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Accueil du site > Tribune Libre > Transports Urbains gratuits ?

Transports Urbains gratuits ?

Plusieurs agglomérations ont instauré la gratuité des transports urbains : Aubagne, Dunkerque, Niort ... Même Paris y réfléchit. Les dirigeants de ces agglomérations sont-ils des gens clairvoyants ou bien démagogues ?

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Une levée de boucliers

En fait, l'idée de gratuité des transports soulève une montagne d'objections et de réfutations.

La présidente de région Île de France, Valérie Pécresse, a riposté à l'idée de gratuité en commandant un rapport qui préconise ... d'augmenter les tarifs !

La FNAUT (Fédération Nationale des Associations d'Usager des Transports) est vent debout contre la gratuité, en assurant que les usagers de la demandent pas (mais je ne sais pas qui leur a demandé leur avis). La FNAUT a ainsi cosigné avec l'UTP un argumentaire en 10 points contre la gratuité. Ah oui, vous ne savez pas ce que veut dire "UTP" ? Regardez ici !

Bon, détaillons ces dix arguments :

  1. La gratuité n'existe pas : il faut bien que quelqu'un paye.
  2. La gratuité n'est pas compatible avec l'évolution des finances publiques.
  3. La gratuité n'est pa favorable au développement de l'offre de transports publics.
  4. La gratuité singularise les transports par rapport aux autres services publics.
  5. La gratuité n'est pas la meilleure forme d'équité sociale.
  6. La gratuité n'est pas favorable au développement durable.
  7. La gratuité peur altérer la perception de la valeur du service.
  8. La gratuité n'est pas compatible avec le modèle économique du secteur.
  9. La gratuité n'est pas une demande des utilisateurs.
  10. La gratuité est difficilement réversible.

Dans cette liste d'arguments, qui fait feu de tout bois, le plus drôle est certainenement le dernier. En effet, la FNAUT, qui est sensée défendre les intérêts des usagers laisse entendre que si la gratuité est mise en place, alors les usagers ne voudront plus revenir en arrière, et que c'est donc une bonne raison pour ne pas l'instaurer !

Face à de tels arguments, on se demande bien comment des agglomérations sont quand même passées à l'acte !

Dans la suite de cet article, je vais dégager les arguments pour la gratuité des transports.

Des villes asphyxiées par l'automobile

Ce constat, tout le monde peut le faire La ville crève de l'automobile. La seule pollution particulaire provoque 40 000 décès par an en France. C'est 10 fois plus que les accidents de la route !

Dans l'agglomération loriantaise, la voiture représente 56% des déplacements, contre 6% pour les transports collectifs. Dans l'agglomération lilloise, ces proportions sont respectivement de 57% (voiture) et 10% (transports collectifs). On pourrait multiplier les exemples, ils donnent le même genre de résultats, sauf dans les très grandes villes.

Des transports en commun peu fréquentés ...

6% ou 10% des déplacements, ce n'est vraiment pas beaucoup, surtout que les transports en communs drainent en grande partie une clientèle captive, notamment scolaire. Pour s'en convaincre, il suffit de consulter les horaires de bus pendant les vacances scolaires dans de très nombreuses villes.

... Mais très coûteux

Au fait, qui paie les bus ? On pourrait croire que ce sont les usagers. En fait, une grande partie est financée par le versement transports, qui est une taxe versée par les entreprises. Dans les douze plus grandes agglomérations, le versement transport finance 45 % du budget transport et représente en moyenne plus de 190 € par habitant et par an (source Wikipedia).

Dans la région parisienne, la billetterie ne couvre que 30% du prix des transports en commun. Le reste est assuré par le versement transport des entreprises ou bien par des apports des collectivités ou des employeurs (qui payent donc deux fois ...). Cette proportion de 30% se retrouve à peu près dans toute la France. Ceci veut dire que si l'usager devait payer la totalité, il faudrait plus que tripler le prix des billets de bus !

Prenons l'exemple de l'agglomération d'Annecy : le budget 2018 de la Sibra est de 34,3 millions d'euros, La principale source de revenus de la Sibra est le versement transport (55%) tandis que la billetterie ne rapportent que 20 % de ce montant (source : Wikipedia)., tout cela pour assurer 6% des déplacements urbains (contre 64% pour la voiture).

Voyons voir, Annecy dépense 34.8 millions d'euos (170€ par habitant) pour 6% des déplacements. Si tous les autres déplacements coûtaient aussi cher, cela ferait un budget total de 580 millions d'euros pour les déplacements urbains d'une agglomération de 205 000 habitant. Chaque habitant dépenserait donc près de 3000 euros annuels pour ses déplacement urbains !

Au vu de ces chiffres, le budget des transports en communs est en grande partie gaspillé ! Si ceux-ci devenaient gratuit à Annecy, la recette de la billetterie serait forcément remplacée par une augmentation des impôts locaux, mais celle-ci ne représenterait que 34€ par an et par habitant. Instaurer la gratuité des bus à Annecy reviendrait donc à inclure dans les impôts locaux un abonnement annuel de 34€ par an. C'est dérisoire.

On pourra faire le même calcul dans de nombreuses villes moyennes françaises.

Pourquoi les gens prennent-ils leur voiture ?

Il existe des tas de raisons à la préférence pour la voiture : commodité, rapidité etc. Mais il y en a une qu'il ne faut pas négliger : la voiture coûte moins cher que les tickets de bus.

Cela peut sembler étonnant, puisqu'on ne compte pas moins de 0.41€ par km, même pour une petite voiture. Pour comprendre ce paradoxe, il faut introduire une notion assez peu connue : le coût marginal.

En effet, pour arriver à un coût de 0.41€ par km, il faut diviser le coût total annuel de sa voiture par le nombre de km parcouru. On obtient ainsi un coût kilométrique moyen, mais ce n'est absolument pas avec celui-ci que raisonne l'automobiliste.

En fait , une personne qui doit arbitrer entre le bus et l'automobile considère qu'il a déjà payé un certain nombre de dépenses fixes pour sa voiture (amortissement, assurance, entretien, garage, etc). Qu'il prenne sa voirure ou pas, cet argent est dépensé de toutes façons. L'automobiliste ne prendra donc en compte que le coût supplémentaire induit par le trajet en voiture. Or ce dernier et faible. Un voiture consomme à peu près 7 litres d'essence au 100 km. À 1€50 le litre, cela ne représente que 0.11 euro par km. Dans des villes moyenne, la voiture est ainsi moins chère que l'autobus si on raisonne sur le coût marginal.

En conclusion

Dans l'état actuel des choses, le prix du billet ne couvre qu'une faible part du coût total des transports en commun. Pourtant le prix du billet suffit à dissuader de prendre l'autobus plutôt que la voiture. Dans ces conditions, une grande partie de l'argent que met le contribuable dans les réseaux d'autobus est gaspillée.

Instaurer la gratuité reviendrait à inclure un abonnement au bus dans les impôts locaux pour un montant dérisoire. Une telle proposition n'est donc pas du tout absurde et pourrait diminuer la part du transport automobile en zone urbaine, tout en valorisant les fonds publics considérables déjà affectés aux transports publics.

Autre article Agoravox sur le même sujet

Rendre les transports publics gratuits serait plus efficace économiquement et plus juste socialement par John Wo Octobre 2017

 


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34 réactions à cet article    


  • JL JL 30 octobre 09:45

    C’est une très belle idée.
     

    Malheureusement, pour trop de personnes, ce qui est gratuit n’a pas de valeur.


    • Croa Croa 30 octobre 12:33

      À JL,
      Ils se trompent car rien n’est gratuit. Ce qui n’est pas payé sur facture l’est autrement. Les services les plus essentiels, l’éducation par exemple, ne pourraient pas être payé sur facture tellement leur valeur est élevée !


    • Alren Alren 30 octobre 20:04

      @JL

      La démonstration de désintox est convaincante.

      Malheureusement la gratuité des transports publics ne suffira pas à désengorger les villes des voitures pour trois raisons :

      La voiture est beaucoup plus confortable, mieux climatisée, on est sûr d’être assis et si plusieurs personnes voyagent ensemble leur conversation n’est pas écoutée par des indiscrets.

      La voiture permet d’aller au supermarché situé hors des centres villes et de ramener de lourdes charges dans le coffre.

      Beaucoup de personnes viennent travailler en centre ville sans y habiter. La spéculation immobilière a rejeté les « rurbains » suffisamment loin pour que le transport public ne soit pas adapté à l’aller-retour quotidien.

      Comme le dit désintox, si l’on possède une voiture, on doit effectuer des dépenses fixes, hors circulation.
      Ce qui fait que si l’on ne les prend pas en compte, elle revient moins chère que les transport public ... surtout si l’on est plusieurs dans la voiture et qu’il ne faut pas prendre un billet par personne.


    • cevennevive cevennevive 30 octobre 09:52

      Désintox, bonjour,

      On pourrait imaginer aussi un service de transport gratuit et en parallèle des bus payants, plus onéreux, mais plus souples, avec des trajets différents.

      A Palerme, existe cette sorte de transport. Les cars gratuits sont blancs, sans pub ni inscription, font le tour de la ville avec arrêt à chaque carrefour de rue, de boulevard, ou d’avenue.

      Pour les bus payants, les conducteurs ne prennent ni ticket ni argent. On ne peux les prendre que si l’on a acheté son pass auprès des différentes compagnies de bus. Et il y en a beaucoup...

      A mon avis, les transports urbains gratuits en France sont une illusion et seraient vite abandonnés par les municipalités. Vite bondés, mal famés et mal fréquentés. Dommage.


      • baldis30 30 octobre 10:58

        @cevennevive
        bonjour,
         une idée à creuser !


      • velosolex velosolex 30 octobre 23:14

        @cevennevive
        On n’arrête pas de nous rabattre les oreilles avec la transition énergétique. Mais en fait la solution pronée par l’état est le remplacement des voitures à essence par des électriques. Ce qui ne change absolument rien, car si une voiture électrique n’émet aucun carbone, sa fabrication par contre met à contribution la planète a peu près dans le même ordre de dommages, les batteries représentant une aberration au niveau de la synthèse ( extraction de métaux rares, raffinage, etc...)

        Le transport gratuit est la mesure qui serait vraiment révolutionnaire. On pourrait envisager un réseau non seulement dans les villes, mais des navettes sur le territoire. Quel dommage qu’on se soit débarrassé du réseau ferré...Le cout est tout à fait métrisable par l’état, quand on sait l’argent gaspillé en vain dans des grandes structures inutiles. La gratuité et la prise en charge sont parfois des bonnes affaires économiques. Loger un SDF coûte et lui donner une allocation, et une place est plus économique que les différentes prises en charge sociales et judiciaires qui parsèment leur parcours. 
        A chaque fois que quelque chose de gratuit, d’universel et de social c’est construit, (c’est curieusement toujours la même opposition de principe


      • NEMO NEMO 30 octobre 10:00

        Pour que la transaction soit formalisée, pourquoi ne pas instaurer une « carte vitale des transports » délivrée par l’agglomération ?

        Le tiers-payant n’est pas la gratuité : le bénéficiaire est (plus ou moins) conscient du circuit économique dans lequel il s’inscrit.


        • zzz'z zzz’z 30 octobre 11:27

          @NEMO
          Nombre de personnes qui utilisent les transports en commun ne sont pas du coin… On arrive par la gare, l’aéroport, le port… Ensuite c’est taxi, location de véhicules, transport en commun, ou, personne qui vous prête une voiture, ou, qui vous trimbale.
          Vous n’auriez pas fait l’ENA, colportant sa fâcheuse habitude de faire bosser ses potes, et, subalternes ?


        • NEMO NEMO 30 octobre 10:02

          « Bon, détaillons ces dix arguments :  »


          En effet, une liste d’arguments n’est qu’un argumentaire et pas du tout une argumentation qui suppose le développement d’un raisonnement pour démontrer lae bien-fondé d’une idée. C’est la différence entre quantitatif et le qualitatif : « une tête bien faite vaut mieux qu’une tête bien pleine ».


          • foufouille foufouille 30 octobre 10:45

            le nombre d’arrêts de bus n’est pas non plus génial surtout l’hiver. pareil l’accessibilité qui pose problème car la rampe est souvent trop courte ou le trottoir pas assez large.


            • Spartacus Spartacus 30 octobre 11:33

              Toujours le même but, profiter de vivre aux dépens des autres.

              Le gauchiste invoque toujours l’intérêt commun, mais sait intérieurement qu’il est passager clandestin bénéficiaire net de la redistribution gratuite.


              C’est toujours le même principe des gauchistes, des « études » censées représenter la vérité« mais toutes aussi fouareuses comparant des torchons et serviette pour créer l’anxiogène.

              Bien évidemment respirer des particules des véhicules n’est pas bon pour la santé mais les études qui le chiffrent sont du vrai n’importe quoi. les malades d’affection pulmonaires ne sont pas toutes des victimes de pollution des véhicules et sur aucun avis de décès on ne trouve mort par les particules fines. C’est juste anxiogène et prosélytique.

              Par ailleurs, l’endroit le plus pollué à Paris aux particules fines c’est dans le métro parisien. Donc mieux vaut rouler dans sa voiture que dans les transport en commun avec cet argument.

              L’autre argument oublié est l’inégalité devant l’impôt et les structures. (pour des gens qui n’ont que l’égalitarisme à la bouche) sic !....

              Le bobo qui habite en centre ville est bien plus »bénéficiaire« net des transports en commun que celui qui habite la périphérie et ceux qui n’en ont pas besoin.

              Au nom de quoi celui qui est mal desservit et en plus ne va jamais en ville devraient-ils payer pour ceux qui en profitent quotidiennement ?

              Le bobo qui voudrait prendre le bus gratos veut il participer au crédit bail de la Clio sur 4 ans de celui qui ne va jamais en ville et ne mérite pas l’indifférence ? 

              Par ailleurs, des transports en commun ultra-subventionnés, favorisés sont moins cher que la voiture, et chacun le sait, mais tout simplement ils ne sont pas la demande de la majorité mais de la minorité active et prosélytique qui impose aux autres »sa façon de voir" dans un pays dominé par l’interventionnisme d’état.

              Il faut se rappeler qu’a la fin du communisme, les habitants des pays de l’Est annihilés par l’état lorsqu’ils ont retrouvé la liberté, ont tous acheté un véhicule, fermer des centaines de lignes ouvertes au grès des polit bureaux locaux de transport non rentables et que des milliers de voies sont devenues des routes ou des lieux recouvert de verdure ou de maisons.


              • Croa Croa 30 octobre 12:45

                À Spartacus « Par ailleurs, des transports en commun ultra-subventionnés, favorisés sont moins cher que la voiture, »
                T’as pas lu l’article ! smiley Ce que tu dis n’est vrai que si tu n’as pas de voiture, or presque tout le monde possède une automobile. Et se servir de SA voiture coûte moins cher qu’utiliser les transports payants vu que de toute façon il faut amortir les frais fixes.
                L’auteur a donc raison : Pour que tout le monde utilise les transports en commun ceux-ci doivent être carrément gratuits. (En réalité il y aura fort probablement des gens qui utiliseront quand même leur automobile, histoire d’affirmer leur différence !)


              • zygzornifle zygzornifle 30 octobre 16:18

                @Croa
                Et se servir de SA voiture coûte moins cher qu’utiliser les transports payants vu que de toute façon il faut amortir les frais fixes.

                ça dépend aussi des municipalités , maintenant on doit tenir compte des futures taxes pour renter en centre ville , du stationnement , de tourner pour une place donc augmenter sa consommation et du coup sa pollution , j’habite au dessus de Nice ou pour 1€ je prend le bus puis le tram a volonté pendant 74mn du coup j’ai viré ma moto et ma bagnole meme si les transports en communs sont sales , sentent la sueur et le rat crevé du au manque de propreté de nombreux utilisateurs , ma femme et moi on a dus descendre plusieurs fois pour échapper l’été a l’infection et pourtant on est pas des sensibles .... 


              • titi 31 octobre 01:26

                @Croa

                « histoire d’affirmer leur différence ! »

                C’est pas qu’une volonté de différence.
                La voiture possède un coffre… on y écoute sa musique et pas celle du voisin… elle démarre à l’heure qu’on veut… elle est chauffée…. etc...

                Ceux qui préconisent les transports en commun ce sont ceux qui ne les utilisent pas.


              • INsoMnia insomnia 31 octobre 10:21

                @Spartacus

                Je vous cite : « Toujours le même but, profiter de vivre aux dépens des autres. »

                Les assistés ne sont pas ceux que l’on croit !

                lien : https://www.journaldunet.com/patrimoine/finances-personnelles/1059791-le-salaire-des-politiques-et-des-elus/1059793-president-de-la-republique

                Je vis dans une ville où la gratuité des transports en commun est de mise. Rien à redire cela fonctionne très bien. 


              • titi 2 novembre 13:23

                @insomnia

                « Je vis dans une ville où la gratuité des transports en commun est de mise »

                La gratuité ca n’existe pas.
                Quelqu’un paie.
                 


              • INsoMnia insomnia 2 novembre 22:25

                @titi

                Vous payez pour d’autres regardez le lien... 


              • sirocco sirocco 30 octobre 13:20

                Un autre argument pour la gratuité :

                le niveau d’insécurité et le nombre des « incivilités » (pour ne pas dire agressions) a drastiquement chuté dans les transports en commun des agglomérations où la gratuité a été instaurée.

                C’est ce qui a été constaté à Dunkerque, par exemple.

                Pour cette raison, les conducteurs/trices, souvent victimes de ces incivilités, devraient être massivement en faveur de la gratuité.


                • velosolex velosolex 30 octobre 23:24

                  @sirocco
                  La gratuité des transports diminuerait un peu les écarts de fortune, en permettant aux plus pauvres de ne pas hésiter à se déplacer, et de pouvoir se passer d’un engin souvent vieux, peu sûr, polluant et accidentogène.

                  De toute façon, bientôt, ils n’en auront plus, avec les contrôles techniques de plus en plus exigeant, l’augmentation abyssale de l’essence, et le risque de contravention multiplié. Les villes de toute façon sont arrivés à saturation complète, et pour le moment l’état parvient vaille que vaille à cacher les effets mortifères de la pollution. Mais l’histoire et la necessité vont forcément impacter les usages. La voiture ne va plus être plus possible que pour les très riches, dans certaines villes, ce qui va augmenter la colère des autres, n’admettant pas de se faire polluer par les happy few. 
                  A l’image de Dunkerque, il faut évidemment rendre les transports gratuits, instaurer des tramways, si nombreux dans les villes il y a 100 ans et plus....


                • zygzornifle zygzornifle 30 octobre 16:11

                  GRATUIT ? 

                  Macron va faire sortir ce mot insultant des dictionnaires de Wikipédia et sera censuré dans les moteurs de recherche , fait pas déconner avec les mougeons, on marche ou on paye ....


                  • Olivier 30 octobre 17:57

                    Article très intéressant.

                    Le seul point faible est que la gratuité des transports en commun ne diminuerait que peu l’utilisation de l’automobile, car énormément de déplacements ne sont pas possibles en transports en commun, par exemple des trajets de banlieue à banlieue ou en campagne. Chaque personne a ses propres besoins auxquels les transports en commun répondent mal ou pas du tout, sauf dans Paris intra-muros.

                    Les prestations pitoyables de la SNCF en banlieue parisienne (trains bondés, retards constants, grèves, pannes, etc.) ne font rien pour améliorer la situation.

                    La seule solution est de décentraliser les sièges des grandes administrations et d’entreprises, et développer le télétravail. Sur ce dernier point malheureusement l’évolution des mentalités est très lente.


                    • velosolex velosolex 30 octobre 23:27

                      @Olivier
                      Chaque problème que vous soulevez est en fait une solution. Il faut revenir au local, c’est à dire permettre au commerce de proximité en état de mort célébral de revenir dans les villes et villages, faire en sorte que les gens aient de moins en moins besoin de se déplacer, dans un monde où tout de façon, tout s’uniformise. L’utopie est un autre façon d’émerveillé le monde, dans une époque désenchantée. 


                    • Croa Croa 31 octobre 00:12

                      À Olivier,
                      Les trajets banlieue à banlieue n’existent pas parce que, payants, ils ne seraient pas rentables. La gratuité résout le problème !


                    • Arthur Gohin 30 octobre 18:49

                        Je pense que cette question de la gratuité est marginale devant celle des infrastructures : si l’investissement routier est pour les bus avec des voies et des couloirs réservés, si le bus devient plus rapide car jamais pris dans les encombrements et si au contraire la voiture ne bénéficie plus les énormes investissements actuels, alors naturellement le bus sera complètement dominant. 

                        De même pour le train. 

                        Mais le gouvernement tient-il à perdre les taxes sur les carburants ? Non, il préfère perdre la santé des citoyens. 


                      • McGurk McGurk 30 octobre 21:51

                        @Arthur Gohin

                        Oui mais justement, la voiture reste tout de même un outil extrêmement utile et l’Etat fait tout pour emmerder le citoyen : taxes, radars mobiles dans des voitures banalisées, abaissement grotesque de la vitesse.

                        C’est bien de promouvoir le bus et autres transports mais ça ne suffira jamais dans les grosses agglomérations. On déplacerait alors la pollution des voitures aux transports, ce qui reviendrait au même.

                        D’autre part, pouvoir bouger où on veut et transporter ce que l’on veut/qui on veut, ça pas de prix ! Hors de question de ramener ses courses via le bus ou le train !


                      • McGurk McGurk 30 octobre 21:44

                        Si de petits pays comme l’un des pays baltes (je ne sais plus le nom) arrivent à le faire, on est parfaitement capables de le faire également. Etant donné les dépenses de l’Etat et des conseils régionaux qui pompent bien nos impôts, cela est probablement possible.

                        Je viens de voir les immenses factures que le bureau du premier ministre ose présenter aux Français, environ huit fois plus de dépenses que les autres ministères ! Tout cet argent dépensé servirait probablement à nous mettre à disposition des transports confortables et non les merdes qui puent qu’on se tape au quotidien pour un prix délirant.

                        Le plus drôle, c’est lorsqu’on nous dit « ouais mais l’Etat freine les prix sinon ils exploseraient ». Justement, tu as mis les pieds dans tes métros qui sentent le clodo ou tes bus où on dirait qu’on a vomi sur le siège ? Avec un bus qui passe toutes les demi-heures dans une ville urbanisée à deux pas d’une grande ville ? C’est ça que t’appelles « haute fréquence des transports » ou « prix raisonnables » ?

                        Je me doute que derrière ce « non à la gratuité », on parle surtout de profits scandaleux avec des marges confortables pour les actionnaires des société qui tiennent les rênes des transports dans les différentes régions. Et donc un frein à la cupidité.

                        Comme dit dans l’article, les manipulations sont probablement la raison du rejet au-delà de l’objectif financier qu’ils ont pu fixer. Et avec l’horrible Pécresse à la tête de l’IDF, ce cauchemar ambulant je-sais-tout avec un ton tellement hautin, on est pas prêts à voir un service « gratuit ».


                        • velosolex velosolex 30 octobre 23:40

                          @McGurk
                          Vous avez raison. Le problème n’est pas le coût de l’opération, ridicule, en rapport à certaines opérations, comme vous le dites. Voilà qu’on s’apprête à lancer un second porte avion, et de nouveaux EPR fumeux, alors que le premier ne fonctionne toujours pas.
                          La gratuité du transport, s’articulant pourquoi pas avec d’autres réformes, qui limiteraient les déplacements, et qui potentialiseraient demain certaines régions, rentreraient en opposition avec de lobbys ayant pignon sur rue : Les ventes de voiture, les taxis, les entreprises de transport.
                          Notre modèle à bout de souffle bien que conscient de réformes tente toujours d’ajuster celles ci avec la sauvegarde des intérêts habituels. Ce qui aboutit à des effets d’annonces non suivis d’effets, ou à des réformettes qu’on s’abordera afin de revenir au modèle original. 
                          Les pesticides ainsi sur la sellette depuis 50 ans continuent ainsi à nous empoisonner et à nous entraîner chaque année un peu plus vers la mort. On sait ce qu’il faudrait faire, mais comme dans un cauchemar, on n’est incapable de bouger. 
                          Changer les choses serait pourtant bien excitant. Etre pionnier d’un nouveau deal avec la nature, et la vie refonderait le sentiment national et la fierté face à nos enfants qui s’interrogent sur notre inaction. 


                        • McGurk McGurk 31 octobre 10:25

                          @velosolex

                          Oui mais justement, on est pas du tout dans une logique d’innovation en termes d’idées. A chaque fois qu’on nous raconte que tel candidat est « jeune et qu’il va donc faire bouger les choses », on nous prend à la fois pour des cons et en même temps on ressert le vieux modèle légèrement modifié pour faire genre qu’on a fait quelque chose mais en réalité il reste toujours en place.

                          Innover et instaurer une société plus juste, sans que les gens soient écrasés par les impôts et taxes menacerait à la fois le train de vie des élus et remettrait totalement en question le pacte depuis longtemps en place entre eux-mêmes et le monde économique dont les sphères se rejoignent et se fréquentent à haut niveau.

                          Avoir des idées « novatrices » est même presque tabou. L’idée populaire de « mieux vaut ça que l’Ancien régime » ne signifie rien, tout simplement parce que le « vieux modèle » utilisé jadis a été simplement renommé et les rôles redistribués.

                          L’écologie, en France et à l’échelle de l’Europe, n’est qu’une politique et non une réflexion profonde sur la nature et notre survivance dans un milieu qu’on a pratiquement détruit. Comme dit sur un autre sujet, je suis passé dans une région où ils en installaient à perte de vue et ça détruisait à la fois la beauté du paysage, les surfaces agricoles et menaçait directement les oiseaux et riverains.

                          Tant qu’on verra la vie uniquement en terme de rentabilité, on continuera cette société conne et de plus en plus injuste.


                        • velosolex velosolex 31 octobre 11:06

                          @McGurk
                          Je suis tout à fait d’accord avec vous. Plus je vieillis et plus j’ai le blues, non pas en rapport à mon âge, mais devant le spectacle de cet immobilisme permanent, pire la soumission de plus en plus flagrante aux lobbys. Aucune vue politique. On fait semblant, par exemple de découvrir le scandale des bébés sans membres alors que ces affaires sont connues depuis des décennies, et qu’elles explosent...Les études montrant la dégradation du sperme chez les hommes est contigente. Entre 1 et 2% par an. Perte de 30 à 40% du capital depuis les années 60...Un chiffre hallucinant que maintes études a confirmé, mais qui continu à ne donner aucune suite prophylactique. Les perturbations endocriniennes sont légions, et nous sommes tous impactés par les pesticides. La culture de la mort est partout.
                          Dés qu’une étude indépendante, faite par un chercheur courageux montre une supercherie, une intoxication, suit un travail de sape des sociétés, se servant de leur lobbying en place, pour nier, chercher à ridiculiser, gagner du temps, faire des contre-expertises foireuses, par des scientifiques aux conclusions achetées
                          C’est ainsi qu’on a continué à imposer le distilbène, le mediator, l’amiante, le gaucho..... La liste est longue comme un jour sans fin. Je suis en train de lire précisément un excellent livre de Fabrice Nicolino : Un empoisonnement universel....https://bit.ly/2qjvtks


                        • Hijack Hijack 31 octobre 00:35

                          Excellent et très utile article ... donnant des chiffres qui parlent d’eux-mêmes. Si en plus on compare les arguments cités pour la gratuité aux foutaises contre ... : le résultat est clairement pour la gratuité.

                          .

                          On ne peut qu’être surpris que la billetterie ne couvre qu’environ 30% du prix des transports en commun.

                          .

                          Si d’aucuns pensent que ce qui est gratuit n’a pas de valeur (comme expliqué plus haut) ... c’est cette argumentation qui n’en est pas une ... par contre, la qualité de l’air et les vies humaines ... eux, n’ont point de valeur.



                          • Hijack Hijack 31 octobre 00:38

                             ... quand j’écris plus haut ... que l’air et les vies humaines n’ont point de valeur ... j’entends bien sûr par là, qu’aucune valeur ne peut leur être comparable. Que les valeurs en argent ne sont rien, comparés à la vie humaine.


                          • sweach 31 octobre 10:08

                            Actuellement on a tout simplement un mauvais system pour les transports en commun.

                            Ils sont financés par l’impôt à 70% + financés à l’usage à 30% 

                            Hors ces 30% sont insuffisant pour exiger un service de qualité mais ils sont aussi trop important pour l’usagé qui préférera utiliser sa voiture qu’il finance déjà.

                            Résultat on a un service qui tourne presque à vide qu’on paye par l’impôt et qu’on ne peut pas utiliser à l’usage.

                            Deux solutions :

                             Soit on passe à 100% par l’impôt et donc on tombe sur un service dit « gratuit »

                            — Soit on passe à 100% à l’usage et on tombe sur un service plutôt « privé » qui sera obligé de se plier à l’offre et la demande

                            Personnellement savoir que je me fais ponctionner des impôts pour un service que je n’ai pas le droit d’utiliser m’énerve un peu, passer au tout gratuit pourrait être pas mal, mais passer au tout privé même si ce n’est pas ma came serait préférable à la situation actuel.

                            Cependant je vois mal des transports en commun financer 100% à l’usage qui circulerait dans des quartiers chaud.

                            Après soyons fou et essayons d’envisager l’avenir.

                            Moi j’imagine très bien un system de transport où toutes les places de parking seraient occupé par des voitures autonomes, on rentre dans n’importe laqu’elle on tape l’adress du lieu où on veut aller et la voiture nous y dépose, chaque place de parking recharge la voiture et ce system de transport urbain serait limité au frontière de la ville. Avec ce system chaque habitant serait copropriétaire de tout les véhicules et des organismes devraient gérer l’entretien.


                            • dr.jambon-beurre dr.jambon-beurre 2 novembre 04:17

                              La ville de Gap propose déjà la gratuité de ses transports en commun, mais c’est une toute petite ville avec assez peu de lignes et des fréquences faibles. Cet exemple nous montre que c’est faisable et que ça existe déjà.

                              Je suis un utilisateur quotidien des transports en commun mais là où j’habite on dirait que tout est fait pour repousser les clients potentiels :

                                lignes longues faisant de grands détours

                               — des chauffeurs roulant « sport » rendant le trajet d’un inconfort extrême

                                absolument aucune voies réservées au bus, ils se traînent donc dans les bouchons aux côtés des voitures

                                un abonnement qui coûte un peu plus cher que des tickets à l’unité si vous ne faites que 2 trajets par jour, 5 jours par semaine.

                                des horaires jamais respectés sauf pendant heures creuses

                                un réseau qui s’arrête à 20h pour une agglo de plus de 150 000 habitants, 18h le dimanche

                                des bus chinois de mauvaise qualité et dans un état déplorable

                              Pour attirer le chaland, il n’y a pas 36 solutions : il faut des lignes rapides avec une fréquence aux 10 minutes minimum et un prix raisonnable. Les lignes de tram récentes cumulent ces avantages et c’est pourquoi leurs fréquentations augmente très vite après leurs ouvertures.

                              Proposer la gratuité d’un réseau lent et mal pensé me paraît être contre-productif et ne fera pas changer les habitudes des automobilistes.


                              • severic2009 severic2009 6 novembre 04:57

                                Moi qui ai été 26 ans chauffeur de bus urbain,je peux dire ici,que la cause de cette decision et surtout motivée par le manque de courage ++++et de moyens des pouvoirs Publiques.nos impôts et entreprises financent les transports urbains et inter-urbains,les recettes,ne représentent que 20% environ du montant du fonctionnement d’un service de bus...face a la fraude systématique de la délinquance réfractaire,aux règlements aux obligations des institutions Françaises ,le « pas de vagues »,comme pour la police,qui ont eus la consigne de ne plus poursuivre les délinquants...sont les mêmes causes,et donc,les mêmes effets et tout cela est lié avec l’immigration hostile a la France est son peuple qui,n’en déplaise,aux gauchiottes et bonnes âmes qui,préfèrent se soumettre et abdiquer face a la menace de ces ennemis impunis et déclarés de notre société,bien entendu préfère au lieux de lutter, nous qualifier de RACISTES... https://l.facebook.com/l.php?u=https%3A%2F%2Ffrancais.rt.com%2Ffrance%2F55004-interdits-course-poursuite-policiers-vont-ils-lancer-leur-mouvement-pasdevague&h=AT2ylDx3tISjcBJ34unlflYyFy08d_bfDgmFyfWOSyKq74qBgj5QKmgHIokHtvUTe2dfiJ -J3Xxnuj7fWoEeoHoyI3N9yjH8GRzBlSWWvJjmVraPod6-dEsyFt93JWk&s=1

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