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Accueil du site > Tribune Libre > U Levante, quand l’écologie est le faux-nez de l’ultranationalisme

U Levante, quand l’écologie est le faux-nez de l’ultranationalisme et des gros sous

En Corse, la cause écologiste se retrouve aujourd’hui instrumentalisée à des fins patrimoniales et privées, aussi bien que politiques, à la faveur de la « corsitude » et de certains pro-nationalismes.

Cette situation est grave et préoccupante. Car il ne faut pas s’y tromper, cette instrumentalisation constitue un frein majeur au développement de la Corse.

Des associations, qui manquent d’expertise économique ou juridique comme de transparence, opposent des procédures dilatoires à des projets mixtes, par essence respectueux de l’environnement, par ailleurs légaux, et qui s’inscrivent dans une réelle perspective de croissance économique, maîtrisée et réfléchie, du territoire. Tout en permettant à des projets privés, illégaux et sans intérêt pour le développement de la Corse, de prospérer.

Le meilleur exemple en est le projet d’aménagement agrotouristique des 8,8 hectares « non classés » de La Testa Ventilegne par la mairie de Figari, qui est attaqué alors que les mêmes associations laissent prospérer un cabanon les pieds dans l’eau et un ponton privé à 100 mètres de la plage. Un cabanon et un ponton construit par… les principaux opposants au projet de la mairie de Figari. Quelle hypocrisie ! Ces associations, comme U Levante, qui ne servent au final ni la cause de l’environnement ni celle de la Corse, mais plutôt la leur, entretiennent la dépendance économique de l'Île, sans lui permettre de trouver sa place dans l’économie mondiale. Ces associations salissent l’image de l'Île en perpétuant des pratiques de politique politiciennes, et en permettant à leurs membres de faire d’une main ce qu’elles dénoncent de l’autre. Tout cela à l’heure où une nouvelle génération d’entrepreneurs responsables cherche, au contraire, à lui donner un avenir, à lui permettre de regarder vers l’avant. Et non vers le passé.

Le cas emblématique de U Levante

U Levante est une association de “protection de l’environnement” créée en 1986 pour la défense d’un site classé dans la région de Corte. A sa création, l'association s'affiche comme « indépendante de tous les pouvoirs » et fonctionne sans pot de vin subvention aucune. Elle réunit des personnes issues de diverses tendances et mouvances autour des questions de protection de l'environnement en Corse et contre la bétonisation abusive, principalement aux abords du littoral.

Sur le papier, U levante annonce vouloir protéger les espaces, ressources, milieux et habitats naturels, les espèces animales et végétales, la diversité et les équilibres écologiques fondamentaux, l’eau, l’air, les sols, les paysages et le cadre de vie. Ce combat est évidemment aussi primordial que louable.

Deux points de vue s’affrontent :

Sur l'île, historiquement, deux tendances de fond s'opposent. Une tendance favorable à l’ouverture sur le monde, qui souhaite développer l'économie de l'île pour lui donner les moyens de son indépendance, au bénéfice de l'ensemble de la population, et dans le cadre administratif et politique français. La deuxième est une tendance au repli sur soi, au maintien de “traditions” et d'un ordre ancien profitant à un petit nombre, en se drapant de l’étendard de la la protection de l'environnement et en se revendiquant d'un nationalisme farouche. Dans ce contexte, les porte-paroles d’U Levante se distinguent davantage par leurs ambiguïtés que par les combats qu'ils mènent... ou plutôt ne mènent pas !

Des combats sélectifs

Un hôtel de 60 chambres en plein espace remarquable

U Levante multiplie invectives et actions en Justice pour maintenir son ordre sur l'Île. Toutefois elle paraît bien sélective dans son approche, et ne semble s'accommoder de la Justice rendue que quand cette dernière lui donne raison.

Ainsi, l’association U Levante n’a, par exemple, pas combattu le projet de construction d’un hôtel dans le Golfe de la Commune de Porto-Vecchio, portant sur l’édification d’un ensemble de 60 chambres avec services annexes, restauration, piscine, spa et fitness, alors même qu’il est situé en espace remarquable caractéristique du littoral, identifié par le PADDUC. Et pourtant, ce projet hôtelier est situé à proximité immédiate de zones protégées ZNIEFF type I et II, et de sites Natura 2000, dans un secteur où des peuplements à préserver de tortues d’Hermann ont été identifiés.


 

Encore mieux, le projet hôtelier est lui-même directement édifié sur une parcelle, dont la partie sud est inscrite en zone protégée ZNIEFF type I.

Mais que fait U Levante, preux défenseur de l’écologie et de la neutralité politique ?

Une exploitation “agricole” et hôtelière

Un autre exemple d’omission, est la construction de la Résidence Les Bergeries du Prunelli, sur la Commune de Cauro. 

Si le site Internet des Bergeries du Prunelli les présente comme situées autour d’une exploitation agricole, il n’en demeure pas moins qu’elles contredisent le Code de l’urbanisme conformément à la jurisprudence constante du Conseil d’Etat en la matière : « Considérant qu'alors même que les ressources procurées par un gîte rural seraient utiles, voire indispensables, à l'équilibre économique d'une exploitation agricole, la construction d'un édifice hôtelier ne peut être regardée comme nécessaire à cette exploitation au sens du code de l'urbanisme ». Par ailleurs, l’implantation des bâtiments méconnaît les dispositions des articles L.111-3 et R.111-14 du Code de l’urbanisme, selon lesquelles, en l'absence de plan local d'urbanisme, les constructions ne peuvent être autorisées que dans les parties urbanisées de la commune, à l’exception des constructions et installations nécessaires à l'exploitation agricole, et uniquement celles-ci. Or les Bergeries du Prunelli se situent à bonne distance du Village de Cauro, dans un espace naturel vierge.

L’inaction et le silence assourdissant de l’association U Levante sur le dossier de la Résidence Les Bergeries du Prunelli contraste, par exemple, avec leur action, médiatique contre le Domaine de Murtoli alors que ce dernier procède, lui, à des réhabilitations de bergeries. Ou contre le Domaine de Saparella, dans le Golfe d’Ajaccio. 

Sans juger ni condamner par principe le fait de valoriser une exploitation agricole par de l’hébergement, une question demeure : pourquoi U Levante a t-il décidé d’agir dans certains cas, mais pas dans d’autres, quels sont ses intérêts ? 

Si la préservation de l’environnement est vraiment la priorité de l’association U Levante, alors une telle différence de traitement ne devrait pas exister, et pourtant elle est indéniable. Comment l’expliquer ?

Un cabanon et un ponton en plein Conservatoire du littoral

Autre fait d’armes, l’association U Levante s’oppose à une opération d’aménagement de la mairie de Figari portant sur 8,8 hectares sur les 2 000 hectares du site protégé, classé ZNIEFF et Natura 2000, de La Testa Ventilegne. 

Les 8,8 hectares concernés par le projet sont une propriété communale et constituent une
enclave « non classée », située à un peu plus d'1 kilomètre de la mer. Cette enclave englobe un ancien hameau, composé de vieilles bâtisses et de bergeries en ruine, que les autorités locales souhaitent réhabiliter. 

Le projet de la commune est de sauver ce « patrimoine agricole bâti » du pillage, sans construire de route, mais en créant « des pistes ou des chemins pavés » et en construisant
« un espace hôtelier à taille humaine », axé sur l’ « agrotourisme ». 

Ce projet a été jugé « exemplaire » et compatible avec le schéma d'aménagement de la Corse, par les services de l'État, aussi bien que de la Collectivité Territoriale de Corse (CTC). La mairie de Figari rappelle, par ailleurs, que c’est elle-même qui a permis l’acquisition de la Testa Ventilegne par le Conservatoire du littoral, tout en se réservant une servitude de passage, précisément pour protéger le site de la spéculation immobilière, et permettre à terme le désenclavement de la propriété communale, soit les 8,8 hectares non classés concernés par le projet. Elle est même allée jusqu’à créer une « zone inaliénable » sur une bande de 200 mètres pour protéger le bord de mer. Ce qui, en Corse, a valeur d’exemple. 

U Levante attaque ce projet, ce qui est son droit. Mais elle « oublie » d’attaquer la construction, totalement illégale et située dans la zone acquise par le Conservatoire du littoral, d’un cabanon et d’un ponton réservés à un usage privé, et situés dans la bande des 100 mètres, en bord de mer. Il faut noter que ce cabanon et ce ponton ont été construits par deux proches de l’association U Levante, qui figurent parmi les opposants les plus virulents au projet, pourtant fondé dans son intention, valide, respectueux de l’environnement - et surtout totalement légal - de la mairie de Figari.

Ci-dessus - Le cabanon et le ponton privés de la Testa Ventilegne

Ces proches de l’association U Levante sont également, il faut le noter, des responsables politiques nationalistes, dont une est élue à l’Assemblée de Corse, sous l’étiquette Corsica Libera. Si U Levante attaque volontiers les paillottes, qui sont pourtant un élément du développement touristique, créant des richesses et de l’emploi local, ils n’ont pas demandé la démolition de ce ponton ni de ce cabanon qui, après avoir été détruit par le feu, a même été reconstruit « en dur ». Aucun commentaire n’a, au passage, été formulé par le Directeur du Conservatoire du littoral, qu’on a connu plus vigilant. 

L'association est-elle à ce point borgne pour avoir une vue aussi partielle, ou plutôt partiale ? Elle regarde au levant... elle ferait mieux de regarder au ponant, au nord et puis au sud plutôt que de se montrer toujours aussi sélective.

Les autres cas sont nombreux.

Des responsables d’association à l’image douteuse

Lisandru Plasenzotti, porte-parole d’U Levante, représente assez bien ce qui semble être l’état d’esprit de l'association. Plusieurs fois mis en examen en mars 2016 pour association de malfaiteurs, infraction à la législation sur les armes et infraction à la législation sur les stupéfiants, Lisandru Plasenzotti est un habitué des magouilles et des techniques d’intimidation. Mêlant incitation à la violence, discours complotistes et anti-flic, le compte Twitter de Lisandru Plasenzotti en dit long sur les usages de l’association et sa capacité de “dissuasion”.

 

 


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7 réactions à cet article    


  • foufouille foufouille 4 août 15:34

    donc nationaliste = pas bien car blanc et pas importé esclave.
    "Le projet de la commune est de sauver ce « patrimoine agricole bâti » du pillage, sans construire de route, mais en créant « des pistes ou des chemins pavés » et en construisant
    « un espace hôtelier à taille humaine », axé sur l’ « agrotourisme ». "
    un truc pour bobo puant en bonne santé.
    c’est pour bientôt l’euthanazie des invalides ?


    • sarcastelle sarcastelle 4 août 17:31

      Je n’y comprends rien, rien du tout, mais c’est normal, je ne suis pas corse. Voir la conclusion de l’enquête corse de Pétillon. 



      • Esprit Critique 4 août 19:55

        L’Ecologie politique n’est que le Faux nez de manipulations, cupidité, escroqueries en tout genre,

        Il n’y a strictement rien de bon a tirer de l’écologie politique.

        Une maladie politique parasitaire absolue !


        • Ratatouille Ratatouille 5 août 12:35

          Le double zéro est en pénurie de stock ?.. smiley
          ou bien LGBT est majoritaire ?


          • kirios 13 août 19:29

            "En Corse, la cause écologiste se retrouve aujourd’hui instrumentalisée à des fins patrimoniales et privées, aussi bien que politiques, à la faveur de la « corsitude » et de certains pro-nationalismes.

            Cette situation est grave et préoccupante. Car il ne faut pas s’y tromper, cette instrumentalisation constitue un frein majeur au développement de la Corse."

            tout est dit  !

            inutile de continuer à lire , il est évident que MA-Vesperini nous prend pour des billes.

            cet article est passé inaperçu , tant mieux car il est digne des nouveaux chiens de garde dont Agoravox veut être le contrepied .

            non MA_VESPERINI la Corse ne doit pas continuer sa mutation pour être le bronzecul des nouveaux riches sans aucune dignité qui ont que leur fric pour les habiller

            la Corse a besoin de se retrouver, d’être elle même pour ses enfants - ceux qui la chérissent , la respectent - ceux qui savent que le mondialisme est la destruction assurée pour notre Pays (la Corse), ses enfants ... et pour tout le reste du monde .


            • damocles damocles 13 août 20:10

              Ma Vesperini ,vous defendez un type de tourisme, un « developpement » qui ne profite ni aux corses ni à la Corse , vous defendez l’appropriation future des côtes ,des espaces remarquables ,des sites classés, au seul profit de quelques milliardaires ,le peuple corse vous vous en foutez completement ,pourvu que vous encaissiez quelques miettes laissées sur la table par cette bande de rapaces !

              Ce que vous defendez ce n’est ni plus ni moins que la vente de LA CORSE A LA DECOUPE à l’hypercapitalisme mondialiste !

              Le PEUPLE CORSE , a ,aux dernieres legislatives , balayé tous les promoteurs de la politique fonciere que vous defendez , et ce n’est pas par des attaques personnelles que vous le ferez changer d’avis !

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