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Accueil du site > Tribune Libre > Une marée humaine, vous savez, ça ne nous arrête pas...

Une marée humaine, vous savez, ça ne nous arrête pas...

Samedi 26 mai 2018, le matin de la Grande Marée Populaire.

Un grand espoir nous anime. J'ai grand espoir qu'il se passe quelque chose, nous avons grand espoir qu'un mouvement immense se lève, qui agrège les inquiétudes, les colères, les mécontentements et les désespoirs, tous ceux qui sont liés à l'orientation que Macron, héraut momentané des classes dirigeantes, donne à la politique française. Au monde que ces gens là nous promettent.

Nous avons grand espoir, car face à la manière dont les possédants s'organisent pour perpétuer, augmenter leur emprise et leur domination, une prise de conscience se fait jour indéniablement. La nécessité d'une « convergence » des luttes semble à tous de plus en plus évidente. Et les options stratégiques qui en découlent, elles aussi se précisent. Tout le monde semble avoir lu la récente tribune de F. Lordon, ou qui sait le texte de J.M Harribey datant de quelques années déjài, qui suggèrent que les échecs répétés des mouvement sociaux ne sont pas l'effet du hasard, mais l'obstination dans l'erreur stratégique. Cette réflexion est un tremblement de terre qui secoue jusqu'à la fameuse « Charte d'Amiens » définissant les territoires respectifs des partis politiques, des syndicats, des associations, du mouvement social. Ça y est, ça devient clairii, si les confédérations syndicales ne font pas de politique, rien ne reliera jamais la lutte des cheminots à celle d'Air France, de Neyrpic ou des travailleurs d'Uber. Tous les espoirs sont donc permis, et aujourd'hui ça y est, des dizaines d'organisations appellent à la Grande Maréeiii... Et cette Marée, contrairement à ce que nous répètent à l'envi les « petits soldats du journalisme », n'est pas celle du Grand Méchant Mélenchon, non, c'est la nôtre à tous.

Dans les jours qui ont précédé, j'ai fait tout ce que je savais faire pour annoncer la manif du 26, pour mobiliser militants et sympathisants, et même leurs « amis » facebook... Dans les jours précédents, nous avons réfléchi à nos slogans, nos panneaux, nos flyers, nos saynètes. Jean a construit les panneaux, Pierre a réuni le matériel Jules a imprimé les tracts. Nous avons fait avec nos moyens dérisoires, qui ne sont pas ceux dont disposent Edouard Leclerc ou Henri Castorama pour emplir nos boîtes aux lettres. Nous avons fait avec notre cœur et notre engagement.

Nous avons opté pour une mise en scène de la célèbre et désastreuse image de la « cordée » chère à Macron. Car nombreux sont ici les montagnards, qui ont été horrifiés par la vision qu'a l'homme providentiel de ce que peut être une cordée. Horrifiés, apitoyés devant cette ignorance, ce contre-sens volontaire ou pas, si emblématique du calcul des « communicants »iv.

Notre mise en scène a eu beaucoup de succès. Nous avons été photographiés sans répit. On nous a demandé des « selfies » ; pas d'autographes, mais tout juste.

Et pourtant, quelle déception. Quel désenchantement. Nous avons participé à une belle manif, mais la Grande, l'immense Marée que nous espérions ne s'est pas produite. Nous l'avons senti, nous l'avons deviné, nous l'avons vu. Nous avons fait contre mauvaise fortune bon cœur, mais nous savions déjà que cette journée était un blanc seing à l'équipe d'arrivistes gouvernementaux et à l'arrogant président qui les entraîne dans son ascension. Nous avons compris qu'un boulevard s'ouvrait maintenant devant lui pour « réformer la France » et laminer tout ce qui ne fait pas partie de leur monde.

Certains le reconnaîtront, d'autres s'y refuseront ou noieront le poisson. Mais ils ne donneront pas le change, ils ne truqueront pas le rapport de forces.

Laurent Delahousse, lui, ne s'y est pas trompé et en a déduit sans hésiter son titre phare pour le 20 h d'Antenne 2 : de gros orages avaient éclaté samedi sur la façade Atlantique. La Marée Populaire ne valait pas un gros orage. Dimanche, la journée serait également agitée, mais la perturbation se décalerait vers l'est. Il faut dire que l'appellation « Côtes de Bourg » est particulièrement touchée, ce qui est très grave, et je compatis sincèrement avec les viticulteurs concernés. Tout en me disant tout de même que si les malheureux parviennent à surmonter le gel de 2017 et les orages de 2018, cela devra peu aux concepts macroniens. Peu aux nouvelles technologies, peu aux startups, peu aux « indispensables réformes ». Je me demande même si la « Concurrence libre et non faussée » leur sera d'une quelconque aide, ou si ce n'est pas plutôt la solidarité, qu'elle soit nationale ou pas, qui les aidera à surmonter l'épreuve... ?

La Marée populaire, donc, n'aura pas eu cette fois-ci la puissance nécessaire pour ébranler Macron et ses séides. Macron qui d'ailleurs — outre la gratuitement méprisante provocation répétant : « qu'ils promettent ! »— avait longuement expliqué avec l'arrogance inutile et pathétique du « fort en thème » que RIEN ne le ferait changer de trajectoirev.

Elle n'aura pas été à la hauteur de l'enjeu, et l'on doit sans doute s'en réjouir ce soir dans les chaumières élyséennes et matignonesques, en rêvant à un glorieux avenir plein d' « indispensables réformes ». Plus aucun obstacle sur la route du « progrès » à reculons.

Il faut reconnaître que nos adversaires sont puissants, habiles et outillés. Outre leur ténacité et leur ambition, ils ont pour eux, on le sait, la domination de presque tous les moyens d'information. Mais ils ont également su patiemment organiser le monde de manière à prendre au piège implacable de leur logique (leurs journalistes diraient : « prendre en otages ») l'ensemble du monde du travail. Qu'il s'agisse de l'emploi, des conditions de travail, ou des prêts à la consommation, tout concourt à empêcher les travailleurs de s'opposer aux « réformes ». Ils ont su convoquer jusqu'à l'esprit de ceux qu'ils considèrent comme leurs domestiques en les persuadant de l'omnipotence et des vertus de la concurrence. Ils ont su convaincre « ceux qui vivent avec 1500 € que la cause de leur problème sont ceux qui vivent avec 2000 € ou avec 500 € »vi , et nombre de ceux qui attendent sur un quai de gare un hypothétique TER que tous leurs malheur viennent des cheminots.

Alors sommes nous tristes et déçus, défaits, suis-je triste, déçu et défait ? Je ne sais pas. Un peu abasourdi, certes, mais surtout inquiet. Car que signifie cet échec, cette désillusion ? Est-ce que je me trompe, est-ce que nous nous trompons, est-ce qu'au fond, la grande majorité, la Majorité Silencieuse, celle là même qu'on nous objecte depuis toujoursvii, est-ce que la grande majorité approuve Macron et la manière dont il raconte l'Histoire, la manière dont il prétend construire l'avenir ? Est-ce qu'elle approuve la précarisation généralisée, la répartition aberrante des fruits du travail, l'aliénation Uber et l'humiliante métaphore des premiers de cordée ? Est-ce que vraiment elle n'attend rien d'autre qu'un Homme fort, déterminé, condescendant, inflexible et imbu de lui même jusqu'à la caricature ? Est-ce qu'elle pratique dans la bonne humeur la soumission volontaire ? Est-ce que vraiment la seule chose qu'attend le peuple de France c'est d'être ainsi rabaissé, commandé et guidé ?

Il est fort probable que non. Il est fort probable, mais ce n'est pas Laurent Delahousse qui en fera la synthèse, que dans tous les secteurs bouillonne une colère forte, qui partout s'exprime par des grèves, par des revendications, par des actions déterminées, parfois violentes... ou par du désespoir et des « burn outs » innombrables. Mais pour le savoir, il faut, comme François Ruffin, comme avant lui Marcel Trillat ou comme Daniel Mermet, vouloir suivre au plus près les mouvement sociaux, laisser s'exprimer les acteurs et rompre avec le micro-trottoir téléguidé et les dépêches de l'AFP.

Si là est la vérité, le demi-échec de la Marée Populaire est très inquiétant. Et gageons que la lecture ironique et condescendante qu'en feront les classes dominantes et le gouvernement ne peut faire qu'aggraver les choses. Si telle est la situation, si le MEDEF et la République En Marche ne le comprennent pas et s'obstinent à ignorer l'état de la société et les dégâts potentiels de leurs choix, l'avenir est explosif. Si telle est bien la situation, l'échec relatif de ce jour de Marée de coefficient modéré traduit simplement la disqualification des structures existantes, des partis politiques aux syndicats, en passant par les dizaines d'associations appelant au mouvement. Il traduit la désorientation totale des victimes des politiques néolibérales, et l'impuissance des « corps intermédiaires » à les représenter, à les comprendre, à leur inspirer confiance.

Et ce n'est une bonne nouvelle pour personne. Car pour autant, la marmite de la colère ne cessera pas de bouillir, aucune soupape ne viendra plus la laisser refroidir dans cette macronie qui -comme D. Trump- « fait ce qu'elle a promis de faire ». L'impuissance politique n'est pas bonne conseillère, et le décalage entre la perception aujourd'hui universelle de l'injustice sociale, et l'impuissance politique est extrêmement malsain.

Combien donc d'avertissements faudra-t-il aux « maîtres du Monde », combien de Brexit, de Cinq Étoiles, de Victor Orban et de Trump leur faudra-t-il avant de comprendre le chaos où leur égoïsme rapace et leur projet de société nous entraînent ? Combien d'occupations avec « dégradations », combien de chemises de dirigeants malmenées ?

S'en sortiront ils encore en dégainant l'insulte du « populisme » ?

Mais peut-être au fond savent-ils tout ça. Après tout, M. Macron est réputé intelligent. Peut-être s'en moquent-ils, peut-être savent-ils pouvoir tirer leur épingle du jeu même dans ces situations de désastre. Cela, hélas, s'est déjà vu dans l'histoire. Dont on sait que M. Macron est friand.

 

Gérard Collet

 

iOrdonnances SNCF : l’occasion. legrandsoir.info/ordonnances-sncf-l-occasion.html et Pour sortir de la folle époque, reconstruire une stratégie. (http://harribey.u-bordeaux4.fr/travaux/europe/debat-sortiedeleuro.pdf)

iiPas pour tous, puisque Laurent Berger, lui, pense que la moindre mention politique mène le syndicalisme à sa perte...

iiiLes classes dominantes et leurs organes de presse ne s'y trompent d'ailleurs pas, qui crient déjà au Loup, en répétant que les syndicats ne doivent pas faire de politique.

vRévélant fort bien à quel électorat « ni de droite ni de gauche » s'adresse un tel discours de matamore.

viOlivier Besancenot sur France 2 le 4 mars 2018.

viiEn tous cas depuis Pompidou, le ministre de l'intérieur Marcellin, De Gaulle et tant d'autres...


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122 réactions à cet article    


  • Fergus Fergus 30 mai 09:37

    Bonjour, Gustave

    Excellent article auquel j’adhère totalement tant ce qu’il décrit est ce que je ressens profondément.

    Il est urgent pour toutes les forces syndicales ou politiques qui tentent de s’opposer à la politique de casse sociale orchestrée par Macron de cesser de se payer de mots, temps d’affronter les réalités sociologiques qui tiennent l’écrasante majorité des victimes du macronisme hors des luttes, et même hors des manifestations.

    Sur ce plan-là, au plan politique Ruffin est beaucoup plus lucide et nettement plus crédible que Mélenchon. Les militants de la FI feraient bien d’en prendre conscience !


    • troletbuse troletbuse 30 mai 09:43

      @Fergus
      Mais il ne faut pas caricaturer Macaron en SS. Inadmissible smiley


    • troletbuse troletbuse 30 mai 09:45

      @Fergus
      Et dire que vous avez voté Mélenchon. Tiens, je me gausse  smiley


    • Aristide Aristide 30 mai 10:06

      @Fergus


      Au plan politique Ruffin est beaucoup plus lucide et nettement plus crédible que Mélenchon.

      Alors là ? Comment peut on voir dans cet homme autre chose que des gesticulations lui permettent de continuer dans sa posture de sauveur du bas peuple. 

      Allons, on peut reprocher beaucoup de choses à Mélenchon sa haute opinion de lui-même, ses propos sans nuances, ... mais de là à déduire que Ruffin est plus lucide sur le plan politique. 

      Mélenchon est un vrai politique, insupportable par les simplifications outrancières dans l’expression de son « programme », de l’absence complète dans son discours de ce qui constitue la base de l’action politique : le compromis. Mais il le sait ... il en joue ...

      Ruffin lui se pose en sauveur, comme dans son film dégoulinant de prétention, d’auto-congratulation, de dénigrement des personnes, ... et d’une nullité assez époustouflante sur le plan politique. 



    • zygzornifle zygzornifle 30 mai 13:18

      @Fergus


      Fini le bon temps des baragouinages et du politiquement correct, la casse dans la rue est la seule alternative en réponse a la casse sociale autrement rien de bougera et meme ça reculera encore plus , on ne peut pas supporter des gifles toute sa vie il faut cogner dur ou ça fait mal et vite ....

    • Legestr glaz Ar zen 30 mai 13:49

      @zygzornifle

      Il ne faut pas désespérer ! Les manifestations jouent manifestement leur rôle. Elles mènent à .....

      Très efficaces, visiblement, toutes ces manifestations, n’est-ce pas ? 


      Grèce : Il y a eu « juste » plus de 20.000 manifestations depuis le début de la crise il y a 4 ans, un record mondial… 



    • jesuisdesordonne 30 mai 15:02
      @zygzornifle

      Ah bon ?
      « la casse dans la rue est la seule alternative en réponse à la casse sociale »
      Vous prévoyez un embrasement dans l’UE ?
      Une casse dans la rue, en prévision, doit être la raison pour laquelle l’armée américaine débarque en Belgique, au prétexte de renforcer l’Otan à l’Est, (2.500 véhicules 3.000 hommes et femmes viennent des USA pour aller à la frontière russe via la Belgique.)
      Lu sous
      Et


    • Paul Leleu 30 mai 18:10

      @zygzornifle


      la « casse dans la rue » doit être organisée, stratégique, et menée par des hommes tels que Lénine ou Trotsky. Façon prise du Palais d’Hiver. Avec des objectifs militaires clairs, et une efficacité de putschiste. Mais les conditions sont-elles réunies ? La Garde Populaire est-elle entrainée et en armes ? La percussion idéologique est-elle affûtée dans nos rangs ? 

      Sans cela, c’est l’effet inverse qui se produit. Les petits anarchistes, infiltrés par les casseurs de la police en civil, ne nous conduisent nulle part. Je crois plutôt que les « débordements » savament orchestrés par la police, et les pilleurs de Mac Donald jointés, vont déboucher sur un surcroit d’autoritarisme et de capitalisme. 

      De ce point de vue, la « stratégie Mélenchon », de rester dans la « grève civile », de fédérer les « honnêtes gens » et les « familles », de mettre sur le gouvernement la responsabilité de l’ordre dans les manifs (pas de milice), est la bonne. Dans le contexte actuel, la « résistance civique » prônée par Mélenchon n’est pas si bête. Rien ne nous dit qu’une « radicalisation amateure » de la lutte mènera au succès... bien au contraire... 

    • Paul Leleu 30 mai 18:15

      @Ar zen


      c’est une façon de voir les choses... je le vois bien aussi... mais d’un autre côté, vous sous-estimez complètement l’importance de la « formation idéologique » des peuples, promue par les manifestations et l’expérience des echecs. 

      Nos peuples sont ramollis du cerveau par 50 ans de rock-CIA et pétard-Marley... ils croient qu’une cuite remplace une révolution. Il faut leur laisser le temps de redevenir des hommes, pour l’instant c’est des serpillères à pisse, des punks et de faux-jetons. 

      On ne peut -malheureusement- pas faire l’économie, tous autant que nous sommes, de cette lente maturation idéologique des peuples. De ce point de vue, une défaite (comme en Grèce) est riche de leçons. 

    • keiser keiser 30 mai 18:41

      @troletbuse


      Alors, après la loi fake-news ...
      On va se pencher su la loi anti-carricatures.
      Non mais franchement, c’est quand qu’on va où !? ...

    • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 30 mai 19:31

      @Paul Leleu

      La Gauche n’inspire plus confiance, voilà où est le problème.
      Et les syndicats, encore moins.

      Pendant 40 ans, tous les Mamamouchis des 65 organisations de la manif, ont vendu aux citoyens l’Europe des banksters, avec la promesse fallacieuse « d’une Europe sociale à la St Glinglin ».

      De plus en plus de gens comprennent que vous vous trompez de cible.
      Macron ne fait qu’appliquer les GOPé de la Commission européenne, qui elle même, applique les Traités européens.

      Mais aussi bien dans ce billet, que dans la manif, la grande absente, c’est l’ Europe.



    • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 30 mai 20:32

      @Paul Leleu

      la « casse dans la rue » doit être organisée, stratégique, et menée par des hommes tels que Lénine ou Trotsky. Façon prise du Palais d’Hiver.

      Rêve ! Le Parti Communiste, depuis les années 80, a laissé tomber la révolution pour devenir européiste. Avant, le PCF était anti européen, il dénonçait la main mise des USA sur l’Europe et la propagande « l’ Europe c’est paix », « L’Europe pour faire contre poids aux USA »etc...

    • Legestr glaz Ar zen 30 mai 20:38

      @Paul Leleu

      Puissiez-vous être entendu, au moins sur la maturation idéologique des peuples.

    • izarn izarn 30 mai 20:51

      @troletbuse
      Ein UE, Ein Volk, Ein Macron !
      ...De merde bien sur !
       smiley


    • Yanleroc 30 mai 20:56

      @Fifi Brind_acier

      ...et l’ UPR !

    • Paul Leleu 30 mai 22:29

      @Fifi Brind_acier


      allez écouter l’analyse de Vincent Brousseau du 13/12/17 sur la chaine votre propre parti... de 1h23’50’’ à 1h36’11’’... il y répond à 2 questions intéressantes. https://www.youtube.com/watch?v=eHFN4u-XZIo&nbsp ;

      Il dit en clair qu’il n’est pas possible de lutter contre les sociétés écran (et tout le tintouin) sans une législation de type soviétique. Et d’autre part, que le Frexit ne changera RIEN à l’influence des milieux financiers sur la vie économique et politique. Il ne fait que confirmer ce que je pense du programme de l’UPR... 

      Allez aussi vous renseigner sur « l’opération Persil » menée par votre modèle De Gaulle, lorsque la Guinée a choisi de quitter le Franc CFA... ça vous donnera une petite idée de certaines réalités du monde... Dans l’état actuel des choses -sans un peuple communiste révolutionnaire- nous ne sortirons de l’Euro que si l’oligarchie nous en donne l’autorisation : la sortie de l’Euro ne se fera jamais au bénéfices des peuples, mais de l’oligarchie elle-même, quand elle changera de pied pour nous faire danser... pensez à cela... 

      Bon... le PCF... je m’en fiche totalement... le communisme « hors-les-murs » est beaucoup plus nombreux que dans cette momie social-démocrate. Mais de grâce, que Asselineau l’ancien bras-droit de Tibéri ne fasse pas trop la leçon. Il dit des choses réellement très intéressantes, mais il devrait aussi écouter les argements des autres. Comment peut-il sincèrement « draguer » les communistes français, tout en nous sortant régulièrement ses rengaines sur « l’échec du socialisme » etc. ? LA construction du socialisme reste justement l’objectif ! ... Bien à vous. 

    • Paul Leleu 30 mai 22:43

      @Ar zen


      ça a toujours été une lutte... comme dans la vie. On apprend de ses échecs au moins autant -sinon plus- que de ses succès. ... on va apprendre beaucoup vous me direz smiley ... mais c’est la démo-cratie... les peuples font leurs expériences à leur propre rythme... c’est comme les enfants (nous l’avons tous été) qui ont besoin de faire leur propre expérience, au-delà du savoir transmis par leurs parents. C’est humain... et si c’est plus long et plus douloureux, ça apporte aussi des réponses plus profondes et plus belles. 

      En tous cas, dans ces phases de « concrétion » de la pensée du peuple, les militants politiques et les intellectuels ont tout leur rôle. Ils ne peuvent pas faire la révolution à la place du peuple. Mais ils peuvent aider le peuple à synthétiser son expérience et sa pensée. Et de son côté, le peuple enrichit et « éprouve » la pensée des intellectuels, en les obligeant à s’approfondir... 

       Et puis après... c’est le peuple qui voit, et qui agit... ou pas. Mais enfin, le passé nous donnes quelques raisons de ne pas perdre totalement l’espoir... comme d’habitude... 

    • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 31 mai 06:12

      @Paul Leleu

      Brousseau explique qu’en revenant au Franc, on peut interdire aux banques en faillite de ponctionner les comptes des clients, et revenir au système d’avant l’ euro avec des banques, qui mutualisaient les risques de faillite. 

      Sur les sociétés écran dans les paradis fiscaux, qui ne sont donc pas en France, il explique qu’on ne peut rien faire. Mais vous avez sûrement un moyen pour intervenir en Irlande, à Singapour ou dans l’ Etat du Delaware !?
      Merci de nous expliquer comment.

    • Paul Leleu 31 mai 13:45

      @Fifi Brind_acier


      Brousseau explique simplement : « avec une législation de type soviétique »... ça laisse songeur... c’est donc possible. Avec des législations de type communiste, Vincent Brousseau explique que c’est possible. Alors, pourquoi s’en priver ?? 

      En fait, implicitement, il rejoint le point de vue d’organisations marxistes : pour eux c’est tout le droit des affaires qui est conçu par et pour la corruption ; on ne peut pas le réformer, il faut le changer radicalement. Brousseau n’explique rien d’autre avec cette phrase : « ça impliquerait de changer tout la logique de notre droit ». Les communistes révolutionnaires ne disent rien d’autre. Sauf que eux proposent de franchir le pas. 

      L’UPR reproche à Mélenchon de s’en prendre au lampiste Macron... c’est pas faux... mais l’UPR ne s’en prend-elle pas au lampiste UE-Euro-OTAN ?? C’est une question pertinente. Voilà tout... mais vous remarquerez que je prends le temps d’écouter attentivement ces longues et intéressantes conférences. 

    • bob14 30 mai 09:44

      Une marée humaine..coefficient..double zéro..Fo fire que faire des « marée » le ouic-end c’est un peu con les Français sont dans les embouteillages sur les autoroutes pour aller manger dans des restos qui réchauffent les plats smiley comme pendant la semaine quand ils sont aux boulots.. !..Métro-boulot-gogo..


      • Paul Leleu 30 mai 18:21

        @bob14

        l’évolution des moeurs sociales et les us plus individualistes est moins favorable aux manifestations de masse et dans la durée. Sans compter le matraquage réactionnaire des médias anti-humains, et les « bain culturel » de pisse américaine, qui a enseigné aux français à ramper dans leur merde comme des citoyens américains, et qui a brisé la raide et fière dignité des peuples d’Europe. Mais ça ne veut pas dire que les français ne soutiennent pas le mouvement de résistance en leur for intérieur. 

        Maintenant, il est clair que l’émiettement humain et social de nos sociétés ouvre un boulevard aux maleversations de la classe dirigeante. 

      • Extra Omnes Extra Omnes 30 mai 09:50

        les francais sont des mougeons


        • Aristide Aristide 30 mai 10:07

          @Extra Omnes

          Et vous vous êtes belge ?

        • cassini cassini 30 mai 10:44

          Il n’y a pas eu beaucoup de régimes réactionnaires (non criminels) dans notre histoire, si du moins on veut bien éviter d’employer ce mot de façon idiote comme on fait tous les jours. Il y a eu la Restauration et le macronisme. 


          • nono le simplet nono le simplet 30 mai 16:18

            @cassini
            le régime de Vichy aussi dans une certaine mesure ...


          • nono le simplet nono le simplet 30 mai 16:26

            @cassini

            crotte j’ai oublié le principal smiley
            en quoi le macronisme est réactionnaire ?

          • cassini cassini 30 mai 20:27

            @nono le simplet


            ================
            le régime de Vichy aussi....
            ================

            Aussi ai-je précisé « non criminel »

          • nono le simplet nono le simplet 31 mai 03:50

            @cassini
            oué, on pourrait aussi parler des massacres de républicains, de la chambre introuvable pour donner quelques aspects criminels à la Restauration ...


          • cassini cassini 31 mai 17:27

            @nono le simplet


            Si vous voulez. Je n’avais fait le distinguo entre criminels ou non que pour qu’on ne dise pas que je mettais Macron dans le même sac que Pétain. 

          • nono le simplet nono le simplet 31 mai 17:28

            @cassini

            ça ne répond pas à ma question : en quoi Macron est réactionnaire ?


          • Ciriaco Ciriaco 30 mai 11:09

            Bon article qui reflète bien le sentiment qu’on peut avoir !

            Je pense que les virages ultra-libéraux pris ces dernières décennies imprègnent fortement les générations. La route sera longue pour retrouver une politisation citoyenne suffisante (il ne faut pas se décourager...) !

            Quant à une politisation des syndicats, ce sera sûrement nécessaire ; je me rappelle que la CGT avait été un acteur très actif de la construction de la sécurité sociale impulsée par Ambroise Croizat.


            • Paul Leleu 30 mai 18:28

              @Ciriaco


              oui... bien-sûr... cette « dépolitisation » des syndicats est une totale hérésie, et une illusion stratégique... c’est un truc américain, libéral : faire croire que la défense du Travail relève d’une condition purement conjoncturelle et locale. Au contraire, autrefois, le syndicalisme a été le terreau de la conscience politique générale. 

              En vérité, cette « dépolitisation » correspond à la victoire à plate-couture de l’industrie culturelle américaine, qui a injecté dans les cerveaux et dans les coeurs, une culture de la soumission et de l’attitude « jaune » individualiste. C’est le « rêve américain », que de trahir les siens. Toute une certaine esthétique de la crapulerie mise en scène dans les films d’hollywood (Weinstein et autres porcs millionnaires relayés par les CIA). 

              Dès lors, les syndicats ont suivi la « pente descendante » de la société toute entière. On ne relèvera pas la tête sans reprendre la lutte culturelle radicale. C’est un gros travail, quand on voit comment une partie (et une partie seulement) des classes populaires à adulé Johnny Hallyday : ça veut dire qu’il l’ont profond. Et l’amour rend sourd et aveugle... 

            • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 30 mai 19:39

              @Ciriaco

              Exact, mais la CGT d’aujourd’hui, comme le PCF, n’ont plus rien à voir avec l’après guerre...Voici ce que la CGT écrivait dans les années 50/60 au sujet du Marché commun, l’ancêtre de l’ Union européenne...

              "- La libre circulation des marchandises, donc le déchaînement de la concurrence fondée sur l’infériorité des salaires et de la législation sociale, l’harmonisation par le bas des conditions sociales dans les différents pays, l’opposition renforcée à toutes les revendications des travailleurs. (...)

              - La libre circulation des capitaux, le danger d’évasion des capitaux, de dévaluation et même de remplacer la monnaie nationale par une monnaie commune. (...)"

              (...) L’enjeu est énorme : le Marché commun conduit infailliblement, à plus ou moins brève échéance, à la disparition des souverainetés nationales, à la création d’un super-État européen, réduisant à sa plus simple expression tout ce qui pourrait subsister d’individuel, de politiquement et économiquement indépendant chez les membres de la Communauté. Ce super-État sera dominé par le pôle d’activité économique le plus puissant : la Ruhr ; par la puissance la plus énergique et la plus dynamique : l’Allemagne de l’Ouest. [...] Pour la France, la réalisation du Marché commun c’est l’acceptation de l’hégémonie allemande. Son industrie ne pouvant lutter contre la concurrence d’outre-Rhin tombera sous la coupe des konzerns de la Ruhr."


            • Ciriaco Ciriaco 30 mai 19:55

              @Paul Leleu
              Plus jeune j’avais un parti pris très tranché sur cet aspect de la culture. Le « new-age » arrivait, avec sa musique et ses films, il y avait un côté écoeurant. Ne sachant au fond qu’en penser, j’ai mieux compris par quel bout prendre cette question en lisant « La société de verre - Pour une éthique de la fragilité » de Philippe Corcuff, sociologue français sérieux (et donc invisible sur les medias mainstream).


              Je sais qu’un livre arrive rarement dans les mains de celui à qui on le souhaite (un livre est toujours une rencontre un peu différente de cela), mais mon intention est bonne - je vous fais part d’un contre-poison - et Corcuff est de la cause insoumise.

              Pour le reste et aussi dans les affaires politiques, je crois au temps (même si je devine que le mien ne me permettra de vivre un changement heureux).


            • Ciriaco Ciriaco 30 mai 20:48

              @Fifi Brind_acier

              Que conseilleriez-vous alors à vos enfants ? Qu’ils s’énervent ou s’endorment avec du prêt à penser ou qu’ils lisent, pourquoi pas, feu René Char pour comprendre par eux-mêmes le vol culturel ?

            • Paul Leleu 30 mai 22:54

              @Ciriaco


              vous touchez au tréfond de ce que c’est que la colonisation culturelle, la domination culturelle d’une classe arrogante, l’idéologie dominante bourgeoise... c’est à dire que la culture n’est pas une « érudition », mais une part de l’essence de la vie elle-même. 

              En effet, comment trancher ce dilemme ? dois-je inciter mes enfants à devenir « bêtes comme tout le monde » afin de s’intégrer ? ou au contraire à « résister » quitte à se désintégrer, avec tout ce que cela veut dire ? Ou encore, dois-je m’abstenir de faire des enfants (cf. l’effondrement de la natalité) ? 

              La culture, avant d’être une érudition, c’est d’abord la palpitation de nos intimités. C’est pourquoi elle est si essentielle à préserver. 

              Einsenhower disait : « le jazz est le meilleur ambassadeur de l’Amérique »... Cette musique n’était pas plus neutre ou bienveillante que le cinéma d’hollywood... il s’agissait de nous détruire et de nous soumettre. Ce qui fut fait avec succès. 

              Petite remarque sur votre émouvante réponse sur « le temps du changement »... Jésus disait « soyez prêts, car vous ne savez ni le jour ni l’heure »... Et Lénine en janvier 1917, disait à des ouvriers « je ne verrai pas la révolution de mon vivant »... Je ne cherche pas à vous dédire bêtement, mais juste à vous signifier que nous en sommes tous plus ou moins là, quel que soit notre âge... 

            • Yanleroc 30 mai 23:10

              @Paul Leleu
               dois-je inciter mes enfants à devenir « bêtes comme tout le monde » afin de s’intégrer ? ou au contraire à « résister » quitte à se désintégrer..Gros dilemme.

              Cela dépendra du caractère de l’ enfant : ma fille s’ est très bien intégrée bien qu’ elle ait été nourrie de complotisme par mes bons soins dès son plus jeune âge, 
              mais mon fils nourri à la même mamelle prétend que certains profs sont des trous du cul. Il faut dire à sa décharge, que moi-même..
              Donc , ce que vous ferez n’ aura peut-être pas tant d’ importance que cela, le mieux dans certains cas, étant encore de ne pas intervenir..si vous le pouvez.
              Je n’ ai bien sûr, pas suivi le conseil !

            • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 31 mai 06:24
              @Ciriaco
              La colonisation économique des pays européens par les USA a été précédée par une colonisation culturelle des esprits et la promotion du « mode de vie américain ».

              C’était la contrepartie du Plan Marshall : des prêts pour reconstruire les économies européennes, contre l’engagement de passer un maximum de films américains. Et cela n’a pas cessé depuis, démultiplié par la télévision et Internet.


            • Paul Leleu 31 mai 13:51

              @Fifi Brind_acier


              tout à fait... et pour tout dire, cette colonisation a connu une première vague après 1918... avec l’arrivée de JP Morgan et du jazz, dans les fourgons de l’armée américaine. 

              Les bolcheviques ont publié les archives diplomatiques du Tsar. Il y apparait clairement qu’avant 1914, l’Angleterre joue un double jeu secret : d’une part inciter l’Allemagne a attaquer en disant qu’elle ne soutiendrait pas la France, et dans le même temps, inciter la France à riposter en lui diant qu’elle la soutiendrait. C’est la vieille stratégie anglaise vis-à-vis du continent : diviser pour régner, y compris par le massacre. Et tier les marrons du feu. D’où vient l’expression : « la perfide albion ». 

              Mais les anglais se sont trouvés malgré tout entrainés trop loin dans cette guerre, et ce sont les (capitalistes) américains qui ont tiré les marrons du feu. Voilà comment l’Amérique est devenue la première puissance mondiale sur les charniers d’Europe. Quelle élégance ! 

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Gustave


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