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Un rapport de la Banque de France prédit une nouvelle crise

Les révélations contenues dans cette publication sont très importantes pour comprendre tout le jeu politique et économique des prochaines années.

Si l'on sait lire entre les lignes, il ressort deux grandes idées de ce rapport : premièrement, une nouvelle crise se prépare ; deuxièmement, les banquiers ont déjà inventé une narration pour se dédouanner de toute responsabilité.



Tous les 6 mois, la Banque de France émet une publication qui évalue les risques du système financier français. Nous allons parler du document publié le 18 juin.

Les révélations contenues dans cette publication sont très importantes pour comprendre tout le jeu politique et économique des prochaines années.

Si l'on sait lire entre les lignes, il ressort deux grandes idées de ce rapport : premièrement, une nouvelle crise se prépare ; deuxièmement, les banquiers ont déjà inventé une narration pour se dédouanner de toute responsabilité.

Depuis plus d'un an, la réserve fédérale américaine remonte ses taux directeurs. Or, la baisse des taux directeurs des banques centrales du monde entier avait été l'une des mesures prises après la crise de 2008 pour empêcher un effondrement économique mondial.

Le fait est qu'à chaque fois que les banques centrales augmentent leur taux directeurs, une crise se produit peu de temps après.

« Si la survalorisation des marchés d’actions américains semble être davantage la conséquence des taux d’intérêt anormalement bas que de comportements spéculatifs de la part des investisseurs comme lors des précédents épisodes de bulles spéculatives, il n’en reste pas moins qu’un faisceau d’indicateurs semble indiquer qu’un retournement ou une correction de la valorisation du marché d’actions américain apparaît de plus en plus probable. »

 

« Notre indicateur avancé de retournement du marché d’actions, qui a pour objectif de signaler le risque d’entrée dans une phase de retournement ou de correction, agrège un ensemble de variables macroéconomiques (taux d’utilisation des capacités de production), de prévisions d’activité (PMI manufacturier), de variables monétaires (pente de la courbe destaux), de variables macrofinancières (croissance cumulée sur trois ans des prix immobiliers et du crédit bancaire) et de variables financières (PER ajusté du cycle). L’indicateur Indicateur de retournement du marché boursier américain est calculé depuis 1955 comme la moyenne des centiles de chaque variable. Depuis 1955, nous identifions six épisodes de retournement (bear market) du marché boursier (partie rouge de la courbe S&P sur le Graphique 1), lesquels se caractérisent par 18 mois de baisse continue (indépendamment de l’amplitude de la baisse), ainsi que six épisodes de correction (partie jaune), lesquelles se caractérisent par des baisses d’une durée inférieure à 18 mois. Les phases de retournement et de correction sont reconnaissables aux bandes bleues sur le Graphique 1.
 


Depuis 2009, la probabilité de retournement est passée de 10 % à 60 %, soit un niveau d’alerte élevé. Une révision Indicateur de probabilité de retournement (échelle de droite) des anticipations quant à la vitesse de la normalisation de la politique monétaire américaine ou une réévaluation brutale de la maturité du cycle économique américain pourraient impliquer une correction des primes de risques et donc augmenter la probabilité de correction. Ainsi, une hausse du taux sans risque de 100 pb impliquerait un potentiel de baisse d’environ 15 % 1 du marché boursier américain, toutes choses égales par ailleurs. Au vu de la récente hausse du niveau des interconnexions financières (cf. supra), cette correction aurait certainement des effets de débordements sur les marchés mondiaux. Ainsi, selon nos estimations, la correction sur le marché américain pourrait entraîner une baisse du CAC40 2 comprise entre - 8,0 % et - 12 % 3 , toutes choses égales par ailleurs.

1 : Estimations à partir du modèle de Gordon-Shapiro utilisé dans la section 3.1 b pour l’indicateur de rendement relatif (IRR). 2 : En prenant en compte le niveau de l’indice DY au 20 avril 2018. Estimations à partir du modèle SVAR présenté dans la partie précédente. 3 : Somme de l’ impulse response function sur deux semaines d’un choc affectant le marché boursier américain sur le marché français pour les parties supérieures et inférieures de l’intervalle de confiance à 95 %. »

Mais cette publication ne nous apprend pas seulement que nous sommes à la veille d'une nouvelle crise (dont il est loin de dévoiler l'ampleur). Il nous donne également quelques indices sur la narration que les banquiers nous serviront à travers les médias pour expliquer la crise, et surtout, ne pas apparaître comme les responsables.

Il était une fois une économie en pleine reprise après la crise de 2008. Soudain, la méchante menace populiste déstabilise cette fragile petite reprise et déclenche une nouvelle crise économique.

Voilà à peu près quel genre de narration sera servi au peuple pour détourner l'attention des banquiers.
 

« La reprise de l’activité mondiale semble se confirmer, avec une croissance de 3,8 % en 2017 puis de 3,9 % en 2018 et en 2019, selon les projections du Fonds monétaire international (FMI). Les perspectives d’activité pour la zone euro dans son ensemble demeurent également favorables. La croissance pour 2018 est prévue à 2,1 % après avoir atteint 2,6 % en 2017, dans un contexte de nette amélioration du marché du travail et de demande mondiale soutenue.

Dans ce contexte international mieux orienté, la croissance française est repartie et s’est établie à 2,3 % en 2017. Selon les projections de la Banque de France finalisées fin mai 2018, la croissance du PIB français resterait robuste en 2018, à 1,8 %. Elle se réduirait ensuite légèrement à 1,7 % en 2019 et 1,6 % en 2020, tout en demeurant au-dessus des estimations actuelles de croissance potentielle. L’inflation augmenterait temporairement à 2,0 % en moyenne annuelle en 2018, avant de se replier à 1,5 % en 2019. Elle se situerait en 2020 à 1,8 %.

Les aléas semblent équilibrés pour la projection du PIB réel. Les réformes en cours et à venir en France pourraient se traduire par un supplément de croissance potentielle avant la fin de la période de projection. À l’inverse, la situation politique internationale constitue un aléa négatif. En particulier, les incertitudes politiques ont très significativement augmenté en Italie. La politique commerciale des États-Unis pourrait aussi affecter la demande adressée à l’Europe et la France en particulier, et donc la capacité de rebond de nos exportations. Ces risques seraient en partie contrebalancés par la possibilité d’une politique budgétaire expansionniste dans certains pays de la zone euro ayant des excédents budgétaires, comme l’Allemagne, qui n’est pas intégrée dans nos projections à ce stade. Cependant, à moyen terme, les risques pesant sur la croissance économique sont alimentés par des poches de vulnérabilités financières observables à un niveau global y compris en Europe, telles que la hausse de l’endettement privé et l’appétit pour le risque, la persistance des incertitudes politiques et économiques au niveau mondial et par la montée du protectionnisme. »

Le mensonge de ce scénario est évident pour quiconque est un peu informé de la situation réelle. En réalité, la reprise économique mondiale est très largement surévaluée. Il ne serait pas étonnant que les chiffres de la croissance soient complètement faussés.

De la même manière, ceux qui suivent un peu l'actualité économique savent que le chômage américain n'est pas de 5% mais de 20%, si on sait lire entre les lignes des statistiques officielles, ce qui signifie que les Etats-Unis ne se sont pas remis de la crise de 2008. La classe moyenne américaine a été lessivée.

Au final, l'élection de Trump et la montée du populisme est bien la preuve que la reprise est un mensonge.

Quelle est l'utilité de ce mensonge ? Premièrement il sert à faire oublier la crise économique. Deuxièmement il servira à créer un contraste entre les résultats des gouvernements passés et ceux des gouvernements populistes, qu'on désignera comme responsables de la prochaine crise.

Les responsables sont déjà désignés : Trump avec sa guerre commerciale et l'Italie avec son opposition à l'UE.

Conclusion : une nouvelle crise économique mondiale se prépare, et tout sera fait pour faire diversion sur les responsables de cette crise.

Source : http://proletaire.altervista.org/marxisme/actualite/6-jui-2018.php

D'autres analyses : http://proletaire.altervista.org


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9 réactions à cet article    


  • Berkano Othala 29 juin 17:01

    Bonjour . Je pense que ce lien va completé votre article 



    Par contre comme notre Jupiter est issu du monde des banques , je pense qu’il sombrera sur son point fort , car le domaine social qu’il méprisait et ignorait a été vaincu sans peine avec la complicité silencieuse de Mélanchon ,et des syndicats qui n’ont pas bougé pour le code du travail, mais seulement pour LEURS statuts . La vanité de ce gamin va le pousser vers plus d’autoritarisme, et de censure . Il est possible que la thallasocratie anglo saxonne n’ayant plus besoin de lui, profite de la chute de l’euro pour le faire tomber avec . Même Merkel n’est plus inoxydable .

    • av88 av88 29 juin 18:16

      Depuis l’élection de Trump les choses ont beaucoup changées, depuis 60 ans les USA ont poussé à la création puis au maintient de cette monnaie.
      Avec Trump, c’est une autre histoire, c’est un homme d’affaire et c’est primordial pour lui. Il n’admet pas que l’Allemagne (et la Chine) pénalisent les entreprises américaines en abusant de monnaies dévaluées par rapport au dollar (US$). 
      Donc il va faire pression sur l’Allemagne pour qu’elle revienne au Deutschemark qui sera réévalué par rapport à l’Euro de 20 à 30 %.
      Eu égard à l’histoire, les Allemands n’ont pas envie de porter une faute historique de plus avec la disparition de l’Euro. Il se peut que la coup de grâce vienne d’un autre pays (Pays-Bas, France, Italie) avec l’accord tacite des USA (ce sont eux les initiateurs de l’UE et l’Euro).





      • rhea 1481971 29 juin 21:51
        @av88
        • Les Etats Unis ont abandonné la convertibilité du dollar en or en
        • 1973, nous sommes une civilisation de ce fait en sursis de mort.
        •  Le soleil et l’or ont un rapport intime, c’est métaphorique mais
        • c’est l’image d’une réalité.


      • bob14 30 juin 06:59

        La crise est perpétuelle dans l’UE...

        Bruxelles passe son temps à sauver les 27... smiley
        La monnaie..l’immigration..les taxes..etc !

        • bob14 30 juin 07:54

          @bob14...Une grande fosse septique avec la merde et les odeurs !


        • lacsap151 30 juin 10:00

           Sur la « reprise de la croissance » serinée sur les médias mainstream, Gael Giraud, chef économiste à l’Agence Française de Développement, fait entendre un tout autre son de clochehttps://www.bing.com/videos/search?q=agence+fran%c3%a7aise+de+devellopement&&view=detail&mid=5ACE05F098C420A0339F5ACE05F098C420A0339F&&FORM=VRDGAR&nbsp ;


          • izarn izarn 30 juin 11:36

            Je me souviens de DSK, alors au FMI déclarant en Juillet 2008 que tout allait bien et que la croissance mondiale était de 4%...Pas de soucis !
             smiley
            Et en plus le FMI l’a gardé jusqu’en 2011 !!!!!!!!!!!!
            Bon les banquiers l’ont dégagé ensuite par un scandale sexuel, parceque les charlots au pouvoir voulaient le garder...Entre charlots on s’entraide....
            C’était la moindre des choses.


            • zygzornifle zygzornifle 30 juin 14:33

              Pas de nique a la banque du sperme , les bourses sont vides ....


              • Eric F Eric F 30 juin 16:37
                Un correctif boursier semble en effet probable après une gonflette par injection monétaire, ce qui ne signifie pas forcément une crise économique de grande ampleur, on avait déjà eu le cas en 2001/2002, d’un krach boursier (assez long mais accentué) avec peu d’impact sur l’économie vraie hormis certaines entreprises particulières.
                Par contre le retour à « un certain protectionnisme ciblé » peut avoir un effet psychologique sur ces grands sensibles que sont les affairistes et les financiers. Les pays les plus « malins » s’en sortiront le mieux, on peut faire confiance à nos gouvernants ...pour ne pas en faire partie.

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