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Accueil du site > Tribune Libre > VENEZUELA : un peuple qui résiste à l’Empire

VENEZUELA : un peuple qui résiste à l’Empire

Depuis plus de 20 ans maintenant, le peuple du Venezuela résiste par tous les moyens aux pressions et interventions de l’Empire EEUU qui cherche par tous les moyens le soustraire à son indépendance et à sa souveraineté. Il faut savoir que les EEUU se sont prévalus pendant des siècles de la doctrine Monroe, déclarant l’Amérique latine et les Caraïbes comme étant sa « cour arrière ». Si, tout au long de ces siècles de nombreux pays ont déclaré leur indépendance politique, plusieurs d’entre eux sont vite redevenus des vassaux de l’Empire étasunien. C’est le cas, entre autres, des pays rejoignant le « Club de Lima ». Les dirigeants politiques de ces États se soumettent et soumettent leurs peuples aux volontés de Washington. Ceux qui y résistent sont aussitôt la cible d’interventions musclées de nature à en faire de fidèles collaborateurs.

Nous connaissons le cas de Cuba qui a résisté jusqu’à ce jour à se soumettre aux volontés de l’Empire. Nous avons connu le cas du Chili, sous le régime de Salvador Allende, qui n’a pas pu résister aux forces impériales qui ont pu utiliser les forces armées qui leur étaient soumises. Ce fut le coup d’État de 1973 suivis de la dictature d’Augusto Pinochet. Il en fut de même avec l’Argentine qui fut récupérée par l’intervention du trio militaire des trois forces armées, également fidèles à Washington. 

D’autres pays ont résisté, comme ce fut le cas du Nicaragua qui n’a guère connu de trêve depuis la victoire des sandinistes sur le dictateur Somoza. Ce fut également le cas de la Bolivie sous le régime d’Evo Morales qui a survécu pendant les 14 dernières années. En décembre dernier (2019) il fut victime d’un coup d’État. Evo Morales n’a pu compter sur l’armée bolivienne, également soumise à Washington. 

Il faut se rappeler que la grande majorité des principaux dirigeants militaires furent formés à l’école militaire sous direction des États-Unis. Pour en savoir plus sur le sujet, je vous réfère à cet article qui donne une idée sur le rôle joué par cette école.

Cette fidélité des armées latino-américaine ne fut pas le cas de toutes les armées. C’est d’ailleurs un des grands problèmes qui empêche l’Empire d’intervenir au Venezuela. L’armée du Venezuela est fidèle à son peuple et à son gouvernement. L’influence de Chavez, ex-membre de l’armée, a été déterminante en ce qui a trait à sa formation au service, avant tout, de la sécurité du peuple et de la souveraineté du pays. Les tentatives de corruption par l’argent et de nombreux autres avantages n’ont pas atteint les objectifs visés. Un certain nombre de ceux qui ont cédé à la corruption se retrouvent dans des situations misérables et sans les appuis promis par les corrupteurs. Ce n’est pas de nature à encourager d’autres à suivre leur exemple.

CE QUE REPRÉSENTE LE VENEZUELA POUR L’EMPIRE

Si ce n’était de ses richesses naturelles, telles celles du pétrole, des diamants, de l’or, entre autres, son acharnement contre le Venezuela serait sans doute fort différent. Les richesses sont là, et également, l’influence régionale et internationale d’un gouvernement qui refuse de se convertir en subalterne de l’Empire. C’est également un gouvernement qui développe des mesures sociales, telles l’éducation gratuite à tous les niveaux, la santé gratuite, accessible dans tous les milieux. Ce sont là des mesures qui dérangent les gouvernements régionaux de format néolibéral. Cette influence du Venezuela ne sert pas les intérêts de Washington ni de ses acolytes régionaux qui vivent de ses subventions. 

CE QUE REPRÉSENTE LE VENEZUELA POUR LES PEUPLES 

On peut dire sans se tromper que les peuples en quête de justice, d’indépendance et de souveraineté trouvent une grande inspiration dans la lutte que mène le Venezuela. Autant l’empire voudrait voir disparaitre ce peuple qui lui refuse toute concession à moins que ce soit dans le cadre de négociations d’égalité et de respect mutuel. 

Au moment d’écrire ces lignes, Caracas est l’hôte du groupe de Rio, qui comprend les représentants et représentantes de nombreux pays et organisations sociales. Leur lutte vise la fin de l’empire et l’émergence de peuples souverains et indépendants.

« Ce mercredi 22 janvier 2020, la Rencontre internationale contre l'impérialisme a commencé à Caracas, organisée par le forum de Sao Paulo, et à laquelle participent des organisations politiques et sociales progressistes. Le vice-président du Parti socialiste uni du Venezuela (PSUV), »

Pour ceux et celles qui se débrouillent en espagnol, je vous recommande cette intervention vidéo de Diosdado Caballo, Président du Conseil national constitutionnel.

Empire et peuples sont, pratiquement irréconciliables : l’empire se définit comme le maître du pouvoir et les peuples comme les détenteurs du pouvoir démocratique : maîtres de leurs richesses, de leurs États, de leur souveraineté. Chaque fois que c’est la démocratie du peuple qui s’impose, c’est la mise au second plan du pouvoir de l’empire. Il en va de même pour les peuples soumis au pouvoir de l’Empire par la voie détournée d’une démocratie manipulée.

QUE VA-T-IL SE PASSER DANS LES SEMAINES ET MOIS QUI VIENNENT ?

Il n’y a pas de boules de cristal pour nous dire ce qui va réellement se réaliser. Certains évènements peuvent nous permettre d’anticiper diverses interventions de l’empire et de ses alliés nationaux et internationaux de nature à empêcher la réalisation des élections législatives qui doivent se réaliser, selon la constitution, en 2020. La partie la plus radicale de l’opposition, celle soutenue par Washington et Juan Guaido, a perdu la présidence du Conseil national législatif, et du fait même, son contrôle. Toute perspective d’élection législative pour 2020 risque d’être catastrophique pour ces alliés de Washington. Une partie importante de l’opposition s’est dissociée de Juan Guaido et leur approche est plutôt nationale et leur objectif demeure, avant toute chose, le bien commun du peuple vénézuélien. 

 Les centaines de millions de dollars, investis à ce jour, dans cette guerre contre la révolution bolivarienne perdraient toute leur valeur avec une victoire majoritaire du parti gouvernemental dans les élections législatives à venir. Le gouvernement reprendrait le plein contrôle du CNL et les adversaires seraient mal placés pour parler d’élections falsifiées. Ces dernières sont toujours suivies par des observateurs étrangers, venant de divers milieux.

Sommes-nous à la veille d’une intervention militaire des États-Unis et de ses alliés latinos américains ? Au moment d’écrire ce texte, la quatrième flotte étasunienne est en pleine activité d’exercices militaires avec la Colombie, où les EEUU ont déjà neuf bases militaires. 

D’autre part, le Venezuela en fait tout autant avec son armée « civico-militaire ». 

Ces jours derniers, les évêques vénézuéliens qui sont des alliés inconditionnels de Washington, ont fait une série de déclarations transformant le gouvernement du président Maduro, de totalitaire, qui torture et tue d’innocentes victimes, etc. Pour faire court, un discourt qui nous renvoie à ceux qu’on entendait dans les pires années du communisme sous Staline, en URSS.

Ils se font également sensibles aux souffrances du peuple dont les seuls responsables sont évidemment les dirigeants politiques du gouvernement. En aucun moment, ils ne dénonceront les diverses formes d’intervention de Washington qui affectent directement les besoins du peuple : guerre économique, sanctions, retenue de fonds de plusieurs centaines de millions de dollars.

Pour sa part, se Secrétaire d’état, Mike Pompeo a ratifié que son pays a imposé "des sanctions sévères au régime, ce qui rend plus difficile pour eux de nuire au peuple vénézuélien".

Pour sa part, le gouvernement vénézuélien a présenté des chiffres démontrant que les mesures punitives ne sont pas seulement contre les hauts fonctionnaires, mais ont affecté la population. Maduro a récemment a affirmé que le blocus américain contre le Venezuela, il a généré des pertes de l'ordre de 40 000 millions de dollars. Dire que ces sanctions n’affectent pas le peuple, c’est un peu rire du monde.

À voir maintenant ce qui va se passer le 3 mai, jour de nouvelles élections présidentielles en Bolivie. La démocratie n’a pas toujours la même signification selon ceux et celles qui l’utilisent. Nous verrons bien ce que l’empire fait de la démocratie et du peuple qui en est le maitre principal.

Une autre histoire à suivre

 

Oscar Fortin

 

22 janvier 2020


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12 réactions à cet article    


  • leypanou 23 janvier 17:37

    J’ai lu récemment que N Maduro avait dit qu’il est temps de discuter directement avec D Trump. La question que je me pose est ceci : qu’est ce qu’il espère ainsi ? Que les États-Unis changent d’avis ? Que les avoirs vénézueliens soient dégélés ?

    A mon avis, il ferait mieux de trouver les moyens de couper tous les ponts avec les États-Unis et rapatrier tout ce qui est possible de rapatrier au lieu de rêver.

    Jusqu’à maintenant, il a pu tenir ; mais les États-Unis sont toujours à l’affût. Et à la moindre ouverture, ce sera fini comme pour Morales.

    J’avais lu que le pétrole vénézuelien était raffiné aux États-Unis : comment se fait-il qu’après autant d’années, ce soit toujours le cas ?

    Ceci n’est qu’un exemple de que je considère comme des « erreurs » stratégiques majeures du bolivarisme.


    • CN46400 CN46400 25 janvier 07:47

      @leypanou
      Chavez a herité de la politique commerciale des pouvoirs précédents qui vendaient, et achetaient tout aux USA. Tant que ceux-ci étaient consentants tout allait normalement mais Trump est arrivé.....


    • JC_Lavau JC_Lavau 25 janvier 09:05

      @leypanou. La géographie est ennemie du Venezuela : les Tazunis sont assez proches, la Chine bien trop loin.
      Entre les deux, le canal de Panama, que les Tazunis peuvent bloquer quand ils le veulent. Ou alors le passage de Drake, entre le Horn et les glaces, où on n’envoie pas ses amis. Certes, le canal du Nicaragua finira bien par exister, mais toujours sous la menace des armes amerloques.


    • oscar fortin oscar fortin 23 janvier 19:50

      Je pense que Maduro . sachant que Guaido et ses alliés ne sont que des intermédiaires qui répondent aux volontés de Washington. Son intervention met Trump au défi de discuter directement avec lui sans passer par ces intermédiaires sans aucune crédibilité. Je ne crois pas qu’il s’attende de quoi ce soit de Trump, si ce n’est sa mauvaise foi face au Venezuela. C’est évidemment un point de vue personnel.


      • Eric F Eric F 24 janvier 13:29

        Un pays dont la principale ressource est l’exportation de pétrole ne peut pas rester durablement isolé, c’est pourquoi toute tentative de renouer un dialogue est bienvenue. Guaido n’ayant aucune légitimité, c’est perdre son temps que de le recevoir en Europe, il faut dialoguer avec les autorités réelles du pays. La doctrine en terme de relations internationales est qu’on reconnait les états et non les régimes, et donc on dialogue avec les autorités de facto. Ce que faisait de Gaulle.


        • leypanou 25 janvier 08:51

          @Eric F
          14 tonnes d’or du Vénézuela sont bloquées par le Royaume Uni sur ordre des États-Unis, des milliards de $ d’avoir vénézuelien sont gelés par les États-Unis, quel dialogue peut-on avoir dans ces conditions ?
          On ne dialogue pas avec un état voyou : soit vous vous écrasez soit vous avez le dessus.
          Vous avez un autre exemple avec les 3 pays Royaume-Uni, Allemagne et france qui, sur ordre des États-Unis, vont déclencher contre l’Iran le mécanisme de règlement des différents sur le JCPOA qu’ils ont été incapables de respecter.


        • CN46400 CN46400 25 janvier 09:00

          @leypanou
          Exemple la Corée du Nord....


        • leypanou 25 janvier 09:07

          @CN46400
          La Corée du Nord fait semblant de négocier mais a vite compris les limites car ce que veulent les États-Unis c’est « démanteler tous vos arsenals nucléaires et on a enlèvera les sanctions après », la Corée du Nord avait répondu : « on fera cela au fur et à mesure des sanctions enlevées ».

          Je dirais même que négocier l’abandon des armes nucléaires est déjà une stupidité : en vertu de quoi certains pays peuvent avoir toutes les armes possibles et imaginables et les autres non ? Sur ce point, R T Erdogan avait raison : pour lui, soit tout le monde peut avoir des armes nucléaires soit personne.


        • CN46400 CN46400 25 janvier 14:18

          @leypanou
          Dans l’absolu vous avez raison, mais en diplomatie, l’absolu n’existe pas, il n’y a que des intérêts qui s’articulent plus ou moins facilement. Certes le Vénézuela est plus intéressé que les USA, mais il y a aussi des capitalistes US qui pourraient avoir des intérêts dans des relations apaisées avec le Vénézuela, comme il en existe avec la Chine....


        • mazig 24 janvier 14:02

          L’empire terroriste américain avec l’appui de ses vassaux européens pense pouvoir dominer la monde , s’emparer des toutes les ressources des différents peuples agressés , installer partout des gouvernements fantoches à son service , donne le signe qu’il est aux abois face aux BRICS et à la haine que lui voue l’écrasante majorité des habitants de la planète.


          • ticotico ticotico 24 janvier 17:37

            « Les tentatives de corruption par l’argent et de nombreux autres avantages n’ont pas atteint les objectifs visés. »

            Désolé de vous contredire, mais les tentatives de corruption de l’armée ont très bien fonctionné. C’est d’ailleurs pour ça que les Usa n’ont pas réussi à faire basculer les militaires du côté de Guaido.

            Aujourd’hui, l’essentiel des activités rentables au Vénézuela est sous contrôle militaire. Pour ce qui est des activités très rentables, comme la coke, c’est vers Diosdado Cabello (et non pas Caballo) qu’il faut regarder.

            Les États-Unis ne veulent certainement pas le bien du peuple venezuélien, mais pour ceux qui contrôlent le pays aujourd’hui, ce n’est qu’un objectif secondaire...


            • CN46400 CN46400 25 janvier 07:56

              @ticotico
              les « objectifs visés » qui étaient le renversement de Maduro, n’ont, effectivement, pas été atteint... Le fait que l’armée contrôle une partie de l’économie ne veut pas dire qu’elle soit plus corrompue que les oligarques précédents

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