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Accueil du site > Tribune Libre > Un (bref) historique de la cheffitude

Un (bref) historique de la cheffitude

 ‘ Il n’y a guère d’exemple de système social complexe sans hiérarchie et il est même difficile d’en concevoir l’existence.’ Adeline Daumard (1924-2003, historienne). Pourquoi ? Comment ?

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 Indépendamment de toute espèce de force politique, l’évolution des sociétés humaines dépend de trois paramètres inter-corrélés mais distinguables : la densité de population, les apports technologiques, la division du travail. L’évolution sur une longue période ne dépend à peu près pas des individus ou de ceux qui prétendent les mener. Elle le fruit du temps qui passe qui permet d’innombrables expériences d’essais et erreurs, parfois teintées de raison, ‘génitrices’ d’innovations et de ruptures technologiques, elles-mêmes porteuses d’une structuration du milieu social pour les transformer en sociétés complexes où les éléments sont imbriqués, ce qui les rend difficiles à saisir.

 La vie du chasseur-cueilleur durant le Paléolithique constitue le premier mode de subsistance de l'espèce. La densité de population est alors très faible, inférieure à 0,01 habitant/km2. La densité de population sur l'ensemble des terres émergées est actuellement de l’ordre de 50 habitant/km2 soit plusieurs milliers de fois plus. La surface de sol nécessaire pour assurer l’autonomie alimentaire d’un Homme moderne (sans eau, sans gaz, sans électricité…) est de l’ordre de 1000 m2. Pour la population totale de la France ceci représente 10% de la superficie totale. L’Homme du Paléolithique est débarrassé en grande partie des innombrables tutelles hiérarchiques que devront accepter ses successeurs et si l’on veut la même indépendance il faudra renoncer à tout ce qui est mis à disposition grâce aux énergies fossiles sources premières des dépendances.

 Le Paléolithique commence il y a quelque 3 millions d’années avec l’apparition de l’âge de pierre. Viendra ensuite l’âge de bronze (à partir de 2700 avant J.C.) puis l’âge du fer (1100 av. J.-C.). Le bronze est un mélange de cuivre et d’étain, avec quelques autres métaux. L’alliage est obtenu en mélangeant les minerais d'étain et de cuivre dans des proportions convenables avant de les soumettre à l'action réductrice du feu. Des couches de minerais (Cu3(OH)2(CO3)2, Cu2(AsO4)OH…) alternent avec des couches de charbon de bois qui servent à la fois au chauffage et à la réduction du minerai. La maîtrise de la métallurgie prit des centaines d’années et peu à peu façonna les sociétés. Les outils en métal remplaceront progressivement les outils en pierre moins performants. Le savoir de tailler la pierre ou le talent des chimistes ne permettaient certainement pas aux artisans de briguer la place de chef. La tribu souhaitait avant tout se protéger des attaques extérieures et privilégiait en conséquence les qualités de guerrier. Chacun s’abritait derrière le plus valeureux. Historiquement, les créateurs, les innovateurs ne feront jamais (ou très rarement) partie des gens de pouvoir. Mais, parallèlement, l’organisation des sociétés est bouleversée par les apports inventifs. La chasse est pratiquée en petits groupes, de 20 à 30 membres, afin qu’il y ait assez de chasseurs pour pouvoir traquer les animaux mais pas trop pour éviter les conflits et les luttes internes. Les Hommes passèrent graduellement de la cueillette de céréales sauvages et de la chasse à la production de plantes et d'animaux domestiqués, ceci qui prit près de 4 000 ans. Vers 8000 av. J. -C., la région incluant Mésopotamie-Irak-Syrie-Palestine voit apparaître les premiers agriculteurs et les villes s’agrandissent. En Palestine, le village de Jéricho regroupe par exemple près de 300 habitants. On assiste dans le même temps à un fort accroissement de la population. Une certaine division du travail et une tutelle hiérarchique existaient déjà au sein des groupes de chasseur-cueilleur mais elles vont se développer immensément au sein des villages, notamment entre agriculteurs et artisans. On a découvert que la qualité de l'alimentation des populations du néolithique était généralement inférieure à celle des chasseurs-cueilleurs. Ceci implique que la relation entre progrès et mieux-être doit être relativisée. Elle se traduisit par une diminution de la taille moyenne des hommes qui baissa de 18 cm. Les Hommes s’organisèrent selon une vie en société plus complexe avec des codes de loi, des religions, une hiérarchie sociale plus stricte et même des hommes chargés plus spécifiquement de la défense des communautés (militaires).

 L’empire romain s’établit pour quelques centaines d’années à la naissance du premier millénaire. La ville de Rome a pu compter plus d’un million d’habitants, soit 1000 habitants à l’hectare (10 000 m2). L’organisation politique évolua de la Monarchie à la République avant de donner lieu après divers stades à l’Empire. À l’origine, des consuls issus des familles nobles étaient élus par les hommes libres de Rome. Ils possédaient le pouvoir suprême. En 494 av. J.-C., les plébéiens font sécession et s’installent sur la colline de l’Aventin en demandant le droit d’élire leurs propres représentants. Les réalisations technologiques des romains sont innombrables (charrue en fer, céramiques, mortier de chaux, aqueduc, miroir…) et eurent un impact environnemental considérable, par exemple en permettant le développement des grands domaines agricoles.

 Les invasions barbares par des tribus germaniques mirent fin à l’empire romain amenant de nouvelles règles de conduite, de nouveaux codes et une nouvelle manière d'accumuler et de répartir les richesses. La féodalité s’établira ensuite en Europe entre le Xe siècle et le XIIe siècle.

 La société féodale est un système éminemment pyramidale. Au sommet, le Roi est le seigneur des seigneurs. Viennent ensuite les nobles (ducs, marquis, comtes, châtelains) et les évêques. L'État fut par la suite morcelé en un grand nombre d'unités autonomes déplaçant la vie sociale vers la campagne. La France métropolitaine compte environ 15 millions d’habitants. La taille des seigneuries est très variable, elles peuvent ne comprendre qu'un hameau ou des régions entières. Peuplée de 25.000 habitants en 1180, Paris passe à 200.000 habitants un siècle et demi plus tard, devenant la plus grande métropole d’Europe à la fin du Moyen Âge. De multiples inventions seront faites durant le moyen-âge : la poudre noire par des alchimistes, l'écluse par un ingénieur, le sextant par un astronome, l'horloge d'édifice par des horlogers, le canon par un scientifique, les lunettes par des souffleurs de verre, la presse d’imprimerie par un imprimeur… ce qui démontre cette fois encore que la passion inventive ne dépend ni de l’époque, ni du modèle social mais est lié à un savoir faire.

 La croissance continue de façon ininterrompue jusqu'au début du XXe siècle. À la veille de la Première Guerre mondiale, Paris contient près de 2 900 000 habitants. Les hiérarchies sociales au XIXe siècle reposent sur deux facteurs : (i) la naissance, le milieu familial, l’entregent, (ii) le mérite, les attributs propres. Les premiers milliardaires apparaissent à la fin de ce siècle, ce sont essentiellement des banquiers et des hommes d’affaires mais quelques entrepreneurs se mêlent à eux. Ce qui assure leur main mise sur les sociétés n’est en aucune façon leur utilité sociale, c’est leur capacité à prendre des décisions bonnes ou mauvaises mais toujours arbitraires, car une décision est toujours arbitraire. Les membres du clergé se réfugient derrière un divin qui les dépasse pour avoir un même rôle de décideur ou d’influenceur sans que l’on puisse contester les fondements de leurs décisions qui sont considérés comme sacrés.

 Mais le caractère valeureux, la sagesse, l’esprit d’entreprise ou la capacité à convaincre les foule ne vont peu à peu plus avoir une quelconque importance pour devenir chef, il suffira d’être (très) fortuné, ‘on’ sous-entendra qu’on ne devient pas riche par hasard.

 Il faut prendre la mesure de ce que représente les spéculations financières de nos jours.

  Les pays développés vivent à crédit, la dette représente plus de 100% de leur production de richesses (PIB) totale. Les transactions dans l’économie dite réelle, estimées par le PIB mondial, représentent moins de 2% de l’ensemble des transactions (financières comme réelles). En d’autres termes, les échanges financiers, qui ne reposent sur rien de concret, représentent l’essentiel des capitaux et donc du pouvoir. De tout temps il était postulé que le mérite et le talent étaient les meilleurs moyens de s’enrichir, ce qui n’était que très partiellement exact. Ce temps est fini ! L’exemple d’une équipe de football montre explicitement qu’avec de l’argent il est possible d’acheter, le plus grand stade, le meilleur entraîneur, le meilleur sélectionneur, les meilleurs joueurs… pour obtenir la meilleure équipe en n’ayant soi-même aucune des qualités requises pour faire quoi que ce soit. Seule une fortune est nécessaire, fortune souvent amassée sans le moindre effort et sans avoir démontré la moindre qualité. Au delà des chefs guerriers valeureux, des monarques plus ou moins éclairés, des républicains plus ou moins sincères, le système permet maintenant l’émergence d’un obscurantisme qui ne permet plus le progrès, même seulement technologique, puisqu’on se réfère explicitement à un code de conduite d’un autre temps qui ne l’a jamais permis. Mais l’arbitraire est unanimement accepté, non pas parce qu’il présente une quelconque utilité, mais parce qu’il est loin, inaccessible, incompréhensible, insaisissable, encensé par les néo-intellectuels, les médias, les politiques qui tous se sont découverts un nouveau dieu moins contraignant que les anciens.

 La vie en collectivité est nécessaire pour bénéficier du bien-être lié au progrès. Elle implique également une hiérarchisation pour mener à bien la division du travail concomitante. Un groupe est toujours à la recherche d’un type arbitraire pour son bon fonctionnement. Si le type d’arbitraire peut varier, il demeure indispensable pour la cohésion du groupe. Et si les dominants ne contribuent pas à grand-chose pour le progrès technologique, le seul quantifiable, il peut écraser toute velléité d’intelligence créatrice.

 


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18 réactions à cet article    


  • Bonjour, voici un article très intéressant. https://www.lalibre.be/debats/opinions/david-engels-historien-nous-avons-le-droit-d-etre-fiers-de-notre-passe-et-de-l-aimer-60941d189978e216986fdb48. revenir à l’histoire. Mon point de vue est astrologique. On parle d’ère. Uranus, planète de la révolution, de la Liberté, des découvertes électriques (ère du verseau) n’a été introduite dans le zodiaque qu’à la révolution française et la la Création de l’Amérique comme Etat. Uranus, c’est Prométhée, celui qui (et j’insiste vola le feu du père Zeus, le tyran pour le donner aux hommes, ses frères. exit pour un temps la verticalité. Mais l’histoire de Prométhée belles promesses (Macron et son ruissellement jupitérien) se termine par la boîte de Pandore. Et Prométhée enchaîné, son foie mangé par l’aigle. FOIE, FOI. Ah tu oses te prendre pour Dieu. Non, mais,... qu’as tu fais pour cela, sinon me voler. Liberté-égalité-fraternité, un petit parfum de communisme début de la surpopulation dans le Monde : boîte de Pandore,...qui signifie aussi gendarme ou soumission passive.. tout cet idéal d’un seul coup me semble voler en éclat... A suivre...Uranus coincé jusqu’en 2026 dans sa pire ennemie (le TAUreau et le conservatisme). Quel cauchemar pour un libertarien,...


    • Jacques-Robert SIMON Jacques-Robert SIMON 7 mai 16:19

      @Mélusine ou la Robe de Saphir.
      Merci pour la référence. Je n’ai aucune connaissance en astrologie, j’ai peur d’être trop cartésien pour pouvoir apprendre.


    • @Jacques-Robert SIMON Et pourtant nous allons y revenir.... Pythagore et d’autres la pratiquèrent dont Jung, ami de FREUD himself. A la fin de sa vie Descartes est monté en THURINGE,,un aspect spirituel de sa vie qu’on occulte, si je puis dire.. Très bon Site : https://toysondor.blog/tag/johan-dreue/


    • Jacques-Robert SIMON Jacques-Robert SIMON 7 mai 17:54

      @Mélusine ou la Robe de Saphir.
      Certains probablement vont revenir à l’ésotérisme, pour moi c’est impossible.


    • perlseb 8 mai 21:11

      La vie en collectivité est nécessaire pour bénéficier du bien-être lié au progrès. Elle implique également une hiérarchisation pour mener à bien la division du travail concomitante.

      La spécialisation est nécessaire à l’augmentation de la productivité et de la qualité. Elle implique la division du travail. Mais la hiérarchie n’a rien à voir. Diviser le travail c’est faire travailler les gens selon leur compétence. Il est évident que pour des gros projets qui font travailler de manière collaborative des dizaine ou des milliers de personnes, il faut organiser les choses (planifier, prévoir, affecter, etc...), mais à aucun moment un chef ou une « hiérarchie » est nécessaire. Chacun peut très bien s’être affecté lui-même à ce projet par intérêt personnel, et le fait de se voir affecter une tâche selon ses compétences n’a pas moins de valeur que ceux qui ont divisé le projet en milliers de tâches élémentaires (planificateurs).

      Quand chacun a une réelle fonction, pourquoi décider que certaines ont plus de valeur que d’autres (principe de la hiérarchie). Parce que ces fonctions ont plus de responsabilités ? Mais le problème est là, aucun homme ne peut assumer la bonne « gestion » d’un millier de personnes. En cas d’erreur de sa part qui conduit à foirer le travail d’un millier de personnes sur un mois, il faudrait, s’il était vraiment responsable, qu’il rattrape lui-même son mauvais pilotage et c’est parfaitement impossible (il lui faudrait plusieurs vies). Il n’est donc pas responsable, il décide juste pour les autres. Et c’est ça le gros problème du système hiérarchique : décider pour les autres. Planifier et diviser sont de simples fonctions et elles devraient être déjà effectuées de manière collaborative (pour justement éliminer les trop fortes responsabilités individuelles). L’affectation des tâches doit se faire par intérêt personnel (pour le projet), au mérite (compétence / expérience) tout en prenant en compte l’apprentissage (formation continue). Mais personne ne devrait décider d’affecter des gens, sinon il vaut mieux plaire à celui qui affecte qu’être compétent. Juger les personnes (pour la qualité de leur travail) devrait être fait de manière collective, sinon, encore une fois, il vaut mieux plaire à celui qui juge qu’être compétent.

      Bref, le système pyramidal est le contraire du mérite, c’est le contraire d’un système libre, c’est un système de contraintes fortes ou la corruption, la prostitution et la soumission deviennent la norme. Mais ce système était un passage obligé car il est évidemment plus efficace pour faire des guerres (et on est toujours en guerre, d’ailleurs). En fait, le système pyramidal se justifie et se nourrit de la guerre : une entreprise qui cherche à faire couler une autre (à la racheter, ou simplement à survivre...), ce sont des chefs qui se font la guerre. A-t-on réellement besoin de ça pour se motiver ? Ne pouvons-nous pas collaborer de manière globale (sans guerre systématique) ?

      Car en définitive, le système pyramidal est plus efficace pour faire la guerre, mais faire la guerre constamment comme aujourd’hui est beaucoup moins efficace que de collaborer de manière apaisée... Donc en conclusion, si on est en guerre, c’est pour justifier les chefs, qui se sont d’ailleurs toujours fait la guerre (parfois de manière « amicale ») pour contraindre leurs esclaves (comme on est en guerre, il faut prendre des décisions rapidement sans tergiverser : c’est moi qui les prend). Il faut comprendre que le but des chefs n’est pas l’intérêt général mais préserver leur privilège de chef (exploiter les autres, et de plus en plus, en n’ayant aucune compétence).


      • perlseb 8 mai 21:35

        @perlseb
        En cas d’erreur de sa part qui conduit à foirer le travail d’un millier de personnes sur un mois, il faudrait, s’il était vraiment responsable, qu’il rattrape lui-même son mauvais pilotage et c’est parfaitement impossible (il lui faudrait plusieurs vies)

        Je tiens à expliquer cela car si on raisonne avec l’argent, on peut penser que ceux qui perdent LEUR argent en gérant mal sont bien responsables.

        S’il n’y a pas de hiérarchie, toutes les compétences se valent, la rémunération est donc horaire (pas forcément égale car chacun peut décider du nombre d’heures qu’il souhaite faire). Donc si 1000 personnes qui travaillent pendant un mois ont fait n’importe quoi à cause d’un mauvais « chef » (d’une mauvaise planification), alors il faudrait 1000 mois de travail au chef (en occultant complètement les synergies) pour rattraper ce temps perdu, ce qui représente plus de 83 ans donc environ 2 vies (puisqu’on est actif un peut plus de 40 ans).

        Donc si un entrepreneur peut aujourd’hui survivre après une telle mauvaise décision, c’est parce que justement les rémunérations ne sont pas du tout égales (hiérarchie) et qu’il a exploité avant pour avoir personnellement un matelas représentant 2 vies de travail.


      • Jacques-Robert SIMON Jacques-Robert SIMON 9 mai 18:19

        @perlseb
        Je connais bien le milieu de la recherche où effectivement il y a peu de hiérarchie, et généralement elle est nuisible lorsqu’elle existe. Toutefois la quasi-totalité des chercheurs sont passionnés et n’ont nul besoin ni d’aiguillon, ni de coordonnateur. La généralisation à toute la société sera difficile. Pour ce qui concerne mon texte, je n’ai pas décrit ce que je souhaitais mais ce que je voyais.


      • perlseb 11 mai 12:43

        @Jacques-Robert SIMON
        C’est très compréhensible que les chercheurs soient passionnés mais c’est aussi ça la hiérarchie : des métiers passionnants (souvent assez bien payés) et à l’inverse des gens qui travaillent à la chaîne ou qui font le ménage toute leur vie (en étant très mal payés, justement).

        Je sais bien que ceux qui ont de très mauvais emplois ne peuvent pas faire de la recherche (même si je sais aussi que beaucoup de diplômés ne peuvent pas devenir chercheur et se retrouvent dans des banques ou des assurances à travailler sur l’implémentation de lois arbitraires et sans intérêt), mais si je crois en la spécialisation, je crois aussi que chacun devrait assumer une part du « fardeau » dans un système juste.

        Un système non hiérarchique devrait se soucier de l’épanouissement de chacun et ne pas considérer que certains sont là pour faire toutes les tâches que d’autres ont bien trop de valeurs pour s’abaisser à faire. Finalement, si les inégalités monstrueuses de rémunération détruisent les libertés (corruption généralisée des décideurs officiels), le plus injuste, c’est encore les différences d’intérêt dans nos activités journalières. Certains métiers vident complètement toute énergie mentale et physique, et c’est assez facile de mal juger ces personnes après coup en considérant qu’elles ne font rien de leur temps libre, qu’elles n’ont donc pas de valeur et que leur triste affectation était bien méritée...



        • titi 9 mai 10:06

          @Perlseb

          « c’est faire travailler les gens selon leur compétences... mais à aucun moment un chef ou une « hiérarchie » est nécessaire  »


          En fait il y a deux types de personnes.

          Ceux à qui l’on dit : « attention ne vous éloignez pas du rivage avec votre bateau, car au bout de l’océan, vous serez précipités en enfer », et qui ne s’éloignent pas du rivage.

          Ceux à qui l’on dit : « attention ne vous éloignez pas du rivage avec votre bateau, car au bout de l’océan, vous serez précipités en enfer », et qui vont voir quand même.

          Il y a des gens qui face à une nouveauté sont tétanisés.

          Il y a des gens qui face à une nouveauté sont enthousiastes.

          Il y a des gens qui face à une nouveauté

          ne voient que le risque.

          Il y a des gens qui face à une nouveauté voient l’opportunité.

          Il y a des gens passifs, attentistes, et il y a des gens actifs.

          Les premiers sont incapables de prendre une décision.

          Ils doivent être dirigés.

          La hiérarchie sert à ça.


          • perlseb 9 mai 11:46

            @titi
            Justifier la hiérarchie par la tare de certaines personnes n’est pas acceptable. Par défaut, on doit considérer les gens libres et aptes. Si certains ont de gros problèmes personnels, alors on les gère de manière particulière, mais eux exclusivement.

            C’est un peu comme si on mettez tout le monde en prison sous prétexte que certains tuent. La hiérarchie est bien une prison qu’on met en place.

            De plus, l’école n’oriente pas vraiment les gens pour une véritable autonomie et une véritable coopération (obéissance, compétition) : elle forme des gens pour ce système pyramidal et ça n’empêche pas un grand nombre de personnes de voir quand même son absurdité. Alors si l’école cherchait à former des gens libres, autonomes et coopératifs, la hiérarchie ferait rire tout le monde.


          • titi 9 mai 14:36

            @perlseb

            « elle forme des gens pour ce système pyramidal »
            Vous avez de l’humour.
            L’école ne forme à rien surtout pas à la hiérarchie.

            Je ne sais pas si vous êtes propriétaire.
            Si vous faites parties d’une copro.
            Mais si c’est le cas essayez de faire décider 20 personnes sur une question aussi cruciale que refaire repeindre les boites aux lettres.
            Et je vous souhaite bien du courage.

            Une entreprise c’est comme un aviron : il faut que tout le monde rame ensemble, et dans le même sens. Et pour cela il faut un barreur.


          • perlseb 9 mai 17:41

            @titi
            Pourquoi « faire décider » 20 personnes pour repeindre les boites aux lettres ? Une copropriété vote lors de l’AG, et le résultat du vote détermine si l’on repeint les boites aux lettres. Maintenant si en tant que président du conseil syndical (ou membre influenceur) vous cherchez à « faire décider » les autres comme vous avez envie, je comprends que le système démocratique ne vous plaise pas.

            Avec un chef on va plus vite pour prendre des décisions, mais ces décisions sont rarement dans l’intérêt général (corruption, chef peu scrupuleux, etc...). Donc il vaut mieux perdre du temps sur ce que l’on décide de faire ensemble pour gagner en qualité de vie. Et ceux qui ne veulent pas perdre de temps peuvent également ne pas participer aux prises de décision et ne pas se plaindre du résultat final.

            Pour ce qui est de l’école, il faut avoir de l’imagination, c’est comme avec l’argent. Les gens n’imaginent pas comment on pourrait échanger les choses différemment et c’est pareil pour l’enseignement. Je ne ferais aucune différence entre l’école et le travail (pour une partie, évidemment il y a aussi une grosse part d’éveil qui devrait être déconnecté de la productivité : sport, art, etc...). On ferait travailler les élèves en équipe de plus en plus grosses et, à la fin de leur scolarité, ils pourraient travailler au niveau national (voire international). Il n’y a pas besoin d’entreprises qui luttent les unes contre les autres, mais de gens qui savent travailler ensemble sans avoir justement à être pilotés : c’est l’autonomie de groupe qui donne la liberté et ne me dites pas que l’école apprend cette autonomie de groupe. Ce sont les chefs (d’entreprises) qui se chargeront de piloter leur troupeau.


          • titi 9 mai 18:58

            @perlseb

            « Pourquoi « faire décider » »
            Alors je reformule.
            Laissez ces 20 personnes entre elles, et attendez qu’elles dégagent une majorité sur quelque chose. Peindre / pas peindre, ou même juste le choix de la couleur.
            Et bon courage.

            « rarement dans l’intérêt général »
            C’est quoi l’intérêt général pour une entreprise ?

            « ’imaginent pas comment on pourrait échanger les choses »
            Je suis intervenant extérieur dans un CFA. Je l’ai été pendant des années en université.
            Donc je sais comment ça se passe.
            Et c’est justement l’absence de chef, la recherche d’un compromis à tout pris, qui fait qu’il ne se passe rien.

            « c’est l’autonomie de groupe qui donne la liberté »
            C’est bien d’avoir des illusions. Mais tôt ou tard on remet les pieds sur terre.


          • titi 9 mai 19:00

            @perlseb

            En fait 80% des gens, ne veulent pas sortir de leur zone de confort.
            Ce qui les intéressent c’est « faire comme avant ».

            Bah en faisant « comme avant », rapidement on disparait.


          • perlseb 9 mai 19:43

            @titi
            Je suis intervenant extérieur dans un CFA. Je l’ai été pendant des années en université.
            Donc je sais comment ça se passe.
            Et c’est justement l’absence de chef, la recherche d’un compromis à tout pris, qui fait qu’il ne se passe rien.

            Je pense que c’est le résultat de notre éducation passive, assis sur une chaise à attendre que les infos arrivent et que le programme soit déplié devant nous.
            Et c’est exactement cela que je critique (éducation qui ne rend pas autonome).

            Il n’y a pas besoin de compromis sur tout. On peut choisir la couleur de sa propre boite au lettre, même en collectivité, qui a dit que l’uniformité était la meilleure solution ? Mais surtout, on est assez nombreux pour se répartir sur les projets qui nous intéressent, et qui peuvent être concurrents à l’occasion. Regardez ce qui se passe dans l’informatique libre : quand certains trouvent que ça part dans un mauvais sens, il duplique les sources au stade où ça leur convenait et créer un autre projet qui fédère ceux qui sont d’accord avec leur vision. Vous pouvez considérez que c’est un chef, mais c’est juste un projet qui est publié et pour lequel certaines personnes s’affectent d’elles-mêmes pour y participer. Si tous ceux qui s’y rattachent partagent la même vision, il n’y a pas réellement de chef qui impose quoi que ce soit, surtout si chacun peut à nouveau créer son projet concurrent si l’évolution ne leur convient plus.

            Dans un monde libre, tous les procédés de fabrication et les projets seraient connus et publiés (aucun brevet), donc il n’y aurait pas ses cachotteries paralysantes qui font qu’on ne sait pas toujours comment faire certaines choses, avec qui collaborer, comment décomposer, vers quoi on évolue, etc...

            Globalement, les compromis devraient se gérer par la liberté (chacun fait à sa sauce, on est assez nombreux pour ça). Seulement quand ça pose un vrai problème (on ne peut pas rouler à droite ou à gauche selon notre envie), le compromis ne peut pas être résolu par la liberté et on impose la solution la plus demandée (vote), et ce n’est pas si long car ça n’arrive pas tous les jours.

            Mais rassurez-vous, quand les gens ont été formés et habitués depuis leur enfance au système pyramidal, ils sont incapables d’imaginer qu’autre chose puisse fonctionner. Donc effectivement, tout ce que je raconte est parfaitement utopique. Gardons notre système avec nos chefs, et soumettons-nous toute notre vie ou soumettons les autres, ce qui est, à mon avis, totalement barbare, le contraire de l’empathie, de ce que devrait être la civilisation. On applique un système social animal (dominant-dominé) avec pourtant des techniques pointues issues d’une collaboration intergénérationnelle et internationale qui nous dépasse...


          • titi 9 mai 23:48

            @perlseb

            Vous vous bercez d’illusions.

            On ne fait pas boire un âne qui n’a pas soif.


          • perlseb 10 mai 12:31

            @titi
            Ce que je sais, c’est qu’un système où l’exploitation de l’homme par l’homme n’est pas permise ... n’intéresse pas les hommes. La motivation des hommes, elle vient de la possibilité de commander les autres pour son profit personnel (et c’est valable même pour les pauvres qui espèrent un jour « gagner de l’argent » facilement, avec des « combines », pour se faire servir par les autres une fois qu’ils auront « réussi »).

            Donc, non, je n’ai aucune illusion sur ce monde-là, plus particulièrement sur ce que sont réellement les humains entre eux (des loups).

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