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Unabomber, la fabrication d’un monstre lucide

Theodore John Kaczynski, surnommé Unabomber, est le prototype d'une nouvelle génération de terroristes encore peu étudiée, celle des loups solitaires qui frappent soudain, surgis de nulle part, n'obéissant à aucune des règles de communication du terrorisme moderne.

L'homme a produit une doctrine, des analyses brillantes sur notre société mondialisée et ses travers. En ce moment, nombre d'individus, à l'image du Norvégien Anders Behring Breivik, de Lucas John Luke Helder ou encore de Mark Conditt, le poseur de bombes d'Austin, sont, comme Ted, fabriqués par notre modèle même de société. Ils étudient les thèses de Kaczynski, s'en nourrissent avant de frapper un jour cette société qu'ils haïssent autant qu'un enfant déçu peut détester sa mère.

L’opinion publique est volontiers informée des actions terroristes de type djihadiste menées contre la France, l’Europe, voire les démocraties libérales occidentales. Plus confidentiellement, les analystes travaillent quotidiennement sur ces opérations de « communication », encadrées par des agents étrangers, qui mènent ces attentats sous faux drapeau sur le territoire national. Le principe et les règles en restent relativement connus.

Certes, ces actions sont spectaculaires et mobilisent des moyens logistiques et financiers importants, mais elles occultent une menace grandissante, officiellement sous-estimée : la haine moderne de nos « valeurs », de nos discours dominants par des individus isolés qui composent notre société occidentale.

Leur haine du « système » est perturbante pour nos grands décideurs car, malgré le caractère barbare de leur action, ils identifient et dénoncent la violence économique et culturelle imposée par le mondialisme. Ce combat est d’autant plus subversif lorsqu’il s’appuie sur une doctrine présentant une certaine cohérence. Il peut alors constituer une source d’inspiration sans fin pour les futures générations de terroristes rebelles à la conduite actuelle du monde.

Parmi les idéologues les plus influents de ce type de terrorisme, on peut citer Theodore John Kaczynski, mathématicien de génie et théoricien politique, connu par le grand public sous le nom d’ « Unabomber ». Au-delà de l’évidente dénonciation des actes, il semble utile d’identifier les différentes étapes de fabrication d’un tel profil psychologique.

 

L’histoire de Ted, né à Chicago, en 1942, de parents ouvriers, nous donne des indices intéressants sur les différentes étapes qui peuvent mener à la fabrication de ce que nous appellerons un « monstre lucide ».

Dès l’enfance, Ted fut, pendant un certain temps, placé en isolement à l’hôpital. Cet épisode thérapeutique perturba sa primo-construction affective. Nous savons tous que le rapport charnel à la mère, dans les premières années en particulier, est un élément déterminant dans l’équilibre de l’adulte à venir. Il y a peut-être d’ailleurs là une réflexion à mener autant sur le travail des mamans que sur l’approche prioritairement hygiéniste des services pédiatriques et leurs conséquences sur le développement affectif des futurs adultes qui forment nos sociétés.

En 1952, Ted est décelé comme supérieurement intelligent, avec un QI de 167. On lui fait doubler des classes. Il se retrouve, sans aucun suivi pédagogique, au milieu de camarades plus âgés qui lui font subir des sévices. L’événement est déterminant : Auparavant sociable, Ted se replie sur lui-même. Ses camarades le décrivent alors comme un « cerveau qui marche ». Premier de classe, il saute toutes les classes, obtient son diplôme universitaire à 15 ans. Il entre à Harvard en 1958, à l'âge de 16 ans. Il évite désormais tout contact avec les autres. A ce stade, Ted est déjà difficilement récupérable.

 

Le jeune Kaczynski participe ensuite malheureusement, en 1962, a une préoccupante expérience psychologique, conduite par le professeur de psychologie Henry Murray. Les participants à cette expérience, jeunes étudiants volontaires, sont d’abord invités à rédiger leurs croyances et leurs aspirations les plus intimes. Leurs écrits sont ensuite moqués et humiliés publiquement, des électrodes enregistrant leurs réactions physiologiques et émotionnelles. Kaczynski subit ces insultes et ces humiliations publiques « expérimentales » chaque semaine pendant trois ans. Il faut préciser que les expériences très spéciales du Dr Murray sont destinées à alimenter les recherches de la Central Intelligence Agency (CIA) sur le lavage de cerveau, connues sous le nom de Project MKUltra. Ces procédés, largement employés à notre époque, servent à reconditionner notre libre arbitre par la modification cognitive, physiologique et neurologique de notre cortex cérébral. Ted est alors pratiquement irrécupérable.

 

Devenu docteur en mathématiques à l’Université du Michigan en 1967, on lui offre un poste d'enseignant. Il se spécialise dans l'analyse complexe, en particulier la théorie de la fonction géométrique. Sa thèse, intitulée Boundary Functions, remporte le prix Sumner B. Myers 1967 en tant que meilleure dissertation en mathématiques du Michigan. Ses professeurs sont impressionnés par ses capacités intellectuelles. À la fin de 1967, Kaczynski, âgé de 25 ans, devient le plus jeune professeur assistant en mathématiques de l'histoire de l'Université de Californie, à Berkeley.

On lui attribue, visiblement sans entretien de motivation préalable, les cours de premier cycle en géométrie et en calcul. Cela aboutit à un résultat prévisible, peut-être l’œuvre d’un confrère jaloux. Ted n’aime pas enseigner, refusant de répondre même aux questions de ses étudiants. Il démissionne deux ans plus tard, abandonnant une carrière de recherche universitaire par ailleurs prometteuse. A ce stade, l’être social est brisé. Il suffit d’une étincelle pour provoquer le drame.

 

En 1971, à la rue, il se réfugie dans une cabane isolée, à l'extérieur de la ville de Lincoln, dans les montagnes retirées de la frontière canadienne. Il n’a pas l'électricité, pas l'eau courante, fait des petits boulots et lit des œuvres classiques (dans leur langue d'origine) à la bibliothèque du coin.

Les travaux immobiliers, industriels ou d’infrastructure, dans la démesure écologiquement irresponsable de l’époque, perturbent sa vie d’homme reclus. Il commence à commettre des actes de sabotage, progressivement convaincu qu’un effondrement violent est le seul moyen de détruire la tyrannie techno-industrielle qui se met en place. Il observe que les individus ne croyant plus une révolution possible, l’espoir de celle-ci devient illusoire. Il songe donc à accroître les tensions au sein de la société pour que les individus se rebellent enfin et fassent s'effondrer le système. Entre 1978 et 1995, Kaczynski, isolé, réduit à l’état de clochard sans vie affective, envoie par la poste ou directement des bombes de plus en plus sophistiquées. Il sera responsable de la mort de trois personnes et de la mutilation de 23 autres. L'irréparable est commis, l’homme est allé jusqu’au bout de sa logique implacable et monstrueuse.

 

En 1979, il place une de ses bombes dans la soute à bagages du vol 444 d’American Airlines, un Boeing 727 reliant Chicago à Washington. La bombe n’explose pas mais libère de la fumée qui force l’équipage à atterrir en urgence.

L’attentat contre un avion de ligne est un crime fédéral, le Federal Bureau of Investigation (FBI) s’empare du dossier. Le FBI entame alors la plus longue et la plus inutile enquête de son histoire pour trouver l’identité de ce terroriste subversif qu’il surnomme UNABOM (University and Airline Bomber). En 1980, l'agent John Douglas, travaillant avec des agents de l'unité des sciences du comportement du FBI, définit le profil psychologique du terroriste : un homme ayant une intelligence supérieure à la moyenne et des relations avec les universités. Ce profil est ensuite affiné pour décrire le délinquant comme un « Néo-Luddite »**, probablement titulaire d'un diplôme universitaire en sciences. Le FBI est, en fait, incapable d’identifier Kaczynski. L’homme n’appartient à aucune organisation, il frappe de manière aléatoire. Il ne suit aucun des codes habituels au terrorisme organisé.

 

Kaczynski envoie, en 1995, plusieurs lettres à des organes de presse exposant ses objectifs. Il est important de comprendre cette action. Cet homme est humilié socialement. Il cherche à retrouver la considération intellectuelle qui lui est refusée par sa condition. La dégradation sociale, le chômage sont de gros facteurs de motivation du passage à l’acte criminel ou terroriste. On retrouve ce facteur social chez nombre de « loups solitaires ». l’orientation économique et politique de nos sociétés va multiplier le nombre de ces profils fragilisés et potentiellement dangereux.

Kaczynski exige que son essai, surnommé le « Manifeste d'Unabomber » par le FBI, soit publié intégralement par un grand journal.

Le ministère de la Justice, dirigé par le procureur général Janet Reno, avec l’aval du directeur du FBI aux abois, Louis Freeh, encourage la publication dans l’espoir qu’un lecteur puisse identifier l’auteur. Bob Guccione, le fondateur de Penthouse, déclare vouloir publier l’essai, mais Kaczynski, en quête de respectabilité, exige une publication dans un organe de presse plus largement reconnu.

L’essai est publié conjointement par le New York Times et le Washington Post, le 19 septembre 1995. L’ouvrage commence par cette affirmation : "La révolution industrielle et ses conséquences sont un désastre pour la race humaine".

Kaczynski prédit alors, à juste titre, que les sociétés soumises à la technologie, encourageront de plus en plus la consommation de divertissements, de spectacles sportifs et conduiront à l’adaptation génétique des êtres humains aux besoins du système. Il démontre également que la société industrielle doit soumettre les individus pour pouvoir fonctionner.

L’ouvrage de Kaczynski offre des observations sur les typologies politiques. Il réduit le gauchisme à un mouvement de socialistes, de collectivistes, de gens "politiquement corrects", de féministes, de militants gay ou de défenseurs des droits des animaux. Il les juge peu fiables pour changer les choses et affirme que le gauchisme, principalement motivé par des sentiments d'infériorité, est l'une des manifestations les plus répandues de la folie de notre monde.

L’ouvrage critique tout autant les conservateurs, les définissant comme des imbéciles qui gémissent sur le déclin des valeurs traditionnelles, tout en soutenant avec enthousiasme le progrès technique et la croissance économique qui briseront inévitablement ces mêmes valeurs.

 

C’est le propre frère de Ted, pressé par son épouse, qui finit par dénoncer Kaczynski. Arrêté en 1996, Kaczynski dénonce ses avocats, nommés par le tribunal, qui prétendent plaider sa soi-disant aliénation mentale. En 1998, Theodore John Kaczynski est condamné à la prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle.

 

Beaucoup d’intellectuels et d’universitaires, tels l’écrivain Alston Chase, le professeur de sciences politiques de l'Université de Los Angeles, UCLA, James Q. Wilson, David Skrbina, professeur de philosophie à l'Université du Michigan, ou bien encore Paul Kingsnorth, cofondateur du projet collectif écologiste Dark Mountain Project, saluent le travail intellectuel de Kaczynski.

Le psychiatre Keith Ablow a admis que Kaczynski était parfaitement cohérent dans nombre de ses analyses. Il a comparé la qualité de son travail d’essayiste à celles du « Meilleur des Mondes » d'Aldous Huxley ou de « 1984 » de George Orwell

 

Kaczynski poursuit encore aujourd’hui un considérable travail de recherche, d’écriture et de correspondance dans sa prison de Supermax à Florence, dans le Colorado. Il a publié deux livres : « L'esclavage technologique », anthologie d'essais et « Révolution anti-technologie », une analyse historique complète des effets de la technologie sur la société. Il y explique en détail pourquoi le contrôle de la technologie est impossible. Le livre propose un nouveau cadre pour organiser et motiver les gens à faire des changements significatifs et durables dans leur vie.

 

Anders Behring Breivik, l'auteur des attentats de 2011 en Norvège, a publié un manifeste dans lequel il reprend nombre de thèses développées dans « Industrial Society and Its Future », l’ouvrage de Kaczynski. C’est le début de l’éclosion d’une nouvelle génération de terroristes, fabriqués par nos sociétés, que nous pourrons appeler des « monstres lucides ».

 

** Néo-Luddite : du nom de ces ouvriers du textile anglais, menés par Ned Ludd vers 1811, qui organisèrent le sabotage des machines, accusées de provoquer leur chômage.


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31 réactions à cet article    


  • math math 24 octobre 10:34

    La complexité d’un cerveau humain laisse les « analystes » au bord du trottoir !

    Il est tout simplement impossible d’y trouver toutes les réponses aux désordres en tous genres d’une personne...simplement une approche approximative et non une analyse définitive... smiley

    • confiture 25 octobre 15:01

      @math
      « La complexité d’un cerveau humain laisse les « analystes » au bord du trottoir ! » sauf en travaillant sur une version simple comme la tien


    • Tall Tall 24 octobre 12:10
      Voilà une bio très parlante ... je vois bien par où ce gars est passé.

      A mon avis, Kaczynski n’est pas trop malheureux en prison : il y est à l’abri des emmerdeurs et peut penser librement en publiant des livres.

      • Tall Tall 24 octobre 12:14

        Ceci dit, l’anarchie, ça reste du désespoir .. du sans-issue.

        Le contraire du transhumanisme qui ouvre toutes les portes
        Mais ceci est un autre sujet

      • Attilax Attilax 25 octobre 09:27

        @Tall


        Non, au contraire, l’anarchie est le dernier espoir de l’Humanité et le transhumanisme, point ultime du capitalisme, son tombeau.

      • Pierre Régnier Pierre Régnier 25 octobre 11:11

        @Attilax

        Ni l’anarchie ni le transhumanisme ne sont un espoir pour l’humanité.

        Il est grand temps d’exiger un radical écrasement de la hiérarchie des revenus par le haut, même si, évidemment ce ne sera pas suffisant.


      • Tall Tall 25 octobre 12:33

        @Attilax
         

        L’anarchie peut être une étape fructueuse, faut voir ce qu’on fait après ...

      • jjwaDal jjwaDal 24 octobre 12:42

        Kaczynsky peut sembler être le « chef de la horde » des loups solitaires mais il est malgré tout un cas très particulier. Bernard Stiegler a étudié ces cas et il semble penser que beaucoup ont perdu le sentiment d’exister (d’avoir une existence) en s’enfermant dans une forme de solitude autorisée et encouragée par la technique.
        Il y a donc plus d’une voie pour arriver à l’agression contre la société, mais tous semblent avoir été agressés et laissés tomber bien avant leur acte.
        La typologie de ces loups est assez variée et leur réponse n’est pas toujours et violente et visible. Elle peut varier d’un refus absolu des principales valeurs de la société dans laquelle on vit, au refus de la parentalité, à la fuite dans la religion, le suicide.
        Une société qui favorise à outrance l’individualisme, en s’enfermant dans l’idée imbécile que chacun est responsable de ce qu’il a dans la tête est condamnée à produire des loups solitaires.
        Le travail permet déjà la socialisation et dans un contexte de chômage massif ou la première marche menant à l’emploi est de plus en plus exigeante, on va vers des marginalisations de plus en plus nombreuses.
        Dans le « chacun pour soi » il est difficile de développer le sentiment qu’on a de la valeur pour le groupe qui n’est d’ailleurs pas là pour nous le rappeler.
        Nous fabriquons des « I.N » (intelligence naturelle) bien plus évoluées que l’ « I.A. » forte qu’on prétend vouloir développer et les premiers apprentis-sorciers venues sont à son berceau pour lui saloper le « noyau » de personnalité qu’elle devra trimbaler sa vie durant.
        When the shit hits the fan...


        • sousmarin sousmarin 24 octobre 20:00

          Une société injuste que ce soit économiquement, socialement ou judiciairement favorise ce type de comportement.

          En France, le « barrage » des prestations sociales limite les cas mais les injustices hypocrites, notamment administratives et judiciaires, peut faire craindre une explosion.

          Que fait un individu qui pense qu’il n’a plus rien perdre ? Il détruit, lui ou les autres.

          Et pour l’avoir vu récemment, on peut tuer beaucoup de personnes avec un simple camion...pas besoin d’être un génie pour ça.

           

          "L’injustice hypocrite amène les guerres. La justice violente les précipite." a dit Camus et la seule solution pour ne pas sombrer dans cette spirale est une société juste - ou en tout cas sincère sur la réalité des injustices et sur sa volonté de les combattre - mais il est clair que nous ne prenons pas cette direction puisque le ministère de la justice lui même - portant là bien mal son nom - aggrave le problème, en toute connaissance de cause, au lieu de le réduire ; on peut donc prévoir une forte croissance de la "fabrication de monstres".

           

          Mais, à l’instar de Frankenstein, les vrais monstres sont-ils ces individus ou ceux qui les créent ?


          • Ruut Ruut 24 octobre 22:05
            Sans espoir pas de futur, or l’espoir n’est presque plus en France.....


            • Pierre Régnier Pierre Régnier 25 octobre 11:07

              @Ruut

              L’espoir n’est presque plus nulle part parce que nulle part on ne s’attaque à l’économisme, alors qu’on bavarde en permanence sur ses effets désastreux : destruction des moyens naturels de vivre, scandaleuse répartition des biens naturels et des fruits du travail des hommes, guerres entre puissances dominantes, émigrations des peuples les plus misérables...

              Je pense que vous vous trompez gravement quand vous dites que le futur de l’humanité passe par la conquête de l’espace.


            • Ruut Ruut 25 octobre 16:14

              @Pierre Régnier

              Non car la conquête de l’espace passe par une collaboration massive des individus.
              Et pour le moment les conditions s’éloigne.
              Et rêver c’est garder un peut d’espoir :)


            • Simple citoyenne Simple citoyenne 25 octobre 09:20

              "L’ouvrage de Kaczynski offre des observations sur les typologies politiques. Il réduit le gauchisme à un mouvement de socialistes, de collectivistes, de gens « politiquement corrects », de féministes, de militants gay ou de défenseurs des droits des animaux. Il les juge peu fiables pour changer les choses et affirme que le gauchisme, principalement motivé par des sentiments d’infériorité, est l’une des manifestations les plus répandues de la folie de notre monde.

              L’ouvrage critique tout autant les conservateurs, les définissant comme des imbéciles qui gémissent sur le déclin des valeurs traditionnelles, tout en soutenant avec enthousiasme le progrès technique et la croissance économique qui briseront inévitablement ces mêmes valeurs." 

              C’est pertinent. Néanmoins, la cause animale, elle, est plus que légitime et juste. Concernant les loups solitaires décrits dans votre article, un expert américain ( désolée, je ne me souviens plus de son nom,) avait, quelques années auparavant, déjà décrit se type de profil à venir, ainsi au moment de cet attentat (Attentats de mars 2012 en France,) la déclaration de l’expert que j’avais lue quelques années auparavant m’est revenue tout de suite après ça. On essaye de briser les gens pour les faire craquer. L’ article très instructif.


              • Simple citoyenne Simple citoyenne 25 octobre 09:42

                J’oubliais l’affaire Khalede Kelka, qui même s’il n’avait pas le même QI, avait ressenti une injustice institutionnelle. Attention cela n’excuse rien, ce n’est pas ce que je dis. Surtout pas.


              • Albert123 26 octobre 14:10

                @Simple citoyenne


                « la cause animale, elle, est plus que légitime et juste. »

                bah non... quand bien même cette idéologie vous séduit, elle fait parti exactement du même lots de tares dénoncées, à juste titre, par ce manifeste.

                et au delà de l’article, le manifeste est lui gratuitement accessible en pdf et fait seulement 35 pages.

                c’est juste dommage que Kaczinsky en est d’ailleurs affaibli la portée par ses actions violentes.


              • Simple citoyenne Simple citoyenne 26 octobre 15:20
                @Albert123 ; Bah si... Ce n’est pas qu’une simple idéologie « toute séduisante », la cause animale est une cause grave et importante ; ainsi si le résumé de son manifeste de ce qui a été reporté dans l’article et que je trouve pertinent, je parle de l’extrait que j’ai repris en commentaire, permettez-moi de rappeler aux lecteurs, que ce manifeste vient d’un homme qui a hélas tué beaucoup d’autres gens, or il n’est pas étonnant qu’un homme qui tue, pense que la cause animale n’est pas une cause importante à ses yeux, puisqu’il a tué d’autres individus, je me permets de déposer ce lien !


              • zygzornifle zygzornifle 25 octobre 10:35

                celle des loups solitaires qui frappent soudain, surgis de nulle part, n’obéissant à aucune des règles de communication ...


                Comme un certain trader de chez Rothschild ? 

                • jjwaDal jjwaDal 25 octobre 20:37

                  @zygzornifle
                  Excellent mais faux. Plutôt un louveteau adoubé par 3bildeberg« et »French Young Leaders" et sortis de la meute pour les présidentielles qu’un loup solitaire...


                • Emile Mourey Emile Mourey 25 octobre 10:41

                  Excellente étude. 


                  Vous écrivez : nous savons tous que le rapport charnel à la mère, dans les premières années en particulier, est un élément déterminant dans l’équilibre de l’adulte à venir.

                  Pouvez-vous nous dire quelles peuvent être les conséquences psychologiques pour le développement d’un enfant issu de la GMA, c’est-à-dire, d’une mère porteuse dont il sera « coupé » dès la naissance, et peut-être même, avant ?


                  • Djam Djam 25 octobre 11:30

                    @Emile Mourey

                    Excellente question !


                  • aimable 25 octobre 11:44

                    @Emile Mourey
                    je me demande si il y a suffisamment de recule pour connaitre la réaction des ados ou même des adultes en apprenant qu’ils sont issus de cette méthode de procréation ( en dehors de la cellule familiale ) qui malgré tout ce que l’on veut nous faire croire sent le fric, il est quand même difficile de leur faire croire qu’ils ont été conçus dans l’amour .


                  • Sparker Sparker 25 octobre 16:04

                    @aimable

                    Déjà faudrait leur avoir caché, et je pense que le problème n’est que là, ceux qui découvrent ne remettent pas en question l’amour qu’il ont reçu et qu’il vivent si on ne leur à pas caché dès la naissance.
                    Pour les enfants adoptés c’est de même.
                    Il n’y a aps de lien organique entre un enfant et ses parents, il n’y a qu’un lien de vécu.
                    Si on ne dit pas à un enfant qu’il est né d’une GPA, il ne le découvrira pas tout seul et croira qu’il est comme les autres enfants et sera également heureux si l’environnement porte à ça.
                    Mais je pense que c’est mieux de le dire, que ce soit GPA ou adoption car ça n’a aucune espèce d’importance.
                    Le taire et le découvrir sur le tard sera bien plus traumatique.

                  • Ruut Ruut 25 octobre 16:19

                    @Emile Mourey

                    ça dépens de la famille dans laquelle ils évoluerons.
                    Déjà il manquera le second sexe au niveau comportemental ce qui générera des carences psychologiques.
                    Surtout si le bébé est un homme dans une famille de lesbiennes.
                    Les violences psychologique qu’il subira seront terribles.
                    Les alternances de chaud froid mental seront redoutables.


                  • Djam Djam 25 octobre 11:29

                    Et une analyse d’un type comme Sorros, ça dirait quoi de son cynisme pervers ?


                    • JPCiron JPCiron 25 octobre 12:07

                      Qu’une personne brillante arrive à ces conclusions horribles par un cheminement mental réfléchi devrait inciter les gouvernements et associations à réfléchir à ces milliers de jeunes pas particulièrement brillants qui subissent un parcours personnel douloureux, injuste, ou humiliant.


                      • Laurent Trousselle Laurent Trousselle 25 octobre 14:55

                        « Marche Arrêt Point Mort », un roman, parle exactement de ce sujet. 

                        Le personnage principal, ayant lu Kaczynski, se met à semer des bombes dans les trains.



                        • Cyrus l’ hermite 25 octobre 16:19

                          Article fort a propos , les midterms commençant par de « jolis cadeaux » .

                          Le rapport avec anders behring breivik est un peut léger .


                          • Saint Rata de l'himalaya Maitre Ratatouille 25 octobre 23:15

                            Le véritable clivage des prochaines années n’est pas celui qui oppose gauche et droite, progressistes et conservateurs mais évolutionnaires et transhumanistes. Le principe qui guide les évolutionnaires est celui du développement de la vie et de l’être humain dans leur milieu d’évolution. Un développement qui suppose le respect des limites naturelles, sociales et symboliques face à l’hubris techno-capitaliste. La démesure qui anime le projet d’illimitation du courant transhumaniste considère au contraire la vie, l’être humain ou la nature comme des moyens à utiliser et à exploiter au service d’une abstraction totalitaire qui peut être cellede la techno-science ou de la valeur marchande.  smiley


                            • Eric F Eric F 26 octobre 09:59
                              On nous montre bien ici le traumatisme du parcours personnel comme origine de la révolte et du passage à l’acte violent. Ceci n’est absolument pas spécifique à notre époque et notre société, et il arrive souvent -dans toute société- que ce genre de profil adhère à une idéologie radicale violente, et/ou soit « récupéré » par des officines douteuses. Mais certains restent de purs solitaires, comme ces cas de fusillades dans les écoles aux Etats Unis (il y a un effet de mimétisme dans ce type d’acte, comme également chez nous les jihadistes à l’opinel).

                              • Albert123 26 octobre 14:29

                                @Eric F


                                « il arrive souvent -dans toute société- que ce genre de profil adhère à une idéologie radicale violente »

                                Rien a voir avec le cas qui concerne cet article, Kaczinsky n’adhère pas à une théorie mais la produit lui même et que celle ci prend aujourd’hui tout son sens pour le commun des mortels car tout ce qu’il raconte se concrétise désormais par des faits tangibles aujourd’hui et qui peuvent être appréhendé par n’importe quel quidam (ce qui n’était pas le cas à l’époque).

                                Avec un QI de 167, on a plus à faire à un visionnaire incompris et poussé à la violence pour se faire entendre par ses contemporains qu’à un cinglé comme Breivik qui justifie son impulsivité sous couvert d’inspirations diverses et mal digérées.

                                Et là encore le bonhomme à la lucidité de prédire et d’analyser que le gauchisme dans son universalisme égalitariste pathologique ne peut laisser la parole à de tels individus en raison d’un évident conflit d’intérêt idéologique .

                                ce qu’il écrit en 1995 en passant pour un ovni, peut être perçu et compris par une large proportion de la population en 2018.

                                Et c’est à ce niveau que le cas Kaczinsky doit interpeller nos sociétés finalement si primitives qu’elles préfèrent prendre de mauvais chemins qui la mèneront à sa perte plutôt que d’écouter des visionnaires certainement peu flatteurs et peu séduisant mais qui lui feront gagner un temps précieux.





                              • gnozd 28 octobre 16:18
                                @Albert123

                                « un cinglé comme Breivik qui justifie son impulsivité sous couvert d’inspirations diverses et mal digérées »

                                Pas si cinglé que ça Breivik, à mon avis. Ou alors cinglé, mais lucide : il savait parfaitement qu’il ne risquait pas grand chose en dégommant 80 mômes pour la plupart blonds aux yeux bleus.
                                Il ne s’est pas risqué à faire un carton à la sortie d’une mosquée un vendredi après-midi. Parce que dans ce cas-là, il tenait pas 2 jours vivant en taule...

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