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Turkestan, la perle du désert

 

En ces temps de retour de Borat sur les écrans, qui connaît la ville de Turkestan au Kazakhstan ? Celle qui recèle de trésors historiques et culturels et celle à qui l’on a donné le surnom de « perle de désert » est située sur l’antique route de la soie. J’ai visité cette ville au cours d’un voyage culturel au Kazakhstan, à l’automne 2018. Ce gigantesque pays d’Asie centrale frappe d’emblée le visiteur par sa richesse historique et culturelle ; sans doute mérite-t-il un récit de voyage.

Le Kazakhstan, étape clé de l’antique route de la soie

L’auteur de Borat n’a-t-il pas usé d’un procédé parfois utilisé en littérature qui consiste à désigner ces ennemis sous les traits d’un autre. Voltaire n’a-t-il pas ainsi désigné les Prussiens sous le nom de Bulgares et Beaumarchais n’a-t-il pas situé sa violente diatribe contre l’ancien régime et ses privilèges dans le Mariage de Figaro en Espagne. Il ne serait pas interdit d’imaginer que sous le Kazakhstan, ce serait un tout autre pays qui serait ici visé qui se distinguerait parfois par la subtilité de certains de ses dirigeants. Sacha Baron Cohen n’a-t-il pas lui-même dit au New York Times qu’il avait choisi le Kazakhstan, car personne ne connaissait ce pays aux Etats-Unis.

Marco Polo a voyagé sur la route de la soie, alors que Gengis khan et la Horde d’Or y faisait régner la terreur ; mais, aussi une forme de sécurité, selon les récits de voyage de l’illustre voyageur. Cette région est dépositaire de l’histoire de l’antique route de la soie, ainsi que de celle des anciens khanats kazakhs. Lors de mon voyage, j’ai visité le sud du pays qui abrite moultes étapes de l’antique route de la soie qui dès le Vème siècle avant JC liait la Chine au Moyen-Orient. Les villes de Turkestan et l’antique Otrar sont dépositaires de l’identité des anciens khanats kazakhs. Elles abritent les mausolées de Khoja Ahmed Yasavi, classé au patrimoine universel de l’Unesco et 2ème lieu de pélerinage, après la Mecque pour les musulmans, ainsi que le mausolée d’Arystan Bab et celui de Gaukhar Ana. Le mausolée de Khoja Ahmed Yasavi fut édifié par Tamerlan en 1389, en l’honneur de ce maître soufi et afin de célébrer sa victoire contre la Horde d’Or.

Loin des stéréotypes culturels, un lieu géopolitique stratégique

Au-delà des stéréotypes qui ont fait florès sur l’Europe orientale, comme sur l’Asie centrale, le Kazakhstan ne saurait être réduit à une nation de buveur de shubat (lait fermenté de chamelle), confinée dans un désert de glace et de steppes. La région du sud Kazakhstan est au contraire riche du point de vue agricole, son sol fertile arrosé par le Syr-Daria produit « l’or blanc » d’Asie centrale : d’immenses champs de coton recouvrent ainsi cette région. Les chinois, eux aussi friands, de ce lait de chamelle ont installé l’lnner Mongolia Institute of Camel Research qui transforme ce précieux breuvage biologique. Or, le chameau symbolise la route de la soie et ses caravanes nomades. Bien que les caravanes ne soient plus à présent le meilleur moyen de transport sur « les nouvelles routes de la soie », réelle est la volonté du Kazakhstan de préserver l’environnement et de favoriser une approché durable de ces nouveaux axes de développement.

Pour qui s’intéresse à l’équilibre du monde, le Kazakhstan situé à une position géographique stratégique ne saurait être ignoré. La récente passe d’arme diplomatique survenue au début de l’été 2020 entre la Chine et le Kazakhstan au sujet de la supposée « pneumonie kazakhe » illustre à elle seule l’enjeu que représente le Kazakhstan, ne serait-ce que dans la politique d’influence chinoise. L’antique civilisation Kazakhe partagée entre le nomadisme des steppes et la sédentarité des oasis pourrait offrir un paradigme d’étude au monde post-covid 19. Le déplacement des biens et des personnes se saurait en effet plus jamais être envisagé selon le modèle de l’ancien monde, dans lequel le risque sanitaire semblait avoir disparu et le gaspillage énergétique trop présent. La millénaire route commerciale de la soie qui cheminait durant 1700 km dans les steppes kazakhes pourrait se muer à travers « les nouvelles routes de la soie » en un vecteur d’échanges éco-responsables.

Dans la steppe, nombre de monuments et d’idées sont ainsi à découvrir qui font du Kazakhstan un lieu insolite, loin du tourisme de masse.


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4 réactions à cet article    


  • raymond 4 novembre 2020 10:59

    Merci, se serait bien d’ajouter une carte et aussi de développer un peu les moyens de ravitaillement pour faire un treck.


    • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 4 novembre 2020 11:20

      « loin du tourisme de masse. »

      pauv’ cocotte !


      • arthes arthes 5 novembre 2020 14:48

        @Séraphin Lampion

        Pourquoi dites vous cela ?


      • arthes arthes 5 novembre 2020 16:34

        Euh....P’être que le trium qui a plussé il a un manière de réponse ?  Détaillée j’entends

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