Parents honoreras a servi à asservir combien de générations,... ? Le pire est à craindre. A ce grand chrétien et médecin : Christian de Duve : si j’ai mis des enfants au monde, ce n’est pas pour leur être un poids,...Le monde est cruel. Les bons parents seront aussi ceux qui seront les meilleures personnes âgées. Organisant leur vieillesse pour ne pas « tuer » leur enfant de leur vivant. Merci à ma mère qui avait payé une assurance de son vivant afin que l’enterrement ne me coûte rien.


            • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 30 juin 2018 14:22

              @Robert Lavigue


              ce n’est pas moi qui ramène tout à l’argent, mais le système économique. HOMO EOCONOMICUS, cela ne vous dit rien ? https://fr.wikipedia.org/wiki/Homo_%C5%93conomicus. cela peut vous intéresser,... en bon stal on y bourre dieu. 

            • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 30 juin 2018 14:40

              @Self con troll

              Vous me ferez trois navets et deux pâtés (je les préfère en croûte manière de conjurer le sort : finir encroûtée).

            • Jason Jason 30 juin 2018 16:56

              @Robert Lavigue


              En pleine crise de Robertisme ?

            • L'enfoiré L’enfoiré 30 juin 2018 18:03
              @Jason,

               Laissez Robert courir à poil. Il n’a pas le sou pour se payer quoique ce soit.
               Non, ma mère n’a pas prévu sa mort et payé son enterrement.
               C’était une transhumaniste avant l’heure
               Elle pensait vivre 150 ans

            • L'enfoiré L’enfoiré 30 juin 2018 16:16
              Bonjour Manolecte,
               Bravo. Je sais qu’il faut du courage pour écrire son autobiographie dans certains cas.
               Je l’ai faite à la mort de ma mère.
               Après, cela m’a soulagé
               Cela s’appelait « L’envie dans le regard » en 15 mini-chapitres.
               Je ne m’appelais pas encore L’enfoiré, mais un surnom bien moins gai à entendre répéter
               

              • L'enfoiré L’enfoiré 30 juin 2018 17:58


                @Blek,

                « barjot » : Personne folle ou qui prend des risques inconsidérés.
                - Mais il est barjot ce type ! Il prend des risques terribles. Il se rend pas compte que ça peut durer dans les trois semaines l’exposé de mon credo politique … 
                Si c’est la défintion, cela me convient.

                Issu du Grand Meaulne ?
                Là, je ne vois pas le rapport

              • velosolex velosolex 30 juin 2018 20:06

                @L’enfoiré
                Le problème avec la mort, c’est que des gens sont morts parfois depuis longtemps alors qu’ils se croient toujours vivants. 

                Du moins tant qu’ils se souviennent de leur nom. Ecrire est une thérapeutique. Parfois un peu mensongère une peu fantaisiste, mais enfin on parvient tout de même à une représentation, à une forme de puzzle recollé. Cela nous donne l’impression, voir parfois la certitude que la vie à un sens. En tout cas elle nous donne un sentiment d’ivresse, comme de pédaler, cheveux au vent. Voilà mon coté extatique qui reprend le dessus. Je me calme, je respire.
                A chacun au fond ses mantras. Certains font dans le vélocipédique, d’autres dans le syndrome de « Gilles de La Tourette ! », d’autres dans l’art à la découpe, ou à la kalash.
                J’essaie moi aussi de donner de l’allure au temps, aux cadavres plus ou moins exquis. L’enfance toujours est déterminante. Nous avons tous les âges que nous avons eu, mais en particulier cet âge là, des premières fondations. Certaines sont lézardées. Mais il reste la pièce là haut pleine de lumière, avec un traîneau, de marque « Rosebud », à moins que ce soit un vélo.

              • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 30 juin 2018 17:35

                Deux clans se forment sur Agora : les Roberts et les antis. C’est bien, plus besoin de passer chez Affelou. Amusant, mais comme antonyme de Robert, j’ai juste trouvé ROBOT. J’espérais connards, mais c’est raté,...


                • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 1er juillet 2018 11:45

                  @webhelice


                  Comptez sur moi pour l’a fermer,.....Pas encore dans le cercueil,.... Simone Weil a osé (présente dans la Manif pour tous, on l’oublie un peu vite,...). 

                • jjwaDal jjwaDal 30 juin 2018 17:44

                  Bien plus d’adultes qu’on ne l’imagine, le sont devenus en survivant (parfois de justesse) à leur enfance. C’est inévitable, aussi longtemps que le métier le plus complexe au monde ne nécessitera aucune formation ni aucun diplôme. Saloper le noyau du système d’exploitation d’un être humain dans les premiers stades de son développement devrait être une sorte de crime contre l’humanité, c’est juste le quotidien pour pas mal (bien trop en tout cas) d’enfants et la majorité s’en fout et les décideurs bien plus encore.
                  Mes parents étaient fort gentils. Avant 15 ans ils m’avaient dissuadé à jamais de tenter la vie à deux et castré au delà de toute greffe possible. Après un adulte est censé être responsable de sa vie (vaste foutaise indispensable pour la vie sociale) et se démerde pour survivre, parfois vivre. Mais perso, j’en voudrais ma vie entière à cette espèce de laisser ses petits entre les mains d’amateurs et parfois d’apprentis-sorciers. On pouvait faire autrement.Mais pouvoir bricoler, même faire joujou, avec le cerveau d’un enfant est une telle demande collective que ça ne se fera pas.


                  • alinea alinea 30 juin 2018 20:14

                    @jjwaDa

                    C’est que c’est beaucoup d’ignorance et beaucoup de reproduction de ce que l’on a soi-même subi.*Il y a ceux qui se reproduisent ( et on le voit : même schéma familial reproduit) et il y a ceux qui procréent. Alors intervient un petit début de progrès dans la prise de conscience du vécu... mais c’est lent !
                    Aucune entité n’échappant à cela ne peut venir en aide ; il faut parler, s’ouvrir et ne pas, comme beaucoup trop encore, occulter donc taire.

                  • Le Gaïagénaire 1er juillet 2018 01:18

                    @alinea 30 juin 20:14


                    « Il y a ceux qui se reproduisent ( et on le voit : même schéma familial reproduit) et il y a ceux qui procréent. »

                    « il faut parler, s’ouvrir et ne pas, comme beaucoup trop encore, occulter donc taire. »

                    Donc, n’occultons pas : Il y a CELLES qui se reproduisent (...) et il y a CELLES qui procréent.

                     smiley


                  • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 1er juillet 2018 11:27

                    @Le Gaïagénaire

                    oupée russe qui remplaceront bientôt l’utérus. GPA, PMA et autre zim boum tra la la sans le « septième ciel » : ciel de lit, 
                    Trois petits chats
                    Chanson pour frapper dans les mains

                    Trois petits chats
                    Trois petits chats
                    Trois petits chats, chats, chats

                    Chapeau de paille
                    Chapeau de paille
                    Chapeau de paille, paille, paille

                    Paillasson,
                    Paillasson
                    Paillasson, son, son

                    Somnambule,
                    Somnambule,
                    Somnambule, -bule, -bule

                    Bulletin
                    Bulletin
                    Bulletin –tin, -tin

                    Tintamarre,
                    Tintamarre
                    Tintamarre, -marre, -marre

                    Marabout, 
                    Marabout,
                    Marabout – bout, -bout,

                    Bout de ficelle
                    Bout de ficelle,
                    Bout de ficelle, -celle –celle

                    Selle de cheval
                    Selle de cheval 
                    Selle de cheval –val, -val


                  • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 1er juillet 2018 11:33

                    Suite de mon commentaire plus COQ qu’il n’y paraît : 
                    Selle de cheval
                    Selle de cheval 
                    Selle de cheval –val, -val

                    Cheval de course,
                    Cheval de course,
                    Cheval de course, course, course

                    Course à pied,
                    Course à pied
                    Course à pied, pied, pied

                    Pied à terre, 
                    Pied à terre
                    Pied à terre, terre, terre

                    Terre de feu
                    Terre de feu
                    Terre de feu, feu, feuSelle de cheval
                    Selle de cheval 
                    Selle de cheval –val, -val

                    Cheval de course,
                    Cheval de course,
                    Cheval de course, course, course


                  • jjwaDal jjwaDal 1er juillet 2018 12:25

                    @alinea
                    Bonjour. Oui, en théorie. En pratique j’ai choisis l’évitement à savoir rendre impossible la reproduction (dans tous les sens du terme) et la fermeture comme un bon nombre, j’imagine. S’il n’y avait d’amateurs que chez les parents, les blessés de l’enfance s’en sortiraient avec une bonne aide extérieure, mais l’amateurisme va se loger même chez les psys, alors un qui se fracasse sur notre fonctionnement, puis deux, trois... On finit par comprendre que le débogage c’est pour bibi et personne d’autre...

                    Je souhaite de tout coeur à l’auteur de gagner ce nouveau combat. J’ai en tête une expérience récente de lombalgie méchante et du plaisir intense que je ressentais les moments où je n’avais plus mal pendant quelques minutes. Même des petits bonheurs comme ça sont à prendre.
                    Mais, quelques souvenirs d’échanges me font penser que la plus grande richesse de Monolecte est intérieure et personne ne pourra lui piquer ça (Coucou Desproges !...).

                  • Le Gaïagénaire 1er juillet 2018 13:42

                    @Mélusine ou la Robe de Saphir  1er juillet 11:33

                    Tout un contre transfert...


                  • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 1er juillet 2018 13:48

                    @Le Gaïagénaire


                    Merci pour le 11 et 33. Regardez ce superbe film d’ARTE sur la procréation du Mérou (pleine lune de juin). Cette année : le 28. Juste en conjonction avec ma pleine lune de naissance en cancer. https://www.arte.tv/fr/videos/075178-000-A/7. Mon beau-père m’a relaté tous les détails de ma conception que ma mère lui avait raconté : croustillant, si je puis dire,.....SiSSI et Le Hussard,...

                  • alinea alinea 1er juillet 2018 14:42

                    @jjwaDal

                    Les blessés de l’enfance ne s’en sortent jamais, mais s’ils comprennent, ils ne reproduisent pas. Et on peut ne pas reproduire en procréant ! je n’ai balancé aucune de mes tares à mon fils, mais le bon sort a bien voulu que j’aie un fils, ce qui est beaucoup plus simple quand même !
                    La ( ma) souffrance est infinie et quotidienne, mais quand j’ai appris que je n’étais pas normale, cela a soulagé la rancœur ; m’étant intéressée aux autres à défaut de vouloir m’intéresser à moi, j’ai vu beaucoup de souffrance chez les bourreaux aussi.
                    la seule chose qu’il m’est impossible de pardonner, c’est l’obéissance : taper sur un môme parce qu’il n’est pas conforme à ce qu’on veut qu’il soit et ce qu’on veut qu’il soit est conforme à un diktat social ( : je ne savais pas quoi faire de toi ma pauvr’ petite, m’a dit mon père pas loin de la mort !)
                    Mais, en revanche, ma protection a toujours été minimum et matérielle, et ils m’ont légué de quoi survivre pendant encore quelques années. J’aurais mieux aimé être capable de gagner ma vie, mais toujours j’ai été incapable de me faire payer !!

                  • Jason Jason 30 juin 2018 18:04

                    Bonjour Monolecte,


                    Je ne sais pas quoi répondre à votre papier, à votre situation sinon vous féliciter pour votre courage, votre clairvoyance, votre résilience. Je pourrais citer au moins un exemple similaire au votre, mais cela ne vous serait d’aucun secours. Soyez forte dans l’adversité.
                    Cordialement

                    • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 30 juin 2018 18:21

                      Bonjour Monolecte, on ne choisit pas ses parents, cela nous donne aussi un avantage : absence de dette. La dette naît d’un lien et de la qualité de celui-ci. Je n’ai jamais connu de jeunes qui abandonnaient leur parents si ceux-ci les avaient bien aimé. Bonne chance. Les résilients ont un avantage sur les autres, ils n’ont de compte à rendre à personne.


                      • velosolex velosolex 30 juin 2018 19:53

                        Votre témoignage est intéressant. Vrai, bouleversant. . Mettre des mots sur cette histoire aura sans doute des effets positifs. Il y a beaucoup de façons de rebondir sur ce texte, en épiloguant sur l’injustice. Les riches héritent de la fortune de leurs parents, les pauvres de leurs infortunes, c’est à dire non seulement de leur dette, mais de leur vieillesse. 

                        Je préfère la force du témoignage de quelqu’un qui vit, qui se met en colère. .Ca change des articles trop bien peignées, de gens qui regardent le spectacle du monde par la fenêtre. 

                        • velosolex velosolex 30 juin 2018 20:19

                          Le coté « en ligne » de l’administration avec « appuyez sur le numéro étoile » vaut aussi son pesant d’or. Il semble qu’après la fin du monde, nous pourrons toujours être en ligne, en écoutant une musique de Vivaldi.

                           Les voix synthétiques vont encore caricaturer les échanges kafkaïens.
                           Il n’y aura bientôt plus aucun interlocuteur à l’autre bout du fil. Plus de fil d’ailleurs. Un jour on vous dira tout de même qu’il est impossible que vous persévériez à appeler car vous n’existez pas, ou plus. 
                          Avoir une dette à régler peut être une chance pour que l’on nous permettre de continuer à vivre. 
                          Car ne comptez pas disparaître comme cela dans l’espace temps à 80 Km/ heure si vous n’êtes pas en règle. 
                          Parfois je voudrais bien que ma cabine de douche se change en fusée, pour changer de planète, rejoindre celle ds années 70 par exemple. Pas le paradis sur terre sans doute, mais pas la condamnatione de la connexion, du réseau, et de l’anonymat derrière tous ces clones adipeux, faisant du lèche vitrine derrière leur écran tactile. 

                          • Ciriaco Ciriaco 30 juin 2018 23:49

                            @velosolex
                            Voyez comme nous avons abdiqués, venant prendre des nouvelles de nous-mêmes, proposition triomphante au genre humain, à force de cette inconsolable solitude.


                          • aimable 1er juillet 2018 01:09
                            j’espère pour vous que vous n’ êtes pas une enfant unique.
                            j’espère également que le temps passé sans contact aura été suffisamment long pour y échapper .

                            • Blé 1er juillet 2018 07:02

                              C’est vrai que dans notre civilisation tout se joue pratiquement durant l’enfance et la maltraitance des enfants a été un sujet tabou jusqu’à depuis peu de temps.

                              Ceci dit, les personnes qui s’en sortent le mieux pour elle même et leurs enfants quand elles en ont est de comprendre , puis pardonner au parent (à la mère, au père ou aux deux).

                              Pardonner est un travail sur soi de longue haleine mais qui libère. Vouloir mettre de coté le passé consciemment ou inconsciemment et faire « comme si » rattrape les individus tôt ou tard et souvent brise un équilibre qu’ils avaient eu beaucoup de mal à trouver : chagrin, souffrance, souvenirs remontent à la surface et c’est le désarroi.

                              Je me permets d’écrire ce que j’écris car je suis passé par ce cheminement. Quand ma mère est entrée en HEPAD, j’espérais qu’elle me demande pardon mais elle n’était plus en état de le faire. Durant des années je pensais que je ne pourrais jamais pardonner ces années de violence durant d’enfance et d’adolescence mais j’y suis arrivé et je me sens « libre » vis à vis d’elle et vis à vis de la société qui regardait ailleurs.


                              • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 1er juillet 2018 11:35

                                Poupées russes sans utérus : GPA, PMA, suite et fin : Course à pied,
                                Course à pied
                                Course à pied, pied, pied

                                Pied à terre, 
                                Pied à terre
                                Pied à terre, terre, terre

                                Terre de feu
                                Terre de feu
                                Terre de feu, feu, feu

                                Feu follet

                                Feu follet  suite : https://www.mamalisa.com/?t=fs&p=1441


                                • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 1er juillet 2018 11:52

                                  Non, Simone Veil n’était pas une « avorteuse », une Goule comme certains la présente. Blog de Pronoïa (Louis Saint Martin). Elle était présente dans la « Manif pour tous ». Une TRES TRES GRANDE femme ; Emm...euse, certes, comme moi, je l’avoue.http://leplus.nouvelobs.com/contribution/760488-simone-veil-defile-avec-l-eglise-contre-le-mariage-homo-un-choix-que-je-comprends-pas.html

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