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Accueil du site > Tribune Libre > Victime d’une mise en garde à vue abusive

Victime d’une mise en garde à vue abusive

Un témoignage de nos confrères, merci à eux...

Je suis documentariste indépendant. J’ai été victime d’une mise en garde à vue abusive et d’une prolongation motivée par mon rôle de videaste au sein d’une manifestation. Mon témoignage remet en cause la liberté de la presse et de pouvoir informer.

Depuis l’acte 20, je suis le mouvement des gilets jaunes en immersion chaque samedi afin de réaliser un documentaire qui donne un regard proche, authentique et humanisant des manifestants, dans une démarche anthropologique. Je n’ai pas de carte de presse, je fais ça à but non-lucratif sur la chaine youtube « LSD Video ».

Ce samedi, je suis allé tourner pour l’acte 28 dans un cortège pacifique et sans débordement dans le 17ème arrondissement. Nous nous sommes retrouvés nassés avec 80-100 personnes dont beaucoup de streets medics, ainsi que plusieurs médias comme L’AFP et RT France. Suite à ce nassage, la préfecture a décidé d’interpeller l’ensemble des personnes présentes. Les médias que j’ai cité ont été libérés grâce à leurs cartes de presse. 

À 14 heures nous avons été transférés dans un bus vers la sûreté territoriale du 19ème arrondissement. Arrivés, ils nous ont expliqué qu’on nous maintiendrait deux heures dans un espace en extérieur avant de nous libérer. Mon nom a ensuite été appelé avec celui de deux street medics. Ils nous ont menottés et emmenés à l’intérieur pour une mise en garde à vue. Trois OPJ ont été déférés du commissariat de Riquet, pour s’occuper de nous. 

Les motifs de mise en garde à vue étaient :

- « Possession d’armes prohibées ». En référence à mon masque à gaz, mes lunettes de protection en cas de gaz lacrymogène, ainsi que mon casque de skate munit de quatre autocollants « PHOTO » pour distinguer mon activité.

- « Participation à un groupement en vue de commettre des violences ou des dégradations ». Bien que la manifestation n’était pas déclarée, elle n’affichait aucun signe de violence. 

Les OPJ nous ont ensuite auditionnés tous les trois, les mains attachées avec des serflexs trop serrés. Ils prennent rapidement conscience de notre innocence. Le ton change, nos mains sont détachées. Ils nous expliquent qu’ils vont prévenir la magistrate dans quelques heures, qu’il n’y a pas d’éléments contre nous et que notre libération devrait suivre vers 19h.

En attendant, ils nous fichent (prise d’empreintes, photos). Puis nous sommes tous les trois mis en cellule.

Vers 18h, un des OPJ vient nous voir sur ordre de la magistrate et me demande de déverrouiller mon téléphone pour l’inspecter, ils ne trouveront finalement rien.

Plus tard, les deux street medics qui étaient avec moi sont libérés. Je suis le dernier à sortir de cellule. Je retrouve les trois OPJ, ils m’expliquent que la magistrate a décidé de me garder en cellule pour la nuit en vue d’une fouille approfondie de mon téléphone ainsi que de la carte SD de caméra (qui contient à peine 10 minutes de rushes). Mon matériel de prise de vue et ma qualité de videaste sont les motivations exclusives de ce maintien en garde à vue. Les OPJ sont désolés, ils m’expliquent que la décision ne dépend pas d’eux, qu’ils appliquent les instructions, que mon activité touche un sujet sensible d’ordre politique.

À 19h ils m’amènent au commissariat de Riquet, spécialisé dans le braquage en flagrant délit. Je suis placé dans une des 4 cellules, les 3 autres sont occupées par des personnes n’ayant aucun lien avec la manifestation.

Mon dossier est transmis à l’OPJ de nuit qui inspecte une nouvelle fois mon téléphone ainsi que mes rushes, en vain.

À 21h30 il m’explique que mes rushes illustrent une manifestation sans débordement. Il semble ne pas comprendre les raisons de mon maintien en garde à vue. Tout comme ses collègues, il affiche de la bienveillance à mon encontre. Il m’annonce qu’une décision sera exprimée par la magistrate le lendemain matin.

Apres avoir passé la nuit dans une cellule délabrée, je suis liberé le lendemain à 10h30.

Le motif retenu contre moi :

« Participation à un groupement en vue de commettre des violences ou des dégradations »

@lsdvideo

Adrien, LSD Video.


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10 réactions à cet article    


  • jaune 1er juin 21:21

    Je ne comprend pas où est l’abus ? Tu as été traité dignement, on t’a notifié tes droits, on t’a qualifié l’infraction pénale, tu n’es pas resté plus de 24 heures, la procureur de la République en a été informé ... Ils n’ont pas de temps à perdre à garder une personne sans aucun motif. C’est ce qu’on appelle chercher le scandale, là où il n’y en a en fait pas. 


    • Doume65 2 juin 19:50

      @jaune
      C’est du second degré ?



    • keiser keiser 3 juin 10:14

      @Doume65

      « C’est du second degré ? »

      Tu en rajoutes 358 et cela fait une révolution.


    • zygzornifle zygzornifle 3 juin 10:49

      Aucuns flic n’a été incarcéré après avoir passé un manifestant a tabac au sol ,crevé un œil , arraché une main ou tué une mémé a son balcon ....

      Par contre si on tire la langue a un flic la c’est le déchainement politique , médiatique et de la justice pour mettre ce dangereux individu hors course....


      • Cadoudal Cadoudal 3 juin 14:41

        @zygzornifle
        Par contre si on tire la langue a un flic la c’est le déchainement politique , médiatique et de la justice pour mettre ce dangereux individu hors course....

        Pas encore trouvé de jurisprudence sur un colon clandestin ayant arraché la langue d’un flic indigène, je cherche et je te tiens au courant...
        A vue de nez je dirais que le colon se prendrait au moins un rappel à la loi et 1 mois de stage de poney chez Pémile...

        Lors d’un contrôle, il avait outragé les agents de la Suge (surveillance générale de la Sûreté ferroviaire).

        Il avait simulé un malaise, craché sur les pompiers, mordu un policier et frappé deux autres.

        […]

        Il a été présenté au Parquet samedi. Il a été laissé libre…

        https://www.leprogres.fr/rhone-69-edition-lyon-metropole/2019/06/03/lyon-3e-un-mineur-interpelle-pour-des-violences-sur-des-policiers


      • tashrin 4 juin 14:43

        comme le premier commentaire, je comprends pas trop :

        > vous parlez de liberté de la presse... mais vous n’en faites pas partie puisque non détenteur d’une carte de presse. Et comme vous le soulignez, ceux qui ont présenté ce justif ont été relachés... si n’importe qui pouvait echapper aux flics simplement en prenant la precaution de porter un casque avec marqué photo dessus, ils auraient pas grand chose à faire

        > vous vous pointez en connaissance de cause dans une manifestation illégale (non déclarée) en étant équipé de masque à gaz, etc... exactement comme les gens que les flics sont supposés intercepter

        > vous filmez, ce qui n’est pas illégal. Mais n’etant pas completement stupide, vous vous doutez bien que ca va pas etre particulièrement bien perçu.

        > votre garde à vue est conforme au droit ? justifiée ? elle s’est limitée à la durée normale ? vous n’avez pas été frappé ?

        Pour resumer, vous vous rendez dans un lieu interdit, équipé de choses interdites, avez une activité supposée hostile aux forces de l’ordre, et vous vous étonnez qu’elles fassent leur taf ? Je les porte pas particulièrement dans mon coeur, mais faut quand même pas déconner

        En fait vous découvrez ce que tous les gamins de cité savent parfaitement : les flics savent faire pression en utilisant les moyens à leur disposition, et la garde à vue en est un (pour info, pour trafic de drogue ou terrorisme supposés, c’est prolongeable jusqu’à 4 jours !). Quand on se tape 24h de gardav pour deux petards au fond d’une poche, c’est pas plus justifié. Mais c’est le systeme meme de la garde à vue que vous mettez en cause



        • tashrin 6 juin 12:38

          @JM STARK
          Merci pour le lien, mais lisez le commentaire figurant sous la video...
          Il est évident que les forces de l’ordre ne peuvent s’arreter à ce genre de détails

          Ce qui signifie, si j’ai bien compris, que chacun d’entre nous peut s’autodéclaré « Journaliste » !
          Mais alors qu’attendent les « Gilets-Jaunes » et les « Black Blocs pour se mettre un brassard »PRESSE" au tour du bras ?
          Ce qui signifie, si j’ai bien compris, que chacun d’entre nous peut s’autodéclaré « Journaliste » !
          Mais alors qu’attendent les « Gilets-Jaunes » et les « Black Blocs pour se mettre un brassard »PRESSE" au tour du bras ?
          Ce qui signifie, si j’ai bien compris, que chacun d’entre nous peut s’autodéclaré « Journaliste » !
          Mais alors qu’attendent les « Gilets-Jaunes » et les « Black Blocs pour se mettre un brassard »PRESSE" au tour du bras ?
          Ce qui signifie, si j’ai bien compris, que chacun d’entre nous peut s’autodéclaré « Journaliste » !
          Mais alors qu’attendent les « Gilets-Jaunes » et les « Black Blocs pour se mettre un brassard »PRESSE" au tour du bras ?

        • tashrin 6 juin 12:38

          @tashrin
          oups dsl du flood, erreur de ctrl c ctrl v

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