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Une Allemagne, maîtresse des classes travailleuses de l’ensemble européen ?

 

Reprenons le fil des explications fournies par Alexandre Mirlicourtois dans sa vidéo du 15 mai 2012 à propos du « modèle allemand  », ou encore de ce qu’il appelle, en y mettant une majuscule : « LA vision allemande de l’Europe ».

Résumant ce qui s’est passé en Allemagne depuis le début des années 2000, il conclut qu’il faut y voir…
« Dix années marquées par la mise en place d’une véritable politique d’offre du côté allemand. »

En langage marxiste – qui n’est pas du tout celui de notre analyste -, nous devrions traduire cela par : mise en oeuvre d’une exploitation renforcée du travail… En quoi cela aura-t-il donc pu consister ?… Il aura tout d’abord fallu s’assurer de disposer d’une base solide à l’intérieur même du pays, en l’occurrence, l’Allemagne…

Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, la classe ouvrière allemande de la République fédérale a eu très officiellement le bec cloué. Cela s’appelle la Loi fondamentale de 1949… J’y reviendrai sans doute un jour… C’est tout bonnement la Constitution allemande.

Au moment d’entrer dans le second millénaire, la déclinaison de cet état de fait des rapports de classe en Allemagne réunifiée a produit le résultat que nous décrit Alexandre Mirlicourtois :
« Une politique qui a consisté à déformer le partage des revenus en faveur des entreprises, pour améliorer leur compétitivité et leur profitabilité ; à déréglementer le marché du travail ; à accroître le niveau de gamme et de qualité de la production.  »

Mais la réunification s’étant faite à l’occasion de l’effondrement de l’Union soviétique – dans laquelle l’Allemagne d’Helmut Kohl n’était vraiment pas pour rien -, ce n’est pas seulement la classe ouvrière allemande qui a pris un petit coup sur l’oreille… C’est ce qu’Alexandre Mirlicourtois ne peut manquer d’évoquer en restant dans la problématique qui est la sienne. En effet, le « modèle allemand », c’est aussi…
« Une stratégie qui s’est mise en place au détriment de ses partenaires européens. »

Il y a donc d’abord cette question de la soumission accentuée des classes travailleuses qui avaient définitivement perdu tout recours à l’Est…, qu’elles appartinssent aux pays de l’Ouest européen ou à ceux de l’Europe centrale et orientale « libérées » du communisme.

Elles aussi allaient devoir avaler l’équivalent local de la pilule amère que les camarades allemands avaient reçue des lois Hartz, et dont le résultat se retrouve dans le graphique que nous dessine Alexandre Mirlicourtois et qu’il accompagne de ce commentaire :
« On l’oublie un peu vite aujourd’hui avec les annonces en cascades des hausses de salaires à venir dans l’industrie ou dans les services publics, les Allemands ont été mis à la diète aux cours des années 2000 avec à la clé des baisses de salaires réels (c’est-à-dire corrigé de l’inflation). »

Mais il ne faudrait surtout pas perdre de vue le second aspect de la manœuvre :
« L’impact sur la consommation a été d’autant plus fort que ce mouvement s’est accompagné d’un glissement de la fiscalité en faveur des entreprises : baisse des charges sociales contre hausse de la TVA. »

De façon générale, la production devient moins coûteuse et, tout à la fois, elle est moins destinée à la consommation intérieure qu’à l’exportation : les capitaux n’en sont que plus rentables…

Dans le langage d’Alexandre Mirlicourtois, voilà ce que cela donne :
« La conséquence est double. La déflation salariale et le durcissement de la fiscalité en direction des ménages a conduit à un écrasement de la demande domestique. Moins de demande domestique c’est d’abord moins d’importations. Cela libère aussi des capacités à l’exportation. »

Mais il y a mieux encore, et cela grâce à la victoire réelle de l’Allemagne fédérale sur l’Union soviétique des années Gorbatchev. Uniquement en charge des questions économiques, Alexandre Mirlicourtois s’en tient à ceci qui devient, pour nous, extrêmement parlant :
« Au début des années 90, après sa réunification, l’Allemagne s’est trouvée sur son flanc Est face à des pays en manque de capacités industrielles compétitives, disposant d’un réservoir de main d’œuvre qualifié et peu rémunéré mais aussi de monnaies faibles. Une véritable opportunité qui s’est concrétisée par une ruée vers l’Est car elle permettait la mise en place d’une économie de bazar. »

De pied ferme, nous attendons la suite…

NB. Cet article est le vingtième d'une série...
« L’Allemagne victorieuse de la Seconde Guerre mondiale ? »
Pour revenir au document n° 1, cliquer ici


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