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Une vision de la dichotomie droite/gauche au niveau politique et culturel

Cette article n'est qu'une réponse à deux phrases qui sont souvent entendues :

« Les français n'ont que le président qu'ils méritent »

« La TV est de piètre qualité parce qu'il y a des gens pour regarder les programmes de merde »
 

Dans les deux cas, politique d'une part, médiatique d'autre part, la responsabilité de la médiocrité est imputée à l'individu (téléspectateur ou électeur).


Responsabilité donc ?


On peut trouver comme étant très dangereux de facilement faire tomber le quidam comme étant responsable de la qualité du monde et surtout je ne pense pas que ce soit vrai (sinon ça signifierait que nous sommes en démocratie ce qui n'est pas le cas).


Pour bien vous expliciter la pensée de l'article, prenons encore un autre exemple, il y a un problème grave dans une boite, mettons une négligence au niveau de la chaine de montage, un opérateur y reste, à qui est-ce la faute ? Aux ouvriers qui n'ont pas fait remonter la faute ? Ou au patron qui n'a pas fait en sorte que le problème de sécurité soit réglé ?


La TV poubelle ou la politique à ch*** sont certes entretenus par les moutons mais en face, elle est faite par des politiques ou des chefs de chaînes qui ont bien voulu tomber là-dedans !

La délicate différence qui intervient là-dedans est qu'un français moyen aura toujours du mal à voir les conséquences de l'élection d'un Sarkozy ou de passer sa vie devant la TV (cf mon premier article http://www.agoravox.fr/actualites/citoyennete/article/le-naufrage-intellectuel-des-106179 je me fais de la pub na) alors que ces élites savent les conséquences destructrices de leurs actes (ou tout du moins ils ont les moyens de les savoir ou ils devraient le savoir, non mais arrêtez de rire svp).

 

Rendons donc la conclusion que les deux phrases ne sont jamais qu'une vision cynique, individualiste et surtout de droite, on pourrait également les interpréter comme une conséquence d'une propagande qui tend à nous faire croire que nous sommes en démocratie. Dans une vision plus de gauche, la responsabilité incomberait plus aux élites/décideurs/diffuseurs.


Naturellement, ce n'est qu'une vision théorique qui porte elle-même ses défauts, la droite peut se servir du constat pour accuser les individus et ainsi justifier son conservatisme, la gauche en face n'a pas la marge de manœuvre pour se permettre d'accuser les élites/professionnels de la politique ou de la TV (sauf peut-être ceux qui lorgnent vers l'extrême gauche) ; l'autre défaut de ce point de vue est que nous sommes en train de justifier de tout ce dont le communisme nous a gratifié durant le siècle dernier : en effet, si ce ne sont pas les spectateurs qui décident des programmes par la loi de l'audimat, c'est le parti qui va s'en charger...

Remarque, on peut dire que la parti s'en charge quand ils préfèrent nous dire que les grecs payent alors que les islandais ont fait deux référendums pour dire non, pour ne citer que cet exemple...

D'aucuns en dehors de notre métropole diraient même qu'il y a là un relent intellectuel de colonialisme ou de néo-colonialisme !


 

Cette article s'inspire d'un échange entre Chomsky et Foucault au terme duquel le présentateur demande à Foucault d'essayer de caractériser le mal qui ronge la société, il se refuse à l'exercice disant que ce genre de métaphores qui revient à condamner la société dans son ensemble pourrait du même coup justifier n'importe quoi.


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4 réactions à cet article    


  • JL JL1 4 janvier 2012 10:52

    Bonjour,

    vous écrivez : « il y a un problème grave dans une boite, mettons une négligence au niveau de la chaine de montage, un opérateur y reste,... »

    Vous pourriez svp, préciser ce que ça veut dire ?

    Si je devais résumer cet article, je dirais qu’il tente d’illustrer cette phrase de Brecht : « J’apprends que le gouvernement estime que le peuple a ’trahi la confiance du régime’ et ’devra travailler dur pour regagner la confiance des autorités’. Dans ce cas, ne serait-il pas plus simple pour le gouvernement de dissoudre le peuple et d’en élire un autre ? »

    Bon, c’est absurde de dire dans un article dont le titre est ce qu’il est, que pour la gauche, la faute de nos malheurs incombe aux dirigeants, et pour la droite, c’est le contraire. Même si je suis ’accord avec ça : « Nos plaies ouvertes saignent parce que les gens voient qu’un tas de connards à qui ils ne confieraient même pas un stand de hot-dogs dirigent leurs vies. » (Tim Willocks)

    Pour moi, le clivage droite gauche français est bien plus pertinent et pérenne que les clivages américains ou britanniques : dans la République, un équilibre doit être trouvé entre la liberté et l’égalité des citoyens. Cela se traduit par des lois et institutions qui tantôt privilégient l’intérêt et le bien communs au grand dam des ambitions individuelles, tantôt avantagent au contraire l’intérêt privé au détriment de l’intérêt général. C’est la position du curseur qui détermine si l’on est à gauche ou à droite d’un équilibre aussi idéal qu’introuvable.

    « Mes chers compatriotes, ne séparez jamais la liberté de l’égalité » (F. Mitterrand)

    « Les diatribes de Mitterrand sur les « maîtres de l’argent » étaient plus violentes que les prises de position actuelles de Besancenot ». (François Ruffin)


    • CorsairePR CorsairePR 4 janvier 2012 13:15

      Pour répondre à votre première question, je vais prendre un autre exemple : une séparation conjugale. L’idée sous-jacente est de réaliser qu’il n’existe jamais qu’un seul responsable ni que les deux ont une responsabilité équivalente ; pourtant il faut bien trouver un responsable, je tends donc généralement à affirmer que c’est le plus fort qui est dans son tort (ce qui me ferait plutot être à gauche donc). Juste une question de justice...

      J’aime bcp cette citation de Brecht.

      Je ne trouve pas mon hypothèse absurde, et je pense qu’on peut d’ailleurs assez facilement trouver des gens (pas plus loin que sur ce site en fait) pour vous dire que sans doute la gauche a perdu sa légitimité du jour où elle n’a plus su trouver des dirigeants aptes à remettre en cause leur propre suprématie...

      Je ne me prononcerais sur un comparatif entre France et USA/BG, je ne connais pas suffisamment ces derniers, je sais qu’il existe des radicaux ( Chomsky, Zinn Klein...) pour dire qur Rep et Dem sont sensiblement pareils et je pense qu’on peut trouver encore une fois ici des articles qui vont démontreront brillament la même chose pour la France (en fait ça revient à attaquer le vote utile).

      Quant à FM, ma foi, je suis trop jeune pour fonder une critique objective sur lui, j’ai l’impression qu’il a eu autant tendance à faire une politique de droite que les gvt de droite à faire une politique de gauche, mais c’est sans doute du cynisme...


    • jesuisunhommelibre jesuisunhommelibre 4 janvier 2012 20:33

      @JL
      Citer Mitterand comme contempteur de l’argent est assez plaisant, lui qui, ayant ruiné sa belle famille avant les élections de 1981, fera de sa famille une des plus riche de France à sa mort. Lui qui profitera de façon honteuse de l’argent de l’état (rachat par l’état d’entreprises de ses copains, appropriation d’un château de l’état pour héberger sa maitresse, vacances chez les dictateurs Égyptien aux frais de l’état ...)

      @ CorsairePR

      Vous semblez croire que nos « élites » dominent leur sujet et sont parfaitement conscientes de leurs actes et des conséquences de ceux-ci.

      C’est leur prêter beaucoup plus de talents qu’ils n’en ont. Leur principale « qualité » est la prétention, voire, la mégalomanie.

      Je ne pense pas qu’aucun dirigeant, de quelque bord soit-il, n’ait pour volonté de détruire quoi que ce soit. Tous pensent agir au mieux des intérêts des Français. Mais, ayant une vision très déformée de la réalité, et aveuglé par leur prétention, ils commettent erreurs sur erreurs.

      Pensez que les haut fonctionnaires, ne sont pas recrutés sur des compétences, mais uniquement sur leur capacité à emmagasiner un savoir théorique conséquent.

      Si, au lieu de théories oiseuses, ils observaient sereinement comment font les pays qui ne souffrent pas trop de la crise, où la corruption est la plus faible, où l’ascenseur social fonctionne le mieux, où la richesse est la plus importante et la mieux répartie, ils constateraient, et les citoyens avec eux, que ces qualités sont strictement corrélées avec le degré de liberté régnant dans ces pays. En résumé, au plus un pays est libéral, au mieux ses habitants se portent (Australie, Suède, Canada, Nouvelle-Zélande ...).

      Pour reprendre votre problématique, il y a un effet de miroir entre le peuple et les dirigeants, chacun tirant l’autre vers la médiocrité, jusqu’au déchirement (dictature, révolution). Les peuples demandant plus de sécurité et de prise en charge, les dirigeants, promettant de plus en plus, pour accéder au pouvoir, ruinent peu à peu le pays, et font augmenter l’insatisfaction.

      Le livre de Friedrich Hayek « La route de la servitude » écrit pendant la guerre, décrit parfaitement cette pente de la social-démocratie, vers le nazisme ou le communisme (ce qui est pareil).

      Il faut beaucoup de courage pour rompre ce cercle vicieux. Espérons que la crise économique actuelle sera l’occasion d’une véritable prise de conscience.


      • CorsairePR CorsairePR 5 janvier 2012 10:22

        Les « élites » dominent, ça ne fait à peu près aucun doute par contre qu’elles dominent les sujets dont elles ont la responsabilité, évidemment que non, sinon le monde irait bien or... Ce n’est pas le cas.

        Je susi également d’accord avec vous pour dire qu’ils ont une vision très déformée de la réalité, en effet, les arrogants n’ont aps besoin d’apprendre puisqu’ils savent déjà tout !

        La méthode aller voir chez le voisin peut marcher, malheureusement vous ne citez que des cas particuliers d’économie : l’Australie a subi la crise de plein fouet, la NZ a été le laboratoire du néo libéralisme et ça n’est pas brillant (Le Grand Bond en Arrière S Halimi), la Suède vit grâce au pétrole et le Canada grâce à ses exportations aux USA...
        Je crois qu’aucune de ces configurations ne pourraient s’appliquer à la France...

        Je ne crois pas que l’un tire l’autre vers la médiocrité, je pense plutôt que les dirigeants essaient de nous camoufler les vrais pb : je pense ne pas me tromper en disant que les thèmes liés à la sécurité ont bien plus rempli le JT que ceux liés au chomage, pourtant l’un ne touche presque personne alors que l’autre touche 10%, les journalistes sont juste coupables de tomber dans cette facilité mercantile car eux devraient (on en revient à votre première rq) être conscient des dégâts engendrés par de tells faridaises !

        J’essaierai de lire Hayek à l’occasion mais je me méfie de ces apôtres du libéralisme

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