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Trevor Noah est un néocolonialiste

Trevor Noah, présentateur américain, affirma, contre le bon sens, l'africanité des joueurs de l'équipe de France. Retour (tardif) sur ses propos incongrus.

Quand l'équipe de France a gagné la coupe du monde 2018, Trevor Noah s'est empressé d'ajouter – de façon superflue et afin d'alimenter une polémique déjà existante – qu'à voir l'origine ethnique des joueurs français, l'Afrique était le réel vainqueur de cette finale de football.

Selon lui, c'était une façon de rendre à César ce qui est César. Ou, autrement dit, de reconnaître dans un élan de fierté – puisqu'il est lui-même métis – le sang de ses ancêtres noirs dans ces jambes qui, à plusieurs reprises, ont marqué durant France-Croatie...

Et c'était donc, ce faisant, et toujours selon lui, un pied de nez aux racistes selon lesquels l'équipe de France devrait être blanche de peau. Mais ce qui est drôle, c'est que cette reconnaissance est paradoxale en ceci qu'elle reprend son argumentaire raciste en le dédouanant de tout racisme précisément parce que, à rebours de toutes les intentions véritablement racistes, elle moque sèchement l'identitarisme supposément absurde des énergumènes – de toute évidence tenants d'une France ethnique – pour qui l'origine africaine des joueurs français devrait d'abord être une honte plutôt qu'une fierté.

C'est dire donc la stupidité de cette démarche : en ne voulant pas paraître raciste, elle est doublement raciste. Car qu'est-ce qu'en somme l'africanité d'un joueur de football ? Y a-t-il l'Idée flottante dans les cieux platoniciens d'une africanité comme il y a celle de la chevalité pour les chevaux ? Si africanité il y a, comment soutenir la présence d'une européanité ? Peut-être existe-t-il une afroeuropéanité... En revanche, comment expliquer que deux essences peuvent cohabiter entre elles ? Puisque l'équipe de France a gagné (et non pas l'« équipe d'Afrique » – qui n'existe pas), la victoire de l'Afrique au dépit de la France signifie qu'à y regarder, l'essence africaine des joueurs prime sur celle de la France. Soit, en définitive, que dire qu'avec ses joueurs noirs, l'équipe de France représente l'Afrique, c'est dire de la même façon qu'un noir n'est jamais totalement français... Et c'est participer (de fait) à l'argumentaire des suprématistes blancs qui avancent la même chose. De là, jusqu'où le ressentiment de cette débile fierté noire mal placée ira-t-il ?

On ne peut pas délibérément célébrer l'origine ethnique des joueurs d'une équipe de football, à moins d'être convaincu soi-même que l'ethnie est le nom – sous le vernis de la biologie – de l'essence telle que théorisée par les écrits des Grecs. Trevor Noah à le droit de soutenir le contraire. Or néanmoins la probité réclame qu'en soutenant cette thèse, il avoue franchement son racisme.

Enfin, pour revenir à l'argument en lui-même de la « victoire de l'Afrique », sans toucher au paradoxe du racisme que soulève une déclaration de cette espèce, reste à dire que c'est même symboliquement faux.

Si l'Afrique doit passer par l'Europe – à savoir bien évidemment son ancien colonisateur – alors la victoire des racines africaines est une victoire en demi-teinte. Pire encore : c'est une défaite. L'Afrique doit être nulle de sorte que ses joueurs passent par l'ancien maître pour vaincre... La victoire eût été que l'Afrique gagnât par ses propres moyens. Si bien que, pour le coup, on eût pu assister à la véritable victoire de l'élève qui dépasse le maître. Mais aujourd'hui, l'Afrique – dont le seul prodige apparent est de passer par la France pour remporter la bataille – est un disciple à la traîne, handicapé et arriéré. Le signe éclatant de son arriération se constate dans son emploi obligé, mais nescient, des béquilles européennes. Comment dès lors peut-on parler de victoire ? Un colonisé toujours colonisé par son ancien colonisateur frôle le ridicule, en passant par celui qui, autrefois, le tenait dans les laisses qu'aujourd'hui son ancien animal abhorre.

Et puis, serait-il légitime de croire que les trollages de cette espèce ne sont qu'insolences mesquines d'avortons mauvais joueurs – de petites gens, en d'autres termes, qui jouissent de la frustration qu'ils occasionnent ?

Car si l'affirmation « l'Afrique gagne » se trouve en situation paradoxale sur deux plans (le plan idéologique et le plan symbolique), il faut croire, à moins de stupidité profonde de celui dont le hobby tient dans de telles affirmations, qu'avec impartialité, ces remous sont des bulles de savon et des gaz d'excitateurs minables pour lesquels il appert que le lazzi est l'unique source de contentement. Lequel, donc, affiche lui-même l'inanité de la démarche.


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9 réactions à cet article    


  • tumed 17 août 13:38

    Franchement, 


    T’a trouvé aucun évenement d’actuaité, aucune vielle routine, aucun sujet tecnhologique, archéologique ou historique a la con, t’a préféré nous parer d’un nanti américain qui a fait une provocation de bauf. 

    On s’en fout. Explicitement.

    • À rebours 17 août 14:41
      Le problème n’est pas vraiment que l’Afrique gagne ou pas à travers la France.

      Un problème plus important a été signalé par Michel Drac dans une de ses dernières vidéos, à savoir que la France au travers de sa vitrine sportive risque d’être très clairement identifiée comme un pays eurafricain par ses partenaires européens.

      Ce qui lui interdira désormais tout leadership européen. Le ton a déjà changé entre Paris et Rome.
      La France est partie avec sa population dans une expérience dont les autres pays ne veulent pas. Nous n’échapperons pas aux conséquences géopolitiques.


      • cyborg 17 août 14:52

        Aimé Césaire parle de « négritude », c’est un « nègre » d’extrême droite sûrement...
         
        Les européens blancs sont les colonisés dorénavant, tout le monde le sait.
         
        Les gens un peu cultivés savent que certains africains ne sont pas noirs, il y a des arabes et mêmes des blancs boers, 3 essences platoniciennes, et les noirs africains d’ailleurs votent à 90% pour un candidat de leur propre ethnie, d’une sous-essence de l’essence noire... Comme quoi le reflet matérialiste a de beaux restes...
        Mais bon le niveau de l’article est tellement bas et convenu que tout commentaire supplémentaire est inutile.


        • bob14 bob14 17 août 17:11

          bof..sans ces « blacks » cette équipe n’aurait jamais pu participer à cette compétition...Comme quoi l’esclavage à du bon ?...

          bon je sors...

          • OMAR 17 août 18:39
            Omar9
            .
            @Vertagus : « l’Afrique était le réel vainqueur de cette finale de football... ».
            .
            Trevor Noah et tous ceux qui pensent ou soutiennent cette grotesque affirmation, sont, soit des complexés, soit des jaloux ou encore de parfaits hypocrites.
            .
            La victoire de l’équipe de France, si elle devait se mesurer à la composante de son effectif est plutôt une gifle à la majorité de l’ensemble des dirigeants africains.
            .
            Elle signifie l’incompétence, la nullité et aussi l’irresponsabilité des responsables et gouvernants africains, à gérer convenablement et judicieusement leurs opportunités et leurs capacités, surtout dans le domaine de la ressource humaine.
            .
            Autrement dit, l’équipe de France de foot sans Kylian Mbappé ou Nabil Fékir, avait aussi toutes ses chances d’être championne du monde.
            .
            Mais qu’il était improbable, pour ne pas écrire impossible pour le Cameroun ou l’Algérie d’accéder à une utopique finale...



            • UnLorrain 18 août 23:35

              Pourquoi des pourquoi volumes 1 et 2 d’un bonhomme de canal plus.

              Il y avait cette explication donnée étudiée scientifiquement entre autre au pourquoi toujours des nwares devants aux marathons ou toujours a peter la gueule plus fort sur rings du paraît il sport roi qu’est la bosque euuh boxe. Le nouare possède un « truc » dans sa fibre musculaire que le leucoderme ne possède pas...un truc qui lui permet d’être supérieur au leucoderme dans bon nombre de disciplines sportives. Ce « truc » était une faculté, une capacité dont je ne me souviens plus du nom qui était donné en explications. En bref et sur ce plan le leucoderme est inférieur au melanoderme.


              • UnLorrain 18 août 23:49

                J’ai envie de dire une autre connerie mais pour au dessus, Éric, un docu supputait une fois que il est probable que le neandertalien ( putin chui incapable a ce moment de l’écrire convenablement excusez du peu ) courait a fond la caisse. ..courait le 200 mètres bien plus vite que Michael Johnson par exemple,ça paraît plausible car ce bonhomme courait pour échapper a la longue dent du tigre a dent de sabre, il était motivé le bon bougre hihihi


                • eric 19 août 12:34

                  @UnLorrain
                  De mémoire, il s’agit de calculs réalisés sur la base de traces de course fossilisées, découvertes, je crois, en Afrique du sud, endroit ou pas un Néandertal n’a jamais mis les pieds...


                • microf 20 août 11:17
                  FRANCE =

                  F= Former
                  R= Residents of
                  A = Africa
                  N = Now
                  C = Called
                  E = Europeans

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