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Accueil du site > Tribune Libre > Une scène terrible qui s’est passée tout à l’heure…

Une scène terrible qui s’est passée tout à l’heure…

 
En sortant pour aller courir un peu comme trotte quelqu’un qui a le souvenir d’avoir été, il y a peu ou presque, un remarquable sportif et qui refuse d’en démordre malgré les séquelles qui ne trompent pas, soudain devant la porte, je vois passer, entre deux voitures garées là, un jeune d’une douzaine d’années avec le bras tendu en arrière. Il disparaît de mon champ et réapparaît après la voiture traînant un petit chien qui, de toutes ses petites forces, refusait d’avancer malgré une fine corde qui lui serrait le cou et avait suffisamment de force pour le traîner littéralement sur le sable dur le long du goudron.
 
C’était manifeste que le jeune garçon venait de le prendre, selon la loi de la force comme on faisait jadis des esclaves, certainement dans la rue comme cela arrive mille fois par jour dans la ville mais le jeune chien n’était pas suffisamment jeune pour suivre n’importe qui. Il semblait refuser de quitter l’endroit où il était. Je me suis inquiété deux minutes craignant que la corde n’étouffe le chien mais à sa manière de refuser d’avancer, il était clair qu’il respirait bien. Aussi n’ai-je pas dit un mot. De toute façon, on imagine très bien la réponse de ce jeune qui semblait emporter ce chien comme un bien ramassé dans la rue et n’appartenant à personne. Je n’avais d’ailleurs pas la volonté ni la force d’entrer dans un débat à propos du chien qui n’avait qu’à avancer, c’est tout.
 
Laissant l’animal résistant aller à son destin, je suis allé à droite vers le lieu de mon footing qui se trouve être la direction d’où venaient le jeune garçon et son captif. Là à deux mètres, j’ai tout compris. Il y avait deux chiens, l’un indifférent et l’autre, manifestement une femelle, la queue entre les jambes, regardait d’une manière inoubliable dans la direction du jeune chien en faisant, une fois ou deux, mine de partir dans un autre sens puis elle s’arrêtait et revenait comme une mère sur les traces de son petit en regardant toujours du côté du jeune chien qui n’était plus un chiot mais encore une jeune chien très proche de sa mère.
 
Il y avait dans cette scène toute l’impuissance du conditionnement car cette chienne pouvait bien mordre le jeune homme pour protéger le petit mais c’était une chienne des rues habituée à toutes les violences de cette existence mais surtout à voir ses petits pris par n’importe qui ou se faire écraser. 
 
J’ai regardé tout ça avec pitié puis je suis parti comme un passant du métro guère concerné.
 
Trente minutes plus tard, dans une rue parallèle au lieu du rapt, je vois un jeune chien qui traverse la rue comme un enfant court à sa mère qu’il ne croyait plus revoir. C’était le captif. Je me suis dit qu’il a été libéré car trop grand pour rester gentiment là où il trouverait à manger. Il traversa la rue au risque de se faire écraser pour rejoindre sa mère sur le terrain vague. Hélas, elle n’était plus là. 
 
Je me suis arrêté deux minutes pour bien remarquer que le jeune chien était seul avec autour personne et je me suis dit qu’à cet âge son flair n’est pas assez exercé pour retrouver sa mère même si le périmètre n’est pas grand et le temps de la séparation relativement court. Je l’ai laissé à son sort et j’ai repris mes petites activités physiques de quelqu’un de bien rouillé.
 
Le grand malheur vint 30 minutes plus tard en rentrant quand j’ai retrouvé le jeune chien là où je le vis la première fois refusant d’avancer. Il était quasiment sous la voiture du voisin et il avait perdu toute la vélocité qu’il avait 30 minutes auparavant en traversant la rue enfin libre pour rejoindre sa mère qui n’était plus là. En m’approchant doucement, je le vois qui me regarde avec un regard de chien battu et malgré mon expression que je croyais affectueuse, il sembla avoir peur ou du moins il se méfia et tenta d’aller plus loin mais son petit corps ne voulait pas avancer, soit qu’il ait reçu une terrible pierre dans les côtes soit un coup de pied, en tout cas, il semblait souffrir silencieusement.
 
Je l’ai laissé avancer pour le rassurer et j’ai expliqué la scène au gardien qui n’en avait rien raté car il était là quand le jeune chien passa, traîné par le jeune garçon. Sachant très bien qu’un animal blessé mord quand on lui tend la main même pour le secourir, j’ai demandé au gardien de se joindre à l’initiative, ce qu’il fit avec plaisir quand il sut que je prendrai tous les risques car il avoua craindre les chiens sans savoir que je les craignais tout autant mais il ajouta à propos du pauvre chien voyant sa situation « vi lejeur ! ».
 
Le pire c’est qu’il semblait s’être échappé car qu’il avait encore autour du cou cette abominable corde de près de 2 mètres avec laquelle le jeune le traînait. Je me suis avancé doucement, je lui ai caressé la tête près à retirer ma main au premier mouvement suspect et j’ai découvert que pour toute corde il s’agissait de fils électriques bien durs. Après l’avoir libéré, j’ai cru qu’il partirait mais il n’en fit rien, il plongea en souffrant comme un martyr sous les plantes grimpantes le long du premier mur et se cacha là.
 
Ne sachant que faire, je l’ai laissé à son sort. Puis 20 minutes plus tard, il est revenu à ma mémoire à la fin de mon dîner. Je lui ai donc apporté un reste de viande rôtie dont la portion congrue était cependant digne de rassasier ce jeune estomac qui n’a certainement jamais rien connu que les poubelles des beaux quartiers où il y a jamais rien de ce choix car ce qui n’est pas consommé est distribué aux indigents.
 
Là encore, il ne bougea pas de sa cachette dont il voulait plus sortir comme si c’était la première fois de sa vie qu’il reçoit d’un humain autre chose qu’une pierre ou un geste équivalent pour l’éloigner. J’ai laissé là l’animal et son festin et je suis rentré. 2H 30 plus tard je suis ressorti faire une balade car j’aime zigzaguer avant le couvre-feu dans les petites ruelles éclairées encore par ces toutes petites boutiques qui bientôt n’existeront plus dans les soi-disant beaux quartiers.
 
Le chien n’était plus là.
 
J’ai pensé qu’il avait retrouvé une meute de chiens même si je trouvais improbable que le festin l’ait retapé au point d’aller gambader comme un cabri heureux dans un pré. Toujours est-il que 40 minutes plus tard, achevant la boucle, me revoilà sur la place où je le vis courir croyant retrouver sa mère. Cette fois, elle était là mais pas lui. Là encore, son flair plus exercé que le sien, elle a dû le sentir mais elle avait beau regarder, et moi avec elle, nulle trace de son petit que j’aurais tant voulu revoir courir vers elle.
 
Scène terrible comme il en arrive des milliers. Pauvres chiens des rues de Mauritanie. Quand ils sont jeunes, les enfants, toutes catégories sociales confondues, les pendent à un arbre avant de les lapider. Quel mauritanien de 40 ans et plus, peut dire qu’il n’a pas assisté ou participé à de telles expéditions. Pour les chats c’est pire, les enfants quand ils peuvent s’en procurer, les trempent correctement d’essence avant de mettre le feu. Il paraît alors que chat s’en va comme une flèche tout feu tout flamme comme un missile avant de s’écrouler. La violence des enfants avec les animaux est connue chez nous. Peut-être que cela a diminué de nos jours mais c’était courant, il y a encore peu.
 
Qu’on ne s’étonne pas ensuite du cynisme des adultes.
 
Quand les chiens grandissent ce n’est pas mieux. Ils reçoivent des pierres de tous les passants sauf quand ils se mettent en boule à la tombée de la nuit car alors c’est eux qui deviennent méchants. Malheur au marcheur à partir d’une heure du matin car alors les chiens sont plus nombreux vu que les hommes dorment.
 
C’est l’heure de la vengeance.
 
Il y a un vrai documentaire à faire sur le meilleur ami de l’homme, plus fidèle que son maître mais qui dans certains pays musulmans est maltraité car l’animal étant un chien et non un chat beaucoup plus propre, tout contact avec lui obligerait à refaire les ablutions. Aussi, pour éviter ce qui pour certains semble décidément une corvée, on éloigne le chien par tous les moyens surtout que c’est un fornicateur invétéré qui rappelle à l’hypocrite les lois de la nature à l’origine de ce monde en perdition.
 
Pauvre jeune chien et sa mère. Dieu seul connaît la suite de l’histoire car à cette heure ils se sont peut-être retrouvés.
Inchallah !

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27 réactions à cet article    


  • aimable 28 mai 2014 13:31

    un seul homme peut-il contenir toute cette lâcheté ?


    • foufouille foufouille 28 mai 2014 13:51

      quel pays pourri !


      • jako jako 28 mai 2014 15:31

        c’est ce que l’auteur voulait que tu répondes, il y a régulièrement en Belgique et aussi en France des animaux massacrés par des monstres aussi attention-cela-peut-choquer


      • foufouille foufouille 28 mai 2014 17:24

        pas au point que ce soit courant de brûler un chat


      • Le421... Résistant Le421 28 mai 2014 21:05

        Hum !!
        Cette histoire n’est-elle pas une simple allégorie ??

        Ca y est.
        Ca me reprends.
        Je recommence à vouloir parler aux brouettes. J’ai encore oublié que ça ne les rendais pas capable de raison...


      • foufouille foufouille 28 mai 2014 21:35

        il y a des sadiques partout mais plus dans certains endroits


      • coinfinger 28 mai 2014 14:04

        Histoire interessante . Je pense qu’il existe un lien étroit entre la maniére dont on traite les animaux , en particulier domestiqués et les rapports sociaux .
        D’une certaine maniére c’est une question d’hygiéne publique , non seulement au sens étroit du mot ( hygiéne physiologique) mais plus large , au sens d’hygiéne mentale .
        Car ces jeunes enfants font par là incidemment leur éducation quand aux rapports avec les faibles dans une société .

        (Belle photo au passage )


        • cilce92 28 mai 2014 16:55

          Si ce que vous avez « vu » est plus que navrant sur ce que cela révèle de notre « inhumanité », mais vous, pourquoi n’êtes-vous pas intervenu ? Il vous a été plus facile d’observer sans rien faire ? J’en suis sidérée !

          Il existe des associations qui auraient pu vous aider !


          • Freiheit 28 mai 2014 18:40

            Quelle littérature misérabiliste..

            Il vous suffisait de lui mettre votre pied au cul au gamin et de libérer le chien.....


            • juluch juluch 28 mai 2014 19:03

              C’est une ignominie !


              Si on fait ça à un animal on peut le faire à un gosse.....  smiley

              • lucidus lucidus 28 mai 2014 19:15

                Voilà pourquoi je n’ai aucune empathie pour l’être humain. Que je me moque comme d’une guigne des candidats à l’émigration qui se noient en méditerranée ou crèvent ailleurs... Et de ce que l’avenir réservera à une personne aussi lâche et vile que l’auteur. Lamentable. Ce seul petit chien vaut tous les humains. smiley



                • Emmanuel Glais 28 mai 2014 19:45

                  J’ai aimé la plume de l’auteur. Et son histoire.


                  • Plus robert que Redford 28 mai 2014 20:21

                    Super, la photo du Klebs en accroche !

                    Lamentable la prose misérabiliste qui suit : Scénario fantasmé d’un psychologue à 2 balles, donneur de leçons !

                    J’agrée pleinement avec Freiheit : Fallait avoir un peu de couilles mon gars, et botter le cul du tortionnaire.

                    Le reste n’est que bisounourseries...


                    • sleeping-zombie 28 mai 2014 20:27

                      C’est marrant, en remplaçant « chien » par « cochon », « vache » ou « poulet », on n’a plus besoin d’aller chercher des exemples si loin...


                      • foufouille foufouille 28 mai 2014 20:57

                        végétaryen ?


                      • Carine 28 mai 2014 21:12

                        Foufouille, plus haut j’ai pu vous lire outré par la violence envers les chiens et lorsque quelqu’un mentionne la violence envers les « autres » animaux, tout d’un coup cela vous semble acceptable. Et pourquoi cette insulte déguisée « végétaryen » ? Etes-vous mal à l’aise d’être mis face à vos contradictions ?



                      • foufouille foufouille 28 mai 2014 21:21

                        c’est tipyque du militant végétarien ou aryen. prétendre ou sous entendre que tous les animaux soufre. un animal d’élevage est sélectionné pour supporté sa condition. surtout une vache ou un cochon, c’est gros et ça casse tout
                        si j’enferme mes poules, elles vont vite me tuer ..........
                        le pire c’est mes oies
                        quand on y connait que dalle en élevage on .......


                      • foufouille foufouille 28 mai 2014 21:33

                        j’ai aussi eut un bouc et des chêvres non domestiques. si tu es pas gentil avec, c’est coup de cornes et sabots
                        c’est pas gros mais puissant pour 20 kg
                         


                      • Yohan Yohan 28 mai 2014 21:50

                        La chèvre, il faut se mettre derrière pas devant...demande à Pastori qui lui s’y connaît en chèvres et le Chèvra soutra smiley


                      • foufouille foufouille 28 mai 2014 22:23

                        beurk
                        c’est le plat du jour à 1€


                      • sleeping-zombie 29 mai 2014 09:05

                        Pas du tout végétarien, j’aime trop la viande pour ça. Mais je me demande juste quelles auraient été les réactions des lecteurs si l’histoire racontée ne mettait pas en scène un chien (ou chat), qui, en France, a un statu d’animal de compagnie, mais un cochon, qui n’est perçu que comme une usine à bacon. Probablement pas les mêmes.


                      • foufouille foufouille 29 mai 2014 11:18

                        un peu pareil. un cochon peut être un animal de compagnie. il n’ya pas de role spécifique pour un animal. tout dépend du pays


                      • Carine 29 mai 2014 19:59

                        Je ne comprend pas ce que vous essayez de dire. 80% des oeufs vendus en France proviennent d’élevage en batterie, autant dire des animaux « choyés » donc vous voyez on est pas du tout obligé de bien traiter les animaux pour que ce soit rentable.

                        Je viens de la « cambrousse » comme on dit par tchu’ nous et l’élevage je connais, merci. Les vaches de ma mamie vivaient très heureuses à l’air libre, il n’empêche qu’elles finissaient à l’abattoir et qu’elles meuglaient des jours durant quand on prenait leur veau. Mamie en avait le coeur brisé de les entendre. Maintenant en retraite elle m’a dit un jour « on se rendait pas compte nous, mais je ne pourrais plus faire ça maintenant ». Donc voilà, la compassion peut toucher tout le monde, même dans le trou du cul du monde d’ou je viens.


                      • claude-michel claude-michel 29 mai 2014 07:40

                        Et c’est ainsi que l’Afrique est entrée dans l’histoire ?


                        • Maluco 29 mai 2014 09:06

                          Cela se passe en Afrique, n’est-ce pas ? Ici en Europe on ne verrait pas ce genre de violence envers les animaux, non ! Nous en Europe c’est les humains qui nous incommodent, que nous ne voulons pas regarder. Ils peuvent bien souffrir dans leur coin, les sans abris, les réfugiés, etc.
                          C’est une belle histoire « Viane » et émouvante.


                          • lucidus lucidus 29 mai 2014 09:30

                            Que ce soit en Afrique ou ailleurs, toute cruauté envers les animaux, tout manque de respect envers le vivant, est inadmissible. Comment peut-on respecter un humain qui se comporte ainsi ? Que ce soit un français, un chinois, ou un africain ? Quand à ressortir qu’on ferait mieux de s’occuper des humains qui souffrent, meurent de faim etc. Bien au contraire, l’homme est le virus de la planète. Sa croissance est exponentielle et il envahit tout. Qu’il disparaisse avec une bonne pandémie, et vite.


                            • dohc 30 mai 2014 10:32

                              Ou donc avez-vous trouvé la photo du chien, avez-vous les droits de diffusion, avez-vous rémunéré ce travail ou l’accord de l’auteur pour son utilisation dans le cadre de la promotion de votre travail à vous ?

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