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Accueil du site > Tribune Libre > Vision de l’européisme français

Vision de l’européisme français

Comme je suis un peu las des grilles idéologiques héritées, courant du communisme au fascisme, en passant par le socialisme, l'écosocialisme, le social-capitalisme, le libéral-capitalisme, le conservatisme libéral, le national-libéralisme, le nationalisme, etc. ... laissez-moi proposer une grille idéologique différentielle, que l'inertie média-culturelle oubliera aussitôt, mais enfin. Une autre lecture de la grille idéologique.

Bref. Regardons-y :

 

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Source : Ministère de l'intérieur

 

De Lutte Ouvrière à la France Insoumise ("extrême"-gauche), pour le meilleur et pour le pire de leurs ires intestines, nous avons droit à un travaillisme à la française (affairisme du travail). Leurs idées c'est le travail, c'est la valeur-travail ou le travail comme valeur, évidemment dans l'héritage internationaliste et ouvriériste. C'est ainsi qu'ils ne regardent jamais à la tête du travailleur, du moment que c'est un travailleur par définition c'est une victime ploutocratique, et à partir de là il faut lui rendre sa souveraineté individualiste à travers le collectif, ou bien son individualisme souverainiste à travers le collectif. C'est un peu ça le collectivisme : une clique réformiste, au fond. La foi militante est grande, parfois convoquant un souverainisme protectionniste, mais ça ne doit pas durer, internationalisme-ouvriérisme obligent.

De Génération.s aux Ecologies ("gauche"), pour le meilleur et pour le pire de leurs ires intestines, nous avons droit à un sociétalisme à l'européenne (affairisme sociétal). Leurs idées c'est la sociétalité, c'est la valeur-sociétale ou le sociétal comme valeur, évidemment dans l'héritage socialiste et écologiste. C'est ainsi qu'ils ne regardent jamais à la tête de la personne, du moment que c'est une théorie écologique ou sociale pleine de bons sentiments écologiques ou sociaux, et le monde est une dupe ploutocratique. A partir de là, il faut le manager, le ménager, le réaménager, l'aménager sociétalement, c'est-à-dire entre humanitarisme et environnementalisme, au nom du Bien. Bien sûr, cela passe par le collectif, la foi militante est présente, mais à la fin les structures bureaucratiques devront bien faire leur oeuvre. La souveraineté est toujours-déjà diluée entre bureaux structuels.

De LREM aux Républicains ("centre"-droite), pour le meilleur et pour le pire de leurs décohérences interactives, nous avons droit à un affairisme à l'européenne. Leurs idées ce sont les affaires, c'est la valeur-affaires ou les affaires comme valeurs, évidemment dans l'héritage capitaliste et libéraliste. C'est ainsi qu'ils regardent à peine à la tête du client, du moment que c'est favorable au lucre mais aussi aux bonnes moeurs. Bonnes moeurs qui certes, varient d'un certain sociétalisme tant qu'il est lucratif (les mariages pour tous, les grossesses pour autrui, etc.) à un certain conservatisme tant qu'il semble garantir la bonne marche du lucre (une tenue, une entente, une moralité, un cadre, quittes à être anti-euthanasie par exemple). A partir de là, la foi militante est simple car le monde est ploutocratiquement ainsi : il n'y a pas à y insister tant que ça en termes de militances, encore que ça émeuve, et finalement il n'est que de chérir et chouchouter encore - et encore - et encore - l'affairisme lucratif. Tant que ça ploutocratise, on regardera à peine la tête du client en vérité. Jamais : tapis rouge à toutes les dictatures, du moment que c'est commercial, d'autant plus que la démarche prétend au pragmatisme : n'est-ce pas comme ça que c'emmarche ? La souveraineté est au prix de cet emmarchage. L'essentiel étant qu'une bureaucratie magistrate garantisse la fructification de l'ensemble, à l'international.

De Debout la France à l'UPR ("extrême"-droite), pour le meilleur et pour le pire de leurs décohérences interactives, nous avons droit à un affairisme à la française. Leurs idées ce sont les affaires souveraines, c'est la valeur-souverainté en affaires ou la souveraineté des affaires comme valeur, évidemment dans l'héritage conservateur et nationaliste. De là à les comparer à des fascistes, il y a un Rubicon qu'il ne faut pas franchir, d'abord parce que les léninistes-staliniens-castristes-maoïstes sont assez bien placés dans la veine (avis aux travaillistes à la française), ensuite parce que le bureaucratisme sociétaliste comme affairiste à l'européenne, fonctionne assez bien à travers "le Parti" (LREM) et tous genres de faisceaux (étymologie de fasciste) : c'est que la grande bourgeoisie n'a jamais vraiment réprouvé, et qu'elle a traversé le XXème siècle en bonne posture ploutocratique. Ainsi donc, voici que ces souverainistes en affaires sont très ochlocratiques (on dit couramment populistes). Il n'y a pas de foi militante, par contre il y a certainement un entre-soi fidèle, qui se flaire et se blaire d'instinct, dans la déférence pour les cordialités, par-devers tous dissensus personnels. Les affaires restent les affaires, préférentiellement souveraines, et c'est ainsi qu'on y regarde à deux fois la tête du client.

Bref.

Travaillisme à la française (affairisme du travail), sociétalisme à l'européenne (affairisme sociétal), affairisme à l'européenne entre sociétalisme et conservatisme, affairisme à la française.

Vous avez choisi, ou vous n'avez pas choisi : vous êtiez libres. Dans tous les cas, l'avenir subsistera dans ces termes encore un moment. Vous parlez de philosophies politiques !

Au-delà, j'ajouterai globalement que l'européisme fluctue entre Trump et Poutine, aussi, c'est-à-dire que la mondialisation est aux régionalismes de grands ensembles : c'est tout le sens de la construction européenne, d'ailleurs, même faible et cahotante entre la lutte d'influence des mastodontes, entre lesquels il faudrait ajouter les restants des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) : du moins Bolsonaro et Xi Jinping morellement (en termes de mœurs) fluctuent-ils avec l'ensemble - morellement, et pas que morellement. La géopolitique fait son chemin para-mondialiste.

Bref, le national-affairisme mondialisé gagne. Est-ce cela LA démocratie, toute LA démocratie, rien que LA démocratie ? Qui sait ? A la limite, ce national-affairisme mondialisé n'a pas bougé d'un iota depuis le dix-neuvième siècle qui l'instaura, en effet. A preuve : une carte dynamique, sur les flux migratoires intra-européens. Édifiante ! avec son commentaire expert, sous Atlantico.fr. Le national-affairisme mondialisé à l’œuvre.

Un dernier point :

 

Dans sa subversion anti-populiste rejouant sempiternellement la diabolisation de l'extrême-droite, comme cette vidéo ...
 

... à vouloir subvertir avec des "l'Europe, tu l'aimes ou tu la kiffes", voilà ce qui arrive : le centre est populiste de même, extrême-centriste, et pour tout dire quelque chose comme néo-totalitaire au plan moral, au nom d'un cool sarcastique. C'est-à-dire un seul art du spectacle. Du trolling.

 

 

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15 réactions à cet article    


  • BA 4 juillet 10:46

    La corruption en France.


    A partir de 1974, le parti centriste était incarné par trois personnalités soi-disant sérieuses, rigoureuses, honnêtes : Raymond Barre, Valéry Giscard d’Estaing, Simone Veil.


    Or, le 3 juillet 2019, un article historique du Canard Enchaîné vient d’ouvrir la boîte de Pandore : à l’intérieur du parti centriste, les valises remplies de billets de banque circulaient, la corruption régnait à tous les étages.


    - Concernant Raymond Barre, vice-président de la Commission européenne de 1967 à 1973, premier ministre en 1976 : ce professeur de morale avait caché 7 millions d’euros en Suisse ! Ce professeur de morale possédait à sa mort des actions en bourse pour 2 574 000 euros ! Ce professeur de morale avait construit une gigantesque maison à Saint-Jean-Cap-Ferrat en 1979 pour 4 millions d’euros ! Une kyrielle de comptes bancaires, de livrets d’épargne, etc, etc, un patrimoine net évalué à sa mort à 13 664 548 euros !


    - Concernant Valéry Giscard d’Estaing, la question est :


    avec quel argent Valéry Giscard d’Estaing a-t-il acheté le magnifique château d’Estaing, dans le département de l’Aveyron, en 2005 ?


    https://fr.wikipedia.org/wiki/Ch%C3%A2teau_d%27Estaing#/media/Fichier:Estaing_-_Chateau_4.jpg


    • Traroth Traroth 4 juillet 10:48

      « la France Insoumise (...) (extrême-gauche) » : Pas lu plus loin. Mais je crois que LREM et LR seraient aussi de « centre-droit ». Vos analyses sont complètement déconnectées de la réalité.


      • Traroth Traroth 4 juillet 15:12

        @Positronique
        Vos insultes, vous pouvez bien vous les tailler en biseau, je m’en fous complètement. Défoulez-vous si ça vous chante, mais ne vous attendez quand même pas à ce que je lise en détail tous vos déferlements atrabilaires...

        Le truc, voyez-vous, c’est que si je devais faire un reproche à la FI, c’est de ne pas être assez à gauche, justement.


      • Traroth Traroth 4 juillet 15:25

        @Positronique
        Quant au compromis, il ne passe pas par laisser des adversaires politiques décider de la qualification d’un mouvement politique. Mais bien entendu, ce que la plupart des gens appellent « compromis », c’est en fait la compromission. C’est à dire transiger sur ses idéaux et ses convictions « par réalisme ». C’est pour ça qu’aujourd’hui (comme hier, en fait) il faudrait que la FI s’allie avec des mouvements comme le PS ou EELV dont le potentiel de trahison du peuple est encore dans tous les esprits. Et pour quoi faire, en fait ? Pour permettre à ces partis de revenir au pouvoir ? Ça ne fait pas du tout partie des mes objectifs, personnellement.

        Exactement comme depuis 2012, on demande à la LFI (et avant, au Front de Gauche) de s’effacer, en parlant de « compromis ». Ça n’arrivera pas. Les mouvements et les partis sont bien moins importants que les programmes et les convictions. Ils ne sont que des instruments pour faire passer ces programmes et ces convictions. Autrement, ils ne servent à rien. A quoi ça sert de « remporter les élections » dans une coalition de la carpe et du lapin qui n’appliquera pas les idées que nous voulons voir appliquées ? Ça ne fera que décevoir les gens de convictions.

        Gardez vos « compromis » toxiques et trompeurs !


      • Traroth Traroth 5 juillet 11:54

        @Positronique
        Vous perdez votre calme... Continuez, j’adore ! smiley


      • Traroth Traroth 8 juillet 13:09

        Tiens, le commentaire où Positronique m’insultait a disparu. C’est vraiment dommage. Je ne vais pas le laisser oublier aussi facilement. Je crois que ses mots étaient « sale coco de merde »...


      • bouffon(s) du roi bouffon(s) du roi 4 juillet 11:14

        Les idéologies ont ceci d’intéressant pour le pouvoir, c’est qu’elles divisent l’opinion et par conséquent empêchent la ré-union du peuple.


        • Armelle Armelle 4 juillet 20:48

          @bouffon(s) du roi
          Certes mais l’idéologie n’ a pas besoin d’exister pour cela, les différences sociales qui elles sont bien palpables se chargent allègrement du problème, il n’y a qu’ a voir ici le déferlement de haine à l’égard de ce ceux qui ont plus...Comme si ceux qui n’en profitent pas feraient partie d’une frange peu chanceuse !!! c’est juste qu’à part les 3 % que représentent les héritiers sur la masse de riches, les autres eux, se sont juste donnés les moyens et n’ont pas attendu la redistribution du racket d’état, ce n’est pas le jeu de la loterie comme la plupart veulent nous le faire croire. En même temps la réaction se comprend, ça dédouane d’une médiocrité certaine et , incognito, on tente de faire passer ça pour un problème politique. Ha bah nan alors y a pas de redistribution, on laisse les pauvre sur le carreau...et patati et patata... la rengaine rouge vif des handicapés du bulbe...
          Et puis l’idéologie tue le bon sens et la réalité des choses...


        • Xenozoid 4 juillet 21:05

          @Armelle

          va prêché ailleurs, il y a le choix c’est libre


        • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 4 juillet 21:28

          @Xenozoid

          C’est beau les grands démocrates comme toi .


        • Armelle Armelle 4 juillet 21:35

          @Xenozoid
          Si je veux grand benêt, tu le dis toi même ; « c’est libre »
          Et je ne t’oblige pas me lire


        • Xenozoid 5 juillet 16:33

          @Armelle

          bien sure que non


        • ddacoudre ddacoudre 5 juillet 00:15

          Bonjour

          J’ai lu avec intérêt.q quelques erreurs bien normale dans la confusion qui règne entretenu par ce qui ne veulent pas dire ce qu’ils sont. Le monde n’est pas si compliqué que cela quand l’on prend comme référence des fondements stables. Comme l’inné ou la biologie. Alors apparaît seulement deux classes qui se divisent en sous classes. Celles des maîtres et celle des serviteurs. 10 000 ans que cela existe sous différent paradigmes. Comme les patrons et les ouvriers, les employeurs et les employer. Les premiers vivant toujours au crochet des seconds. Je le schématise souvent comme cela Un patron donne 100 à un ouvrier pour faire une bouteille. Le patron va vendre la bouteille en y ajoutant sa marge 100. Il retirera 200 de la vente de la bouteille. Qui va l’acheter le client, le client c’est qui l’ouvrier, il a combien pour acheter son travail 100, pour une bouteille qu’il a produite et coûte 200. Il lui manque 100 qu’il emprunté en rendantb110. Conclusion son travail la bouteille lui coute 210. Je crois que ce n’est pas très compliqué à comprendre et c’est irréductible. Alors pour classer les partie il y à ceux qui s, s’opposent à ce système d’exploitation, les Socialistes que tu as qualifie d’extrême gauche Puis ceux qui veulent rendre ce système social les Sociaux démocrate que tu mets à gauche et qui sont comme les autres de droite ou les ecolos.

          Un social démocrate fixe le salaire à 120 chouette l’ouvrier à eu du pouvoir d’achat. Le patron qui les verse doit les récupèrer. S’il revend la bouteille 200 le client ouvrier n’aura que 80 à emprunter et il rendra 87 au-lieu de 110, et le patron n’aura comme gain Que 80 de marge plus 7 du retour de l’emprunt au lieu de ,10, il ne gagnera de la vente que 87 au lieu de 110. Pas bon pour lui donc il vendra 120 plus 100 soit 220 et le Salarié devra à nouveau emprunter 100 et rendre 110 Donc rendre le capitalisme social est un attrape nigaud si tu peux me démontrer le contraire je suis preneur, sache que il y a en France 24 millions de client salariés.

          https://ddacoudrev2.blogspot.com/2019/06/le-salarie-soumis-paie-tout-avec-la.html?m=1 Cordialement ddacoudre overblog


          • dr.jambon-beurre dr.jambon-beurre 5 juillet 00:17

            Voir le monde politique français à travers le prisme des couleurs des partis est franchement désuet. De votre extrême gauche à votre extrême droite, ils sont tous européistes. LREM se définit à gauche mais met en oeuvre une politique très très à droite et quand je vois les GJ, je me dis qu’ils sont finalement d’extrême droite.

            Le vrai clivage de nos jours est entre nationalistes et mondialistes. C’est exactement ce qu’il est en train de se passer sous nos yeux. LREM est un rassemblement gauche-droite mondialiste. L’UPR est un rassemblement gauche-droite nationaliste. Toutes les autres chapelles entretiennent un savant mélange d’idées pour un clivage prononcé des gens.


            • Partiall9 Partiall9 5 juillet 04:58

              Cette peur particulière a cristallisé les doutes de notre pays et était en grande partie responsable du vote du 29 mai 2005 (mentionné sur Techgara). Nos citoyens n’ont pas dit « non » à l’Europe. Ils ont dit « non » à une Europe dont ils ne comprenaient plus la mission et dans laquelle ils ne pouvaient plus se représenter leur rôle ni leur place.

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