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Accueil du site > Tribune Libre > Un petit chapeau plein de poésie...

Un petit chapeau plein de poésie...

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L'accent circonflexe, ce petit signe qui orne de nombreuses voyelles en français, est indéniablement un indice étymologique et une spécificité de notre langue : il participe, aussi, à un certain goût de la culture, de l'étymologie, de l'origine des mots...

Le mot pêcheur vient du verbe latin "piscari", "pêcher", en relation avec le nom du "poisson", "piscis" d'où sont issus les termes "piscine, pisciculture..."

Dans ce cas précis, l'accent circonflexe s'explique par la disparition de la consonne "s".

L'orthographe contribue, également, à la poésie des mots, et l'accent circonflexe en fait partie, car il vient coiffer certaines voyelles pour les souligner, pour les mettre en valeur...

Cet embrun léger confère un certain mystère, un charme à de nombreux mots : que serait le mot théâtre, sans son accent circonflexe ?

Comme l'indique l'étymologie du mot "circonflexe", cet accent entoure une voyelle, l'auréole de mystères et l'on peut, dès lors, s'intéresser à sa signification, sa valeur....

Cet accent double, qui combine l'aigu et le grave attire le regard, il évoque des vaguelettes, des crêtes, des cimes.

Ouverture vers le rêve ! Ce mot porte, d'ailleurs, bien un accent circonflexe...

Ouverture vers la curiosité ! Que signifie cet accent ? D'où vient-il ?

Ouverture vers la poésie ! Car cet accent offre des perpectives, par sa forme évocatrice : un chapeau, une vague, un oiseau, une silhouette fugitive dans le ciel...

Ouverture et goût pour la culture ! Le mot "goût" porte un accent circonflexe et on peut, dès lors, le mettre en relation avec l'adjectif "gustatif"...

"Déguster, gustatif, dégustation, dégoûter, dégoût", tous ces mots ont un rapport avec le goût et ce n'est pas par hasard !

L'accent circonflexe revêt tant de significations, tant de perspectives ! 

Il dessine des auréoles sur les mots, il fait partie d'une forme d'harmonie dans la calligraphie, c'est un supplément d'âme, avec, justement, un accent circonflexe, sur la voyelle "a" qui s'en trouve magnifiée, comme pour souligner l'importance de ce petit mot : l'âme !

Notre langue, le français, a une âme qu'il nous faut préserver, l'âme de ceux qui nous ont précédés, et certains indices orthographiques font partie de cette âme...

Pourquoi y renoncer alors que ces indices entrent, souvent, dans de réseaux de significations essentiels, les familles de mots qui sont autant de repères importants ?

Pourquoi se couper du passé ? Pourquoi se couper de ces liens entre les mots qui permettent de les associer ?

Oui, pour qui aime les mots, l'accent circonflexe est plein de poésie, il ne peut disparaître de nos livres, parce qu'une instance, fût-elle le Conseil Supérieur de la langue française, l'a décidé de manière arbitraire...

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Le blog :

http://rosemar.over-blog.com/2016/02/un-petit-chapeau-plein-de-poesie.html

 

Pour compléter, un article sur le mot : icône

http://rosemar.over-blog.com/article-l-icone-nous-emmene-vers-l-orient-et-la-grece-125496332.html

Le mot "icône" nous étonne par sa voyelle "o", surmontée d'un accent circonflexe, belle graphie qui fait songer à une interjection marquant l'admiration...

 

Un article du Figaro :
 
http://www.lefigaro.fr/livres/2016/02/08/03005-20160208ARTFIG00248-reforme-de-l-orthographe-l-academie-francaise-reagit.php

 


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33 réactions à cet article    


  • Diogène diogène 11 janvier 16:29

    Avant qu’il fût né et après qu’il fut grand…

    Un simple accent circonflexe ici, mais pas là…

    Est-ce bien grave ?

    Eh bien, oui : c’est la justesse de ce que nous disons, c’est-à-dire ce que nous pensons, qui est en cause quand nous l’écrivons.

    Avant que quelque chose existe, ou ait lieu, on use du subjonctif, puisque cela n’existe pas encore, n’a pas eu lieu :

    Je voudrais que cela soit, je souhaite que cela ait lieu, je rêverais que cela se produisît

    Et donc :

    Avant qu’il fût né…

    Et puis le réel s’est installé, les choses désormais sont vraies : il est né, il a grandi, c’est un vrai petit homme ; et quand il fut grand… Le réel s’écrit à l’indicatif.

    On peut même aller plus loin, de manière encore plus précise. Puisqu’il n’existait pas encore avant qu’il ne fût né, on peut renforcer cette irréalité à l’aide de ne.

    Ce ne est facultatif, peut-être met-il en valeur l’impatience avec laquelle vous attendiez : Avant qu’elle n’arrive, je suis dans l’angoisse

    Voltaire écrit « Le roi voulut voir le chef d’œuvre avant qu’il fût achevé. » : accent circonflexe, mais pas de ne. Sa majesté était peut-être moins impatiente qu’on ne le disait. Mais après qu’il l’eut vu, le roi manifesta sa gratitude.

    Philippe Beaussant
    de l’Académie française


    • Fergus Fergus 11 janvier 17:32

      Bonjour, diogène

      Que l’accent circonflexe ait son utilité dans l’usage du subjonctif, j’en suis convaincu.

      Qu’en revanche il disparaisse de mots comme âge, âme, chêne, hôtel, maître, mât (pour ne citer que ceux-là), où serait le scandale ? Les mots ont tant changé au fil du temps que cela ne ferait qu’un changement de plus, et cela dans le sens d’une simplification utile à nombre d’écoliers français ou de personnes étrangères.

      Encore faudrait-il, à mon avis, le garder sur des mots comme gêne ou côte afin de le différencier de gène et de cote. 

      Cela dit, je suis, à titre personnel, plutôt partisan du maintien de l’accent circonflexe, mais sans doute parce que j’en maîtrise l’usage. Je ne suis donc pas objectif. smiley


    • Diogène diogène 11 janvier 18:02

      @Fergus

      Les évolutions phonétiques d’une langue se produisant à un rythme différent de l’évolution écrite, l’écriture alphabétique ne garantit pas la correspondance entre les phonèmes et les graphèmes. 

      L’écart peut même être grand, comme c’était le cas sous l’empire ottoman, quand la langue turque était transcrite par l’alphabet arabe qui contenait des symboles correspondant aux phonèmes de cette langue et qui n’existaient pas forcément dans la langue turque qui elle, par contre, utilisait des phonèmes non représentables par un alphabet qui n’avait pas été conçu pour elle.
      Le passage à l’alphabet (latin) phonétique a mis fin à cette aberration et a réglé tous les problèmes.
      Pourquoi faire les choses à moitié et apporter par ci par là des coups de gomme ou des surcharges pour alourdir la liste des exceptions dans une orthographe irrationnelle qui en est déjà saturée ?
      Passons nous aussi à l’alphabet phonétique et finissons-en., 

    • rosemar rosemar 11 janvier 20:47

      @Fergus

      Le mot « maître » est à rapprocher de l’adjectif « magistral » ou encore du nom « mistral » : c’est une famille de mots...
      Le terme « hôtel » appartient à la même famille que les noms « hôpital, hôte, hospitalier... »

    • rosemar rosemar 11 janvier 20:55

      @diogène

      Eh bien oui, car l’accent circonflexe permet souvent de rapprocher aussi des mots de la même famille... « bête, bestial, abêti, bestialité... »

    • Fergus Fergus 12 janvier 09:29

      Bonjour, rosemar

      Vous ne m’apprenez rien, et vous éludez une réponse au fond de mon commentaire concernant ces nombreux mots de la langue française auxquels il faut bien reconnaître que l’accent circonflexe ne confère qu’une inutile complexité orthographique.


    • rosemar rosemar 12 janvier 11:26

      @Fergus

      Et la poésie des mots, enfin ! Peut-on imaginer ces mots sans accent : « âme, icône, théâtre » ??
      D’ailleurs, l’accent circonflexe permet de souligner ces voyelles, car anciennement, elles étaient souvent longues.

    • rosemar rosemar 12 janvier 11:28

      @Fergus

      Et puis, il convient de garder les spécificités de notre langue : c’est aussi ce qui en fait tout le charme...

    • gaijin gaijin 11 janvier 16:30

      hé t’i mologique toi maime ..............


      • rosemar rosemar 11 janvier 23:33

        @gaijin
        N’oublions pas que l’étymologie est la science du vrai...





      • J’ai les sourcils en accent circonflexe. Très utile pour mettre les point sur les point sur « I ».


        • Xenozoid Xenozoid 11 janvier 17:20

          @Mélusine ou la Robe de Saphir.

          tu parle du chapeau ? tu ne confond pas avec un casque a pointe


        • @Xenozoid


          Parfois le chapeau tombe de la cime dans l’abîme. Mais ma main le rattrappe toujours au passage, pour reposer l’appeau du chat (qui dort à mes cotés), sur la tête à qui il revient naturellement après les fêtes et leurs gâtes-eaux.

        • Diogène diogène 11 janvier 17:42

          @Mélusine ou la Robe de Saphir.

          A propos d’appeau : au 16ème siècle, le Duc de La Mirandière avait convoqué tous les colporteurs, boutiquiers, artisans et nobliaux de son domaine et leur avait demandé de lui indiquer un outil capable d’aider à la traque du gibier.

          Un hobereau, du nom de Marcel Ecouille fit alors la démonstration d’un sifflet de forme curieuse, un « appeau » à l’aide duquel il imita des cris d’animaux qui tour à tour vinrent s’ébattre devant les douves du château : oiseaux, lièvres, cerfs, sangliers, chevreuils, renards.

          Subjugué, le duc dit qu’il était prêt à payer le prix demandé pour cet appeau et Marcel Ecouille répondit dit au Duc qu’il lui en coûterait la moitié de sa fortune. Or, le Duc accepta la transaction. 

          Le bruit se répandit alors qu’un hobereau avait vendu un sifflet pour une somme astronomique , ce qui donna naissance à une nouvelle expression « ça coûte l’appeau d’Ecouille » et non pas "la peau des couilles !!!


        • @diogène


          Merci de ce rappel. Vous si vous êtes familier des enchères (ici pas d’accent), certains peu valoir la peau d’Ephèse.

        • Le « s » dus serpent (sexe) fut remplacé par le respect dû au chapeau. Voilà une belle belle remontée pour ce petit animal tentateur au moment où il risque un peu de perdre de sa superbe. Car si le premier ne doit son respect qu’au regard primesautier, le second le conserve toute sa vie.


          • L'enfoiré L’enfoiré 11 janvier 18:25

            @rosemar,


             Vous m’excuserez, mais j’ai souri en lisant votre texte.
             Si on met des accents au dessus des lettres pour y ajouter de la poésie, on arrive à mettre Paris en bouteille....
             « Forêt et foret » existent avec une autre signification. 
             Mais vous allez probablement expliquer le pourquoi.

            • rosemar rosemar 11 janvier 20:39

              @L’enfoiré

              En mettant en relation « forêt » et « forestier », on comprend d’où vient l’accent circonflexe, bien sûr !

            • L'enfoiré L’enfoiré 12 janvier 09:30

              @rosemar 


               Vous répondez à moitié à la question. 
               Bien sûr pour « forêt »

              et « foret » sans accent ? C’est moins poétique ? smiley 

              Avouez un jour que les accents sont le plus souvent un gadget de la langue française qui n’existe que très rarement dans une autre. Pourquoi pas la tilde ? C’est moins poétique ? . 

            • L'enfoiré L’enfoiré 12 janvier 09:35

              comme dit le commentaire suivant"


              l’espéranto a plein d’accents : ĉ, ĝ, ĵ, ĥ, ŝ et j’en oublie peut-être les « ĉapelitaj literoj » (prononcer « tchapélitaille liroï », accent tonique sur les syllabes en gras), littéralement les lettres munies d’un chapeau.

              Pourquoi est-ce comme ça, c’est parce que l’espéranto est une langue construite a posteriori : elle tire ses bases lexicales de langues existantes. Les principales sources sont, par importance décroissante :
              • le latin et les langues romanes, principalement le français et l’italien ;
              • les langues germaniques, essentiellement l’allemand, le néerlandais et l’anglais ;
              • le grec ancien, surtout pour la terminologie scientifique ;
              • les langues slaves, essentiellement le russe et le polonais.
               

            • rosemar rosemar 12 janvier 11:31

              @L’enfoiré

              “L’accent circonflexe est l’hirondelle de l’écriture.” Quelle poésie dans cet accent !


            • beo111 beo111 11 janvier 23:06

              Si vous aimez l’accent circonflexe apprenez l’espéranto, il y en a plein : ĉ, ĝ, ĵ, ĥ, ŝ et j’en oublie peut-être. On les appelle les « ĉapelitaj literoj » (prononcer « tchapélitaille liroï », accent tonique sur les syllabes en gras), littéralement les lettres munies d’un chapeau.

              Elles ne disparaîtront sans doute jamais, en tout cas tant que l’espéranto existera.

              Je regrette aussi la disparition vraisemblable de l’accent circonflexe en français, je suis tout-à-fait d’accord qu’avec ce retrait on sectionne un lien avec l’histoire de certains mots, et parfois avec notre histoire de peuple tout court.

              Mais que voulez vous, tout cela est en partie un symptôme de la domination des États-Unis d’Amérique sur la France dans les domaines militaire, économique, culturel, et même politique.

              L’espéranto qui n’est la langue d’aucun pays, il est purement international, ce qui le protèges des aléas de l’histoire humaine.


              • rosemar rosemar 11 janvier 23:27

                @beo111

                Oui garder ses racines, c’est très important : les mots aussi ont une histoire, il faut la préserver...

              • Fergus Fergus 12 janvier 09:35

                Bonjour, beo111

                C’est précisément parce que l’esperanto n’est la langue d’aucun pays que ce langage totalement artificiel était condamné dès sa naissance.

                Dans la lutte d’influence des langues, c’est l’anglais qui a gagné et est devenu de facto la langue internationale, ce qui n’est pas une mauvaise chose, eu égard à la relative simplicité de cette langue. Dont acte ! A nous de protéger le français pour qu’il continue de jouer son rôle dans les pays francophones.


              • rosemar rosemar 12 janvier 11:32

                @Fergus

                Il faut tout de même lutter contre l’invasion de l’anglais... et défendre notre belle langue, avec ses spécificités...

              • beo111 beo111 12 janvier 14:29

                @Fergus

                Vous parlez comme l’espéranto était mort, mais je le parle tous les jours avec mon épouse et mes enfants, et d’après la dernière étude sérieuse qui a été faite il y aurait environs 60 000 personnes qui parleraient espéranto dans le monde.

                D’ailleurs, de mémoire, j’avais commencé à l’apprendre dans votre coin, près de Lannion.

                Alors, c’est vrai sur la scène des intérêts multinationaux qui se collisionnent l’anglais tient le haut du pavé, mais ce n’est qu’un solution provisoire, les vaincus d’hier pouvant être les vainqueurs de demain, franchement, vous imaginez la Chine imposer l’anglais ? Vous y avez déjà voyagé ?


              • L'enfoiré L’enfoiré 12 janvier 16:36

                @Fergus bonsoir,


                 Exact. La simplicité de l’écriture sans accent de l’anglais est tout à fait pragmatique.
                 Dommage que la prononciation ne suit pas la simplicité.
                 Alors, on parle le globish... puisqu’il n’y a pas de « francish » smiley
                 Demain, j’en parlerai...

              • L'enfoiré L’enfoiré 13 janvier 10:25

                Et voilà, Fergus, 


                C’est parti ... 

                « Une nouvelle vague belge », une fois...

                Enfin, une fois, si vous avec cette fois, vous n’avez pas assez, il faudra le relancer  smiley

              • petit gibus 12 janvier 11:50
                Je porte un chapeau sur la tète
                que lorsque mon nez coule comme une fontaine
                en dehors de ce cas je n’en vois pas l’utilité
                sur la tète des nanas c’est d’un gout
                 très très discutable 

                mais bon des gouts et des couleurs de la pouète pouétique
                à chacun ses choix zesthétiques 








                • rosemar rosemar 12 janvier 12:15

                  @petit gibus

                  La tête, du latin « testa » : la brique, la tuile, le pot cassé, le tesson, la cruche, l’amphore, le pot !
                  Que d’associations de mots grâce au latin !

                • mursili mursili 13 janvier 11:52

                  la cruche, l’amphore, le pot !

                  Oui, c’est amusant de comparer la tête à un récipient, comme quand on parle de cafetière, de théière ou de callebasse. Ce latin-là, le latin vulgaire dont vient le français, était certainement malicieux et gouailleur. En latin classique « tête » se dit « caput », qui a donné chef, comme dans couvre-chef.

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