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Un problème de droite européenne ou un problème de démocratie  ?

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Depuis la victoire de Giorgia Meloni aux élections législatives en Italie, de nombreux pays occidentaux sont très préoccupés par les nouvelles orientations de droite de la Première ministre, notamment par la position officielle de l’Italie sur les opérations militaires russes en Ukraine.

Le parti Frères d’Italie dirigé par Meloni est considéré par beaucoup comme un symbole du passé que l’Italie essaie d’oublier, loin de la controverse des accusations de fascisme que certains font aussi. Il n’est pas réaliste, d’ailleurs, que le programme politique de Meloni, malgré le profond symbolisme négatif de son nom, soit le plus controversé en raison de son orientation sociale conservatrice.

Quoi qu’il en soit, c’est l’histoire contemporaine de l’Italie qui inquiète le plus les observateurs. La politique italienne, loin d’un passé lointain, a connu de fortes fluctuations au cours des dernières décennies. Elle est présentée par Berlusconi, le célèbre milliardaire de l’immobilier que beaucoup voient comme une version proactive de l’ancien président américain Donald Trump.

Il ne faut pas oublier que Meloni était ministre de la jeunesse dans le gouvernement Berlusconi. Georgia Meloni a tenté de prendre ses distances avec les origines historiques de son parti. Elle a rejeté les accusations selon lesquelles la gouvernance de son parti pourrait faire revivre le fascisme et a déclaré que les valeurs de son parti ressemblaient à celles du Parti conservateur britannique, du Parti républicain aux États-Unis et du Parti Likoud en Israël.

Cependant, elle n’a pas nié son hostilité envers les immigrants illégaux et ses liens avec les partis d’extrême droite en Europe, comme le Rassemblement national français et le Vox espagnol, ainsi qu’avec la droite américaine. Elle a déjà exprimé son admiration pour le Premier ministre populiste hongrois Viktor Orbán. De façon réaliste, le courant de droite qui a émergé en Europe ces dernières années ne se limite pas à l’Italie.

Sa montée n’a rien à voir avec la guerre en Ukraine, même si elle peut contribuer à accélérer la montée de ce courant, que ce soit en Italie ou ailleurs à l’avenir. Il ne faut pas oublier qu’en avril dernier, le président français Macron s’est engagé dans une rivalité féroce avec Marine Le Pen, chef du parti d’extrême droite Rassemblement national, qui s’oppose à l’influence de l’UE et à l’immigration. Macron a remporté la présidence.

Mais il ne faut pas oublier que Le Pen a obtenu un résultat remarquable avec 41 % des voix. Cependant, elle est celle qui rejette le plus les valeurs de coexistence et de diversité, en déclarant  : «  Une société multiculturelle est une société multiconflictuelle ».

Il y a environ deux mois, les ultra-nationalistes Démocrates de Suède, aux racines nationales-socialistes, sont arrivés en deuxième position aux élections suédoises, et la plupart des prédictions indiquent que les autres pays européens suivront cet exemple.

Au Moyen-Orient, nous ne devrions pas nous arrêter à la question de l’islamophobie, car ces partis rejettent d’autres choses qui sont plus importantes pour la vie des Européens eux-mêmes, y compris l’idée même d’unité européenne. Je ne pense pas que Meloni et les autres s’en tiendront à leurs slogans s’ils arrivent au pouvoir.

Mais cela ne diminue pas l’impact de ces idées ou de l’extrémisme de droite croissant en Europe. Certains voient les politiciens européens de droite comme une menace imminente pour l’avenir de l’UE. Mais j’ai déjà dit que l’idée européenne est menacée non seulement par la tendance à l’extrême droite, mais aussi par l’apparente désunion au sein de l’UE sur d’autres questions immédiates, comme les sanctions contre la Russie.

C’est la bombe la plus susceptible d’exploser au visage d’une Europe unie. Le fossé se creuse entre les partisans d’un renforcement des sanctions et de politiques plus dures contre les menaces de Poutine et les partisans d’une révision des sanctions contre la Russie et de la nécessité d’un dialogue avec la Russie pour préserver les intérêts européens. Le plus grand problème de l’extrême droite européenne est le nationalisme extrême.

C’est une évolution que le monde a déjà chèrement payée par des guerres sanglantes, et comme l’extrémisme que nous subissons dans nos pays musulmans, à la différence que les organisations islamistes du monde islamique recourent beaucoup à la violence et au terrorisme pour imposer leurs idées et leur agenda, voire pour tenter d’accéder au pouvoir.

Mais les extrémistes en Europe sont au sommet de la scène grâce aux urnes et aux mécanismes démocratiques difficilement contestables, ils ont donc une légitimité sociale qui les qualifie pour diriger leur pays. Seulement voilà, la question se pose de savoir si la démocratie est une pathologie ou un médicament  ?

De nombreux experts et chercheurs voient dans les urnes la meilleure solution aux crises qui frappent de nombreuses sociétés arabes et musulmanes. Pourtant, celles qu’ils rejettent en Europe, par exemple, ont vu le jour grâce à des mécanismes démocratiques, et certaines de ces crises sont le produit direct des urnes, que tout le monde pensait être le remède idéal aux conflits, sans savoir qu’il n’y a pas de démocratie sans démocrates.

Franchement, la prétendue défense de l’identité chrétienne en Europe me rappelle les organisations extrémistes de notre région lorsqu’elles défendent l’identité islamique des peuples. Alors que la droite européenne est hostile aux immigrants, le symbole le plus important du christianisme dans le monde, le pape François II, adopte une position remarquable en appelant à l’aide pour les réfugiés, les appelant «  nos frères et sœurs ».

Je ne veux pas trop m’attarder sur la dialectique de l’islamophobie que beaucoup supposent pour expliquer leur hostilité à l’extrême droite européenne, bien que ce soit un fait. Mon point de départ dans le débat n’est ni religieux, ni national, ni ethnique. Je parle plutôt ici d’un point de vue politico-analytique.

Il faut reconnaître que la droite européenne n’est pas une menace pour l’idée de démocratie, comme c’est le cas des groupes et mouvements religieux à l’Est. Mais elle pourrait constituer une menace pour les blocs d’intégration, en particulier pour l’UE.

Le repli et l’isolationnisme, contraires à l’idée de mondialisation et à la phase d’intégration dont le monde rêve depuis la fin de la guerre froide, ne sont donc dans l’intérêt de personne. L’isolement signifie le refus de la coexistence, le rejet de l’autre, la propagation de la haine et le retour du monde à une étape de conflits internationaux sans fin.


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9 réactions à cet article    


  • Julien30 Julien30 7 octobre 15:09

    « le pape François II, adopte une position remarquable en appelant à l’aide pour les réfugiés, les appelant «  nos frères et sœurs ». »

    Il devrait se rappeler que l’enfer est pavé de bonnes intentions, en admettant que ses intentions soient bonnes, il appelle en effet à l’accroissement de l’invasion migratoire, largement musulmane, c’est un traître à la chrétienté.



    • Yann Esteveny 7 octobre 15:41

      Message à avatar Julien30,

      Je cite l’auteur : "Alors que la droite européenne est hostile aux immigrants, le symbole le plus important du christianisme dans le monde, le pape François II, adopte une position remarquable en appelant à l’aide pour les réfugiés, les appelant «  nos frères et sœurs ». "

      La phrase de l’auteur est de la bouillie verbale dont les auteurs patentés d’Agoravox sont coutumiers.
      Les patriotes en Europe refusent une invasion migratoire imposée par des mondialistes et leur relais d’ONG financés pour ce travail. Inutile de présenter une fois de plus qui est Monsieur Georges Soros. Le pape François qui de son propre choix ne se reconnaît pas comme vicaire du Christ adopte une servilité à ces mondialistes sans limites, applaudi à ce trafic humain, participe à cette invasion migratoire tout cela au nom de l’Amour. Ceux qui croient qu’inciter à prendre les injections expérimentales des laboratoires Pfizer est un acte d’Amour, peuvent tout aussi bien imaginer que le dernier baiser de Judas l’était également.

      Respectueusement


    • Lynwec 7 octobre 16:33

      @Julien30

      Il a probablement oublié le passage où on parle d’apprendre à pécher des poissons à celui qui a faim plutôt que de lui donner un poisson par an...( en organisant le don de façon à ce qu’il ne reste que les arêtes...)

      Les intentions d’une personne qui a imposé les injections au personnel du Vatican ne peuvent raisonnablement pas être perçues comme bonnes, vu que ça donne (à la pelle) des résultats du genre :
      https://mortsapresvaccination.wordpress.com/2022/10/05/regan-lewis-etudiante-en-medecine/


    • Berthe 8 octobre 23:18

      @Julien30
      peut-on connaitre votre analyse économique sur le sujet ? Vous êtes un peu comme ces bulbes vides qui n’ont aucune idée du modèle qu’on leur importe. Les responsables sont ailleurs. Vous la voyez l’invasion de l’Est, le nivellement des salaires par le bas, les réformettes qui vous livrent au moyen âge ? Avez-vous manifesté pour l’augmentation des salaire ? Contre la réformé du chômage pour égaler vos "frères chrétiens espagnol, grecs, italiens, portugais etc. ? Vous allez en bouffer de la chrétienté et vous allez même tendre l’autre joue, parce que convaincue que vous êtes de ceux qui croient que le monde doit fonctionner comme un système de vases communicants ou c’est toujours le même coté qui se vide pour remplir l’autre... Un jour, qui sait, vous aurez peut-être à migrer quelque part pour x raison.. Comptez bien sur ceux que vous exécrez pour vous accueillir à bras ouverts. Accrochez-vous à votre semblant de démocratie, à vos crises énergétiques systémiques, sans vous fouler le petit doigt, l’illusion, c’est tout ce qui vous reste visiblement. 


    • Clark Kent Clark Kent 7 octobre 15:45

      L’ultra libéralisme présenté depuis plusieurs années comme « démocratie » par l’idéologie dominante a du plomb dans l’aile à partir du moment où elle ne trouve plus de nouveaux gogos pour payer aux créanciers les intérêts des prêts sue les banques ont accordés à leurs clients devenus insolvables pour prendre leur part de gâteau au passage.

      Alors, pour se défausser des questions d’ordre public et ne pas avoir à endosser les conséquences de catastrophes qui vont arriver, cette équipe de branquignoles met en place des guignols de droite extrême (déréglementation, libertariens, Uber, etc.) en Angleterre, et d’extrême droite (travail, famille patrie) en Italie, en comptant bien revenir sur le devant de la scène une fois que le calme sera revenu.

      C’est ce qu’ils avaien déjà fait dans les années 30, après la crise de 29, et ils sont revenus en 45 avec du chewing-gum et du coca-cola.

      Mais contrairement à ce qui se passe en physique, les mêmes causes ne produisent jamais les mêmes effets en histoire.


      • Yann Esteveny 7 octobre 16:02

        Message à avatar Clark Kent,

        Le summum de cette stratégie de défausse des responsabilités sur le suivant fut atteint en France en 1940 avec la nomination du Maréchal Philippe Pétain.

        Respectueusement


      • Clark Kent Clark Kent 7 octobre 16:07

        @Yann Esteveny

        exact
        et pas seulement « a priori », « a posteriori » aussi
        du coup, on peut tout lui mettre sur le dos après coup
        non pas qu’il soit innocent, mais bizarrement, tous ceux qui l’ont suivi l’ont lâchédès que la balle a changé de camp


      • ETTORE ETTORE 7 octobre 22:36

        Faudrait quand même savoir de quoi se mêlent les externes au pays.... Italie !

        Les Italiens, auraient voté pour la continuité des cadeaux exportatifs à la nage...

        Les mêmes auraient hurlé, au laissé faire communautariste.

        Les Italiens, votent pour un candidat, qui dit, vouloir régenter la flottille continue de non nageurs, et revoilà les mêmes qui crient à l’insanité de la brasse coulée.

        En Italie, rappelez vous bien, on en était arrivé, à ce qu’un « bateau ong » éperonne un NAVIRE DE GUERRE ITALIEN, et dont la responsable Allemande, Rakette, a été saluée comme une héroïne, par tous les libres bêlants de la chambre froide Euro Pôle.

        Il serait peut être temps de prendre en considération, le fait suivant :

        Les Italiens, se sont donné le pouvoir et le choix de changer leur politique !

        ( même, si les oli-fans qui crient déjà, au « parallélisme flagrant, inchangé avec l’existant Your Hope »)

        (Là aussi un non sens qui ne choque personne...

        Comment peut on les targuer à la louche bien remplie de « fascisme, et même » néo « ) et en même temps critiquer,puisque, il parait que rien ne vas changer ?

        Est ce a dire que la politique déjà menée,,puisque inchangée, était déjà de nature

         » fasciste " bien qu’accueillante de toute la misère natatoire, destinée au piscines de toutes les villes européennes ? Et surtout en parfait accord, avec les institutions YourHopeEtHaine ! (Donc l’Europe serait fascisante ?)

        Critiquer d’une part le changement, de l’autre le non changement ?

        Quel est cet hydre à deux tête, qui ne trouverait même pas sa place, sur la plage arrière d’une voiture, comme au bon temps des 404 pigeot ?


        • Berthe 8 octobre 23:01

          Pour une fois, votre texte me parle. L’UE n’est pas le problème, c’est la commission qui se comporte en entité ultra nationale alors que les représentants sont « non élus » mais nommés... Où est la démocratie ? Elle a fait pschitt et cette commission renvoie à l’Europe impérialiste du 19ème siècle, belliqueuse et à la recherche de colonisation économique qui a commencé par détruite son tissu social. Le hic est qu’elle a en face d’autres Empires économiques qui sont aussi des pays d’extraction. Et les replis nationaux sont de retour depuis bien avant l’arrivée de Méloni en Italie. C’est depuis la zone euro de 2002, puis le « non » de 2005 à cette Europe-là qui a été passé en force. Cette zone euro a complètement changé de cap, libre circulation de la finance et des privilèges qui a fait aboutir à la crise fi de 2008. Pourquoi la Turquie, avant la crise, était emballée par une adhésion à l’Europe puis s’en est détournée ? Partager les dettes et la normalisation de l’austérité ? Cette Europe n’est pas celle de Jean Monet, et déjà le discours de Mendes France en 1956 mettait en avant tous les aspects négatifs du traité de Rome. L’Europe des 27 est une fable du tout va bien dans le meilleur des mondes… avec des pays tiers-mondistes de l’Est incluant la Roumanie et l’Ukraine ou le niveau de vie de l’ouest Ukrainien est le plus bas de l’UE et ce, bien avant la guerre... Ce sont des régimes autoritaires dirigés par des populistes ultralibéraux qui ne redistribuent pas les rentes. Cette UE et commission ont fait le choix de niveler l’ouest européen sur le modèle de l’Est. Les régimes autoritaires du golfe par exemple n’ont pas du tout le même fonctionnement. Ils ont su canaliser leur population respective en redistribuant les rentes. Kadhafi avait aussi compris en Libye comment canaliser son peuple (bravo pour ceux qui ont fichu ce pays à sac)... Posons les bonnes questions, pourquoi ne voit-on jamais de révolte sociale aux Emirates, Arabie Qatar etc... Pourquoi les usa sont nommé la « quart monde »… Pourquoi l’UE se dessine t elle comme la copie conforme des usa ?

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