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Trump est-il entré dans une crise des alternatives  ?

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Au Moyen-Orient, il est toujours difficile d’élaborer des scénarios pour la période à venir, raison pour laquelle une question traditionnelle se pose. Devant la crise iranienne, l’administration du président américain Donald Trump traverse-t-elle une crise des alternatives stratégiques  ?

Cette hypothèse de crise des alternatives est surtout due au peu d’options disponibles à la présidence pour répondre aux provocations et violations militaires iraniennes qui minent la sécurité et la stabilité de la région et du monde.

Pour revenir sur cette hypothèse, il faut d’abord se rendre d’une chose. Le président Trump ne préfère pas en fait recourir à l’option militaire. Il s’agit là d’un constat clair auquel il faut faire face et c’est aussi l’une des causes de cette crise des alternatives.

Mais qu’en est-il des autres options  ? La gestion de crise, n’importe quelle crise, se complique lorsque l’une des options les plus importantes est écartée de la table dès le début. Et comme le président Trump a carrément mis de côté l’option militaire, il a pratiquement vidé les autres options de leur sens.

Comment cela  ? Tout d’abord, admettons que la mollahcracie n’est pas un système politique traditionnel. C’est un système théocratique animé d’une idéologie expansionniste extrémiste qui préconise le transfert du conflit sur la terre des autres. Il utilise la stratégie de la guerre par procuration à travers des courants extrémistes dans plusieurs pays arabes.

Par conséquent, le mode de pensée qui domine la prise de décision iranienne actuelle ne favorise pas la compréhension ou la résolution politique des crises si le régime n’obtient pas ce qu’il veut, voir la main libre et l’hégémonie dans la région. Les dirigeants du régime iranien se sont vantés d’avoir pris le contrôle de capitales arabes et que leur influence s’est étendue aux côtes méditerranéennes à travers l’Irak et la Syrie.

Des observateurs occidentaux soutiennent que le président Trump a commis une erreur en se retirant de l’accord nucléaire iranien signé en 2015 avec le groupe P5+1. Ils pensent qu’il n’a pas étudié les étapes et les scénarios possibles en fonction de la réaction attendue du régime des mollahs, un régime qui a déjà un tempérament suicidaire qui ne contribue pas à la sécurité et à la stabilité. C’est un point de vue qui a une certaine pertinence analytique.

D’autres estiment aussi que le problème ne concerne pas le retrait de l’accord nucléaire. Le silence de la Maison-Blanche sur la chute du drone américain a peut-être poussé les mollahs à commettre d’autres folies.

Mais je pense que l’erreur stratégique la plus grave est que le Président Trump a désavoué la protection de son allié saoudien.

Les affirmations claires et répétées des États-Unis au sujet de leur refus de tout engagement à protéger l’allié saoudien ont torpillé toutes les formules d’alliance stratégique dont le partenariat stratégique américano-saudien a longtemps discuté, et si il s’agit d’une telle alliance ou un partenariat stratégique.

Puis, le président Trump en est venu à nier toute exigence traditionnelle concernant les formules de partenariat et d’élaborer une formule novatrice qui ne serait peut-être pas fidèle à l’histoire des intérêts stratégiques des deux pays.

Devant sa crise des options, le président Trump est bien conscient que le fait de ne pas réagir incitera les mollahs à perpétuer leurs bêtises.

Mais il redoute que toute frappe militaire contre l’Iran n’affecte son avenir politique.

Trump ne prévoit pas de laisser l’Arabie saoudite seule face à la menace iranienne. Mais il n’est pas prêt à risquer son avenir à la Maison-Blanche. Il a lancé une alliance internationale pour protéger la navigation dans le Golfe, puis a laissé à l’Arabie saoudite le soin de décider comment réagir et a annoncé de nouvelles sanctions contre l’Iran. Tout cela signifie que Trump donne à son propre intérêt une priorité absolue à ce stade.

Le problème, c’est que Trump veut fournir un cadre international pour répondre fermement à l’Iran. C’est une affaire difficile parce qu’il est bien conscient que ses adversaires stratégiques, comme la Chine et la Russie, ne sont pas prêts à le soutenir.

Le dilemme le plus épineux est que le Président Trump et les mollahs en sont arrivés à un point où il est difficile de parvenir à un règlement sans concessions substantielles de part et d’autre. C’est là un autre aspect de la crise des alternatives.

Les mollahs sont un régime suicidaire qui n’hésitera pas à poursuivre son entêtement, tout simplement parce qu’il ne subit pas les conséquences du blocus économique américain sévère  ; le peuple iranien les subit. Le président Trump ne pourra signer aucun amendement à l’accord nucléaire à moins qu’il ne comprenne une partie de ce à quoi il s’attendait. Ainsi, il pourra le présenter aux électeurs américains comme une victoire politique.

Maintenant, la question est de savoir si Trump peut forcer le régime des mollahs à s’asseoir à la table des négociations pour un nouvel accord ou des amendements à l’accord nucléaire actuel.

La réponse est probablement non, à moins que le régime ne craigne une attaque militaire qui menace sa survie ou qu’il n’y ait une véritable concession politique de la Maison blanche.


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3 réactions à cet article    


  • phan 25 septembre 19:31
    D’abord Trump, escroc, raciste et tricheur a besoin de l’accord du Sénat pour faire la guerre à l’Iran. Ensuite Trump a livré des milliards de $ d’armement de camelote aux deux wahhabites MBS et MBZ pour mater les rebelles Houthis, pour bombarder et affamer les Yéménites. Manque de bol, il y a du répondant de l’autre côté yéménite. MBZ a déguerpi le champ de bataille la queue entre les jambes. MBS alias SAW VI comprend maintenant ce que c’est réellement une frappe chirurgicale !
    Les drones huthis ont ouvert la boîte de Pandore (1e partie) (2e partie)

    • sls0 sls0 26 septembre 01:57

      @phan
      Eh oui, coté militaires les pays du golfe sont des bras cassés, ils peuvent acheter tour le matériel qu’ils veulent ils ne savent pas s’en servir.
      Pour défendre efficacement leurs bases en Syrie contre les drones les russes emploient avec succès le système pantsir.
      Je m’étais dit qu’en plus d’acheter US il devront acheter russe.
      Par curiosité je suis allé voir s’ils en étaient pas équipé. Les EAU ont en 50. C’est pas des russes ou syriens au commandes, ça fait la différence.
      Il y a deux jours je suis allé voir une chaine youtube houthi. Dans une vidéo on voit les houthis moucher un véhicule blindé, un autre arrive, ensuite un autre,... ça dure 2h ce manège, pas un seul soutien d’artillerie ou aérien. Même manège avec des IED.
      Ils ne sont bons qu’à défiler. En face les houthis on sait depuis des décennies que ce sont des guerriers nés. Sur les vidéos c’est un peu le tir aux pigeons, ensuite les soldats de la coalition se sauvent en laissant plein de matériel pour le plus grand plaisir des houthis.

      En mai il y avait un article du New York times sur la qualité des drones houthis. Il parlaient des 140 missions drone faites par les houthis.
      L’aéroport d’Abu Dhabi est mouché à 1400km par des drones houthis, il y a des vidéos de surveillance qui montre les modèles ainsi que la direction.
      A la mi aout une station de pompage saoudienne est mouché à 1200km, les saoudiens disent d’abord que c’est un sabotage pour ensuite avouer que c’est des drones houthis.
      Et tout d’un coup en septembre les houthis n’auraient pas les capacités de moucher des objectifs en Arabie ?
      Le plus cher dans le drone UAV-X qui fait tout ces dégâts c’est le moteur, il est soit allemand à 1380€ ou chinois à 1170€. Ce ne sont pas les iraniens derrière mais les allemands ou chinois qui fournissent le matériel. 
      Les drones houthis sont en résine, ceux des américains sont métalliques, ils ont une signature radar 10 à 100 fois supérieure aux drones houthis.

      Pour prouver que c’est pas les houthis à l’origine des destructions les américains et saoudiens emploient des vues aériennes.
      Les américains coupent la photo pour qu’on ne voit pas le nord.
      Les saoudiens eux collent une autre rose des vents avec un nord dans une autre direction.
      Les médias feraient leur boulot à minima la supercherie serait démontrée.


    • Gisyl 26 septembre 10:04

      Si l’Arabie saoudite pense que l’Iran est son ennemie pourquoi ne l’attaque-t-elle pas elle-même et toute seule ? C’est une curieuse réaction de la part d’un Etat souverain de vouloir que des états lointains fassent la guerre à leur place.

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